00:00Alors, techniquement, elle n'est pas supprimée. En fait, elle est interdite, suspendue uniquement sur les mouvements lycéens, pour le
00:08moment.
00:09Il faut savoir que ces grenades assourdissantes, elles ne sont pas dans les commissariats.
00:15C'est uniquement les compagnies de maintien de l'ordre qui en ont.
00:18Nous, dans les commissariats du 93, on n'en a pas, on n'en a pas du tout.
00:22Vous avez un autre type d'armement ?
00:24Effectivement, on a ce qu'on appelle la GENL, qui va être une grenade d'encerclement,
00:27qui va envoyer des plots, en fait, pour disperser une foule.
00:31On va avoir la MP7, qui va être une grenade lacrymogène,
00:35mais on n'a pas du tout de grenade assourdissante à notre disposition en Seine-Saint-Denis, en tout cas.
00:40Alors, c'est assez paradoxal, parce que hier, le ministre de l'Intérieur,
00:44et ensuite, dans l'allocution également de Sébastien Lecornu,
00:47on a compris qu'il y avait la nécessité, c'est ce qu'a dit Laurent Nunes devant les députés,
00:53d'avoir ce qu'on appelle les armes intermédiaires,
00:55et pourtant, il y a la suspension de l'une de ces armes intermédiaires,
00:59qui est justement cette grenade.
01:00Ah non, mais ça va bien au-delà de ça, c'est-à-dire qu'il y a un paradoxe
01:03total
01:04entre ce qu'ils disent et ce qui se passe sur le terrain.
01:07C'est-à-dire ?
01:07Moi, je le vois sur le terrain, mes collègues me disent,
01:10mais Charles, on est à 100 mètres des lycéens,
01:13on se fait insulter, on les voit mettre le feu à des poubelles,
01:17à monter des barricades,
01:18on a pour instruction de ne pas bouger.
01:21On se fait insulter, incendier, on se prend des jets de pierre.
01:25Aujourd'hui, c'est les lycéens,
01:27enfin, en tout cas, une partie de ce qu'on peut appeler les lycéens,
01:29parce que je pense qu'ils ne le sont pas tous.
01:31Vous avez vu, 94% des lycées sont ouverts aujourd'hui.
01:35Donc, il y a du monde dans les lycéens.
01:37Là, ce sont surtout des détracteurs.
01:39Et puis, il y a aussi des étudiants qui prennent la cause des lycéens,
01:42enfin, qui prennent la cause, qui disent prendre la cause des lycéens.
01:45Oui, mais ils en profitent pour casser, piller et puis s'attaquer aux policiers.
01:49Il y a quelques années, quand il y avait ce type d'attroutement,
01:52c'est la police qui chargeait et qui dispersait les foules.
01:55Aujourd'hui, c'est l'inverse, c'est-à-dire qu'on est tellement frileux
01:58qu'on dit aux policiers, vous ne bougez pas, vous restez sur place,
02:02et c'est les jeunes qui viennent au contact aujourd'hui des policiers.
02:06Ça en devient effrayant.