00:00La loi immigration, elle m'a fait très peur, parce que, sans vouloir faire de l'humour,
00:06c'est un peu comme si tu attaquais l'Himalaya en short et en basket.
00:09L'entrée du jour, tartare de rouge et gondin à la moutarde de provins parfumé à la rose.
00:13Je viens d'y goûter, j'ai rajouté du sel et un peu de citron.
00:16Ça manquait de citron, il avait oublié le citron.
00:18Plat du jour, traditionnel pot au feu.
00:20Alors, traditionnel pot au feu, ça veut dire qu'on forme des gens,
00:23on met un paquet d'argent, quelle que soit leur origine, pour la formation et pour l'apprentissage.
00:28Et puis, parce qu'il devient majeur, il faut s'en séparer.
00:32Alors qu'il a une feuille de paye, qu'il a un numéro de sécurité seul, qu'il a tout,
00:36qu'il participe à la recette fiscale et sociale.
00:39Et donc, du jour au lendemain, on dit, ben non, il ne peut pas rester chez vous.
00:43Alors, on se bat pour qu'il soit effectivement régularisé, on le soutient, on l'aide.
00:47Mais ce n'est pas du travail en noir, parce que les détracteurs de cet article 3,
00:52parce qu'on parle de celui-là, c'est pour ça que j'aurais aimé que cet article 3
00:56soit complètement sorti de la loi immigration, parce qu'on a tout mélangé comme ça.
01:00Et ce n'est pas bon, parce que d'un côté, il y a la régularisation des gens
01:04qui travaillent déjà dans les entreprises, qui sont déclarés.
01:07Et puis de l'autre côté, il y a le travail en noir.
01:09Et ça, le travail en noir, c'est grave.
01:17La France, moi, je pense que c'est un pays qui accueille beaucoup d'immigration
01:21plus que tous les pays du monde.
01:24Donc, vu que j'ai entendu qu'il va commencer à refuser les gens
01:27ou de dire que les gens ne peuvent pas avoir de l'aide médicale pour soigner là-bas,
01:31j'étais étonné un peu, parce que je sais que c'est l'un pays qui demande les droits de
01:35l'homme.
01:35Donc, ma maman, quand on dit le droit de l'homme, tout le monde doit avoir...
01:39Peu importe que tu viennes, il doit t'attaquer quand même.
01:42Mais je peux dire que certains aussi viennent et font des choses qui n'est pas bonnes.
01:47Ce n'est pas bon aussi pour les gens qui viennent pour faire du mal des autres.
01:51Je suis contre ça aussi.
01:54Estée, tu lui donnes ça, chef ?
01:56Oui, merci.
01:57Merci beaucoup, mon grand.
01:58Tu peux servir les gens avec ça ?
02:00Il ne peut pas t'oublier toute sa vie, parce que si tu as faim, tu ne peux rien faire
02:04dans la vie.
02:05Donc, du coup, tous les bonheurs qui viennent après, ça vient de manger d'abord.
02:09Après, ils font cuisine ?
02:10Non, parce que c'est le plantier-retrait, ça fait partie.
02:15Quel que soit de lui vienne, c'est un investissement.
02:17Mais si on forme bien un apprenti, la deuxième année, il équivaut à un comité de cuisine.
02:23Tous les travailleurs sans papiers ou en cours de régularisation, ça se trouve qu'on revient passer avec eux.
02:27C'est des gens qui ont faim.
02:29Je veux dire, ils ont envie de se battre.
02:30Et donc, c'est des très bons travailleurs en général.
02:35Quatre poteaux-feux, un rognon à poing, une truite frite.
02:39Elle est frite, la truite.
02:41Ils ne peuvent pas faire de corrélation, je le dis souvent, entre chômage et immigration.
02:46On va donner deux exemples très vite.
02:485,2 chômeurs en Allemagne, avec plus d'émigrés que nous, 10 millions d'émigrés.
02:53Donc, moins de chômage, plus d'émigrés.
02:55Donc, ce n'est pas le sujet.
02:56Alors, certains disent, oui, mais il faut baisser le RSA, il faut baisser tout ça.
03:00C'est en mettre tout le monde dans la misère.
03:20Dans les grands restaurants, il n'y a pas que des têtes blondes.
03:23Il y a aussi des gens qui ont été formés dans des restaurants comme moi.
03:26Et parce qu'on les a formés à tout faire maison, ils ont une connaissance de la matière première,
03:32de l'alchimie de la cuisine qui fait qu'ils peuvent aller où ils veulent.
03:36Et on les a formés.
03:37L'État français les a formés.
03:44La loi immigration, elle m'a fait très peur parce que, sans vouloir faire de l'humour,
03:50c'est un peu comme si tu attaquais l'Himalaya en short et en basket.
03:54Mais en aucun cas, elle va résoudre le problème.
03:57Elle va abîmer des gens.
03:59Elle peut abîmer des gens plutôt que reconstruire quelque chose.
04:08J'aimerais bien participer.
04:10Mais par rapport à mon planning, je travaille toute la week-end, samedi, dimanche jusqu'à 23h.
04:16Je ne peux pas participer, mais quand même, je suis avec elle.
04:20Parce que même si je ne suis pas là, je sais qu'on est tous la même bête.
04:26Donc du coup, je suis là-bas toujours.
04:28Dans mon tête, dans mon esprit, je suis avec elle.
04:32Je suis là-bas, je suis là-bas, je suis là-bas, je suis là-bas.