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  • il y a 12 heures
Depuis plusieurs semaines, l'usine de la Souterraine est occupée par les employés de GM&S qui font pression sur leurs deux principaux donneurs d'ordre, PSA et Renault, pour qu'ils s'engagent sur un volume de commandes suffisant pour maintenir l'activité de l'équipementier automobile. Yann Augras, responsable CGT de l'entreprise, deuxième employeur privé de la Creuse avec 279 salariés, nous décrit la situation au lendemain de la journée de mobilisation de mardi 16 mai.

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Transcription
00:02Quel bilan vous tirez de cette journée de mobilisation ?
00:05Ce bel ressenti d'hier, je crois que les salariés, pour eux, ça reste pas une des plus belles journées
00:10qu'ils aient pu faire au niveau de la lutte mais dans l'entreprise,
00:13puisqu'on a eu à peu près des comptes exacts de la part de la gendarmerie, on n'était pas
00:18tout à fait 2300-2400 salariés hier au Rassemblement National.
00:24Ça veut dire pour les salariés qu'aujourd'hui, c'est pas que GMS qui est en lutte, mais c
00:28'est bien tous salariés de quatre coins de la France qui sont venus soutenir la boîte.
00:35Puisque de toute façon, il y a des salariés de Paris qui étaient là, des égoutiers de Paris, il y
00:42avait des gens de l'aviation et de l'aéronaval qui étaient là du côté de la région aquitaine qui
00:47sont venus
00:47et qui nous ont dit de toute façon, s'il y a un prochain mouvement, il faut nous contacter, on
00:52s'envoie des mails, on reste en contact et on vous soutiendra.
00:55Voilà, donc je pense que le mouvement est en train de prendre forme, ça les a re-solidarisés et ils
01:01sont prêts pour continuer la lutte.
01:04Qu'est-ce qu'on vous a annoncé précisément lundi soir ?
01:07Alors lundi soir, quand on est sortis de préfecture, on a cru refaire la réunion qu'on avait fait six
01:12mois auparavant avec les constructeurs,
01:15c'est-à-dire le chiffre d'affaires, alors le chiffre d'affaires était resté à la même hauteur, c
01:20'est-à-dire, bon, je veux bien qu'ils sont passés de 8 à 10,
01:24mais voire à 11 millions d'euros parce qu'il y a une augmentation du prix de la pièce, sauf
01:30qu'aujourd'hui, on a très très peu avancé depuis six mois,
01:34Renault est toujours à 5 voire peut-être 6 millions d'euros de chiffre d'affaires et on reste quand
01:39même loin du compte.
01:39Donc pour nous et pour les salariés, c'était plutôt un foutage de gueule et pour les salariés, c'était
01:47de...
01:48Ils ont pris ça comme, ben voilà, c'est fini, ils ne viendront plus autour de la table ou ils
01:53n'ont pas l'intention de monter plus haut.
01:55Et le fait que justement, il y a eu hier des salariés des 80 de la France, il y a
02:01eu M. Poutou qui soit venu nous soutenir et M. Mélenchon,
02:04ça leur a fait du bien et ça leur a donné un bon coup de boost pour la suite.
02:08Et alors là, vous interpelliez aussi le nouveau président de la République. Est-ce que vous avez des retours de
02:14ce côté-là ?
02:15Alors pour le moment, il n'y a pas de retour de ce côté-là. Écoutez, si M. Macron veut
02:21venir, il est bien mieux que son Premier ministre.
02:23Nous, on n'a jamais mangé personne. Ce que je trouve un peu dommage, c'est que quand il était
02:28ministre...
02:29Enfin, quand il avait un poste au ministère du Travail, il avait déjà notre dossier, il n'en a jamais
02:35fait plus de cas que ça.
02:38Bon. Aujourd'hui, ce qu'on peut penser, c'est que s'il est président de la République, il va
02:42peut-être avoir les moyens de dire aujourd'hui,
02:44c'est moi le patron et c'est pas PSA et Renault, il faut qu'on se mette sérieusement autour
02:47de la table.
02:49Voilà, la balle est dans son camp. Donc s'il veut venir, il vient rapidement. S'il ne veut pas
02:52venir, ben il reste où il est,
02:54puis il va pouvoir continuer sa politique.
02:57D'accord. Et vous, de votre côté, vous avez annoncé que vous aviez piégé l'usine, vous avez commencé à
03:04détruire des machines.
03:05Quelle suite vous envisagez en termes de mobilisation au quotidien ?
03:10Alors, quelle suite ? Déjà, à midi, on se rassemble, on explique un petit peu ce qu'on aurait décidé
03:16pour les jours à venir.
03:17C'est-à-dire que jeudi, on a une réunion en préfecture qui, normalement, doit toujours avoir lieu
03:24et qui a été organisée par M. le préfet qui s'est avancé devant les personnes, les 30 personnes présentes
03:29lundi à la préfecture,
03:31comme quoi il était impératif d'avoir une réunion jeudi avec les constructeurs PSA et Renault,
03:35mais aussi à rappeler autour de la table le groupe Magneto, qui est un groupe important dans l'emboutissage,
03:41qui n'avait pas fait, certes, de lettre d'intention, mais qui semblait intéressé par rapport à une très belle
03:46usine.
03:47Et il devait recontacter M. Martineau, patron du groupe GND, qui lui avait fait une lettre d'intention avec seulement
03:5490 salariés.
03:55Donc on veut absolument qu'il y ait cette réunion jeudi.
04:00Dans la suite, après nos actions, madame, il y aura le 23 mai à Poitiers,
04:05où on risque éventuellement la liquidation de l'entreprise,
04:10même si nous, on veut un report jusqu'au... on veut un prolongement de la période d'observation jusqu'au
04:1626 juin.
04:17Donc ça, le 23 mai, à Poitiers, ça va être une action forte.
04:21Et je pense encore à un appel national.
04:23D'accord. Et alors, quelles sont les possibilités envisageables, là ?
04:28Soit, donc, vous avez des commandes et l'entreprise peut continuer.
04:33Est-ce qu'il y a une possibilité que l'entreprise soit reprise ?
04:36Ou, évidemment, la pire, ce serait qu'elle ferme.
04:40Mais laquelle vous semble la plus probable ?
04:44Nous, ce qu'on voudrait, madame, c'est que ça soit repris avec un maximum de salariés,
04:47puisqu'on l'a toujours défendu.
04:49On veut rester ce que l'on appelle une entreprise intégrée.
04:52Une entreprise intégrée, c'est une boîte qui est capable de développer des produits de A à Z pour les
05:00constructeurs.
05:01Si on ne devient qu'une entreprise de frappe,
05:03l'entreprise de frappe, ça ne rapporte pas grand-chose et que ça ne vit pas sur du long terme.
05:08Donc, bien sûr, la liquidation n'est pas écartée.
05:11Pour nous, c'est quelque chose que l'on n'est pas de côté,
05:14mais on se bat et on serre les coudes et on fait pression partout
05:18pour qu'il y ait une continuité de la poursuite d'observation.
05:21Après, on veut être repris.
05:22On veut être repris par un industriel.
05:24Et on ne veut pas être repris par un bandit ou un voyou
05:28ou des malhonnêtes comme on en a depuis 2008.
05:31D'accord.
05:32Et alors, si jamais il y a des gens qui se retrouvent sur le carreau,
05:35soit parce que l'entreprise ferme, soit parce que tous les salariés ne sont pas repris,
05:39quelle est la situation dans votre région ?
05:42Est-ce qu'il y a des possibilités d'emploi et de reconversion pour ces gens-là
05:45ou est-ce que ça va être très compliqué ?
05:47Ah ben, chez nous, c'est pas compliqué.
05:49Nous, on l'identifait toujours la même chose.
05:51C'est-à-dire que si l'entreprise de la souterraine venait à fermer sur cette petite ville,
05:57les conséquences feraient pire encore, madame,
05:59que si PSA à Sochaux devait fermer.
06:03Ça serait pire que ça.
06:05D'accord.
06:06En termes d'emplois induits, notamment, aussi ?
06:08Ah oui, oui.
06:09En dommages collatéraux, c'est énorme.
06:11Si vous en avez 360 qui partent,
06:13là, vous pouvez commencer à annoncer qu'il y aura entre 1 200 et 1 600 pertes d'emploi,
06:18puisque de la femme de ménage au gars qui nous livre tout ce qui est papeterie,
06:24dans une petite papeterie écotée,
06:26au gars qui livre tout ce qui est poinçon-matrice et j'en fasse les dégâts,
06:29entre l'entreprise qui fait l'entretien des parcs et jardins,
06:32je veux dire, il y aura forcément énormément de dégâts.
06:36Est-ce que vous pensez que déjà les politiques locaux
06:39et encore plus les politiques nationaux ont conscience de ça ?
06:44Alors, ils en ont peut-être pris conscience là, là,
06:47dans les jours, les quelques jours, là.
06:49Mais ce qui est dommage, c'est qu'à part notre député Michel Vernier de la Creuse
06:52qui en avait pris conscience,
06:55ce n'était pas du tout le cas de M. le préfet de la Creuse.
06:57Pour lui, il n'y avait pas d'affolement à voir, tout allait bien.
07:00Même quand il recevait notre direction de bon à rien d'italien,
07:03qui était vraiment...
07:05vous n'auriez même pas donné votre chien à garder à ces gens-là.
07:09À part lui, il n'y avait personne d'autre.
07:11Bon, c'est vrai que la Creuse, après, avec les sénateurs,
07:14tout ça, sont rentrés dans le pas.
07:15Mais hormis notre député,
07:17personne n'a mis le pied dedans.
07:19Et c'est malheureusement ce qu'on a reproché à la Haute-Vienne et l'Imbre,
07:22puisqu'on est sur un bassin d'emploi, madame,
07:25où il y a l'Imbre, la Creuse et la Haute-Vienne.
07:28Et on s'aperçoit que jusqu'à présent,
07:30la Haute-Vienne, on les a très très peu vus pour défendre leurs salariés.
07:34L'Imbre, un tout petit peu.
07:35On avait le président, il faut le reconnaître,
07:36Serge Décou, président du conseil département d'Imbre,
07:39qui était là dans la manif.
07:41Mais la Haute-Vienne, ils sont inexistants.
07:42Donc ça, c'est bien dommage,
07:43parce que si on s'était battu depuis 6-8 mois,
07:47avec 3 départements et 3 politiques des 3 départements,
07:50je pense que la PAC n'aurait pas été le même.
07:53D'accord.
07:54Là, il y a des législatives très bientôt.
07:58Est-ce que des députés se sont engagés à vous soutenir ?
08:01Est-ce que certains vous ont fait des propositions concrètes ?
08:04Alors, il n'y a pas de propositions concrètes.
08:08Monsieur le député de la Creuse l'a dit devant tout le monde,
08:12devant 2000 personnes hier.
08:14Il continuera, élu ou pas élu, de toute façon,
08:17à se battre aux côtés de la souterraine.
08:19Après, c'est le seul qui a fait cette déclaration-là,
08:22je dirais, en haut politique du département.
08:26D'accord. Et du côté des représentants nationaux ?
08:30Ah ben, les représentants nationaux, il n'y a pas eu plus de commandes soutien de ça.
08:37On a le soutien de M. Rousset, qui est président de la nouvelle région aquitaine,
08:42qui nous a aidés à travers des aides pour les baiements des salaires sur le mois d'avril et de
08:48mai.
08:49Voilà. Après, pas plus de politique que ça.
08:52Et justement, en parlant des salaires, là, vous êtes en grève, j'imagine.
08:56Comment ça se passe ? Vous avez une caisse de solidarité ?
09:00Il y a une caisse de solidarité.
09:02Il y a des dons qui ont été envoyés au syndicat.
09:04Il y a des dons qui sont envoyés un peu partout.
09:07Hier, on a eu des gens, des retraités qui sont nus, qui nous ont donné des sommes d'argent.
09:12Mais pour des retraités, on ne pourrait même pas imaginer.
09:15Donc, on essaye de tenir. On verra comment, nous, à travers cette lutte,
09:19on fera peut-être payer nos jours.
09:21Parce que le but, c'est... Vous savez, si aujourd'hui, on en est là,
09:23et si aujourd'hui, on a une visite qui est bloquée...
09:27Alors, il faut savoir que, dans un premier temps, le blocage du site a été demandé
09:30par le directeur de transition, M. Renaud Le Yudec,
09:34qui, au bout de, si vous voulez, de presque 15 jours de négociation avec les constructeurs,
09:38s'est rendu compte que ceci se foutait de sa gueule.
09:41On essaie de ferrer les coudes ensemble et de faire le mieux possible.
09:44Nous, c'est pas compliqué, hein.
09:46On demandera au ministre du Travail, certes,
09:48mais on demandera forcément, je dis forcément,
09:51qu'au Premier ministre, vous êtes autour de la table.
09:53Et si Emmanuel Macron veut venir, écoutez, mais qui viennent.

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