Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Après les élections qui viennent de reconduire au pouvoir Recep Tayyip Erdogan, les droits humains et les libertés publiques continuent à être bafoués en Turquie. Analyse de la situation, des enjeux politiques et juridiques ainsi que des perspectives de lutte, à l'occasion d'un colloque qui s'est tenu au Parlement européen, ce mardi 13 juin.

Un débat enregistré au Parlement européen avec la participation de François Alfonsi député européen (les Verts), Juan Prosper, avocat au barreau de Paris et membre du syndicat des avocats de France et Hélène Dersin, porte-parole des mouvements kurdes du Grand Est.

Abonnez-vous à l'Humanité 👉 https://abo.humanite.fr/2243

📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ !
Retrouvez tous nos articles sur 👉 https://www.humanite.fr/
Notre page Facebook 👉 https://fr-fr.facebook.com/humanite.fr/
L'Humanité est aussi sur Twitter 👉 https://twitter.com/humanite_fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour et bienvenue dans cette rencontre au Parlement européen de Strasbourg.
00:03Les droits humains et les libertés publiques continuent à être bafouées en Turquie.
00:08Après les élections qui viennent de reconduire au pouvoir, Recep Tayyip Erdogan, un colloque, se tient au Parlement européen.
00:15On en parle immédiatement. Deux associations sont à l'initiative de ce colloque, l'association d'avocats,
00:22et puis également le groupe La Gauche et le groupe des socialistes au Parlement européen.
00:25On en parle avec vous, François Alfonsi. Vous êtes député européen des Verts, donc les Verts sont aussi impliqués dans
00:30ce colloque.
00:31Hélène Dersin, vous êtes porte-parole du mouvement Les Kurdes du Grand Est.
00:35Et puis on a avec nous, en direct de Paris, Juan Prosper, qui est avocat au barreau de Paris et
00:40membre du syndicat des avocats de France.
00:43Bonjour à vous trois et merci d'être sur le plateau de l'Humanité, Voix d'Europe.
00:48On va commencer peut-être tout de suite par dire un mot des conditions dans lesquelles se sont déroulées,
00:52parce que ça vient de se passer, les élections, les deux tours des élections en Turquie.
00:55Une commission d'observateurs internationaux importante était sur place, notamment à l'initiative du Conseil de l'Europe à côté.
01:02Elle a conclu que les candidats n'avaient pas pu faire campagne dans des conditions d'égalité, bien sûr.
01:11François Alfonsi, ces élections ne se sont pas finalement déroulées dans des conditions démocratiques.
01:16C'est la conclusion qu'on peut en tirer aujourd'hui.
01:19Oui, on sait qu'il y a un grand écart entre les conditions démocratiques telles qu'on les connaît en
01:25Europe et la façon dont se déroulent les élections en Turquie,
01:27surtout dans la phase de la campagne électorale, puisque la monopolisation des médias par le pouvoir et par M. Erdogan
01:34a été totale.
01:35Il a empêché l'expression des autres partis.
01:37Ensuite, il y a énormément de clientélisme, il y a énormément de procédures de recollement des votes qui sont douteuses.
01:47Ce qu'il faut retenir, je crois, politiquement, c'est que l'écart très faible, finalement, au second tour, surtout
01:52au regard à l'avance qu'il avait prise au premier tour de M. Erdogan,
01:56montre bien la difficulté qu'il a eue à se faire réélire.
01:59Pour ça, il a fait flèche de tout bois. Dans un régime réellement démocratique, l'élection, si elle était portée
02:05devant des tribunaux,
02:06on conclurait probablement à ce qu'il y a suffisamment de doutes sur sa sincérité pour la refaire.
02:11Le conseiller de l'Europe l'a dit, la commission qui est allée a dit que c'est une des
02:14conditions démocratiques qui n'était pas respectueuse.
02:17Malheureusement, ce ne sera pas le cas, nous le savons.
02:20Mais ce qu'il faut engranger, c'est, me semble-t-il, l'affaiblissement de la position de M. Erdogan
02:25sur la scène politique turque.
02:27– Hélène Dercine, vous avez eu, vous, des échos, bien sûr, puisque vous avez une partie de votre famille qui
02:31est sur place.
02:32Quelle est l'ambiance, j'allais dire, aujourd'hui ?
02:33– Écoutez, quand on parle des élections, il faut parler aussi des élections qu'il y a eu pendant 13
02:40jours,
02:40plus 5 jours, dans le pays européen et le monde.
02:46Moi, j'étais aussi dans le consilat en tant que représentant de mon parti ici à Strasbourg.
02:54Je peux vous dire que l'ambiance qu'il y a eu pendant cette élection ici à Strasbourg,
03:02ce n'était pas vraiment une ambiance de démocratie, ni d'égalité, ni d'autre chose.
03:10Maintenant, par rapport à l'élection qu'il y a eu en Turquie, réélection de Recep Tayyip Erdogan,
03:16après, de toute façon, le peuple n'arrivait pas vraiment à respirer.
03:20Il y a énormément de difficultés économiques, sociales,
03:24et aussi maintenant, il n'y a quasiment pas la possibilité de s'exprimer publiquement.
03:32On ne peut même pas partager des petits twitters ou des mots.
03:38On est tout de suite ciblés.
03:40Déjà, on est ciblés sur les réseaux sociaux.
03:44Et après, les prisons, là, par exemple, un petit anecdote,
03:48c'est un gamin de 16 ans qui a osé de faire des moustaches sur une affiche de M. Erdogan.
03:58Il était aujourd'hui, il est emprisonné.
04:01Et on ne sait pas combien d'années il va avoir.
04:03Voilà l'ambiance de la Turquie aujourd'hui d'Erdogan, réélection d'Erdogan, c'est ça.
04:08– Jeanne Pospère, justement, on parle des prisonniers.
04:12Beaucoup de personnes de la société civile, je vous cherche, je vous vois,
04:17sont en prison aujourd'hui.
04:18Vous êtes avocat, vous êtes spécialisé sur ces questions.
04:21Alors, il y a des universitaires, des journalistes, des magistrats.
04:24On parlera tout à l'heure à part des prisonniers politiques,
04:27parce que c'est un cas effectivement particulier.
04:29Est-ce qu'on sait à l'heure actuelle combien de personnes de la société civile
04:34sont enfermées dans les geôles turques aujourd'hui ?
04:37– On n'a pas vraiment de citrage en tant que tel,
04:40mais ce qui est important, et c'est un peu l'objectif du colloque de hier,
04:45même si effectivement, c'était principalement axé sur la question des prisonniers politiques,
04:49c'était effectivement, et je reprends ce qu'a dit la précédente intervenante,
04:52c'est que nous sommes dans une situation où,
04:54et ça a été notamment proacté par le bâtonnier de Tiers-Batière,
04:58c'est que nous avons un affaiblissement complet du système judiciaire,
05:02qui est effectivement soumis à la solde de l'exécutif,
05:05et qui est parfaitement, en tout cas, inféodé à l'exécutif,
05:08avec une situation où, effectivement, les peines,
05:10en tout cas les poursuites qui sont emmenées par le parquet,
05:13sont de toutes les façons, téléguidées de façon politique,
05:17et avec effectivement une magistrature qui est complètement affaiblie,
05:20et qui est dans l'incapacité d'assumer son rôle,
05:22on va dire, de contre-pouvoir, ce qui est quand même une nécessité dans une démocratie,
05:26et aujourd'hui on se retrouve dans une situation où la question de l'enfermement,
05:31en tout cas...
05:31On va en parler tout à l'heure, oui, de la question de l'enfermement.
05:34On va en parler, effectivement, de la question de la détention,
05:36mais on est dans une situation où, aujourd'hui, il est compliqué de savoir,
05:39parce que ce qui a été dit avant, c'est que nous avons eu une multiplication de procédures
05:43qui ont été lancées par les différents parquets, dans le but,
05:46et c'est aussi une volonté, c'est-à-dire d'affaiblir l'opposition,
05:49mais surtout d'affaiblir derrière la société civile avec ce qu'on pourrait qualifier
05:54de procédures baillons, mais avec, effectivement, une volonté quand même
05:57d'effrayer la société civile en multipliant des procédures sur le volet pénal.
06:00– C'est ça. C'est ça la particularité, François Alfonsi,
06:03c'est que la répression politique s'appuie sur la justice,
06:07alors que les deux pouvoirs ne sont pas si séparés.
06:09On est dans une configuration extrêmement complexe, difficile à l'heure actuelle.
06:13– Bien sûr, c'est un pouvoir autocratique, que l'on peut rapprocher d'ailleurs du pouvoir en Russie.
06:20Il y a beaucoup de points communs, et je souhaiterais même que la Turquie de M. Erdogan
06:27me fait penser aujourd'hui à ce qu'était la Russie de M. Poutine il y a cinq ans.
06:31Et il faut s'interroger sur, dans cinq ans, qu'est-ce qui peut arriver dans cette partie du monde
06:36qui est la porte sud-est de l'Europe, comme l'Ukraine est la porte ouest.
06:42Voilà, nous sommes là dans un problème qui est profondément européen en termes de choix politiques.
06:47Et l'urgence, bien sûr, c'est que l'Europe cesse de collaborer avec M. Erdogan
06:53et commence à ouvrir aux oppositions qui ont été fortes,
06:56qui ont quand même regroupé près de la moitié des voix, c'est quelque chose d'important.
07:00Il faut que l'Europe donne des perspectives à cette opposition
07:03pour déjouer le piège qui se prépare dans les années à venir, y compris en termes sécuritaires.
07:08Ça aussi, on y reviendra tout à l'heure.
07:10On va peut-être faire un point, puisqu'on parle des prisonniers politiques directement,
07:14et que c'était aussi le but à la fois du colloque qui a lieu ici au Parlement européen,
07:19mais également de la manifestation, de la mobilisation que vous avez faite,
07:23vous, un certain nombre de députés européens, des associations, des militants, etc.
07:28aujourd'hui ici à Strasbourg.
07:31– Il y a des cas emblématiques qu'on connaît.
07:35Le cas d'Abdoulaye Chalane, bien sûr, est connu, il est en prison depuis 24 ans maintenant.
07:41Le cas de Selatim Demirtas, qui est le président du HDP,
07:45qui est en prison depuis 2016.
07:47Il y a également le cas d'Osmann Kavala, qui est également en prison
07:51et qui a été condamné à la prison à la perpétuité.
07:54Est-ce que vous avez des informations sur les uns et les autres ?
07:57On a parlé tout à l'heure des conditions de détention, ça concerne tout particulièrement au Chalane.
08:03Qu'est-ce qu'on a comme informations à l'heure actuelle ?
08:05Où on en est de ces trois cas ?
08:07Au Chalane, Demirtas et Kavala, qui ont l'air comme ça de l'extérieur de ne pas bouger.
08:12Ils sont en prison et point.
08:13Voilà. Et pour M. Jalan, comme on avait dit hier, depuis 27 mois,
08:20ni les avocats, ni les partis politiques, ni sa famille,
08:26on n'a aucun, mais aucun, de nouvelles de lui.
08:30Il y a eu une pandémie pendant des mois et des mois.
08:33On ne savait pas les conditions à laquelle M. Jalan se trouve.
08:41Comme hier, j'entendais plusieurs fois,
08:44et c'est vrai que c'est très juste,
08:47c'est que la prison de l'île des Branly,
08:52ça existait avant.
08:53Mais depuis 1999,
08:56c'est vraiment construit pour une personne,
09:00pour l'isoler, cette personne.
09:03Pendant quelques années,
09:05il me semble, pendant 5-6 ans,
09:07même plus,
09:08M. Jalan, il était seul sur cette île.
09:11Il avait...
09:12Tous les droits étaient bafoués.
09:15Et quand je regarde par rapport à ça,
09:19le CPT qui devrait intervenir
09:22plusieurs fois pour garantir
09:25les droits prisonniers,
09:28les droits humains prisonniers
09:29de M. Jalan,
09:31et que M. Jalan,
09:32ce n'était pas un simple prisonnier,
09:34il est quand même le leader du peuple kurde,
09:37qui est le leader absolu.
09:40Et aussi, aujourd'hui,
09:42pas mal de groupes
09:45qui sont hors commun,
09:47qui considèrent M. Jalan
09:50comme leur leader.
09:51Par rapport à M. Kavala,
09:53vous le savez,
09:55il est en prison.
09:56Au moins, il a le droit,
09:58il me semble,
09:59de passer de temps en temps
10:00un coup de fil à sa famille.
10:02C'est la Tindemirtash
10:04qui est quand même un homme politique
10:06et qui est quand même
10:07très aimé par tout le monde.
10:10Jusqu'à présent,
10:12personne ne pourra dire
10:13qu'il a défendu le terrorisme,
10:15il a défendu je ne sais pas quoi.
10:17C'est la seule chose
10:18qu'il voulait défendre,
10:20et même aujourd'hui,
10:21la dignité de tous les peuples,
10:25le droit de vie.
10:27Par rapport à ça,
10:28je pense que M.
10:30Sela Tindemirtash,
10:32il a quand même
10:32la possibilité
10:34d'envoyer de temps en temps
10:36des SMS
10:38ou des Twitter
10:39ou avec sa famille,
10:43mais en prison,
10:44on reste en prison.
10:45D'accord.
10:45Juan Prosper,
10:46qu'est-ce que vous êtes avocat,
10:47qu'est-ce que vous avez,
10:48vous,
10:49comme information,
10:50et que tentez-vous
10:51à l'heure actuelle
10:52avec l'Association internationale
10:54d'avocats
10:55pour essayer
10:56de faire bouger les choses ?
10:58Il y a deux choses
10:59qui ont été dites
10:59effectivement
11:00par la précédente
11:01de l'intervention,
11:01c'est notamment
11:02la question
11:02de la saisine
11:04du Comité européen
11:05pour la prévention
11:06de la torture,
11:06donc le CPT.
11:08Et on est dans une situation
11:09qui est quand même
11:10particulièrement,
11:11on va dire,
11:12assez spécifique
11:13dans le cadre de Chalane,
11:14dans la mesure où,
11:15comme vous le savez,
11:16le Comité fonctionne
11:17en discussion
11:17de négociation
11:18avec les États membres
11:19du Conseil de l'Europe.
11:22Oui,
11:22dans la Turquie de l'Union Européenne.
11:23Exactement,
11:23pour la Turquie,
11:24et la Turquie,
11:25dans la mesure où les membres
11:27de la Convention européenne
11:28pour la prévention
11:29de la torture,
11:30elle reconnaît donc
11:31depuis son adhésion
11:34à cette Convention
11:35le droit d'exercice,
11:36en tout cas le droit
11:37de contrôle
11:37du Comité européen
11:38de la Fano-CPT.
11:40Or,
11:40le problème aujourd'hui,
11:41c'est que nous avons
11:42une situation
11:42qui est quand même
11:43assez délicate
11:44avec le Comité
11:45parce que le Comité
11:47a établi un rapport
11:48sur les conditions
11:49de détention
11:50de l'Abbouna-Vot-Chalane
11:51sur la prise en Imranie.
11:52Et le problème,
11:53c'est qu'aujourd'hui,
11:54dans la mesure où
11:55la Turquie bloque
11:56toute publication
11:57de ce rapport,
11:58parce que si vous voulez,
11:59pour ne pas rentrer
11:59dans les détails
12:00trop technocratiques,
12:02les États sont en discussion
12:04avec le Comité
12:05et à un moment donné,
12:07le Comité,
12:07avec l'autorisation
12:08de l'État membre,
12:09rend public
12:11le rapport d'observation.
12:12Et aujourd'hui,
12:13on est dans une situation
12:14de blocage
12:14parce que la Turquie
12:15se refuse
12:16à rendre public
12:17aujourd'hui
12:17ce rapport
12:18qui a été établi
12:19par la CPT.
12:19Mais nous avons aussi
12:20un autre souci
12:21qui est aussi,
12:22parce que bon,
12:23on est plutôt
12:24sur la Grande Europe,
12:25sur celui du Conseil
12:25de l'Europe
12:26dans l'UQA de la Turquie.
12:2646 États,
12:27rappelons-le,
12:2846 États.
12:2946 États,
12:30exactement.
12:32Et avec effectivement
12:33un autre problème
12:33qui est celui
12:34de l'exécution
12:35et de la saisine
12:36qui a été effectuée
12:36le 29 janvier 2021
12:38par plusieurs associations
12:40qui ont demandé
12:40aux qualités
12:41des ministres
12:42dans le cadre
12:42de l'exécution
12:43d'un arrêt
12:44de la Cour
12:45concernant la violation
12:46de l'article 3
12:47pour qu'on puisse
12:48effectivement,
12:49que le comité puisse
12:50saisir des conditions
12:51de détention
12:51et d'isolement
12:52d'un but
12:52à l'UQA.
12:53Et jusqu'à présent,
12:54on a une situation
12:55qui est un peu compliquée
12:56au niveau du comité
12:57des ministres
12:57du Conseil de l'Europe
12:58qui pour l'instant
12:59n'a toujours pas inscrit
13:00à l'heure du jour
13:01de réunion périodique
13:03du comité
13:04l'examen
13:04effectivement
13:05de la violation
13:07de l'article 3
13:07en conséquence
13:08effectivement
13:08à l'exécution
13:10de l'arrêt
13:10de la CODH
13:11concernant
13:11l'UQA.
13:12Donc on est effectivement
13:13sur une situation
13:14qui est extrêmement
13:16compliquée
13:16sur le plan juridique
13:17avec une impossibilité
13:19aujourd'hui
13:20sur le plan institutionnel
13:21d'obtenir
13:22contenu
13:23de l'attitude
13:23de la Turquie.
13:24Je reviens
13:25effectivement
13:25à ce qui a été dit
13:26par monsieur le parlementaire
13:28mais il y a
13:30quand même quelque chose
13:30qui est assez
13:31symptomatique
13:32de la Turquie.
13:33Avec François-François-François
13:33merci beaucoup.
13:34Et on a effectivement
13:36aujourd'hui
13:36au sein même
13:37de l'Union européenne
13:37des états
13:38qui se comportent
13:39de la même façon
13:39à l'égard
13:40des décisions de justice
13:41c'est notamment
13:41le cas de la Pologne
13:42qui aujourd'hui
13:43fait fi
13:44effectivement
13:44des décisions
13:45qui sont rendues
13:46cette fois-ci
13:46par la Cour européenne
13:49de justice
13:49et nous avons
13:50effectivement
13:50la même situation
13:51dans le cas
13:52de la Turquie.
13:53En tout cas
13:53ça interroge
13:54sur le rôle
13:55effectivement
13:55que le politique
13:56doit mener
13:56pour garantir
13:57l'exécution
13:58de ces décisions.
13:59Justement François-François-François
14:00vous en partiez
14:00tout à l'heure.
14:01L'Europe là
14:01on voit que
14:02dans le cadre
14:02de l'intervention
14:03de la Cour européenne
14:04des droits de l'homme
14:05de ce qu'elle pourrait faire
14:06en matière d'intervention
14:08malgré les condamnations
14:09qui viennent
14:10de la Cour européenne
14:11des droits de l'homme
14:12le Conseil de l'Europe
14:14ne fait rien
14:15ne peut pas faire grand chose
14:16on bute là
14:16sur un véritable problème
14:18qui est récurrent
14:19c'est pas un problème
14:20mais c'est un problème
14:21qui dure depuis longtemps
14:23une institution
14:24comme le Conseil de l'Europe
14:27ne peut rien faire
14:28en réalité
14:29contre les atteintes
14:31à la démocratie
14:32aux droits de l'homme
14:32telles qu'elles sont
14:32à l'heure actuelle
14:34en cours
14:35en Turquie
14:37Je ne dirais pas
14:38qu'il ne fait rien
14:39puisqu'il prononce
14:40des condamnations
14:40il prononce des condamnations
14:42et ces condamnations
14:44sont importantes
14:44parce qu'elles pèsent
14:46dans le débat
14:48elles pèsent
14:49sur la Turquie
14:50et je suis persuadé
14:51que ça ne leur fait pas
14:52très plaisir
14:52d'avoir été
14:53à plusieurs reprises
14:54sur le cas
14:55notamment
14:56de détenus kurdes
14:57pris en défaut
14:58par la Cour européenne
14:59des droits de l'homme
14:59je crois que c'est important
15:01le problème c'est
15:02jusqu'où peut-on
15:03dénier
15:04les décisions de justice
15:06qui sont prises là
15:07on a un exemple
15:09tout récent
15:10la Biélorussie
15:11et la Russie
15:12ont quitté
15:12le Conseil de l'Europe
15:13puisqu'ils auraient dû
15:15faire face
15:15à des condamnations
15:16telles
15:16dans le déroulement
15:18actuel de la guerre
15:19en Ukraine
15:19que bien évidemment
15:20ils n'auraient pas cessé
15:21d'être condamnés
15:22La Russie et la Turquie
15:23étaient les deux pays
15:24en tête
15:24mais alors de très loin
15:25en tête
15:26devant la Cour européenne
15:27des droits de l'homme
15:27en nombre d'affaires
15:28aujourd'hui c'est la Turquie
15:30qui est en tête
15:30toute seule
15:31avec le nombre d'affaires
15:31de manière écrasante
15:33mais bon
15:34elle est partie
15:35mais elle a rompu
15:36ses liens avec l'Europe
15:37et elle est dans les
15:38aujourd'hui
15:40elle reçoit des sanctions
15:41qui sont très importantes
15:42bon
15:42je crois que la Turquie
15:44il faut réfléchir
15:45alors il ne faut peut-être
15:45pas précipiter
15:46je ne dis pas que
15:47c'est aujourd'hui
15:48et maintenant
15:49qu'il faut y aller
15:49mais il faut prendre acte
15:50que des décisions de justice
15:52ont été prononcées
15:53qu'elles ne sont pas exécutées
15:55donc qu'elle ne tient pas
15:56le respect des traités
15:59qu'elle a elle-même signés
16:00et que donc
16:01cela commence à poser
16:02un vrai problème politique
16:03alors ce problème politique
16:04ensuite il faut le gérer
16:06il faut le faire peser
16:07mais il faut que
16:08la volonté
16:09de s'appuyer
16:11sur les décisions de justice
16:12de la CEDH
16:14et pour arriver
16:15à parler à M. Erdogan
16:17en termes un peu plus fermes
16:18c'est une priorité politique
16:20qui doit être celle
16:20de l'Union européenne
16:21ceux qui ont les moyens d'action
16:23car le Conseil d'Europe
16:24n'a pas de moyens d'action
16:25l'Union européenne
16:26a des moyens d'action
16:27l'Union européenne
16:28peut prononcer des sanctions
16:29elle le fait pour la Russie
16:31si les Etats-Unis
16:32prononcent des sanctions
16:33comme la Turquie
16:34ça sera beaucoup moins efficace
16:36que si c'est l'Union européenne
16:37car le volume
16:38de commerce extérieur
16:39de la Turquie
16:40est beaucoup plus grand
16:40vers l'Europe
16:41que vers les Etats-Unis
16:42donc nous avons
16:43une responsabilité
16:44de ce fait
16:45et j'espère
16:46que cette responsabilité
16:48non seulement
16:48nous en prenons conscience
16:49mais que nous
16:50nous apprêtons à l'exercer
16:52car je l'ai dit tout à l'heure
16:53l'avenir de la Turquie
16:55m'inquiète
16:55sous la houlette
16:56de M. Erdogan
16:57On est dans un contexte
16:58géopolitique
16:59qui est quand même
17:00très particulier
17:01aujourd'hui
17:02puisque la Turquie
17:03rappelons-le
17:03fait partie de l'OTAN
17:04est-ce que ça vous paraît
17:05plausible
17:06qu'aujourd'hui
17:07l'Europe
17:09aille chercher
17:09des poux
17:10dans la tête d'Erdogan
17:11on va le dire comme ça
17:12à un moment
17:13où on a quand même
17:13un peu besoin de lui ?
17:15C'est un peu la même discussion
17:16avec M. Poutine
17:18en 2014
17:18quand il a envahi
17:19une partie de l'Ukraine
17:21beaucoup ont raisonné
17:22en disant
17:22on ne va pas aller chercher
17:23dans les poux
17:23dans la tête
17:24parce que sinon
17:24ça va être pire
17:25sauf que
17:26c'est bien plus pire
17:27de ne pas avoir pris
17:28les bonnes mesures
17:28au bon moment
17:30donc prendre les bonnes mesures
17:31au bon moment
17:32c'est le sens
17:34de la décision politique
17:35et je crois
17:37qu'il faut obtenir
17:38des responsables
17:38qui prennent conscience
17:39et qui s'engagent
17:41et à cet égard
17:42la résistance du peuple kurde
17:43qui est quand même
17:45le meilleur espoir
17:48de l'avènement
17:49d'une démocratie
17:50au Moyen-Orient
17:51c'est aussi quelque chose
17:52qui est important
17:53politiquement
17:53car on ne sortira
17:55des problèmes
17:55et des menaces
17:56qui pèsent sur l'Europe
17:57depuis le Moyen-Orient
17:58il y a eu Isis
17:59souvenons-nous
18:00Daesh
18:00c'est pas si vieux
18:01et ça a causé
18:03d'immenses dégâts
18:03donc le meilleur espoir
18:04c'est la démocratisation
18:05de l'espace géopolitique
18:07et le Moyen-Orient
18:08et aujourd'hui
18:08le meilleur vecteur
18:09de démocratisation
18:10de cet espace
18:11c'est l'action
18:12et la volonté
18:13du peuple kurde
18:16vous intervenez
18:17très souvent
18:18les associations kurdes
18:19les mouvements kurdes
18:20interviennent très souvent
18:21auprès des institutions
18:23européennes
18:23spécifiquement
18:24effectivement
18:24auprès du Conseil
18:26de l'Europe
18:26et de la Cour européenne
18:27et des droits de l'homme
18:28on a l'impression
18:30quand même
18:30pour l'instant
18:31qu'on tourne un peu
18:32en rond
18:32est-ce que vous avez
18:33vous l'impression
18:34que vous êtes un peu
18:34plus entendu
18:35un peu plus écouté
18:36de la part
18:37de ces institutions-là
18:39ou des institutions
18:40européennes en général
18:42je pense que bien sûr
18:44on n'est pas
18:45sur le point de départ
18:47on a quand même eu
18:49même si c'est
18:50des petits avancés
18:52on a eu
18:52des petits avancés
18:53mais par contre
18:54est-ce qu'on a arrivé
18:55vraiment se faire entendre
18:57par rapport
18:58à toutes les questions
18:59par rapport
19:00à monsieur
19:01Djalan
19:02par rapport
19:03à monsieur
19:03Célat-Midemirtaj
19:04par rapport
19:05à monsieur Kavala
19:06ou d'autres
19:07je ne suis pas certaine
19:08parce que
19:09même
19:10admettons que
19:11comme
19:12vous disiez
19:13la Turquie
19:15elle était condamnée
19:16plusieurs fois
19:16mais si elle n'implique pas
19:18les condamnations
19:19qu'elle a eu
19:20si
19:23par exemple
19:24par rapport
19:24à monsieur
19:25Célat-Midemirtaj
19:26il fallait que
19:27la Turquie
19:28le libère
19:29il est toujours
19:30en prison
19:31monsieur Kavala
19:32c'est pareil
19:33l'isolement
19:34de monsieur
19:35Djalan
19:35qui devient
19:36impossible
19:37par rapport
19:38à
19:38le peuple
19:40kurde
19:40aussi
19:40par rapport
19:41à
19:41tous les
19:42peuples
19:42qui luttent
19:43pour aussi
19:44avoir
19:44une certaine
19:45liberté
19:46ça devient
19:46aussi
19:47impossible
19:48on est toujours
19:49sur le même
19:49point
19:50c'est un défi
19:52tout à fait
19:53particulier
19:53que vous avez
19:54vous en tant
19:55qu'avocat
19:55et en tant
19:56que membre
19:56d'association
19:56internationale
19:57d'avocats
19:58sur cette
19:58situation
19:59actuelle
20:00de la Turquie
20:01vous pouvez nous
20:01en dire un mot
20:03si vous voulez
20:04très rapidement
20:05pour revenir
20:05j'ai peut-être
20:06un peu
20:07débordé
20:07et répondre
20:08à la question
20:09mais hier
20:10dans ce colloque
20:10là
20:10ce qui était
20:11important
20:11et c'est ça
20:12le défi
20:12qui s'annonce
20:13en tout cas
20:13pour nos
20:13conféritures
20:14il y avait
20:15notamment
20:15l'avocat
20:16Candice
20:17qui était là
20:18qui parlait
20:19des conditions
20:19d'extension
20:20des détention
20:21et qui
20:21effectivement
20:22faisait
20:23une analyse
20:24qui pour moi
20:24est quand même
20:25assez alarmante
20:27dans la situation
20:27où il explique
20:28qu'aujourd'hui
20:29l'expérience
20:30d'Imrali
20:30donc c'est-à-dire
20:31effectivement
20:32ce placement
20:32en isolement
20:33commence effectivement
20:34à devenir la norme
20:35c'est-à-dire
20:36qu'il n'y a même plus
20:36besoin effectivement
20:37d'un isolement
20:39sur une île
20:39désormais
20:40on est effectivement
20:41et c'est un vissement
20:42qu'on voit
20:42dans bon nombre
20:43de démocraties
20:43c'est-à-dire
20:44que l'état
20:45d'exception
20:46qui était celui
20:46de Hotshalan
20:47et d'autres
20:50prisonniers politiques
20:51devient de la norme
20:52et aujourd'hui
20:53le bâtonnier
20:54de Dirk Bakker
20:55qui était aussi là
20:56alertait en tout cas
20:57la société civile
20:58c'est aussi
20:58le défi que nous avons
20:59en tant qu'avocat
21:00de pouvoir effectivement
21:01se battre
21:02contre ce glissement
21:03progressif
21:04de l'état
21:04en tout cas
21:05d'urgence
21:05en tout cas
21:06de l'état
21:07d'exception
21:08qui a été mis en place
21:09par les hôteliers
21:10et cette contamination
21:11en tout cas
21:12dans le droit commun
21:12et aujourd'hui
21:13effectivement
21:14on voit de plus en plus
21:15des procédures comme ça
21:16qui donnent lieu
21:16à des procédures
21:17à la fois expéduitifs
21:18et des conditions
21:19de détention
21:20et d'isolement
21:20qui sont prises
21:21effectivement
21:21à l'égard de personnes
21:22qui ne sont pas
21:23nécessairement désormais
21:24des prisonniers politiques
21:25et donc c'est le défi
21:26aujourd'hui
21:28et en tant qu'acteur
21:29de la société civile en général
21:30c'est-à-dire de continuer
21:31ce combat
21:31pour éviter effectivement
21:33ce glissement
21:34vers ce que certains
21:35appellent libéralisme
21:36mais on est sur un régime
21:38autoritaire
21:40en Turquie
21:41mais aujourd'hui
21:41ce glissement
21:42il est fait
21:42de façon assez méthodique
21:44et systématique
21:46de la part
21:46des autorités culture
21:47c'est-à-dire
21:47on étend
21:49le régime d'exception
21:50le régime effectivement
21:52dérogatoire
21:53des droits de la convention
21:54Oui juste rapidement
21:55qu'est-ce qui vous aiderait
21:56du coup dans la conjoncture
21:57vous avocat
22:00vous qui menez ce combat
22:01juridique
22:01qu'est-ce qui pourrait
22:02vous aider ?
22:03Je pense que
22:05M. Alponsi
22:06a bien posé le débat
22:08aujourd'hui
22:08il y a effectivement
22:10des pressions
22:11à mener sur la Turquie
22:12que ce soit
22:13là effectivement
22:14on est plus
22:14au niveau de l'Union Européenne
22:16puisque le Conseil de l'Europe
22:17on est plus sur
22:18un espace de dialogue
22:19mais je pense
22:20qu'aujourd'hui
22:20l'Union Européenne
22:21doit se poser des questions
22:22par rapport à ces partenariats
22:24qui sont établis
22:25à l'égard de la Turquie
22:26parce qu'on comprendrait
22:28difficilement
22:28que des sanctions
22:29soient prises
22:30à l'égard de la Russie
22:32à l'égard de la Russie
22:33compte tenu
22:34on n'est peut-être pas
22:35dans une situation
22:36d'invasion
22:37mais on est quand même
22:37dans une situation
22:38quand même
22:38de pression
22:39d'un mouvement
22:40et d'un peuple
22:41qui est celui
22:42en tout cas
22:42du peuple kurde
22:43et aussi la réaction
22:45que l'Union Européenne
22:46à l'égard
22:46de ses propres états
22:47la Pologne
22:48et la Hongrie
22:48mais à l'égard
22:49de la Turquie
22:50l'Union Européenne
22:50ne peut pas rester
22:51elle montre
22:51qu'elle sait faire
22:53elle ne peut pas
22:54être à l'égard
22:55de la Turquie
22:55on comprend bien
22:57qu'il y a d'autres
22:57enjeux géopolitiques
22:58et je pense que
22:59le député François Lamponti
23:00reviendra dessus
23:01sur la question migratoire
23:02et le chantage
23:03que fait aujourd'hui
23:04la Turquie
23:05vers les états membres
23:06de l'Union Européenne
23:07mais aujourd'hui
23:07on ne peut pas
23:08avoir de quoi
23:09de mesure
23:09à l'égard
23:10de la Russie
23:11et de la Bélorussie
23:12d'un côté
23:12à l'égard
23:13de la Hongrie
23:13et de la Pologne
23:14et rester effectivement
23:16complètement statique
23:17et immobile
23:18à l'égard
23:19de la situation
23:21auxquelles
23:21nous assistons
23:22au niveau de la Turquie
23:23et le régime
23:23de l'Union Européenne
23:25François Lamponti
23:26là donc
23:26dans les médias
23:27j'allais dire
23:27comment vous pouvez agir
23:28vous au niveau européen
23:29en tant que député
23:30d'abord
23:30vous en parlez
23:31avec d'autres députés européens
23:32quel est l'état
23:34quand même
23:34de l'opinion
23:36sur cette question là
23:37qui est quand même
23:38une question
23:38qui touche basiquement
23:39j'allais dire
23:40l'état de droit
23:40et les droits de l'homme
23:42tout simplement
23:44Les députés européens
23:45ils ont bien sûr
23:45le moyen
23:46des débats
23:47du Parlement européen
23:48et des motions
23:48et des résolutions
23:49qu'ils ont votées
23:50sur M. Demirtas
23:52sur M. Kavala
23:53il y a eu
23:54des condamnations
23:55assez sévères
23:57du régime turc
23:58par le Parlement européen
23:59mais le Parlement européen
24:00n'est qu'un pilier
24:01de la construction européenne
24:03et ceux qui sont
24:04en moyen d'action
24:05évidemment
24:05c'est le Conseil
24:06et c'est la Commission
24:08la Commission
24:09pour les sanctions
24:09et le Conseil
24:10pour les sanctions
24:11diplomatiques
24:12je dirais
24:13donc voilà
24:14mais il faut continuer
24:15cette pression
24:15il faut amener
24:16les responsables européens
24:18à commencer
24:19à avoir un peu peur
24:20de l'avenir
24:21dans cette zone du monde
24:22comme ils auraient dû
24:23avoir un peu peur
24:24après 2014 en Crimée
24:26et c'est cette prise de conscience
24:28qu'il faut faire
24:29je crois
24:29pour que le climat politique
24:31change
24:31vis-à-vis de la Turquie
24:32bien sûr
24:33il y a les pressions
24:34faites sur la question
24:35des immigrés
24:36il y a les intérêts
24:38de la Turquie
24:39dans l'automne
24:40et puis on voit bien
24:41qu'aujourd'hui
24:42M. Erdogan
24:43est quand même
24:43l'empêcheur
24:43de tourner en rond
24:44de l'automne
24:45en s'immiscent
24:46dans des décisions
24:49souveraines de la Suède
24:50et avant de la Finlande
24:52de façon inacceptable
24:53donc oui
24:54je pense que la Turquie
24:55est un problème
24:56au moins aussi considérable
24:57et probablement plus considérable
24:59que la Hongrie
24:59ou la Pologne
25:00merci à vous
25:01il est temps de se quitter
25:02on continuera bien sûr
25:03à suivre cette affaire avec vous
25:06merci à vous
25:06qui nous avez suivi
25:07au revoir à bientôt

Recommandations