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  • il y a 2 jours
L'annonce de la fermeture d'usines par le géant européen de l'automobile Volkswagen, est venue confirmer l'alerte lancée depuis plusieurs années par les syndicats: l'industrie automobile, stratégique pour l'économie européenne, va au devant d'une crise majeure.

Exigé par l'Union européenne, le passage à la voiture électrique n'a été accompagné d'aucun plan d'adaptation industrielle, laissant la Chine se tailler la part du lion sur le marché mondial du véhicule électrique.
Quelles sont les raisons véritables de cette crise, quelles en sont les conséquences et comment réagir ?

Les réponses avec la députée européenne Marina MESURE (La Gauche ), membre de la commission du commerce international au Parlement européen, et André DULERY, délégué CGT chez l'équipementier automobile Dumarey Powerglide, qui vient d'annoncer un premier plan de licenciements de 248 salariés.

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue sur le plateau de l'Humanité au Parlement européen de Strasbourg.
00:04L'industrie automobile en Europe traverse une crise grave, une crise profonde.
00:09Une crise comme l'Europe en réalité n'en a jamais connu de semblable.
00:14Quelles en sont les raisons, quelles en sont les conséquences et comment réagir à cette situation ?
00:19C'est une question qu'on va aborder avec vous.
00:22Marina Mesur, je rappelle que vous êtes députée européenne du groupe La Gauche,
00:25mais vous êtes aussi membre de la Commission du commerce international.
00:29Et ça a évidemment une grande importance par rapport au sujet dont on va parler.
00:33Et puis André Dulerie qui est avec nous, vous êtes délégué CGT chez l'équipementier automobile du Marais
00:40qui est installé ici à Strasbourg, au port de Strasbourg,
00:44et qui vient d'annoncer un plan social et dont l'usine à terme risque on ne sait pas trop
00:49quoi.
00:50Vous allez nous en parler dans quelques minutes.
00:53Merci à vous d'être sur le plateau.
00:55Marina Mesur, vous êtes intervenue tout à l'heure, puisque si on parle de ça, c'est bien sûr parce
00:59qu'il y a eu un débat ce mardi matin au Parlement européen d'ici.
01:05La crise de l'automobile, elle a semblé surgir là il n'y a pas finalement si longtemps,
01:11notamment en raison de ce qui est arrivé aux usines de Volkswagen, aux annonces de Volkswagen disant qu'il allait
01:16falloir fermer des sites, etc.
01:18Mais en réalité, la crise est bien plus lointaine et bien plus profonde.
01:22Est-ce que vous pouvez pour l'instant nous expliquer un peu l'importance stratégique à l'automobile ?
01:28Parce que quand on parle d'automobile, on a l'impression qu'après tout, c'est un secteur d'activité
01:32comme un autre.
01:33Non, l'automobile, c'est central dans l'industrie européenne.
01:36Bien sûr, oui.
01:37Et quand vous dites c'est bien plus profond, moi je dirais que c'est bien plus profond parce qu
01:41'en fait, c'est les politiques industrielles européennes qui sont un véritable fiasco.
01:44Parce que sur la dernière année, vous savez qu'on a perdu notre production de panneaux solaires, qui est pourtant
01:49éminemment stratégique.
01:50Et aujourd'hui, l'automobile, on semble découvrir qu'il y a une crise et que le secteur est en
01:55danger, alors que ça fait des années qu'on sait que les perspectives vont être extrêmement négatives.
02:02Et donc, effectivement, le secteur automobile est un secteur stratégique.
02:06Le camarade pourra en parler bien mieux que moi, 34 ans dans sa boîte et pourra exposer l'évolution du
02:12secteur.
02:13Mais c'est quand même hallucinant qu'on laisse les unes après les autres nos industries stratégiques dépecées.
02:21On ne fait rien.
02:23On laisse des...
02:24L'automobile, c'est...
02:26Et vous me reprendrez si je me trompe, c'est 13 millions d'emplois au niveau européen.
02:3013 millions d'emplois au niveau européen.
02:32Et on ne fait rien.
02:33On met 13 mois pour décider, est-ce qu'on va mettre des droits de douane sur des voitures électriques
02:40chinoises, alors que les États-Unis ont mis 100% de droits de douane.
02:43Nous, il nous faut 13 mois.
02:45Et à l'issue de 13 mois, on n'est que sur 50% des droits de douane.
02:48Donc, vraiment, il y a un véritable souci.
02:50Et il faut absolument qu'on sauve cette industrie.
02:53André Duéleri, vous l'avez senti, ça aussi, depuis longtemps, la montée de cette crise.
02:57Vous avez connu plusieurs plans sociaux et vous avez senti que la crise, une crise plus grave, était en train
03:02d'arriver.
03:03Les syndicats ont alerté, par exemple, chez Lumaray, chez vous.
03:07Alors, la crise, on l'a ressentie, surtout récemment, je dirais.
03:11Mais nous, on avait effectivement alerté qu'il fallait se diversifier par rapport à, justement, tout ce qui se passait
03:16là.
03:16Puisque nous, on dépendait que d'un client unique qui représentait 95% de la production, c'était ZDF.
03:21Donc, en Allemagne, on était sous-traitant de ZDF qui, lui, sous-traitait pour BMW.
03:25Donc, nous, on avait prévenu depuis longtemps, notamment dans les instances représentatives,
03:31qu'il fallait se diversifier parce qu'on n'était pas à l'abri, justement, d'un arrêt de notre
03:35client.
03:36Et c'est ce qui vient de se produire là, en juillet, enfin, au mois d'août,
03:40avec une perte de 80% du chiffre d'affaires pour l'année prochaine.
03:45Donc, forcément, d'où, malheureusement, la restructuration qui vient d'être annoncée.
03:51Sachant qu'il y a 600 employés, 684 salariés.
03:56Et donc, c'est 40% de l'effectif qui va disparaître au mois de janvier.
04:02Et c'est des familles, des savoir-faire, c'est ça qui disparaît.
04:05Et en plus, c'est même plus que ça parce que quand on parle de 248 emplois directs,
04:12mais après tout ce qu'il y a autour aussi, parce que ça a des répercussions sur les emplois induits,
04:15comme on dit et tout ça.
04:16Donc, ça va toucher beaucoup de familles.
04:19Et il y aura des répercussions sur la communauté de Strasbourg.
04:23Et puis, même en plus de ça, il y a aussi Novarez qui va fermer.
04:27– On va reparler d'une autre entreprise.
04:28– 26 salariés qui vont se comprover aussi sur le carreau.
04:32Donc, c'est compliqué.
04:33Oui, ça fait longtemps qu'on le voyait venir.
04:35Mais bon, après, c'est quand même venu assez brutalement.
04:38Et puis, ça ne marche pas forcément bien non plus l'électrique, pardon.
04:42– Non, allez-y.
04:43– Non, mais après, c'est juste dans la réaction.
04:45Et surtout, dans ce que vous dites, il y a quelque chose de crucial.
04:48C'est-à-dire que là, dans l'hémicycle,
04:50l'Europe essaye d'apporter des solutions sur la vente des voitures électriques chinoises,
04:54mais n'apporte aucune solution sur les équipements automobiles.
04:57– Exactement.
04:58– C'est-à-dire que là, on ne propose rien en termes de droits de douane
05:01pour protéger justement les entreprises dont on a parlé,
05:04qui font les équipements automobiles
05:05et qui sont essentielles à la production et à l'industrie automobile.
05:08– Sur l'attitude de l'Europe depuis cette période dont on parle,
05:12ensuite, on va rentrer un peu dans les détails qui suivent,
05:14mais on est d'accord pour dire qu'il y a eu un plan
05:18qui a été annoncé par l'Union européenne en 2035,
05:21qu'il faut passer à l'électrique, etc.
05:23mais derrière, ce que vous êtes en train de dire,
05:25c'est que finalement, le plan qui aurait dû être mis en place,
05:28que réclamaient les industriels pour faire cette transition en réalité,
05:33on le cherche ce plan.
05:35– Il n'y avait pas de plan,
05:37mais comme souvent d'ailleurs au sein des institutions,
05:39c'est-à-dire qu'on lance des objectifs,
05:40les objectifs climatiques, ils sont les bons.
05:43– Bien sûr.
05:43– Derrière, c'est effectivement comment on les atteint.
05:46Et là, il n'y avait pas de plan,
05:47mais comme dans tous les secteurs dont on a parlé avant.
05:49Et ce qui s'est passé, c'est que sur le secteur des voitures électriques chinoises,
05:55notamment, je dis sur le secteur électrique plutôt, de manière générale,
05:59les Chinois ont 15 ans d'avance, 15 ans d'avance sur nous.
06:03Donc, comment voulez-vous que du jour au lendemain,
06:05on dise en 2035, plus de voitures thermiques,
06:08on vend de l'électrique,
06:09et derrière, avec les Chinois qui ont 15 ans d'avance sur nous
06:13en termes de technologie dans le secteur,
06:14mais on ne prévoit rien,
06:16on n'aide absolument pas notre secteur.
06:18Et donc, qu'est-ce qui s'est passé ?
06:20La situation actuelle,
06:2150 000 emplois perdus en 5 ans en France,
06:25dans le secteur automobile.
06:26C'est ça qui s'est passé.
06:28Donc, l'objectif, ce n'est pas le climat.
06:29Le secteur du transport, c'est 30% des émissions de gaz à effet de serre.
06:32Bien sûr qu'il faut qu'on diminue les émissions de gaz à effet de serre,
06:35mais ça ne doit absolument pas se faire dans ces conditions,
06:38c'est-à-dire sans accompagnement de la filière
06:41et sans, évidemment, être certaine que chaque emploi soit préservé.
06:46On en parlait, ça, de ce passage à l'électrique.
06:49Vous qui avez une grande intériorité dans cette industrie,
06:53on en parlait, les syndicats en parlaient,
06:55on discutait, alertait les directions par rapport à ce passage à l'électrique.
07:00Vous sentiez quelque chose allait se produire
07:02et vous vous sentiez prêt ou pas du tout ?
07:05Disons que, déjà, comme disait Marina,
07:09c'est 50 000 emplois qui ont été supprimés en France,
07:11mais ça va être encore beaucoup plus
07:12avec toutes les entreprises qui vont licencier, voire fermer, etc.
07:16Donc, ça aura des répercussions très importantes.
07:19Après, nous, on faisait des transmissions automatiques
07:22pour des moteurs thermiques.
07:24Donc, c'est vrai que jusqu'à maintenant,
07:25nous, on ne le sentait encore pas trop.
07:27Mais là, maintenant, l'arrêt des commandes de ZF,
07:29finalement, est une répercussion du taux électrique.
07:36Et en plus, ZF, ils ont aussi une grosse restructuration
07:40puisqu'ils suppriment 14 000 emplois en Allemagne.
07:43Donc, je pense peut-être que ça a été abordé aujourd'hui
07:45lors de la session parlementaire.
07:47Je pense que les parlementaires allemands ont dû parler de ZF
07:51et puis de syndicats forts allemands, IG Metall aussi.
07:55Et donc, nous, on travaillait pour le thermique.
07:57Donc, on ne le sentait pas trop.
07:58Après, on fait des composants pour ZF
08:00qui sont pour les voitures hybrides.
08:02Ça, c'est ce qu'on fait encore actuellement,
08:04mais ça n'emploiera pas, justement, les 584 salariés.
08:07C'est pour ça qu'il y a le plan de sauvegarde de l'emploi
08:10qui a été annoncé.
08:11Et après, on fait des pièces pour e-motors.
08:14E-motors, c'est Stellantis.
08:15Là, c'est du tout électrique.
08:17Mais ça, c'est pareil, c'est des petits volumes.
08:18Mais c'est vrai que jusqu'alors,
08:19nous, on était plus concentrés sur le thermique.
08:22Et maintenant, là, oui, effectivement,
08:24là, maintenant, on a la répercussion et les conséquences.
08:28Avec les problèmes que vous connaissez actuellement,
08:31vous avez, j'imagine, en tant que syndicat,
08:32je rappelle que vous êtes délégué CGT,
08:35contacté IG Metall,
08:36puisque vous avez prononcé le nom de ce syndicat allemand.
08:39Qu'est-ce qu'ils disent, les syndicalistes allemands,
08:42par rapport à la situation qu'ils connaissent aussi bien chez eux
08:44que quand vous leur posez,
08:46quand vous leur montrez ce qui se passe chez vous ?
08:47Alors, effectivement, IG Metall,
08:49quand on a appris au mois d'avril
08:50que ce qui allait nous arriver, là, au mois d'août,
08:54donc l'arrêt brutal, enfin brutal, entre guillemets,
08:56parce que le contrat courait jusqu'au 31 décembre 2024
08:58avec ZF et ZF.
09:00Et donc, ils ont arrêté prématurément
09:02en s'arrêtant au mois d'août.
09:04Donc, on a essayé de contacter IG Metall,
09:05mais on a eu du mal,
09:07parce que, bon, on a des camarades de l'Union départementale
09:09qui ont essayé de les contacter,
09:10mais bon, on n'a pas réussi.
09:12Alors, je ne sais pas pourquoi,
09:13peut-être qu'ils voulaient aussi préserver leur emploi à eux
09:17et ne pas nous informer par rapport à la situation qui nous attendait,
09:22parce que, de toute façon, cette situation,
09:24nous, la direction, nous l'annonçions au mois d'avril,
09:25mais on est persuadés que c'était déjà connu,
09:29déjà l'année dernière,
09:30parce qu'on sait bien que les patrons,
09:32ils ont des stratégies,
09:33et ça ne se fait pas comme ça du jour au lendemain.
09:35Et là, on n'avait donc pas pu avoir de contact avec IG Metall.
09:37Et là, au mois de juillet, finalement,
09:39on a quand même réussi à en avoir,
09:40bon, je dirais presque quand la messe s'était dite.
09:42Et donc, c'est là qu'on a appris, effectivement,
09:4635 000 suppressions d'emploi chez ZDF au niveau mondial
09:48et 14 000 en Allemagne,
09:51de sources IG Metall.
09:53Et donc, bon, après, ça a été relayé aussi par...
09:56Ça a été confirmé, disons,
09:58mais c'était IG Metall qui nous avait donné ces informations
10:00et qui nous disait aussi
10:02que ZDF avait l'intention,
10:04et après, c'est légitime,
10:06ZDF avait l'intention de rapatrier
10:07toutes les productions au Trois-Rhin
10:09pour les ramener en Allemagne.
10:10Parce qu'effectivement,
10:11à partir du moment où vous supprimez 14 000 emplois
10:13dans le monde, en Allemagne,
10:16forcément, IG Metall,
10:17qui est quand même un syndicat fort
10:18et qui est co-gestionnaire des décisions,
10:21pas comme en France où on est des syndicats.
10:24Donc, je pense qu'ils ont aussi mis l'accent
10:25sur le fait que tout ce qui était à Strasbourg ou autre
10:28devait revenir en Allemagne.
10:29Donc, nous, on sait que de leurs sources,
10:30donc, la génération 4,
10:32donc les composants qu'on fait pour les voitures hybrides,
10:34comme je vous le disais tout à l'heure,
10:35vont repartir.
10:36Alors, on ne connaît pas l'échéance,
10:37mais vont repartir probablement en Allemagne en 2025.
10:41Et ce qui fera encore des répercussions sur l'emploi,
10:43puisque les salariés qui travailleraient actuellement
10:45encore sur la génération 4 ou sur e-motors,
10:48eux, ne sont pas concernés directement aujourd'hui dans le PSE.
10:51Mais ils seront peut-être dans un autre PSE,
10:55voire, malheureusement, peut-être une fermeture de l'entreprise
10:58si elle est plus viable par la suite.
11:02Alors, dans cette situation que vous décrivez,
11:05qui est grave,
11:06que faire ?
11:08Quelles sont les perspectives ?
11:10Donc, retard par rapport,
11:11en ce qui concerne l'électrique,
11:12par rapport à l'industrie chinoise,
11:16énorme retard.
11:18Une voiture sur quatre,
11:19maintenant, une voiture sur quatre électrique
11:21vendue en France,
11:22et aujourd'hui, elle est chinoise.
11:25Problème de casse sociale,
11:28on vient de le dire.
11:28Sans précédent.
11:29Qu'est-ce qui peut, maintenant,
11:31être fait ?
11:32Vers quoi on peut pousser ?
11:33Et quelles sont les forces qui peuvent le permettre,
11:35tout simplement ?
11:36Il y a déjà des choses qu'on a abordées
11:38sur la question du protectionnisme.
11:40C'est pour ça, là,
11:40le débat porté sur les droits de douane.
11:42Est-ce qu'on met...
11:43Et à quel niveau on met ces droits de douane ?
11:44Moi, je pense que 50%,
11:46c'est pas suffisant.
11:47Je vous le dis clairement,
11:49par rapport à ce qui a été proposé.
11:50Et encore, sur ces 50%,
11:52les États membres,
11:52ils ne sont même pas d'accord entre eux.
11:55Puisque je pense notamment à l'Espagne,
11:58à l'Allemagne,
11:59l'Espagne l'a dit officiellement
12:00qu'ils étaient contre.
12:02L'Allemagne a été sur une position
12:04un peu ambiguë.
12:05Mais en tout cas, ce qui est sûr,
12:06c'est qu'entre les États membres,
12:07déjà, ils ne sont pas d'accord entre eux
12:08pour savoir si on peut déjà taxer à 50%.
12:11Mais on est vraiment les derniers naïfs du marché.
12:13C'est-à-dire que quand vous avez
12:16à l'autre bout du monde,
12:17aux États-Unis,
12:18des taxes à 100%
12:19sur les voitures électriques au Canada,
12:21quand vous avez la Chine
12:22qui subventionne massivement
12:23ses industries stratégiques,
12:25et à raison,
12:26elle a le droit de subventionner
12:27massivement ses industries stratégiques,
12:29nous, on est le marché
12:30le plus ouvert au monde.
12:32C'est-à-dire qu'on laisse rentrer tout
12:33et on met en concurrence,
12:35une concurrence déloyale
12:36avec derrière nos fabricants,
12:40nos constructeurs.
12:41La deuxième chose aussi
12:42qu'on n'a pas évoquée,
12:43c'est la question des aides
12:44à l'achat de véhicules.
12:46Parce qu'on voit quand même
12:47que de manière générale,
12:49tout confondu,
12:49pas que seulement sur l'électrique,
12:51il y a une baisse significative
12:53de l'achat de véhicules
12:55qui peut être liée...
12:56C'est ce que dit Volkswagen
12:56à l'heure actuelle.
12:57Oui, mais en France,
12:58en tout cas,
12:59c'est la même chose.
13:00Ce n'est pas qu'en Allemagne.
13:01Eux disent 500 000,
13:02mais la France aussi, monsieur.
13:03La France, oui,
13:04parce qu'effectivement,
13:05en Allemagne,
13:05ils disent une diminution
13:06de 30 %
13:07de l'immatriculation
13:09de véhicules.
13:10Mais nous,
13:11on voit la même tendance.
13:12Je crois que le mois de septembre,
13:13vous me direz si j'adore,
13:14mais le mois de septembre,
13:16c'est le pire mois
13:17en termes d'achat
13:18depuis 2014,
13:19visiblement,
13:20sur l'achat de véhicules.
13:22Donc,
13:23la question qui est posée,
13:24c'est que,
13:24par exemple,
13:25le gouvernement avait lancé
13:26à un moment donné
13:26le leasing social
13:27qui permettait
13:28à des personnes
13:30de pouvoir louer
13:32une voiture.
13:33C'était un apport
13:34plutôt mince
13:34de 50 à 100 euros
13:35par mois
13:36pour pouvoir avoir
13:38des voitures.
13:39Ce dispositif en question,
13:41il était prévu
13:41pour 50 000 bénéficiaires
13:43en deux mois.
13:44C'est ça ?
13:45En deux mois,
13:46la demande a été telle
13:46que c'était déjà,
13:47le budget a été explosé.
13:49Donc,
13:49de savoir
13:49est-ce qu'il pourrait y avoir
13:50des dispositifs
13:51un peu similaires
13:52qui permettent aussi
13:53aux ménages
13:54les plus vulnérables
13:55d'avoir accès
13:55et qui ne peuvent pas avoir
13:56d'autres moyens ?
13:57Parce que,
13:57là encore,
13:58les personnes qui ont la voiture,
13:59c'est parce qu'il n'y a pas
13:59d'autres moyens aussi
14:00de transport
14:01qu'on a saccagé
14:03notre politique
14:04de transport public
14:04et de transport en commun.
14:06Donc,
14:06il y a tout ça derrière.
14:08Donc,
14:08peut-être que ça,
14:08c'est aussi une vraie question,
14:10la question des aides,
14:10parce qu'en France,
14:11en cinq ans,
14:12on a changé 15 fois
14:13de dispositif
14:14et ça,
14:15c'est problématique,
14:16aussi bien pour les constructeurs
14:17derrière
14:17que pour les personnes
14:18pour savoir
14:18si elles peuvent se procurer
14:19ou pas un véhicule.
14:21Est-ce que,
14:22pour une entreprise
14:23comme la vôtre,
14:24du Marais,
14:25est-ce qu'il y a encore
14:26une possibilité
14:27de se retourner,
14:28j'allais dire,
14:28du point de vue industriel,
14:30de changer de cap,
14:32de prendre d'autres options
14:33dans une conjoncture
14:35qui marcherait
14:37et qui fonctionnerait ?
14:38Est-ce que vous en parlez
14:39au CSE ?
14:40Est-ce que vous parlez
14:41de questions comme celle-ci
14:43ou est-ce que
14:44ce n'est pas de ça
14:45dont on parle ?
14:45Écoutez,
14:46ça fait,
14:46comme je vous ai dit avant,
14:47ça fait 12 ans.
14:49On a été repris en 2013
14:50par Guido du Marais,
14:51donc sous le nom de PUNCH,
14:54Groupe PUNCH,
14:54qui après a été contraint
14:55à changer de nom
14:56pour des affaires juridiques
14:57et nous,
14:59à chaque fois,
14:59on alertait justement
15:00sur ce que je vous ai dit
15:01tout à l'heure,
15:02qu'il fallait se diversifier.
15:03Alors oui,
15:03on est dans l'automobile,
15:04mais après,
15:05les salariés aujourd'hui
15:06qui vont se retrouver
15:06sur le carreau,
15:07entre guillemets,
15:08parce qu'il y en a
15:08qui vont se retrouver
15:09sur le carreau
15:10au mois de janvier,
15:11ils s'en fichent
15:11de faire des transmissions
15:13automatiques
15:13ou des...
15:14Si on avait pu avoir autre chose,
15:15on aurait pu faire
15:17des casseroles,
15:17des voiles,
15:18mais aujourd'hui,
15:19ce n'est pas le cas,
15:20malheureusement.
15:20On n'a rien.
15:21Bon, il y a quelques projets,
15:23soi-disant,
15:24dans les tuyaux,
15:24mais bon,
15:24même si un projet
15:26devait voir le jour
15:27dans les prochaines semaines,
15:29on pourrait dire,
15:31le temps qui se met en place,
15:31il faut compter
15:3218 mois,
15:332 ans.
15:34Donc,
15:34de toute façon,
15:35ce n'est pas pour demain.
15:36Enfin,
15:36ce n'est pas dans un avenir proche.
15:38Ce qui veut dire
15:39que le plan,
15:40entre guillemets,
15:40dont on parle
15:41et qui n'existe pas,
15:42vous ne l'avez ressenti
15:43à aucun moment,
15:44vous non plus.
15:45Non,
15:45non,
15:45non.
15:46Non,
15:46après,
15:47c'est peut-être aussi
15:49une volonté
15:49de notre direction locale
15:50aussi de ne pas se diversifier.
15:52Par contre,
15:52quand vous parliez
15:52des ventes de voitures,
15:53moi,
15:53ce que je voulais aussi rajouter,
15:55c'est que,
15:55par exemple,
15:55chez nous,
15:56on a les transports collectifs.
15:57On avait les transports collectifs
15:58pour les salariés
16:00parce qu'on a quand même compté
16:01sous General Motors
16:023 000 salariés.
16:04Avant 86,
16:05après,
16:05il y a eu un petit plan
16:06de restructuration
16:07et après,
16:07ils ont recommencé à...
16:07Vous venez de General Motors,
16:09c'est un peu de rappel.
16:09Ils ont commencé à réembaucher
16:10en 90,
16:11c'est là où je suis arrivé,
16:12moi,
16:12ils recrutaient dans toute la France.
16:14Et là,
16:15on était remontés
16:16à 2 500,
16:182 600 salariés.
16:19Et on avait 13 lignes
16:19de transports collectifs
16:21pour le personnel.
16:22Bon,
16:22c'est quand même un avantage
16:24parce qu'il y a des salariés
16:25qui viennent d'assez loin.
16:26Et là,
16:27justement,
16:28au mois de juillet,
16:30les bus de l'après-midi
16:31ont été supprimés.
16:33Et là,
16:34maintenant,
16:34au mois de janvier,
16:35tous les bus
16:36seront supprimés.
16:37Donc,
16:38bon,
16:40c'était,
16:41comment dirais-je,
16:41aussi les conséquences
16:42de la baisse de l'effectif
16:43par le cadre du PSE.
16:44Mais ça,
16:44on ne le savait pas encore.
16:45On savait juste
16:46qu'ils annonçaient
16:46la suppression des bus.
16:47Mais ça veut dire
16:48qu'il y a des salariés
16:49qui vont se retrouver embêtés
16:50parce qu'ils vont devoir
16:51acheter une deuxième voiture,
16:53parce qu'ils avaient l'habitude
16:53de prendre
16:54les transports collectifs.
16:56Donc,
16:57à juste titre aussi,
16:58les voitures,
16:59pourquoi elles se manquent moins ?
17:00Parce que c'est cher.
17:00Que ce soit une voiture thermique
17:02ou une voiture électrique,
17:03c'est encore plus cher.
17:04Si vous habitez
17:06en immeuble,
17:07vous n'avez pas forcément
17:07les moyens
17:08de recharger
17:08votre voiture électrique
17:09parce qu'il n'y a pas
17:10des bornes
17:10pour tous les logements.
17:11Donc,
17:12tout ça,
17:12il va y avoir
17:13des répercussions
17:14pour le personnel
17:16de chez nous,
17:17du Marais,
17:17qui devront se racheter
17:18un véhicule
17:18ou encore pire,
17:20ceux qui n'ont pas de permis.
17:21Alors là,
17:21ça va être encore plus compliqué
17:22parce que s'ils restent
17:23à l'entreprise
17:24et qu'ils n'ont pas
17:24de moyens de locomotion,
17:25il y en a qui viennent
17:26de très loin.
17:26Il y en a un,
17:26par exemple,
17:27il a un permis,
17:28mais il vient de Sargumine.
17:30Donc,
17:35tout ça,
17:36oui,
17:37il y aura des répercussions
17:37surtout,
17:38mais malheureusement
17:39pas dans le bon sens.
17:40Et l'État doit réagir,
17:42Enfin,
17:42il ne peut pas laisser faire.
17:43Je veux dire,
17:44il doit réagir,
17:45il doit sauver l'entreprise,
17:46il doit absolument
17:47prendre sa part.
17:48Il ne peut pas laisser
17:49une par une
17:49nos entreprises
17:51comme ça
17:51être dépecées
17:52alors que ce sont
17:53encore une fois
17:54des entreprises
17:55dont on a besoin.
17:56Absolument.
17:56Regardez l'histoire
17:57qui s'est passée
17:59avec GMS
18:00en 2017
18:01dans la Creuse,
18:01justement,
18:02où ils ont fait
18:02un dépôt de loi
18:05justement
18:05pour rendre responsables
18:06les donneurs d'ordre.
18:08Là,
18:08c'est pareil,
18:09l'État était derrière
18:09mais ça n'a pas empêché
18:11les licenciements
18:12et cette entreprise,
18:14elle avait été reprise
18:14par le groupe Martineau
18:15et qui revend aujourd'hui
18:17et donc cette entreprise
18:17où il reste 80 salariés.
18:20Je suis bien passé
18:21pour en parler
18:22parce que c'est une entreprise
18:23où j'ai travaillé dans le temps
18:25avant de venir en Alsace
18:26et où j'ai un frère
18:27qui est encore actuellement
18:29et qui le vit très mal.
18:30Il vit très mal
18:31cette situation
18:31parce que là,
18:33il reste 80 salariés.
18:34cette entreprise,
18:35encore une entreprise
18:36de l'automobile
18:36qui est dans la Creuse.
18:38C'est quand même
18:38un désert industriel
18:41donc encore des répercussions
18:43aussi là
18:43dans cette région.
18:45Donc oui,
18:45il y aura des cases partout.
18:47On a parlé de Valeo,
18:49c'est pareil,
18:50c'est Stellantis
18:50parce que Stellantis,
18:52en plus de ça,
18:52il délocalise
18:53mais en plus,
18:54il se désengage
18:57avec les fournisseurs
18:58et nous,
18:58on fait partie aussi
18:59d'un fournisseur.
18:59On est aussi fournisseur
19:00de Stellantis.
19:01Donc tout ça,
19:02effectivement,
19:02vous avez raison,
19:03l'État doit intervenir
19:04mais après,
19:06faut-il encore
19:07que les entreprises,
19:08elles veuillent
19:09développer des nouveaux projets
19:11et nous,
19:12on n'est pas
19:13dans ce cas de figure.
19:13Nous,
19:14en plus,
19:14notre actionnaire,
19:15il est bien connu,
19:17surnommé
19:18Bernard Tapie-Belch.
19:19Le Bernard Tapie-Belch.
19:20Il a son actif
19:22plusieurs fermetures
19:22d'entreprises.
19:23C'est un liquidateur,
19:25ce n'est pas l'industrielle.
19:26C'est un homme de Paris
19:26qui est...
19:27Disons-le,
19:28son métier,
19:28c'est la liquidation
19:29des entreprises.
19:30Donc il s'y connaît,
19:31effectivement.
19:31Oui, bien sûr.
19:32Alors,
19:32ce que vous dites là,
19:33et j'allais dire
19:34d'autant plus grave
19:35que,
19:36comme vous le dites,
19:38l'automobile
19:39est une des parties,
19:40évidemment,
19:41du monde industriel européen
19:43mais que ce n'est pas
19:44la seule
19:44qui est en difficulté
19:46à l'heure actuelle.
19:46C'est-à-dire
19:47qu'on ne peut pas se dire
19:48ok,
19:48l'automobile,
19:49c'est à bas de l'aile
19:50mais on peut se rattraper
19:51dans votre domaine.
19:51Comme on pense avec
19:52les panneaux solaires.
19:53Voilà, par exemple.
19:54Avec l'énergie renouvelable.
19:55Mais ce n'est pas le cas.
19:56Non, non, c'est ça.
19:57Si on prend la construction
19:58en aval,
19:59c'est le même secteur.
20:00C'est ça.
20:00Le photovoltaïque
20:01dont vous parliez tout à l'heure,
20:02c'est le même secteur.
20:03Donc à l'heure actuelle...
20:05L'éolien aussi,
20:05ça arrive.
20:06Là, il y avait un colloque
20:07sur l'éolien
20:07et la question
20:08était posée aussi
20:09sur le secteur.
20:10Donc la situation
20:11que décrit André Léry là,
20:13on n'y voit pas
20:14d'alternative
20:16hors même
20:17du...
20:17Vous parliez de fabriquer
20:19les casseroles
20:19mais on ne voit pas
20:20d'alternative
20:20en dehors
20:21de cette industrie automobile
20:22qui est par ailleurs
20:23effectivement stratégique.
20:24C'est ça le problème
20:25à l'heure actuelle.
20:26Et donc sur tous
20:26les créneaux industriels,
20:28l'Union européenne
20:29à l'heure actuelle
20:30est quand même
20:31très faible.
20:32C'est-à-dire qu'il n'y a pas
20:32un secteur sur lequel
20:33on pourrait se raccrocher
20:34en disant...
20:34Non, non, non.
20:35Non, en effet.
20:36Et c'est pour ça qu'au début
20:37je parlais de fiasco
20:38en termes de politique
20:40industrielle européenne.
20:40C'est un fiasco.
20:42C'est-à-dire qu'à chaque fois
20:43on fixe ce qui est important.
20:45C'est-à-dire que par exemple
20:45là encore Ursula von der Leyen
20:47a parlé de l'industrie solaire
20:49comme importante
20:51pour la transition écologique
20:52à juste titre.
20:54Et derrière,
20:54dans le même temps,
20:56on n'a plus de fabricants
20:57de panneaux solaires en France.
20:58L'un des derniers
20:59que j'avais rencontré,
21:00Sistovi,
21:00a fermé ses portes
21:01face à des panneaux solaires
21:02qui étaient vendus à perte
21:03sur notre marché.
21:04Comment vous l'avez vu
21:04qui concurrence ça ?
21:05Donc de fait,
21:07dans chaque industrie
21:08où on juge
21:09qu'elles sont importantes,
21:10eh bien on les laisse mourir
21:13au fur et à mesure.
21:15Et c'est extrêmement inquiétant
21:16parce que c'est une question
21:17de souveraineté.
21:18C'est-à-dire,
21:19ce dont on a besoin,
21:20on doit être capable
21:20de le produire.
21:21Et aujourd'hui,
21:22on n'est pas capable
21:22de le produire.
21:23Et derrière,
21:24toutes ces industries-là,
21:25elles ont aussi quelque chose
21:26en commun dont on n'a pas parlé,
21:27mais je pense que c'est important
21:29de le dire.
21:30C'est la question,
21:31c'est des industries
21:32qui ont quand même
21:33un gros besoin d'énergie
21:35pour la...
21:35Je voulais vous poser
21:36la question au début,
21:37quel rôle a joué
21:37l'électricité dans cette affaire ?
21:39Parce que les industriels le disent,
21:42ils disent l'augmentation
21:42de prix d'électricité,
21:43ça nous a plombé quand même.
21:45Exactement,
21:45c'est pour ça
21:45que je voulais en parler
21:46parce que ces industries
21:47dont on parle,
21:48elles ont besoin d'énergie
21:49et qu'est-ce qu'on constate ?
21:51Par exemple,
21:51encore une fois,
21:52si on se compare
21:52à la Chine
21:53ou aux États-Unis,
21:55l'électricité est 30 à 50 %
21:58plus chère ici.
21:59Alors que le coût de production,
22:00lui,
22:01n'est pas plus cher.
22:01Tout simplement
22:02parce qu'on a l'absurdité
22:04de ce marché européen
22:05de l'électricité
22:06qui fait que c'est purement spéculatif
22:08le prix de l'électricité
22:09et que derrière,
22:09des énergéticiens se gavent,
22:12c'est-à-dire qu'ils vendent
22:12à des prix
22:13qui ne correspondent pas
22:13à des coûts de production.
22:15Et ça,
22:15c'est un vrai héritable problème
22:16parce qu'il y a beaucoup
22:17de nos entreprises,
22:18je pensais aussi,
22:19la semaine prochaine,
22:20on va voir Duralex
22:20au niveau des verres.
22:22Donc,
22:23dans toutes les industries,
22:24en fait,
22:24la question de l'énergie
22:25est quand même
22:26une charge importante
22:29et cette question-là
22:30de savoir
22:31comment on revient,
22:32on arrête
22:32avec la libéralisation
22:33du secteur
22:34et on revient
22:34à une gestion publique
22:35du secteur de l'énergie
22:36pour avoir des prix régulés
22:37pour les industries,
22:38ça,
22:38c'est aussi un déterminant
22:39de compétitivité aussi
22:40pour nos industries
22:41et pour leur survie.
22:43Un mot pour terminer,
22:45André Léry,
22:46qu'est-ce que vous attendez,
22:47vous,
22:47à l'heure actuelle ?
22:48Qu'est-ce qui vous semble
22:50important en tant que syndicaliste
22:51dans la conjoncture
22:52qu'on connaît,
22:53française,
22:54mais dont on voit bien
22:55que le contexte européen
22:56est décisif aussi ?
22:58Le tout électrique,
23:00encore une fois,
23:01on voit que ça va supprimer
23:03énormément d'emplois
23:03et même si,
23:05comme bien même maintenant,
23:06ça devait se vendre,
23:07admettons que les prix,
23:08on parlait des voitures chinoises,
23:10mais admettons que les prix
23:11deviendraient compétitifs
23:12en Europe
23:13et en France,
23:14même si ça emploierait
23:16beaucoup moins de personnel,
23:18parce qu'on le voit,
23:19entre fabriquer une transmission
23:21automatique ou manuelle
23:22et fabriquer des petits composants
23:25pour une voiture électrique,
23:26il y a besoin de beaucoup,
23:27beaucoup moins de monde,
23:28même si nous,
23:28on avait vraiment,
23:30je pense à Dumarest,
23:31si nous,
23:31on avait vraiment
23:33tendu vers l'électrique
23:34et qu'on aurait trouvé
23:35des nouveaux marchés potentiels,
23:38on aurait quand même eu,
23:39malheureusement,
23:40je pense,
23:40des réductions d'effectifs.
23:42Donc maintenant,
23:43nous,
23:43ce qu'on attend,
23:44enfin moi,
23:44ce que j'attends,
23:45c'est pour mes collègues
23:46qui devront rester
23:47dans cette entreprise,
23:47c'est qu'elle puisse perdurer,
23:49mais ça,
23:50malheureusement,
23:50j'en suis moins convaincu
23:52et puis pour les autres salariés
23:54qui vont devoir la quitter,
23:56que ça se passe
23:56dans de bonnes conditions,
23:57qu'on parte honorablement
23:59et que l'actionnaire,
24:01il prenne ses responsabilités
24:02parce que,
24:02comme je disais avant,
24:03il a déjà fermé
24:04pas mal d'entreprises,
24:05il a laissé pas mal
24:06de salariés sur le carreau
24:07et ça ne l'empêche pas,
24:08on vient de la prendre
24:09encore cette semaine,
24:10enfin la semaine dernière,
24:11pardon,
24:11ça ne l'empêche pas
24:12de prospecter
24:12et d'aller encore
24:13chercher d'autres entreprises
24:14et au passage,
24:15nous,
24:16on passe en plus de ça,
24:17nous,
24:17on est donc à Strasbourg
24:18mais il a racheté
24:19l'année dernière
24:20sous le nom de Strasbourg
24:24de Dumarais,
24:26il a racheté une entreprise
24:27dans la Loire
24:27à côté de Saint-Etienne,
24:29la chèque Boutéon
24:30et ils sont 300 salariés
24:31et eux aussi,
24:32ils sont concernés,
24:33on l'a aussi appris
24:34la semaine dernière,
24:34ils sont concernés aussi
24:35par une restructuration
24:36mais pas sous forme
24:37d'un PSE,
24:38sous forme de RCC,
24:39rupture conventionnelle collective.
24:41Juste un dernier mot
24:42puisque vous l'avez évoqué
24:44en filigrane tous les deux,
24:46délocalisation,
24:47c'est quand même
24:48la grande mode.
24:49Qu'est-ce qu'on peut faire
24:50au niveau européen
24:51où on dit
24:53souveraineté industrielle,
24:54etc.
24:54Alors qu'est-ce qui court ?
24:56Interdire les délocalisations.
24:59Et le protectionnisme,
25:00c'est-à-dire que quand vous faites
25:02en sorte que ça ne rentre pas
25:03parce que vous mettez
25:04des droits de douane significatifs,
25:06ça veut dire qu'on décide
25:06de produire localement.
25:08Et ça, c'est l'essentiel.
25:09Et aussi, puisqu'on est sur la fin,
25:11aussi témoigner ma totale solidarité.
25:13Et nous, on va se battre.
25:14On va se battre à vos côtés
25:15parce que c'est effectivement
25:17les industries stratégiques
25:18dont nous avons besoin.
25:19Et donc, il faut absolument
25:20qu'on se tienne à côté
25:21des salariés
25:22qui vivent des moments
25:23extrêmement difficiles.
25:24Oui, ça va être compliqué,
25:25très compliqué.
25:27Et malheureusement,
25:29on sait que quand il y a
25:30de la cause sociale,
25:30malheureusement, après,
25:32il y a des répercussions
25:33aussi bien dans les familles
25:35que...
25:36Et ça, on l'a déjà vu.
25:38Mais alors, quand ça se passe ailleurs,
25:39on se dit, bon,
25:40mais quand ça nous concerne directement...
25:42Et moi, je peux vous dire,
25:43je l'ai vu la semaine dernière
25:44parce qu'on a...
25:45Alors ça aussi,
25:46c'est une petite stratégie,
25:47encore une fois, de la direction.
25:49Et c'est une stratégie patronale aussi.
25:51On nous annonce...
25:55Le PSE, bon,
25:56il y avait déjà eu des bruits,
25:57le nombre et tout,
25:58mais les salariés ne savaient pas
26:00directement s'ils allaient être concernés
26:02puisque c'est des secteurs
26:03qui sont concernés.
26:04C'est pas encore nominatif,
26:06mais malgré ça,
26:07on sait que...
26:08On connaît des noms,
26:09bien sûr, on devine.
26:10Et quand ils ont appris vendredi,
26:12il y en a,
26:12ils ont eu les larmes aux yeux
26:13parce que cette stratégie
26:15de la direction,
26:16et moi, je l'ai soulevée
26:17en réunion à la DRA,
26:18j'ai dit, vous avez quand même...
26:19Vous la jouez vraiment fine
26:20parce que vous nous annoncez ça
26:21aujourd'hui, vendredi,
26:22donc vendredi dernier,
26:23et vous nous foutez à la baraque
26:24pendant une semaine,
26:26congé forcé.
26:27Donc les gens,
26:27cette semaine,
26:28ils sont à la maison.
26:29Pas tout le monde,
26:29mais une partie des salariés
26:30et ils gambergent
26:32et ils se posent des questions.
26:33Moi, j'ai déjà eu deux coups de fil
26:34ce matin
26:35parce que les salariés s'inquiètent
26:36et ils ont peur pour leur avenir.
26:39Donc ils se posent la question
26:40est-ce qu'ils vont prendre le plan,
26:41est-ce qu'ils vont prendre le plan,
26:42ça dépend des conditions.
26:43Mais il faut retrouver un travail,
26:45il faut refaire un CV.
26:45Il y en a,
26:46ils ont pour ainsi dire
26:47jamais fait de CV
26:48parce que ceux qui sont là
26:49depuis 30 ans à l'époque,
26:51on trouvait presque du travail
26:52assez facilement,
26:54ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
26:55Et puis repartir à zéro
26:56avec des conditions
26:57qui sont moindres
26:57et tout ça,
26:58c'est compliqué.
26:59C'est compliqué.
27:00Et ça,
27:00ça va malheureusement
27:02se vivre
27:04beaucoup dans les prochains temps.
27:05Alors vous parliez de Duralex,
27:06après Duralex,
27:07ils ont fait une scope,
27:08mais ce n'est pas possible partout
27:10parce qu'il faut faire une scope,
27:11il faut avoir des clients
27:11et nous,
27:12on ne pourrait même pas faire ça
27:13parce qu'on n'a pas les clients.
27:14Merci Marina Mesur,
27:16merci André Dulerry
27:17de nous avoir vraiment
27:18énormément éclairé
27:20sur cette question centrale
27:21sur laquelle on reviendra bien sûr.
27:23Merci à vous
27:25qui nous avez suivis.
27:26A bientôt.
27:26Au revoir.
27:27Merci.
27:27Merci.
27:29Merci.
27:30Merci.

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