Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures
À LA UNE / Colère des lycéens : où est la sortie ?
Depuis le 21 septembre 2026, la grogne monte de manière significative au sein de la jeunesse. Les blocus d'établissements et les rassemblements spontanés se multiplient désormais dans tout le pays, témoignant d'une colère profonde face aux réformes éducatives actuelles, à la complexité de Parcoursup et aux journées trop chargées. La radicalisation des modes d'action sur le terrain révèle une fracture de plus en plus nette entre l'institution scolaire et les élèves. Face à cette situation d'urgence, les réponses successives de l'exécutif peinent visiblement à convaincre une base militante fortement connectée, solidaire et déterminée. Entre des revendications concrètes liées aux conditions d'apprentissage quotidiennes et un climat général de défiance, ce mouvement d'ampleur interroge la place réelle accordée à la parole lycéenne. Quelles sont les racines de cette fronde et comment y remédier ?
Invités :
- Thomas Despré, journaliste politique à RTL
- Nicolas Bray, proviseur du lycée Fenelon à Paris
- Fabien Truong, sociologue, écrivain et enseignant à l'université Paris 8, auteur de « Terrain vague » (éditions de l'EHESS)

Chroniqueurs :
- Nicolas Domenach, journaliste politique
- Anna Cabana, journaliste

LA QUESTION QUI FÂCHE / Casseurs : tous à la caisse ?
Alors que les mobilisations lycéennes atteignent leur « acte III », le gouvernement s'interroge sur les façons d'apaiser la fronde et de dissuader les casseurs. Dans cette optique, la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a annoncé que le projet de loi « casseurs-payeurs » serait analysé de manière anticipée au Sénat à partir du 27 octobre 2026. Le texte vise à rendre les participants à un attroupement collectivement et fiancièrement responsables des dégradations qui y sont commises, dans la limite de 10 000 euros. Il ne sera pas nécessaire de prouver qu'ils en sont personnellement les auteurs. Ce projet de loi est-il inconstitutionnel comme l'affirment ses détracteurs ?
Invités :
- Danièle Obono, députée « La France Insoumise » de Paris
- Michaël Taverne, député « Rassemblement National » du Nord
- Laurent Croizier, député « les démocrates » du Doubs

« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique.
Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:04Musique
00:00:23Bonsoir à tous, soyez les bienvenus dans chaque voix compte sur LCP.
00:00:26Je suis très heureuse de vous retrouver pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct
00:00:31de l'Assemblée Nationale
00:00:32avec pour m'accompagner ce soir Anna Cabana.
00:00:35Bonsoir Anna.
00:00:36Bonsoir Annine.
00:00:37Et bonsoir Nicolas Domène.
00:00:38Bonsoir.
00:00:39C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir les deux images du jour.
00:00:43D'un côté les lycéens qui ont manifesté en masse dans toutes les grandes villes de France.
00:00:48De l'autre le Premier ministre face au feu roulant des questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale.
00:00:53Quelle réponse politique à ce malaise lycéen qui semble avoir pris l'exécutif de cours ?
00:00:59Emmanuel Macron convoque d'ailleurs une réunion ce soir à l'Elysée.
00:01:04Lycée, anatomie d'une colère, c'est la première partie de chaque voix compte ce soir.
00:01:08A suivre ensuite comme chaque mardi, œil pour œil, le match des idées avec Anna Cabana et Nicolas Domenac.
00:01:14Sur quoi ? Sur qui ? Avez-vous jeté votre dévolu ce soir ?
00:01:17Sur les insoumis avec cette question, est-ce qu'ils mettent le feu ou est-ce que, comme ils disent,
00:01:23ils ont des casques blancs pour apaiser tout ça ?
00:01:25Vous dites quoi Bouana ?
00:01:27Plutôt pyromanes moi.
00:01:29Moi je dis que c'est le chef des pompiers Jean-Luc Mélenchon, c'est ça ?
00:01:32Vous nous expliquerez tout ça tout à l'heure.
00:01:34Dans la deuxième partie de chaque voix compte place à la question qui fâche, on va débattre du projet de
00:01:38loi Casseur-Payeur.
00:01:39qui sera examiné au Sénat le 27 octobre dans le contexte des violences autour de la mobilisation lycéenne.
00:01:45On en débattra tout à l'heure avec trois députés.
00:01:47Vous pouvez d'ailleurs vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos remarques.
00:01:52C'est moi ce soir qui ai la tablette.
00:01:54Donc je lis vos messages et je transmets vos questions en direct à nos invités.
00:01:59On n'oublie pas Bourbon Express, le journal de l'Assemblée nationale.
00:02:01Tout ce qui s'est passé au Palais Bourbon aujourd'hui, ce sera tout à l'heure avec Marco Pommier.
00:02:05Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:07Installez-vous confortablement.
00:02:08Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:16Ils étaient 450 000, selon les organisateurs, 450 000 personnes des lycéens, mais aussi des parents, des étudiants, des profs,
00:02:24des syndicalistes
00:02:25à manifester aujourd'hui dans toute la France pour réclamer des moyens pour le lycée
00:02:30sous haute surveillance des autorités qui semblent ne pas parvenir à répondre à cette colère
00:02:35après déjà plusieurs jours de tensions et d'affrontements.
00:02:38D'abord, les images de la journée rassemblées et commentées par Maït et Frémont.
00:02:48À Rennes, à Lyon, à Bordeaux ou à Marseille, ils étaient 450 000 selon les organisateurs,
00:02:54256 000 selon le ministère de l'Intérieur à manifester aujourd'hui.
00:03:00On manifeste pacifiquement.
00:03:02On ne veut rien lâcher.
00:03:03De toute façon, on voit clairement qu'on ne s'est toujours pas fait entendre.
00:03:05Donc nous, on va continuer à se mobiliser.
00:03:09Manifestations en région le matin et cortège parisien en début d'après-midi.
00:03:14Il y a des classes qui atteignent 36, 40 élèves.
00:03:16Ce n'est plus normal.
00:03:17Nous demandons une refonte des temps scolaires qui sont aujourd'hui de 8h, 18h30 tous les jours.
00:03:22Ce n'est plus possible.
00:03:23Nous demandons une refonte de la démocratie lycéenne qui est aujourd'hui dysfonctionnelle.
00:03:28Des lycéens dans la rue pour défendre leurs revendications,
00:03:32mais aussi, au cœur de la foule, des professeurs, des syndicalistes et des parents,
00:03:37brassards blancs accrochés aux bras.
00:03:39On est là juste pour être présents, pour voir ce qui se passe, pour essayer de protéger les gamins.
00:03:45Que les adultes les soutiennent et qu'ils ont leur place à parentir dans la société,
00:03:50que cette société, elle leur doit quelque chose.
00:03:53L'ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
00:03:55Cette colère est aussi au cœur de l'Assemblée nationale dans les toutes premières questions au gouvernement.
00:04:01Ambiance très surchauffée dans l'hémicycle.
00:04:04On ne brutalise pas les enfants, on ne dresse pas la jeunesse comme un adversaire militaire.
00:04:09Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence.
00:04:16Dans le viseur des lycéens, Parcoursup.
00:04:19Alors, le Premier ministre promet également de corriger cette plateforme.
00:04:23Il y a évidemment des questions sur Parcoursup, pas déconnectées du réel.
00:04:29Est-ce qu'il y a un besoin de davantage de transparence ?
00:04:31Le ministre et moi, nous sommes convaincus, la réponse est oui.
00:04:34Est-ce qu'il faut beaucoup plus de simplicité ?
00:04:36La réponse est oui.
00:04:37Tout ce qu'on peut corriger, évidemment que de bonne foi, nous le corrigerons.
00:04:41Des organisations lycéennes et étudiantes ont d'ores et déjà appelé à poursuivre le mouvement.
00:04:46Une colère inédite avec cette question, comment le gouvernement va-t-il sortir de cette crise ?
00:04:53Et c'est bien toute la question ce soir.
00:04:55J'accueille sur le plateau de chaque voix-compte Nicolas Bray.
00:04:57Bonsoir.
00:04:57Bonsoir.
00:04:58Vous êtes le proviseur du lycée Fénelon à Paris, qui fait partie des établissements parisiens qui ont été bloqués.
00:05:03Vous êtes également secrétaire académique du SNPDEN, le syndicat des personnels de direction.
00:05:07Merci de votre présence ce soir.
00:05:10Bonsoir Fabien Truong.
00:05:11Vous êtes sociologue, professeur de sociologie à l'université Paris VIII.
00:05:15Vous avez vous-même été prof en Seine-Saint-Denis également.
00:05:18Et vous êtes notamment l'auteur de Jeunesse française aux éditions de La Découverte.
00:05:22Merci d'être là.
00:05:22Et bonsoir Thomas Després.
00:05:24Bonsoir.
00:05:24Journaliste au service politique de RTL.
00:05:27Vous avez tous les trois suivi la mobilisation d'aujourd'hui.
00:05:31Certains cortèges se sont déroulés sans heure et dans une ambiance, disons-le, très bon enfant.
00:05:35D'autres ont été émaillés de violences et de casses, notamment à la fin du cortège parisien.
00:05:39Mais j'ai d'abord envie de vous demander à tous les trois l'image que vous retenez de cette
00:05:43journée, Nicolas Bré.
00:05:45Longue.
00:05:46Très très longue.
00:05:47Oui.
00:05:47Pour le chef d'établissement qui a été bloqué dès 4h ce matin.
00:05:50Dès 4h ce matin ?
00:05:51Dès 4h ce matin, voilà.
00:05:52Et puis je pense aux collègues.
00:05:54Tous les collègues qui sont en blocus trouvent que les journées sont longues.
00:05:58Fabien Truong.
00:06:00Une image de cette journée.
00:06:01Oui, il y a eu beaucoup de joie collective en fait.
00:06:03Puis la dimension collective, on l'a un petit peu vue dans le reportage.
00:06:06C'est aussi une manifestation qui est intergénérationnelle.
00:06:08Donc on voit que les adolescents et les adolescentes sont accompagnés de parents, de personnels éducatifs.
00:06:14Donc ça dit aussi beaucoup de qu'est-ce que c'est que l'éducation.
00:06:17C'est quelque chose de très collectif.
00:06:19Et oui, quelque chose de joyeux.
00:06:21Thomas Després.
00:06:22C'est trois ministres.
00:06:23Le premier ministre et puis deux de ses ministres.
00:06:25Sébastien Lecornu, le ministre de l'Intérieur et celui de l'Éducation nationale face à l'Assemblée cet après-midi.
00:06:29Avec finalement un dialogue de sourds entre ceux qui demandent plus de moyens, les insoumis, les socialistes, les écologistes.
00:06:37Et finalement un gouvernement qui n'en a pas des moyens aujourd'hui à allouer à ses étudiants et à
00:06:42ses lycéens.
00:06:43Donc finalement c'était ça pour moi l'image de la journée.
00:06:46Et c'est possible que ça se reproduise dans les prochaines séances de questions au gouvernement.
00:06:49On va revenir en détail tout à l'heure sur la réponse politique apportée par le gouvernement.
00:06:53Vous parlez déjà d'un dialogue de sourds mais moi je voudrais avoir le regard du sociologue Fabien Truong sur
00:06:58ce qui se passe.
00:06:59Est-ce que d'abord vous avez été surpris par cette mobilisation et par l'ampleur qu'elle prend ?
00:07:04C'est-à-dire que cet après-midi, 450 000 personnes dans les rues de France, un peu moins selon
00:07:08les autorités mais quand même plus de 250 000 personnes.
00:07:13Est-ce que cette ampleur elle vous étonne ?
00:07:15En fait quand on regarde avec un peu de recul historique c'est pas très surprenant.
00:07:18Là en fait il y a un effet cocotte minute, il y a une accumulation en fait.
00:07:23Les revendications qui sont portées par les jeunes aujourd'hui, c'est-à-dire d'avoir des enseignants, d'avoir
00:07:27une école plus juste, d'avoir des tables, des chaises, etc.
00:07:30En fait il faut bien comprendre que ce sont des revendications qui sont portées depuis 20-30 ans en réalité.
00:07:35Et donc il y a une histoire très très longue et avant que ce soit des jeunes qui se mobilisent,
00:07:39il y a beaucoup d'adultes qui se sont mobilisés.
00:07:42Des parents d'élèves, des enseignants, des enseignantes.
00:07:45Peut-être rappeler qu'après le mouvement des gilets jaunes on a eu le mouvement des stylos rouges.
00:07:49Donc c'est un moment où on a quand même entendu beaucoup de choses mais bien avant en fait.
00:07:53Et la question de la problématique enseignante elle est posée depuis longtemps.
00:07:58Et puis la question aussi de l'école à deux vitesses.
00:08:00Par exemple le fait qu'en Seine-Saint-Denis, au cours d'une scolarité entière, a été objectivé le fait
00:08:08qu'il y aurait une année entière d'études qui ne va pas être assurée.
00:08:11Ça ça a été objectif.
00:08:11En raison du non-remplacement des profs.
00:08:13Oui voilà et du manque en fait systémique de profs.
00:08:16Ça ça a été objectivé par la FCPE qui est par exemple une fédération de parents d'élèves.
00:08:20Donc il y a des parents et des adultes qui sont mobilisés depuis longtemps sur ces questions-là.
00:08:24Ils n'ont pas été entendus, les choses étant structurelles elles s'accumulent et là il y a un effet
00:08:30de ras-le-bol.
00:08:30Et là c'est les jeunes en fait qui reprennent des revendications finalement très très anciennes et très concrètes et
00:08:36très précises.
00:08:36Lycée par lycée on est dans quelque chose de très très concret, très objectif.
00:08:39De très local d'où peut-être la difficulté d'une réponse politique unique.
00:08:44Oui mais qui est très documentée depuis très longtemps.
00:08:46Et puis moi je suis sociologue en sciences sociales, en sciences d'éducation.
00:08:49Enfin on a beaucoup travaillé sur ces questions-là depuis longtemps.
00:08:51Donc il y a beaucoup de données, tout est objectivé, tout est su depuis longtemps.
00:08:56Donc là il faut quand même remettre ça dans une séquence très longue qui dure au moins depuis 30 ans.
00:09:03Nicolas Bré, vous avez été surpris que votre lycée Fennelon à Paris dans le 6e arrondissement se mobilise ?
00:09:10Non pas particulièrement, ce sont des élèves engagés aussi.
00:09:13Et puis il y a effectivement des phénomènes locaux mais quand on regarde l'ensemble il y a des choses
00:09:17qui dépassent le cadre local.
00:09:19Quand vous parlez des problèmes de remplacement, certes il y a des endroits où ça existe moins que dans d
00:09:22'autres mais ça existe.
00:09:24Quand on parle des questions de bâti, il y a beaucoup d'endroits où il y a des problèmes de
00:09:27bâti.
00:09:28Lorsqu'on parle des emplois du temps, c'est une question que les élèves ramènent assez régulièrement.
00:09:33Donc non.
00:09:34Et puis les élèves expriment de la solidarité.
00:09:36Alors ça veut dire beaucoup de choses à la fois et peu en même temps.
00:09:40Mais il y a un mouvement global qui est lancé en tout cas.
00:09:43Mais vous vous êtes posé la question, vous, de votre rôle dans cette mobilisation en tant que proviseur ?
00:09:47Alors c'est compliqué parce qu'en réalité il y a d'une part la question des blocus et les
00:09:52chefs d'établissement sont fondamentalement contre les blocus.
00:09:55Pas nécessairement contre les idées que portent les élèves.
00:09:58Mais cette question de l'accès à l'école et du blocage nous gêne.
00:10:02Et de l'empêchement.
00:10:03Et de l'empêchement.
00:10:04Mais ensuite il y a un certain nombre d'éléments qu'il est important d'accompagner.
00:10:11Vous leur dites à vos élèves ?
00:10:13Vous les accompagnez dans cette mobilisation ?
00:10:15C'est compliqué parce que moi je ne les accompagne pas dans la mobilisation.
00:10:19Moi je les accompagne dans le fait que mon établissement puisse fonctionner et que les élèves qui sont présents soient
00:10:23en sécurité.
00:10:24Et même il nous est demandé que les élèves qui manifestent soient en sécurité également.
00:10:27Donc c'est une charge très lourde.
00:10:28Quand on constate que les chefs d'établissement ne sont pas toujours en sécurité, regardez les violences qu'il y
00:10:31a eues,
00:10:32que les élèves ne le sont pas toujours, que les forces de l'ordre ne le sont pas toujours,
00:10:35on ne va pas faire dans le manichéisme, il y a des difficultés dans tous les sens.
00:10:38Ça reste des moments violents.
00:10:40Et des moments violents au cœur desquels nous sommes.
00:10:42Même quand ça se passe bien en réalité.
00:10:43C'est la première fois qu'il y a autant de chefs d'établissement et d'enseignants qui ont été
00:10:47agressés.
00:10:48Oui, 85 personnels éducatifs dont 34 proviseurs et adjoints blessés.
00:10:52Sébastien Lecornu disait cet après-midi à l'Assemblée nationale que c'est le bilan le plus lourd qu'ait
00:10:56connu l'éducation nationale depuis des décennies.
00:10:57Très clairement oui.
00:10:59Vous-même, vous avez été menacé ? Vous avez été en danger ?
00:11:01Oui, cette fois, mais c'est arrivé. Dans une vie de chef d'établissement, c'est assez fréquent.
00:11:05Bon, puisque chaque voix compte, on va les entendre les lycéens.
00:11:08Les équipes de LCP sont allées les interroger dans la manifestation parisienne cet après-midi.
00:11:12C'est un reportage de Daniel Borgogno et Juliane Roland.
00:11:16Un bâti scolaire inadapté, c'est la raison pour laquelle Balthazar, élève à Montreuil, manifeste aujourd'hui.
00:11:22Il est encore marqué par les fortes températures avant la fin des cours en juillet.
00:11:26L'été, il fait 40 degrés dans nos classes et là, ce n'est pas une hyperbole.
00:11:30C'est dur pour les profs et pour les élèves de se concentrer et de passer des épreuves à la
00:11:35fin de l'année.
00:11:36Des locaux vétustes qui empêchent aussi Lucie de travailler sereinement.
00:11:39On n'a pas de toilettes, on a de l'eau qui tombe du plafond, les profs sont absents.
00:11:44On veut des toilettes, on veut des profs, on veut un lycée qui ne tombe pas en ruine, mais on
00:11:47ne se fait pas écouter.
00:11:48L'éducation nationale nous abandonne totalement.
00:11:50Les élèves manifestent pour dénoncer aussi des journées à rallonge.
00:11:54Mathéo, dans son habit de super-héros, est fatigué par ce rythme scolaire.
00:11:58Tous les emplois du temps qui sont surchargés, qui ne nous laissent pas le temps de faire des activités extérieures.
00:12:02Notre journée, ça se résume à école, école, école, que du travail.
00:12:06On voit plus nos profs que nos familles.
00:12:08Sa camarade Maëlle veut surtout se faire entendre par la classe politique.
00:12:12Les gens, ils ne veulent pas nous écouter.
00:12:13Qu'on est juste des casseurs, qu'on veut juste la gloire, alors que pas du tout, on a vraiment
00:12:17des vraies revendications.
00:12:18Le ministre de l'éducation nationale qui nous dit de retourner travailler comme si ce qu'on disait, ça n
00:12:22'avait pas de sens et qu'on était fous.
00:12:23C'est un peu relou. J'ai l'impression qu'il nous méprise vraiment.
00:12:27Le ministre de l'éducation nationale s'est engagé à rencontrer à nouveau cette semaine les représentants des mouvements lycéens.
00:12:33Fabien Truong, on a vu plein de pancartes, on a entendu plein de messages dans ce que disent ces lycéens.
00:12:39Vous disiez tout à l'heure, c'est des revendications qui sont vieilles. Alors pourquoi maintenant ?
00:12:44Encore une fois, vous savez, quand il y a des mouvements comme ça, l'effet cocotte minueux,
00:12:48là, il y a la rentrée, donc en fait, il y a beaucoup de lycées qui ne fonctionnent pas.
00:12:51Donc il y a vraiment un effet de, comment dire, de ce qui nous avait été promis ne fonctionne pas,
00:12:57alors que l'année ne fait que commencer.
00:12:59Il ne faut pas oublier que l'an dernier, en juillet, il y a 126 000 lycéens et lycéennes
00:13:05qui n'ont pas trouvé d'affectation sur Parcoursup.
00:13:07Et donc ça fait beaucoup par rapport au pool.
00:13:10Donc il y a toute cette...
00:13:11Il y a une prise de conscience, vous voulez dire ?
00:13:14Non, il y a une accumulation...
00:13:16Oui, mais moi, j'ai vraiment une interrogation sur...
00:13:18On les entend beaucoup parler des journées à rallonge qui remontent en fait à la réforme du BAC,
00:13:22à la réforme Blanquer, qui est de 2019.
00:13:25Donc on est en 2026, ça fait déjà 7 ans.
00:13:28Est-ce que vous avez identifié un élément déclencheur ?
00:13:31Non, mais là, c'est trop. Il y a trop de problèmes, en fait.
00:13:33Enfin, il n'y a pas...
00:13:35Oui, mais vous dites vous-même que ce sont des problèmes qui ne sont pas récents.
00:13:38Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, maintenant, cette génération de lycéens qui arrive en seconde maintenant,
00:13:42elle se mobilise maintenant ?
00:13:44Thomas Després, peut-être que vous avez identifié un élément déclencheur.
00:13:47Ah bah, il la cherche, cette raison, cette étincelle au sommet de l'État, au sein de l'exécutif,
00:13:51quand ils ont vu ce qui, à l'origine, n'est qu'une contestation très locale.
00:13:57À l'origine, on parle d'un lycée, le lycée de Santé de Zupéry à Créteil.
00:14:01On parle d'une manifestation d'enseignants, à l'origine soutenues par certains élèves.
00:14:07Et finalement, tout ça est parti assez rapidement avec un effet boule de neige.
00:14:12Non, d'habitude, quand on manifeste, je parle sous le contrôle de mes voisins,
00:14:15mais c'est au moment d'un projet de loi, au moment où il y a un texte sur lequel
00:14:21les lycéens, les étudiants s'opposent.
00:14:23Là, finalement, il y a cette accumulation de tout ce qu'on a évoqué depuis le début de l'émission.
00:14:29C'est la cocotte minute qu'on parle, Fabien Triongues.
00:14:31Mais ce qui rend le mouvement encore plus difficile à, finalement, à éteindre pour le gouvernement.
00:14:38Ça rend le sujet très compliqué à prendre pour Sébastien Lecornu et pour son ministre de l'Éducation, évidemment.
00:14:44Nicolas Bré, vous-même, en tant que proviseur, comment vous avez vu commencer cette contestation dans votre établissement ?
00:14:50Par un souci de solidarité vis-à-vis des autres.
00:14:53Oui, très clairement exprimé.
00:14:56Vis-à-vis des autres lycéens, par exemple, les lycéens de Tréteil.
00:14:58Vis-à-vis des autres lycéens, vis-à-vis des lycéens qui étaient dans le mouvement.
00:15:01Nos élèves font référence assez fréquemment à Paul-Éluard et à Saint-Exupéry.
00:15:06Je ne vous cache pas que la séquence dans laquelle on s'engage sidère les chefs d'établissement
00:15:11par les réponses qu'on doit apporter aux jeunes gens.
00:15:16Je ne vois pas comment les solutions qui sont apportées actuellement peuvent nous permettre de sortir de la situation.
00:15:21Ça reste notre très forte inquiétude.
00:15:22Dans les propositions avancées cet après-midi par Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale,
00:15:27il y a deux choses qu'on peut retenir.
00:15:28Il y a d'abord Parcoursup.
00:15:31Parcoursup, c'est devenu une angoisse pour les enfants et pour les parents.
00:15:35Est-ce que la réponse apportée par Sébastien Lecornu cet après-midi, d'abord, il propose quoi exactement, le Premier
00:15:39ministre ?
00:15:39Sur Parcoursup, il propose d'engager des discussions en vue, et c'est déjà ce qu'il avait écrit dans
00:15:45la lettre qu'il a adressée ce week-end à ses ministres,
00:15:47en vue d'amélioration d'ici l'ouverture de la plateforme Parcoursup, mais ça arrive assez vite.
00:15:53D'ici la fin de l'année, les étudiants qui sont en terminale, les lycéens vont déjà devoir créer sur
00:15:59Parcoursup leur profil.
00:16:00Donc tout ça va devoir aller très vite.
00:16:02Et puis, il y a une deuxième annonce qui est faite cet après-midi,
00:16:07c'est ce temps de réflexion, un peu à la manière d'un grand débat qui pourrait avoir lieu dans
00:16:12chaque établissement,
00:16:14entre aujourd'hui, demain et vendredi, annoncé par le ministre de l'Éducation nationale et appuyé cet après-midi par
00:16:21Sébastien Lecornu,
00:16:22pour finalement susciter des débats et avoir une forme d'exercice cathartique dans les établissements.
00:16:28Mais là encore, on n'a pas l'impression que c'est ce que demandent les jeunes qu'on voit
00:16:33derrière vous sur ces images.
00:16:34Il n'y a aucun slogan qui dit « organisez-nous un grand débat ».
00:16:37Donc je ne pense pas forcément que ça soit de nature à éteindre la contestation.
00:16:41Nicolas Bré, vous avez reçu les instructions du ministère de l'Éducation nationale
00:16:44pour l'organisation de ce temps de démocratie interne.
00:16:47C'est ce que j'exprimais tout à l'heure en employant le mot « sidération ».
00:16:51On a reçu une infographie il y a une heure,
00:16:54parce que le ministre s'est exprimé dans les questions au gouvernement cet après-midi.
00:17:00Et il dit quoi cette infographie ?
00:17:02Alors qu'on doit organiser dans les jours qui viennent un temps de démocratie lycéenne,
00:17:06mais ce n'est pas ce que les élèves demandent et c'est les prendre pour naïfs, pardonnez-moi.
00:17:10Quand ils demandent que la démocratie lycéenne soit modifiée,
00:17:13ils parlent de loi, ils parlent de fonctionnement,
00:17:15ils ne parlent pas de la relation qu'ils ont avec leur chef d'établissement.
00:17:17La relation qu'ils ont avec leur chef d'établissement est souvent bonne, apaisée.
00:17:21Alors nécessairement, il y a des endroits où ça pourrait mieux marcher,
00:17:23il y a des endroits où ça marche bien, évidemment,
00:17:25mais ce n'est pas ce qu'attendent les étudiants.
00:17:27C'est pareil pour Parcoursup, pardonnez-moi.
00:17:29Les élèves ne sont pas naïfs, ils demandent qu'il y ait plus de place.
00:17:32C'est la question que portent les élèves de terminale.
00:17:35Ils ont bien conscience qu'ils ne peuvent pas...
00:17:38Il y a un goulot d'étranglement entre la terminale
00:17:40et la première année de l'enseignement supérieur,
00:17:43et ils demandent qu'il y ait plus de place.
00:17:44Après, on y répond, on n'y répond pas.
00:17:45Mais ce n'est pas en venant dialoguer avec moi jeudi après-midi
00:17:48que ça va répondre à ces questions-là.
00:17:51Fabien Truon ?
00:17:51Oui, pour aller dans le même sens, la question de Parcoursup,
00:17:54il faut le dire, c'est un cache-misère.
00:17:55Ce n'est pas une question technique ou technologique.
00:17:58Il y a un problème de manque de place.
00:18:00C'est aussi simple que ça.
00:18:01Ce n'est pas une question de maximisation, de l'optimisation des places.
00:18:05En enseignant à l'université, je suis très bien placé pour le voir.
00:18:09Je vois qu'on a les mêmes problèmes à l'université.
00:18:11Il y a les mêmes inégalités dans l'enseignement supérieur.
00:18:13On sait très bien qu'un élève en classe prépa, par exemple,
00:18:17coûte beaucoup plus cher qu'un élève ou un étudiant en premier cycle.
00:18:22Et on n'a pas assez de place à l'université.
00:18:23On manque aussi d'enseignants.
00:18:25Enfin, on a un sous-recrutement d'enseignants-chercheurs à l'université.
00:18:29Donc là, on a des problèmes très concrets.
00:18:31Ce que demandent les élèves et les étudiants,
00:18:33c'est des enseignants, des enseignantes, des tables, des chaises,
00:18:37de la logistique qui fonctionnent.
00:18:39Et là, on a un problème, je dirais, logistique, mathématique.
00:18:44Nous n'avons pas assez d'enseignants et d'enseignantes.
00:18:47On sous-recrute chaque année.
00:18:49Nous n'avons pas assez investi dans les bâtiments.
00:18:53Et donc, c'est ça la problématique.
00:18:55Et l'allocation via Parcoursup,
00:18:58ce n'est pas une question de logiciel.
00:19:01Alors, le logiciel est problématique en soi.
00:19:03Et en plus de laisser des élèves seuls face à un logiciel,
00:19:07ça a été très bien documenté, il y a eu beaucoup d'enquêtes
00:19:09en sciences de l'éducation là-dessus.
00:19:10Ça ne fait qu'accroître les inégalités
00:19:12parce qu'on ne s'oriente jamais seul face à un logiciel.
00:19:14Pour aller vite, quand vous êtes seul,
00:19:16c'est les familles qui ont un peu plus de capital culturel,
00:19:18de capital social,
00:19:19où tel parent peut placer son enfant dans un stage, etc.
00:19:24Ou relire un CV.
00:19:25La lettre de motivation, elle est extrêmement déterminante
00:19:27et discriminante statistiquement dans l'allocation.
00:19:31Donc, tout ça, ça surjoue en plus les inégalités.
00:19:33Il faut regarder le profil social des 126 000 étudiants
00:19:36qui ont été laissés sur le carreau.
00:19:38C'est ceux qui ont déjà subi, en réalité,
00:19:40une violence institutionnelle,
00:19:41et je pèse mes mots en disant ça,
00:19:43dans leur scolarité, en n'ayant pas d'enseignants,
00:19:46d'enseignantes, parce que c'est ça, la réalité.
00:19:48Donc, il y a une demande qui est très claire.
00:19:50Et en fait, qu'est-ce que ça dit ?
00:19:51Ça dit que depuis 30 ans,
00:19:54et je pense que c'est à l'honneur de notre pays,
00:19:56on a voulu avoir une politique volontariste
00:19:59de massification de l'éducation.
00:20:01Il est vrai qu'on n'a jamais eu autant d'enfants
00:20:04du milieu populaire qui vont à l'université.
00:20:08Pour avoir suivi de près ces parcours-là,
00:20:11quand les choses fonctionnent à peu près,
00:20:13ça produit des résultats,
00:20:16et on a une forme de mobilité sociale
00:20:19qui se traduit d'ailleurs par la mobilité résidentielle
00:20:21à bas bruit,
00:20:22qui fonctionne au travers de l'école.
00:20:24Mais pour aller un peu vite,
00:20:25dans les quartiers populaires,
00:20:26ça concerne à peu près la moitié d'une cohorte.
00:20:30Donc c'est pas mal.
00:20:31Mais pour ceux qui restent sur le carreau,
00:20:34avec l'augmentation des inégalités,
00:20:35avec tout ce qui va avec,
00:20:37et puis plein de choses qui sont problématiques aussi
00:20:40dans les lieux de vie de ces personnes,
00:20:43ça accélère en fait le ressentiment.
00:20:45Et il y a quand même une trahison de la promesse,
00:20:49de ce point de vue-là.
00:20:50Donc on a une question matérielle, logistique,
00:20:52d'investissement,
00:20:53d'investissement à long terme,
00:20:55qui n'a pas été faite depuis 30 ans.
00:20:57Donc on peut tourner autour du pot,
00:20:59mais la question, elle est là.
00:21:00Et l'impasse dans laquelle va se trouver le gouvernement,
00:21:03c'est qu'on rentre certes dans une séquence budgétaire.
00:21:06L'examen va commencer...
00:21:07Le 13 octobre.
00:21:08...très rapidement en commission,
00:21:10puis dans l'hémicycle.
00:21:11Mais à chaque fois,
00:21:12la réponse qui est apportée est la même.
00:21:14Il n'y a plus d'argent.
00:21:15Il n'y a plus un centime pour sortir le carnet de chèques
00:21:18et financer ce que demandent les lycéens.
00:21:20Ce que pour beaucoup, c'est juste de la décence,
00:21:23mais pour le gouvernement,
00:21:24ce sont des euros derrière.
00:21:26Et aujourd'hui, ils expliquent que cet argent-là,
00:21:28elle n'existe pas.
00:21:29Donc on est dans une impasse.
00:21:31Et à part faire de la cosmétique
00:21:33que sont ripollinées la façade de Parcoursup
00:21:37et éventuellement organiser des grands débats,
00:21:40le gouvernement, aujourd'hui,
00:21:41il n'apporte pas d'autres réponses.
00:21:43Anna ?
00:21:43C'est le moment qu'on n'a pas prononcé,
00:21:44qu'on n'a pas entendu ce soir,
00:21:46c'est le mot présidentiel.
00:21:46On n'est pas dans n'importe quelle séquence.
00:21:48C'est-à-dire qu'on est dans une séquence budgétaire,
00:21:50on est à la rentrée scolaire,
00:21:52mais on est dans l'ouverture d'une saison présidentielle.
00:21:55Ça veut dire que dans une saison présidentielle,
00:21:57il y a des particules qui volettent dans l'air.
00:21:59Et d'ailleurs, Sébastien Lecornu l'a dit,
00:22:01cet après-midi à l'Assemblée nationale.
00:22:02Ce n'est pas totalement neutre aussi dans cette cristallisation politique
00:22:08dans les lycées, non ?
00:22:09Vous pensez, messieurs, dans quelle mesure ça joue ?
00:22:14Notre inquiétude pour nous est qu'on s'engage dans une séquence
00:22:17qui soit assez longue, en réalité.
00:22:18C'est dans sept mois.
00:22:19Forcément, et que les réponses apportées ne conviendront pas.
00:22:23Thomas ?
00:22:24Il y en a un qui, a priori,
00:22:26surfe énormément sur cette mobilisation,
00:22:28c'est Jean-Luc Mélenchon.
00:22:29Ça, c'est certain.
00:22:31On discutait tout à l'heure avec l'un des députés de la France insoumise
00:22:34qui était halluciné par l'accueil qu'il avait pu recevoir
00:22:38cet après-midi dans les cortèges.
00:22:40C'est-à-dire ?
00:22:41En disant qu'il avait été acclamé
00:22:43et qu'il était très, très bien accueilli.
00:22:45Parce qu'il ne faut pas raconter d'histoire.
00:22:48Jean-Luc Mélenchon, il parle à ces jeunes.
00:22:50Il sait leur parler à ces jeunes.
00:22:52Il y a ce matin un sondage très intéressant
00:22:54qui a été réalisé pour l'université d'Aix-Marseille par Ipsos
00:22:58et qui dit quelque chose de très important dans la séquence qu'on vit.
00:23:02C'est que 78% des jeunes se sentent moins écoutés
00:23:06que les générations précédentes.
00:23:09Et c'est à peu près autant sur le discrédit de la classe politique.
00:23:12Ça veut dire aujourd'hui qu'ils sont en manque de repères,
00:23:15en manque de réponses, en manque d'interlocuteurs.
00:23:18Et Jean-Luc Mélenchon, il sait aujourd'hui parler.
00:23:20Et depuis longtemps, il n'a pas attendu les manifestations de ces dernières semaines
00:23:25pour aller dans les quartiers et pour aller leur parler.
00:23:28Et donc, de fait, forcément, il va en profiter.
00:23:30Attention tout de même, s'il y a des violences, s'il y a des dérapages,
00:23:34ça peut aussi lui coûter des points à Jean-Luc Mélenchon
00:23:36parce qu'il pourrait avoir l'impression d'être celui qui a mis de l'huile sur le feu.
00:23:40Écoutez ce que lui a dit Sébastien Lecornu cet après-midi
00:23:42lors de la séance de questions au gouvernement, justement.
00:23:45Vous êtes ambigu avec la violence
00:23:47car la violence fait partie de votre projet politique
00:23:50de bordélisation du pays
00:23:52entre maintenant et l'élection présidentielle.
00:23:55La bordélisation du pays
00:23:57comme projet politique, il y est allé fort Sébastien Lecornu.
00:23:59De toute façon, on va rentrer dans une séquence
00:24:01qui va évidemment amener les candidats
00:24:05à devenir des acteurs aussi.
00:24:06Pour le moment, il y a uniquement Jean-Luc Mélenchon.
00:24:08Même si on a entendu tout à l'heure
00:24:10le RN aussi attaquer le gouvernement
00:24:12sur le désordre dans le pays,
00:24:14et ça va forcément aller en s'empirant.
00:24:15Sur la politisation de cette mobilisation,
00:24:18Fabien Truong,
00:24:19est-ce que la peur de voir arriver le RN au pouvoir
00:24:23anime aussi ces jeunes ?
00:24:26Pour les jeunes des quartiers populaires, oui.
00:24:28Parce qu'en fait, si le RN arrive au pouvoir,
00:24:30c'est une menace concrète
00:24:35pour ces jeunes-là.
00:24:36Donc oui, mais en fait, vraiment,
00:24:39sur la question politique,
00:24:41là, il faut du courage politique
00:24:43au sens où la temporalité éducative,
00:24:46elle est longue,
00:24:47elle ne correspond pas au terme électoral.
00:24:49Là, on parle d'une échéance qui arrive vite,
00:24:50mais même 4 ou 5 ans,
00:24:52ce n'est pas la temporalité éducative.
00:24:54Quand on est dans l'éducation,
00:24:56on plante des graines,
00:24:57on le fait avec assurance,
00:24:59avec foi aussi,
00:25:00et on ne sait pas ce que ça va devenir.
00:25:02Et c'est ça qui est beau aussi,
00:25:03dans ce métier-là.
00:25:05Mais par contre,
00:25:06ça, c'est ce que font les sciences sociales,
00:25:08on peut documenter toutes ces choses-là.
00:25:11C'est par exemple ce que j'ai fait
00:25:12dans l'enquête que vous avez mentionnée,
00:25:14juste un petit élément,
00:25:15mais qui permet aussi de voir les choses.
00:25:17Qu'est-ce que ça fait à 10 ans, par exemple ?
00:25:19Sur la cohorte de jeunes que j'ai suivi
00:25:21dans Jeunesse française,
00:25:22je voulais vraiment suivre des jeunes
00:25:24dont les parents n'avaient pas le bac,
00:25:25qui ont été, jusqu'à leur terme,
00:25:27de leurs études supérieures,
00:25:28de quartier populaire,
00:25:29issus de l'immigration,
00:25:31donc soit du bac plus 2,
00:25:32du bac plus 3, du bac plus 5,
00:25:33et les suivre jusqu'à une échéance de 10 ans.
00:25:37Le chemin était très difficile,
00:25:39beaucoup de difficultés, etc.
00:25:40Ce n'est pas des chemins rectilignes.
00:25:42Mais quand on a cette échéance-là,
00:25:45ils travaillent tous et toutes,
00:25:46ils sont tous mariés,
00:25:47la moitié sont devenus propriétaires.
00:25:49Je ne suis pas en train de dire
00:25:49que c'est le but d'une vie,
00:25:51mais en tout cas,
00:25:52c'est ce que valorise notre société.
00:25:54Et en fait, pour eux, ça se passe bien.
00:25:56Et ça renvoie aussi à quoi ?
00:25:58Ça renvoie au fait de peut-être
00:26:00bien comprendre et accepter
00:26:01que l'éducation, c'est un investissement.
00:26:03C'est un investissement
00:26:05et dont les fruits porteront ça, on le sait.
00:26:07C'est même mesuré d'un point de vue économique.
00:26:09Et pas demain, après-demain.
00:26:10Oui, oui, mais ça marche
00:26:11et ça fait une société plus apaisée,
00:26:16plus juste aussi.
00:26:19C'est de ça dont on a besoin.
00:26:20Donc, à un moment donné,
00:26:21de toute façon, on n'échappera pas
00:26:23au fait d'affronter ça avec courage.
00:26:25Parce que sinon, on fait des mises en scène,
00:26:27on a des effets de cours, de récréation.
00:26:30Ou, voilà, ce qu'on peut déplorer,
00:26:32cette mise en scène du dialogue.
00:26:33Parce qu'en réalité, ça aussi,
00:26:35pour les chefs d'établissement,
00:26:36mais pour les enseignants et les enseignantes,
00:26:37c'est un peu humiliant.
00:26:38parce qu'en fait, discuter avec les élèves,
00:26:42les écouter, c'est ce qu'on fait tous les jours.
00:26:46C'est le cœur de notre métier.
00:26:48Et en réalité, je le répète,
00:26:51ces élèves, ils reprennent des revendications
00:26:54après avoir discuté avec des enseignants,
00:26:57des enseignantes, des adultes, leurs parents.
00:26:59Donc, en fait, cette discussion,
00:27:00elle a déjà eu lieu à bas bruit,
00:27:02pas devant des caméras,
00:27:04mais elle a eu lieu et les remonter
00:27:07devant les institutions.
00:27:08Alors, si on avait l'idée folle
00:27:10de vouloir répondre à la question qu'on se pose
00:27:12et qu'on vous pose,
00:27:13où elle est la sortie ?
00:27:14Vous répondriez quoi à la sortie du mouvement ?
00:27:16Je dirais, ça peut être quoi ?
00:27:18D'oser investir fortement dans l'éducation
00:27:22et de poser les termes du débat
00:27:23comme on est en train de le poser.
00:27:25Parce que, d'un point de vue logistique,
00:27:27il nous faut des enseignants,
00:27:28il nous faut beaucoup plus d'enseignants,
00:27:29il nous faut recruter.
00:27:30Ça veut dire aussi,
00:27:31il faut rendre ce métier beaucoup plus attractif.
00:27:34Et là, il faut aussi comparer avec les autres pays.
00:27:38Et là, il y a un grand paradoxe français, en réalité.
00:27:41C'est quoi le paradoxe français ?
00:27:42C'est qu'on est une société
00:27:44qui est extrêmement scolaro-centrée.
00:27:46C'est-à-dire que de tous les pays de l'OCDE,
00:27:48nous sommes le pays,
00:27:50en gros, votre position sociale
00:27:51est extrêmement dépendante de votre diplôme.
00:27:55Et c'est très, très fort en France,
00:27:57si on compare avec l'Angleterre, l'Allemagne, par exemple.
00:28:00Et en même temps, on est l'un des pays
00:28:01où on paye le moins bien les enseignants et les enseignantes.
00:28:03Là, il y a un problème, en fait.
00:28:06J'avais une question aussi pour vous, Nicolas Bray.
00:28:08Tout à l'heure, on cherchait à identifier un élément déclencheur.
00:28:11Est-ce que la confiscation du téléphone portable
00:28:14depuis la rentrée de septembre dans les lycées
00:28:16peut en être un ?
00:28:18C'est pas nécessairement...
00:28:21Il ne faut pas prendre les élèves pour des idiots.
00:28:23Je ne crois pas que ça puisse se résumer à ça.
00:28:24Ce n'est pas une question d'idiotique,
00:28:25c'est une question de...
00:28:27Par contre...
00:28:27On est nous-mêmes accros.
00:28:29Non, mais...
00:28:30Évidemment, mais c'est complètement incompatible
00:28:33avec le fait de cette question
00:28:35de la démocratie lycéenne.
00:28:38On leur dit, on va dialoguer,
00:28:40on va être responsable,
00:28:40mais la première chose qu'on a fait à la rentrée,
00:28:42c'est de les priver de quelque chose.
00:28:43Vous, vous avez réussi à leur confisquer le téléphone ?
00:28:46C'est très particulier, moi, je ne l'ai pas interdit.
00:28:50Vous contrevenez à la loi de 24 août ?
00:28:52Pas du tout, je dis ça devant la caméra,
00:28:54si ça pouvait être...
00:28:55Non, mais j'ai 700 étudiants,
00:28:57donc ça pose un cadre particulier.
00:29:00Et comme il faut que le traitement puisse être
00:29:02pratiqué pour tout le monde, mais...
00:29:04C'était infaisable dans votre établissement,
00:29:06comme dans beaucoup d'établissements ?
00:29:07Non, mais plein de collègues ont dû le faire
00:29:08et ils ont trouvé un bénéfice.
00:29:10Mais ce n'est pas tellement tant la question
00:29:12de la confiscation du téléphone
00:29:13qui a apporté un bénéfice
00:29:15que le fait qu'il y a un moment,
00:29:18on leur dit, soyez des grands,
00:29:20vivez la démocratie lycéenne,
00:29:22on va dialoguer...
00:29:24Mais t'es puni.
00:29:24Mais t'es puni,
00:29:25et on te considère comme un enfant
00:29:27juste à la rentrée.
00:29:29Thomas Després,
00:29:31que va-t-il se passer maintenant ?
00:29:32Que va devenir cette mobilisation ?
00:29:33L'intersyndical appelle
00:29:34à une nouvelle journée de mobilisation jeudi.
00:29:38Que peut-il se passer maintenant ?
00:29:40D'ici jeudi,
00:29:42probablement pas grand-chose.
00:29:43Il n'y aura pas de mouvement.
00:29:46Ce soir, effectivement,
00:29:47Emmanuel Macron a réuni
00:29:48un certain nombre de ministres,
00:29:51le ministre de l'Intérieur,
00:29:52de l'Éducation nationale,
00:29:53de l'Enseignement supérieur.
00:29:56On ne l'a pas beaucoup entendu,
00:29:58le président,
00:29:58depuis le début,
00:30:00mais c'est quand même son nom.
00:30:02S'il y a un nom de politique
00:30:03dans les cortèges,
00:30:05c'est le sien.
00:30:06Ce n'est pas le nom de Sébastien Lecornu,
00:30:08ce n'est pas le nom d'Edouard Geffrey,
00:30:10c'est celui d'Emmanuel Macron.
00:30:11On ne l'a pas entendu.
00:30:12Est-ce qu'il va s'exprimer ?
00:30:14Est-ce qu'il va monter en première ligne ?
00:30:15A priori,
00:30:15ce n'est pas prévu.
00:30:17Mais maintenant,
00:30:17il va falloir que les propositions
00:30:19qui sont formulées par le gouvernement
00:30:22rentrent un petit peu en contact
00:30:24aussi avec les revendications des lycéens.
00:30:27Ce qui est une difficulté aussi
00:30:28dans ce mouvement,
00:30:29parce qu'au gouvernement,
00:30:31on panique un petit peu
00:30:32de se dire,
00:30:33il y a ces jeunes qui sont dans la rue,
00:30:35mais on ne sait pas
00:30:35qui sont leurs porte-parole,
00:30:37on ne sait pas saisir.
00:30:38Et en fait,
00:30:39on fait mine un petit peu de dire,
00:30:40ben oui,
00:30:40mais nous,
00:30:40on parle,
00:30:41mais personne n'écoute
00:30:42ce qu'on a à leur dire.
00:30:44Donc,
00:30:44il va falloir qu'à un moment,
00:30:46tout ça réussisse à se connecter.
00:30:48Peut-être que le Premier ministre,
00:30:49qui jusqu'à présent
00:30:50s'est exprimé ici à l'Assemblée
00:30:52et à travers des lettres,
00:30:53il va peut-être devoir sortir
00:30:54un petit peu de sa réserve habituelle
00:30:56et devoir s'exprimer directement.
00:30:57Vous allez faire une visite
00:30:58au lycée Fénelon ?
00:30:59Peut-être.
00:31:00Ou d'aller,
00:31:01je suis sûr que l'invitation
00:31:03serait lancée,
00:31:04ou de faire,
00:31:05voilà,
00:31:05un vrai exercice de communication
00:31:07qu'il ne fait pas actuellement
00:31:09Sébastien Lecornu.
00:31:10Le seul qui communique aujourd'hui,
00:31:11c'est le ministre de l'Intérieur
00:31:12sur l'aspect sécuritaire
00:31:13et le ministre de l'Éducation nationale.
00:31:15Mais force est de constater
00:31:16qu'on ne l'entend pas énormément,
00:31:17Édouard Géffrénon.
00:31:18Est-il vrai que le gouvernement
00:31:19compte sur la pluie
00:31:21ou sur les vacances
00:31:22de la Toussaint dans 10 jours
00:31:23pour éteindre le mouvement ?
00:31:25Est-ce qu'ils y comptent sincèrement ?
00:31:27Je ne sais pas.
00:31:27Est-ce que ça fait partie
00:31:28des éléments de langage
00:31:29qui sont véhiculés
00:31:30par leurs entourages ?
00:31:31Oui.
00:31:31Après, peut-être
00:31:32qu'ils n'y croient pas eux-mêmes.
00:31:35Fabien Truong,
00:31:35comment on peut en sortir ?
00:31:39Je ne peux que répéter
00:31:41ce que j'ai dit.
00:31:41Il y a des problèmes
00:31:42très concrets.
00:31:43Donc, il faut des réponses concrètes
00:31:45à des problèmes très concrets.
00:31:46Il faut aussi
00:31:47des réformes structurées.
00:31:48Pour les élèves
00:31:48de quartier populaire,
00:31:49ce truc-là,
00:31:50ce n'est pas un jeu.
00:31:51C'est-à-dire que l'école
00:31:52est vraiment très importante
00:31:54pour ces jeunes-là.
00:31:56Quand vous êtes un enfant
00:31:57d'ouvrier ou d'ouvrière
00:31:58ou issu de l'immigration,
00:32:00vos parents,
00:32:00qu'est-ce qu'ils vous disent ?
00:32:02Travailler l'école
00:32:03pour ne pas faire mon métier.
00:32:06Je pèse mes mots
00:32:07en disant ça.
00:32:07Je pense qu'il faut mesurer
00:32:08la violence sociale
00:32:09dans les familles
00:32:10de ce discours-là.
00:32:12Donc,
00:32:13il y a quelque chose
00:32:14de vital,
00:32:16de presque métaphysique.
00:32:17En réalité,
00:32:18dans le poids
00:32:18qui est accordé à l'école,
00:32:19c'est très français
00:32:20de ce point de vue-là.
00:32:22Et donc,
00:32:22ce n'est pas un jeu.
00:32:24tant que concrètement,
00:32:26les choses ne changeront pas
00:32:27et que la scolarité
00:32:30ne pourra pas se dérouler
00:32:31dans des termes
00:32:33vraiment normales.
00:32:34On ne demande pas
00:32:35quelque chose de...
00:32:38la colère va rester,
00:32:39en fait.
00:32:39Nicolas Bray,
00:32:40on parlait de la présidentielle
00:32:42qui est dans sept mois.
00:32:43Ça va être long.
00:32:45Ça va nécessiter
00:32:46beaucoup de demi-journées
00:32:48de dialogue
00:32:49autour de la démocratie.
00:32:50De démocratie interne.
00:32:52Les journées vont être longues.
00:32:53Les journées vont être longues.
00:32:55Bon courage, en tout cas.
00:32:56Merci à tous les trois
00:32:57d'être venus en parler ce soir
00:32:58sur le plateau
00:32:58de chaque voix compte.
00:32:59On va poursuivre
00:32:59cette discussion
00:33:00dans un instant
00:33:00avec trois députés.
00:33:02Mais avant cela,
00:33:03c'est œil pour œil,
00:33:04comme chaque mardi désormais,
00:33:05avec Anna Cabana
00:33:06et Nicolas Domenac.
00:33:15Vous vous interrogez
00:33:16tous les deux ce soir
00:33:17sur le rôle
00:33:18des insoumis
00:33:19dans cette mobilisation lycéenne.
00:33:20On en a parlé
00:33:21avec nos trois invités.
00:33:22Les insoumis ont-ils
00:33:23soufflé sur les braises,
00:33:25voire mis le feu
00:33:26à Anna Cabana ?
00:33:26Le diable, vous le savez,
00:33:28Adeline, n'est pas toujours
00:33:29en noir.
00:33:29Parfois, il est casqué de blanc
00:33:31comme désormais
00:33:32les insoumis
00:33:33le sont dans le mouvement lycéen.
00:33:35C'est en tout cas
00:33:35ce que pense
00:33:36le Premier ministre
00:33:37Sébastien Lecornu.
00:33:38Vous l'avez entendu
00:33:39cet après-midi
00:33:40à l'Assemblée nationale
00:33:41quand il a apostrophé
00:33:42la présidente du groupe LFI,
00:33:43Mathilde Panot, on regarde.
00:33:45Pourquoi mettre
00:33:46un brassard blanc
00:33:48pour mieux faire
00:33:48la courte échelle
00:33:49à celles et ceux
00:33:50qui ont une cagoule noire ?
00:33:51Semer le chaos
00:33:52tel que vous le faites
00:33:53depuis le début
00:33:54du mouvement lycéen
00:33:54est un scandale.
00:33:56Le même Sébastien Lecornu
00:33:58a eu une passe d'armes
00:33:59électroniques sur X
00:34:00avec Jean-Luc Mélenchon
00:34:01le 28 septembre.
00:34:02Le leader des insoumis
00:34:03a notamment écrit ceci,
00:34:04je le cite,
00:34:05le gouvernement Lecornu
00:34:07a ordonné la répression.
00:34:08Cette férocité
00:34:09est irresponsable
00:34:11avec, a-t-il ajouté,
00:34:12un arrière-goût raciste
00:34:14évident ?
00:34:15Fin de citation.
00:34:16Est-ce que vous connaissez
00:34:17un pacifiste
00:34:18qui écrirait cela
00:34:19au moment même
00:34:20où les lycées grondent ?
00:34:21Cette déclaration
00:34:22du grand chef insoumis
00:34:23a été suivie le lendemain
00:34:24par celle du maire
00:34:25LFI de Saint-Denis,
00:34:27Bali Bagayoko.
00:34:28Je le cite,
00:34:29« La violence, à un moment donné,
00:34:30elle peut être légitime aussi. »
00:34:32Fin de citation.
00:34:33Il a dit ça
00:34:33devant le lycée Paul-Éluard,
00:34:35ce qui lui a valu
00:34:36un signalement
00:34:37au parquet de Bobigny
00:34:38par le préfet de police
00:34:39pour provocation
00:34:40à commettre un délit.
00:34:42Le même Bali Bagayoko
00:34:43a persisté ce matin
00:34:44sur RTL.
00:34:45On l'écoute.
00:34:46Moi, je ne renie rien
00:34:48de ce que j'ai dit.
00:34:49J'ai dit que la violence
00:34:50peut être légitime.
00:34:51Il a quand même précisé
00:34:53dans cette même interview
00:34:54qu'il désapprouvait
00:34:55totalement la violence.
00:34:56C'est tout l'équilibrisme
00:34:58ambigu auquel les insoumis
00:35:00s'essayent depuis le début
00:35:01du mouvement.
00:35:02Bali Bagayoko
00:35:03n'a pas dit
00:35:04« La colère est légitime. »
00:35:05Il a dit
00:35:05« La violence est légitime. »
00:35:07Et il a justifié
00:35:08sa formule
00:35:09par l'histoire sociale
00:35:10sur le site.
00:35:11« L'histoire de France
00:35:12montre clairement
00:35:13que toutes les avancées sociales
00:35:14se sont faites,
00:35:16malheureusement aussi,
00:35:17au travers de formes
00:35:18de violences. »
00:35:19Fin de citation.
00:35:20Alors, Marx n'a pas dit
00:35:21autre chose.
00:35:22Vous connaissez
00:35:22cette fameuse phrase.
00:35:23« La violence est la coucheuse
00:35:25de toutes vieilles sociétés
00:35:26qui emportent une nouvelle
00:35:27dans ses flancs. »
00:35:29les insoumis
00:35:30n'aiment pas la violence
00:35:31mais elle est nécessaire
00:35:32aux avancées sociales.
00:35:34Du reste,
00:35:35ils n'ont pas boudé,
00:35:36on l'a vu,
00:35:36leur soutien
00:35:36dès le tout début,
00:35:37dès le 21 septembre.
00:35:39Il y avait les députés LFI,
00:35:41Clémence Guettet
00:35:42et Louis Boyard
00:35:43qui sont allés
00:35:43au lycée Saint-Exupéry
00:35:45à Créteil,
00:35:45l'épicentre du mouvement
00:35:47pour soutenir les jeunes.
00:35:48Et Louis Boyard
00:35:49s'est précipité
00:35:50pour mettre en scène
00:35:51cette visite
00:35:51et il a publié
00:35:52une vidéo
00:35:52sur son compte TikTok
00:35:53qui a dépassé
00:35:55les 1,5 millions de vues.
00:35:57Donc soutenir
00:35:58et mettre le feu,
00:35:59ce n'est pas tout à fait pareil
00:36:00Anna quand même.
00:36:01Les services de renseignement
00:36:02ont été très clairs
00:36:03Adeline.
00:36:04Le 1er octobre,
00:36:05à l'issue d'une cellule
00:36:06interministérielle de crise,
00:36:07l'entourage du Premier ministre
00:36:08est venu voir les journalistes
00:36:09pour déclarer
00:36:10que l'origine du mouvement
00:36:12avait été déterminée
00:36:13par les fameux services
00:36:14de renseignement
00:36:15et qu'il s'agissait,
00:36:16je cite,
00:36:17d'une manœuvre
00:36:18organisée par LFI
00:36:19et ses proxys
00:36:20de l'ultra-gauche.
00:36:21Fin de citation.
00:36:22Je ne sais pas si vous avez
00:36:23entendu la colère
00:36:24de Bernard-Henri Lévy
00:36:25ce matin sur Radio Classique.
00:36:27Jean-Luc Mélenchon
00:36:29n'est pas digne
00:36:29de parler de mai 68.
00:36:31C'est un clown,
00:36:32c'est un salaud.
00:36:34La manière dont il se conduit
00:36:36vis-à-vis des lycéens
00:36:37est dégueulasse.
00:36:38Venir allumer le feu,
00:36:40danser devant le feu,
00:36:42envoyer les lycéens au feu
00:36:44comme le font
00:36:45les bandes insoumises,
00:36:47c'est indigne.
00:36:48Les insoumis sont en train
00:36:49de faire de ces lycéens
00:36:51et de leurs revendications justes
00:36:52de la chair à canon politique.
00:36:54Il y a une chose qui est sûre,
00:36:56Adeline,
00:36:57il n'y a pas de meilleur pyromane
00:36:58que celui qui se prétend pompier.
00:37:00Alors la parole est à Nicolas.
00:37:02Pour vous Nicolas,
00:37:04Jean-Luc Mélenchon
00:37:05n'est pas le pyromane
00:37:06qui en a bien détenu.
00:37:07C'est un pompier,
00:37:08c'est le chef des pompiers.
00:37:09Écoutez,
00:37:10j'ai regardé de près
00:37:10ces discours de ces derniers jours
00:37:12et ces interventions
00:37:13auprès des jeunes,
00:37:14notamment d'abord,
00:37:15ils sont transcendés,
00:37:17subjugués.
00:37:18D'ailleurs,
00:37:18vous avez vu comment
00:37:18il accueille dans les manifestations.
00:37:20Il y a quelque chose
00:37:21qui se passe
00:37:22avec Jean-Luc Mélenchon.
00:37:23C'est Mélenchon l'enchanteur.
00:37:25Et quand vous écoutez bien
00:37:26ce qu'il dit,
00:37:27il réussit des prodiges.
00:37:28D'abord,
00:37:29il n'y a pas de violence
00:37:30des casseurs,
00:37:31ça n'existe pas,
00:37:31mais il y a une violence policière.
00:37:33Et effectivement,
00:37:34moi,
00:37:34j'étais convaincu
00:37:34au bout du deuxième discours
00:37:36que j'ai suivi.
00:37:36Je me suis dit,
00:37:37il a tout à fait raison.
00:37:38Et puis même,
00:37:39d'ailleurs,
00:37:39il a lancé un appel
00:37:40casque blanc,
00:37:41comme quand j'étais jeune
00:37:42au moment de la mort
00:37:43de Malik Kousekine.
00:37:45Eh bien,
00:37:45écoutez-le.
00:37:47Moi,
00:37:48j'invite les adultes,
00:37:49les parents,
00:37:50à se mettre
00:37:51un casque blanc
00:37:52ou un brassard blanc
00:37:53et à entourer
00:37:54les manifestations
00:37:55pour que,
00:37:56on l'avait déjà fait
00:37:57dans les années
00:37:57après la mort
00:37:58de Malik Kousekine
00:37:59ou dans les années 90
00:38:01pour protéger.
00:38:02On a un devoir
00:38:03d'abord de protection.
00:38:05Et c'est vrai
00:38:06que dans cette posture,
00:38:07il apparaît
00:38:08parfaitement pacifique.
00:38:09Eh oui,
00:38:10il fait encore mieux
00:38:11que ça
00:38:11parce qu'il a tenu
00:38:13un discours
00:38:13vraiment très pédagogique
00:38:15où il explique
00:38:16qu'il ne faut pas
00:38:17tomber dans le piège
00:38:17de la violence
00:38:18et ne pas mettre
00:38:19le feu aux poubelles,
00:38:20entre autres.
00:38:21On l'écoute encore.
00:38:23Il est absurde
00:38:24de mettre le feu
00:38:25à des poubelles
00:38:26ou à des tas
00:38:27de cartons
00:38:28devant un lycée.
00:38:29C'est absurde.
00:38:30Nous appelons
00:38:31à des méthodes
00:38:31de lutte non violente.
00:38:32Il faut trouver
00:38:34toute l'inspiration
00:38:35pour savoir
00:38:36en quoi ça consiste.
00:38:37Mais il faut le faire,
00:38:38camarades,
00:38:40parce que sinon,
00:38:41on joue contre soi-même.
00:38:43Et il est à son meilleur
00:38:44dans son style,
00:38:47vous allez voir,
00:38:49quand, au fond,
00:38:50il est le grand-père
00:38:51de la nation,
00:38:52ce qui nous manquait.
00:38:53On n'avait pas
00:38:54de père de la nation,
00:38:54déjà,
00:38:55mais là,
00:38:55on a un grand-père
00:38:56de la nation.
00:38:57Et il explique
00:38:57et lui,
00:38:58il écoute,
00:38:59il a compris
00:38:59qu'il fallait des profs,
00:39:01qu'il fallait
00:39:01des bâtiments corrects
00:39:03et puis des portes
00:39:04aux toilettes.
00:39:05D'ailleurs,
00:39:05il les fait rire
00:39:06quand il reprend
00:39:07Bruno Retailleau-Volde
00:39:08qui avait demandé
00:39:09l'interdiction
00:39:09de LFI.
00:39:10Il a dit
00:39:11c'est ça,
00:39:11c'est pas ça
00:39:12qui mettra des portes
00:39:13aux chiottes.
00:39:13Mais c'est assez juste.
00:39:16Ils l'ont applaudi
00:39:17parce qu'au fond,
00:39:18il fait de la pédagogie
00:39:19politico-révolutionnaire.
00:39:22Traduction ?
00:39:23Eh bien,
00:39:23traduction,
00:39:24au fond,
00:39:25il leur explique
00:39:25très tranquillement
00:39:27que le mouvement
00:39:28qui a été impulsé,
00:39:29c'est encore mieux
00:39:29et plus important
00:39:30que mai 68,
00:39:31mais qu'attention,
00:39:33mai 68,
00:39:34le désordre a suivi
00:39:36et c'est le parti de l'ordre
00:39:39ensuite qui est venu.
00:39:39Et un parti de l'ordre,
00:39:40il dit,
00:39:41il y a un risque,
00:39:41il y a un risque
00:39:42avec Mme Le Pen.
00:39:43Donc,
00:39:43il essaye de leur faire comprendre,
00:39:45il faut,
00:39:46il le répète d'ailleurs
00:39:47à plusieurs reprises,
00:39:47montrer que vous êtes
00:39:48de sang-froid.
00:39:50Et alors,
00:39:50pour finir,
00:39:51quand même,
00:39:51j'ai une petite note personnelle,
00:39:54je pense qu'il a été écouté
00:39:55parce qu'il a un certain
00:39:57talent oratoire
00:39:58et puis c'est un peu professeur
00:39:59et moi,
00:40:00j'ai regardé
00:40:00toutes les pancartes
00:40:02dans les manifestations,
00:40:03il y avait très,
00:40:04très peu de fautes d'orthographe.
00:40:06Oui,
00:40:07c'est à remarquer
00:40:08puisqu'on dit toujours
00:40:09que l'enseignement fout le camp.
00:40:10Voilà,
00:40:11c'est du progrès
00:40:12pendant les manifestations
00:40:13et puis au fond,
00:40:15il y a un style assez pompier
00:40:16dans le schéma.
00:40:18J'enlève.
00:40:19Moi, ce que je retiens,
00:40:19c'est que c'est surtout
00:40:20de l'acrobatie
00:40:20quand je vous écoute.
00:40:22Bon, merci à tous les deux.
00:40:23On passe à la question qui fâche.
00:40:32On parle ce soir
00:40:33du projet de loi
00:40:34casseur-payeur
00:40:35qui va donc être examiné
00:40:36par le Sénat
00:40:38le 27 octobre prochain.
00:40:39C'est ce qu'a annoncé
00:40:40le gouvernement hier
00:40:41à la veille donc
00:40:42de cette journée
00:40:42de mobilisation lycéenne.
00:40:44Les dégâts
00:40:44depuis le début
00:40:45de cette mobilisation
00:40:46se chiffrent en millions d'euros
00:40:47et le texte donne
00:40:48la possibilité
00:40:49de faire payer
00:40:50des dégâts
00:40:50à toute personne
00:40:52appartenant à un groupement
00:40:53ayant commis
00:40:54des dédragadations.
00:40:55Alors, on va en débattre
00:40:56avec vous ce soir.
00:40:57Daniel Obono, bonsoir.
00:40:58Bonsoir.
00:40:58Vous êtes députée
00:40:59La France Insoumise de Paris
00:41:00et je vois que vous avez gardé
00:41:02votre brassard blanc
00:41:03sur votre veste.
00:41:03Vous étiez dans le cortège parisien
00:41:05tout à l'heure.
00:41:06Bonsoir, Laurent Croisier.
00:41:08Bonsoir.
00:41:08Députée modem du Doubs.
00:41:10Merci d'être là.
00:41:11Et bonsoir,
00:41:11Mickaël Taverne.
00:41:12Bonsoir.
00:41:12Députée Rassemblement National du Nord.
00:41:15C'est Katia Gilder
00:41:16qui vous pose la question
00:41:17qui fâche.
00:41:21Un camion de pompiers
00:41:23brûlé à Marseille.
00:41:24Un hall de lycée
00:41:25tout neuf incendié à Nantes.
00:41:27Ou encore ses poubelles
00:41:29brûlées à Toulouse.
00:41:30Des dégradations en marge
00:41:32du mouvement des lycéens
00:41:33estimées à plusieurs dizaines
00:41:35de millions d'euros.
00:41:36Face à ces violences,
00:41:37le gouvernement a décidé
00:41:39d'accélérer le calendrier
00:41:40du projet de loi
00:41:41Casseur-Payeur.
00:41:42Il sera examiné
00:41:43dès le 27 octobre au Sénat.
00:41:44Ce que nous allons mettre en place,
00:41:46c'est un nouveau principe,
00:41:47de nouvelles dispositions
00:41:48qui vont permettre
00:41:49de mettre en cause
00:41:50la responsabilité collective
00:41:52d'un groupe
00:41:53présent au sein
00:41:53d'un attroupement
00:41:54ou d'un groupement.
00:41:55La responsabilité civile collective,
00:41:58c'est précisément
00:41:59la mesure du texte
00:42:00qui fait polémique.
00:42:01C'est une arme
00:42:02de répression massive
00:42:02contre toutes les manifestations.
00:42:04Et donc,
00:42:05vous devrez prouver
00:42:06que ce n'est pas vous
00:42:06qui avez cassé.
00:42:07C'est une inversion totale
00:42:09par rapport à l'état de droit.
00:42:11Si des personnes
00:42:13cassent délibérément
00:42:14du matériel public,
00:42:15empêchent les élèves
00:42:16d'aller étudier,
00:42:18terrorisent les professeurs,
00:42:20eh bien oui.
00:42:20Si leurs parents
00:42:21doivent payer
00:42:22pendant des années,
00:42:23s'ils doivent faire l'objet
00:42:24d'une expulsion
00:42:25de leur logement social,
00:42:26par exemple,
00:42:27si les élèves,
00:42:28une fois qu'ils seront en travail,
00:42:29doivent payer toute leur vie,
00:42:30eh bien écoutez,
00:42:31ça me va,
00:42:31au moins ça leur servira
00:42:32de leçon.
00:42:33Le gouvernement
00:42:34veut faire payer
00:42:35non seulement celui qui casse,
00:42:36mais aussi toute personne
00:42:38qui participe
00:42:39à un groupement violent
00:42:40responsable de dégradation.
00:42:42Et cela,
00:42:43même si elle n'est pas
00:42:44elle-même
00:42:44l'auteur direct
00:42:45des violences.
00:42:46Le montant dû
00:42:47pourrait aller
00:42:48jusqu'à 10 000 euros
00:42:49par personne.
00:42:50Mais avec cette disposition,
00:42:52le gouvernement risque
00:42:53la censure
00:42:54du Conseil constitutionnel.
00:42:56Il y a un doute
00:42:56sur la constitutionnalité
00:42:58d'un tel article.
00:42:59D'avoir, si vous voulez,
00:43:00quelqu'un qui puisse payer
00:43:01de manière collective,
00:43:03ça c'est tout à fait inédit.
00:43:04Le projet de loi
00:43:04prévoit aussi
00:43:05la possibilité
00:43:06de saisir
00:43:06les allocations familiales
00:43:08ou les aides au logement
00:43:09au titre
00:43:09des dommages et intérêts.
00:43:11Alors la question
00:43:12qui fâche,
00:43:12la voici.
00:43:13Qui va payer la facture ?
00:43:15Est-ce aux familles
00:43:15de payer pour leurs enfants ?
00:43:17Laurent Croisier,
00:43:19le principe
00:43:19tu casses,
00:43:20tu payes.
00:43:20Pourquoi ne pas s'arrêter
00:43:22au casseur ?
00:43:22Pourquoi faire payer
00:43:24aussi celui
00:43:24qui était à côté ?
00:43:25On va passer
00:43:26du principe
00:43:27du tu casses,
00:43:27tu payes
00:43:28à tu casses,
00:43:29tu participes,
00:43:30tu payes.
00:43:31C'est tout à fait normal.
00:43:32Être spectateur,
00:43:33je suis désolé,
00:43:34être spectateur,
00:43:35pousser les uns
00:43:36ou les autres
00:43:37à casser,
00:43:38c'est déjà,
00:43:38c'est être complice.
00:43:39Comment vous déterminez
00:43:40qu'un spectateur
00:43:41va pousser des casseurs
00:43:43à casser ?
00:43:43Ça, c'est évidemment
00:43:44la justice
00:43:45qui se prononcera
00:43:47et qui a toute légitimité
00:43:50à se prononcer.
00:43:51Mais à un moment donné,
00:43:52ça suffit.
00:43:53Les Français sont exaspérés
00:43:55par les images,
00:43:57les destructions,
00:43:58le camion de pompiers
00:43:59qu'a brûlé à Marseille.
00:44:01Mais c'est une image
00:44:02insupportable.
00:44:03vous ne vous rendez pas compte
00:44:04après les incendies
00:44:06que les Français
00:44:07ont vécu
00:44:08durant l'été,
00:44:09voir un camion de pompiers
00:44:10brûler comme cela,
00:44:12mais c'est absolument
00:44:13terrible.
00:44:14Et ces casseurs
00:44:15sont des...
00:44:16Alors comme les députés
00:44:18de la France insoumise
00:44:18qui alimentent,
00:44:19qui mettent de l'huile
00:44:20sur le feu,
00:44:21sont des tracts ambulants
00:44:22pour le Rassemblement national.
00:44:25Ça tombe bien,
00:44:26il est là le Rassemblement national.
00:44:27Il sourit.
00:44:28Il s'est dit que vous avez vu.
00:44:29Dans une autre vie,
00:44:30vous étiez policier
00:44:31avant d'être député.
00:44:33Mais ça fait longtemps
00:44:34que le RN réclame
00:44:34plus de responsabilités individuelles.
00:44:37Mais alors justement,
00:44:38là, on est dans
00:44:38la responsabilité collective.
00:44:40Vous êtes à l'aise avec ça ?
00:44:41Mais bien sûr.
00:44:42Vous savez,
00:44:43dans le code pénal,
00:44:43il existe ce qu'on appelle
00:44:44l'attroupement.
00:44:45C'est le 431-3 du code pénal.
00:44:48Tout attroupement
00:44:49sur la République
00:44:49c'est aussi possible
00:44:50de troubler l'ordre public.
00:44:51Et là, c'est une mesure
00:44:52qui est collective.
00:44:53Mais vous savez,
00:44:54la dernière fois
00:44:54que je suis venu sur ce plateau,
00:44:56on avait évoqué
00:44:57les incidents
00:44:58lors de la victoire du PSG.
00:44:59En fait,
00:45:00les semaines,
00:45:01les mois se suivent
00:45:02et se ressemblent.
00:45:03C'est-à-dire qu'à chaque fois,
00:45:04tout est prétexte
00:45:05pour incendier,
00:45:06pour saccager,
00:45:07pour piller.
00:45:08Et ce sont toujours
00:45:08les mêmes qui payent,
00:45:09c'est-à-dire les Français.
00:45:11Nous sommes dans
00:45:12une situation difficile
00:45:15où beaucoup de nos compatriotes
00:45:17ont du mal
00:45:17à finir leur fin de mois.
00:45:18Et en fait,
00:45:19pour pourtant des revendications
00:45:21qui sont légitimes,
00:45:22les lycéens.
00:45:22Et on a une nouvelle fois
00:45:24des individus,
00:45:26pour la plupart issus
00:45:27de l'ultra-gauche,
00:45:28soutenus par la France insoumise,
00:45:29qui incendient,
00:45:31camions de pompiers,
00:45:32des lycées tout neufs,
00:45:33par exemple,
00:45:34le lycée Nantais
00:45:35Nelson Mandela
00:45:35qui était tout neuf,
00:45:36qui a brûlé.
00:45:37Ensuite,
00:45:38on s'en prend
00:45:38à des professeurs,
00:45:40on s'en prend
00:45:40à des policiers,
00:45:41on s'en prend même
00:45:42à des lycéens
00:45:43qui veulent tout simplement
00:45:45participer aux cours.
00:45:46C'est absolument insupportable.
00:45:48Et avec Marine Le Pen
00:45:49et Jordan Mandela,
00:45:49nous avons toujours défendu
00:45:50cette mesure
00:45:51de casseur-payeur.
00:45:52Même si vous devez payer
00:45:53pendant 30 ans,
00:45:5440 ans,
00:45:55il faut vous responsabiliser,
00:45:56c'est-à-dire que
00:45:57vous paierez les dégâts
00:46:00commis
00:46:00et ce ne sont pas
00:46:01aux Français,
00:46:03une nouvelle fois,
00:46:04de payer
00:46:04pour les conneries des autres.
00:46:06Excusez-moi,
00:46:06il y a un moment,
00:46:07il faut faire passer
00:46:07un message.
00:46:08Partout dans le monde,
00:46:10on regarde la France
00:46:11en se disant
00:46:12mais qu'est-ce qui se passe ?
00:46:13Mais le nouvel an,
00:46:15vous brûlez.
00:46:16La victoire du PSG,
00:46:17c'est festif,
00:46:18vous brûlez.
00:46:19Il y a une manifestation
00:46:21avec des revendications,
00:46:22je le rappelle,
00:46:23légitimes.
00:46:23Vous brûlez,
00:46:24en fait,
00:46:24tout est prétexte pour brûler.
00:46:25Donc il y a un moment,
00:46:26il faut que ça cesse,
00:46:27il faut que les casseurs
00:46:28prennent leurs responsabilités.
00:46:30Daniel Obono.
00:46:31On entend là,
00:46:32en fait,
00:46:33une remise en cause totale
00:46:35de l'état de droit,
00:46:36des libertés fondamentales,
00:46:38en plus de l'instrumentalisation
00:46:40politisienne absolument grossière
00:46:42et pathétique
00:46:43qui a lieu.
00:46:44Et bien sûr,
00:46:45la France insoumise
00:46:45est coupable de tout
00:46:47depuis tous les temps.
00:46:49Et il suffit
00:46:51que nous apparitions
00:46:52pour que l'école s'écroule,
00:46:55qu'il y ait des mobilisations lycéennes.
00:46:56Déjà,
00:46:56mai 68,
00:46:57vous savez,
00:46:58Jean-Luc Mélenchon
00:46:58bloquait son lycée.
00:46:59Moi,
00:47:00en 2006,
00:47:00je menais la bataille
00:47:01à la Sorbonne.
00:47:02Revenons à ce projet de loi,
00:47:04si vous voulez bien.
00:47:04Non, non, non, ce projet de loi
00:47:05est l'expression...
00:47:05Vous dites, vous,
00:47:06c'est une atteinte
00:47:07au droit de manifester.
00:47:08Je vais finir là-dessus
00:47:08parce que la vérité,
00:47:10c'est qu'au lieu de répondre
00:47:11aux problèmes structurants
00:47:14dont vous avez parlé,
00:47:15et je vous en fais le compliment,
00:47:18parce que très majoritairement,
00:47:20ce sur quoi il y a eu
00:47:21une focalisation,
00:47:22c'est un certain nombre
00:47:23de dégradations.
00:47:24On vient de parler
00:47:25pendant une demi-heure
00:47:26des revendications
00:47:26et de la réponse politique.
00:47:27C'est ce que je viens de dire
00:47:28et je vous en fais totalement le crédit.
00:47:30Et c'est ça l'essentiel.
00:47:30Je rappelle qu'on est face
00:47:31à un des mouvements
00:47:32les plus importants
00:47:33qu'il y ait eu
00:47:34depuis des décennies dans ce pays.
00:47:35Mais ça, personne ne le conteste.
00:47:36Plus d'un tiers des établissements
00:47:38sont concernés
00:47:38et ce n'est pas dans les plus
00:47:40de 1 000 établissements
00:47:41qu'il y aurait eu le feu
00:47:43et toutes ces dégradations.
00:47:44Donc c'est très minoritaire
00:47:45ce dont il s'agit.
00:47:46Et nous avons déjà les outils
00:47:48dans le code pénal
00:47:49pour faire en sorte
00:47:50que quand il y a des dégradations,
00:47:51que les auteurs sont identifiés,
00:47:53qu'ils sont sanctionnés
00:47:54et qu'ils payent.
00:47:55Donc en fait, tout ça,
00:47:57c'est tout simplement
00:47:58la mise en pratique effectivement
00:47:59par la Macronie
00:48:00d'idées complètement antidémocratiques
00:48:02de l'extrême droite
00:48:04qui considèrent que désormais
00:48:06on punit collectivement des gens
00:48:07sous l'art du soupçon
00:48:10sans que qui que ce soit
00:48:12ait été identifié
00:48:14et sanctionné
00:48:15pour des actes commis.
00:48:16Parce que je rappelle,
00:48:17on est à l'Assemblée nationale,
00:48:18nous sommes des parlementaires.
00:48:20Le principe fondamental du droit,
00:48:23c'est qu'on est sanctionné
00:48:25pour des faits qu'on a commis.
00:48:26Quand on est auteur
00:48:27et que la justice l'a décidé.
00:48:29Donc vous voyez bien que...
00:48:30C'est pour ça qu'il y a un risque
00:48:31avéré
00:48:31et que le Conseil d'État
00:48:33a souligné.
00:48:34Ce sera totalement
00:48:35anticonstitutionnel.
00:48:36Je précise que le Conseil d'État
00:48:36a donné un avis favorable
00:48:38tout en émettant des réserves
00:48:40notamment sur le risque
00:48:41d'anticonstitutionnalité
00:48:43de cette mesure
00:48:44puisque la Constitution dit
00:48:46je ne peux pas payer
00:48:47pour des dégâts
00:48:48que je n'ai pas commis moi-même.
00:48:50Comment vous allez
00:48:51enjamber ce risque ?
00:48:52Vous voyez bien
00:48:52que c'est une posture politicienne.
00:48:54Il s'en fiche en vérité
00:48:55de ce que va dire
00:48:56le Conseil constitutionnel.
00:48:58Si le Conseil constitutionnel
00:48:59sanctionne,
00:48:59on n'aura travaillé pour rien.
00:49:00Oui mais vous voyez bien
00:49:01qu'on ne parlera pas de ça.
00:49:03Là on parle beaucoup
00:49:04du coup
00:49:05des poubelles qui brûlent,
00:49:06des lycées qui brûlent,
00:49:07etc.
00:49:08Là on parle ce soir
00:49:09de qui doit payer
00:49:10pour ces dégâts.
00:49:11On le sait déjà.
00:49:12C'est ça que je vous dis.
00:49:13On sait déjà
00:49:14que ceux qui doivent payer
00:49:15c'est ceux qui ont commis
00:49:16ces dégradations
00:49:17et c'est ce que doit faire
00:49:19le gouvernement.
00:49:20Identifier ces personnes,
00:49:21les sanctionner,
00:49:22les passer devant la justice
00:49:23et la justice statue.
00:49:25La vérité c'est que,
00:49:26permettez-moi de simplement
00:49:27pointer un fait.
00:49:28Vous savez qu'il y a deux ans,
00:49:29quand il y a eu
00:49:30des dégradations commises
00:49:31lors d'actions coup de poing
00:49:33des agriculteurs
00:49:34et des agricultrices,
00:49:35nous n'avons pas eu ces débats.
00:49:36Pourquoi ?
00:49:36Parce que c'est une posture politicienne.
00:49:38Monsieur Darmanin avait dit
00:49:39à ce moment-là
00:49:40je comprends le coup de sang.
00:49:42Et il n'y aura pas
00:49:43d'intervention des policiers
00:49:44parce qu'on comprend
00:49:45ce coup de sang.
00:49:45Donc d'un côté
00:49:47on comprend le coup de sang,
00:49:48on ne stigmatise pas
00:49:49quelques actions volantes
00:49:50pour disqualifier
00:49:51tout un mouvement
00:49:51parce que nous aussi
00:49:52nous soutenions
00:49:53les agriculteurs
00:49:54et les agricultrices
00:49:55comme nous avons soutenu
00:49:56tous les mouvements sociaux
00:49:57qui portent des revendications légitimes
00:49:58mais dans ce cas-là
00:49:59non, il n'y avait pas
00:50:00ces débats
00:50:00complètement stigmatisants.
00:50:02Donc vous voyez bien
00:50:02que c'est une posture politicienne
00:50:04absolument patrice.
00:50:04Laurent Croisier,
00:50:05sur le risque
00:50:06d'inconstitutionnalité
00:50:08de la mesure,
00:50:09le Conseil d'État
00:50:10a demandé des gardes fous
00:50:11notamment parce que
00:50:13dans le texte initial
00:50:14ça pouvait conduire
00:50:15quelqu'un
00:50:16simplement identifié
00:50:17aux abords
00:50:18des violences
00:50:18à supporter
00:50:19des dommages
00:50:20sans délimitation
00:50:21suffisamment précise.
00:50:23Comment est-ce que
00:50:24vous corrigez
00:50:24ce que le Conseil d'État
00:50:26vous dit ?
00:50:27Alors le Conseil d'État
00:50:28vous l'avez dit
00:50:29a donné un avis favorable.
00:50:32Donc ça veut dire
00:50:33qu'on n'est pas
00:50:34comme je l'entends
00:50:35à l'instant
00:50:36autant
00:50:39contre l'État de droit
00:50:40et on n'a pas
00:50:41la même définition
00:50:42Madame Obono
00:50:42visiblement
00:50:43de l'État de droit
00:50:44parce que l'État de droit
00:50:45c'est exactement
00:50:46ce qui nous protège
00:50:49d'une société violente.
00:50:51De l'arbitraire.
00:50:51Et dans un État de droit
00:50:53il n'y a pas
00:50:54de violence légitime
00:50:55Madame Obono.
00:50:55Ah si bien sûr !
00:50:56Dans un État de droit
00:50:57il n'y a pas de violence
00:50:58je parle pour le citoyen
00:51:01dans un État de droit
00:51:02il n'y a pas
00:51:02de violence acceptable
00:51:04comme vous semblez le dire
00:51:05toute violence
00:51:06doit être condamnée
00:51:09aucune ambiguïté
00:51:10aucune complaisance
00:51:11avec la violence
00:51:12et dans un État de droit
00:51:13il y a un principe
00:51:13de responsabilité individuelle
00:51:16c'est-à-dire
00:51:18celui qui casse
00:51:19celui qui participe
00:51:20à casser
00:51:21doit payer
00:51:22tout simplement
00:51:23ce n'est pas
00:51:24aux Français
00:51:25par leur impôt
00:51:26de participer
00:51:28Ce que dit Daniel Obono
00:51:29c'est qu'en fait
00:51:29on n'a pas besoin
00:51:30d'un nouveau texte
00:51:30parce que ça existe déjà
00:51:31donc qu'est-ce que ce texte
00:51:33est censé corriger
00:51:34qui n'existe déjà ?
00:51:35Eh bien tout d'abord
00:51:36ça permet
00:51:37de mettre en cause
00:51:38les complices
00:51:39de ceux
00:51:40qui cassent
00:51:42On devient complice
00:51:43à partir de quel moment ?
00:51:44Attendez Daniel Obono
00:51:44pas tous en même temps
00:51:45à un acte
00:51:46excusez-moi
00:51:46pas quand on est
00:51:47un passant
00:51:48dans la rue
00:51:49ça n'a aucun sens
00:51:51ça permet un effet
00:51:53dissuasion
00:51:54c'est-à-dire que
00:51:55d'ailleurs
00:51:55moi j'invite
00:51:56l'ensemble
00:51:57des parents
00:52:00à dialoguer
00:52:01avec les lycéens
00:52:03qui sont aujourd'hui
00:52:04dans les manifestations
00:52:05qui se passent mal
00:52:06parce qu'il y a
00:52:07heureusement
00:52:07des mouvements
00:52:09qui peuvent bien se passer
00:52:10je ne vais pas mélanger
00:52:11les casseurs
00:52:12et les lycéens
00:52:13qui portent
00:52:13des revendications
00:52:14mais j'invite
00:52:16les parents
00:52:17à expliquer
00:52:18à leurs enfants
00:52:19que si une manifestation
00:52:21se passe mal
00:52:22il faut qu'ils quittent
00:52:24la manifestation
00:52:25c'est normal
00:52:26parce qu'ils se mettent
00:52:27en danger
00:52:28et ils empêchent
00:52:29les forces de sécurité
00:52:30de pouvoir intervenir
00:52:32ou ils prennent le risque
00:52:33d'être face
00:52:35à des incidents
00:52:37comme a pu le mentionner
00:52:39le premier ministre
00:52:39vous ne répondez pas
00:52:40à ma question
00:52:41de ce que vient corriger
00:52:42ce texte
00:52:42qui n'existe déjà
00:52:43dans la loi
00:52:44il permet aussi
00:52:44j'ai dit
00:52:45il permet de pointer
00:52:46la complicité
00:52:47il permet aussi
00:52:50de réparer
00:52:51on va dire
00:52:52d'aller chercher
00:52:52sur les APL
00:52:54ou les allocations
00:52:57familiales
00:52:57une forme de responsabilité
00:52:59parce que
00:52:59quand on n'est pas
00:53:01imposable
00:53:01quand on n'est pas
00:53:02solvable
00:53:03on pouvait casser
00:53:04en toute impunité
00:53:05donc un article
00:53:07permet de pointer
00:53:08du doigt
00:53:08la responsabilité
00:53:10quelle que soit
00:53:12la situation sociale
00:53:13de la personne
00:53:14on arrête
00:53:15avec le principe
00:53:16d'insaisissabilité
00:53:18des allocations
00:53:18on arrête
00:53:19avec ce principe là
00:53:21les prestations
00:53:22insaisissables
00:53:23le texte
00:53:23le texte
00:53:24permet
00:53:24effectivement
00:53:25d'aller chercher
00:53:26sur ces prestations
00:53:28sociales
00:53:29et la justice
00:53:30aura
00:53:31toute l'attitude
00:53:32à ajuster
00:53:33pour qu'il y ait
00:53:34quand même
00:53:34un reste à vivre
00:53:35pour la famille
00:53:37évidemment
00:53:37Michael Taverne
00:53:39donc
00:53:40on a dit
00:53:41qui doit payer
00:53:41et comment faire payer
00:53:43je reprends
00:53:44ce que disait
00:53:45Daniel Obono
00:53:45tout à l'heure
00:53:45d'abord
00:53:46est-ce que vous entendez
00:53:47les critiques
00:53:48qui disent
00:53:49en gros
00:53:49celui qui se fera prendre
00:53:50c'est celui
00:53:51qui aura couru
00:53:51le moins vite
00:53:54bon
00:53:54venant
00:53:55de la France insoumise
00:53:57qui considère
00:53:58que la violence
00:53:59peut être légitime
00:54:00avançons
00:54:00on n'a pas forcément
00:54:02non mais
00:54:02c'est extrêmement important
00:54:03quand même
00:54:04parce qu'en fait
00:54:04on légitime tout ça
00:54:05et les français
00:54:07on aura le bol
00:54:07en fait
00:54:07de voir qu'à chaque fois
00:54:09qu'il y a un mouvement
00:54:09social judit
00:54:10avec des revendications
00:54:11qui sont parfois légitimes
00:54:11oui mais là
00:54:11je voudrais vraiment
00:54:12interroger
00:54:12la faisabilité
00:54:13de ce texte
00:54:14ce sont toujours
00:54:14les mêmes qui payent
00:54:16aujourd'hui
00:54:18chaque collectivité
00:54:19notamment les régions
00:54:20en ce qui concerne
00:54:20les lycées
00:54:21peuvent se porter
00:54:21partie civile
00:54:22justement pour avoir
00:54:23des dommages à intérêts
00:54:24maintenant je rappelle
00:54:25juste
00:54:26qu'il faut
00:54:27notamment c'est ce que
00:54:28dit le conseil d'état
00:54:29c'est à dire
00:54:29qu'il faut mettre en place
00:54:30des gardes fous
00:54:31c'est à dire
00:54:31qu'il faut parfaitement
00:54:32identifier les casseurs
00:54:33qui identifie les casseurs
00:54:35ce sont les forces
00:54:36de sécurité interne
00:54:37les forces de l'ordre
00:54:37notamment avec des moyens
00:54:38technologiques
00:54:38par exemple les drones
00:54:39la France insoumise
00:54:41systématiquement
00:54:41ne vote jamais
00:54:42des moyens supplémentaires
00:54:43donc il faut donner
00:54:44aux forces de l'ordre
00:54:45la possibilité
00:54:46d'aller interpeller
00:54:47et notamment
00:54:48de mettre en place
00:54:49une filière d'investigation
00:54:50parce qu'on sait très bien
00:54:51qu'il y a par exemple
00:54:526000 interpellations
00:54:53aujourd'hui
00:54:54sur les 6000 interpellations
00:54:55combien de gardes à vue
00:54:57et combien de condamnations
00:54:58au final ?
00:54:59et pourquoi ?
00:55:00tout simplement
00:55:00parce que systématiquement
00:55:02nous n'avons pas
00:55:03suffisamment
00:55:04d'éléments objectifs
00:55:06qui permettent
00:55:06d'identifier
00:55:07un individu
00:55:09auteur d'une infraction pénale
00:55:10etc.
00:55:11donc c'est pour ça
00:55:11qu'il faut donner
00:55:12des moyens supplémentaires
00:55:13à le policier
00:55:14pour identifier
00:55:15donc c'est la raison
00:55:16pour laquelle
00:55:17moi je dis à chaque fois
00:55:18il faut voter
00:55:18les moyens supplémentaires
00:55:19la France insoumise
00:55:20vote contre tous les textes
00:55:21qui assurent la sécurité
00:55:22des français
00:55:22mais absolument
00:55:23absolument tous
00:55:23donc aujourd'hui
00:55:25il faut travailler
00:55:27justement à l'Assemblée nationale
00:55:28pour mettre en place
00:55:29ces gardes-fous
00:55:29mais le Conseil d'Etat
00:55:30n'a jamais dit
00:55:31que ce projet de loi
00:55:32serait inconstitutionnel
00:55:34il a dit
00:55:34on le valide
00:55:35on le valide
00:55:35mais par contre
00:55:36il faut mettre en place
00:55:37des gardes-fous
00:55:37mais la France insoumise
00:55:38vous savez comment ça va se passer
00:55:39ils seront contre tout
00:55:40ils déposeront
00:55:42notamment une motion de rejet
00:55:44préalable sur ce texte
00:55:45on les connait par coeur
00:55:46moi ça fait depuis 2022
00:55:47que je les côtoie
00:55:48je les connais par coeur
00:55:49donc à nous
00:55:51en tout cas
00:55:52de mettre en place
00:55:53des mesures efficaces
00:55:54je rappelle
00:55:55pour que les casseurs
00:55:57payent enfin
00:55:58et que ce soit
00:55:59non plus les français
00:56:00qui payent
00:56:00parce qu'ils en ont
00:56:01assez d'être imposés
00:56:02on voit sur ce budget
00:56:04ils vont devoir payer
00:56:04des impôts supplémentaires
00:56:05et les entreprises également
00:56:07donc à un moment
00:56:08il faut responsabiliser
00:56:09les casseurs
00:56:10responsabiliser les parents
00:56:11qui ont un rôle
00:56:12fondamental
00:56:13auprès des enfants
00:56:14si je peux me permettre
00:56:15quand même de rappeler
00:56:16parce qu'il est fait mention
00:56:17à chaque fois
00:56:17de la France insoumise
00:56:18ce n'est pas que la France insoumise
00:56:20qui dénonce
00:56:21la répression policière
00:56:22et judiciaire
00:56:23du gouvernement
00:56:24pas simplement
00:56:25sur ce mouvement
00:56:25c'est déjà le cas
00:56:26sur ce mouvement
00:56:27la ligue des droits de l'homme
00:56:28s'est prononcée
00:56:28Amnistie internationale
00:56:30s'est prononcée
00:56:30mais depuis 10 ans
00:56:32toutes les institutions
00:56:33de défense des droits humains
00:56:34au niveau national
00:56:36européen
00:56:36et international
00:56:38pointent
00:56:38la répression policière
00:56:39et judiciaire
00:56:41disproportionnée
00:56:42par exemple
00:56:43lors du mouvement
00:56:43des gilets jaunes
00:56:44savez-vous
00:56:44des gilets jaunes
00:56:45savez-vous que
00:56:46Amnistie internationale
00:56:47a documenté
00:56:4940 000 condamnations abusives
00:56:5140 000 condamnations abusives
00:56:54c'est-à-dire qu'il y a une stratégie
00:56:55qui consiste à aller attraper
00:56:56tout le monde
00:56:58et n'importe qui
00:56:59y compris le passant dans la rue
00:57:00y compris le jeune homme
00:57:01pendant les gilets jaunes
00:57:02qui sortait d'un commerce
00:57:03qui n'avait pas fait de manifestation
00:57:05et qui s'est retrouvé
00:57:06Laurent Croisier
00:57:06on ne va pas revenir aux gilets jaunes
00:57:07mais Laurent Croisier
00:57:08est-ce que le chiffre
00:57:08des 6000 interpellations
00:57:09je finis là-dessus
00:57:10parce que ça explique ce chiffre-là
00:57:11c'est-à-dire qu'on arrête tout le monde
00:57:15on met tout le monde en garde à vue
00:57:16tout le monde sort
00:57:17parce qu'en fait
00:57:18la grande majorité des personnes
00:57:19qui sont détenues
00:57:20n'ont rien commis
00:57:21comme des lits
00:57:21c'est le cas de tous les lycéens
00:57:23les collégiens
00:57:24qui sortent en ce moment
00:57:26après avoir passé
00:57:2724 heures
00:57:2848 heures
00:57:29en garde à vue
00:57:29quelle est la valeur pédagogique
00:57:31pour des lycéens
00:57:31et des collégiens
00:57:32de passer autant de temps
00:57:34détenus
00:57:34alors qu'ils n'ont rien commis
00:57:36comme délit
00:57:36et je ne parle même pas
00:57:37de ceux qui se retrouvent mutilés
00:57:38et ça c'est une stratégie
00:57:40qui est dénoncée
00:57:40à tous les niveaux
00:57:42depuis 10 ans
00:57:42et voilà qu'il termine
00:57:44les macronistes
00:57:45main dans la main
00:57:46avec le Rassemblement national
00:57:47ce bilan absolument déplorable
00:57:49Laurent Croisier
00:57:52il y a quelques mois
00:57:53quand le RN avait proposé
00:57:54cette mesure
00:57:56vous aviez voté contre
00:57:58qu'est-ce qui vous a fait
00:58:00changer d'avis ?
00:58:01alors je ne sais pas
00:58:02si j'avais voté
00:58:03à titre personnel
00:58:04non le bloc central
00:58:06je n'ai pas à souvenir
00:58:07moi d'avoir voté
00:58:08contre cette mesure
00:58:09puisque j'y suis
00:58:10extrêmement favorable
00:58:13bon on entend
00:58:14le discours classique
00:58:15de madame Obono
00:58:17mais à un moment donné
00:58:19il y a un principe
00:58:21de réalité
00:58:22on ne va pas rester
00:58:25spectateur
00:58:25de ce spectacle
00:58:28madame Obono
00:58:28ne parlez pas
00:58:29de démocratie
00:58:30ne parlez pas
00:58:32de démocratie
00:58:32ni d'état de droit
00:58:33vous n'en avez pas
00:58:34un échantillon
00:58:35dans la poche
00:58:36la France insoumise
00:58:37n'en a pas
00:58:37un échantillon
00:58:38donc Amnesty
00:58:38dit n'importe quoi
00:58:39la Ligue des droits
00:58:40de l'homme
00:58:40dit n'importe quoi
00:58:41vous pouvez accuser
00:58:42la France insoumise
00:58:43de tous les mots
00:58:43mais là je vous parle
00:58:43d'institution internationale
00:58:45je l'accuse
00:58:45de tous les mots
00:58:47madame Obono
00:58:48je l'accuse
00:58:49de tous les mots
00:58:49un paravent
00:58:50je vous parle
00:58:51de Amnesty International
00:58:52Michael Taverne
00:58:53le RN votre Altec
00:58:54même s'il est juridiquement
00:58:56fragile et qu'il émane
00:58:57du gouvernement international
00:58:58il y aura un débat
00:58:59je vais laisser
00:58:59les macronistes
00:59:00et puis la France insoumise
00:59:01qui se sont allés
00:59:02en 2024
00:59:03se mettre d'accord
00:59:03allez allez
00:59:04mais en tout cas
00:59:05vous n'en avez rien à faire
00:59:06de droit international
00:59:07s'il vous plaît
00:59:08vous n'en avez rien à faire
00:59:09de responsabilité
00:59:11c'est à dire qu'avec
00:59:12Marine Le Pen
00:59:13et le groupe
00:59:13Rassemblement National
00:59:14à chaque fois
00:59:15qu'il y avait des textes
00:59:16qui allaient dans le bon sens
00:59:17nous les avons toujours votés
00:59:18donc là il y aura
00:59:19un débat parlementaire
00:59:20et nous aborderons
00:59:22ce débat parlementaire
00:59:23avec confiance
00:59:24nous serons déterminés
00:59:26à une nouvelle fois
00:59:27défendre nos mesures
00:59:28mais je rappelle
00:59:28qu'à chaque fois
00:59:29qu'il y a une situation
00:59:30compliquée
00:59:30que le gouvernement
00:59:31est un petit peu
00:59:32pris au piège
00:59:33ils viennent
00:59:34en tout cas
00:59:34le Premier ministre
00:59:36et puis le ministre de l'Intérieur
00:59:36piocher dans le programme
00:59:37de Marine Le Pen
00:59:38ce qui nous donne
00:59:39une légitimité supplémentaire
00:59:41pour 2027
00:59:42mais en tout cas
00:59:43nous participerons activement
00:59:44à ce débat
00:59:44merci à tous les trois
00:59:47merci à tous les trois
00:59:48on aura l'occasion
00:59:49évidemment d'en reparler
00:59:50quand le texte reviendra
00:59:51à la formation nationale
00:59:52mais je ne vais pas y arriver
00:59:54Bourbon Express
00:59:54c'est tout de suite
00:59:55c'est le journal de l'Assemblée nationale
00:59:56parce qu'il s'est passé
00:59:57plein d'autres choses
00:59:57aujourd'hui autour des députés
00:59:58et c'est avec Marco Pommier
01:00:04Marco
01:00:05mais tous les soirs
01:00:06je sauve votre temps de parole
01:00:08cher Marco
01:00:09Bourbon Express
01:00:10on continue de parler
01:00:12du rassemblement national
01:00:12avec le contre-budget
01:00:13qui a été présenté ce matin
01:00:15par la présidente du groupe RN
01:00:17à l'Assemblée Marine Le Pen
01:00:18et le président du parti
01:00:19Jordane Bardella
01:00:19Opération crédibilité
01:00:21au siège du RN ce matin
01:00:23Marine Le Pen
01:00:24tente de convaincre
01:00:25le monde économique
01:00:26et financier
01:00:26du sérieux budgétaire
01:00:28de son programme
01:00:28si elle entrait
01:00:29à l'Elysée début mai
01:00:31Compte tenu de la hausse des taux
01:00:33et du budget indigent
01:00:34que proposent
01:00:35Sébastien Lecornu
01:00:36et Emmanuel Macron
01:00:37je vous annonce
01:00:38dès maintenant
01:00:39que nous portons
01:00:39l'ajustement nécessaire
01:00:40à 140 milliards d'euros
01:00:42nets d'économie
01:00:43en 2032
01:00:44par rapport à 2026
01:00:45j'espère ne pas être obligé
01:00:48d'augmenter encore ce seuil
01:00:49si une nouvelle dégradation
01:00:51de la situation
01:00:51devait survenir
01:00:52avant le 2 mai
01:00:54140 milliards d'euros
01:00:56d'économie
01:00:56en 5 ans
01:00:57voilà le régime
01:00:59promis par Marine Le Pen
01:01:00aux finances publiques
01:01:01objectif
01:01:02ramener le déficit
01:01:03sous les 3%
01:01:04dès 2030
01:01:05autre mesure phare
01:01:06imposer une règle d'or
01:01:08budgétaire
01:01:08par référendum
01:01:09pour diminuer
01:01:10chaque année
01:01:11la dette du pays
01:01:12et pendant cette présentation
01:01:14Jordan Bardella
01:01:15n'a pas échappé
01:01:15aux questions
01:01:16sur les messages antisémites
01:01:17qui lui sont attribués
01:01:18par Mediapart
01:01:19oui c'était un peu
01:01:19l'éléphant au milieu
01:01:20de la pièce
01:01:21ce matin
01:01:21alors Jordan Bardella
01:01:22s'attendait sûrement
01:01:23à des questions
01:01:24sur le sujet
01:01:24ça n'a pas loupé
01:01:25un journaliste
01:01:26de Mediapart
01:01:27était sur place
01:01:28il a directement
01:01:29interpellé
01:01:30le président
01:01:30du rassemblement national
01:01:31écoutez un échange
01:01:33de cet extrait
01:01:34question pour monsieur Bardella
01:01:36vous affirmez
01:01:36que tout est faux
01:01:37dans l'enquête de Mediapart
01:01:38qu'est-ce qui est faux
01:01:39dans les révélations
01:01:40de Mediapart
01:01:40s'il vous plaît
01:01:41je conteste d'abord
01:01:42formellement
01:01:44vos accusations
01:01:45je conteste vos preuves
01:01:47et je conteste vos sources
01:01:48nous aurons l'occasion
01:01:49d'en discuter
01:01:51devant les tribunaux
01:01:52mais me semble-t-il
01:01:54la petite opération
01:01:55que vous avez montée
01:01:56il y a quelques jours
01:01:57n'a pas l'air
01:01:58de beaucoup imprimer
01:01:59dans le pays
01:01:59donc je suis désolé
01:02:00pour vous
01:02:01j'imagine que vous auriez
01:02:02adoré me voir poser
01:02:04le genou à terre
01:02:04mais c'est très mal
01:02:05me connaître
01:02:06et encore une fois
01:02:07à la veille du 7 octobre
01:02:08je n'ai aucune leçon
01:02:10à recevoir
01:02:10sur la lutte
01:02:11contre l'antisémitisme
01:02:12Jordan Bardella
01:02:13qui fait référence
01:02:14au 7 octobre 2023
01:02:16date des attentats
01:02:18du Hamas
01:02:18en Israël
01:02:19on reparle
01:02:20de la canicule
01:02:21également à l'Assemblée nationale
01:02:22l'été 2026
01:02:23aura été particulièrement chaud
01:02:25et très coûteux aussi
01:02:2616 milliards d'euros
01:02:28addition
01:02:29qui donne un nouveau coup de chaud
01:02:30c'est la facture estimée
01:02:32des canicules
01:02:33de la sécheresse
01:02:33et des incendies
01:02:34de cet été
01:02:35le plus chaud
01:02:36jamais enregistré en France
01:02:37une estimation
01:02:38provisoire réalisée
01:02:39par une mission parlementaire
01:02:41les conclusions
01:02:42ont été présentées hier
01:02:43par le député insoumis
01:02:45Éric Coquerel
01:02:45lors d'une conférence de presse
01:02:48le moins qu'on peut dire
01:02:49c'est qu'au mois de juin
01:02:51quand je propose
01:02:51de mener ces travaux
01:02:52sur le coup de la canicule
01:02:54évidemment je l'ai dit tout à l'heure
01:02:55on ne sait pas
01:02:56que les vagues de chaleur
01:02:56vont succéder
01:02:57on ne sait pas
01:02:58que la sécheresse
01:02:59va durer jusqu'en octobre
01:03:00on ne sait pas
01:03:01qu'il va y avoir
01:03:01le méga feu du porge
01:03:02par contre
01:03:03il est inacceptable
01:03:05de s'étonner
01:03:05en disant
01:03:06qu'il aurait pu prédire
01:03:08et pour l'été prochain
01:03:09Éric Coquerel
01:03:10estime qu'il faudrait investir
01:03:11entre 10 et 13 milliards d'euros
01:03:13pour faire face
01:03:14aux canicules
01:03:15et aux incendies
01:03:16Je vais être déçus
01:03:18Merci Marco
01:03:18et merci
01:03:20à vous trois
01:03:21d'être venus ce soir
01:03:22sur le plateau
01:03:23de chaque voix compte
01:03:24Merci Anna et Nicolas
01:03:25Merci à vous
01:03:26chez vous
01:03:27de nous avoir suivis
01:03:28cette émission
01:03:28est rediffusée
01:03:29tout à l'heure
01:03:30à 23h30
01:03:31et vous la retrouvez
01:03:31à tout moment
01:03:32sur lcp.fr
01:03:33et sur les plateformes
01:03:34Je vous dis à demain
01:03:3519h30 en direct
01:03:36sur la 8
01:03:37et je vous souhaite
01:03:38une excellente soirée
01:03:39à demain

Recommandations