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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce jeudi, Pascal Praud s'intéresse au retour de l'émission "L'heure de vérité".

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00:00Alors ce soir c'est le retour de l'heure de vérité, qui est peut-être, est-ce que c
00:03'est la meilleure émission à votre avis, politique, que vous ayez eu depuis 50 ans dans le format ?
00:10Oui, oui, je pense que ça a été un événement dans la télévision formidable.
00:14C'était assez malin, alors vous, vous avez animé longtemps le...
00:17Moi j'ai animé le club, avec Alain Djamal, on a animé le club de la presse, c'était la
00:22première, en radio, on peut dire ça a été un événement.
00:26Et puis la télé a répliqué, à juste titre, en créant à ce moment-là l'heure de vérité, qui
00:32est évidemment avec l'ampleur de la télé de l'époque...
00:36Est-ce que c'était sur Europe 1, dans ces années-là, avant disons les années... avant la réforme de
00:43l'ORTF pour faire court, la qualité éditoriale était plus à la radio qu'à la télévision, qui était la
00:50télévision un peu sous contrôle ?
00:52Un peu sous contrôle, même vraiment sous contrôle. Non mais écoutez, moi j'ai passé mes premiers mois à Radio
01:00Monte-Karl, avant d'aller à Europe.
01:03Radio Monte-Karl était complètement, à 90%, contrôlée par le général de Gaulle.
01:09À ce point que, comme j'étais le stagiaire, j'allais porter tous les soirs au directeur de Radio Monte
01:18-Karl, qui s'appelait Jacques de Bubridel, qui était un gaulliste historique.
01:23J'allais lui porter le menu du journal, et il me disait, tu t'assieds là, garçon ? Il m
01:29'appelait garçon, je ne sais pas comment il m'appelait.
01:31Assieds-toi là, pendant que j'appelle. Et il appelait, je vous jure que c'est sur la tête de
01:35mes enfants, il appelait Burin Desrosiers, Étienne Burin Desrosiers,
01:41qui était le secrétaire général de l'Élysée, un des tout proches du général de Gaulle, et il lui disait,
01:47Étienne, voilà le journal de Radio Monte-Karl.
01:49Alors, ça commence par ça, il lui décrivait ce qu'on mettait dans le journal. Burin, de temps en temps,
01:55disait, non, non, ça, pas ça, enlevez ça.
01:58Et moi, garçon, maintenant, tu peux redescendre. J'allais à la rédaction, je vous jure, voilà comment ça fonctionnait.
02:05Alors, vous me dites après, est-ce que la radio... Évidemment que l'Europe 1-RTL apparaissait comme des génies
02:13de l'objectivité radiophonique.
02:15Non, mais, alors maintenant, il n'y a plus besoin d'appeler l'Élysée, parce que, comment dire,
02:21tous les médias pensent de la même manière et font la parole, le politiquement correct,
02:26il y a quelques petites nuances, mais le camp du bien, pour résumer, est en place dans les médias.
02:34Est-ce qu'on a le générique, le célèbre générique, qui est une musique de...
02:38Voilà.
02:39C'est Macartney.
02:41Oui, c'est une musique de Macartney. Bon.
02:43Alors, il y a eu des dizaines et des centaines, peut-être même d'heures de vérité,
02:47et il y en a une qui a particulièrement marqué, c'est celle, effectivement, où Jean-Marie Le Pen était
02:52présent.
02:53C'était en 1984, c'était François Mitterrand qui avait autorisé l'arrivée de Jean-Marie Le Pen à la
02:59télévision.
02:59Il ne parlait jamais à la télévision.
03:01Et il y a une scène dans cette heure de vérité, c'était le 13 février 1984, que je voulais
03:06vous montrer,
03:06parce qu'on voit effectivement qu'il sait faire du spectacle, Jean-Marie Le Pen.
03:11Il sait marquer les esprits et il va se lever pour une raison que vous allez entendre et marquer une
03:18minute de silence.
03:19Et vous avez Albert Duroy. Je ne sais pas s'il nous écoute, Albert Duroy.
03:22Ce serait formidable, d'ailleurs, qu'il nous écoute et qu'il vienne un jour sur notre plateau.
03:25Parce que je trouve qu'il a la réaction qu'il faut avoir.
03:27Il dit, moi, je suis journaliste et je pose mes questions.
03:29Et je le trouve génial, cette réaction qu'il a eue à ce moment-là, Albert Duroy.
03:33Donc, voyez, cette séquence, elle a 42 ans.
03:36Je voudrais vous dire combien j'ai été personnellement choqué de voir que M. Chesson ait cru devoir associer,
03:44en une minute de silence, les députés européens à la mort de M. Andropov, chef de l'hégémonie soviétique et
03:52de l'URSS.
03:53Et je voudrais, puisque dans ce domaine, les silences sont souvent plus pesants que les discours,
04:00moi aussi me lever à mon tour, pour tenir une minute de silence, ou quelques instants de silence au moins,
04:06pour, en mémoire de tous ceux qui sont tombés, des dizaines de millions d'hommes,
04:10tomber dans le monde sous la dictature communiste,
04:13et d'avoir une pensée fraternelle à l'égard des millions d'hommes qui sont dans les camps et au
04:19goulag.
04:19– Moi, je suis journaliste et je continue à poser mes questions, si vous le voulez bien.
04:24Je voudrais aborder les thèmes économiques.
04:27Alors, je voudrais poser une question particulièrement sur les restructurations industrielles.
04:33– Monsieur, je vais vous répondre immédiatement.
04:37– Merci, je vous pose ma question.
04:40– C'est une séquence qui est réussie, on pense que ce qu'on veut de Jean-Marie Le Pen,
04:43mais elle avait marqué les esprits.
04:45– C'est très comique quand même, réprospectivement, c'est très comique.
04:48Quand il continue à parler, Jean-Marie Le Pen, les yeux dans le vide.
04:51– Il y avait beaucoup de manifestants autour du studio ce jour-là.
04:54– Ah ben, mais à l'époque, effectivement, et ça c'est avant le détail,
04:58parce qu'après le détail, il sera évidemment Persona non grata,
05:02à juste titre d'ailleurs, après ce dérapage parfaitement inacceptable qu'il avait pu avoir.
05:07Donc, Persona non grata, il sera quand même au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002,
05:18le 21 avril 2002.
05:21Mais c'est vrai qu'après, le public ne le verra pas,
05:24ou un certain public ne le verra pas de la même manière.

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