00:00 La loi immigration m'a fait très peur,
00:03 parce que, sans vouloir faire de l'humour,
00:06 c'est un peu comme si tu attaquais l'Himalaya en short et en basket.
00:10 L'entrée du jour, tartare de rouget, gondin, la moutarde de provins parfumée à la rose.
00:14 Je viens d'y goûter, j'ai rajouté du sel et un peu de citron.
00:17 Ça manquait de citron, il avait oublié le citron.
00:19 Plat du jour, traditionnel pot au feu.
00:21 Alors, traditionnel pot au feu, ça veut dire qu'on forme des gens,
00:24 on met un paquet d'argent, quelles que soient leurs origines,
00:27 pour la formation et pour l'apprentissage.
00:29 Puis, parce qu'il devient majeur, il faut s'en séparer.
00:33 Alors qu'il a une feuille de paye, qu'il a un numéro de sécurité seul, qu'il a tout.
00:36 Qu'il participe à la recette fiscale et sociale.
00:40 Et donc, du jour au lendemain, on dit "bah non, il ne peut pas rester chez vous".
00:43 Alors, on se bat pour qu'il soit régularisé, on le soutient, on l'aide.
00:48 Mais ce n'est pas du travail au noir,
00:50 parce que les détracteurs de cet article 3,
00:53 parce qu'on parle de celui-là, c'est pour ça que j'aurais aimé
00:55 que cet article 3 soit complètement sorti de la loi immigration,
00:58 parce qu'on a tout mélangé comme ça.
01:00 Et ce n'est pas bon, parce que d'un côté, il y a la régularisation des gens
01:04 qui travaillent déjà dans une entreprise, qui sont déclarés.
01:07 Et puis de l'autre côté, il y a le travail au noir.
01:09 Et ça, le travail au noir, c'est grave.
01:11 Je pense que c'est un pays qui a accueilli beaucoup d'immigrations,
01:22 plus que tous les pays du monde.
01:24 Donc, vu que j'ai entendu qu'ils allaient commencer à refuser les gens
01:28 ou de dire que les gens ne pouvaient pas avoir de médicales pour soigner,
01:31 je suis un peu étonné.
01:33 Parce que je sais que c'est un pays qui demande les droits de l'homme.
01:36 Normalement, quand on dit droits de l'homme, tout le monde doit avancer.
01:39 Peu importe que tu viennes, ils doivent t'attaquer quand même.
01:42 Mais je peux dire que certains aussi viennent et font des choses qui ne sont pas bonnes.
01:47 Ce n'est pas bon aussi.
01:48 Pour les gens qui viennent pour faire du mal aux autres,
01:51 je suis contre ça aussi.
01:54 Esté, tu lui donnes sa chèvre ?
01:56 Oui, laisse.
01:57 Merci beaucoup, mon grand.
01:59 Tu peux servir les gens avec ça.
02:01 Ils ne peuvent pas t'oublier toute sa vie.
02:03 Parce que si tu as faim, tu ne peux rien faire dans la vie.
02:06 Donc, du coup, tous les bonhommes qui viennent après,
02:08 ils viennent manger d'abord.
02:10 Pourquoi il ferme la cuisine ?
02:11 Non, parce que c'est le noir.
02:12 Quand il reprend, ça fait partir.
02:14 Quelque soit le bien, c'est un investissement.
02:17 Mais si on forme bien un apprenti,
02:20 la deuxième année, il équivaut à un comité de cuisine.
02:23 Tous les travailleurs sans papiers ou en cours de régularisation,
02:26 ça se passe toujours bien avec eux.
02:28 Ce sont des gens qui ont faim.
02:29 Ils ont envie de se battre.
02:31 Ce sont de très bons travailleurs en général.
02:33 Quatre poteaux feu, un rognon à poing, une truite frite.
02:39 La truite, elle est frite.
02:41 Ils ne peuvent pas faire de corrélation, je le dis souvent,
02:43 entre chômage et immigration.
02:46 On va donner deux exemples très vite.
02:48 5,2 de chômeurs en Allemagne,
02:51 avec plus d'émigrés que nous, 10 millions d'émigrés.
02:53 Donc moins de chômage, plus d'émigrés.
02:55 Ce n'est pas le sujet.
02:56 Certains disent qu'il faut baisser le RSA,
02:59 il faut baisser tout ça.
03:00 C'est en mettant tout le monde dans la misère.
03:02 C'est moi, chouchou.
03:17 Oui.
03:18 Ça marque un Z, quelqu'un.
03:20 D'accord.
03:21 Dans les grands restaurants, il n'y a pas que des têtes blondes.
03:24 Il y a aussi des gens qui ont été formés dans des restaurants comme moi.
03:27 Et parce qu'on les a formés à tout faire maison,
03:29 ils ont une connaissance de la matière première,
03:33 de l'alchimie de la cuisine,
03:34 qui fait qu'ils peuvent aller où ils veulent.
03:37 Et on les a formés, l'État français les a formés.
03:45 L'émigration m'a fait très peur.
03:47 Parce que, sans vouloir faire de l'humour,
03:50 c'est un peu comme si tu attaquais l'Himalaya en short et en basket.
03:54 Mais en aucun cas, elle va résoudre le problème.
03:57 Elle va abîmer des gens.
03:59 Elle peut abîmer des gens, plutôt que reconstruire quelque chose.
04:02 J'aimerais bien participer.
04:10 Mais par rapport à mon planning,
04:12 je travaille tout le week-end,
04:13 samedi, dimanche, jusqu'à 23h.
04:15 Donc je ne peux pas participer,
04:18 mais quand même, je suis avec eux.
04:20 Parce que, même si je ne suis pas là,
04:22 je sens qu'on est tous la même bite.
04:26 Donc je suis là-bas toujours.
04:28 Dans ma tête, dans mon esprit, je suis avec eux.
04:31 Je suis avec eux.
04:33 [Bruit de la foule]
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