- il y a 2 jours
Soirée de solidarité pour la libération de Julian Assange à la Fête de l'Humanité.
Avec Stella Morris, avocate et compagne de Julian Assange, Antoine Vey, avocat, Pierre Laurent, sénateur PCF, Eva Joly, ancienne députée européenne EELV Animé par Lina Sankari, journaliste à l'Humanité.
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NewsTranscription
00:00Bonsoir à tous, donc bienvenue à cette soirée de mobilisation pour la libération de Julian Assange.
00:05Nous sommes à l'agora de la fête de l'humanité et cette soirée, comme je le disais, est retransmise
00:10sur le site de l'humanité et sur les réseaux sociaux.
00:13Et j'espère que le message lui parviendra.
00:17Chère Julian, cette soirée t'es dédiée.
00:19Et ce soir on prend le temps, le temps de s'arrêter sur Julian Assange d'abord.
00:24Journaliste, fondateur de Wikileaks, comment en est-on arrivé là ?
00:28A cet acharnement d'un pays, les Etats-Unis, d'une justice britannique inféodée et disons-le à une marginalisation
00:36médiatique d'autant plus inquiétante que toute la presse devrait s'intéresser à celui auquel son sort est suspendu.
00:43Petit retour en arrière.
00:45En 2010, une analyste militaire au sein de l'armée américaine Chelsea Manning transmet des milliers de documents classés secret
00:53défense à Wikileaks.
00:55Parmi ces fichiers, une vidéo d'une violence terrible qui provoquera un choc mondial.
01:01On y voit le vrai visage de l'expédition américaine en Irak.
01:05Un crime de guerre.
01:06Un hélicoptère qui ouvre délibérément le feu sur des civils dans une jouissance morbide.
01:12Cette guerre, comme celle de l'Afghanistan, elle est menée au nom des citoyens américains.
01:17Au nom de la démocratie aussi.
01:19Et les révélations de Wikileaks revêtent donc une importance cruciale, comme en atteste la terreur qui s'est emparée du
01:26gouvernement états-unien et la fureur qui s'est déployée contre Julian Assange, accusée d'être proche du Kremlin et
01:33de servir les intérêts russes.
01:35Après avoir trouvé refuge pendant 7 ans dans l'ambassade équatorienne de Londres, dans des conditions terribles où il est
01:42désormais avéré qu'un plant avait été constitué pour l'empoisonner, le kidnapper,
01:47il est aujourd'hui incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarch, dans un état de santé dégradé et
01:53attend une hypothétique extradition vers les Etats-Unis où il risque 175 ans de prison.
01:59En janvier, la justice britannique décide de le maintenir en détention, mais à peine investie, le président Biden, qui se
02:06targue pourtant de vouloir constituer de grandes alliances démocratiques contre d'autres pays,
02:11décide de faire appel de cette décision et de réclamer son extradition.
02:15L'affaire est désormais entre les mains de la Cour de justice qui devrait examiner le dossier fin octobre.
02:21Nous connaîtrons alors les raisons de l'appel déposé par les Etats-Unis et s'ils sont autorisés à le
02:27faire.
02:27Ensuite, il faut prendre le temps de s'arrêter sur les conséquences de cette procédure sur la liberté d'expression
02:33et le journalisme d'investigation.
02:35Si Julian Assange était finalement extradée et condamnée, cela signifierait que toutes les attaques sont désormais possibles à l'encontre
02:42de ce droit fondamental à l'information
02:45et sur le statut des lanceurs d'alerte. Cela reviendrait à criminaliser le journalisme.
02:51Julian Assange est accusé d'avoir exercé son métier, d'avoir informé les citoyens, d'avoir fait la lumière sur
02:57les crimes de guerre, la torture, les enlèvements,
02:59les disparitions, des scandales de corruption, des fraudes fiscales, des mensonges d'Etat et des atteintes aux droits fondamentaux.
03:06Accusé d'avoir révélé des affaires commises en notre nom, mais à notre insu. Pour cela, il a mis en
03:12jeu sa propre liberté et même sa vie.
03:15Il a été calomnié afin de détourner l'attention du public, déshumanisé par l'isolement.
03:20Accusé d'avoir reçu des documents fournis par une source, de les avoir gardés afin de les divulguer au public.
03:27Ces charges peuvent donc s'appliquer à n'importe quel journaliste.
03:31Pour en parler avec nous ce soir, Stella Maurice, avocate et compagne de Julian Assange. Bonsoir.
03:38Bonsoir.
03:44Antoine Vey, avocat français du journaliste.
03:51Eva Joly, magistrate et ancienne députée européenne.
03:59Pierre Laurent, sénateur et ancien secrétaire national du PCF.
04:06Et Anthony Bélanger, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes.
04:15Ma première question sera pour vous, Stella Maurice.
04:18Avant d'évoquer le combat pour la libération, permettez-moi de vous demander comment va Julian?
04:24Et ma deuxième question, vous dites que les pouvoirs qui se déploient contre lui, vous et vos enfants, sont impitoyables
04:30et qu'ils ne connaissent aucune limite.
04:32Pouvez-vous décrire les menaces qui pèsent contre vous?
04:49Je reçois beaucoup cette question concernant la comment va Julian Assange et ce qu'on voulait dire de lui répondre.
04:58parce que, évidemment, il ne va pas bien.
05:01Excusez-moi.
05:02Je reçois beaucoup cette question concernant la santé de Julian Assange.
05:05C'est difficile d'y répondre car, évidemment, il ne va pas bien.
05:10Julian's been in Belmarsh prison since the 11th of April 2019.
05:16Il est en prison depuis le 11 avril 2019.
05:25Et il n'y est pas pour un temps défini, il y est de manière indéfinie dans le temps.
05:36Et il y est parce que les États-Unis abusent de leur système légal pour le garder en prison.
06:09Les charges contre lui sont absurdes.
06:12Il n'y a aucun fondement.
06:13C'est un cas politique.
06:15Ce qui peut être une bonne chose parce qu'on peut arrêter, si on arrive à faire comprendre que c
06:20'est un cas politique, qu'on peut arrêter cet acharnement.
06:23Mais je dois dire que Julian est un combattant.
06:26Et il est l'un des plus fortes personnes que j'ai jamais rencontré.
06:31Et il me donne la force pour combattre.
06:34Et le fait qu'il a survécu cette longueur est un témoignage à sa strength, sa strength inner.
06:42Mais c'est difficile.
06:44Ce qui lui donne son spirit de combattant, c'est le fait qu'il est sur le côté droit de
06:51l'histoire.
06:52Mais aussi l'incredible et de soutien qu'il y a pour lui.
06:59Julian est un combattant, une des personnes les plus fortes que j'ai rencontrées dans ma vie.
07:03Il me donne énormément de force.
07:05Il a cette force car il sait qu'il est sur le bon côté de l'histoire.
07:09Mais aussi grâce à toutes les personnes qui le soutiennent à travers son combat.
07:14Il est sur le côté droit de l'histoire.
07:17Et je dis ça parce que nous sommes sur la fin de un anniversaire très important.
07:24Et en quelque sorte c'est un anniversaire qui a l'étre de Wikileaks.
07:28C'est le 11 de septembre de l'attache.
07:31Wikileaks est née de la idée de Julian de l'exposition.
07:36C'est ce qui s'est passé, ce qui s'est dérugé par ces attaques,
07:42c'était le débrouillement du système d'égalité internationale et de la corruption
07:51d'un système d'égalité internationale qui défendait les droits humains.
07:58Et en tout cas, systématiquement torturés, engagés dans des guerres illégales
08:06qui ont tué centaines de milliers et créé des grandes déplacements de gens
08:13avec des effets incroyablement graves dans les derniers 20 ans.
08:22Il est sur le bon côté de l'histoire et on va bientôt célébrer un anniversaire important,
08:27l'anniversaire d'une manière de la naissance de Wikileaks le 11 septembre 2001
08:32avec le changement que ça a créé dans l'ordre mondial
08:35et la capacité d'un pays à détourner toutes les règles internationales
08:41censées défendre les droits humains pour causer des centaines de milliers de morts,
08:45des déplacements, des attaques illégales.
08:49Julian est peut-être la personne qui a fait le plus pour exposer la guerre sur le terror.
08:57Il a écrivait des exemples concrets de torturés, d'illégales, de criminalité
09:05par les États-Unis et d'autres.
09:08Et ce qui se passe à lui, c'est important de comprendre dans le grand public.
09:14Julien est peut-être la personne qui a fait le plus pour exposer la guerre.
09:15C'est comme quand un murder qui a tué tous les witnesses
09:19parce qu'ils ne veulent pas les testifier contre eux.
09:24Julien est un witness à ne pas seulement les tortures et l'illégalité
09:29qui a eu lieu pendant les 20 derniers années,
09:32mais aussi l'abuse et la torture psychologique qui a été commis.
09:40Julien est peut-être la personne qui a fait le plus pour exposer
09:44cette terreur mondiale qui s'est acharnée sur le monde à travers Wikileaks
09:48et montrer concrètement ce qui se passe sur le terrain.
09:54Et du coup, la situation est comme si un meurtrier voulait se débarrasser
09:58de tous les témoins.
09:59En essayant de se débarrasser de Julian Assange,
10:02on se débarrasse de la personne qui peut nous montrer ce qui se passe vraiment.
10:07Et vous me demandez comment nous, comme une famille,
10:12nous avons aussi ressentissé les attaques sur Julien.
10:20Il s'est passé pendant les 10 dernières années,
10:23quand Julien a premier publié le vidéo collageux de la mort
10:27et les lois de l'Iraq.
10:29il s'est passé.
10:30Il y a des luttes publiques publics contre son ornui,
10:36contre son fils de vie.
10:38.
10:39Quand nous étions dans l'Embassy,
10:43nous avons appris que la société qui travaillait dans l'Embassy
10:48Il s'est implacé de m'assurer ou de m'assurer à Julien
10:52par la poisson de lui dans l'embasie.
10:56Et ils étaient aussi instrucés à rouler notre bébé's DNA.
11:01Ils nous suivent et l'intimidation dans l'embasie était constant.
11:10Et je pense que Julien est...
11:14Nous sommes tous traumatisés par ce qui s'est passé
11:18et l'intimidation, la lawlessness,
11:23et l'économie, le fait qu'il est en prison
11:31pendant des années et des années.
11:33Et il est été accusé pour le plus important travail
11:41de journalisme, jamais possible.
11:47Vous m'avez aussi posé la question des menaces contre moi
11:50et ma famille et Julien.
11:52Depuis 10 ans, depuis les premières vidéos qui ont été publiées
11:56par Wikileaks, il reçoit des menaces constantes.
12:00Son fils aîné a été menacé publiquement.
12:04Quand il était dans l'ambassade, on a découvert que la société de sécurité de l'ambassade
12:09avait planifié de le kidnapper ou de l'empoisonner et de voler son ADN.
12:14Donc c'est des attaques qui sont constantes, qui viennent de partout,
12:17contre Julian Assange, sa personne et sa famille,
12:21qui n'ont aucune limite.
12:26Et Julien dit qu'il n'est pas juste pour moi, c'est pour tout le monde.
12:30Et c'est vrai.
12:32Parce que ce que l'Université a fait, c'est imprimer un étranger,
12:39un journaliste étranger qui travaillait en Europe.
12:43Il vivait en France à l'époque.
12:45Il a été invité à l'Englande par le gardien pour travailler.
12:49Et puis il a été trappé là pour les dernières 11 ans,
12:56emprisonné d'une manière ou d'une autre pour une década.
13:04Et...
13:07Le U.S. est limité à publier ce qui est permissible à publier ce qui est permissible à l'exprimer,
13:14au-delà de ses frontières.
13:16C'est une proposition incroyablement agressive et dangereuse
13:23pour décider ce que la culture politique devrait être
13:29en Europe, en France, en Allemagne, dans l'Union Européenne et ainsi de suite.
13:34Et être capable de criminaliser ceux qui publient ici.
13:41Juliane rappelle que ce combat, c'est pas seulement le sien,
13:43mais c'est celui de tout le monde, car les États-Unis ont attaqué un journaliste
13:48étranger, européen, qui vivait et travaillait en Europe.
13:51Il vivait en France à l'époque.
13:53Et il a été invité par le gardien à venir au Royaume-Uni.
13:57Et il a été piégé.
13:58Et depuis, il y est, depuis plus d'une décennie.
14:00Et c'est une question très importante, car les États-Unis se permettent d'attaquer
14:06le droit des journalistes, le droit de rechercher et de publier des informations
14:10en dehors de ces frontières.
14:12Et c'est un combat qui devrait tous nous préoccuper.
14:27Antoine Veil, vous êtes l'avocat français de Julien Assange, donc vous demandez pour
14:35votre client, au nom de l'article 53 de la Constitution qui permet le refuge d'un
14:39homme menacé dans l'exercice de sa liberté d'expression, où en est actuellement la procédure
14:44et existe-t-il en l'espèce des législations qui protègent les lanceurs d'alerte ?
14:49D'abord, je vous remercie d'avoir organisé ce débat parce que, vous l'avez dit, c'est
14:53un dossier, un cas, une affaire pour laquelle on a du mal à mobiliser les gens parce qu'on
15:01a cherché à la rendre beaucoup plus complexe qu'elle n'est.
15:05J'étais avec Stella à Genève il y a deux mois maintenant.
15:09Et en fait, le débat qui avait été organisé était organisé au milieu d'une plage.
15:12Et autour de nous, il y avait des gens qui dansaient, qui s'amusaient.
15:16Vous voyez, aujourd'hui, ce soir, autour de nous, il y a beaucoup de musique, de gens
15:20qui vivent.
15:21Mais avant de parler du dossier et du droit, je voudrais vous dire que j'ai eu la chance
15:25de voir Julien Assange dans son centre de détention.
15:28Quand je dis la chance, c'est l'opportunité de me rendre compte de ce que c'est un homme
15:33qui est un homme qui est évidemment sans aucune dangerosité, qui, même si l'on prend
15:39le parti de dire qu'il a commis des faits répréhensibles, ce que soutient les Etats-Unis
15:44et qui est éminemment contestable dans les faits, ne présente aucun danger et poursuivi
15:50uniquement pour avoir diffusé des informations qui sont vraies en coopération avec tous les
15:55plus grands quotidiens du monde et se retrouve depuis deux ans et demi détenu dans une prison
16:01de haute sécurité à l'isolement total.
16:04Pendant plus d'un an et demi, personne, même pas Stella, n'a pu lui rendre visite.
16:09Il est dans une pièce qui fait moins de 4 mètres carrés seul et il subit à ce titre
16:16le simple titre de sa détention.
16:18Stella l'a dit pour un homme qui, aujourd'hui, n'a été condamné à rien, ce que le rapporteur
16:23des Nations Unies a qualifié de torture psychologique.
16:27Les premiers éléments aujourd'hui juridiques qui a conduit la première juge britannique
16:31à ne pas extrader Julian Assange aux Etats-Unis et la prise en compte du fait que c'est un
16:36homme qui souffre, qui, aujourd'hui, présente un état de santé qui l'expose en cas d'extradition
16:43à un risque pour sa vie.
16:45Et à partir de là, la réalité tangible, physique, humaine qui s'impose à nous tous,
16:51c'est de dire au nom de quoi maintient-on cet homme aujourd'hui dans un état de torture
16:57qui n'est légitimé par aucune raison tangible ? C'est un homme qui, si on voulait le juger,
17:03pourrait très bien être placé sous résidence surveillée.
17:06On imagine que l'Angleterre, les Etats-Unis et les autres pays du monde n'auraient pas
17:09de mal à le surveiller.
17:10Il pourrait voir ses enfants, il pourrait voir son épouse et il pourrait surtout se défendre
17:15lui-même, ce qu'il est interdit de faire aujourd'hui parce qu'il n'a pas d'accès à
17:19un
17:19ordinateur. Il a beaucoup de mal à avoir accès à ses avocats et il a beaucoup de mal
17:24à faire ce que nous faisons ce soir qui est de réinformer l'opinion publique sur la réalité
17:28de ce pourquoi il est en prison. Et je le dis aussi simplement que la vérité est, il
17:35est en prison parce qu'il a diffusé des informations vraies qui mettaient en cause des pratiques
17:41illégales. Et c'est véritablement le cas le plus extraordinaire de l'histoire contemporaine
17:49judiciaire où une personne qui dénonce des criminels se retrouve lui-même incarcéré
17:55par un dévoiement total de la règle de droit. J'ai rencontré avec Stella il y a deux mois
18:02Niels Metzger, qui est le rapporteur des Nations Unies, qui a expliqué aux personnes présentes
18:08que lui-même, en tant qu'autorité des Nations Unies, n'était pas convaincu du cas de Julian
18:13Assange, qu'il avait des réserves d'ordre politique, moral, idéologique sur l'action
18:18de Wikileaks, mais qu'il a étudié ce dossier, qui s'est déplacé au chevet de Julian Assange
18:24avec des médecins, des experts psychiatres et qu'aujourd'hui il est le fer de lance de la
18:30défense de Julian Assange sur le terrain juridique. Donc Julian a une équipe juridique
18:34mondiale qui se déploie dans tous les pays. J'ai l'immense honneur d'être aux côtés
18:39de Stella pour représenter le monde francophone, la France, la Belgique, la Suisse, l'Afrique,
18:45dans lequel il y a véritablement un besoin de réinformer. Il faut que les gens comprennent
18:50que ce n'est pas un cas d'une personne australienne qui serait lointaine et qui n'aurait aucune
18:56connexion avec nous-mêmes. C'est un cas pour toutes les personnes qui estiment qu'on
19:01ne peut pas exercer ses droits politiques, ses droits démocratiques si on ne peut pas
19:05avoir accès à une information vraie. Julian Assange et Wikileaks ont révélé que les
19:09présidents de la République française avaient été espionnés par les Etats-Unis. Ils ont
19:13révélé beaucoup d'informations qui sont des informations qui, au titre des droits et
19:17de l'exercice des droits démocratiques, sont capitales. Et il a fait l'objet dans les
19:22dix dernières années de désinformation permanente sur sa personne, de traitements
19:29illicites et, j'ai envie de dire, d'orchestration totale de charges qui n'ont jamais existé,
19:34jamais été poursuivies, jamais été étayées dans le domaine juridique. Et il est aujourd'hui
19:40emprisonné sur la base d'un mandat d'arrêt qui est éminemment contestable quand on le
19:45lit dans le dossier, qui n'a pas cessé de changer depuis des années, au point même
19:51que, un mois avant l'audience d'extradition, les Etats-Unis ont enlevé des arguments pour
19:58en rajouter d'autres. Un argument très simple que tout le monde peut comprendre, c'est qu'ils
20:01arguaient, pour maintenir Julian en prison, que l'action de Wikileaks aurait mis en danger
20:07des gens qui représentaient les Etats-Unis. Et quand la défense de Julian Assange leur a
20:11demandé de donner les noms de ces gens, de même prouver l'identité de ces gens,
20:17les Etats-Unis ont dû reconnaître que ce n'était pas possible parce que ce n'était
20:20pas vrai. Et on a, de manière successive, quand on parle de torture psychologique, c'est
20:25évidemment son état de santé qui est en cause, mais aussi le fait qu'il a sans cesse
20:30à combattre des informations fausses, des charges qui sont sans cesse renouvelées, avec
20:34aucun moyen de le faire. Wikileaks est une grande institution sur le terrain du droit
20:39d'informer. Maître Julian Assange est une petite personne qui n'est pas soutenue
20:43par des moyens et des capitaux importants, qui est uniquement soutenue par la compréhension
20:49que chaque citoyen pourra avoir de son affaire et la volonté que vous aurez de porter cette
20:54affaire sur la place publique et d'exiger des gouvernants qui sont les nôtres qu'ils
20:58se mobilisent pour son dossier. Alors j'en viens à votre question et j'en termine.
21:02Bien sûr que sur le terrain juridique, il y a une limite à notre raisonnement quand on demande
21:07l'asile politique au terme de l'article 63 de la Constitution parce que ça n'a jamais
21:12été fait. Mais ce qu'on attend en premier lieu, c'est une déclaration symbolique et
21:16une prise de parole forte de nos représentants, de nos institutions pour dire la France, pays
21:22des droits de l'homme, la France qui n'accepte pas qu'on torture, c'est une différence
21:27fondamentale avec les Etats-Unis sur ces sujets-là, devrait à minima inviter les Etats-Unis
21:32à faire quelque chose de simple puisque c'est une accusation politique, retirer cette
21:37accusation politique. Avant l'élection de Biden, nous nous levions la nuit pour nous
21:42demander si Donald Trump allait ou non le gracier. Ça montre le caractère absolument arbitraire,
21:47non fondé de la chose puisqu'il aurait eu le pouvoir en 30 secondes d'arrêter cette
21:52torture. Donc nous nous battons à la fois sur le terrain de la communication, sur le terrain
21:57du droit évidemment et nous espérons beaucoup de l'audience qui va se dérouler parce que
22:01les juges britanniques peuvent aller encore plus loin que ce qu'a fait la première juge
22:04britannique en reconnaissant que Julian Assange n'est pas extradable mais aussi en reconnaissant
22:09que le cas qui est monté contre lui est tout à fait politique et toutes les voix, tous
22:14les journalistes qui écriront pour lui, tous les journalistes qui soutiendront cette
22:18action sachant que ce n'est pas du tout aussi simple que ce qu'on peut le penser. On a
22:22eu
22:22évidemment beaucoup de soutien de journalistes mais on a aussi eu beaucoup de journalistes
22:25qui n'ont pas traité cette information et on ne comprend pas toujours pourquoi.
22:29Donc depuis deux ans nous avons essayé de tout faire pour réinformer, de travailler
22:32main dans la main avec toutes les associations de journalistes pour rappeler que c'est un
22:35homme qui est poursuivi pour avoir diffusé des informations vraies, qui est aujourd'hui
22:39torturé et qu'il n'y a que s'il y a un réveil démocratique populaire que l'on pourra
22:44changer ce dossier.
22:46Merci beaucoup.
22:53Eva Joly, lorsque vous étiez députée européenne, vous avez participé à la lutte pour une
22:58meilleure protection des lanceurs d'alerte. Vous m'expliquez tout à l'heure également
23:02comment vous aviez assisté aux pressions des autorités américaines sur la Suède.
23:09les Etats-Unis prétendent-ils selon vous à l'extraterritorialité de leurs lois ?
23:16Bonsoir tout le monde et merci d'être là et de vous intéresser au cas de Julian Assange.
23:28Son sort va dépendre de nous, va dépendre de vous et de la mobilisation que nous réussirons
23:37à faire. Car ce qui est dans le tuyau, ce qui est programmé, c'est son extradition
23:44valet les Etats-Unis vers des conditions pénétentiaires terribles et envers des peines monstrueuses
23:52et surtout où il n'aura jamais un procès équitable. Et c'est une des raisons pour lesquelles
24:00il ne peut pas être extradé. C'est que nous savons pour sûr que le procès ne serait pas
24:07équitable. Nous le savons en raison des moyens que le CIA a développé pour mettre
24:16la main sur Julian Assange. Stella vous l'a raconté, on a même imaginé de l'enlever,
24:23de l'empoissonner. Il a été surveillé jour et nuit à l'ambassade et le président
24:32Trump a appelé, a dit qu'il souhaitait qu'il soit condamné à mort. Donc comment voulez-vous
24:41qu'il ait un procès équitable ? Donc cette raison seule suffirait pour ne pas l'extrader.
24:50L'autre raison pourquoi c'est absolument pas possible de l'extrader, c'est que c'est clairement
24:59un dossier politique. Julian Assange est un journaliste et un éditeur et il est inculpé
25:07pour espionnage. C'est-à-dire que le parquet américain ont décidé que ce n'est pas un
25:16travail d'éditorial mais qu'il s'est livré à des activités d'espionnage. Ils n'en ont
25:24absolument pas la preuve parce que tout simplement ce n'est pas vrai. Mais ce n'est pas parce
25:30que ce n'est pas vrai qu'il ne serait pas condamné parce que comme je l'ai dit, il
25:34n'aurait
25:34pas un procès équitable. Nous le savons parce que nous avons vu le procès de Chelsea
25:41à Manning. Nous avons vu comment le procureur a essayé, à longueur d'interrogatoire, de
25:47lui faire dire qu'en réalité c'était Julian qui l'a commandé, qui lui donnait des ordres
25:54et elle ne l'a jamais dit. Il n'y a pas l'ombre d'une preuve du fait qu
26:00'il s'est livré
26:01à des actes d'espionnage. Donc en réalité ce que les Etats-Unis veulent, c'est l'extraterritorialité
26:09de leurs droits. Nous le connaissons dans d'autres domaines. En matière de corruption
26:16par exemple, vous savez un conflit entre une société angolaise et une société française,
26:22il suffit que les transactions ont lieu en dollars pour que l'Amérique puisse s'essayer
26:29de ce dossier. Et ils aimeraient bien, enfin la même chose pour la presse, ils aimeraient
26:34bien pouvoir décider de ce que est convenable de publier en Europe et ce qui gêne les Etats-Unis
26:43et ils aimeraient bien pouvoir l'empêcher. Donc ça c'est une des conséquences peut-être
26:49le plus grave si jamais Julian Assange était extrader. Et j'invite aussi le journaliste
26:56à réfléchir à ce que ça voulait dire, si vraiment c'était de l'espionnage, parce
27:02qu'il y aurait beaucoup de réceleurs dans la presse des éléments obtenus par espionnage.
27:09Donc on voit bien que cette loi, qui est une loi ancienne de la Première Guerre mondiale,
27:15qui est très dangereuse, elle n'a rien à voir ici. Donc la place de Julian Assange, elle
27:22est avec nous en Europe, là où il choisit de s'établir. Et la France se grandirait en lui
27:33accordant la nationalité française.
27:47Ça serait une manière forte de dire aux Américains que nous avons compris ce que vous faites et
27:55nous ne laisserons pas faire. Je peux témoigner pour l'avoir vu de près de l'énergie que
28:05les Américains mettaient à arrêter Julian Assange. Je lui ai rendu visite dans l'ambassade
28:16d'Équador, parce que j'avais fait sa connaissance en Islande, où nous avions travaillé ensemble
28:24sur un projet de transformer l'Islande en un paradis pour journalistes, où il n'y aurait pas
28:32des peines comme pour la diffamation, par exemple. On avait travaillé ça avec des députés
28:40islandais. Et c'était avant qu'il n'avait publié qu'un lateral murder. Je travaillais
28:48pour le gouvernement islandais, je connaissais bien le ministre de la Justice et de l'Intérieur,
28:54Ogmundur Jonasson. Et lui, il a vu arriver en Islande, non invité, un Boeing rempli d'agents
29:05américains, de la CIA, qui lui ont dit « L'Islande est sous-attaque et nous sommes
29:14là pour vous aider contre les attaques informatiques qui se présentent ». Mais Ogmundur Jonasson avait
29:24compris que c'était absolument pas ça qu'il voulait, mais qu'il voulait mettre la main sur
29:30Assange et il les a empêchés de rentrer sur le territoire, il les a renvoyés. Mais
29:37il faut voir ce que ça veut dire de prendre cette initiative. C'est désespéré. Ensuite,
29:46j'ai suivi la volonté de détruire la réputation de Julien Assange. Et ça aussi, ça a été
29:57un procédé tout à fait ignoble et qui a réussi. Et nous avons à lutter contre l'image
30:06qui s'est détériorée. Il faut savoir que c'est une des techniques employées pour détruire
30:12quelqu'un. L'affaire, les accusations de viol suédoise ne sont pas vraies et tout le monde
30:20le savait depuis très longtemps. Tous les détails de cette affaire, vous pouvez les
30:28trouver. Mais comme Stella et l'avocat de Julien Assange l'ont souligné, le mandat
30:36d'arrêt émis n'avait pas de raison d'être. C'était vraiment tout à fait disproportionné.
30:43Julien Assange n'avait jamais refusé de s'expliquer devant la justice suédoise
30:49avant de partir. Il est parti avec l'autorisation des autorités et pas la suite. Lorsqu'un procureur
30:58ou un juge veut entendre un Européen dans un autre pays européen, il n'y a rien de plus
31:03banal. Ça se fait des milliers de fois tous les jours. Mais pour une raison assez facile
31:10à comprendre, la femme en charge de cette enquête à Stockholm, Marianne Ni, refusait
31:18de se déplacer et allait entendre Julien Assange à Londres. Elle préférait le mandat
31:25d'arrêt car l'objectif n'était pas le jugement pour des affaires de mœurs mais était bien
31:33important de l'extrader vers les États-Unis. Nous avons vécu, Stella et moi, cet épisode
31:41de près. Nous sommes allés à Stockholm à l'époque pour dire que la prétention ou la décision
31:52de ne pas entendre Assange à Londres n'était pas juridique. Ce n'était pas du tout une obligation.
32:00de la situation. Ensuite, toutes les actions désespérées lorsqu'il est dans l'ambassade
32:07d'Equador, ils ont réussi, les Américains, à faire retirer la protection dont ils profitent
32:13à l'ambassade. Tout ça parce que ça leur est totalement insupportable qu'on établisse
32:22la réalité de leurs actions qui, elles, sont criminelles parfois et devraient être
32:31poursuivies. Donc c'est ça aussi le paradoxe. Donc il y a un enjeu énorme, pas simplement
32:38humain. J'en peux plus. Je trouve que c'est tellement horrible, sa situation et le traitement
32:46indécent qu'il a eu à Londres. Il faut bien comprendre que quand ils viennent le sortir
32:53de l'ambassade, qu'ils le tire par les mains, par les cheveux, qu'ils le portent d'une violence
32:59incroyable, il n'est pas condamné. Il a simplement une violation d'un contrôle judiciaire dans
33:10le cadre d'un mandat d'arrêt qui n'existe plus. Donc tout ça c'est n'importe quoi.
33:15Ils vont le poursuivre pour violation de contrôle judiciaire. Et il va prendre une peine de
33:2350 semaines de prison ferme dans une prison de haute sécurité, réservée à des meurtriers
33:30dangereux, à des terroristes. Il exécute cette peine. Ensuite il y a la procédure d'extradition.
33:41La procédure, je vous invite peut-être à lire les témoignages de ceux qui ont suivi
33:47cette procédure. C'était aussi une parodie de procès et elle aboutit à ce qu'on refuse
33:55l'extradition. On pourrait alors penser que Julien Assange qui était détenu depuis maintenant
34:01bientôt 10 ans pourrait sortir, mais non. On refuse de les laisser sortir et en attendant
34:09l'appel il est toujours détenu. Tout ça c'est anormal. C'est totalement anormal et c'est
34:16des rapports de force. Il faut absolument se mobiliser. Il faut que les journalistes se mobilisent.
34:24Il faut comprendre que c'est la liberté de la presse qui est en jeu.
34:28Merci beaucoup.
34:37Pierre Laurent, je me tourne vers vous. Vous participez justement de cette mobilisation
34:41depuis les débuts. Comment la France peut-elle faire entendre sa voix alors même que Wikileaks
34:47a justement révélé que notre souveraineté avait été atteinte par l'écoute systématique
34:51des trois derniers présidents. On a eu aussi un exemple l'été dernier avec l'affaire Pegasus
34:56qui a jeté une lumière crue sur ces méthodes qui se perpétuent avec d'autres Etats, mais
35:00peu importe, et notamment à l'encontre des journalistes de l'humanité. Comment faire
35:05entendre la voix de la France dans ce dossier Assange ?
35:10Je crois que la France pourrait très facilement faire entendre sa voix par une déclaration
35:18et des initiatives telles que les énonçait Maître Veil. Mais nous savons aujourd'hui que pour espérer
35:29ce geste, cela suppose de renforcer de manière très importante la mobilisation citoyenne, comme
35:39vient de le dire Eva Joly. Parce que si cette mobilisation citoyenne ne prend pas d'ampleur, nous
35:47pourrons espérer ce geste, mais peut-être ce geste n'adviendra pas. Donc je pense qu'il faut remercier
35:57l'humanité de prendre cette initiative ce soir parce que nous sommes à quelques semaines
36:02de nouvelles échéances judiciaires qui sont très importantes à la fin du mois d'octobre
36:08en Grande-Bretagne. Et il faut d'ici là, je pense, amplifier considérablement la connaissance
36:16de ce dossier. Il y a des choses qui ont été dites très fortes et que je ne veux pas
36:22répéter
36:23sur la situation humaine insupportable. Mais je veux ajouter une chose. En vérité, cette
36:31affaire n'aurait jamais dû devenir une affaire judiciaire. C'est l'acharnement américain
36:38qui conduit à cette situation. Et les États-Unis, en vérité, ne recherchent pas la justice dans
36:46cette affaire. Les États-Unis procèdent à une vengeance politique contre un journaliste
36:53qui a, comme ça a été dit, dit la vérité sur ce qui se passait en Irak. Et c'est
37:02le coup
37:04porté par cette vérité au discours entretenu par les Américains sur leurs objectifs guerriers
37:14qui fait tant de mal aux dirigeants américains. Et ils ne peuvent pas accepter que cette
37:21vérité franchisse les consciences. Et donc ils veulent faire payer à Julian Assange de manière
37:31complètement indigne le travail qu'il a conduit pour révéler cette vérité alors que tout
37:39était fait pour la cacher. Et je pense qu'en ce moment, dans les moments que nous vivons
37:50à propos de l'Afghanistan, je fais ce détour, mais je pense que cette bataille de la vérité
37:57prend une actualité extrêmement forte parce que ça fait maintenant des années que nous
38:04vivons une offensive contre les libertés au nom de la stratégie américaine de lutte
38:17contre le terrorisme. Or cette stratégie, c'est un fiasco terrible comme nous le voyons
38:23aujourd'hui, puisque les Américains partent après 20 ans de présence en Afghanistan,
38:29après des guerres considérables menées dans de nombreux pays et ce sont les talibans qui
38:37prennent le pouvoir et les terroristes que nous étions censés combattre se renforcent
38:42dans toutes ces régions du monde. Et en révélant ce qu'a révélé Wikileaks, cette stratégie
38:50était interrogée par des faits, par des réalités, par des crimes qu'il fallait mettre en débat,
38:59porter à la connaissance des citoyens pour qu'enfin on puisse se faire une opinion sur ces enjeux
39:06fondamentaux pour l'avenir de l'humanité. Et c'est ça que les États-Unis ne supportent pas
39:14avec le travail qu'a fait Julien Assange et c'est ça qui les conduise à imposer à Julien Assange
39:20une privation de liberté qui dure maintenant depuis dix ans. Parce que Julien Assange, certes,
39:26étant dans une prison britannique depuis moins longtemps, mais dès le moment où il a dû se réfugier
39:31à l'ambassade d'Équateur, il a de fait été privé de liberté. Donc depuis maintenant dix ans,
39:37Julien Assange est privé de liberté et dans sa prison de haute sécurité depuis plusieurs années,
39:42traité de manière totalement indigne avec une situation qu'on peut, comme l'a dit Maître Veil,
39:50assimiler à de la torture psychologique. Donc nous ne pouvons pas accepter ça.
39:57Et je veux dire que c'est la liberté d'informer, comme ça a été dit, qui est concernée.
40:02Et la mobilisation des journalistes est absolument indispensable.
40:07Mais d'autres en parlent mieux que moi, même si en étant aujourd'hui parlementaire,
40:12je n'oublie pas que j'ai été journaliste pendant plusieurs dizaines d'années.
40:16Donc évidemment, je suis sensible à ça. Mais je veux dire qu'au-delà de la liberté d'informer,
40:21les libertés, pas seulement la liberté d'informer, sont menacées.
40:26Nous vivons une période extrêmement dure qui fait peser des menaces sur les libertés.
40:32Et nous voyons des attaques régulières. Nous adoptons, puisqu'on dit que la France est concernée,
40:38nous adoptons en France des lois qui font reculer nos libertés depuis maintenant des années
40:43de la lutte contre le terrorisme. Je veux en citer une qui est passée quasiment sous silence,
40:51au détour d'un article d'une loi qui a été votée au mois de juillet au Parlement.
40:58Le secret défense des archives a été considérablement renforcé,
41:04puisque, alors qu'une loi de 2008 en France rend communicable de plein droit les archives au-delà de 50
41:11ans,
41:12cette loi vient de modifier en profondeur cet équilibre essentiel pour les libertés.
41:18Et cet article a été voté alors que tous ceux qui sont concernés, notamment les historiens, les archivistes,
41:25se mobilisaient contre ça et a été voté quasiment dans l'indifférence générale au cœur de l'été.
41:30Donc nous avons des attaques incessantes contre les libertés au nom de la lutte contre le terrorisme,
41:39alors que le faisant, nous cédons précisément à la pression qui est exercée contre nous,
41:43puisque ce sont les libertés au contraire que nous devons défendre contre les menaces obscurantistes.
41:49Donc je pense que l'affaire Julian Assange est une affaire emblématique d'un combat fondamental,
41:58plus large encore que celui que nous révèle cette affaire et qui nécessite la mobilisation de tous.
42:05Et je pense que pour ces raisons-là, la mobilisation autour de la situation de Julian Assange peut provoquer des
42:21avancées,
42:23une victoire démocratique si nous obtenons sa libération,
42:28une victoire démocratique qui aurait des conséquences extrêmement importantes dans bien d'autres domaines.
42:32Et je crois qu'il est urgent effectivement que les uns et les autres,
42:40citoyens, parlementaires, journalistes, nous nous engagions avec plus de force dans ce combat dans les semaines à venir.
42:48Nous savons que, sans surestimer cette initiative, mais la fête de l'humanité a souvent été un lieu qui permet
42:56de donner de l'écho à des combats qui prennent ensuite une très grande ampleur.
43:03Alors, moi je souhaite que cette initiative ce soir, que le témoignage de Stella Maurice, tous les autres témoignages que
43:11nous entendons ce soir,
43:12nous aident à prendre conscience de l'importance de ce combat pour obtenir effectivement, parce que c'est une dimension
43:20sur laquelle nous pouvons agir,
43:22pour obtenir une parole, une initiative de la France contre la situation qui est faite à Julian Assange.
43:31Et je pense que la France s'honorerait d'avoir le courage de prendre cette initiative.
43:36et je pense que si nous unissons nos forces, nos intelligences, si nous informons sur la réalité de cette situation,
43:47je pense qu'un très grand nombre de nos concitoyens peuvent se lever pour ce combat et que nous pouvons
43:52le gagner.
43:53Merci beaucoup.
44:05Anthony Bélanger, quel risque fait prendre l'affaire Assange aux journalistes ?
44:10Un précédent est-il en train de se créer par la porte dérobée de notre propre complaisance ?
44:16C'est très bien décrit.
44:19Sérieusement, bonsoir à tous. Pierre a raison, on est vraiment devant un sujet extrêmement important,
44:24et je me réjouis quand même qu'on ait pu organiser cette soirée-là, d'y participer bien entendu,
44:29avec Stella, avec Eva évidemment, Maître Veil et Pierre.
44:34Je me souviens surtout, Pierre, que tu avais organisé avec le groupe communiste une question au sein du Sénat,
44:39qui avait été organisée avec nos syndicats.
44:41Je rappelle que la Fédération internationale des journalistes, que j'ai l'honneur de diriger,
44:46est composée de syndicats de journalistes.
44:48C'est la plus grande fédération mondiale de la profession.
44:51On représente 600 000 personnes dans le monde,
44:54et Wikileaks, on suit depuis des années.
44:56Et Maître, vous avez raison,
44:59c'est pas forcément les journalistes qu'il faut pointer du doigt,
45:01c'est les patrons de presse qu'il faut pointer du doigt.
45:03Sur les journalistes, on en représente 600 000 dans le monde,
45:06et je peux vous dire que lors de nos congrès mondiaux, le dernier a eu lieu à Tunis en 2019,
45:12je vois qu'il y a un représentant de Wikileaks qui est dans la salle et qui était invité à
45:15notre congrès.
45:16Il y a eu une motion très forte pour Julien Lassange.
45:20Et ce sujet, cette motion, c'est moi qui la suis à titre personnel.
45:24Mais en revanche, quand il s'agit d'aborder, je parle pas forcément de l'humain,
45:29mais quand il s'agit d'aborder la une d'un canard, l'ouverture d'un journal télévisé,
45:34là on se trouve en face de véritables patrons de presse qui sont impitoyables avec cette question-là.
45:40Et je veux pas... Il y a des problèmes partout, il y a des bons et des mauvais journalistes,
45:44il y a pas de problème là-dessus. Moi je défends des principes professionnels.
45:48Mais je veux surtout qu'on rappelle que partout dans le monde, et notamment en Australie,
45:53parce que Julien Lassange est membre de notre syndicat australien,
45:57il a la carte de presse internationale de la Fédération internationale,
46:00carte de presse que j'ai moi-même signée.
46:04On a des mobilisations, et moi-même j'ai participé à des dizaines de mobilisations un peu partout dans le
46:08monde,
46:09de nos syndicats dans le monde, pour défendre Julien Lassange,
46:12pour défendre le droit de savoir, le devoir d'informer pour nous,
46:18le devoir d'être informé pour vous, citoyens.
46:21Et ça c'est l'essentiel du travail qui a été lancé par Julien Lassange,
46:25genre s'il a créé Wikileaks, même s'il avait pas forcément ces visions-là à l'origine,
46:29on connaît bien le parcours, en tout cas on en est arrivé là.
46:32Et qu'est-ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on arrive à des Lux Leaks, des Foot
46:37Leaks, des Panama Papers,
46:39et tout ça, ça découle, ce sont des petits Wikileaks qui ont fait des grandes affaires.
46:46Aujourd'hui il y a plein de gens qui sont dehors, Eva Joly le disait très bien,
46:50il y a des criminels qui sont dehors, qui sont dans la rue, et eux n'ont aucun problème.
46:55Alors bien entendu, je parlais tout à l'heure des parlementaires, mais il n'y a pas beaucoup de groupes
47:00parlementaires
47:01qui se sont mobilisés en France, je parle de la France, mais même si je suis installé à Bruxelles,
47:05qui se sont mobilisés pour Julien Assange, à part le tien, j'en connais pas d'autres, je suis tête
47:10erreur.
47:11On a demandé à deux reprises avec nos syndicats français que l'asile, juste l'asile, je parle pas de
47:18la nationalité,
47:19soit accordé à Julien Assange. Zéro réponse.
47:22J'ai demandé à titre personnel qu'ils deviennent citoyens d'honneur de la ville de Bruxelles, capitale de l
47:28'Europe.
47:28On a fait une demande spéciale au bourgmestre. La réponse a été « on verra ça l'année prochaine ».
47:34Voilà, ça c'est toujours la réponse. Alors, c'est un sujet essentiel, vous l'avez compris, son seul crime
47:40c'est d'avoir révélé la vérité.
47:43Son seul crime, c'est d'avoir sorti des secrets qu'on essayait de cacher aux citoyens, pas forcément aux
47:49journalistes, mais cacher aux citoyens.
47:51Et il est clair qu'on fait bien la différence entre le journaliste qui l'est, en tant que rédacteur
47:56en chef, ex-rédacteur en chef de Wikileaks, et le lanceur d'alerte.
48:00On est sur deux choses différentes, un lanceur d'alerte et la source qui permet aux journalistes de travailler, une
48:04des sources.
48:06Et le travail qu'on a pu faire avec la Fédération Internationale, avec le papa de Julian, John Chilton, avec
48:13les amis de Wikileaks, ou avec les différents citoyens,
48:20parce que je voudrais quand même dire que je n'ai jamais rencontré autant de personnes qui se mobilisaient, quand
48:25je voyage un peu partout dans le monde, pour Julian Assange.
48:28Il y a des centaines de groupes qui se mobilisent, des citoyens qui ne le connaissent pas, mais qui se
48:34disent qu'on a vraiment une affaire, on a un combat à mener avec lui.
48:38Et on est intervenu avec John Chilton, avec Nils Melser également, le rapporteur spécial contre la torture des Nations Unies,
48:44dans les différents parlements européens, bien entendu à Strasbourg, à Bruxelles, en Belgique, en France, pour rappeler tout simplement ces
48:51principes.
48:52Et la question fondamentale, elle est là. C'est votre liberté que vous allez défendre. C'est le procès du
48:58journalisme, ça c'est vrai.
49:00Le procès Assange, c'est le procès du journalisme. Mais c'est d'abord votre liberté.
49:04On rappelle souvent que dans nos chartes d'éthique, notamment la charte d'éthique mondiale de la Fédération,
49:09on rappelle que le premier droit du citoyen, en dehors de la sécurité et de la justice, c'est d
49:15'être bien informé.
49:17Et on commence par là. La bonne information, c'est pas forcément le journaliste qui l'a créé tout seul.
49:22Il l'a créé parce qu'il a des sources, il a des contacts et il a des citoyens qu
49:27'il doit informer.
49:28Il est une sorte de témoin de la vie qu'il mène, de la vie qu'il vit.
49:34Et dans notre combat qu'on mène tous les jours, c'est celui-ci. C'est le combat pour les
49:39citoyens d'être bien informé.
49:41Et le combat de Julian Assange, même si aujourd'hui il est très affaibli, ça on le sait, et son
49:49père me le disait récemment,
49:50ou les amis de Wittilitz me le redisaient récemment, mais il y a toujours une petite lumière.
49:55Et pour avoir la mission qui est la mienne aujourd'hui, c'est-à-dire de représenter 600 000 personnes,
50:00et je peux vous dire que la profession de journaliste, elle est compliquée en France, elle est difficile en Europe,
50:05elle est catastrophique dans le monde, parce que j'ai encore un président de mon syndicat afghan qui s'est
50:10fait descendre dimanche dernier à Kaboul.
50:12Il était un des proches de Massoud, du fils Massoud. Il a été tué comme un chien dimanche soir.
50:19La situation des journalistes est extrêmement difficile. Je le rappelle toujours.
50:23Mais les journalistes travaillent avant tout pour être lus, entendus, vus, et ils travaillent pour vous.
50:29Ne l'oubliez jamais. Et sans les citoyens, il n'y a pas de journalisme. C'est clair, il n
50:34'y a pas de journalisme.
50:35Et c'est pour cette raison-là qu'on continuera à se battre, nous en tant que fédération internationale,
50:40mais avec nos syndicats, nos trois syndicats français, notamment le syndicat hôte aujourd'hui,
50:44le syndicat national journaliste CGT, et je remercie d'ailleurs Radim Kaminka,
50:50qui a eu le plaisir, c'est moi qui ai eu le plaisir d'avoir été invité par Radim.
50:54Merci Radim, il doit être dans le secteur.
50:57Mais grâce au syndicat de journalistes, en tout cas, et je ne parle que de la France aujourd'hui,
51:00c'est ça qu'on peut faire avec, bien entendu, tout l'aspect légal, parce que moi je ne suis
51:05pas compétent,
51:06et il y a autour de cette table des avocats qui font un boulot extraordinaire.
51:09J'ai rencontré les avocats belges aussi à Némi-Chauss et Maître Marchand,
51:13qui sont des gens remarquables également.
51:15Mais toute cette mobilisation, elle ne se fait que grâce et avec les citoyens.
51:20Et vous comme nous, on est juste des relais, on est juste des spécialistes,
51:25et on ne pourrait rien faire sans vous. Merci encore.
51:39Merci beaucoup Anthony Bélanger.
51:42Cette soirée s'achève.
51:44Je vous remercie de l'avoir suivi ici, à l'Agora de l'Humanité,
51:49et en direct sur le site du journal.
51:52Et au nom du journal, je voudrais remercier tous nos intervenants,
51:57et plus particulièrement Stella Maurice,
52:01d'avoir accepté de nous livrer son précieux témoignage.
52:12Et je voudrais lui dire que nous continuerons de faire vivre le combat
52:17pour la libération de Julien Assange dans nos colonnes.
52:19Merci beaucoup.
52:30Merci Lina. Nous finissons donc cette journée de débat.
52:34pour cette session à l'Aïn Bébé.
52:34Merci à tous.
52:34Pour cette session à l'Aïn Bébé.
52:34Merci beaucoup, Mme Le Scénario.
52:34Merci beaucoup, Mme Le Signe.
52:35Merci.