00:02Quel bilan vous tirez de cette journée de mobilisation ?
00:05Ce bel ressenti d'hier, je crois que les salariés, pour eux, ça reste pas une des plus belles journées
00:10qu'ils aient pu faire au niveau de la lutte mais dans l'entreprise,
00:13puisqu'on a eu à peu près des comptes exacts de la part de la gendarmerie, on n'était pas
00:18tout à fait 2300-2400 salariés hier au Rassemblement National.
00:24Ça veut dire pour les salariés qu'aujourd'hui, c'est pas que GMS qui est en lutte, mais c
00:28'est bien tous salariés de quatre coins de la France qui sont venus soutenir la boîte.
00:35Puisque de toute façon, il y a des salariés de Paris qui étaient là, des égoutiers de Paris, il y
00:42avait des gens de l'aviation et de l'aéronaval qui étaient là du côté de la région aquitaine qui
00:47sont venus
00:47et qui nous ont dit de toute façon, s'il y a un prochain mouvement, il faut nous contacter, on
00:52s'envoie des mails, on reste en contact et on vous soutiendra.
00:55Voilà, donc je pense que le mouvement est en train de prendre forme, ça les a re-solidarisés et ils
01:01sont prêts pour continuer la lutte.
01:04Qu'est-ce qu'on vous a annoncé précisément lundi soir ?
01:07Alors lundi soir, quand on est sortis de préfecture, on a cru refaire la réunion qu'on avait fait six
01:12mois auparavant avec les constructeurs,
01:15c'est-à-dire le chiffre d'affaires, alors le chiffre d'affaires était resté à la même hauteur, c
01:20'est-à-dire, bon, je veux bien qu'ils sont passés de 8 à 10,
01:24mais voire à 11 millions d'euros parce qu'il y a une augmentation du prix de la pièce, sauf
01:30qu'aujourd'hui, on a très très peu avancé depuis six mois,
01:34Renault est toujours à 5 voire peut-être 6 millions d'euros de chiffre d'affaires et on reste quand
01:39même loin du compte.
01:39Donc pour nous et pour les salariés, c'était plutôt un foutage de gueule et pour les salariés, c'était
01:47de...
01:48Ils ont pris ça comme, ben voilà, c'est fini, ils ne viendront plus autour de la table ou ils
01:53n'ont pas l'intention de monter plus haut.
01:55Et le fait que justement, il y a eu hier des salariés des 80 de la France, il y a
02:01eu M. Poutou qui soit venu nous soutenir et M. Mélenchon,
02:04ça leur a fait du bien et ça leur a donné un bon coup de boost pour la suite.
02:08Et alors là, vous interpelliez aussi le nouveau président de la République. Est-ce que vous avez des retours de
02:14ce côté-là ?
02:15Alors pour le moment, il n'y a pas de retour de ce côté-là. Écoutez, si M. Macron veut
02:21venir, il est bien mieux que son Premier ministre.
02:23Nous, on n'a jamais mangé personne. Ce que je trouve un peu dommage, c'est que quand il était
02:28ministre...
02:29Enfin, quand il avait un poste au ministère du Travail, il avait déjà notre dossier, il n'en a jamais
02:35fait plus de cas que ça.
02:38Bon. Aujourd'hui, ce qu'on peut penser, c'est que s'il est président de la République, il va
02:42peut-être avoir les moyens de dire aujourd'hui,
02:44c'est moi le patron et c'est pas PSA et Renault, il faut qu'on se mette sérieusement autour
02:47de la table.
02:49Voilà, la balle est dans son camp. Donc s'il veut venir, il vient rapidement. S'il ne veut pas
02:52venir, ben il reste où il est,
02:54puis il va pouvoir continuer sa politique.
02:57D'accord. Et vous, de votre côté, vous avez annoncé que vous aviez piégé l'usine, vous avez commencé à
03:04détruire des machines.
03:05Quelle suite vous envisagez en termes de mobilisation au quotidien ?
03:10Alors, quelle suite ? Déjà, à midi, on se rassemble, on explique un petit peu ce qu'on aurait décidé
03:16pour les jours à venir.
03:17C'est-à-dire que jeudi, on a une réunion en préfecture qui, normalement, doit toujours avoir lieu
03:24et qui a été organisée par M. le préfet qui s'est avancé devant les personnes, les 30 personnes présentes
03:29lundi à la préfecture,
03:31comme quoi il était impératif d'avoir une réunion jeudi avec les constructeurs PSA et Renault,
03:35mais aussi à rappeler autour de la table le groupe Magneto, qui est un groupe important dans l'emboutissage,
03:41qui n'avait pas fait, certes, de lettre d'intention, mais qui semblait intéressé par rapport à une très belle
03:46usine.
03:47Et il devait recontacter M. Martineau, patron du groupe GND, qui lui avait fait une lettre d'intention avec seulement
03:5490 salariés.
03:55Donc on veut absolument qu'il y ait cette réunion jeudi.
04:00Dans la suite, après nos actions, madame, il y aura le 23 mai à Poitiers,
04:05où on risque éventuellement la liquidation de l'entreprise,
04:10même si nous, on veut un report jusqu'au... on veut un prolongement de la période d'observation jusqu'au
04:1626 juin.
04:17Donc ça, le 23 mai, à Poitiers, ça va être une action forte.
04:21Et je pense encore à un appel national.
04:23D'accord. Et alors, quelles sont les possibilités envisageables, là ?
04:28Soit, donc, vous avez des commandes et l'entreprise peut continuer.
04:33Est-ce qu'il y a une possibilité que l'entreprise soit reprise ?
04:36Ou, évidemment, la pire, ce serait qu'elle ferme.
04:40Mais laquelle vous semble la plus probable ?
04:44Nous, ce qu'on voudrait, madame, c'est que ça soit repris avec un maximum de salariés,
04:47puisqu'on l'a toujours défendu.
04:49On veut rester ce que l'on appelle une entreprise intégrée.
04:52Une entreprise intégrée, c'est une boîte qui est capable de développer des produits de A à Z pour les
05:00constructeurs.
05:01Si on ne devient qu'une entreprise de frappe,
05:03l'entreprise de frappe, ça ne rapporte pas grand-chose et que ça ne vit pas sur du long terme.
05:08Donc, bien sûr, la liquidation n'est pas écartée.
05:11Pour nous, c'est quelque chose que l'on n'est pas de côté,
05:14mais on se bat et on serre les coudes et on fait pression partout
05:18pour qu'il y ait une continuité de la poursuite d'observation.
05:21Après, on veut être repris.
05:22On veut être repris par un industriel.
05:24Et on ne veut pas être repris par un bandit ou un voyou
05:28ou des malhonnêtes comme on en a depuis 2008.
05:31D'accord.
05:32Et alors, si jamais il y a des gens qui se retrouvent sur le carreau,
05:35soit parce que l'entreprise ferme, soit parce que tous les salariés ne sont pas repris,
05:39quelle est la situation dans votre région ?
05:42Est-ce qu'il y a des possibilités d'emploi et de reconversion pour ces gens-là
05:45ou est-ce que ça va être très compliqué ?
05:47Ah ben, chez nous, c'est pas compliqué.
05:49Nous, on l'identifait toujours la même chose.
05:51C'est-à-dire que si l'entreprise de la souterraine venait à fermer sur cette petite ville,
05:57les conséquences feraient pire encore, madame,
05:59que si PSA à Sochaux devait fermer.
06:03Ça serait pire que ça.
06:05D'accord.
06:06En termes d'emplois induits, notamment, aussi ?
06:08Ah oui, oui.
06:09En dommages collatéraux, c'est énorme.
06:11Si vous en avez 360 qui partent,
06:13là, vous pouvez commencer à annoncer qu'il y aura entre 1 200 et 1 600 pertes d'emploi,
06:18puisque de la femme de ménage au gars qui nous livre tout ce qui est papeterie,
06:24dans une petite papeterie écotée,
06:26au gars qui livre tout ce qui est poinçon-matrice et j'en fasse les dégâts,
06:29entre l'entreprise qui fait l'entretien des parcs et jardins,
06:32je veux dire, il y aura forcément énormément de dégâts.
06:36Est-ce que vous pensez que déjà les politiques locaux
06:39et encore plus les politiques nationaux ont conscience de ça ?
06:44Alors, ils en ont peut-être pris conscience là, là,
06:47dans les jours, les quelques jours, là.
06:49Mais ce qui est dommage, c'est qu'à part notre député Michel Vernier de la Creuse
06:52qui en avait pris conscience,
06:55ce n'était pas du tout le cas de M. le préfet de la Creuse.
06:57Pour lui, il n'y avait pas d'affolement à voir, tout allait bien.
07:00Même quand il recevait notre direction de bon à rien d'italien,
07:03qui était vraiment...
07:05vous n'auriez même pas donné votre chien à garder à ces gens-là.
07:09À part lui, il n'y avait personne d'autre.
07:11Bon, c'est vrai que la Creuse, après, avec les sénateurs,
07:14tout ça, sont rentrés dans le pas.
07:15Mais hormis notre député,
07:17personne n'a mis le pied dedans.
07:19Et c'est malheureusement ce qu'on a reproché à la Haute-Vienne et l'Imbre,
07:22puisqu'on est sur un bassin d'emploi, madame,
07:25où il y a l'Imbre, la Creuse et la Haute-Vienne.
07:28Et on s'aperçoit que jusqu'à présent,
07:30la Haute-Vienne, on les a très très peu vus pour défendre leurs salariés.
07:34L'Imbre, un tout petit peu.
07:35On avait le président, il faut le reconnaître,
07:36Serge Décou, président du conseil département d'Imbre,
07:39qui était là dans la manif.
07:41Mais la Haute-Vienne, ils sont inexistants.
07:42Donc ça, c'est bien dommage,
07:43parce que si on s'était battu depuis 6-8 mois,
07:47avec 3 départements et 3 politiques des 3 départements,
07:50je pense que la PAC n'aurait pas été le même.
07:53D'accord.
07:54Là, il y a des législatives très bientôt.
07:58Est-ce que des députés se sont engagés à vous soutenir ?
08:01Est-ce que certains vous ont fait des propositions concrètes ?
08:04Alors, il n'y a pas de propositions concrètes.
08:08Monsieur le député de la Creuse l'a dit devant tout le monde,
08:12devant 2000 personnes hier.
08:14Il continuera, élu ou pas élu, de toute façon,
08:17à se battre aux côtés de la souterraine.
08:19Après, c'est le seul qui a fait cette déclaration-là,
08:22je dirais, en haut politique du département.
08:26D'accord. Et du côté des représentants nationaux ?
08:30Ah ben, les représentants nationaux, il n'y a pas eu plus de commandes soutien de ça.
08:37On a le soutien de M. Rousset, qui est président de la nouvelle région aquitaine,
08:42qui nous a aidés à travers des aides pour les baiements des salaires sur le mois d'avril et de
08:48mai.
08:49Voilà. Après, pas plus de politique que ça.
08:52Et justement, en parlant des salaires, là, vous êtes en grève, j'imagine.
08:56Comment ça se passe ? Vous avez une caisse de solidarité ?
09:00Il y a une caisse de solidarité.
09:02Il y a des dons qui ont été envoyés au syndicat.
09:04Il y a des dons qui sont envoyés un peu partout.
09:07Hier, on a eu des gens, des retraités qui sont nus, qui nous ont donné des sommes d'argent.
09:12Mais pour des retraités, on ne pourrait même pas imaginer.
09:15Donc, on essaye de tenir. On verra comment, nous, à travers cette lutte,
09:19on fera peut-être payer nos jours.
09:21Parce que le but, c'est... Vous savez, si aujourd'hui, on en est là,
09:23et si aujourd'hui, on a une visite qui est bloquée...
09:27Alors, il faut savoir que, dans un premier temps, le blocage du site a été demandé
09:30par le directeur de transition, M. Renaud Le Yudec,
09:34qui, au bout de, si vous voulez, de presque 15 jours de négociation avec les constructeurs,
09:38s'est rendu compte que ceci se foutait de sa gueule.
09:41On essaie de ferrer les coudes ensemble et de faire le mieux possible.
09:44Nous, c'est pas compliqué, hein.
09:46On demandera au ministre du Travail, certes,
09:48mais on demandera forcément, je dis forcément,
09:51qu'au Premier ministre, vous êtes autour de la table.
09:53Et si Emmanuel Macron veut venir, écoutez, mais qui viennent.