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  • il y a 6 heures
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00On clape, voilà, et vous me dites si j'ai l'air un peu gros, parce que je dis que
00:06c'est nia.
00:07Alors, alors, alors, alors, alors, alors, alors, Cade Benoît, vous vous êtes croisé il y a 13 ans sur un
00:11film qui s'appelait Le Grand Méchant Loup,
00:13vous vous revoici 13 ans plus tard, alors il n'est plus question de Grand Méchant Loup, encore que, ça
00:17se discute,
00:18avec un film qui s'annonce comme une comédie mais qui n'en est pas une.
00:22Alors vous, Cade, vous dites que dès que vous avez lu le scénario, vous avez dit oui, et vous, Benoît,
00:26dès que vous avez su que Cade,
00:27le jour là-dedans, vous avez dit oui, c'est exact ou c'est de...
00:30Non, c'est tout à fait exact, oui, c'est tout à fait juste.
00:32Oui.
00:33C'est gentil, hein.
00:34Je trouvais que le texte était connu, et ensuite, c'était quand même nécessaire d'avoir un partenaire avec qui
00:39tu pouvais t'amuser.
00:41OK, vous, Cade ?
00:42Ben, moi, j'ai trouvé quelqu'un qui était plus que moi, en fait.
00:45Parce que moi aussi, j'ai...
00:47Je ne peux pas manger autant que toi.
00:48Non, oui, non, peut-être pas.
00:50Mais, c'est vrai, moi, j'ai aussi tendance beaucoup à très décontracté, voilà, arriver sur un plateau en disant
00:55bonjour à tout le monde
00:56de manière presque...
00:57Mais, en fait, il est pire que moi, mais dans le bon sens du terme.
01:02Et puis, moi, ce que j'aime, c'est qu'on se ressemble aussi dans le côté casanier, le côté
01:05on n'aime pas trop les soirées cinémas,
01:07on n'aime pas trop les festivals, on n'aime pas trop les entre-soirs.
01:10On est plutôt des gens qui, j'ai l'impression, on parle plus des fois de nos jardins, de nos
01:15plantes, de nos arbres...
01:16De nos chiens.
01:17De nos chiens que du métier, voilà.
01:20Et ça, c'est un défaut...
01:21Mais qu'est-ce qui bouffe ?
01:22Non, c'est ça.
01:23Ça, c'est un défaut, ça.
01:24Pardon ?
01:25Ça, c'est un défaut.
01:26C'est pas un défaut, mais c'est parfois un peu déstabilisant, tu vois ?
01:29Venons-en au film.
01:30C'est donc l'histoire de ce personnage, un chef d'orchestre.
01:34Monsieur Millet !
01:35Ça débarque comme une comédie, et puis ça bascule dans tout à fait autre chose, un huis clos,
01:38dont évidemment, on ne spoilera rien.
01:40Non, non.
01:41C'est comme si on passait un peu de l'emmerdeur à la valse des pantins.
01:44Exactement.
01:45C'est d'un goût, vous dites ?
01:45C'est ma référence.
02:14Vous étiez pour moi le plus grand chef d'orchestre au monde.
02:16Vous allez, vous en allez, sinon j'appelle la police.
02:22C'est vous qui avez fermé la porte de service ?
02:25Vous ne m'empêcherez pas de sortir.
02:28Qu'est-ce que vous voulez ?
02:31La vérité.
02:32Mais quelle vérité ?
02:33Cherchez, ça va vous revenir.
02:38Vous l'avez pris pour qui ?
02:44Il y a un temps pour tout, monsieur Miller.
02:46Un temps pour les mensonges.
02:48Un temps pour la vérité.
02:50Arkani m'a dit, ça commence comme l'emmerdeur.
02:52Ça se retrouve, effectivement.
02:53Et ça finit en garde à vue aussi.
02:55Oui, absolument.
02:55Ah oui, pas faux.
02:57Et moi, je mettrais la valse des pantins
02:58qui est un de mes films préférés
02:59puisque c'est Kings of Comedy, en vérité.
03:03Martin Scorsese avec Jerry Lewis.
03:04Et Jerry Lewis.
03:05Qui est un film où on n'a jamais vu Jerry Lewis comme ça.
03:07Tu l'as vu ce film ?
03:08Bien sûr, je l'ai vu.
03:08J'ai donné le voir.
03:09Et franchement, non mais ça ressemble un peu à ça.
03:11Non, non, mais c'est vrai.
03:12C'est une très bonne référence.
03:13Alors que moi, Arkani disait, lui donner,
03:15tu vois, tu vas démarrer comme ça,
03:16mais comme ce que vous venez de dire.
03:18Et ensuite, tu vas monter par là.
03:19Alors que moi, c'était brutal.
03:20C'était juste, oh ben toi, tu es méchant, quoi.
03:23Tu vas tout droit.
03:24Oui, tu es méchant.
03:25Oui, mais c'était un personnage très complexe,
03:27très dur à jouer aussi, excuse-moi.
03:28Non, c'était plus facile à faire.
03:29Et puis, le chef d'orchestre, justement,
03:31c'est un rôle pas comme les autres, le chef d'orchestre.
03:32Alors, il y a eu tout.
03:33Il y a eu De Funès dans La Grande Vadrouille,
03:35il y a eu Bradley Cooper dans Maestro.
03:36Je vais vous donner une anecdote.
03:37J'ai eu une journée pour faire le chef d'orchestre.
03:41Et j'avais un tout petit peu,
03:43je lui ai dit un tout petit peu,
03:44appris un morceau qui était un morceau précis,
03:49le premier mouvement.
03:50Et ce n'était pas le bon morceau ?
03:52Absolument pas.
03:52Donc, je suis arrivé sur la scène
03:55et l'orchestre, parce qu'il y avait tout un orchestre,
03:57n'avait absolument pas choisi ce mouvement.
03:59Et le violon, le violon.
04:01Et comment tu vas faire ?
04:01Ah oui, le violon.
04:02On a appris à jouer du violon.
04:05Et alors, j'ai dit, attendez, comment je vais faire ?
04:07Je suis sorti, j'ai dit, je vais faire n'importe quoi.
04:10Et j'ai fait n'importe quoi.
04:12Voilà.
04:12Alors, pour tous les musiciens,
04:13ça ne sert à rien de me dire.
04:14Après, en commentaire, il fait n'importe quoi,
04:17dites-le au premier assistant.
04:18Il y a donc ce chef d'orchestre
04:19qui est harcelé par ce fan un peu lourdeau
04:21que vous jouez, Cad.
04:22Ça vous est arrivé tous les deux
04:23d'avoir des fans un peu insistants comme ça ?
04:26Si, si, moi j'ai eu un jour,
04:27j'habitais seul à ce moment-là
04:29et j'avais une grande maison.
04:31Et je me lève un matin, je me dis,
04:32tiens, c'est bizarre, mon chien est dans mon lit.
04:34D'accord ?
04:35Mon chien est dans mon lit.
04:35Mon chien est dans mon lit.
04:36Donc normalement, mon chien est en bas.
04:38Donc je me dis, c'est impossible que j'ai oublié
04:40de fermer la porte de la cuisine en bas.
04:43Je descends l'escalier,
04:44je vois un type dans la lumière à 5h du matin
04:46avec une peau de bête
04:49et des énormes cheveux, une énorme barbe.
04:51La lumière de la cuisine allumée,
04:52comme dans les films,
04:53parce que c'est une vieille maison du XIXe siècle.
04:55Je descends l'escalier,
04:56le type était au pied de l'escalier comme ça.
04:58Il me regarde et il me dit,
04:59tu savais que je viendrais.
05:00Oh putain !
05:04J'étais à poil, il faut imaginer.
05:06Je dis, comme dans les films.
05:09Le gars était persuadé qu'il avait lu dans un truc
05:11parce que je venais de faire un film
05:12qui s'appelait Le Tout Louveau Testament,
05:14que comme j'avais joué Dieu,
05:15je l'avais appelé.
05:16Et alors il répétait sans cesse
05:18le nom d'une autre actrice
05:19que je ne connaissais pas.
05:20Et elle aussi, elle m'attend.
05:22Je l'ai frappé, je l'ai sorti de chez moi
05:24et j'ai félicité mon chien
05:25parce qu'en fait,
05:26il n'a rien fait ce con là.
05:28Il a bouffé avec lui,
05:29il a vidé mon frigo.
05:30Il m'attendait.
05:32Il m'a comprendre.
05:34C'est incroyable cette histoire.
05:35Eh bien, on l'a retrouvée.
05:37Il est là.
05:40Celui-là, il m'a bien foutu les chelons.
05:42Donc ça se passe dans les années 90
05:43mais la grande période de la Seconde Guerre mondiale
05:48était rapidement convoquée dans le film.
05:50Je reviens un peu à ce que dit Arkady.
05:52Il dit qu'il est capital d'entretenir ce devoir de mémoire.
05:54Bien sûr, c'est important de ne pas oublier l'histoire
05:57et cette histoire-là notamment
05:58et ce moment-là de l'histoire de France.
06:00Exactement, oui, je pense.
06:01D'autant que ce n'est pas toujours quelque chose de facile à aborder,
06:05surtout en France.
06:05Non, mais ça peut être abordé aussi avec humour
06:07comme Papy fait de la Résistance.
06:09Il y a des films...
06:10Celui-là, celui que j'ai fait de Pascal Leblanc, c'est rigolo.
06:12Oui, c'est une comédie en fait en plus.
06:14Oui, bon, entre deux.
06:16Oui, devoir de mémoire important, bien sûr.
06:17Moi je l'ai dit d'ailleurs, je pense que c'est des films patrimoniaux.
06:19Oui, c'est ça.
06:21Patrimoniaux.
06:22C'est un film qui se passe dans les années 90
06:23mais il est très rapidement...
06:25Pardon, putain, merde, excuse-moi.
06:27C'est qui ?
06:28C'est un berger.
06:29Ce n'est pas un fan ?
06:30Non, c'est un berger.
06:32Un berger en Bourgogne ?
06:33Non, oui, enfin oui.
06:34Oui, bon.
06:35J'ai un ami qui vit à la montagne
06:38qui était berger.
06:40Et de temps en temps, on s'appelle, je vais prendre des nouvelles
06:41parce que j'ai assisté à la naissance d'une...
06:44Ça va être intéressant ce que je prends moi.
06:46D'une des brebis que j'ai nommée
06:48qui est un peu comme ma brebis.
06:50Elle s'appelle comment ?
06:51Elle s'appelle Chichou.
06:52Chichou.
06:53Voilà, Chichou.
06:53Chichou la brebis.
06:54Donc c'est une petite brebis.
06:55Et de temps en temps, il me donne des nouvelles
06:56pour savoir parce qu'elle avait un look un peu spécial,
06:58elle avait une robe un peu particulière.
07:00Et j'aime beaucoup ce monde-là,
07:01ce monde des éleveurs et des...
07:02Oui, je le sais, oui.
07:03Je sais que ça t'interdit.
07:05De ?
07:06D'approcher les brebis ?
07:07Non, d'avoir des relations avec des animaux.
07:09Non, mais une relation...
07:11C'est dégueulasse ce que tu as raconté.
07:13J'espère que je serai coupé.
07:15Laissons Chichou dans les montagnes.
07:16J'ai relevé quelques points communs entre vous.
07:19Vous êtes né déjà la même année, en 64.
07:21Je ne savais même pas ça, oui.
07:22Ah, tout à l'heure, on a appris que je suis l'aîné ?
07:26Je ne sais pas, de quelques semaines peut-être, oui.
07:27Non, de quelques mois.
07:28Vous avez tous les deux un passif télé ?
07:30Oui.
07:31Moi, c'était...
07:32Ce fut court.
07:33Vous avez fait des débuts triomphants dans la comédie,
07:36un passage réussi vers d'autres registres,
07:38et puis un goût certain pour la musique.
07:40Vous êtes batteur, vous avez été batteur tous les deux.
07:42Moi, j'étais très mauvais, oui.
07:44Moi, je n'étais pas mauvais, mais je n'étais pas très bon.
07:46Vous étiez pas mal, je vous ai déjà entendu.
07:48Le marteau.
07:49Le marteau.
07:50Le marteau.
07:51Par contre, je suis super droit.
07:52J'ai fait du garage avant les autres.
07:53Ça veut dire que tu étais droit.
07:54J'ai fait vraiment du garage avant les autres.
07:55Moi, j'étais un peu le batteur des Stones, Charlie Watts.
07:59Oh, carrément !
08:00Très droit.
08:00Ah, très droit.
08:01Mais au fond du temps, vas-y.
08:02Très au fond du temps.
08:03Au fond du temps.
08:04C'est pour ça que j'étais réputé pour être bien toujours droit.
08:06Il n'y a rien qui est...
08:07C'est le plus important pour un batteur.
08:08Le batteur des Stones.
08:09Non, le batteur des Stones.
08:10Oui.
08:10C'est un excellent batteur, c'est un batteur de jazz.
08:12Non, mais je veux dire, par rapport au fait, à sa régularité,
08:14et au fond du temps, c'est-à-dire que tu es toujours droit.
08:16Tu peux compter sur moi.
08:17Oui.
08:17Alors que moi, j'ai eu l'honnêteté de dire...
08:20T'es un marteau.
08:21Toi, tout de suite, Charlie Watts.
08:22Il était sur le temps.
08:23Mais c'est ce que dit Antoine, c'est pas moi.
08:25Et l'humilité, l'humilité.
08:26La modestie aussi.
08:27Oui, et puis aussi, tous les deux.
08:28Et je note quand même une différence entre vous,
08:30c'est que vous, Cade, vous avez déjà joué un président de la République.
08:33C'est vrai ?
08:33Oui.
08:34Et dans Baron Noir.
08:35Oui, oui, oui.
08:36Contrairement à vous, mon cher Benoît.
08:37Moi, j'ai joué Dieu.
08:38C'est quand même...
08:39Qui a joué Dieu ?
08:40Ben oui.
08:40Oui, c'est un peu Dieu.
08:42Président, t'es un peu Dieu, quand même.
08:44Chez vous ?
08:44Est-ce qu'il fera un bon président, d'ailleurs, Cade ?
08:46Oh oui, sans problème, oui.
08:51Bonsoir, monsieur le président.
08:54Bonsoir, Alain Berger.
08:57C'est vous.
09:09Alors, ça s'est encore joué un peu ?
09:13Je voudrais votre avis sur quelque chose.
09:16Bien sûr.
09:20On en est où ?
09:23Avant ?
09:25Juste avant ?
09:26Longtemps avant ?
09:28Alors, ça a déjà commencé.
09:34La guerre civile.
09:46Ça fait un bout de temps que vous n'avez pas eu un président barbu.
09:50Il se rétend.
09:50Ben, c'est vrai, parce que vous, les Français, vous ne savez jamais vraiment très bien.
09:53Qu'est-ce que vous attendez de vos présidents ?
09:55Pourquoi ne pas discuter de leur pilosité ?
09:57Tiens, on prendrait bien avec des cheveux, on la prendrait bien avec une barbe.
10:00Mais bon, je ne dis pas que je n'y ai pas pensé et que je n'y pense pas
10:02encore.
10:03Toutes les portes sont ouvertes.
10:04Je ne voudrais pas lancer des mauvaises rumeurs, mais entre les moutons et la présidence, j'hésite encore.
10:08Je vais vous laisser là, mes amis, mais la précédente interview, vous m'attendez, vous l'avez terminée, Benoît, en
10:12disant, tiens, je vais aller poser une petite patate.
10:14Qu'est-ce que vous pourriez avoir comme vœux, au terme de cette interview-ci ?
10:21Tout le monde s'interroge, l'ai-je posé ?
10:22Je vais donc vous quitter sur cette petite note d'espoir.
10:25Merci.
10:25Merci à vous, Antoine.
10:27Qui soulage, en tout cas.
10:28Et en après, je vais vous la reposer, parce que tous les téléspectateurs se la posent et vous pourrez me
10:32couper.
10:33Quel est votre secret ?
10:34Le secret ?
10:35Oui.
10:35Ben, je pose des patates régulièrement.
10:37A vous aussi ?
10:38Merci.

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