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  • il y a 8 heures
À 30 ans et 4 albums à son actif, la rappeuse suisse KT Gorique est l'une des pépites qui va se produire devant le public de la Fête de l'Humanité. Quelques semaines avant son show, l'artiste se confie à l'Humanité.

Comment définissez-vous votre style musical ?

Je dirais que c'est une musique hybride, parce qu'il y a une idée de fusion de genres dans mon projet entre la musique rap, la musique reggae et la musique africaine . C'est essentiellement au niveau du choix des instruments, et de la forme que je souhaite amener à des morceaux de rap. J’essaie de puiser dans les racines de ce qui m’a fait aimer la musique pour tenter de créer un pont et de rendre ça moderne, d’où l’idée de futur-roots. La volonté de créer une contradiction équilibrée. 

En tant qu’artiste et figure du rap helvétique, quel regard portez-vous sur la culture rap française ?

La Suisse romande en particulier, a toujours été très influencée par le rap de France, parce qu'on est francophone, donc forcément on en écoute beaucoup, et on connaît plein d'artistes français. Notre différence vient de nos influences comme la Suisse est un pays multiculturel. 
Je pense qu'une des différences que l'on a au niveau de notre scène, c'est le fait d'avoir une oreille habituée à écouter de la musique dans une autre langue, on est aussi beaucoup influencé par le rap américain, anglais et allemand. 
Je pense qu'on a quelque chose d'un peu américain dans l'approche et dans la posture. Je pense que c'est ce qui différencie la scène suisse, mais elle a toujours été inspirée, bien sûr, par le rap français.  

Vous êtes une artiste complète, actrice, danseuse de hip-hop, auteure de tous vos textes, vous composez vos instrumentales et vous participez aux décors visuels de vos clips, que vous reste-t-il à découvrir ?

La musique que je compose va avec un univers complet, c'est pour ça que j'aime bien toucher à tout ce qui se rapporte à cet univers. Je crois qu'il n'y aura jamais de fin à cette créativité, et qu'il y aura toujours une nouvelle chose que j'aurais envie d'explorer, une touche en plus, que je vais vouloir apporter à mes projets. Donc, finalement je pense que je serai toujours intéressée dans le fait d'apprendre de nouvelles choses, et aussi aller chercher toujours ce petit truc en plus qui manque.

Au début du confinement, en mai 2020, vous avez réuni virtuellement 19 rappeuses de différents pays sur un même morceau, que retenez-vous de cette expérience ? C’était aussi une manière de garder du lien avec d'autres artistes et votre public ?

C'était à l'origine un petit projet pour les réseaux sociaux. Histoire de partager quelque chose entre nous les artistes et puis les fans de rap, même si on était à distance, donc pour moi c'était vraiment un projet participatif. J'ai demandé à mes abonnés sur Instagram de voter pour les artistes qu'ils voulaient voir dessus. On était 19, donc je m'imaginais qu'il y aurait un peu plus de partages que d'habitude, mais je ne m'attendais pas du tout à

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Transcription
00:00Participer à la fête de l'UMA, j'ai tellement hâte, je suis tellement fière, je suis tellement contente parce
00:04que c'est déjà un festival très important,
00:08qui est très connu même pour moi qui ne suis pas une artiste française.
00:13Et justement en tant qu'artiste francophone mais qui vit en Suisse, c'est encore plus une fierté pour moi
00:20de me dire que je suis programmée sur cette scène.
00:23On est juste super impatients et on a trop trop hâte de rencontrer le public de la fête de l
00:29'UMA.
00:30On est trop contents.
00:36Je dirais d'abord que c'est une musique hybride parce qu'il y a une idée de fusion de
00:41genres en fait dans mon projet,
00:43entre la musique rap, la musique reggae, la musique africaine, surtout essentiellement au niveau du choix des instruments
00:52et de la forme que je vais amener en fait à des morceaux de rap.
00:58Ce qui peut avoir une certaine originalité en fait parce que je vais essayer d'aller puiser dans les racines
01:05de ce qui m'a fait aimer la musique
01:07pour essayer de créer un pont et de rendre ça moderne en fait.
01:10D'où l'idée de future roots.
01:13C'est un peu l'idée de créer une contradiction équilibrée.
01:25La Suisse romande en particulier a toujours été très influencée par le rap français de France
01:31parce qu'on est francophone donc forcément on en écoute beaucoup, on connaît plein d'artistes français.
01:37On a autant baigné dans la culture rap française que le public de France mais je pense qu'il y
01:46a quelque chose qui est quand même assez différent dans nos influences et dans notre manière d'écouter la musique.
01:50Parce que comme la Suisse c'est un pays multiculturel, je pense qu'une des différences qu'on a au
01:58niveau de notre scène,
02:00c'est le fait d'avoir une oreille habituée à écouter des musiques dans une autre langue.
02:07On est aussi beaucoup influencés par le rap américain en fait, par les anglais, par les allemands, par d'autres
02:13raps en langue latine comme rap italien, etc.
02:17Ce qui fait que je pense qu'on a quelque chose d'un peu ricain comme on dit, d'un
02:24peu américain dans l'approche pure en fait de la musique rap et de la culture hip hop.
02:31Du coup je pense que c'est ce qui différencie la scène suisse mais elle a toujours été inspirée bien
02:37sûr par le rap français et le rap habitué.
02:45Pour moi la musique que je propose en fait va avec un univers complet, c'est pour ça que j
02:50'aime bien toucher à tout ce qui se rapporte à cet univers en fait.
02:56Pour moi c'est un peu naturel, donc je crois en fait qu'il n'y aura jamais de fin
03:00à cette créativité,
03:01qu'il y aura toujours en fait une nouvelle chose que j'aurais envie d'explorer, une touche en plus
03:08nouvelle que je vais vouloir apporter à mes projets.
03:10Donc finalement je pense que je serai toujours intéressée à apprendre de nouvelles choses et à connaître de nouvelles choses
03:17et à aussi aller chercher toujours ce petit truc en plus qui me manque en fait.
03:28C'était pour moi vraiment un petit projet en fait axé pour les réseaux sociaux histoire de partager un peu
03:36quelque chose
03:37même si entre nous les artistes et puis les fans de rap, même si on était à distance.
03:42Donc pour moi c'était vraiment un projet participatif en fait.
03:45J'ai demandé à mes abonnés sur Instagram de voter pour les artistes qui voulaient voir dessus etc.
03:50Donc puisqu'on était 19 bien sûr que je m'imaginais qu'il y aurait un peu plus de partage
03:55que d'habitude
03:55mais je ne m'attendais pas du tout à l'engouement et à quel point en fait ce projet est
04:03allé loin,
04:05à quel point il a été relayé.
04:07Je suis même passée en direct au journal de la RTS ici en 6, comme la chaîne principale quoi.
04:14On est passée sur MOVE, le morceau qui a tourné sur certaines chaînes de radio alors qu'il est même
04:22pas, il est gratuit.
04:24C'était quelque chose de fait vraiment avec le cœur juste dans le but de partager.
04:28Et ça, ça m'a vraiment motivée parce que ça a eu du sens pour le public, ça a eu
04:32du sens pour nous.
04:33Les artistes ont créé un lien donc ça m'a donné envie d'en faire un deuxième.
04:36J'en ai fait un deuxième par après, je compte en faire un autre cette année et pourquoi pas un
04:42par année jusqu'à pendant très longtemps, j'espère.
04:51Je pense qu'on a eu une chance à notre époque, c'est justement de pouvoir être connecté par les
04:57réseaux sociaux.
04:58Parce que pour moi et pour plein de mes collègues artistes, rappeurs, rappeuses, ça a été vraiment le radeau auquel
05:08on allait s'accrocher.
05:10Parce qu'on ne pouvait plus avoir de lien direct avec le public alors que c'est là qu'on
05:14a le sens de tout notre travail.
05:15Donc le fait de pouvoir avoir les réseaux sociaux, ça nous a permis en tout cas à moi d'essayer
05:22de développer des idées pour garder cette créativité
05:25et continuer à pouvoir proposer une alternative à mon travail qui est d'aller à la rencontre des gens, de
05:33leur faire plaisir, de partager des émotions avec eux,
05:36en créant des concepts spécialement axés avec cette contrainte du « on n'est pas en face les uns des
05:43autres ».
05:43Donc ça nous a permis de toujours garder un lien virtuel via le téléphone entre nous et le public.
05:53Et c'était important à ce moment-là d'avoir ça en fait.
05:58» Pompkine«

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