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  • il y a 15 heures
L'invitée de Nicolas Crozel - ICI Loire Océan

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00:00Et notre invitée à 8h-moins le quart, c'est Christelle Morancé, la présidente de la région Pays de la
00:04Loire et vice-présidente du parti Horizon d'Edouard Philippe.
00:07Bonjour Christelle Morancé, merci d'être en direct avec nous dans le studio d'ici Loire Océan à Nantes à
00:12l'occasion de la sortie de votre livre que je montre à la télé
00:14qui s'appelle Courage et Coeur, dans lequel vous vous livrez un peu aussi sur le plan personnel, beaucoup sur
00:21votre vision politique, sur ce que vous pensez de bien pour la France.
00:24On va évidemment y revenir dans un instant, mais d'abord la région en première ligne avec les lycées et
00:30ses blocages depuis une semaine.
00:31Nouvelle journée d'action ce matin, cette fois a priori mieux encadré avec syndicats et FCPE, parents d'élèves qui
00:37sont là pour protéger les cortèges.
00:38Dans quel état d'esprit vous êtes-vous ce matin en tant que propriétaire entre guillemets des lycées ?
00:43Écoutez, très inquiète, comme beaucoup de parents, de proviseurs, l'ensemble des personnels aussi de la région, on a vu
00:51les événements la semaine dernière
00:52donc cette journée nous inquiète et j'espère qu'elle se passera dans le calme, dans l'apaisement, parce que
00:57je pense que c'est nécessaire
00:58et notamment, je pense, je m'adresse aux lycéens, ils ont certainement des revendications, des messages, mais ils passent mieux
01:05quand c'est dans l'apaisement
01:06et je pense que c'est important que l'ensemble des lycéens puissent aussi retourner à l'école.
01:10Après les dégâts chiffrés, je crois, à 3 millions d'euros sur la région Pays de la Loire la semaine
01:15dernière lors des incidents,
01:16notamment le lycée Mandela à Nantes, le principal qui a été visé, le gouvernement a évoqué l'idée
01:22et plus qu'évoqué l'idée, d'ailleurs, prépare une loi sur le principe du casseur-payeur, c'est-à
01:27-dire faire payer les parents
01:28quand on a identifié les casseurs s'ils sont mineurs. Vous souscrivez-vous à cette idée ?
01:32Oui, je l'ai affirmé, je l'ai dit, je pense que sur les mineurs, il y a d'abord
01:36avant tout une responsabilité, ce sont celles des parents.
01:39Quand on est parent, on se doit d'éduquer, d'élever ses enfants et moi je suis favorable justement à
01:45ce que la justice aille chercher
01:48la responsabilité civile des parents parce que c'est inacceptable. Encore une fois, on peut avoir des revendications
01:54mais ça doit se faire dans l'apaisement et dans la paix.
01:56Je reviens au lycée Mandela qui est le plus touché, celui qui est fermé, d'ailleurs on ne sait pas
02:01jusqu'à quand.
02:02Vous savez, vous, jusqu'à quand il va rester fermé ou c'est trop tôt ?
02:04C'est trop tôt, il y a des équipes techniques qui sont venues hier, qui viendront également demain.
02:10Aujourd'hui, il y a des gros, gros travaux sur ce lycée à effectuer avec des incertitudes, on va dire
02:17techniques, je ne vais pas rentrer dans les volets techniques.
02:19Tout ce qui a pu être endommagé, l'électricité, etc., les réseaux, au-delà du hall, ce n'est pas
02:24que le hall qui a brûlé.
02:25Non, c'est beaucoup plus large et donc l'objectif aujourd'hui, c'est qu'il puisse être en service
02:30le plus rapidement possible.
02:32Encore une fois, l'enjeu, il y a les vacances de la Toussaint qui arrivent.
02:36On essaye, là, aujourd'hui, il y a une distribution des ordinateurs pour les jeunes qui rentrent en seconde et
02:42en première année de CAP pour pouvoir faire du distanciel.
02:45Hier, on avait des jeunes étudiants qui étaient dans l'hémicycle justement pour pouvoir avoir cours.
02:50Mais l'objectif, c'est de rétablir.
02:51Vous l'avez accueilli dans l'hémicycle de la région ?
02:52Dans l'hémicycle de la région et donc l'objectif, c'est quand même de rétablir le plus rapidement possible
02:56que les lycéens aient cours dans leur établissement.
02:59Je pense qu'il y a une volonté aussi de leur part.
03:00Vous évoquiez les lycéens et les casseurs, qu'il ne faut peut-être pas confondre.
03:03Tout à l'heure, nous étions à 7h, nous entendions des lycéens de Mandela, des internes qui sont allés récupérer
03:08leurs affaires,
03:08qui en avaient gros sur le cœur et la boule au ventre en allant chercher leurs affaires dans leur chambre
03:12du lycée qui est fermée jusqu'à nouvel ordre.
03:14Oui, la plupart des lycéens ne sont pas à l'origine aussi de ces dégradations qu'il y a pu
03:19y avoir.
03:19Et donc ça, il faut le dire, ce n'est pas l'ensemble des lycéens.
03:22Et ceux qui sont sur place, et notamment au lycée Nelson Mandela,
03:25je pense qu'il y a beaucoup de tristesse, beaucoup d'écœurement aussi de la part des élèves,
03:30de la part des agents encore une fois, que je vais rencontrer aussi cet après-midi, des professeurs.
03:35Je pense qu'il y a un attachement et donc ce qu'on vit actuellement, moi ça me rend triste.
03:38Je vous le dis très sincèrement, ça me rend triste.
03:41Et je pense qu'il faut retrouver l'apaisement.
03:43On est dans une période difficile et je pense qu'on doit retrouver l'unité.
03:47Je pense que ça c'est essentiel.
03:48Alors on est aussi dans une période difficile en termes de pouvoir d'achat.
03:51Et dans votre livre, Courage et cœur, que vous venez nous présenter ce matin,
03:54vous martelez votre credo qu'on a connu ici à la région,
03:57qui est désormais stop à la dépense publique, stop aux subventions.
04:01La politique du chèque c'est fini, dites-vous.
04:03Ça marche même quand le litre de gasoil est à 2,40 euros
04:06et que les habitants de notre région, en zone rurale notamment,
04:10sont obligés de prendre la voiture pour aller travailler ?
04:12Ce n'est pas mon credo, ce n'est pas de l'idéologie,
04:15c'est juste de la responsabilité comme n'importe quel chef de famille
04:19ou comme n'importe quel chef d'entreprise.
04:21Quand vous avez 100 et que du jour au lendemain vous avez 50,
04:24vous ne continuez pas à dépenser 100.
04:25Et donc moi aujourd'hui je suis à la tête de cette région
04:27et je me dois gérer ce budget le mieux possible.
04:30Pour l'État par exemple, pour le gouvernement.
04:32Mais pour l'État ou n'importe quoi,
04:33quand la politique du chèque, moi je suis contre.
04:36Parce que si vous voulez, aujourd'hui la France n'a plus les moyens.
04:39Et la politique du chèque pour moi c'est la politique de l'échec.
04:41On vous donne 100 et on vous reprend 150 dans notre poche.
04:44Aujourd'hui moi j'entends parfaitement les difficultés de pouvoir d'achat des Français.
04:48Vous les entendez parce que vous dites...
04:49Mais je les entends, vous savez, je fais mes courses les week-ends.
04:54Oui, mais vous avez certainement un salaire plus confortable
04:55en tant que le nombre de régions que l'infirmière qui va gagner 1200 euros.
04:59Ou l'aide soignante.
05:01L'infirmière ou l'ouvrier de chez LDC qui fait 30 kilomètres pour aller travailler,
05:07je l'entends parfaitement.
05:08Mais la seule chose c'est illusoire de faire croire
05:11qu'on peut résoudre le problème du pouvoir d'achat par le chèque.
05:14Si on veut résoudre le problème du pouvoir d'achat,
05:16il faut s'attaquer aux dépenses publiques.
05:19Aux dépenses publiques c'est moins d'impôts, moins de charges.
05:22Et ça, vous allez donner plus de pouvoir d'achat.
05:24Alors c'est sûr, c'est s'attaquer aux dépenses publiques,
05:27c'est pas toujours facile.
05:28J'en ai fait l'expérience.
05:31En revanche, d'autres ne le font pas.
05:33Et la solution c'est qu'ils augmentent les impôts.
05:34C'est le cas ici à Nantes.
05:36Donc aujourd'hui, vous voyez, on vous donne 100 d'un côté,
05:38on vous reprend 150 dans la taxe foncière ou d'autres taxes.
05:43Donc moi, je ne crois pas à ça.
05:44Vous ne croyez pas à ça ?
05:45Non, je ne crois pas à ça.
05:46Et on voit bien que c'est un échec total.
05:48Et aujourd'hui, il faut travailler pour plus de pouvoir d'achat.
05:51C'est entre le brut et le net sur le bulletin de salaire.
05:54Et un écart un peu moins entre le brut et le net, si j'ai bien compris.
05:57On se retrouve dans un instant pour la suite de cet entretien.
05:58Christelle Morancé, à tout de suite.
06:007h52, Christelle Morancé, la présidente de la région Pays de la Loire
06:03est notre invitée ce matin.
06:04J'ai une dernière question à vous poser sur ce sujet du pouvoir d'achat,
06:07Christelle Morancé, et des impôts, parce qu'on les évoquait.
06:09Est-ce que c'est un gros mot pour vous, impôts ?
06:11Parce que finalement, une société, c'est aussi de la solidarité.
06:15Chacun participe à l'effort et on redistribue.
06:17Mais ce n'est pas un gros mot, impôts.
06:19Moi, je suis même favorable à ce que tout le monde paie des impôts.
06:23Et l'arrêt de la taxe d'habitation, moi, je pense que c'est une erreur.
06:26C'est parce que ça responsabilise aussi les habitants.
06:29C'est-à-dire que l'éclairage dans la ville, etc., ça ne tombe pas du ciel.
06:35En revanche, il faut avoir conscience aussi, aujourd'hui,
06:41qu'on est le pays le plus taxé.
06:42Le plus taxé en termes d'impôts, en termes de charges, etc.
06:45Mais est-ce qu'on est les mieux lotis ?
06:48Non, on voit bien.
06:49Si aujourd'hui, vous payez des impôts, vous avez une dette très importante,
06:52mais derrière, l'école va bien, la sécurité va bien, la justice va bien,
06:56la santé va bien.
06:57Pas très grave, mais ce n'est pas le cas.
06:58Donc, aujourd'hui, il faut une bonne utilisation de l'impôt
07:01et arrêter de trop taxer.
07:03Et puis, surtout, l'efficacité de nos politiques publiques.
07:05L'efficacité des politiques publiques.
07:06Tiens, justement, prenons un des champs de compétences du Conseil Régional.
07:10Les trains, les TER, parce qu'il n'y a pas que les lycées.
07:12Vous avez dans vos missions et dans notre territoire,
07:15cette ligne de Vendée, la ligne 14,
07:18Saumur-Laroche-sur-Yon, qui va l'été jusqu'au sable de Lonne,
07:20qui est une ligne qui a besoin de gros travaux,
07:23mais qui passe aussi par, si je ne dis pas de bêtises,
07:26le département de Sèvres et donc la région Aquitaine.
07:29On est bien d'accord ?
07:30On est bien d'accord.
07:31Donc, le président socialiste de la région Aquitaine dit,
07:33moi, je ne donnerai pas d'argent.
07:35Comment vous allez faire pour sauver cette ligne de train
07:36qui a besoin ?
07:37Les Vendéens en ont besoin.
07:39Vous allez tout payer ?
07:40Écoutez, cette ligne, déjà, c'est une ligne,
07:42parce que les différentes lignes, elles ont été...
07:44Il y a des catégories, savoir si c'est l'État, la région,
07:46ou partager entre l'État et la région.
07:47Cette ligne, elle est totalement région.
07:49Donc, région Nouvelle-Aquitaine et région Pays de la Loi.
07:52Moi, je suis très à l'aise.
07:53Je veux dire, j'ai fait un budget qui a fait beaucoup de bruit il y a deux ans
07:55pour maintenir un haut niveau d'investissement.
07:58Et voyez le résultat au bout de deux ans ?
08:00Moi, j'ai toujours rendez-vous pour sauver cette ligne,
08:02pour faire les travaux.
08:02C'est 95 millions d'euros.
08:04Et il y a le président de la région voisine...
08:06Qui lui doit rajouter 35 et qui ne veut plus les mettre.
08:08Et qui ne veut pas y aller,
08:09parce qu'il n'a pas fait les choix que j'ai pu faire.
08:11Voilà, moi, les choix que j'ai faits,
08:12c'est pour maintenir un haut niveau d'investissement
08:14et d'assurer nos compétences.
08:15Donc, je me battrai jusqu'au bout sur cette ligne.
08:17J'ai rencontré Jean Castex il y a quelques jours...
08:20Et président de la SNCF, déjà.
08:22De la SNCF, pour lui demander de me chiffrer les travaux d'urgence
08:25pour maintenir cette ligne dans les semaines à venir.
08:29Et donc, il faut se battre pour cette ligne,
08:30parce que c'est, encore une fois, une ligne des territoires ruraux.
08:33Et puis, c'est dans nos compétences.
08:36Christelle Morant, c'est vos compétences.
08:37C'est ça que vous dites depuis le début,
08:39depuis deux ans et demi,
08:39que vous défendez vos choix budgétaires à la région.
08:42Dans votre livre,
08:43vous vous livrez sur un plan plus personnel
08:45et vous parlez d'une de vos fragilités,
08:48cette rupture d'anévrisme que vous avez eue à 27 ans dans le cerveau
08:50qui aurait pu vous être fatale.
08:52C'est un récidive.
08:53L'année dernière, vous avez été repassé à l'hôpital
08:55et vous n'avez à ce moment-là rien dit.
08:56Pourquoi vous avez ressenti le besoin de raconter ce moment-là ?
09:00C'est pour montrer que,
09:01derrière la femme d'action,
09:03la femme politique qui, parfois, est critiquée
09:05parce qu'elle avance tout droit sans forcément s'arrêter,
09:07il y a aussi quelqu'un d'humain ?
09:09J'ai voulu le raconter.
09:11Souvent, en politique,
09:13c'est tabou, les sujets de santé.
09:16Je l'ai raconté parce que
09:18ces épreuves, comme beaucoup de Français,
09:20ou même les échecs,
09:22moi, c'est ce qui m'a construite.
09:23On apprend plus des épreuves, des échecs
09:25que de ces réussites.
09:27Et c'est ce qui fait aussi mon parcours,
09:30c'est ce qui fait aussi ma personnalité
09:32et qui m'a rendue peut-être aussi plus forte
09:35et qui me donne envie de croquer la vie à pleines dents
09:38parce qu'elle est très fragile.
09:39Et je pense que ça, parmi vos auditeurs,
09:42je pense qu'il y en a beaucoup à qui ça fait écho.
09:46Et donc, je veux continuer à vivre pleinement.
09:48Dans votre livre, vous rendez aussi hommage à votre père,
09:50chef d'entreprise qui a été votre modèle
09:51et pour qui chaque euro gagné,
09:53il allait le chercher.
09:54Et c'est aussi ça, vous expliquez,
09:55qui a façonné votre engagement politique.
09:59D'ailleurs, sur le plan politique,
10:00c'est Bruno Retailleau.
10:01D'ailleurs, vous dites beaucoup de bien de Bruno Retailleau,
10:03qui vous a passé la main au Conseil régional
10:05au moment où il a dû choisir entre la région et le Sénat.
10:07Malgré vos divergences aujourd'hui,
10:08vous continuez de dire du bien de lui.
10:11On vous présente comme la future ministre de l'économie d'Édouard Philippe
10:14s'il était candidat à l'Élysée.
10:15Les deux sont candidats.
10:16C'est vous qui feriez la passerelle entre les deux, la jonction ?
10:18Des divergences avec Bruno Retailleau,
10:20j'en ai pas.
10:21J'ai beaucoup d'amitié.
10:22Vous n'êtes plus chez LR, quoi.
10:23Je ne suis plus chez LR.
10:24Il y a quand même pas mal de choses.
10:26Il est dans ma majorité.
10:27On a quand même pas mal de choses qui nous rassemblent,
10:30plus qui nous divisent.
10:31J'ai beaucoup d'affection et d'amitié pour Bruno ou pour Édouard.
10:36Et moi, j'en appelle à un rassemblement.
10:38Je pense que l'enjeu aujourd'hui,
10:40il y a plus de choses qui nous rassemblent,
10:42qui nous divisent.
10:43Et que sur cette présidentielle,
10:46l'enjeu, c'est la France.
10:47On est dans une période très inquiétante.
10:52Et qu'aujourd'hui, je pense que les intérêts individuels
10:56doivent être derrière nous
10:57et plutôt l'intérêt collectif qui doit nous animer.
11:00Et moi, j'ai pleinement confiance qu'à un moment ou à un autre,
11:02il y aura un grand rassemblement.
11:03C'est qui votre modèle en politique ?
11:05C'est Thatcher ?
11:05Parce qu'on en parlait tout à l'heure.
11:06Non, moi, vous savez, je l'ai toujours dit,
11:09je n'ai pas de modèle en politique.
11:11Et puis la caricature de Thatcher, encore une fois,
11:14moi, ce que j'ai fait,
11:15je pense qu'il y a plein de Français qui le font actuellement.
11:17C'est juste par responsabilité.
11:19Faire des choix.
11:19Voilà, faire des choix.
11:20Et on l'a vu, notamment, pour l'investissement,
11:23pour préparer le futur.
11:24Je pense que c'est des enjeux importants.
11:25Christelle Morant, c'est la présidente de la région Pays de la Loire,
11:27vice-présidente du parti Horizon,
11:29était notre invitée ce matin avec son livre
11:31Courage et cœur aux éditions du Rocher.
11:33Merci beaucoup, bonne journée.
11:34Merci à vous.

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