00:00 La détresse qu'il y a dans les quartiers populaires depuis des décennies,
00:02 ce n'est pas nouveau, elle date d'une urgence sociale qui est absolue.
00:04 Et il faut la régler par des politiques sociales
00:06 et non pas par une répression toujours plus féroce.
00:08 Justice pour Naël ! Justice pour Naël !
00:19 Le message principal, c'est que plus jamais on ne veut que ça ne se reproduise.
00:22 Plus jamais on ne veut qu'un enfant, qu'un jeune de mon âge, moi j'en ai 19,
00:25 se retrouve mort sous les coups ou sous les balles de la police.
00:28 Depuis 2017, il faut savoir qu'il y a une loi
00:31 qui donne un peu la présomption de légitime défense absolue
00:34 aux flics dans le cadre des refus d'obtempérer.
00:36 Et la première victime de cela, ça a été Angelo Garan.
00:39 Angelo Garan, il était cigane comme moi,
00:41 et il a été tué par une unité du GIGN en 2017.
00:44 Et la justice avait blanchi ces meurtriers en se servant notamment
00:47 de cet article mis en place par Valse et Cazeneuve en 2017, donc on n'oublie pas.
00:51 Et c'est depuis notamment ce texte que le nombre de meurtres
00:53 dans le cadre de pseudo refus d'obtempérer ne cesse d'exploser.
00:56 Donc voilà ce qu'on est venu dénoncer aujourd'hui.
00:58 On demande la justice et nous ne serons sans aucune concession.
01:01 Et aujourd'hui, ce qui se passe, on fait beaucoup de bruit.
01:02 Il y a beaucoup d'indignation autour des émeutes.
01:04 Les émeutes, aujourd'hui, c'est le cri de colère.
01:05 C'est l'expression d'une rage pour tout un tas de jeunes
01:08 qui se retrouvent victimes de racisme, pour tout un tas de jeunes
01:10 qui se retrouvent abandonnés depuis des décennies dans les quartiers populaires.
01:13 On doit l'écouter. C'est légitime.
01:14 Et il n'y a aucun appel au calme qui se vaut.
01:16 Aujourd'hui, le seul appel qui se vaut, c'est l'appel à la justice.
01:19 Et tant que nous n'aurons pas la justice,
01:21 tant que Naël n'aura pas la justice,
01:22 tant que sa famille n'aura pas la justice,
01:24 tant qu'il n'y aura pas de disposition pour éviter
01:26 que plus aucun jeune ne meure dans les quartiers populaires,
01:28 eh bien nous serons là, mobilisés, debout pour obtenir la justice.
01:31 Justice pour Naël ! Justice pour Naël !
01:34 Justice pour Naël ! Justice pour Naël !
01:38 C'est de toujours ramener ces jeunes de quartier à leurs origines.
01:42 Au fait qu'ils soient des racailles, non.
01:44 Moi, je suis désolée, je suis issue des quartiers populaires.
01:46 Aujourd'hui, je suis cadre et j'en suis fière.
01:48 Et il y a beaucoup de profils comme ça dans les quartiers.
01:50 Le petit Naël, il n'a rien demandé.
01:52 Et moi, je demande aussi en tant qu'élu,
01:54 et je demande à tous les élus de sortir de leur carcan politique
01:58 et vraiment de venir avec le peuple.
02:00 Oubliez un petit peu vos écharpes.
02:02 Naël, c'était notre fils à tous, c'était notre frère,
02:05 ça peut être notre petit frère, notre petit enfant.
02:07 Aujourd'hui, ils ont tué Naël, demain, ils peuvent tuer notre enfant.
02:10 Tous, tous, tous !
02:11 Pas de peur, pas de justice !
02:15 Il faut se rappeler qu'en 1983, la marche des beurres
02:18 avait commencé par l'assassinat d'un jeune
02:22 dans un quartier de Marseille par un policier.
02:27 Et elle a été...
02:31 J'ai marché également à Nanterre parce qu'à la même période,
02:35 il y a eu Abdel Ndiye Ghemia, un gamin de nos cités,
02:40 qui a été également tué.
02:43 J'avais beaucoup de colère à l'époque.
02:46 Je me suis dit que les choses allaient évoluer.
02:48 Mais je vois que rien n'évolue et qu'on est toujours considérés
02:53 comme des citoyens de seconde zone.
02:55 On n'a pas à avoir peur de notre police.
02:59 C'est aberrant dans une démocratie d'avoir peur de sa police.
03:03 Il y a un mot de vie, un mot de vie facile dit !
03:06 J'espère que ce drame va servir à quelque chose,
03:11 qui va faire bouger les choses,
03:13 parce qu'il y a deux problèmes dans la société,
03:17 c'est que l'IGPN, la police des polices,
03:20 elle dépend du mystère de l'intérieur.
03:22 Donc on demande aux policiers de juger d'autres policiers.
03:25 Ça, ça ne peut pas fonctionner.
03:27 Il faudrait un organe indépendant comme ça se fait en Angleterre,
03:30 au Danemark ou en Belgique, par exemple.
03:32 Et deuxièmement, il y a une frange non négligeable de policiers
03:36 qui sont à l'extrême droite.
03:38 C'est une réalité, ça a été prouvé.
03:40 Donc je pense que pour redonner la confiance
03:42 entre les citoyens et les policiers,
03:43 il faudrait supprimer ces policiers de la police nationale,
03:48 parce qu'ils n'ont pas leur place dans la police.
03:50 Je le répète, la majorité des policiers sont professionnels intègres.
03:53 Moi-même, j'ai été contrôlé plusieurs fois par la police,
03:56 ça s'est très bien passé.
03:57 Un jeune homme de 17 ans est mort, abattu,
04:01 froidement, pour un refus d'obtempérer.
04:03 J'ai moi-même 24 ans, j'ai moi-même des cousins,
04:06 et j'en ai marre que des frères meurent tous les jours
04:11 pour des délits pareils.
04:14 Personne ne doit choisir qui doit mourir ou qui doit vivre en France,
04:17 et certainement pas les forces de police qui tuent.
04:19 Sans vidéo, il ne se serait rien passé,
04:21 c'est pas la première bavure et c'est certainement pas la dernière.
04:24 Malheureusement, ça fait 15 ans que Zia et Bouned sont décédés.
04:29 Il n'y avait pas de vidéo et à l'époque, on l'avait compris,
04:31 et 15 ans après, c'est toujours pareil.
04:33 On n'oublie pas, on pardonnera et on pardonnera jamais.
04:35 Police partout, justice nulle part !
04:39 C'est monstrueux ce qui se passe, c'est un assassinat,
04:43 et ce n'est pas le premier du fait de la police.
04:46 Je suis venue aussi parce que le sujet du bac philo de cette année,
04:51 je suis prof de philo, un des trois sujets du bac philo,
04:54 c'était vouloir la paix, est-ce vouloir la justice ?
04:59 Donc c'est en phase avec l'actualité tragique malheureusement.
05:04 Justice ! Justice ! Justice ! Justice ! Justice !