00:00Pour les violeurs, la condamnation existe la Libye au Panthéon !
00:05Pour les violeurs, la condamnation existe la Libye au Panthéon !
00:11Les histoires sont écrites par des hommes, donc là on rappelle qu'effectivement il y a une femme qui mérite
00:16d'entrer au Panthéon
00:18et on aimerait vraiment, on a été aussi un petit peu déçus par la façon dont Emmanuel Macron a été
00:23absent
00:24ou même le gouvernement dans son ensemble a été relativement discret, c'est peu de le dire, lors des obsèques
00:31de Gisèle Halimi
00:32et donc rappeler qu'effectivement c'est une héroïne de la nation qui a œuvré énormément sur des questions de
00:39droits des femmes,
00:40droits des homosexuels également et puis un combat aussi contre la colonisation en Algérie qui est tout à fait remarquable
00:48et en particulier sur les droits des femmes, sur la reconnaissance du viol, sur le procès de Bobigny qui a
00:53permis l'accès à l'IVG,
00:55ce serait vraiment un signal très fort envoyé aux femmes de faire rentrer Gisèle Halimi au Panthéon !
01:02Panthéonisation, héroïne de la nation !
01:04C'est une date très particulière parce que c'est la date de l'anniversaire du procès de Bobigny,
01:08procès qui a été majeur dans l'avancement de la cause des femmes et l'écoute notamment de la souffrance
01:13faite aux femmes,
01:14procès dont la typographie a quand même été extraordinairement représentative de l'injustice
01:19vécue par les femmes dans les hôpitaux, dans le sens où les magistrats demandaient « mais qu'est-ce qu
01:23'un spéculum ? »
01:24ce qui prouvait notamment leur incompétence à pouvoir juger des affaires qui considéraient littéralement le ventre et le corps d
01:30'une femme,
01:30ce que Gisèle Halimi a su mettre en évidence durant ce procès et pour lequel elle s'est démontrée absolument
01:38exemplaire
01:38et a été une porte-parole, je pense, de l'intégralité des femmes de la planète qui revendiquent le droit
01:45de pouvoir décider
01:48et faire ce qu'elles veulent de leur corps et notamment de leur envie ou non de maternité.
01:53Grâce au combat de maître Halimi, le violent réunion que j'ai subi lorsque j'étais mineure a été jugé
01:59à Paris en 1985 en cours d'assise.
02:03Alors sans le savoir, quand j'ai refusé le huis clos dans le bureau du juge d'instruction en 1984,
02:09sans le savoir, je répondais à son appel lorsqu'elle a demandé aux victimes de viol de refuser le huis
02:17clos.
02:18Je n'étais pas au courant, moi, à l'époque, qu'elle l'avait demandé.
02:21Mais tout ça a pris un sens très fort et je la remercie encore de m'avoir permis d'être
02:28devenue, malgré moi,
02:29la première mineure en France qui refusait le huis clos parce qu'en fait, elle était avocate, moi, j'étais
02:36simple mineure.
02:37Mais nous avions chevillé au corps ce sentiment de justice très fort car, bien sûr qu'il faut en parler,
02:46les grandes portes des tribunaux, toutes ouvertes, car ce n'est pas à nous d'avoir honte.
02:51La société doit le savoir et si elle le sait, si elle sort du déni, elle pourra mieux épauler, accompagner
02:57les victimes de viol,
02:58car malheureusement, il y en aura d'autres.
03:00Aujourd'hui en France, on estime que 94 000 femmes sont victimes de viol ou de tentatives de viol.
03:08Le viol est un crime que c'est extrêmement traumatisant, c'est vraiment une forme de petite mort.
03:14Enfin, vraiment, les femmes sont des survivantes de violences sexuelles en plus à faire face à une justice qui est
03:21défaillante aujourd'hui
03:21et qui ne leur rend pas justice.
03:23Et donc, c'est pour ça que nous voulons continuer le combat de Gisèle Halimi et de rappeler que la
03:28honte doit changer de camp.
03:30Ça, c'est extrêmement important pour que les femmes parlent, les femmes sont en train de commencer à parler.
03:36Et maintenant, il va falloir que la justice fasse son autocritique parce qu'on n'est vraiment pas très loin
03:41du procès d'Aix de 1978
03:43où, je disais à Halimi, comme les accusés, avaient été insultées, malmenées, frappées, crachées au visage.
03:52Et on leur avait même justifié le viol parce qu'elles étaient lesbiennes et que, clairement, on essayait de les
03:58remettre dans le droit chemin.
03:59C'est ce qu'on appelle un viol correctif de lesbiennes.
04:02C'était inacceptable en 1978.
04:03Ça doit l'être aujourd'hui et aujourd'hui, la justice doit réagir pour que cesse cette culture du viol
04:10dans les prétoires.
04:14Ce sont des femmes qui ont justement œuvré, lutté, combattu pour que des droits nous soient reconnus,
04:23que nous ayons le droit de porter plainte pour un acte qui est un crime.
04:31Ça n'est plus un délit, c'est un crime.
04:33Donc, ça prend tout son sens.
04:35Nous sommes devant le Panthéon.
04:36Nous réclamons à ce qu'elles soient comme les cinq autres femmes, dont Simone Veil,
04:41pour qu'elles entrent au Panthéon.
04:43Et nous sommes justement face à la faculté de droit.
04:46Donc, ça a un sens évident pour nous.
04:49Merci.
04:50Merci.
04:52Merci.
04:56Merci.
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