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  • il y a 16 heures
Alors que la crise lycéenne se poursuit, le recteur était l'invité d'ICI Isère ce vendredi 9 octobre 2026.

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00:0045, l'invité d'ici matin, Laurent Gallien, nous recevons Philippe Dulbecco, le recteur de l'Académie de Grenoble.
00:05Bonjour Philippe Dulbecco, invité ce matin pour d'abord faire un point sur les lycées.
00:10Hier, 4 n'ont pas pu accueillir leurs élèves encore dans le département l'ISER, 4 dans la métropole de
00:14Grenoble pour cause de blocage.
00:16Aujourd'hui, ce matin, combien de lycées vont ouvrir ? Est-ce que la liste des réouvertures finalement s'allonge
00:22?
00:23Oh c'est très évolutif, vous dites 4, hier moi je dis 5.
00:26Oui, parce que Villefontaine était en principe ouverte, mais c'était difficile de...
00:30Oui, des établissements qui ouvrent, qui ferment, qui referment.
00:33Aujourd'hui, ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a 2 établissements qui sont entièrement à distance,
00:37et qu'on a à peu près 4 établissements, 4 à 5 établissements, qui risquent d'être intégralement fermés.
00:43Et puis des barrages filtrants sur d'autres, et puis des conditions évolutives en cours de journée,
00:47donc on suit ça, je dirais, presque heure par heure, minute par minute,
00:51pour accueillir les élèves dans les meilleures conditions, et notamment dans les conditions de sécurité,
00:54les élèves et les personnels.
00:56Évidemment, ça dépend donc des blocages ce matin.
00:59Un mot des annonces du ministre, hier soir, 20h TF1, le ministre annonce 3000 enseignants envoyés dans les heures qui
01:05viennent,
01:05c'est donc très rapidement, dans les établissements les plus en difficulté.
01:09Est-ce que l'Académie de Grenoble, est-ce que le département de l'Isère, vont profiter de ces enseignants
01:14?
01:14Oui, on s'y attendait un peu, puisqu'on travaille avec le ministre depuis quelques heures sur ce sujet,
01:17donc on aura entre 80 et 100 enseignants que nous allons redéployer assez rapidement.
01:22Sur l'Académie ?
01:22Sur l'Académie, sur l'ensemble de l'Académie, de manière à apporter des solutions à très très très court
01:27terme
01:28sur les établissements les plus impactés par le remplacement de longue durée,
01:31c'est-à-dire les enseignants qui, pour une raison ou pour une autre, souvent,
01:35avec des problèmes de santé, ne sont actuellement pas sur poste.
01:39Et ces manques d'enseignants remplaçants se situent où ?
01:43Plutôt en Isère, plutôt en Savoie, pays de Savoie, en Ardèche, où c'est également réparti sur toute l'Académie
01:49?
01:49Un peu partout, mon capitaine. Vraiment un peu partout.
01:51Le sujet, ce n'est pas tellement le nombre.
01:53Le sujet, c'est la qualification.
01:55Vous voyez, je ne vais pas citer d'établissement, mais là, je dois trouver un plombier pour un lycée de
01:59l'Ardèche.
02:00Un lycée professionnel ?
02:02Un lycée professionnel, un létrotechnicien pour un lycée du Nord-Isère.
02:06Je dois trouver un professeur de génie thermique pour un lycée de la Haute-Savoie.
02:09Le sujet, il est là. Le sujet, il est que l'éducation nationale est aussi le reflet de la société.
02:14Et sur le marché du travail, il y a de très fortes tensions.
02:17Et au niveau des enseignants, et de la qualification des enseignants, il y a aussi ces très fortes tensions.
02:21Et alors, une des questions des enseignants, c'est, ils se trouvent où ces remplaçants ? Vous les trouvez où
02:25?
02:25Ce sont des enseignants qui sont actuellement dans l'Académie de Grenoble.
02:30Alors, dans notre jargon, ce sont des titulaires de zones de remplacement que l'on va affecter prioritairement sur ces
02:37établissements.
02:37Donc, sur les établissements les plus en difficulté, et prioritairement, si j'ai bien compris, aux lycéens qui doivent passer
02:42des diplômes en fin d'année.
02:43Bien sûr, mais à condition d'avoir les qualifications, vous savez ce que les économistes appellent l'appariement des compétences.
02:497h48, notre invité ce matin, c'est le recteur de l'Académie de Grenoble, Philippe Dulbéco, qui répond à vos
02:53questions, Laurent Gallien.
02:54Une autre mesure mise en place par le ministre de l'Éducation face à la colère des lycéens, ça a
02:59été ces temps de démocratie interne.
03:02Par exemple, beaucoup d'enseignants refusent de les tenir en disant que ça ne sert finalement pas à grand-chose
03:06au regard des revendications.
03:08Est-ce qu'il risque des sanctions, ces enseignants qui refusent de tenir ces...
03:11D'abord, ce qu'il faut se dire, c'est que si on en est arrivé là, c'est que
03:13les modalités de dialogue traditionnelles sont arrivées en butée.
03:17Je l'espère provisoirement.
03:19Vous voyez, on va rentrer là en mode d'élection des conseils académiques de...
03:22Des conseils, pardon.
03:24D'établissement.
03:24D'établissement de la vie lycéenne, et ensuite le conseil académique de la vie lycéenne.
03:27Bon, c'est vraiment le moment, chaque année, il y a une très faible participation à ces élections, vous savez.
03:31Et pourtant, le rôle et le poids des lycéens dans ces conseils est très important.
03:36Bon, ça veut dire qu'il faut trouver, au moins provisoirement, des modes de dialogue qui ne sont pas ceux
03:41-là, puisque ceux-là ont échoué.
03:42Donc, il faut le faire au niveau des établissements, oui.
03:44Il faut le faire au niveau des départements.
03:46Il faut le faire au niveau de l'académie.
03:48Il faut le faire au national.
03:49Vous avez vu qu'il y a une plateforme nationale qui a été lancée lundi.
03:542 500 lycéens ont déjà fait remonter leur volonté, leurs analyses de l'académie.
04:03Bon, voilà, on n'est pas dans une logique de sanction aujourd'hui.
04:06On est dans une logique de dialogue, d'approfondir le dialogue, de trouver toutes les voies possibles pour que le
04:10dialogue se tienne.
04:12C'est très compliqué de dialoguer, justement, avec les lycéens.
04:16Est-ce que vous avez pu, peut-être, passer dans certains établissements, les voir, où là, on est pour l
04:20'instant en gestion de crise ?
04:22Moi, je suis tout le temps dans les établissements.
04:23Tout le temps.
04:24C'est-à-dire que j'étais dans un établissement, jeudi dernier, au moment où l'établissement est évacué.
04:29Et j'ai reçu les lycéens. J'en ai reçu six. J'en vois tous les jours.
04:34Hier, j'étais en Haute-Savoie. Je discute tous les jours avec les lycéens.
04:39On trouve trois champs de discussion.
04:42Un, les conditions de travail et de vie.
04:45Conditions matérielles.
04:46Des choses très concrètes.
04:47Le bouton d'ascenseur qui ne fonctionne pas.
04:50La deuxième file au restaurant scolaire qui a été supprimée.
04:54Les conditions d'études dans des locaux qui peuvent être des passoires thermiques.
04:59Donc, des choses très concrètes.
05:00On a la question des enseignants et des remplacements.
05:03Oui, c'est vrai.
05:03On a la question des emplois du temps.
05:05Oui, c'est vrai.
05:06Et puis, on a la question, ça, il faut le savoir, de la pression à l'orientation.
05:10Les lycéens sont stressés.
05:12Notamment Parcoursup.
05:13Parcoursup, c'est qu'une partie.
05:14Vous savez, ça commence à partir de la troisième.
05:16À partir de la troisième, vous allez en général, vous allez en technologique, vous allez en pro.
05:19Et puis, ensuite, il faut affiner son projet.
05:23Incontestablement, vraiment, une des informations qu'apporte cette crise,
05:27c'est qu'on doit revoir l'éducation à l'orientation de nos élèves.
05:31Parce qu'il y a cette pression qui est insupportable.
05:33Alors, face à tout cela, il y a la dénonciation du fonctionnement de Parcoursup.
05:36Il y a cette angoisse face à Parcoursup.
05:37Il y a une demande de moyens.
05:39Ça ne se décrète pas en une quinzaine de jours, ni en un mois.
05:43Est-ce que des moyens supplémentaires vont arriver à l'éducation nationale ?
05:46Et est-ce que, selon vous, il en faut plus ?
05:49Est-ce qu'il faut remettre en cause Parcoursup ?
05:53J'ai plusieurs questions dans votre question.
05:56La première, c'est qu'il y a un certain nombre de revendications,
06:01de demandes d'attente des lycéens que l'on peut remplir tout de suite,
06:05à l'échelle des établissements.
06:06Tout de suite.
06:07Je veux dire, la question des emplois du temps,
06:09la question du dialogue démocratique,
06:11le fait d'être écouté et pas seulement entendu,
06:14sont des choses où, à l'échelle de l'établissement,
06:17on peut améliorer la situation.
06:18Et vraiment, les chefs d'établissement font un job extraordinaire.
06:22Il y a des choses que l'on peut faire à l'échelle du département.
06:24Il y a des choses que l'on peut faire au niveau de l'académie.
06:26Nous, on a un projet académique
06:27qui a priorisé les actions lycéennes.
06:31Alors, ça va vous faire sourire.
06:34Aller vers un label de lycée-collège apaisé.
06:37C'était leur demande.
06:38Avec toute une série d'éléments liés au bien-être.
06:41Donc, ça, on peut le faire au niveau du département.
06:42Et puis, il y a des questions que vous me posez,
06:44mais auxquelles je ne peux pas répondre, vous le savez.
06:45C'est des questions nationales
06:47qui relèvent de l'arbitrage budgétaire
06:49et surtout de ce que l'Assemblée nationale va dire
06:52sur le budget d'éducation nationale.
06:53Le travail se poursuit tant que les manifestations aussi se poursuivent.
06:59Merci, Philippe, au recteur d'académie de Grenoble
07:01d'avoir été avec nous ce matin.
07:02Merci à vous.

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