Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 minutes
Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée Nationale, répond aux questions de Laurence Ferrari.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00La grande interview Europe 1 CNews, Laurence Ferrari.
00:05Et notre invitée ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Yael Broun-Pivet.
00:09Bonjour à vous et bienvenue, présidente de l'Assemblée Nationale.
00:12Évoquons d'abord le mouvement des lycéens, situation toujours tendue avec sans doute un round 4 dans la rue aujourd
00:19'hui.
00:19Vous appelez au calme, Yael Broun-Pivet, mais est-ce qu'il ne faut pas d'abord ramener le calme,
00:24restaurer l'ouverture des établissements avant de dialoguer et peut-être de négocier,
00:28je ne sais pas ce qu'il y a à négocier avec les lycéens et leurs représentants ?
00:31Quand j'appelle au calme, j'appelle tout le monde au calme.
00:34Donc évidemment j'appelle les lycéens lorsqu'ils décident de faire un blocus et c'est leur droit.
00:39On a quand même dans notre pays une liberté, liberté de manifestation, liberté d'expression.
00:44De brûler des poubelles ?
00:45Justement non, c'est liberté de manifester, de s'exprimer, éventuellement de bloquer les établissements.
00:51Enfin c'est des jeunes et ils ont le droit de s'exprimer, mais ça ne doit pas se faire
00:56dans la violence,
00:56ça ne doit pas se faire dans l'agressivité, parce que justement quand on veut être entendu,
01:02ça ne sert à rien non plus d'hurler.
01:04Donc il faut que les étudiants puissent manifester calmement et sereinement pour qu'on puisse entamer ce dialogue.
01:11Et j'appelle également les forces de l'ordre à la plus grande retenue.
01:15On a quand même des images qui sont très anxiogènes pour nos jeunes même.
01:20Et donc il faut que les forces de l'ordre réussissent à maintenir le calme.
01:24Je sais que c'est difficile pour elles de trouver les bons équilibres.
01:27On va s'arrêter là-dessus, parce que ce que vous dites est important et impacte beaucoup les forces de
01:30l'ordre,
01:30qui ont mon gros sur la patate, 800 blessés dans leur rang, policiers et gendarmiers,
01:34brune pivet, ils ont été ulcérés par le président Macron qui a laissé entendre qu'il manquait d'empathie.
01:40Est-ce que vous dites, vous, qu'il y a des scènes qui vous ont choqués ?
01:44Ils sont chargés du maintien de l'ordre dans notre pays ?
01:47Ils sont chargés du maintien de l'ordre, évidemment.
01:49Ils font du mieux qu'ils peuvent.
01:50Il ne faut accuser personne et ils font un boulot remarquable et très difficile.
01:54Mais ce sont nos enfants en face.
01:56Ce sont bien souvent des mineurs.
01:58Moi, j'ai discuté avec le procureur de Versailles.
02:02La plupart des jeunes qui ont été interpellés n'ont pas de fichier.
02:07Ils n'ont jamais été interpellés auparavant et ils sont mineurs.
02:11Donc, il faut faire aussi attention à avoir la plus grande proportionnalité
02:15parce que ce sont, à nouveau, nos enfants.
02:19Et donc, on ne maintient pas l'ordre de la même façon
02:21avec des manifestations violentes et des black blocs qui viennent pour tout casser
02:26et nos enfants qui manifestent devant nos lycées.
02:30Donc, il faut faire attention et c'est à cela qu'il faut appeler le dialogue et le calme.
02:35Comment vous distinguez, dans une foule qui vous est hostile,
02:37un lycéen pacifique, d'un black bloc qui tient un mortier d'artifice ?
02:41Comment ? Dans cette masse qui vous entoure quand vous êtes policier ?
02:44On a vu les images de cette jeune policière dans Paris.
02:47Mais c'est terrible !
02:48Comment vous arrivez à faire la distinction ?
02:50C'est leur métier.
02:51Ce sont des spécialistes, des matières de l'ordre.
02:54C'est pour ça qu'il ne faut pas les accabler.
02:57Et moi, je suis convaincue, à nouveau, qu'ils font du mieux possible.
03:00Maintenant, il faut toujours raison garder, ils font face à nos jeunes, à nos enfants.
03:06On leur demande de ne plus intervenir.
03:07Pas du tout.
03:08Mais vous savez, là, c'est un mouvement, il y a eu des milliers d'interpellations.
03:13On appelle juste à la désescalade.
03:15Et c'est pour ça qu'il faut appeler d'un côté au calme chez les lycéens
03:19et de l'autre côté à la plus grande retenue de la part de nos forces de l'ordre.
03:24Et donc, c'est ainsi que nous pourrons réussir à ramener le calme dans notre pays.
03:29Et c'est important parce que ce mouvement lycéen, il faut qu'on les écoute maintenant, ces jeunes.
03:34Et il faut qu'on leur apporte des réponses.
03:36Et tant que la violence est là, c'est très difficile d'entendre ces revendications.
03:40Vous comprenez qu'Emmanuel Macron a vu parler de manque d'empathie de la part des forces de l'ordre.
03:43Il y a le bon pivet.
03:44Les forces de l'ordre n'ont pas à être particulièrement empathiques.
03:48Moi, ce que je leur demande, c'est de faire leur travail en respectant les règles déontologiques qui sont les
03:54leurs.
03:54Elles sont formées au maintien de l'ordre.
03:56Après, nous avons une doctrine de maintien de l'ordre qui est spécifique, qu'on peut toujours à chaque fois
04:02réinterroger.
04:03On a d'autres pays qui pratiquent d'autres techniques avec davantage de désescalade.
04:09Peut-être que là aussi, on peut s'interroger.
04:12Mais en tout cas, nos forces de l'ordre, à nouveau, sont soumises à une hiérarchie, sont soumises à une
04:17formation, doivent respecter nos règles.
04:20Et quand elles ne le respectent pas, ce qui arrive, il y a des enquêtes déontologiques.
04:24Là, il y a 18 enquêtes qui sont ouvertes.
04:27Et donc, elles iront jusqu'à leur terme.
04:29Et j'ai entendu que le ministre de l'Intérieur demandait à ce qu'il n'y ait pas l
04:33'usage d'un certain nombre d'outils de maintien de l'ordre,
04:37justement, compte tenu des enquêtes en cours.
04:38Donc voilà, il faut réussir à trouver les bons équilibres.
04:41Mais n'oublions jamais que, un, elles, elles sont chargées de faire respecter les lois de la République
04:46et de permettre la liberté de manifestation aussi et de protéger nos concitoyens.
04:51Et donc, il faut apérativement que lors de ce mouvement, nos jeunes soient également protégés parce que ce sont à
04:58nouveau nos enfants.
04:59Un dernier mot là-dessus, Laurent Nunez a décidé, donc vous l'avez souligné, d'interdire l'utilisation des grenades
05:03assourdissantes.
05:04C'est ce que demande, en gros, la France insoumise.
05:07Elle demande de désarmer la police.
05:09Donc, et les filles en rêvait, c'est le gouvernement qui l'exécute ?
05:11Mais non, parce qu'il ne s'agit pas de désarmer la police.
05:14La police a beaucoup d'outils de maintien de l'ordre.
05:17Il s'agit là d'un outil spécifique.
05:20Il y a une enquête en cours.
05:21Pourquoi on le fait ?
05:22Parce qu'il y a une enquête en cours.
05:23Il y a un jeune qui a été terriblement blessé.
05:25Et donc, il faut qu'on fasse la lumière sur cela pour éviter d'autres accidents.
05:30C'est normal.
05:31Je crois que c'est le bon sens qui prévaut en la matière.
05:34Marine Le Pen estime qu'Emmanuel Macron est toujours du côté de ceux qui consistent à taper sur la police.
05:39Qu'est-ce que vous lui répondez ?
05:40Je trouve que c'est vraiment n'importe quoi.
05:42À nouveau, il faut rester nuancé, équilibré.
05:45Moi, ce que j'aimerais quand même, c'est que lors de ce...
05:49Avec ces événements, qu'on ne parle pas que du maintien de l'ordre.
05:53En fait, moi, ce qui m'intéresse en tant que maire, en tant que présidente de l'Assemblée nationale,
05:57en tant que citoyenne, c'est qu'on parle des jeunes.
05:59On parle de la revendication.
06:00Il faut les écouter parce qu'être jeune aujourd'hui, c'est difficile, c'est angoissant, c'est inquiétant.
06:06Il y a 50 ans, il y a le bon privé ?
06:07Oui, je le crois.
06:08Oui, parce que le monde est dangereux.
06:10On voit bien le réchauffement climatique qui nous impacte.
06:12Les jeunes ont tous vu, comme nous, les incendies cet été.
06:15On a des guerres aux frontières de l'Europe avec la guerre en Ukraine.
06:19On a la guerre en Iran avec le blocage du détroit d'Hormuz qui impacte directement leurs parents et les
06:26jeunes qui vivent dans les campagnes
06:27et qui ne peuvent plus se déplacer pour aller parfois suivre leurs études.
06:31On voit que c'est difficile de s'insérer sur le marché de l'emploi.
06:34Nos jeunes, aujourd'hui, ont 20% de chômage des jeunes.
06:37Le premier CDI pour un jeune, c'est 27 ans.
06:40C'est beaucoup trop tard.
06:41On voit qu'ils ont du mal à se former.
06:43On voit que l'État a abandonné les jeunes de l'aide sociale à l'enfance.
06:47Donc, c'est difficile d'être jeune, aujourd'hui.
06:49Et donc, il faut aussi que nous, les adultes, ceux qui sont en responsabilité, qu'on les entende, qu'on
06:54les comprenne.
06:55Moi, je vous avoue que je suis un petit peu hors de moi.
06:57On entend parler des emplois du temps.
07:01On entend parler de la charge, des cours, etc.
07:03On a eu une convention citoyenne des temps de l'enfant.
07:06Cette convention citoyenne, elle a été menée remarquablement, comme d'habitude.
07:10Et que ce qui s'est passé après ?
07:11Rien. Rien.
07:12Ça fait un an.
07:13État de Macron.
07:14Moi, j'ai appelé à ce qu'on se saisisse de ces conclusions.
07:16Parce que les conclusions de la convention, elles disaient quoi ?
07:19Elles disaient notamment qu'il fallait absolument que les emplois du temps soient répartis sur 5 jours, pas sur 4
07:24jours et demi.
07:25Qu'on fasse des cours de 9h à 15h30.
07:28Et qu'après, on passe sur ce qui épanouit nos enfants aussi.
07:32Le sport, la culture, le théâtre.
07:35C'est ça qui fait qu'on va prendre soin de nos enfants et on n'en a rien fait.
07:40Qu'on va apporter, il y a le bon de pub à cette génération qui aura du mal à trouver
07:42un emploi.
07:43Vous l'avez dit.
07:44C'est de se lever un tout petit peu plus tard, d'aller un petit peu moins en cours, d
07:47'être moins compétitif.
07:47C'est pas moi.
07:48Vous avez vu le niveau des clairs en prison.
07:50Est-ce qu'il faut pas dire travailler plus parce qu'il faut travailler dur ?
07:53Il faut travailler mieux.
07:55Parce que justement, si on répartit les cours du lundi au vendredi, c'est pas travailler moins.
07:59C'est travailler mieux.
08:01Et vous comme moi, on sait que quand un enfant apprend de la musique quand il est jeune,
08:06ça lui permet de mieux apprendre les langues étrangères, les mathématiques, les matières scientifiques.
08:11Quand un enfant éveille un enfant à la culture, à l'art, ça n'est pas du temps perdu.
08:16Quand on éveille un enfant à la pratique sportive, quand on élève un enfant à la pratique sportive,
08:22c'est apprendre la discipline, apprendre le sens de l'effort, la progression, le respect de l'orbite, le respect
08:28de l'adversaire.
08:29Tout ça, ce sont les valeurs fondamentales de la République.
08:32Donc arrêtons justement.
08:34Nous, on a un pays, malheureusement, qui a une éducation très anxiogène,
08:39qui base la réussite sur le niveau en mathématiques ou en français.
08:42C'est hyper important.
08:43Il faut le faire.
08:44Mais valorisons l'ensemble, valorisons les métiers du soin, valorisons les métiers professionnels.
08:50On est nuls en la matière, on le dit toujours.
08:53En fait, vous voyez, moi, j'appartiens à une majorité qui a beaucoup fait sur les lycées pros, sur l
08:58'apprentissage.
08:59On est passé de 200 000 apprentis à près d'un million d'apprentis.
09:02Mais en fait, ce que je constate, après 10 ans de politique, je ne faisais pas de politique avant,
09:06c'est que quand on fait par petits bouts, ça ne marche pas, ça ne suffit pas.
09:11Il faut des réformes d'ampleur.
09:12Il faut des réformes d'ampleur.
09:13C'est ce qu'on fait exactement en ce moment sur les violences faites aux femmes, avec cette loi intégrale.
09:17Eh bien, il faut faire la même chose, une loi intégrale pour notre jeunesse et pour l'éducation des enfants.
09:23Il faut faire un grand big bang, mais il ne faut pas hésiter à le faire.
09:26Nous, on a fait les choses par petits bouts.
09:288 ministres de l'éducation à 9 ans.
09:30C'est 8 ministres de l'éducation.
09:33Mais c'est le bilan Macron, c'est l'instabilité qui est dans notre pays.
09:37Et donc ça, c'est l'instabilité.
09:38Elle résulte de la funeste dissolution.
09:41On est tous d'accord.
09:42Et après, du choix aussi qu'ont fait les Français d'avoir une Assemblée nationale qui est ce qu'elle
09:46est.
09:46J'essaye de la diriger du mieux que je peux, mais c'est compliqué.
09:49Et c'est vrai que ça empêche d'avoir un cap clair et une vision à l'interne.
09:53Yael Brunepuy, vous êtes présidente de l'Assemblée nationale.
09:56On est sur CNUD et sur Europe 1, vous venez de le rappeler.
09:58Est-ce que vous avez été choquée par l'attitude de certains députés de la France insoumise
10:01sur les blocages dans les lycées,
10:04arrangant la foule, le mégaphone en main,
10:07tentant peut-être de les inciter à poursuivre vos mouvements ?
10:10Ça vous a choquée ou pas ?
10:11Moi, ça m'a choquée parce qu'effectivement,
10:13le rôle d'un député, c'est avant tout d'être à l'Assemblée nationale
10:16et de faire son travail de représentant de la nation.
10:19Figurez-vous qu'hier, nous, on avait des auditions.
10:21On a auditionné, justement, suite à ces événements,
10:24en commission des affaires culturelles,
10:26le ministre Geoffrey de l'Éducation nationale
10:28et en commission des lois, le ministre Nunez de l'Intérieur
10:32pour qu'il rende des comptes.
10:33C'est ça, le job du Parlement.
10:34On a eu aussi des questions au gouvernement
10:36puisqu'on a la chance, nous, en tant que député,
10:38de pouvoir directement interpeller les ministres.
10:41Donc, le rôle d'un député un mercredi,
10:43c'est plus d'être à l'Assemblée nationale,
10:45dans les commissions permanentes et dans l'hémicycle
10:47que d'être dans les manifestations.
10:50Après, moi, ce que j'ai vu, c'est que j'ai vu un peu les deux choses.
10:52J'ai vu des parlementaires avec des casques blancs
10:55pour dire, en fait, pour appeler au calme.
10:57Et ça, pourquoi pas ?
10:59Et il peut y avoir aussi des parents, des profs, des proviseurs.
11:01Il y en a eu.
11:02Et ça, c'est intéressant, je trouve,
11:04parce qu'il faut apaiser les choses
11:05et chacun peut prendre sa part.
11:06Mais, en revanche, attiser les violences,
11:11haranguer les jeunes et puis se dire que, en fait,
11:14quoi qu'ils fassent, ils ont raison de le faire,
11:15là, je pense que c'est un tort
11:17parce que, nous, notre rôle d'adultes et d'élus,
11:20c'est plutôt de faire en sorte que les choses se calment
11:23pour, justement, qu'on puisse construire ensemble, en fait.
11:25S'il ne s'agit pas...
11:26Moi, je suis inquiète parce que je vois une société
11:28où les gens se confrontent de plus en plus,
11:31où on va s'opposer de plus en plus.
11:33Nous, notre job, en tant qu'adultes
11:35et en tant que responsables politiques,
11:36c'est plutôt d'unir, de rassembler,
11:39de faire en sorte que les gens
11:40qui n'ont pas forcément les mêmes opinions
11:43dialoguent entre eux.
11:43En tout cas, moi, c'est ce que j'essaye de faire
11:45et chacun doit appeler à cela.
11:47Est-ce qu'ils sont intouchables, les députés ?
11:49Thomas Porte, de la France Insoumise,
11:50a affirmé hier aux policiers
11:52qu'ils n'avaient pas le droit de le contrôler,
11:54qu'ils avaient le droit d'aller où ils voulaient,
11:55de faire ce qu'ils voulaient.
11:57Mais non, ils n'y devaient pas du tout.
11:58Les députés sont des citoyens comme les autres.
12:00Ils ont une immunité parlementaire,
12:02mais uniquement dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale
12:05pour les propos qu'ils tiennent.
12:07Tout ce qui se passe en dehors de l'Assemblée nationale,
12:11il n'y a aucune immunité.
12:12Les députés sont des citoyens comme les autres.
12:14Il n'y a pas de passe-droit.
12:15Ils n'ont pas le droit de se tenir là
12:19où les autres n'ont pas le droit de le faire.
12:21Et ça, il faut vraiment déconstruire cette idée.
12:24Ce n'est pas parce qu'on porte l'écharpe tricolore
12:26qu'on est intouchable.
12:27Ça n'existe pas dans une démocratie.
12:29Mais on voit effectivement que la France Insoumise
12:31est en train de faire une OPA idéologique sur la jeunesse.
12:34C'est un problème pour vous ?
12:35C'est un problème parce que ce qu'il leur propose,
12:38je crois, ne résoudra en rien leurs difficultés.
12:42Et donc, il faut...
12:43Et moi, je n'ai jamais laissé tomber la jeunesse.
12:45Je vais continuellement leur parler.
12:47Presque toutes les semaines, je suis dans une faculté.
12:49La semaine dernière, j'étais à Sciences Po.
12:51Il y a trois semaines, j'étais à la fac de Toulouse.
12:54Il faut parler à la jeunesse.
12:55Cette semaine, on a accueilli le conseil d'orientation des politiques de jeunesse
12:59à l'Assemblée nationale.
13:00J'ai un conseil des jeunes de circo.
13:02Il ne faut pas que les jeunes se fassent instrumentaliser
13:04parce que ça leur nuira.
13:06Justement, il faut qu'on arrive à dialoguer tous ensemble.
13:09Et la jeunesse pourrait être un combat qui nous rassemble en transpartisans.
13:13N'en faisons pas, en fait, une querelle politique
13:16parce que les jeunes en seront les premières victimes.
13:20Yael, nous étions le 7 octobre hier.
13:22On a eu une scène, pendant ces blocages de lycée,
13:24une femme qui avait un drapeau israélien
13:26qui se fait littéralement agresser
13:28et interpellée par un jeune manifestant
13:30évidemment masqué, évidemment cagoulé.
13:34Elle nous a dit...
13:35On est le 7 octobre.
13:36Et là, ce qu'on entend, ce sont des slogans sur Gaza, sur la Palestine.
13:39Elle dit...
13:40La jeunesse de France a brillé. Qu'est-ce que vous dites ?
13:42Mais, en fait, ce qui est terrible,
13:45c'est qu'on a des indignations à géométrie variable.
13:49Le 7 octobre, c'était des jeunes.
13:52C'était des jeunes qui étaient au festival Nova.
13:55C'était des jeunes qui faisaient la fête,
13:57qui dansaient, qui s'amusaient.
13:59C'est eux qui ont été assassinés.
14:01C'est un Bataclan puissance 10.
14:03Et donc, je comprends qu'on soit indignés
14:06par ce qui s'est passé à Gaza
14:08et la riposte israélienne
14:10qui a été surdimensionnée.
14:12On le sait tous qu'elle a fait beaucoup trop de dégâts
14:15en voulant éliminer le Hamas.
14:17Il y a des victimes civiles par milliers.
14:19Ça nous révulse tous, évidemment.
14:21Mais ce que je ne comprends pas,
14:23c'est qu'il faudrait être révulsé
14:24soit par l'un, soit par l'autre.
14:26On peut être communément révulsé.
14:28Et le 7 octobre, il fallait être révulsé
14:32par ce qui s'est passé en Israël,
14:33qui a été le pire attentat terroriste
14:36qui visait les Juifs depuis la Seconde Guerre mondiale.
14:38Moi, je suis allée avec le président du Sénat,
14:42main dans la main, comme d'habitude,
14:44au Mémorial Place des Vosges,
14:45pour rappeler que la République française,
14:48ça n'est pas ça.
14:49Et donc, nous sommes unis contre l'antisémitisme,
14:52toujours.
14:52Avec, évidemment, la dénonciation
14:54de ceux qui instrumentalisent
14:56cette idéologie-là,
14:58pour notamment créer des conditions
15:00pour l'antisémitisme,
15:01qui, malheureusement, continue à sévir dans notre pays.
15:04S'il a exposé, mais c'est ça.
15:05Il faut vraiment appeler à la raison
15:08et ne pas laisser qui que ce soit
15:11fracturer notre pays.
15:13C'est ça qui est en jeu en ce moment.
15:14Et nous ne laisserons pas faire.
15:16Deux mots, rapidement, pour terminer le budget.
15:18C'est très important, les Français.
15:19On n'a pas parlé des annonces du Premier ministre,
15:22parce qu'on pensait qu'il parlerait des lycéens.
15:24Il a parlé du prix du gazole.
15:26Très bien.
15:26Il y a des annonces qui ont été faites
15:27sur le fait que le prix du gazole va baisser.
15:29Ce budget, est-ce que vous pensez
15:31qu'il sera voté d'ici le 31 décembre,
15:33comme l'espère le Premier ministre ?
15:36Je ne sais pas s'il sera voté,
15:38mais je pense qu'il sera adopté.
15:40Il doit l'être.
15:40Nous avons besoin d'un budget.
15:42Notre pays a besoin d'un budget.
15:44Et si nous n'en avons pas,
15:46tout le monde en souffrira.
15:47Ça ne sera pas la défaite d'un camp.
15:50Ça sera chacun de nos concitoyens
15:52en subira les conséquences.
15:54Il faut que tout le monde soit responsable.
15:57Et moi, vraiment, j'appelle chacun
15:58à être responsable dans l'hémicycle
16:00de l'Assemblée nationale.
16:01Je ne demande pas à ce qu'ils approuvent
16:03le budget présenté par le Premier ministre.
16:06Moi, j'ai demandé au Premier ministre
16:07d'enlever tout ce qui pouvait être
16:08chiffon rouge pour les uns ou pour les autres.
16:11Il nous faut un budget responsable
16:13et raisonnable.
16:14Mais en revanche,
16:15on doit maintenir une trajectoire.
16:17Et le prochain président de la République,
16:19quel qu'il soit,
16:20pourra agir,
16:21soit par acte réglementaire,
16:23soit en présentant une nouvelle loi
16:24de finances rectificatives,
16:25pour impulser ses orientations.
16:28Mais il pourra le faire
16:28que si nous avons un budget,
16:30et que si la France n'est pas tombée
16:32dans une crise financière et économique,
16:34ce que nous pourrions avoir
16:35si nous n'avons pas de budget.
16:36Donc, là aussi, discutons,
16:39faisons tous des compromis
16:40et passons soit par ordonnance.
16:42Moi, c'est une solution
16:42que je n'aime pas du tout,
16:43mais je demande à ce que le gouvernement
16:45prenne ses responsabilités.
16:46Un 49.3,
16:47après avoir entendu chacun.
16:49C'est important.
16:50Ce n'est pas un 49.3
16:52comme ça,
16:53balancé au Parlement.
16:54C'est un 49.3
16:55qui tient compte
16:56des débats en commission,
16:57des débats dans l'hémicycle,
16:59mais à un moment donné,
17:00il faut être réaliste.
17:01Ce n'est pas la négation
17:01du travail parlementaire ?
17:02Oui, mais les ordonnances,
17:04c'est encore pire,
17:05Madame Ferrari,
17:05parce que les ordonnances,
17:06c'est le budget tel
17:07qu'il a été déposé,
17:08donc il ne tient pas compte
17:09du débat parlementaire.
17:10Donc, c'est encore pire.
17:10Donc, plutôt un 49.3
17:11que pas de budget.
17:12Le 49.3 peut tenir compte
17:14des débats parlementaires
17:15puisque le gouvernement
17:15retient les amendements
17:16qu'il souhaite.
17:17Alors, c'est à la main du gouvernement.
17:19Ce n'est pas nous
17:19qui décidons ce qui est choisi,
17:21mais quand même,
17:22au moins, on peut tenir compte
17:23de ce qui s'est passé
17:24à l'Assemblée nationale.
17:25Donc, ça, c'est important.
17:26Et de toute façon,
17:27il ne faut pas être naïf.
17:28Le budget ne sera pas voté.
17:29Nous ne trouverons pas
17:30une majorité parlementaire
17:32pour le voter.
17:33On n'en a pas trouvé
17:33depuis que nous sommes
17:34dans cette situation
17:36sans majorité.
17:37Donc, moi, je ne crois pas
17:38au Père Noël,
17:38donc on n'en aura pas là.
17:39En revanche, on peut demander
17:40à chacun de faire un effort
17:41pour le bien de notre pays.
17:44Notamment au RN,
17:44vous demandez à Marine Le Pen
17:46de faire attention
17:48à ce budget.
17:48Je ne demande rien
17:49à Marine Le Pen.
17:50Je demande à chaque députée
17:53qui est présent
17:54dans l'hémicycle.
17:55S'il pense un tant soit peu
17:57à notre pays
17:58et à son intérêt,
17:59il faut qu'on trouve
18:00un compromis.
18:01Non, parce que le RN
18:02est une force centrale.
18:03Oui, mais j'en appelle
18:04à chaque députée
18:05et à Marine Le Pen.
18:06Comme les autres parlementaires,
18:07il y en a 577
18:09dans cet hémicycle.
18:10On voit que l'élection présidentielle,
18:11évidemment,
18:11est dans toutes les têtes
18:12et ce duel RN et les filles
18:14qui se profilent
18:14pour le second tour.
18:15Comment desserrer
18:16cette tenaille, selon vous ?
18:17On voit que le bloc central
18:18est complètement fissuré,
18:19divisé.
18:20Rien indique quel candidat
18:21sera le mieux placé
18:22dans ce fameux bloc central.
18:23Pourquoi est-ce que vous
18:24ne vous proposez pas
18:25comme candidate d'union ?
18:26En fait, moi, je pense que
18:27déjà, ce duel, il fait peur.
18:29On entend, moi,
18:30c'est les retours que j'ai,
18:31que ce soit chez les jeunes
18:32ou les moins jeunes.
18:33Le duel entre les deux extrêmes
18:35fait peur.
18:36Il est anxiogène.
18:37Il est angoissant.
18:38Et il est angoissant
18:38parce que les gens se disent
18:40mais quelle est l'alternative ?
18:42Et donc, il faut
18:43qu'on propose une alternative
18:44qui soit solide.
18:46Et pour ça, moi,
18:47c'est ce que j'ai toujours dit
18:48depuis des mois.
18:48Parlons projet.
18:50Moi, je ne vois que des candidats
18:51qui continuent dans leur silo.
18:53Alors, on a autant de propositions
18:55sur le régime de retraite
18:56que de candidats
18:57dans le bloc central.
18:58Ça n'est pas possible.
18:59Il faut qu'on présente
19:00quelque chose de commun.
19:01Et donc, travaillons sur le fond
19:02avant de se dire
19:03derrière qui on se met.
19:05Je continue à dire la même chose.
19:06Je me lasse.
19:07Je lasse tous les gens
19:08qui m'écoutent, malheureusement.
19:09En disant, vous ne voulez pas
19:10vous prononcer pour l'instant.
19:12Mais je veux parler du fond.
19:14Quel projet pour nos jeunes ?
19:16Quel projet pour nos jeunes ?
19:17Moi, ce que je propose,
19:18un big bang.
19:20Parlons, chamboulons
19:21la façon dont on forme nos jeunes,
19:24leur emploi du temps,
19:24la formation professionnelle,
19:26l'orientation.
19:27On a tant à faire pour eux.
19:29Discutons de ça
19:30plutôt que de savoir
19:31derrière qui on se met.
19:32Et il n'y a que des hommes
19:32dans ces candidats du bloc central.
19:34Ça ne vous dérange pas ?
19:34Si, ça me dérange
19:35comme d'habitude.
19:36Mais c'est ainsi.
19:38Ce sont les chefs de parti.
19:39Je le regrette.
19:40Mais il faut des femmes
19:42parce que peut-être
19:42que nous avons des regards différents.
19:44Enfin, ce n'est pas peut-être.
19:45J'en suis convaincue.
19:46Merci beaucoup,
19:47Yael Broun-Pivet,
19:47présidente de l'Assemblée nationale
19:49qui était autre invité
19:49ce matin sur CNews
19:50et sur Europe 1.
19:51Bonne journée à vous.
19:52Merci, Yael Broun-Pivet.
19:53Merci, Laurence Ferrari.
19:54Dans un instant,
19:55vos signatures du jeudi.
19:56Julia De Funès,
19:58Eugénie Bastier et Nicolas Carreau.

Recommandations