- il y a 5 minutes
Boris Vallaud est député PS des Landes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Il vient de sortir "Nos vies ne sont pas des marchandises – Manifeste pour la démarchandisation" au Seuil. Face à Cyprien Bogande et Rachel Garrat-Valcarcel, il répond à la question que beaucoup se posent à gauche : que va faire le PS pour l'élection présidentielle de 2027 ?
Entretien enregistré avant sa démission de la direction du Parti socialiste.
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NewsTranscription
00:01– Bon, d'aucuns estiment que le livre vous met sur une position un peu plus à gauche, disons, dans
00:08le Parti socialiste.
00:11Mais en même temps, ces dernières semaines, depuis les élections municipales au sein du Parti socialiste,
00:15vous semblez vous alliez plutôt à l'aile droite du Parti socialiste face à Olivier Faure.
00:21Est-ce que ça brouille pas un peu le message ?
00:23– Alors, d'abord, ce qui me fait beaucoup rire, c'est que l'aile gauche d'aujourd'hui était
00:27l'aile droite d'hier.
00:28– C'est pas tout à fait faux. Mais malgré tout...
00:31– Donc quand je vois beaucoup de gens qui étaient d'ailleurs des soutiens ou des très proches de Manuel
00:35Valls,
00:35qui est aujourd'hui revendique d'aile gauche, je dis, les amis, un tout petit peu au moins de praxis
00:40intellectuelle, quoi.
00:41– C'est vrai.
00:42– Qu'est-ce qu'on propose ? Je crois pas que depuis 7 ans que je parle en mon
00:45seul nom, j'ai été autre chose que socialiste.
00:48– C'est vrai, mais vous qui avez défendu et qui, je crois, défendez encore un périmètre pour l'élection
00:53présidentielle qui va de Ruffin à Glusman,
00:56je ne me trompe pas, vous alliez avec des gens qui sont plutôt pour un périmètre de Hollande à Glusman.
01:01– Eh bien, détrompez-vous, puisqu'il y a aussi des parlementaires communistes qui ont signé avec nous,
01:05qu'il y a GRS, Manuel Moral notamment, qui a signé avec nous.
01:09– Vous parlez de construire, on va y revenir.
01:10– Par ailleurs, pour ce qui me concerne, y compris dans les derniers mois, je ne me suis pas senti
01:16l'aile droite de qui que ce soit au Parti socialiste.
01:18– Mais vous peut-être pas, mais est-ce que vous n'êtes pas allié avec des gens qui ne
01:21sont pas, en fait, pas selon le comportement d'accord avec vous ?
01:24– Je m'allie avec ce que je suis, avec ce que je défends, avec ce que j'ai envie
01:28de porter, avec ce livre, mais avec le précédent que vous alliez au-dessus,
01:32qui est pour le coup la politique à l'échelle humaine et qui se préoccupe des vies telles qu'elles
01:38sont vécues.
01:39Donc moi, je viens avec ça. Vous savez, on ne peut pas passer son temps à couper la gauche en
01:42morceaux, parce que sinon, on va terminer tout seul.
01:45L'épidémie de solitude, elle va finir par frapper la gauche.
01:47– Non, mais vous, peut-être pas, mais est-ce que vous n'êtes pas allié avec des gens qui
01:51veulent couper la gauche en morceaux ?
01:53– Pas plus, pas moins que d'autres qui ont d'autres projets. Voilà. Moi, je dis franchement, dans l
02:00'initiative que j'ai prise, tout le monde est attendu à table.
02:04Donc il n'y a pas de problème ou pas d'ambiguïté. Je dis, nous avons besoin d'un candidat
02:08commun, de toute cette gauche que vous avez décrite,
02:11et qu'elle travaille ensemble. Elle aura des désaccords, elle aura des contradictions à surmonter de tomber même.
02:14Si on n'est pas capable de le faire entre nous, on ne va pas le faire pour le reste
02:16de la France.
02:16– Alors, il y a un autre endroit où tout le monde est a priori attendu à table. C'est
02:20la primaire voulue dans le cadre dit de Bagneux, Front populaire 2027.
02:26Mais a priori, là, vous avez décidé de plutôt pas répondre à l'invitation, si j'ai bien compris.
02:31– Bah, écoutez, d'abord, je n'ai pas toujours été invité, contrairement à ce que vous pensez.
02:35– Vous étiez là à Bagneux, quand même, déjà.
02:36– Oui, oui, j'ai été invité la veille au soir. C'était bien le souvenir qu'il y avait
02:40un président de groupe.
02:41– Non, mais écoutez, moi, je vais vous dire, j'ai des doutes que j'ai exprimés depuis longtemps, sans
02:46phare.
02:46Et je pense qu'il n'est pas interdit d'exprimer des doutes, voire des oppositions,
02:51sur un processus qui me paraît être un processus de distinction, plutôt que de rassemblement.
02:56Et que, par ailleurs, je fais le constat qu'ils ne rassemblent pas assez large pour aboutir à ce à
03:02quoi on...
03:04Je vous donne un exemple. Moi, je considère que, par exemple, la primaire de 2011,
03:08elle a eu des conséquences délétères dans l'exercice du pouvoir.
03:13– Carrément. – Que les divisions...
03:15– Ça, c'est la position de François Hollande, par exemple.
03:17– Mais oui, mais enfin, vous voyez, je me détermine...
03:19Vous savez, j'ai pris une habitude, c'est ma grande liberté, c'est de penser tout seul, vous voyez.
03:23Je ne suis affidé à personne, je travaille pour personne.
03:27Je travaille pour les gens qui sont dans ma circonscription, d'ailleurs, qu'ils aient voté ou pas pour moi.
03:32Et c'est la seule chose qui me préoccupe. Moi, je n'ai pas fait de la politique pour autre
03:34chose que pour ça.
03:35Et je n'ai surtout pas fait de la politique pour les gens qui vont bien.
03:37Donc c'est ma seule détermination.
03:41Je vous dis, un, je pense que c'est une entreprise de distinction et qu'on l'a mesurée dans
03:44l'exercice du pouvoir.
03:47Que, deux, c'est une entreprise de distinction.
03:49Que, trois, ça ne crée pas forcément l'élan nécessaire, on l'a vu en 2016.
03:53On a vu aussi en 2016 que ça pouvait être trahi, que ça ne rassemblait pas automatiquement.
03:58Par ailleurs, qu'il y avait des biais sociologiques considérables.
04:01Et que quand j'entends dire que ça va être une primaire de clarification, j'ai une clarification de quoi
04:04?
04:04De nos désaccords. Et ensuite, on va faire campagne sur nos désaccords.
04:07Est-ce que, par ailleurs, ça ne règle pas... Ça règle une question qui, moi, est essentielle ?
04:10Et je le vois et je suis heureux que la presse commence à s'y intéresser.
04:13Pour ce qui me concerne, je sortirai un papier au début du mois de juin sur ce sujet-là.
04:19Mais il y a un impensé qui est considérable.
04:22C'est-à-dire qu'il ne suffit pas de gagner la présidentielle pour exercer le pouvoir ou pour gouverner.
04:28Moi, j'ai une conviction, c'est que la Ve République est à bout de souffle, qu'elle est finie,
04:31qu'elle nous a définitivement abîmés et abîmés la démocratie, la confiance des citoyens dans leurs représentants.
04:40Et qu'il nous faut imaginer une autre pratique du pouvoir, qui n'immunisera pas, peut-être,
04:44en tout cas provisoirement, contre l'arrivée de l'extrême droite,
04:47mais qui peut, un temps soit peu, réenchanter la politique,
04:51qui implique un rééquilibrage du pouvoir, qui implique sans doute une élection législative à la province.
04:58C'est les élections législatives. Nous sommes, avec cette primaire,
05:01en train de penser ces élections législatives comme le troisième tour de l'élection présidentielle.
05:05Si nous pensons l'élection du troisième tour, c'est que nous sommes des fétichistes de la cinquième République.
05:09Je ne suis pas un fétichiste de la cinquième République.
05:11On me dit, tu as des doutes, tu n'es pas d'accord.
05:14Je demande, moi, j'étais prêt à être convaincu.
05:16Le problème, c'est que pour être convaincu, il faut qu'il y ait le débat quelque part sur les
05:19biens fondés de tel ou tel.
05:20Est-ce que ce n'est pas quand même un peu facile de dire, la primaire ne rassemble pas assez,
05:24quand on n'y va pas soi-même et que du coup, on ne travaille pas au fait qu'elle
05:27rassemble plus ?
05:28Mais j'ai proposé qu'on y travaille dans mon parti. Ça n'a pas été le cas.
05:31On me dit, tu critiques, tu ne proposes rien d'autre.
05:33Donc je propose un chemin qui est un chemin différent,
05:36qui commence d'abord à se poser la question de ce que l'on veut dire aux Français
05:39et de la sociologie, de la stratégie électorale, c'est-à-dire la sociologie et la géographie de nos combats.
05:46Non, non, mais ce n'est pas une abstraction.
05:48Où va se faire la grande bataille de France ?
05:49Moi, je suis élu d'un territoire rural, d'une circonscription soit soliste depuis 1978
05:54et qui voit l'extrême droite progresser.
05:56Après le sud-est de la France, après les bassins miniers, après les territoires industriels en déprise,
06:00je vois cette France des sous-préfectures, cette France urbaine,
06:02quel sentiment d'une domination culturelle d'une France sur une autre,
06:05quel sentiment que la République ne passe plus par chez elle,
06:07quel sentiment d'un pouvoir lointain qui les méprise et qui passe leur temps à les juger.
06:11Eh bien, si on considère que c'est là que va se faire la grande bataille de France,
06:13il faut qu'on y ramène notre projet politique, nos propositions.
06:16Ensuite, je veux qu'on ait un contrat de législature.
06:19Et ensuite, quand on aura tous travaillé ensemble, qu'on aura fait émerger une équipe,
06:22comme Jospin, autour de Jospin, il y avait des personnalités considérables.
06:24Il y avait Dominique Voinet, il y avait Guesso, il y avait Chevènement, il y avait Martine Aubry,
06:29il y avait des personnalités considérables.
06:31Et c'était une équipe.
06:31Et d'ailleurs, on en parlait en de tels termes.
06:33Vous pensez qu'ensuite, un seul se lève de la table pour dire « je me lève et je me
06:37casse » ?
06:37Non, je ne le crois pas.
06:38Est-ce qu'on ne sera pas capable, dans un processus de consensus organisé,
06:43et qu'on peut travailler ensemble, trouver celui ou celle qui est capable de porter ça ?
06:46Et d'ailleurs, peut-être qu'il n'est parmi aucun de celles et de ceux auxquels on pense aujourd
06:49'hui,
06:50ou qui y pensent aujourd'hui.
06:51Si on n'est pas capable de le faire, c'est qu'on ne croit pas véritablement à la menace
06:55de l'extrême droite.
06:56C'est vraiment possible que quelqu'un émerge dans un processus de conclave, comme vous semblez le défendre ?
07:01D'ailleurs, je note que c'était la proposition et de Lucie Castet avant la primaire, et de Marine Tondelier.
07:08Alors pourquoi, quand c'est quelqu'un d'autre qui la formule, ça deviendrait une idée idiote ?
07:12Vous avez bien compris que ma préoccupation, c'est tout ce qui fait le rassemblement.
07:15Tout ce qui fait le rassemblement.
07:16Moi, je me suis engagé à un moment donné, je n'avais pas envie d'être député,
07:20mon prédécesseur qui a arrêté, qui m'a dit « ce n'est pas le moment de se planquer, tu
07:22as vu l'extrême droite ».
07:24Bon. Et donc, moi, je ne me planque pas. Et quand, par ailleurs, je sens qu'on va se planter,
07:30vous savez, il n'y a pas de crise OPS, en fait.
07:32Non, non, je vous dis, il n'y a pas de crise OPS.
07:33Quand même un peu.
07:34Non, non, je vous dis, pourquoi il n'y a pas de crise OPS ?
07:36Il n'y a pas de crise OPS, parce que la crise, c'est quand on ne dit pas ses
07:38désaccords.
07:39La crise, c'est quand on se tait. La crise, c'est quand il ne se passe rien,
07:43et qu'on continue comme si tout allait bien.
07:46On a besoin de cette mobilisation. Alors moi, j'ai dit, d'abord les idées.
07:49Ben voilà, les idées, allons-y.
07:50– Boris Zalo, vous dites que vous ne cachez pas. Dernière question sur la primaire.
07:54Est-ce qu'au fond, le problème de la primaire pour les socialistes,
07:56c'est qu'ils ont le sentiment qu'ils ne sont pas sûrs de pouvoir la gagner
07:59et qu'ils ne veulent pas soutenir un autre candidat qu'un candidat socialiste à la présidentielle ?
08:03– Ça, vous poserez la question à ceux qui en sont les promoteurs.
08:06– Non, mais je la pose à quelqu'un qui n'en veut pas de la primaire.
08:09– Moi, je fais le constat qu'à partir du moment où toutes celles et tous ceux
08:13qui sont de cette gauche-là n'y participent pas, ni Parti communiste français,
08:16ni Place publique, ni les radicaux, ni peut-être d'autres que j'oublierai,
08:20qu'une partie de ceux qui la promeuvent, en fait, n'y croient pas une seconde,
08:24parce qu'il faut quand même se dire aussi les choses.
08:26Et on commence à l'entendre. Je dis, écoutez, on n'a pas le luxe de se planter.
08:32Donc, je veux dire, ce n'est pas grave d'être candidat à une primaire.
08:35Je rappelle que la gauche était contre l'élection du président de la République
08:38au suffrage universel et qu'on a plutôt envie d'en faire un président genre…
08:42– Vous savez, il y a plein de pays où il n'y a pas d'élection présidentielle
08:43au suffrage universel, où le chef, c'est le Premier ministre,
08:45où il y a des primaires pour désigner les candidats des partis quand même.
08:48– Oui, et puis il y a des endroits où ce n'est pas le cas.
08:50– C'est plus rare néanmoins.
08:53Vous, du coup, très concrètement, qu'est-ce que vous voudriez ?
08:56Quelle serait la marche à suivre du Parti socialiste, là, dans les prochaines semaines ?
09:00– Non, mais moi, je propose une chose simple.
09:01C'est-à-dire que je dis, écoutez, pour qu'un parti se mette en ordre de marche,
09:04il a besoin d'un programme, c'est en cours.
09:06Et moi, je remercie Chloé Rydel, avec laquelle on a travaillé, du travail qu'elle a fait.
09:11– Le pré-projet dans la main des militants ?
09:13– Les militants s'en saisissent, c'est très bien, il faut l'amender, il faut l'ancrer,
09:16il faut le passer au gueuloir, comme disait Flaubert, voilà.
09:20Mais ce sera celui du Parti socialiste.
09:21Il y a besoin de trancher.
09:23Est-ce que c'est la primaire ? Est-ce que c'est ce que moi, je dessine comme…
09:27– Par un vote des militants ?
09:28– Oui, c'est un peu la démocratie interne.
09:29Et puis, tous les partis ont leur candidat à la présidentielle.
09:33C'est le cas des écologistes, c'est le cas de Debout, c'est le cas de la Prêve.
09:36Il faut que le Parti socialiste ait le sien aussi.
09:38Moi, je me dis, ce n'est pas absurde qu'on soit en ordre de bataille,
09:40quelle que soit l'hypothèse ensuite de sélection, à l'été.
09:44– Tout ça doit se faire avant l'été, c'est ça ?
09:46– Oui, ça ne me paraît pas absurde.
09:47D'autant que ceux qui, aujourd'hui, ne veulent plus que ce soit avant l'été,
09:49me disaient, il y a deux mois, il faut quand même qu'on se dépêche,
09:51parce que tous les autres ont un candidat.
09:52– Bien, vous en avez parlé, il y a une dizaine de jours,
09:56vous avez lancé un appel, je pense qu'on peut appeler ça comme ça,
09:59qui s'appelle Construire 2027, notamment autour de Yannick Jadot,
10:04l'ancien candidat écologiste à la présidentielle,
10:06et Raphaël Glucksmann, potentiel candidat à la prochaine élection.
10:11– Oui, avec des parlementaires communistes.
10:11– Avec des parlementaires, tout à fait.
10:13– Avec beaucoup d'élus locaux, beaucoup de sensibilité.
10:15– Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas eu non plus
10:18un effet de blast autour de cet appel au ressemblement.
10:20– Ce n'était pas du tout l'intention, je veux dire au départ.
10:22On s'est posé la question de savoir si on ne le signait pas à 10 ou 15.
10:25Donc en fait, on n'a pas fait du tout campagne,
10:27on n'a pas tout fait une campagne de signature.
10:31Donc vous savez, on est à 15 000,
10:33on est presque au nombre de votants au Congrès du Parti Socialiste,
10:36donc ce n'est pas si ridicule que ça.
10:38– Est-ce que ça ne disperse pas un peu les forces, quand même, malgré tout ?
10:41– Non, pas du tout.
10:43Pas du tout, puisque à la fin, moi je propose que les militants socialistes
10:46tranchent d'ailleurs, c'est ce que demandent les partenaires aussi.
10:48Voilà, c'est tout.
10:49– Encore une fois, dans cette initiative…
10:53– Pour l'instant, je vais vous dire, le spectre,
10:53il est même dans la diversité de ceux qui…
10:56– Justement, la diversité, parlons-en.
10:58Encore une fois, on est quand même sur les plus modérés à gauche, malgré tout,
11:01ou alors les gens les plus modérés dans leurs partis respectifs.
11:04– Moi, je ne suis pas un modéré, d'accord ?
11:06– Mais précisément, je pose la question de vos alliances depuis tout à l'heure,
11:09si vous avez bien compris.
11:10– Mais oui, mais pourquoi vous ne leur posez pas la question,
11:12mais pourquoi vous êtes à coquiner avec ce socialiste invétéré
11:15qui est Boris Vallaud, et qui d'ailleurs propose…
11:17– Mais le jour où on l'aura, on lui posera la question, probablement.
11:19– Bon, ben voilà, je vous dis, tout le monde a vos questions.
11:21Il y a des communistes, il y a GRS, il y a des écologistes,
11:24il y a des écologistes de toutes les sensibilités,
11:26les brevets de gauche des uns et des autres.
11:29Franchement, ça vaut ce que ça vaut, et surtout, je remarque,
11:32que dans l'histoire, ça dédate de péremption.
11:34Donc moi, vous voyez, je construis les choses autour d'idées,
11:37autour de ce que l'on fait à l'Assemblée nationale,
11:39depuis maintenant 2017.
11:412017, je votais, les socialistes ne l'ont pas fait.
11:45Je votais contre la confiance au premier gouvernement d'Edouard Philippe.
11:49Donc je vais vous dire, voilà.
11:52– C'est bien ça comme conclusion.
11:53– Est-ce qu'au fond, on est presque à la conclusion,
11:55mais est-ce qu'au fond, et notamment vous le dites,
11:58finalement, vous avez l'air de dire qu'il faut préparer presque plus
12:01les législatives, qui, je le rappelle, officiellement,
12:03auront lieu en 2029, mais plus probablement dans un an,
12:07un peu plus d'un an, est-ce que ce n'est pas le signe
12:10qu'au fond, vous n'y croyez déjà plus ?
12:13– Détrompez-vous, je pense qu'on peut gagner les élections présidentielles
12:17et ne pas avoir de majorité absolue.
12:19– Non, mais ça, tout à fait, c'est possible,
12:20mais j'ai l'impression que vous squeezez quand même la présidentielle.
12:22– Je vais vous dire, je pense que ce n'est pas foutu.
12:24– Je pense que ce n'est pas foutu.
12:26Je pense qu'en revanche, si nous n'avons pas une réflexion
12:30sur l'exercice du pouvoir, et donc sur l'équilibre
12:32de nos institutions, sur la place de l'élection législative,
12:35je crois que nous continuerons de désenchanter la politique.
12:38Et non, non, je le pense sincèrement.
12:40Je vais vous dire, ce présidentialisme exacerbé,
12:46franchement, ça nous a étouffés.
12:47Moi, ça fait des années que j'ai l'impression de respirer
12:49à travers une paille qu'on pince.
12:51Vous voyez, je ne respire plus.
12:52Et le pays ne respire plus.
12:54Donc on a besoin de ce travail-là.
12:54– Non, mais on peut tout à fait être critique
12:56du présidentialisme exacerbé de la Ve République,
12:58mais quand vous jouez avec des gens qui jouent,
13:00le jeu de ce présidentialisme excessif...
13:01– C'est du calendrier électoral.
13:02– C'est du calendrier électoral.