- il y a 2 jours
Avec l'essor de la robotique humanoïde, les projets militaires autour de cette technologie se multiplient ces dernières années. Conçus à notre image, les robots bipèdes, réservés autrefois au cinéma et à la science-fiction, semblent de plus en plus proches de la réalité, portés par les deux grandes puissances mondiales du secteur : la Chine et les États-Unis.
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00:0080 kilos pour 1m80, deux bras, deux jambes, une tête pas vraiment accueillante et un nom qui intrigue, le fantôme
00:07MK1.
00:08Vous l'avez compris, ce dont on parle là, c'est d'un robot humanoïde.
00:11Comme ce super costaud qui casse des murs, ces danseurs qui tapent leur meilleur twist, ou bien ce tout petit
00:17là qui est un peu plus mimi.
00:19Mais le fantôme MK1, lui, il n'est pas mimi et c'est normal car ce n'est pas son
00:23but.
00:23Pas plus que de danser ou de papoter d'ailleurs, mais alors à quoi il sert ce robot ?
00:34Et oui, faire la guerre. Car derrière ce robot se trouve Foundation Future Industries, une entreprise étatsunienne lancée en 2024
00:42avec un objectif un peu particulier, développer le premier super soldat robotique humanoïde de l'histoire.
01:00En février dernier, Foundation a même déployé deux prototypes de fantôme MK1 en Ukraine,
01:05là où d'autres systèmes robotiques comme les drones ou les véhicules terrestres sans pilote
01:11sont déjà omniprésents.
01:13Selon Foundation, les deux humanoïdes effectuent pour l'instant des missions de reconnaissance et de logistique,
01:18mais à terme, l'entreprise ne le cache pas, elle souhaite aller beaucoup plus loin.
01:22Éventuellement, oui, nous voulons que les robots puissent aussi identifier les objectifs et aussi utiliser les armes.
01:27Mais vous voulez toujours un homme dans le loop, à l'heure où il va y aller un peu plus
01:31loin.
01:31Et le gouvernement des Etats-Unis dans tout ça ?
01:34Eh bien, compte tenu des 24 millions de dollars de contrats déjà passés entre l'armée et Foundation, il semble
01:39plutôt partant.
01:40Autre petit indice, lui.
01:45Cette façon de parler, il ne vous rappelle pas quelqu'un ?
01:48Et oui, voici Eric Trump, le conseiller stratégique principal de Foundation et, hasard de dingue, l'un des fils de
01:56Donald Trump.
01:59Le truc, c'est que, win la race de la robotique humanoïde, les Etats-Unis ne sont pas les seuls
02:04à le vouloir.
02:04Ils ont même un adversaire de taille, la Chine.
02:09On n'a jamais vu autant d'investissements massifs sur les robots, sur les gens et sur l'intelligence artificielle
02:17qui va avec.
02:18Alors forcément, tout ça, c'est un peu inquiétant.
02:21Bah oui, des robots humanoïdes qui arrosent tout ce qui bouge avec des gros calibres, c'est moyen rassurant.
02:25Ça rappelle ce genre de film.
02:28Et dans ce genre de film, en général, la vie n'est pas toujours tip-top.
02:36Alors, heureusement, il y a encore un petit décalage entre Terminator et les robots humanoïdes qu'on connaît aujourd'hui.
02:42Mais compte tenu de cette course technologique qui explose...
02:45Le jour que vous voyez un humanoïde avec une arme dans la roue...
02:49Sauf qu'il peut.
02:50Activate the droids.
02:52Est-ce que la science-fiction ne va pas basculer un jour ?
02:56Dans la réalité.
03:0526 août 2026.
03:07La seconde édition des Jeux Mondiaux des Robots Humanoïdes se termine.
03:10Nous sommes à Pékin, là où pendant 5 jours, 2056 robots se sont affrontés dans plusieurs dizaines d'épreuves.
03:16Au programme, du football, de la boxe, du tennis, de la danse, mais aussi, plus surprenant, du pliage de linge
03:23ou du plantage de clous.
03:2716 pays sont représentés, mais il y en a un qui se démarque très nettement, la Chine, le pays haute,
03:33là d'où vient 96% des robots humanoïdes participants.
03:40Et il y a un truc qui frappe pendant ces JO des robots, ce sont les progrès des participants par
03:47rapport à l'édition précédente.
03:49Prenons l'athlétisme.
03:50Un an plus tôt, les robots étaient assez lents et toujours télécommandés par des opérateurs humains.
03:55En 2026, les performances n'ont plus rien à voir.
03:57Prenons si téquin, le Tiengong Ultra,
04:02qui explose le record du 100 mètres de Usain Bolt en le courant, en 8 secondes 64.
04:07C'est excessivement impressionnant.
04:09Ce qui l'est moins, c'est quand le robot vient se cracher dans le matelas.
04:14Alors oui, on est d'accord, tout est loin d'être au point.
04:17Et ces jeux, ça reste aussi un excellent moyen de voir un bon paquet de robots se ramasser par terre,
04:22être évacués sur des civières ou connaître de profondes remises en question existentielles.
04:28Mais pour autant, l'événement est un succès pour les fabricants chinois,
04:31qui peuvent tester et entraîner leurs robots d'une part,
04:34mais aussi montrer leur puissance, leur autonomie, leur intelligence.
04:38On m'aurait dit que je verrais ça il y a 4 ans, je pense que j'aurais pas créé
04:41la personne.
04:42Et sans surprise, malgré leurs défauts majeurs,
04:44tous ces robots qui courent plus vite que Sonic et qui sautent 3 fois plus haut que Mario,
04:48capables de se battre et de comprendre de mieux en mieux leur environnement,
04:52tout ça, ça nourrit les ambitions d'un autre secteur, le militaire.
04:56D'ailleurs, regardez ce qui, deux jours après la fin de ces jeux robotiques,
05:00est publié dans le journal officiel de l'armée chinoise.
05:03Cet article, si on traduit mot pour mot son titre,
05:05s'appelle « saisir l'élan pour conquérir l'avenir grâce à la technologie ».
05:09Et dedans, voilà ce qu'on peut trouver.
05:11Nous devons être pleinement conscients de la compétition militaire
05:14qui se cache derrière le développement technologique
05:17et prendre l'initiative dans la compétition entre grandes puissances.
05:20Une compétition donc, et pour la gagner,
05:23il faut que les laboratoires laissent un peu de côté les recherches civiles
05:26pour s'orienter davantage vers le développement militaire.
05:30Et ça, c'est pas moi qui le dit, c'est toujours l'article.
05:32« L'innovation technologique doit être ancrée dans les besoins du champ de bataille,
05:36axée sur la victoire,
05:37et faire de l'efficacité au combat le seul critère fondamental.
05:40Nous devons transformer véritablement les robots de laboratoire en combattants victorieux. »
05:46« Les robots de laboratoire destinés à devenir des combattants victorieux. »
05:49Bon, l'idée est plutôt claire.
05:54En Chine, comme aux Etats-Unis,
05:56on s'intéresse donc de près à la robotique humanoïde militaire.
06:00Mais ces derniers temps, d'autres pays font également part de leur intérêt pour ce domaine.
06:04Le Japon, la Corée du Sud, l'Allemagne, la Serbie
06:07étudie une potentielle intégration plus ou moins importante
06:10de robots humanoïdes dans les forces armées.
06:25En Ukraine également, les projets se multiplient.
06:28Vous vous souvenez du Fantôme MK1 ?
06:30Mais plus récemment encore, en septembre 2026,
06:33c'est l'ancien ministre de la Défense du pays,
06:35depuis peu à la tête de sa propre entreprise d'armement,
06:38qui a annoncé son projet d'une armée de robots,
06:41intégrant notamment des robots humanoïdes capables,
06:43d'ici six mois selon l'entrepreneur,
06:46d'effectuer des tâches à la place de soldats sur le front.
06:48Quant à la France, l'objectif de robotiser les équipements militaires
06:51est un axe majeur de développement aujourd'hui,
06:54mais pas forcément en passant par les humanoïdes.
06:56Je privilégie plutôt des plateformes du type Quadripedi
06:59ou alors des plateformes bas niveau à partir de roues ou de chenilles.
07:05Alors, oui, je sais, tout ce que je vous ai raconté jusqu'ici,
07:08ce n'est pas méga rassurant, c'est vrai.
07:10Et ça l'est encore moins quand on voit ce genre de vidéos
07:13qui traînent sur les réseaux sociaux
07:14et qui montrent des robots humanoïdes super avancés
07:17qui utilisent des armes en s'adaptant parfaitement à leur environnement,
07:21qui peuvent même voler dans les airs pour certains.
07:23Heureusement, tout ça, ce sont des vidéos générées par IA.
07:26Rassurez-vous, aucun robot humanoïde n'est publiquement capable aujourd'hui
07:29d'assurer ce type de mission militaire.
07:31Mais concrètement, à part quelques mises en scène filmées,
07:34des démonstrations et des effets d'annonce, qu'est-ce qu'on a ?
07:37On a des robots qui courent vite, qui dansent mieux que moi
07:40et qui sautent très haut.
07:41Mais par contre, niveau polyvalence ou adaptation,
07:44face à une situation inconnue,
07:47c'est encore limité.
07:48Toutes les tâches d'insertion précision dans un milieu
07:52qui n'est pas connu à l'avance
07:54et tout ce qui est interaction avec les humains,
07:56interaction avec l'environnement,
07:58avec une manipulation fine.
08:00Et les robots, ils doivent contrôler sa force,
08:03contrôler son mouvement.
08:05Ça semble facile, mais en fait, c'est pas facile.
08:08À la limite, c'est plus facile de courir et sauter.
08:10Ah bah, on va pouvoir éviter la guerre des robots humanoïdes, alors.
08:13Tout va bien.
08:13Malheureusement, impossible d'être aussi catégorique
08:16quand on voit la vitesse à laquelle le secteur s'agrandit
08:18et se modernise.
08:20D'ailleurs, pour s'en rendre compte,
08:21il suffit d'observer la situation il y a quelques années encore.
08:27Alors, c'est remonté un peu loin, là.
08:31Non, comme ça non plus.
08:34Euh, bon, tant pis, on va commencer d'ici.
08:37Nous sommes donc visiblement en 1973
08:40à l'université de Waseda au Japon.
08:42C'est là qu'une équipe de chercheurs présente Wabot 1,
08:45le tout premier robot humanoïde intelligent.
08:48Et ça, c'est parfait pour moi, finalement,
08:50parce que je vais pouvoir vous parler des deux caractéristiques
08:53qui font qu'un robot est humanoïde et intelligent.
08:56La première, c'est le corps du robot,
08:58qui s'inspire de l'être humain classique.
09:00Deux bras, deux jambes, un tronc
09:01et une tête quelque part par là.
09:04Ça, c'est l'aspect physique.
09:05Mais en plus, Wabot 1 possède un cerveau.
09:08Un système informatique capable de multiplier
09:10les calculs compliqués.
09:16Wabot 1 peut comprendre, grâce à lui,
09:19quelques ordres.
09:19Si on lui dit de marcher,
09:20il marche lentement.
09:25Si on lui dit d'attraper un verre d'eau,
09:27il attrape un verre d'eau lentement.
09:30Et si on lui demande de faire un quadruple salto arrière-vrillé
09:33sans élan, non, ça y peut pas.
09:36C'est super dur.
09:37Et c'est là qu'on arrive à un problème majeur.
09:40Parce que cette intelligence virtuelle,
09:42elle est quand même créée par des appareils
09:44qui sont, eux, bien physiques.
09:45En l'occurrence, pour Wabot 1,
09:47c'est cet énorme ordinateur bien vintage
09:49auquel il doit constamment rester connecté.
09:51Pas l'idéal pour un robot destiné à se déplacer.
09:54La solution, elle est facile.
09:55Il suffit de mettre cet ordinateur sur le robot.
09:58Comme ça, ils peuvent partir ensemble.
10:00Oui, mais non.
10:00Parce que cet ordinateur, il est trop lourd,
10:02il est trop encombrant.
10:03Et être trop lourd et trop encombrant,
10:05ce n'est pas l'idéal pour un robot qui se déplace.
10:08Un vrai casse-tête, donc,
10:10qui va créer une barrière pendant des décennies.
10:12D'un côté, les roboticiens vont continuer
10:14de créer de nouveaux robots,
10:15toujours dans un seul but,
10:17améliorer le corps,
10:18autonomie, équilibre, vitesse, force
10:20et globalement, tout ce qui permet
10:22d'être plus efficace physiquement.
10:24De l'autre côté, les informaticiens vont perfectionner
10:26les ordinateurs, les rendre plus puissants,
10:28plus petits et dotés de nouveaux logiciels
10:31plus variés.
10:32Mais malgré les progrès,
10:33les robots humanoïdes mobiles restent très limités
10:35dans leur capacité à transporter
10:37une intelligence artificielle complexe.
10:39En tout cas, jusqu'au début des années 2020.
10:43À ce moment-là, tout un tas de nouvelles technologies
10:46vont faire voler en éclats la barrière.
10:48Du côté purement robotique,
10:49les pièces se modernisent,
10:51les puces électroniques, les batteries,
10:52les actionneurs, les capteurs,
10:54tout devient plus petit et plus efficace.
11:01Ça a été possible maintenant
11:02de construire de nouveaux types de robots humanoïdes
11:06avec un coût beaucoup inférieur
11:09à ce qu'on faisait avant
11:10et avec des performances assez bonnes
11:12pour faire aussi des mouvements plus agiles.
11:14Côté informatique, la 5G et le cloud se développent,
11:17mais le vrai truc qui va bouleverser
11:19la robotique humanoïde,
11:20et même le monde entier,
11:21c'est ce qu'on appelle
11:22l'intelligence artificielle générative.
11:25Alors, attention, les deux noms se ressemblent,
11:27mais l'intelligence artificielle générative,
11:29la nouvelle IA,
11:30est quand même bien différente
11:31de l'intelligence artificielle traditionnelle,
11:34celle de notre ami Wabot, par exemple.
11:37Là où l'IA traditionnelle se contentait d'analyser
11:40et d'interpréter des données existantes,
11:42l'IA générative imite la créativité humaine.
11:44Et ça, ça change tout
11:46pour la robotique humanoïde.
11:47Désormais, avec un ensemble de logiciels
11:49implantés dans un robot,
11:50on peut donner à ce super cerveau virtuel
11:53un corps bien physique.
11:54D'où le nouveau nom
11:55qui va être démocratisé
11:56pour parler de cette technologie,
11:58l'IA physique.
11:59Même si, pour être honnête,
12:00beaucoup de monde va continuer
12:01d'utiliser le terme d'IA incarné.
12:04Il y a une dizaine d'années,
12:05nous avons résolvé des problèmes
12:05de mathématiques extrêmement compliqués
12:07pour générer des mouvements,
12:08pour que le robot ne tombe pas exactement.
12:10Avec l'IA et les réseaux de neurones,
12:12tout ça,
12:13on le mémorise dans un réseau de neurones,
12:15on le charge dans le robot,
12:17et si le robot est bien construit,
12:20eh bien,
12:21il va pouvoir exécuter directement
12:23ce réseau de neurones-là
12:24sur son corps.
12:25Bon, on ne va pas rentrer dans le détail,
12:27tout simplement parce que
12:28ça serait beaucoup trop long
12:29et beaucoup trop compliqué
12:31pour moi à vous expliquer.
12:32Mais pour résumer,
12:33les scientifiques n'ont plus besoin
12:35de tout programmer
12:36dans le moindre détail.
12:37Grâce à son IA,
12:38le robot est capable, par exemple,
12:39d'apprendre à ouvrir un tiroir
12:41ou à plier un t-shirt
12:42seulement en observant un humain le faire.
12:44Il peut aussi mieux évaluer
12:46son environnement et s'adapter.
12:47Il peut même transformer
12:49un ordre abstrait
12:50en une suite d'actions logiques
12:52à mener.
12:52Par exemple,
12:53si vous lui dites
12:54« Ah mince, j'ai besoin d'aide,
12:55j'ai renversé mon verre d'eau,
12:56ce qui arrive même aux gens super, »
12:58l'IA incarné interprétera
12:59votre demande en plusieurs actions.
13:01Localiser le chiffon,
13:02le récupérer,
13:04marcher vers la table
13:04et essuyer la flaque.
13:06« Jusqu'à présent,
13:07la grande bataille
13:08que se livraient la Chine
13:09et les États-Unis,
13:10c'était pour la maîtrise
13:11de l'intelligence artificielle
13:13dans un monde digital.
13:14Le nerf de la guerre,
13:15c'est que cette intelligence,
13:16elle va être incarnée
13:18dans des robots,
13:19dans des machines
13:19qui vont interagir
13:20avec le monde physique.
13:22Et c'est cette interaction
13:23avec le monde physique
13:24de façon autonome
13:26et donc adaptative
13:27qui est le nerf de la guerre. »
13:28Évidemment,
13:29cet apprentissage
13:29ne se fait pas
13:30en un claquement de doigts.
13:31Aujourd'hui,
13:32chaque nouvelle humanoïde
13:33intègre plusieurs modèles
13:34d'intelligence artificielle
13:35qui assurent chacun
13:36un aspect du fonctionnement
13:37du robot,
13:38bien interpréter
13:39les informations qu'il reçoit,
13:40prendre les décisions
13:41adaptées à la situation,
13:42bien positionner
13:43chaque partie de son corps
13:44dans l'espace,
13:45s'arrêter quand il faut.
13:46Bref,
13:47une infinité de variations
13:48qui représentent
13:49des milliers et des milliers
13:50d'autres entraînements
13:51pour chaque modèle
13:52d'intelligence artificielle.
13:53Par exemple,
13:53ouvrir le frigo.
13:54Ouvrir le frigo,
13:55ça semble facile,
13:56mais il faut savoir
13:56localiser parfaitement le frigo
13:58parce qu'une petite erreur
13:59de millimètre,
14:00ça veut dire que tu n'arrives pas
14:01bien à saisir la poignée.
14:02Il faut savoir contrôler
14:04très précisément
14:05la position,
14:07l'accélération,
14:08la force qu'on fait.
14:09L'humain,
14:09il arrive à savoir
14:10si la porte du frigo
14:11est pleine ou pas
14:12et immédiatement,
14:14il adapte
14:14la vitesse d'ouverture
14:16parce que sinon,
14:17les choses vont bouger trop.
14:19Là,
14:20un robot qui fait ça,
14:21il doit être assez délicat
14:22et assez fin
14:23dans sa perception
14:24pour pouvoir dire
14:25« Ah ok,
14:26je dois m'adapter
14:26tout de suite ».
14:28Je ne dis pas
14:28que ça soit impossible.
14:30Je dis que c'est difficile,
14:31mais c'est possible.
14:32L'IA générative
14:33a donc donné
14:34un immense coup de boost
14:35à la robotique humanoïde,
14:36mais pour le moment,
14:37aucun robot
14:38n'est pleinement autonome.
14:39Encore deux à dix ans
14:41pour que les robots humanoïdes
14:44réussissent à faire
14:44quelque chose
14:45d'utile et convaincant.
14:47Mais en attendant,
14:48les fabricants,
14:48ils ont envie
14:49de les montrer
14:49leurs robots super chouettes.
14:50Ils ont envie
14:51qu'ils impressionnent
14:51les foules
14:52en faisant des super chorégraphies,
14:54en cassant des portes.
14:55Et comme l'IA physique
14:56est encore un peu fragile,
14:57le mieux,
14:58c'est de continuer
14:59à faire comme avant.
15:00On est sur des robots
15:01qui sont pré-programmés
15:02avec des trajectoires
15:03qui sont pré-définies.
15:04La vraie révolution,
15:06ce sera véritablement
15:07dans cette maîtrise
15:09d'une technologie
15:10et d'un robot
15:10qui sera capable
15:11d'interagir
15:12de façon quasi-autonome
15:14dans un environnement
15:15incertain,
15:16dans un environnement imprévu.
15:17Encore mieux,
15:18beaucoup de robots
15:18sont aussi télécommandés.
15:20Le 18 septembre 2026,
15:22par exemple,
15:22il y a eu
15:23à San Francisco
15:24l'un des premiers
15:25affrontements officiels
15:26entre un être humain
15:27et un robot humanoïde chinois,
15:29le T-800.
15:30Oui,
15:30il a la même tête
15:31et le même nom
15:31que le méchant
15:32dans Terminator,
15:33c'est super assurant.
15:34Et si c'est vrai
15:34que certains moments
15:35étaient impressionnants,
15:39le T-800
15:39restait de 1
15:40assez maladroit
15:41et plutôt fragile,
15:48et surtout,
15:49il était en fait
15:50piloté à distance
15:51par un autre humain.
15:53Idem pour le combat d'après
15:54où l'humain
15:55affrontait cette fois-ci
15:56un Prédator,
15:57lui aussi télécommandé.
15:59Bon, après,
16:00est-ce que savoir ça,
16:00ça fait moins mal
16:01quand on est dans le ring ?
16:13Nous sommes donc encore
16:15dans la première étape
16:16en quelques sortes
16:16de l'IA physique.
16:17Mais les perspectives
16:18de rendre les robots humanoïdes
16:20vraiment utiles
16:20sont réelles
16:21et une des premières entreprises
16:22à voir parier là-dessus
16:23à grande échelle.
16:24C'est Tesla
16:30et son robot Optimus.
16:32c'est une transformation fondamentale
16:35de la civilisation
16:36comme nous le savons.
16:37Optimus est créé
16:38un robot extrêmement capable
16:40mais fait de très haut volume,
16:42probablement,
16:43millions d'unités
16:45et il est expecté
16:47de coûter
16:47beaucoup moins
16:48que d'un voiture.
16:49Je dirais
16:49probablement
16:49moins de 20 000 dollars.
16:51Globalement,
16:51c'est à partir de ce moment-là
16:52que l'État chinois
16:53se dit qu'il ne faut pas laisser
16:54les entreprises
16:55de son principal rival économique
16:57prendre le large.
16:58Dès la fin 2023,
16:59la robotique humanoïde
17:00est officiellement qualifiée
17:01de cause nationale en Chine
17:03puis en 2026,
17:04c'est l'intelligence artificielle
17:06incarnée
17:06qui est nommée
17:07comme l'une des technologies
17:08stratégiques du futur
17:09aux côtés
17:10de la fusion nucléaire
17:11ou de la 6G par exemple.
17:13Le gouvernement chinois
17:16a décrété
17:16que c'était une priorité nationale
17:18et a lâché
17:20les budgets
17:21de façon indécente là-dessus.
17:23Bon,
17:24la Chine veut dominer le secteur
17:25et pour y arriver,
17:26elle va adopter
17:27une stratégie différente
17:28de celle des États-Unis.
17:30Au lieu de se concentrer
17:31principalement
17:31sur l'amélioration
17:32en profondeur
17:33des IA et des robots,
17:34le marché chinois
17:35a misé directement
17:36sur la production
17:38à grande échelle.
17:39Un des meilleurs exemples,
17:40c'est l'annonce début 2026
17:41de la mise en place
17:42du tout premier système
17:43de normes industrielles
17:45au monde
17:45concernant la robotique humanoïde.
17:47Celui qui définit la norme,
17:49c'est celui
17:49qui contrôle le marché.
17:51Donc ça veut dire
17:51qu'aujourd'hui,
17:52en standardisant
17:53les composants,
17:54les membres,
17:55les interfaces,
17:56la Chine est capable
17:57de produire
17:58les mêmes composants
18:00par exemple,
18:01donc avec un volume
18:01de production
18:02plus important,
18:03donc des coûts inférieurs,
18:05donc un prix plus attractif,
18:07donc d'avoir
18:07plus de robots en activité.
18:09Comme vous avez
18:10plus de robots en activité,
18:11vous pouvez collecter
18:11plus de données
18:12et en collectant
18:13plus de données,
18:14vous pouvez enrichir
18:15l'intelligence artificielle
18:16qui est embarquée.
18:17Au moment où sort
18:18cette vidéo,
18:18la Chine est donc
18:19bien en avance
18:20au niveau de sa capacité
18:22de production
18:22de robots humanoïdes.
18:24Concrètement,
18:24depuis l'année dernière,
18:25quelques fabricants chinois
18:26produisent déjà
18:27des milliers de robots
18:28qui sont exportés
18:29dans le monde entier.
18:31En réaction,
18:32le gouvernement des Etats-Unis
18:33a interdit en juillet 2026
18:35l'importation
18:35de tout robot humanoïde
18:37ou quadrupède étranger
18:38sur son territoire
18:39et plusieurs entreprises du pays
18:41ont déjà ouvert
18:42à leur tour
18:42d'immenses usines de production.
18:46Bon, faisons un petit point.
18:48On a donc des centaines
18:49de milliers,
18:50voire des millions
18:50de robots
18:51qui sont annoncés
18:52par les entreprises.
18:53Il faut les entraîner
18:54pour les rendre opérationnels,
18:56mais pour faire quoi ?
18:57Pour l'instant,
18:58les possibilités étudiées
18:59sont nombreuses.
19:00Certaines entreprises
19:01entraînent déjà leurs robots
19:02dans des magasins,
19:03des hôtels
19:03ou comme aides dans les foyers.
19:05Un autre usage potentiel majeur,
19:07c'est le travail dans les usines,
19:08sur les chaînes de production
19:09ou de triage.
19:11Enfin, dernière hypothèse,
19:12le militaire,
19:13un secteur bien plus particulier
19:14et qui est loin
19:15de faire l'unanimité
19:16chez les chercheurs.
19:17Pour beaucoup,
19:17les questions éthiques
19:18sont nombreuses
19:18autour du fait d'armer
19:19et de rendre autonome
19:20un robot humanoïde
19:21destiné à se battre.
19:22Ça a un impact aussi
19:23sur la planète,
19:24on ne peut pas le nier.
19:26Donc si on le construit,
19:27il doit y avoir
19:27vraiment une bonne raison.
19:28C'est parce que ça doit être
19:29utile à la société.
19:31Ce n'est pas pour empirer
19:32l'état de la société
19:34ou causer plus de dommages.
19:36En réalité,
19:37la robotique prend déjà
19:38une place grandissante
19:39dans les nouveaux équipements militaires.
19:41En Ukraine, par exemple,
19:42les drones sont omniprésents
19:43et les robots terrestres
19:44se multiplient.
19:45L'idée, ce n'est pas
19:46de remplacer à 100%
19:47l'humain sur le champ de bataille.
19:48L'idée de la robotisation
19:49est d'être un outil
19:50aux côtés du combattant.
19:51Prendre le risque
19:51de perdre un robot
19:52plutôt qu'une vie.
19:53Tout simplement.
19:53Fin août,
19:54l'armée ukrainienne
19:54affirme par exemple
19:55qu'un de ces robots,
19:57se déplaçant de façon autonome
19:58sur des chenilles
19:59et contrôlé à distance
20:00par un humain,
20:01a su identifier
20:02et tirer
20:03sur une position russe,
20:06tuant 20 soldats
20:07sans exposer
20:08un seul militaire ukrainien.
20:09Évidemment,
20:10il y aura toujours
20:11un humain dans la boucle
20:11et il y a une ligne
20:14de feu sécurisée
20:14qui permet de faire feu
20:16sur ce qu'on veut,
20:18quand on veut,
20:19comme on veut
20:19et pas d'une autre manière.
20:20Pour en revenir
20:21aux robots humanoïdes,
20:22la niche, cette fois-ci,
20:23reste assez secrète.
20:24Les projets existent,
20:25on l'a vu aux Etats-Unis
20:26avec le fantôme MK1.
20:28En Chine, c'est le T-800
20:29qui a été vu en train
20:30de patrouiller avec la police
20:31ou plus récemment
20:32un autre modèle,
20:33le FUSI,
20:34destiné au maintien de l'ordre.
20:36Mais rappelez-vous
20:37ce qu'on a dit.
20:37L'IA physique,
20:38le robot humanoïde intelligent,
20:40possède un corps
20:41et un cerveau
20:42qui est en fait
20:43un ensemble de programmes.
20:44Et en changeant
20:45certains de ces programmes,
20:46on peut donner
20:47aux robots
20:47un tout nouvel objectif.
20:49C'est exactement
20:50ce sur quoi travaillent
20:51certaines entreprises.
20:52Skylark Labs
20:53en Californie,
20:54par exemple,
20:55qui développe
20:55un logiciel
20:56capable de transformer
20:57des robots
20:58destinés à un usage civil
20:59en machines
21:00programmées
21:00pour un usage militaire.
21:02Les robots
21:04civils humanoïdes
21:05vont être développés.
21:06Et à partir de là,
21:07les adapter
21:08aux membres militaires
21:09c'est relativement aisé.
21:10Donc,
21:11beaucoup de développements
21:12seront faits dans le monde civil
21:13et les militaires
21:14pourront les réutiliser.
21:16Quand on sait ça,
21:17en fin de compte,
21:17entre le robot humanoïde
21:18qui vous aide au quotidien
21:20ou qui travaille
21:20dans une usine
21:21et le robot soldat,
21:22la frontière
21:23est assez fine.
21:25Maintenant qu'on a dit
21:26tout ça,
21:27il nous reste quand même
21:28une question fondamentale.
21:29Est-ce qu'un robot
21:30soldat bipède,
21:31construit à notre image,
21:32c'est vraiment efficace ?
21:33La forme humanoïde,
21:34ce n'est pas la plus adaptée
21:36au combat aujourd'hui.
21:38D'une part,
21:39par la surface
21:40qu'elle offre à l'ennemi.
21:41La station debout,
21:42ce n'est pas la plus adaptée.
21:43Ce sont des objets
21:44technologiques
21:45de très haut niveau
21:46qui sont très consommateurs
21:47en énergie
21:48et aussi une grande fragilité.
21:49Je pense que
21:50la forme humanoïde
21:51n'a d'intérêt,
21:52mais ça,
21:53c'est vraiment
21:53un sentiment personnel
21:54qu'à partir du moment,
21:55elle permet
21:55de rendre
21:57autonome ou robotisé
21:58un matériel
21:59qui initialement
22:00était dévolué
22:01à des êtres humains.
22:01Il y a quand même
22:02des situations
22:03dans lesquelles
22:03les robots humanoïdes
22:04pourraient présenter
22:05des avantages.
22:06Notamment dans
22:07les environnements urbains,
22:08se mettre derrière
22:09le volant d'un camion
22:10à la place d'un humain,
22:11par exemple.
22:12Ce n'est pas facile
22:12pour un drone.
22:13Le robot humanoïde,
22:14lui, avec ses deux jambes,
22:15pourrait, à l'avenir,
22:16y arriver.
22:17Les pattes,
22:17ça peut être intéressant,
22:18notamment dans
22:18les environnements déstructurés,
22:20c'est-à-dire
22:21si vous avez des débris
22:22d'obstacles ou autres,
22:24des pattes,
22:24c'est intéressant.
22:25Bon, pour l'instant,
22:26le monde militaire
22:27s'intéresse surtout,
22:28en fin de compte,
22:29à d'autres formes
22:30de robots terrestres intelligents.
22:31Par exemple,
22:32les machines téléopérées
22:33plus proches
22:33d'un véhicule
22:34à roues
22:35ou à chenillers.
22:35Il y a les plateformes
22:36beaucoup plus lourdes
22:37qui vont de quelques
22:38centaines de kilos
22:39à plusieurs tonnes.
22:39Le but,
22:40c'est qu'un opérateur
22:41puisse gérer simultanément
22:43plusieurs plateformes,
22:44voire une flotte.
22:45Et donc, pour ça,
22:46on a besoin d'intégrer
22:47énormément d'intelligence artificielle
22:48pour autonomiser
22:50le robot au maximum.
22:52Un peu plus proche
22:53des robots humanoïdes,
22:54les robots zoomorphes,
22:56ceux qui prennent
22:56la forme d'animaux,
22:58comme ce robot poisson chinois
22:59destiné officiellement
23:00à la surveillance sous-marine.
23:01Des modèles canins,
23:02également,
23:03en Chine,
23:04aux Etats-Unis
23:04ou en Corée du Sud,
23:06des prototypes existent
23:07et des tests sont effectués
23:08pour les équiper,
23:09par exemple,
23:10avec des fusils d'assaut.
23:14Dans le même style,
23:15des loups robots
23:16déployés en Chine
23:17lors d'un exercice
23:18de débarquement,
23:18qui rappelle celui
23:19que l'État chinois
23:20envisage depuis longtemps
23:21dans le cadre
23:22d'une éventuelle invasion
23:23de Taïwan.
23:23Selon la plupart
23:24des analystes,
23:25certains modèles
23:26de robots humanoïdes
23:27et canins
23:27pourraient déjà,
23:28d'ici 5 à 10 ans,
23:30être aptes au combat.
23:31C'est déjà la science-fiction.
23:32C'est une guerre
23:32qu'on n'imaginait pas
23:33encore possible
23:34il y a seulement quelques années.
23:36Donc je pense
23:37qu'on est déjà
23:37en train de la lire.
23:38Et au lieu de compter
23:39deux bras et deux jambes
23:40comme Terminator,
23:41le robot soldat de demain
23:42pourrait donc prendre
23:43plusieurs formes
23:44et ne s'inspirer
23:44que partiellement
23:45de l'être humain
23:46et lui préférer
23:47d'autres animaux.
23:48pourquoi pas 4 pattes
23:48ou 6 pattes ?
23:50Donc la forme humainoïde,
23:51pourquoi pas ?
23:52Mais on peut la challenger
23:53en disant
23:54mais finalement
23:55une araignée,
23:56ça se déplacera
23:56très bien aussi.
23:57Pourquoi pas
23:58des robots araignées ?
24:00Bon, des robots araignées,
24:02pas sûr que ce soit
24:03vraiment une consolation.