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  • il y a 3 heures
À Paris, quelque 200 journalistes se sont symboliquement allongés sur les marches de l'Opéra Bastille, à mesure que les noms des journalistes palestiniens tués à Gaza étaient égrenés.

Près de 200 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023. Beaucoup d'entre eux portaient des dossards de presse maculés de rouge et des photos des victimes. « Gaza des visages, pas que des nombres », pouvait-on lire à côté des photos. Dans la foule, des pancartes d'organisations syndicales côtoyaient de nombreux drapeaux palestiniens et keffiehs. « On ne se taira pas, génocide à Gaza » et « Free Palestine », ont également scandé des participants.

Khadija Toufik, journaliste indépendante qui travaille régulièrement en Cisjordanie occupée, déclare : « Je suis témoin tous les jours de crimes contre des journalistes palestiniens donc l'armée israélienne vise délibérément des journalistes palestiniens qui ne sont absolument pas affiliés au Hamas ni au djihad islamique ».

Le dirigeant d'un syndicat de journalistes palestiniens en Europe, Youssef Habash, a dénoncé un « génocide » et appelé a la fin du blocus a Gaza. Il n'y « jamais eu autant de victimes dans notre profession. Le droit des citoyens du monde a être informé est compromis », a estimé également Pablo Aiquel, secrétaire général du SNJ-CGT.

« Ce rassemblement arrive tard, peut être trop tard. (...) Je n'avais jamais vu un conflit où lorsqu'un journaliste périt, on dit qu'il était un terroriste", a de son côté déploré Thibaut Bruttin, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF).

Dans une tribune publiée lundi par l'Humanité, plusieurs organisations, dont les syndicats de journaliste SNJ, CGT et CFDT, RSF, la FIJ et une quarantaine de sociétés de journalistes ou rédactions de divers médias, avaient dénoncé « une hécatombe d'une magnitude jamais vue ». « L'armée israélienne cherche à imposer un black-out médiatique sur Gaza, à réduire au silence, autant que possible, les témoins des crimes de guerre commis par ses troupes », pouvait-on lire.

La guerre à Gaza a été déclenchée par l'attaque perpétrée le 7 octobre 2023 par le Hamas contre le sud d'Israël. Cette attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, et 251 personnes ont été enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 mortes, selon l'armée.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, le nombre de morts à Gaza depuis le début de la riposte israélienne s'élève à 51.025, des données jugées fiables par l'ONU.

Erratum : à 2,18 mn, c’est le journaliste gazaoui Ayman M’ghames, qui a été notamment fixeur de Radio France, et non Youssef Habash, le représentant du Palestinian Journalist Syndicate (PJS) qui prend la parole. Toutes nos excuses aux intéressés.

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Transcription
00:00Moi je travaille en Cisjordanie occupée en Palestine et donc je suis confrontée tous les jours
00:06témoins de massacres, de crimes contre des journalistes palestiniens.
00:12L'armée israélienne vise délibérément des journalistes palestiniens
00:16qui ne sont absolument pas affiliés ni au Hamas ni au djihad islamique et ça moi j'en suis témoin.
00:33Moi j'ai beaucoup travaillé à Gaza, que je connais la qualité de leur travail,
00:38que ce sont pour certains des amis et que c'est la moindre des choses.
00:43On montre notre solidarité de professionnels envers d'autres professionnels,
00:49nos collègues qui sont visés et tués plus que dans aucun autre conflit.
00:54Et que le silence autour de cette histoire, de nos autorités et pour partie de notre profession
00:59est absolument insupportable.
01:03Pendant plusieurs mois on a passé en revue la liste morbide des cas de journalistes
01:08qui avaient été assassinés ou blessés à Gaza pour comprendre s'il s'agissait de simples dégages collatéraux
01:15ou bien plus précisément d'un ciblage.
01:20Et les résultats de notre enquête qui a été menée sur 5 mois et qu'on s'en appelle.
01:24Dans les cas qu'on a épluchés, de nombreux journalistes ont été directement ciblés.
01:30Le dernier cas en date est celui de Hossam Shabbat qui a été ciblé directement alors qu'il était dans
01:35sa voiture
01:36ou était marqué de toutes parts les insignes presse.
01:40Et ce jeune journaliste de 23 ans a été tué alors qu'il était en train de réaliser son travail
01:45et qu'il était bien étiqueté et bien identifiable.
01:49Je fais partie de ceux et celles qui parlent régulièrement de ce qui se passe à Gaza
01:53va poser des questions au gouvernement sur ce sujet depuis longtemps
01:56mais ce n'est pas suffisant je pense que la plupart d'entre nous
01:59on doit aussi faire partie de ceux qui investissent en espace public
02:03et montrer au visage de tout le monde ce que ça représente en fait d'être des humains
02:08on va être au sol tout à l'heure et montrer que voilà
02:10des fois les images parlent mieux que tous les mots qu'on peut aligner sur une feuille
02:13c'est pour cette raison qu'on fait cette action.
02:15Tariq Al-Sanjad Sakhir, Moustapha Bahar
02:18C'est un génocide et si il y a une parole puissante pour dire ce qui se passe
02:25c'est le temps de le dire.
02:30Je crois aussi que la difficulté à faire entendre la cause des journalistes palestiniens
02:34c'est la preuve que le poison insidieux des forces d'armée israéliennes
02:38s'est introduit parfois jusque dans notre propre récit.
02:40Depuis dix ans que je travaille à Reporters sans frontières
02:43c'est la première fois qu'on me demande si le journaliste est vraiment un journaliste quand il est mort.
02:47Ce n'était jamais arrivé, jamais.
02:51Aujourd'hui je pense que le plus important c'est surtout de faire changer les choses au sein des rédactions.
02:58Premièrement employer les bons termes, employer les bons mots,
03:02ne plus avoir peur de dire les termes parce qu'aujourd'hui il en va aussi de notre crédibilité
03:08en tant que journaliste. Donc il faut assumer ce métier.
03:11Mouhammed Arneefi, Tarek Sain Abou Sakhir, Mouhammed Sain Abou Sakhir,
03:16Saha Akram Rayan, Mouhammed Abou Sakhir, Tarek Sain Abou Sakhir,
03:21Moustapha Bahar, Mouhammed Bessam Al-Gemal.

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