00:00Adrien Quatennens doit-il démissionner ?
00:02Il doit partir.
00:03Il le fera ou il le fera pas, je pense qu'il ne le fera pas et je l'espère.
00:07Alors oui, il doit démissionner.
00:09Je ne peux pas répondre de manière aussi simple à cette question.
00:11Moi ce que j'aimerais en fait, c'est qu'Adrien Quatennens non seulement démissionne.
00:15Je pense que oui, je pense que tout le monde s'en sortira mieux comme ça.
00:19Ma réponse est simple, non.
00:21Cette question, elle suscite de plus en plus de réactions chez les sympathisants et les sympathisantes de la NUPES.
00:26Sur Twitter, plusieurs prises de position affluent, si bien que deux camps s'opposent désormais très clairement.
00:32Celles et ceux qui veulent revoir Adrien Quatennens et celles et ceux qui veulent le voir quitter la politique.
00:38Pour rappel, il a été condamné mi-décembre à 4 mois de prison avec sursis pour violences conjugales.
00:43En réaction, la France Insoumise a alors décidé de l'exclure temporairement.
00:47Il devrait donc être de retour en avril 2023 à la condition de suivre un stage de sensibilisation aux violences
00:53faites aux femmes.
00:54Une sanction insuffisante pour au moins un millier de personnes qui demande l'exclusion d'Adrien Quatennens
01:00et dénonce un manque d'exemplarité dans une tribune publiée dans Le Monde.
01:04Pour moi, signer cette pétition, c'est demander à un mouvement de gauche dans lequel je me retrouve,
01:10pour lequel j'ai voté depuis que je suis en âge de voter, de dire que je ne peux pas
01:16en tant que femme,
01:17en tant que femme qui a été victime de violences conjugales, je ne peux pas être représentée par un homme
01:24qui a été condamné pour ces violences-là.
01:27Une gif, c'est très grave.
01:30Et ce qui est très grave aussi, c'est la communication d'Adrien Quatennens qui a eu derrière.
01:35Comment est-ce qu'il parlait de sa femme ?
01:37Comment est-ce qu'il se défendait effectivement sur BFM TV ?
01:41Pour moi, c'est tout ça qui est grave en fait. Et pour moi, c'est comme une seconde gifle
01:45qui est donnée à toutes les femmes victimes au nom de violences conjugales.
01:50Cette tribune s'inscrit dans un contexte de gronde beaucoup plus large puisque depuis plusieurs jours, une grève militante s
01:56'organise.
01:57C'est environ 25 groupes locaux de jeunes insoumis qui annoncent suspendre leurs activités.
02:02Pour Claudine Cordani, activiste écoféministe, ce ne serait qu'un début.
02:06Appartine, c'est un microcosme, c'est une petite société. Il y a des gens d'accord et puis des
02:12gens pas d'accord.
02:13Donc, il y a des gens qui estiment qu'Adrien Quatennens n'a pas fait, entre guillemets, quelque chose d
02:19'aussi grave que ça, sauf que c'est un élu de la République.
02:23Donc, il est tout à fait légitime que des personnes s'expriment parce qu'elles ont voté pour des personnes
02:29de l'ANUX, qu'elles viennent de LFI, de LV, des autres mouvements.
02:35Donc, je crois que quand on a un discours, soit on est raccord et on tient la route, sinon il
02:42va y avoir des insoumises et des insoumis qui vont se manifester.
02:46C'est exactement ce qu'il se passe.
02:48De l'autre côté de la balance, certains affichent leur soutien indéfectible à Adrien Quatennens et militent pour son retour
02:55au plus vite.
02:55Je ne veux pas minimiser les faits, mais on fait quand même une différence entre quelqu'un qui bat sa
03:02femme tous les jours à coups de poing dans la figure qu'une gifle qui a été mise lors d
03:08'un conflit de couple.
03:11Même si la graduation, ça ne plaît pas à tout le monde, il y a quand même une sacrée différence
03:15entre les deux.
03:16La justice est tombée et on veut, contrairement aux valeurs de gauche, condamner un homme à vie pour une gifle.
03:26Je ne sais pas, quand il y a un délinquant qui sort de prison, il a volé.
03:30On ne sait pas bien, il a volé.
03:32Il a fait six mois de prison, quand il sort, il a le droit à la réhabilitation.
03:36Pour défendre Adrien Quatennens, des contre-pétitions voient le jour comme celle-ci.
03:40On y dénonce un féminisme intégriste de lâchage et d'acharnement, une rhétorique bien connue des mouvements féministes.
03:46C'est assez amusant quand même de voir cette rhétorique qui est utilisée contre les féministes et qui est la
03:52même que celle qui est utilisée par la droite ou l'extrême droite.
03:56On a utilisé ces termes de féministe intégriste, de féminazie, on a aussi entendu ça,
04:03et voir nos camarades de la France Insoumise ou parfois même d'autres partis qui se disent progressistes.
04:10Lorsqu'on se voit utiliser cette rhétorique envers nous, on se dit qu'on a perdu quelque chose.
04:15On se dit qu'on s'est coupé d'une partie des militants.
04:18Je ne peux pas militer avec des personnes qui nous insultent.
04:24Et puis avec la relève féministe, on avait déjà eu ce problème-là lors de la marche contre la vie
04:30chère.
04:31C'est-à-dire qu'il y a un militant de Clermont-Ferrand qui est venu nous voir et qui
04:35nous a fait une menace de viol en direct.
04:37C'est-à-dire quelqu'un qui nous a dit « je vais vous retourner deux, trois fois, ça va
04:39vous faire du bien ».
04:40C'est ça qu'on a face à nous.
04:42Enfin, je veux dire, c'est ces personnes-là qui sont face à nous.
04:45Et donc oui, il va y avoir une fracture générationnelle.
04:47Un conflit générationnel, c'est une des raisons qui peuvent expliquer la fracture qui existe au sein de la base
04:53militante de la gauche.
04:54Il y a clairement une histoire de génération parce qu'il y a des « MeToo », c'était il
04:58n'y a pas si longtemps que ça.
05:00Mais ça commence déjà à faire assez pour qu'il y ait toute une génération qui a grandi avec ça,
05:05en fait.
05:06Et ça fait partie de leur valeur, ces trucs-là.
05:08Et de voir que c'est traité par-dessus la jambe comme si c'était un truc pas grave,
05:12en disant « oui, d'abord on va protéger le camarade Adrien, et puis bon, c'est qu'une gifle,
05:19machin ».
05:19Ce n'est pas audible pour les jeunes.
05:21Un argument pourtant sèchement balayé par Laurent Mauduit.
05:24Ceux qui défendent Adrien Catena, ce n'est pas parce qu'ils sont à l'ancienne.
05:28Ceux qui sont à l'ancienne et qui sont pour une société patriarcale, déjà ils ne sont pas à la
05:33France insoumise.
05:33Et si l'affaire Catenins était le fruit d'une manigance politicienne ?
05:38C'est en tout cas l'argument de certains militants.
05:40Alors que la France insoumise a opéré quelques changements dans sa direction,
05:44ils y voient une manière pour les rejeter du groupe, comme Clémentine Autain,
05:48le couple Garido Corbière ou encore François Ruffin, d'utiliser cette affaire comme un tremplin politique.
05:53Il y a des gens qui instrumentalisent Catenins, le cas Catenins,
05:57de façon à détruire la nuque, même à l'intérieur de la fille.
06:06Il y a des individualités qui se servent de ça pour avancer leur pion.
06:14Une chanson qui serait entonnée par Jean-Luc Mélenchon lui-même.
06:18Mélenchon, t'es avec lui ou contre lui ?
06:20Si t'es contre lui, tu l'as trahi.
06:22Si tu l'as trahi, c'est qu'il y a un complot, c'est qu'il y a un
06:25truc comme ça.
06:25Il est très comme ça, quoi.
06:27Donc c'est pas illogique que ce soit même cette rhétorique-là,
06:32elle soit transmise auprès de militants.
06:34Donc ce sentiment de forteresse assiégée.
06:36Cette théorie coplutiste, et bien les mouvements féministes y sont tristement habitués,
06:40c'est ce qu'explique Marie Coquille-Chambelle.
06:42Ce serait les sympathisants de Clémentine Autain qui…
06:47Ok.
06:49En fait, c'est toujours la même chose.
06:51C'est-à-dire qu'on avait le cas aussi par rapport à Julien Bayou et Sandrine Rousseau.
06:55C'est-à-dire qu'à chaque fois, dans des accusations de violences sexuelles,
06:59on va partir du principe qu'il y a un complot féministe.
07:02Et le premier complotisme pour moi en France, c'est celui qui touche les victimes de violences sexuelles.
07:07Parce que toujours, les victimes vont porter plainte pour l'argent, porter plainte pour leur carrière,
07:13vouloir détruire la carrière de quelqu'un.
07:14On est toujours sur ce cas de figure-là.
07:16Donc ça ne m'étonne pas.
07:18Et que répondre, si ce n'est que…
07:20En fait, nous, en tant que militantes féministes, on essaye juste de faire en sorte
07:24qu'il n'y ait plus d'auteurs de violences conjugales ou de violeurs en politique.
07:30C'est la seule chose qu'on souhaite faire.
07:32Quoi qu'il en soit, l'affaire Catenins provoque des remous, mais elle pose aussi de nombreuses questions.
07:37Dans ce contexte de tensions et de prises de positions qui paraissent parfois irréconciliables,
07:42quel peut être l'avenir de la NUPES ?
07:44Laurent Nunanta, lui, est inquiet de la désertion des militants
07:47si jamais le député du Nord est mis à la porte.
07:50Leur combat, c'est un combat politique sur l'égalité, l'équité, la justice, la pluralité.
08:00Et que le combat ultra-féminisme arrive à occulter tout le reste, fait qu'il y a des gens qui
08:14se mettent en retrait.
08:15Ça, ça m'inquiète un peu.
08:17Après, si la NUP disparaît, il y aura un autre mouvement de gauche.
08:23Les gens qui sont de gauche restent de gauche.
08:25De l'autre côté, on s'inquiète aussi de l'avenir de ce jeune mouvement.
08:29Quand on prononce des discours, mais qu'on n'est pas capable d'appliquer les choses, il y a un
08:33vrai problème.
08:34Nos sociétés n'avanceront pas tant que ce sera le cas.
08:37Et donc là, Jean-Luc Mélenchon a un vrai choix à faire.
08:42La portée de la décision de Mélenchon vis-à-vis de l'affaire Quatennens, ça peut avoir des portées sur
08:48la NUP, c'est au-delà.
08:49Ce serait vraiment dommageable pour la gauche en ce moment qu'il se passe ce genre de choses.
08:55Il y a quelque chose à créer maintenant.
08:57Faites mieux.
08:59Non seulement on va faire mieux, mais avec d'autres personnes, je pense.
09:02C'est parti.
09:04C'est parti.
09:06C'est parti.
09:08C'est parti.
09:10C'est parti.