00:00Moi je suis maman, c'est mon fils, ça peut être lui le prochain en fait.
00:04Donc voilà, nous on est vraiment là pour essayer de dire mais stop.
00:14On est dans une société où les quartiers populaires sont très lésés.
00:18Il y a la paupérisation volontaire par l'État, il y a des discriminations,
00:24enfin ils sont vraiment mis à l'écart.
00:26La pauvreté est là, on a énormément de femmes sans soutien, des meilleurs isolés, tout ça.
00:31Il y a beaucoup de choses, c'est vrai, on peut croire que ça ramène beaucoup à la criminalité,
00:37mais c'est une manière de généraliser et de légitimer en fait ce qu'ils font alors que c'est
00:42pas normal.
00:43Ils doivent juste être, c'est pas que respectueux, respecter leur propre déontologie de la police en fait.
00:47Tout ce que ces gens-là, ils demandent.
00:49Donc c'est trop facile de dire on peut tuer parce qu'ils se disent mais non, non,
00:52la peine de mort elle est abolie en France, il faut arrêter.
00:54Mon petit frère a été tué par la police, c'est cette police qui a décidé de lui ôter la
00:59vie injustement.
01:00La police est là pour nous protéger.
01:02Certes les enfants, ils ont leur comportement mais ça ne leur donne pas le droit de prendre une vie.
01:08Et puis ne pas stigmatiser les étrangers qui vivent dans le 93 quoi.
01:14Ils sont français.
01:15Français mais qui restent des étrangers aux yeux de certains.
01:18Le refus d'obtempérer c'est facile de le dire à toutes les sauces.
01:23C'est devenu presque comme le 49-3.
01:27Voilà.
01:27Et qu'on ne tue pas sans...
01:29Il n'y a pas de raison pour tuer.
01:31Pour moi c'est important d'être là.
01:32Pour soutenir, pour être avec cette maman parce que...
01:37Étant mère de famille ça aurait pu être quelqu'un d'autre.
01:43Ça fait un choc déjà quand ça arrive à des personnes qui ne sont pas proches de nous.
01:46Mais quand ça arrive aux proches à nous c'est encore pire.
01:48Ça fait mal.
01:50Ça fait très très mal.
01:51Surtout le contexte et la situation ça n'a pas arrangé les choses.
01:54Mourir de la main des forces de l'ordre, de ceux qui sont censés vous protéger.
01:58C'est vraiment vraiment vraiment pas normal.
02:00C'est compliqué pour les jeunes déjà aujourd'hui par rapport au faciès, à l'origine, par rapport à la
02:05couleur de peau.
02:06Forcément quand on va postuler, on va avoir plus de chance de se faire refuser.
02:09C'est un fait, c'est un fait, il y a des études qui ont été faites sur ça.
02:13Lorsque dans un CV il y a marqué Mohamed et pas Nathalie, il y a plus de chances de se
02:16faire refuser.
02:16Il faudrait réorganiser tout ça, faire en sorte que tout se passe bien.
02:19Parce que vraiment sinon après on se demande pourquoi les gens ne travaillent plus, ils ne veulent plus travailler.
02:23Et après ça crée ce genre de problème, c'est difficile dans les quartiers.
02:26À la base ça part d'une inégalité de l'État et pas de nous.
02:31On ne sait pas pourquoi on nous contrôle.
02:34On ne sait pas pourquoi.
02:34Voilà.
02:36Et ça crée un conflit tout simplement.
02:38La plupart des contrôles en fait, ça dépend de leur humeur à eux.
02:42S'ils sont tranquilles, bien, ça va bien se passer.
02:45Le contrôle il va être tranquille.
02:46Mais s'ils ont envie de chercher un peu les embrouilles, ils sont d'humeur taquine.
02:51Ah ils vont t'aller, insultes, provocations, tout, front à front, ça dépend.
03:00Il dit j'espère que tu vas bien, où tu es et que tu es au paradis.
03:06Je t'aime mon frère, mon ami.
03:09Ta famille est venue me voir, ça m'a fait beaucoup de bien.
03:12J'espère te rejoindre au paradis.
03:14Je regarde tes photos tous les jours.
03:16J'ai tellement mal.
03:18Que justice soit faite pour toi, mon frère.
03:20Merci pour le soutien.
03:22Merci pour tous.
03:23Je suis à l'hôpital.
03:25J'ai une fracture à la cheville.
03:27Des pointes sutures au pied gauche.
03:31Deux fractures au bassin.
03:32Et mon corps est blessé partout.
03:35Mais ce qui me fait le plus mal, c'est que tu ne sois pas là.
03:38Je t'aime, Mouanis Ibrahim.
03:41Merci.