- il y a 1 semaine
Invités :
- Sylvain Maillard, député de Paris, groupe Ensemble pour la République,
- Karine Daniel, sénatrice de Loire-Atlantique, groupe Socialiste.
Parlement Hebdo est au coeur de l'actualité politique pour vous faire vivre cette année parlementaire inédite.
Chaque vendredi c'est le tour d´horizon complet d'une semaine au Parlement. Kathia Gilder (LCP-Assemblée nationale) et Alexandre Poussart (Public Sénat) passent en revue les événements et les discussions en séance ou en commission.
Cette saison, une nouvelle formule : un débat entre un député et un sénateur sur les grands sujets qui rythment la vie du Parlement.
- Sylvain Maillard, député de Paris, groupe Ensemble pour la République,
- Karine Daniel, sénatrice de Loire-Atlantique, groupe Socialiste.
Parlement Hebdo est au coeur de l'actualité politique pour vous faire vivre cette année parlementaire inédite.
Chaque vendredi c'est le tour d´horizon complet d'une semaine au Parlement. Kathia Gilder (LCP-Assemblée nationale) et Alexandre Poussart (Public Sénat) passent en revue les événements et les discussions en séance ou en commission.
Cette saison, une nouvelle formule : un débat entre un député et un sénateur sur les grands sujets qui rythment la vie du Parlement.
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00:01Générique
00:09Bonjour à tous, je suis très heureux de vous retrouver pour une nouvelle saison de Parlement Hebdo.
00:14On va continuer cette année à vous faire vivre les temps forts des débats au Parlement.
00:18Vous connaissez la formule, chaque semaine un débat entre un député et un sénateur.
00:22Aujourd'hui je reçois Sylvain Maillard, bonjour.
00:24Bonjour.
00:24Vous êtes députée Renaissance de Paris et face à vous, Karine Daniel, bonjour.
00:28Bonjour.
00:28Vous êtes sénatrice socialiste de Loire-Atlantique.
00:31Quelle réponse a apporté au mouvement lycéen ?
00:34La colère des jeunes qui a résonné cette semaine jusque dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
00:39Le gouvernement tente de trouver un équilibre entre l'écoute des revendications de la jeunesse et la fermeté face aux
00:44casseurs.
00:45L'autre dossier cette semaine pour le gouvernement, c'est le budget 2027.
00:50L'exécutif propose un effort budgétaire de 40 milliards d'euros, mais ne convainc pas les sénateurs.
00:57On commence par la colère des lycéens.
01:00Une nouvelle crise à gérer pour l'exécutif.
01:02Katia Gilder.
01:06Face à la révolte lycéenne, Sébastien Lecornu prend la parole devant les Français, avec d'abord une mise au point
01:12sur le plan sécuritaire.
01:14Les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens.
01:19Leur mission est de protéger les biens, mais surtout les personnes, de faire respecter la loi et de permettre l
01:25'accès aux établissements scolaires.
01:27Fermeté d'un côté, dialogue de l'autre avec l'ouverture d'une plateforme numérique de revendications.
01:32La plateforme, ouverte lundi dernier par le ministre de l'Éducation nationale, a déjà recueilli plus de 40 000 contributions.
01:39Elle nous permet d'entendre directement celles et ceux qui ne s'expriment pas toujours dans les instances habituelles.
01:46Le Premier ministre a promis d'étudier les revendications d'ici fin octobre, avec la possibilité d'en traduire certaines
01:53dans le budget 2027.
01:54Ce mardi, à l'Assemblée nationale, la colère des lycéens a enflammé les bancs, chacun se renvoyant la responsabilité des
02:02violences.
02:03Depuis 18 jours, un puissant mouvement de jeunesse se lève pour l'égalité scolaire.
02:08Depuis 18 jours, vous jouez le pourrissement et déchaînez une répression inédite contre les manifestants.
02:14Et je vais vous dire une chose, madame la présidente, mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas
02:19électoralement.
02:20« Semer le chaos tel que vous le faites depuis le début du mouvement lécéen est un scandale ».
02:26Sur le terrain, la colère ne faiblit pas et l'exécutif continue de naviguer à vue pour tenter de désamorcer
02:32la contestation dans un contexte budgétaire explosif.
02:37Sylvain Maillard, le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffrey, a annoncé jeudi la mobilisation de 3000 professeurs remplaçants
02:43pour effectuer des remplacements en urgence dans les lycées problématiques.
02:47Vu l'ampleur du problème de cette question des non-remplacements dans nos lycées, comment ces professeurs sont disponibles tout
02:55d'un coup ?
02:563000 professeurs, est-ce qu'on ne va pas mettre finalement des profs de mathématiques dans des cours d'histoire
03:00?
03:01Il faut qu'on réorganise une partie de l'éducation nationale.
03:05Et entre autres, c'est un vrai sujet sur les remplacements.
03:08Quand un professeur ou des professeurs sont absents dans un lycée, un collège, une école,
03:14on a tout un système hiérarchique qui remonte parfois très très haut pour pouvoir affecter tel ou tel professeur
03:21dont on sait localement qu'un tel est disponible juste à côté et ça prend une semaine.
03:27En réalité, nous devons mieux nous organiser.
03:29D'ailleurs, je note que 25% des absences à l'heure actuelle de professeurs sont faites du fait de
03:35formation.
03:35C'est-à-dire que c'est l'institution elle-même qui organise indirectement 25% des absences.
03:41Il faut se réorganiser.
03:43Il faut être plus près des lycées, plus près de là où on prend la décision
03:46et d'avoir un vivier de professeurs qui soit disponible immédiatement et mieux organisé, plus pragmatique.
03:54En réalité, c'est ça que traduit cette crise.
03:56Karine Daniel, les non-remplacements de professeurs sont l'une des revendications dans ce mouvement de jeunesse.
04:02Cette annonce de 3000 professeurs mobilisés tout de suite en urgence, c'est une réponse du gouvernement ?
04:08C'est une réponse qui intervient à l'AT, mais nous savons qu'il manque de manière structurelle
04:15des professeurs dans l'éducation nationale.
04:17Nous nous battons avec les députés socialistes et les sénateurs socialistes depuis des années
04:22pour en faire une priorité dans le budget.
04:25D'ailleurs, ça nous coûte toujours des débats assez vifs, à la fois avec le gouvernement
04:29et à la fois avec nos partenaires de gauche.
04:32C'est un problème d'organisation de l'administration, comme le dit Sylvain Maillard ?
04:35Vous avez eu huit ministres macronistes de l'éducation nationale.
04:40Si celles-ci et ceux-ci n'ont pas été capables de gérer depuis dix ans
04:45des problèmes d'organisation et d'affectation, c'est quand même un bilan qui est assez cruel.
04:51Et je le dis aussi, ces 3000 professeurs et le fait qu'ils soient mis à partir de la semaine
04:59prochaine
04:59devant des élèves, ça aurait dû évidemment être réglé en amont de cette rentrée.
05:05C'est quand même une situation qui est improbable.
05:09Donc tant mieux si des solutions de court terme sont trouvées.
05:12Mais ça n'empêche pas que mettre des professeurs de manière structurelle devant des élèves,
05:19alléger les effectifs de classe, ça reste une priorité pour les socialistes.
05:24Et moi, je suis fière de défendre cette position de manière constante depuis des années
05:29et nous la défendrons encore au prochain budget.
05:31Et on rappelle ce chiffre, 10% des heures d'enseignement sont perdues par les collégiens et les lycéens
05:36à cause de cette question des non-remplacements.
05:39Ce sont les chiffres d'un rapport de l'Assemblée nationale.
05:41Sylvain Maillard, Emmanuel Macron est au pouvoir depuis neuf ans.
05:45Est-ce que ce mouvement de colère des jeunes, c'est aussi le signe de son échec en matière d
05:48'éducation ?
05:49Juste quand même dire une chose, s'il suffisait de dire qu'on veut des professeurs en plus
05:53pour avoir des professeurs en plus, ce serait très facile.
05:56Il faut des moyens.
05:56Ce n'est pas une question de moyens, il faut les trouver les professeurs.
05:59Moi, je vous invite, je participe à les détections, l'encadrement.
06:05Comment on trouve des professeurs ? Bon courage, c'est très difficile.
06:08Il y a beaucoup moins de personnes qui ont envie d'être professeurs des écoles.
06:12C'est très compliqué à trouver.
06:13Mais il faut des moyens pour les revaloriser et être plus attractif le métier ?
06:16Bien sûr. Vous savez, on a les mêmes problèmes en Allemagne où les professeurs sont bien mieux payés.
06:21C'est difficile. Il y a beaucoup moins de gens qui ont envie d'être professeurs.
06:23D'ailleurs, ça doit nous interroger sur ce qui est devenu le métier de professeur en général en France.
06:30Mais au-delà de ça, pardon de vous avoir coupé, mais je voulais vraiment y répondre.
06:33S'il suffisait de mettre toujours de l'argent, je pense que notre pays est en train de mourir de
06:38ça.
06:38De toujours penser qu'on a un problème, on met un budget en face.
06:41Non, il y a des problèmes structurels d'organisation.
06:44Oui, je le dis.
06:44Donc c'est un échec pour Emmanuel Macron au bout de neuf ans ?
06:46L'éducation nationale est un énorme paquebot, plus d'un million de personnes, est très compliqué à organiser et qui
06:53est beaucoup trop hiérarchisé.
06:54Il faut beaucoup plus de possibilités localement de s'organiser.
06:58C'est ça qui traduit aussi cette crise.
07:01Je pense que c'est important de pouvoir y répondre.
07:03En tout cas, Karine Daniel, les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron ont mis quand même des moyens pour revaloriser les
07:09professeurs ces dernières années.
07:10Mais il y a peut-être d'autres solutions à mettre en œuvre pour résoudre cette question qui s'observe
07:15aussi dans d'autres pays, ce manque de professeurs.
07:18Il y a un appel de la jeunesse que l'on doit entendre.
07:21Et ça, c'est un élément qui me paraît très important.
07:23Et moi, dans ces manifestations, ce que j'admire, et vraiment j'admire les lycéens et les étudiants qui sont
07:30dans ces manifestations et qui nous envoient un signal de cohésion nationale,
07:35ce qui ressort de ces manifestations, c'est beaucoup de solidarité entre les lycéens qui sont dans des situations parfois
07:41différentes selon leur établissement, selon leur territoire.
07:45Mais ils nous font passer le message qu'il faut des moyens pour plus d'égalité et pour que chacune
07:51et chacun ait les moyens d'étudier dans de bonnes conditions.
07:55Et ça, ça vient en miroir.
07:58C'est vrai, on parle beaucoup de Parcoursup, mais Parcoursup, c'est une plateforme.
08:04Qu'est-ce qu'il y a derrière Parcoursup et comment est-ce qu'on la paramètre et comment est
08:08-ce qu'elle est paramétrée ?
08:09Parcoursup et la réforme du lycée organisent une grande compétition entre les lycéens pour accéder à des études.
08:18Ce système met les étudiants et les lycéens en compétition, en concurrence les uns avec les autres.
08:25Et moi, face à cette grande concurrence, je suis admiratif du message de cohésion que nous envoient les étudiants et
08:33nous devons réfléchir plus globalement à ça.
08:35Je voudrais qu'on parle de la question du maintien de l'ordre sur ce mouvement lycéen, car on a
08:39vu beaucoup de blessés côté lycéens, côté policiers également.
08:43Sur les lycéens, on a vu des jeunes mutilés lors de ces manifestations et puis la décision du ministre de
08:48l'Intérieur de suspendre l'utilisation par les policiers des grenades assourdissantes.
08:52Sylvain Maillard, est-ce que vous reconnaissez des erreurs de la part du gouvernement dans la gestion du maintien de
08:56l'ordre de ce mouvement ?
08:57D'abord, il faut être très respectueux du métier de policier qui est extrêmement difficile et d'autant plus quand
09:02vous êtes face à des jeunes.
09:04Voilà, c'est compliqué avec des jeunes, pour certains d'entre eux, extrêmement violents, parfois infiltrés avec d'autres qui
09:11ont des black box et qui ont d'autres revendications
09:15ou bien qui sont là juste pour tout casser et donc c'est un métier difficile.
09:19Ce qui nous semble, nous, de l'extérieur, il y a forcément des doctrines dans lesquelles il faudra réfléchir, entre
09:27autres par rapport aux jeunes.
09:29Se tenir éloigné et au fond, parfois utiliser du matériel pour être au fond éloigné des jeunes peut poser des
09:40questions.
09:40Moi, je crois qu'il faut probablement une intervention plus, d'aller au contact tout simplement et d'utiliser moins
09:46d'armes qui permet peut-être de stabiliser plus rapidement la situation.
09:51Voilà, après c'est très compliqué. Je sais que les forces de l'ordre, il y en a plus de
09:56800 qui ont été blessées.
09:58Ce sont des pères et des mères de famille qui ont envie de rentrer le soir chez eux, qui ne
10:02sont pas forcément très bien payés et qui essayent de faire souvent au mieux.
10:06Donc je crois qu'il faut aussi être respectueux de leur travail, de la difficulté dans laquelle ils sont.
10:11Karine Daniel, on a entendu à gauche cette semaine des critiques concernant les violences policières.
10:15Mais quand on voit les violences de certains jeunes dans ces manifestations, il faut que les forces de l'ordre
10:21aient des moyens pour maintenir l'ordre.
10:24Des enfants, des adolescents, des parents sont dans ces manifestations.
10:29Il y a des questions de principes fondamentales, qu'on doit se poser de manière fondamentale.
10:34On n'emploie pas des armes létales quand il y a des enfants, des adolescents dans des manifestations.
10:41Un point, c'est tout.
10:43Les députés socialistes ont fait une proposition de loi pour interdire les LBD, pour interdire les armes de désencerclement,
10:51enfin les grenades de désencerclement et certaines pratiques dans des manifestations quand il y a des mineurs.
10:58Au Sénat, nous examinerons évidemment et nous discuterons de la reprise de cette proposition de loi.
11:04C'est un principe qui est fondamental.
11:07Est-ce qu'il faut interdire, Sylvain Maillard, l'usage de certaines armes intermédiaires,
11:11notamment les LBD et les grenades de désencerclement dans les manifestations avec les jeunes ?
11:15Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'immense majorité des jeunes qui ont été blessés se sont
11:19blessés entre eux.
11:20Et donc, moi, je suis un père de famille et que si mes enfants sont dans une manifestation,
11:26je souhaite que la police puisse aussi protéger les enfants entre eux dans la manifestation.
11:31Donc, ce n'est pas un camp contre un autre.
11:34Les policiers sont là pour protéger tout le monde.
11:36Est-ce que leur métier est difficile ?
11:38Oui, effectivement.
11:39Sur les armes qu'ils utilisent ?
11:40Sur les armes et sur la façon dont c'est utilisé, probablement, il y a quelque chose à voir.
11:44En tout cas, c'est assez évident.
11:47Mais je veux le redire, il est facile pour nous, dans un studio, d'expliquer ce qu'il faut faire.
11:52Je suis allé, probablement, Madame la sénatrice l'a déjà faite, dans une manifestation.
11:56D'ailleurs, les policiers nous invitent à venir, les parlementaires, dans une manifestation un peu dure.
12:02Leur métier est extrêmement difficile.
12:03Et eux aussi ont le droit de rentrer le soir sans être blessés.
12:06Eux aussi ont des enfants.
12:07Notamment dans l'affrontement face au casseur, Karine Daniel.
12:10Est-ce que vous êtes pour la logique casseur-payeur ?
12:13Une logique qui est d'ailleurs reprise dans une proposition de loi qui va être examinée au Sénat à la
12:17fin du mois d'octobre.
12:19Oui, c'est le premier signal qui a été donné au Sénat pour cette ouverture parlementaire.
12:24Moi, je pense qu'il faut donner des signaux inverses.
12:28On discutera de cette proposition de loi.
12:30Il faut donner des signaux inverses quant à la priorité budgétaire donnée sur l'éducation, donnée sur la jeunesse.
12:36Nous regarderons en priorité la proposition de loi qui est portée par Boris Vallaud et les députés socialistes pour interdire
12:45ces armes pour les manifestations où il y a des mineurs.
12:50C'est ça, nous, notre agenda politique.
12:52Ensuite, qu'il y ait des débordements, qu'il y ait des violences.
12:56Je suis dans une ville où le hall d'un lycée a été brûlé.
13:00Évidemment, on le constate et on le déplore et évidemment, on condamne ce type de violence.
13:06Mais vous savez, ces lycéens, la plupart, ils se battent pour avoir des meilleures conditions d'accès aux études et
13:12des meilleures conditions d'études globalement.
13:14Et puis, il y a toute une partie de la jeunesse qui a été exclue du système éducatif et universitaire.
13:21Et il y a aussi là une colère.
13:23Je ne dis évidemment pas qu'elle excuse des faits qui sont répréhensibles.
13:27Mais nous devons aussi entendre cette colère.
13:29Allez, deuxième thème de débat cette semaine, le budget 2027, qui est l'un des autres dilemmes à résoudre par
13:35le gouvernement de Sébastien Lecornu.
13:37Cette semaine, au Sénat, les ministres de l'économie et des comptes publics ont tenté de défendre un projet de
13:42loi de finances
13:42qui est censé réduire le déficit public à 5% de la richesse nationale en 2027.
13:47Mais leur copie n'a pas convaincu du tout les sénateurs.
13:50Cécile Cixot.
13:54En 2027, nous reprenons le chemin de la consolidation.
13:57Nous visons un déficit à 5% du produit intérieur brut.
14:02Mercredi, l'audition des ministres de l'économie et des comptes publics sur le budget 2027 n'a pas convaincu
14:08la commission des finances du Sénat.
14:10La feuille de route du gouvernement, qui se base sur une prévision de croissance à 1%, n'est pas réaliste
14:16côté LR.
14:17J'avoue que je suis stupéfaite par votre optimisme.
14:22L'avis du Haut conseil des finances publiques, d'ailleurs, est très sévère quand même sur les hypothèses que vous
14:28retenez.
14:28Je vous vois faire la moume, enfin, personne ne croit trop à votre prévision de croissance.
14:33La gauche, elle, dénonce des recettes fiscales injustes.
14:36La réalité qui va se poser pendant ce budget, c'est finalement qui paye ?
14:41Est-ce qu'on continue de maintenir un bouclier pour les ultra-riches ?
14:46Ou est-ce qu'on fait peser les efforts de manière disproportionnée, comme vous le faites,
14:52sur les classes moyennes et populaires via le gel des prestations sociales, des APL, de la prime d'activité ainsi
14:58que sur les retraités ?
15:00Sur tous les bancs, en revanche, les sénateurs ont exprimé leur mécontentement sur la part demandée aux collectivités de 5
15:07,5 milliards d'euros d'économie.
15:09Je vous le dis tout net, des aménagements seront nécessaires.
15:12L'effort demandé de 5 milliards d'euros est similaire à celui qui avait été demandé l'année dernière.
15:17Et le Sénat avait heureusement allégé la douloureuse.
15:21Il va falloir qu'on s'emploie également à cela.
15:23Quand allez-vous arrêter de taper constamment sur les collectivités territoriales
15:28et les associer à la situation budgétaire de la nation ?
15:31Les collectivités ne sont pas responsables de ça.
15:33Le ministre des Comptes public assumé précise
15:36la participation des collectivités à l'effort budgétaire
15:39sera faite uniquement par celles qui sont les mieux dotées.
15:44Sylvain Maillard, du côté des députés Renaissance,
15:46Ensemble pour la République, emmené par Gabriel Attal,
15:48qu'est-ce qu'on pense de l'ambition de ce budget du gouvernement ?
15:51Nous, on pense qu'il faut...
15:52On travaille sur la copie budgétaire.
15:55D'ailleurs, cette semaine, le budget est rentré en commission.
15:59C'est intéressant d'ailleurs de regarder les positions des groupes,
16:02les uns par rapport aux autres.
16:03Mais en tout cas, il nous faut faire des économies
16:05et assumer de faire des économies.
16:07Nous avons, dans ce pays, nous dépensons beaucoup trop
16:09par rapport à ce que nous gagnons.
16:11Et donc, nous, on dit qu'il faut des réformes,
16:13en tout cas Renaissance, qu'il faut évidemment faire des économies.
16:16Oui, c'est difficile de faire des économies.
16:17C'est tellement facile, quand vous êtes parlementaire,
16:19de mettre des abonnements pour dépenser, dépenser.
16:21Il faut faire des économies.
16:22Et à côté de ça, il faut des réformes structurelles.
16:24On en propose un certain nombre
16:27qui font que le monde a changé,
16:30que nous avons besoin, et nous le disons,
16:31de travailler tous collectivement un peu plus.
16:34Et à côté de ça, de faire en sorte que le travail paie plus en France.
16:3723 milliards d'économies dans la copie du gouvernement.
16:39Est-ce que ça va assez loin ?
16:40Tous nos amendements que nous portons vont être de faire en sorte
16:44que le travail paie plus en France.
16:4623 milliards, en réalité, il faudra faire plus d'économies.
16:49On sait parfaitement que, et on l'a vu l'année dernière encore,
16:52à chaque fois, il y a forcément des dérapages.
16:54Il faut faire plus d'économies.
16:56Nous sommes encore à plus de 5% de déficit.
16:58Ce n'est pas supportable.
16:59Ce n'est plus supportable.
17:01Il faut faire en sorte de travailler un peu plus,
17:03de faire des réformes structurelles,
17:04et de dépenser moins.
17:05D'autant, Karine Daniel, que la situation financière de la France
17:08est de plus en plus inquiétante sur les marchés financiers.
17:11Les taux d'intérêt de la dette française s'envolent.
17:14Est-ce qu'il faut faire davantage d'économies dans ce budget 2027
17:16pour éviter une crise de la dette française ?
17:18C'est le problème majeur de ce budget,
17:20et c'est ce qui a été vraiment le propos
17:24à la fois d'Amélie de Montchalin
17:25et puis aussi du ministre de l'Économie, L'Escure.
17:29Le problème, c'est que notre dette s'envole.
17:32Notre dette s'envole,
17:33et c'est aussi le bilan des Mozart de la finance
17:36qui sont au gouvernement depuis neuf ans maintenant.
17:41L'autre problème structurel de notre économie,
17:43c'est l'atonie de la consommation des ménages
17:46et l'atonie de l'investissement des entreprises
17:49qui sont les moteurs de la croissance.
17:52Donc les données sont celles-là.
17:54Et aujourd'hui, on nous propose un budget
17:56qui va mettre à contribution les plus modestes,
18:00dont on sait qu'ils ont les plus grandes capacités
18:02à consommer dès lors qu'ils ont un peu plus de pouvoir d'achat.
18:06Et avoir un budget qui, de notre point de vue,
18:09est très injuste car il favorise encore les plus privilégiés,
18:13dont on a vu que le phénomène de ruissellement tant espéré
18:19ne fonctionnait pas.
18:20Il faut plus de justice dans ce budget.
18:23Il faut un budget qui redonne du souffle aux ménages,
18:27qui redonne du souffle aux entreprises,
18:29tout simplement pour que notre croissance retrouve un niveau acceptable.
18:34Et d'ailleurs, dans la discussion que nous avons eue
18:37en commission des finances,
18:38et vous en avez parlé ici dans le petit reportage,
18:43il y a quand même un soupçon d'insincérité
18:47quant aux prévisions de croissance
18:50qui sont faites de manière récurrente depuis quelques années.
18:54Et là, même la rapporteure Lavarde s'en inquiète.
18:59Je voudrais qu'on revienne sur la question des aides sociales.
19:02Car dans la copie du gouvernement,
19:04ce budget s'attaque à certaines prestations sociales,
19:07gel des allocations logement, de la prime d'activité,
19:10baisse des allocations familiales,
19:11suppression de l'avantage fiscal des personnes malades
19:14en affection longue durée.
19:16Est-ce que c'est un budget injuste socialement, Sylvain Maillard ?
19:18Vous savez, moi, je ne rentre pas là-dedans.
19:20Je connais parfaitement le discours de
19:22il faut faire... tout va mal,
19:25et au fond, on n'est pas capable de faire des efforts.
19:27Moi, j'assume, y compris dans l'impopularité,
19:29c'est la grosse différence que je peux avoir
19:31avec les socialistes ou les autres oppositions.
19:33Non, mais est-ce qu'il faut demander aux plus vulnérables
19:34de faire des efforts ?
19:35Je veux une année blanche.
19:36Je souhaite une année blanche.
19:37Quand nous n'avons plus des moyens, chaque...
19:39On gèle toutes les prestations sociales.
19:40Mais tout, en fait, l'impôt sur le revenu,
19:42il n'y a pas de revalorisation.
19:43Nous restons exactement au niveau
19:45que nous avions l'année dernière.
19:47Nous n'avons plus les moyens
19:48de continuer à vivre au-dessus de nos moyens.
19:51Il faut le dire et l'accepter.
19:52Moi, j'entends, et c'est normal,
19:53c'est le rôle des oppositions,
19:54de dire qu'il faut toujours faire plus,
19:56que tout va mal, que c'est horrible,
19:57que c'est injuste, qu'il faut plus d'impôts.
19:59Moi, j'assume ma position,
20:01qui est dire une année blanche,
20:02il faut rester sur ce que nous avions l'année dernière.
20:04Il faut absolument, le plus rapidement possible,
20:06revenir à 3% de déficit.
20:07Il faut s'en donner les moyens
20:09et faire en sorte que,
20:10quand on n'a plus d'argent,
20:11tout le monde le sait,
20:12quand nous n'avons plus d'argent dans les ménages,
20:15on fait des économies.
20:16Et c'est ce qu'il faut faire.
20:17Et donc, moi, j'assume une position radicale.
20:20Et en tout cas, ce sont l'ensemble des amendements
20:23que je porte au sein de l'Assemblée nationale.
20:26Karine Daniel, une réaction à cette proposition
20:28d'année blanche, tout simplement,
20:29de geler les crédits budgétaires des ministères,
20:32mais aussi les prestations sociales.
20:33Vous assumez surtout un bilan,
20:35un bilan qui nous met dans une situation
20:37où les fractures sociales se sont aggravées.
20:41Les fractures territoriales se sont aussi aggravées.
20:44Et c'est important, dans un moment
20:46où le prix de l'essence augmente de manière très importante
20:50et réduit le périmètre de vie
20:52de nombreuses et nombreux de nos concitoyens
20:54qui habitent en milieu rural
20:56et qui doivent réduire leurs déplacements,
20:59y compris pour le travail.
21:01Donc, c'est ce bilan que vous devez assumer.
21:05Geler les effets, geler l'action budgétaire,
21:10c'est socler ce bilan.
21:12C'est une fin de quinquennat
21:16qui n'est pas à la hauteur des enjeux
21:18et ce sera lourdement sanctionné.
21:21Et puis, Sylvain Maillard, dans ce budget,
21:22le gouvernement réduit la fiscalité sur les donations,
21:25tout comme la contribution exceptionnelle
21:27des grandes entreprises
21:28qui ont des chiffres d'affaires supérieurs à plusieurs milliards d'euros.
21:31Au contraire, est-ce qu'il ne faut pas un effort supplémentaire
21:34des plus riches dans ce budget
21:35pour plus de justice fiscale
21:37dans le contexte de la grande sociale
21:38qu'on connaît actuellement ?
21:40D'une façon générale, il y a trop d'impôts en France.
21:42Nous payons, c'est nous qui avons le plus d'impôts.
21:44Même sur les milliardaires ?
21:45C'est nous qui avons le plus de redistribution
21:48et pourtant, les gens disent qu'il n'y a jamais assez d'égalité.
21:52Vous pourrez toujours faire plus, toujours prendre plus.
21:54Moi, j'ai une seule chose,
21:55c'est que si nos entreprises ne sont plus compétitives,
21:58vous savez quoi ?
21:59L'emploi, il ne sera plus en France, il sera ailleurs
22:01et on va continuer à se plaindre en disant
22:04que les salaires n'augmentent pas
22:04parce qu'on crée moins de valeur.
22:06À un moment, il faut être juste
22:09et dire qu'il faut payer moins d'impôts,
22:11il faut payer moins de taxes
22:12et il faut que ceux qui travaillent gagnent plus.
22:14Je crois que c'est ça que nous portons depuis des années
22:17et c'est ça qu'il faut porter dans ce budget.
22:19Dans un moment qui est compliqué, nous n'avons pas de majorité.
22:21C'est-à-dire qu'on prend au fond tous les coups
22:24en disant que c'est le gouvernement,
22:26mais nous n'avons pas de majorité.
22:27D'ailleurs, vous voyez bien dans mon propos,
22:29le groupe Renaissance, on n'est pas parfaitement aligné
22:31sur ce que fait le gouvernement.
22:33C'est un moment difficile,
22:34mais je crois qu'il faut rappeler nos ancres.
22:36Il y a trop d'impôts en France
22:37et il faut que le travail paie plus.
22:38Si le gouvernement Sébastien Lecornu
22:40n'est pas parfaitement aligné sur le budget
22:42avec votre groupe, c'est sûr que ça s'annonce compliqué
22:44cette discussion budgétaire pour les écutifs.
22:46Vous êtes en permanence au Parlement,
22:47je pense que ça ne vous a pas échappé.
22:49Il y a une dimension critique de la part de votre groupe,
22:51c'est vrai.
22:51Karine Daniel, est-ce qu'on a les moyens
22:52d'augmenter encore les impôts en France
22:54alors que les prélèvements obligatoires
22:56sont déjà assez élevés
22:57quand on se compare par rapport aux autres pays européens ?
22:59Il faut envoyer des signaux de justice dans ce pays
23:04et un élément de la justice,
23:06c'est la justice fiscale
23:08et c'est que dans un moment
23:10où on a besoin de fournir des efforts,
23:13ce sont les plus favorisés
23:15et les plus privilégiés
23:17qui fournissent peut-être un effort supplémentaire.
23:20Mais je pense que dans la situation
23:22que nous traversons avec les jeunes
23:24qui sont dans la rue,
23:26avec le mur du vieillissement de la population
23:28que nous allons avoir
23:30avec les enjeux autour du troisième âge,
23:32du quatrième âge,
23:34je pense que celles et ceux
23:35qui sont les plus privilégiés d'entre nous
23:37sont en mesure d'accepter cet effort.
23:40En tous les cas,
23:41c'est le pacte social
23:42que nous devons proposer pour la France.
23:44Il nous reste quelques minutes
23:45pour conclure ce débat.
23:46Sylvain Maillard,
23:47est-ce que vous pensez
23:47que le gouvernement Sébastien Lecornu
23:48va réussir cette fois
23:49à faire passer ce budget au Parlement,
23:52à l'Assemblée ?
23:52On sait tous que si on n'a pas de budget,
23:54on rentre dans une situation
23:56en réalité dramatique.
23:57Et donc il faut trouver
23:59le meilleur budget
24:00ou le budget le plus acceptable possible,
24:03mais que sinon,
24:04la dette va s'envoler,
24:05qu'on sera dans une instabilité
24:06et qu'au fond,
24:08aussi dans un choix démocratique,
24:09il y aura un choix démocratique
24:10dans quelques mois,
24:11il faut que celui ou celle
24:13qui devient président de la République
24:14ait les moyens
24:15de pouvoir adapter un budget
24:19à sa main, je dirais,
24:20pour le reste de l'année.
24:21Si nous ne votons pas de budget,
24:23en réalité toute l'année,
24:24il n'y aura pas de budget,
24:25peut-être octobre ou novembre,
24:27c'est-à-dire un pays
24:28où les taux d'intérêt
24:29risquent de flamber.
24:31Et politiquement,
24:32est-ce que vous dites
24:32notamment aux socialistes,
24:34mettons-nous autour de la table
24:35pour trouver un compromis
24:36avec le Bloc central ?
24:37Moi, vous savez,
24:37j'ai toujours une inquiétude
24:38avec les socialistes.
24:39La dernière fois,
24:40pour trouver un compromis,
24:42on a gelé la réforme des retraites.
24:44On voit un an après,
24:46dans l'État où on est,
24:46c'est-à-dire que nos retraites,
24:47c'est encore pire.
24:49Et on voit le dérapage
24:50dans lequel on est.
24:51Donc, moi, ce que je demande,
24:52c'est que chacun fasse des efforts
24:55pour faire en sorte
24:56qu'il y ait un budget.
24:57Et puis, il y a un rendez-vous démocratique
24:59au mois de juin,
25:00l'année prochaine.
25:01Il y aura une nouvelle
25:01Assemblée nationale
25:02qui pourra faire évoluer un budget.
25:04Karine Daniel,
25:05en pleine campagne présidentielle,
25:06ça y est, qui est partie.
25:07On n'a pas l'impression
25:08que les socialistes
25:08sont dans une dynamique
25:09de compromis avec le gouvernement,
25:11comme ça a été le cas
25:12l'année dernière
25:12avec la suspension
25:13de la réforme des retraites
25:14qui a permis la non-censure
25:15de Sébastien Lecornu.
25:16Pour réagir par rapport
25:17à notre sujet précédent,
25:19sur le budget d'avant,
25:20les socialistes avaient demandé
25:21et n'avaient pas lâché
25:22sur 4 000 postes de professeurs
25:24dans l'éducation nationale.
25:26Et je pense qu'aujourd'hui,
25:26vous pouvez aussi nous remercier
25:28de cela
25:28parce que la situation
25:30serait d'autant plus délétère
25:32dans l'éducation nationale
25:33et en cette rentrée
25:34avec les lycéens dans la rue
25:35si nous n'avions pas eu
25:38cet apport
25:39de professeurs supplémentaires.
25:40Et merci.
25:41C'est la fin de ce débat,
25:42de ce premier numéro
25:43de la saison
25:44de Parlement hebdo.
25:45Merci de l'avoir suivi
25:47et on vous retrouve
25:47la semaine prochaine.
25:48Ce sera Katia Gilder
25:49à la présentation.
25:51Très bonne journée
25:51sur nos antennes.
25:52Sous-titrage Société Radio-Canada