00:00Tous les sans-papiers vivent dans ma peur.
00:01Dans tous les médias, BFM TV et CNews, ça ne parle que les sans-papiers.
00:06Pendant le Covid, c'est les sans-papiers qui travaillaient ici,
00:09qui faisaient dans les hôpitaux, dans les métros.
00:13Pour faire les poubelles, c'était les sans-papiers.
00:15Parce qu'ici, qui avaient des papiers, ils avaient leur sommage par seul.
00:18En tant que responsable d'un collectif, je n'ai jamais vu un sans-papier délinquant.
00:24Les sans-papiers, ils sont là pour se chercher, c'est tout.
00:26C'est pour travailler et vivre d'un humain comme tout le monde.
00:37Nous donnions un double sens à ce rassemblement.
00:40Le premier, c'est de mettre en cause les pratiques préfectorales dans ce département
00:45où la population étrangère est particulièrement nombreuse
00:48et où la politique est particulièrement restrictive vis-à-vis des étrangers
00:53qui sont susceptibles d'être régularisés.
00:56C'est d'essayer de faire pression pour que ces pratiques évoluent
00:59et qu'on régularise davantage de sans-papiers sur ce département.
01:03On pense qu'il y a environ entre 150 000 et 200 000 étrangers sans-papiers sur le département.
01:09Il y a eu l'année dernière 1275, je crois, régularisations annoncées par la préfecture.
01:15Vous voyez le hiatus entre le nombre de régularisations obtenues
01:19et le nombre d'étrangers qui auraient vocation à être régularisés.
01:22Parce qu'ils sont dans ce département, ils vivent en famille, ils travaillent.
01:27Ce sont des jeunes qui sont scolarisés dans les lycées professionnels ou les lycées généraux,
01:31qui sont en apprentissage.
01:32Bref, ce sont des étrangers qui ont ici leur place et qui participent à la vie de ce département.
01:43Le projet de loi Asile et Migration qui est présenté aujourd'hui
01:46fait suite notamment à la circulaire d'Armanin du 17 novembre dernier
01:51qui a donné des nouveaux éléments sur la manière de donner des titres de séjour
01:56ou non aux personnes étrangères, notamment autour de l'OQTF.
02:02L'obligation de quitter le territoire français dès que quelqu'un a eu cet OQTF,
02:06il est systématiquement refusé de lui donner un titre de séjour.
02:10Et il y a eu un amalgame aujourd'hui qui est fait entre la criminalité et le fait d'être
02:16sans papier.
02:18Notamment suite à l'affaire de la petite Lola, il y a eu un amalgame de faits très important
02:22et une lettre à tous les préfets a été envoyée afin de durcir l'accès au titre de séjour.
02:33La dématérialisation ne tient pas compte du public qui est ici concerné.
02:37C'est-à-dire que nous avons affaire à des gens qui sont dans une situation particulièrement précaire,
02:41qui n'ont pas forcément d'ordinateur à la maison,
02:45qui effectuent les démarches sur de pauvres smartphones où elles sont particulièrement difficiles.
02:50Donc c'est une population qui n'est pas à l'aise avec le numérique.
02:53Le deuxième problème, c'est que cette façon de procéder, cette dématérialisation exclusive, totale,
03:00qui est d'ailleurs contraire aux décisions du Conseil d'État,
03:03elle obéit à une logique politique.
03:06En toute discrétion, on diminue le nombre de rendez-vous, le nombre de dossiers traités
03:12et donc le nombre de régularisations.
03:14Donc nous demandons l'ouverture des guichets.
03:16Et quand on parle de l'ouverture des guichets, on veut dire évidemment que toutes les personnes
03:23qui auraient des soucis avec la dématérialisation puissent trouver un accueil physique
03:27pour être reçues en préfecture et avoir une réponse.
03:33Nous avons les JO avec les JOP que nous allons accueillir en 2024 avec énormément de construction.
03:41Notre paysage urbain est en train de changer et on le sait, il y a énormément de travailleurs sans papier
03:48qui travaillent sur ces bâtiments.
03:50À preuve, la CGT a fait régulariser un certain nombre d'entre eux et c'est justice.
04:00Le collectif Bouge d'Apref a appelé à des rassemblements devant toutes les préfectures d'Île-de-France
04:04à la même heure aujourd'hui.
04:06Cette simultanéité révèle quelque chose, révèle une logique politique d'ensemble.
04:10Donc là, c'est un premier point.
04:12Et le fait que nous ayons été là avec le soutien des syndicats, des élus, des collectifs
04:16de sans-papiers est quand même quelque chose de très positif et nous permettra d'avancer.
04:23...
04:26...
04:26...
04:26...
04:26...
04:26...
04:26...
04:26...
04:27...
04:27...
04:27...
04:29...
04:29...
04:29...
04:31...
04:32...
04:33...
04:33...
04:33...
04:34...
04:34...
04:34...