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  • il y a 1 jour
Individus éclatés, luttes identitaires, indifférence généralisée, institutions vidées de leur substance : la France traverserait une profonde crise anthropologique. Pour Loïc Chaigneau, philosophe de formation et président de l’Institut Homme total, nous ne savons plus faire peuple et les gouvernants ne gouvernent plus réellement.
Dans son ouvrage "Refondation anthropologique", il appelle à repenser le corps social et à reconstruire, sur plusieurs décennies, un peuple capable de reprendre son destin en main. Mais pour y parvenir, il défend aussi l’idée d’une minorité organisée, d’une véritable avant-garde capable de structurer un réseau organisé, de rassembler des hommes sûrs et, à terme, de prendre le pouvoir.
Une stratégie de conquête politique peut-elle permettre de sauver et de refonder la France ?

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Transcription
00:05Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom, aujourd'hui en compagnie de Loïc Chéniot.
00:10Bonjour, monsieur.
00:11Bonjour, merci de me réaccueillir.
00:13Loïc Chéniot est philosophe, président de l'Institut Homme Total.
00:18Vous êtes l'auteur de plusieurs ouvrages dont on a déjà parlé sur ce plateau,
00:23pour une souveraineté intégrale, Continuons la France, et puis votre thèse de doctorat,
00:29Michel Kluskar, Genèse et structure du néocapitalisme, et voici le dernier,
00:35Refondation Anthropologie, qui est le dernier tome, on pourrait dire, de votre travail sur le souverainisme,
00:46un souverainisme qui doit être politique, économique, et puis, vous le dites, anthropologique dans cet ouvrage.
00:54Et donc, vous expliquez bien que la France dispose encore d'un État, d'une république, d'institutions,
01:01mais pourquoi dites-vous que tout cela tourne à vide ?
01:05Eh bien, je pense qu'il faut commencer par distinguer la réalité formelle, effectivement, de ces institutions,
01:12puisqu'on pourrait dire qu'il y a encore des écoles, des hôpitaux, et même un gouvernement en France.
01:16On n'est pas dans la situation qu'il y a pu connaître, par exemple, la Belgique, c'est vrai.
01:21Néanmoins, ces institutions ne produisent plus de sujets politiques.
01:24On pense régulièrement, et ça revient dans les débats, à la Troisième République,
01:28et à cette école de la Troisième République, de laquelle, que je n'appelle pas nécessairement de mes voeux d
01:32'ailleurs,
01:33on pourra y revenir, mais qui avait vocation, justement, à instituer des sujets,
01:37et à leur partager une culture commune, des principes éthiques communs aussi.
01:43Aujourd'hui, effectivement, les institutions existent de façade, mais en fait, elles administrent.
01:48Et une des distinctions que je fais dans le livre, c'est justement celle entre administrer, instituer et gouverner.
01:54En réalité, plus personne ne gouverne, aucune institution n'institue, et finalement, on ne fait qu'administrer.
01:59C'est-à-dire, on arrange les choses dans des bureaux.
02:03Et d'ailleurs, ça crée une confusion, puisque les gens pensent l'institution dans son cadre froid, les bâtiments gris.
02:09– La technocratie.
02:10– Exactement, la technocratie.
02:12Alors qu'en réalité, instituer, c'est refaire peuple, refaire du commun.
02:16Et ce que je dis, mon point de départ dans ce livre, il est précisément de dire que la crise
02:19n'est pas tellement politique ou économique,
02:21en premier lieu en tout cas, mais elle est anthropologique en ce sens qu'il n'y a plus de
02:25peuple.
02:25On a un agrégat, un amas, une population, mais qui ne cherche plus à avoir une volonté commune,
02:31qui s'exprime en tant que sujet collectif, dans une direction à donner, sur un territoire donné aussi, puisque c
02:37'est très important.
02:38Donc en fait, ces institutions sont totalement vidées de leur substance.
02:42– Est-ce que cet agrégat, justement, dont je vous parlais à l'instant, Loïc Chéniot,
02:46c'est le fait, depuis des décennies, que la France voit des flux d'immigration arriver sur son territoire ?
02:52Est-ce que c'est cela qui a, in fine, on va dire, déréglé le substrat ethnique de la France
02:58?
02:58– Alors, je dirais que c'est une conséquence évidente, qu'on ne peut évidemment pas masquer.
03:04Toutefois, si c'est une conséquence, c'est que l'origine du problème, d'après moi, n'est pas d
03:08'abord ici.
03:09Je le situe d'abord dans ce que j'appelle la société libérale.
03:12Et par société libérale, je n'entends pas uniquement, encore une fois, les questions d'ordre économique.
03:18Mais aussi, j'étais venu à plusieurs reprises en parler,
03:20notamment lorsque j'ai présenté mes travaux sur Michel Kluskar,
03:23l'idée que l'individu serait par lui-même souverain
03:29et que toute contrainte viendrait finalement endiguer sa possibilité d'être libre.
03:33Je défends la thèse précisément inverse et j'essaie de l'appuyer sur de nombreux travaux,
03:38c'est-à-dire qu'en réalité, ce sont ce que j'appelle les médiations,
03:41c'est-à-dire ce qui nous est transmis, les rapports de formation, etc.
03:44– La famille, l'instruction, le travail, la hiérarchie, la discipline.
03:47– Tout à fait, qui participent en réalité à construire un individu.
03:51Or, la société libérale, par définition, comme j'aime à le rappeler,
03:55c'est l'indifférence généralisée portée à autrui.
03:57C'est-à-dire que mon seul rapport à l'autre, c'est l'indifférence que je lui prête
04:00à tel point que l'entraînité de nos rythmes de vie sont totalement désynchronisés.
04:05Même ce qui est mis en partage aujourd'hui, je ne sais pas, je dirais une série par exemple,
04:09elle est regardée par des individus différents, à des moments différents,
04:13et ils ne l'ont même plus en partage, voire parfois, jusque même dans le lit conjugal,
04:17où chacun est avec son téléphone en train de regarder sa propre série,
04:19dont on ne discute même pas.
04:20Donc les rythmes sont totalement désynchronisés.
04:22Le propre de la société libérale, c'est d'avoir atomisé, éclaté les individus.
04:27Et comme je le rappelais déjà, en continuant la France, que j'étais venu présenter ici,
04:30il est très clair aussi que la France n'a pas porté un message
04:34qui permettait de l'identifier au sens fort du terme,
04:36c'est-à-dire de porter une identité qui était celle d'un peuple,
04:39parce qu'elle ne s'exprime plus depuis au moins un siècle
04:41au travers de valeurs de la République qui ont vocation à être universalisables,
04:46alors que, comme je le signalais, plus on universalise ces valeurs,
04:49qui seraient, je ne sais pas, les fameuses valeurs de la République
04:52dont on assène les gamins à l'école,
04:55de liberté, d'égalité, de fraternité,
04:57mais qu'on voit absolument laïcité,
04:59– Tout à fait, qui sont en fait des bases de neutralité axiologiques
05:02qui ne disent plus rien.
05:03Et si ces valeurs sont valables pour tous,
05:05alors c'est qu'en même temps elles ne le sont pour personne,
05:07puisque si la France propose d'être quelque chose
05:09qui serait valable absolument partout,
05:11elle l'est en même temps nulle part,
05:12puisque ça veut dire qu'il n'y a plus de distinction des peuples.
05:14Or, justement, ce qui fait d'un peuple qu'il est un peuple,
05:18c'est qu'il se distingue par sa culture, ses mœurs,
05:20et ses habitudes de vie, sa manière d'être, de fonctionner.
05:23À partir du moment où tout cela a été disloqué
05:25et qu'on le présente sous une forme d'axiologiquement neutre,
05:28alors évidemment, on en revient à votre question,
05:30on peut, le libéralisme économique qui a promu les flux migratoires
05:34se conjugue parfaitement à ce libéralisme culturel
05:37qui laisse la possibilité à l'éclatement que l'on perçoit
05:41et qui tend à faire en sorte qu'il n'y ait qu'un agrégat
05:43et évidemment de plus en plus de ce fait-là,
05:47des communautés qui s'organisent, qui se structurent
05:49et une lutte, malheureusement, ethnique aussi possiblement.
05:53– Alors vous soutenez ces institutions, la famille, le travail,
05:58pourquoi pas la patrie, j'imagine, des journalistes de France Inter
06:01qui vous diraient, mais Loïc Chagnot, vous êtes pétainiste,
06:04vous voulez le retour de l'ordre moral de l'État vichysois.
06:09– Alors moi, je veux le retour de rien du tout, d'ailleurs,
06:12c'est ce sur quoi j'insiste amondamment dans le livre
06:15et je pense la particularité, souvent incomprise, de mes travaux.
06:18Précisément, ce que je dis dans ce livre,
06:20c'est la tradition constituée des individus
06:24parce qu'elle produisait un certain nombre de médiations
06:26dont vous venez de parler, justement, effectivement,
06:28la famille, un certain rapport au travail,
06:31pourquoi pas parfois l'école, vis-à-vis de laquelle je suis extrêmement critique,
06:34on aura sans doute l'occasion d'en reparler
06:35puisque je fais paraître un livre aussi à ce sujet,
06:39mais elle permettait effectivement de faire peuple.
06:42Donc, la modernité a continué à tenter de faire peuple
06:46mais en comprenant qu'on pouvait instituer des rapports et des médiations
06:51qui étaient le propre de l'homme
06:52et donc se distinguer par la même de ce qui nous avait été donné,
06:56disons, par Dieu pour faire simple ou par simplement nos ancêtres.
06:59Et la post-modernité, elle, c'est-à-dire à partir en gros
07:03de la deuxième moitié du XIXe siècle,
07:04vient nous expliquer que toute forme de médiation,
07:07qu'elle ait été constituée par la tradition, par la modernité,
07:09est en soi mauvaise puisqu'elle contraint l'individu.
07:11Et là, on en revient aussi à des éléments que j'ai critiqués
07:14il y a déjà plusieurs années,
07:16c'est-à-dire toute l'idéologie wokiste, etc.
07:19Et là, précisément, tout ça vient se substituer
07:23à ce qui pouvait exister auparavant.
07:25Moi, ce que je dis, ce n'est pas, il faut revenir à des temps passés
07:28puisque ça, j'ai bien compris depuis longtemps en tant que lecteur de Rousseau
07:31que du passé, on s'en arrache à jamais.
07:33J'ai un peu de mal d'ailleurs à comprendre
07:34comment les vagues identitaires peuvent vanter un passé
07:39alors que par définition, l'histoire se structure de telle sorte
07:41que jamais, à aucun moment, on ne revient à des structures d'antan.
07:45Mais par contre, ce que je dis, c'est rester dans cette période-là
07:48où la moindre médiation est considérée comme une contrainte
07:51qui déstructure l'individu alors que c'est précisément l'inverse,
07:55est un problème.
07:55Donc, il nous faut reconstruire ces médiations,
07:57repenser le corps social.
07:59Non pas un corps social, comme le pensaient précisément
08:02les contre-révolutionnaires.
08:03Et je pense particulièrement ici à Louis de Bonal, par exemple,
08:06qui a eu raison de dire que la Révolution française
08:08avait déconstruit le corps social.
08:11C'est une réalité.
08:12Maintenant, moi, ma proposition, elle n'est pas de dire
08:13il y avait un corps social avec une famille de telle manière,
08:16un rapport au travail de telle manière,
08:18une religion d'État, etc.
08:20Et donc, il nous faut ça.
08:21Je n'y crois tout simplement absolument pas.
08:23C'est juste pas possible.
08:25En revanche, dire que ces médiations-là doivent exister
08:27d'une certaine manière et doivent être portées
08:29pour qu'il puisse y avoir un peuple
08:30et que ce peuple se constitue un sujet collectif,
08:32ça me paraît là absolument nécessaire.
08:34Et c'est une œuvre commune
08:36et pas le fait d'un petit d'hiermurge écrivain comme moi
08:38qui décide à ce moment-là,
08:39comme un marionnettiste, de ce qu'on va faire.
08:42Alors, on nous assène quand même
08:44que la France reste une grande démocratie.
08:47Vous, vous dites que le peuple ne décide plus.
08:50On se souvient du dernier référendum de 2005.
08:53Qu'est-ce qu'il en est advenu ?
08:55Qu'est devenu le peuple dans la société libérale ?
08:58Que pensent l'État du peuple ?
09:01Que pensent ces dirigeants du peuple ?
09:03Alors, ça fait beaucoup d'éléments un peu différents,
09:06mais je pense que les gouvernants que nous avons actuellement,
09:09qui, encore une fois, je le répète,
09:11ne sont pas des gouvernants,
09:12au sens où ils n'incarnent aucune forme de vision directive
09:16qui puisse être à même de se reconnaître dans un peuple
09:19et de le porter.
09:19C'est ça.
09:20On peut abondamment critiquer, je ne sais pas,
09:23la Russie de Poutine, la Chine de Xi Jinping, etc.
09:25Mais il y a une forme de cohérence, malgré tout,
09:29entre les attentes majoritaires d'un peuple
09:31et une direction donnée.
09:32Encore une fois, sans forcément être en parfait accord
09:35avec les politiques qui sont conduites.
09:36Ce n'est pas là la question.
09:37Chez nous, on a des administrateurs
09:39qui répondent évidemment à Bruxelles d'un côté,
09:42au grand capital de l'autre,
09:44et qui ne cherchent absolument plus à gouverner, en réalité.
09:47Et quand vous faites État, effectivement,
09:48du référendum de 2005,
09:50dernier élément en date peut-être en France,
09:52où on a tenté un élément démocratique
09:55qui s'est soldé effectivement par le fait
09:58qu'on ratifie par derrière le fameux traité de Lisbonne
10:00et qu'on s'assied littéralement sur la décision populaire,
10:03nous montre bien que les gouvernants
10:05n'ont absolument rien à faire du peuple en l'État.
10:08Et pire encore, l'idéal démocratique
10:11a pris une forme où chacun est conduit
10:14à avoir l'autorisation, jusqu'à quand d'ailleurs,
10:16parce qu'avec, là encore, un certain nombre de lois,
10:19mais l'autorisation de pouvoir tout dire,
10:21n'importe comment, notamment sur les réseaux, etc.
10:23Mais on a confondu la démocratie avec le fait de parler.
10:26C'est le fameux grand débat de Macron.
10:27Comme si la démocratie, ce n'était pas justement
10:29le fait d'exercer un pouvoir, véritablement,
10:32mais simplement le fait de pouvoir s'exprimer,
10:34de parler de tout et de rien.
10:36C'est les salons, l'ambiance de salons.
10:37Voilà, tout à fait.
10:38Alors qu'un peuple qui a véritablement le pouvoir
10:41peut aussi disposer de représentants, dans certaines mesures,
10:44mais être en accord avec celui-ci
10:46et avoir des contre-pouvoirs sur ses gouvernants,
10:48chose dont nous n'avons absolument plus.
10:50C'est ce que dit la Ve République.
10:51Le peuple est souverain via les référendums
10:54et ses représentants.
10:56Bien sûr, mais Nicolas Sarkozy ne m'a pas manqué non plus,
10:59souvenons-nous, de retirer la condamnation
11:03pour haute trahison, étonnamment.
11:04Donc, c'était quand même un contrepoids important.
11:07Alors, vous dites aussi que la communauté politique
11:09ne peut plus être pensée exclusivement
11:13dans les formes héritées de l'État-nation.
11:16Alors, quelle forme l'État français pourrait prendre, devrait prendre ?
11:21Alors, la forme qu'il devrait prendre, encore une fois,
11:23c'est un peu plus compliqué.
11:24En tout cas, ce qui est sûr, c'est que je pense
11:25qu'il faut faire une critique, là aussi,
11:27de ce qu'a été l'État-nation.
11:28L'État-nation correspond, pour moi, à un moment spécifique
11:30de l'histoire, non seulement nationale,
11:33mais peut-être européenne aussi, bien évidemment.
11:35Plus encore, sans doute, nationale,
11:36de par la structuration, notamment jacobine,
11:39que la France a pu prendre,
11:40et de sa troisième et jusqu'à la cinquième république.
11:44Néanmoins, ce que l'on voit,
11:45c'est qu'encore une fois, cet État-nation,
11:46si l'on reprend, évidemment,
11:47les écrits de Renan, entre autres,
11:49qui sont si souvent cités,
11:50doit se constituer sur un peuple.
11:52C'est-à-dire que, qu'est-ce qui fait l'État ?
11:54C'est la nation.
11:55Et qu'est-ce qui prend possible cet État ?
11:57Justement, c'est la constitution d'un peuple national.
12:00Or, l'éclatement qu'on vient de décrire,
12:02l'atomisation générale,
12:04conduit à comprendre que l'État-nation
12:05a sans doute été une parenthèse
12:07dans l'histoire générale de l'histoire de France,
12:09qui, fort heureusement, n'a pas connu que ça,
12:11et, je pense, connaîtra autre chose.
12:14Là, de la même manière,
12:15je pense que la seule restauration d'un principe d'État-nation
12:18me paraît un peu saugrenue,
12:21au sens que rétablir les capacités de l'État,
12:25notamment ces pouvoirs régalien,
12:26c'est une chose,
12:26mais ce n'est pas parce que demain,
12:28on fera le Frexit, typiquement,
12:30c'est le point d'ancrage de mon livre,
12:31que les situations qu'on connaît aujourd'hui anthropologiquement,
12:35c'est-à-dire, encore une fois,
12:35cette atomisation libérale,
12:37l'indifférence généralisée,
12:40la mainmise de certaines idéologies
12:42qui conduisent jusque dans l'intimité à décider des tâches
12:45que vous devez exécuter ou non dans votre couple,
12:47ou ce genre de choses,
12:48va disparaître du jour au lendemain.
12:49– Oui, on voit bien qu'en Angleterre,
12:50malgré le Brexit,
12:52les dirigeants restent parmi les personnels du mondialisme.
12:56– Tout à fait,
12:57et la population n'en est, encore une fois,
12:59pas moins atomisée,
13:00pas moins en proie au conflit,
13:03plus encore, d'ailleurs,
13:04pour des raisons qui leur sont propres,
13:05mais au conflit ethnico-communautaire, etc.
13:07Donc, en fait, il y a une archipélisation générale de l'État,
13:13et moi, ce que je pense,
13:15c'est que les communautés sont en train de se constituer de fait.
13:18La question, c'est quelles communautés on peut nous-mêmes constituer
13:22pour être en mesure, justement, de refonder à terme un peuple.
13:25Mais là, on est sur un combat de plusieurs décennies,
13:27voire de plusieurs siècles,
13:28qu'on s'entende bien,
13:29ce ne sera pas résolu avec l'élection présidentielle de 2025.
13:31– Alors, justement, pour refaire nation,
13:34vous citez en exemple les premières communautés chrétiennes,
13:39et vous dites qu'elles n'ont pas affronté le pouvoir impérial de face
13:43pour arriver à leur fin.
13:45Comment se sont-elles imposées, alors ?
13:47– Oui, alors, j'ai produit un article plus long même de recherche
13:50sur ces questions-là, sur mon sub-slac,
13:52que les gens peuvent retrouver.
13:53Et il est vrai que, non pas pour en faire un modèle,
13:56mais en tout cas un exemple,
13:58c'est-à-dire quelque chose qu'il ne s'agit pas de répliquer
14:00de manière exacte, mais dont il faut s'inspirer,
14:03les premières communautés chrétiennes,
14:04donc ce qu'on nomme du christianisme primitif,
14:07nous montrent bien que sur plusieurs siècles,
14:10ils sont persécutés et qu'ils s'organisent en réseau,
14:13un réseau que moi j'appelle parapolitique,
14:15c'est-à-dire au travers de différentes maisons,
14:17des foyers dans lesquels ils vont se substituer un temps
14:20à l'État qui ne répond plus justement à ces attentes-là,
14:24c'est-à-dire notamment le soin, l'éducation,
14:26la solidarité, l'entraide,
14:28et donc permettre petit à petit un maillage
14:30à l'intérieur même de l'art romantique
14:33et faire en sorte que petit à petit,
14:35ce qui se passe, c'est que le pouvoir chrétien
14:37finalement se substitue au pouvoir impérial,
14:40à tel point même, on le sait,
14:42que Constantin finira par se convertir
14:44et adopter le christianisme, la religion d'État.
14:47– Tout à fait.
14:48– Alors, vous citez aussi l'exemple du général de Gaulle,
14:52peut-être que nos téléspectateurs sont allés voir
14:55à ces deux magnifiques films sur le général de Gaulle
14:59lorsqu'il était à Londres, isolé, insulté,
15:02comment est-il parvenu à devenir majoritaire,
15:05comment on le découvre dans le film ?
15:07– Alors là aussi, effectivement, je vous remercie
15:09parce que c'est une part importante des concepts
15:10que je développe dans le livre,
15:12et notamment celui dite de fraternité stratégique,
15:15c'est-à-dire que ce qu'une loi des reins de l'histoire nous montre,
15:19c'est que précisément, ce n'est jamais les masses tout entières
15:23qui font l'histoire, ce n'est jamais la totalité
15:26d'une population qui s'empare du pouvoir.
15:27– Pourtant, ce qu'on nous fait croire
15:29dans le cadre de la démocratie, c'est la majorité.
15:31– Et que des millions de gens seraient morts,
15:33effectivement, ce qui est une réécriture totale de l'histoire,
15:36jamais personne n'est mort pour avoir le droit de voter.
15:39Et on le sait bien d'ailleurs,
15:41prémisse de la Révolution française,
15:42il n'est même pas question d'un vote ou une démocratie
15:44puisqu'il n'est même pas question de couper la tête du roi.
15:46Bon, parenthèse, close.
15:49Toutefois, ce qui est important de comprendre,
15:50c'est que chaque grand moment de l'histoire
15:52est le fruit d'une petite avant-garde, on dira,
15:56qui n'est la plupart du temps pas majoritaire.
15:58Là aussi, si on devait prendre un autre exemple,
16:01parce que sémantiquement, il est intéressant,
16:02les bolcheviques en URSS,
16:04bolchevique, précisément, ça veut dire minoritaire
16:06par rapport aux bolcheviques.
16:07C'est-à-dire qu'en fait, c'est une minorité très organisée
16:09qui s'empare du pouvoir.
16:10Et c'est la même chose dans le cas, effectivement,
16:12du général de Gaulle.
16:13Ce qui est intéressant ici,
16:14c'est que quelqu'un qui n'est rien,
16:16puisque on s'est su de n'importe qui,
16:18d'un peu cultivé, des historiens,
16:19mais dans la population, on a l'impression
16:22que le général de Gaulle jouissait d'un aura
16:24qui avait presque toujours existé,
16:26et ce, dès 1940.
16:28C'est évidemment faux.
16:29Il est condamné à mort, comme on le sait.
16:31Et en fait, quand il prend la parole,
16:33c'est un illustre inconnu.
16:35Certes, il a participé un temps pendant deux mois
16:37en tant que secrétaire d'État.
16:37Et personne, d'ailleurs, n'a écouté son message
16:40le jour où il l'a enregistré à Londres, en juin.
16:42Alors, je n'entrerai pas dans ces débats
16:44avec certains gaullistes qui font des vidéos,
16:46même sur votre chaîne et qui font le contraire,
16:48mais je crois, en tout cas,
16:49qu'il n'y avait pas, effectivement,
16:50une ferveur populaire telle qu'il y a eu des soulèvements.
16:53La réalité, c'est quoi ?
16:53C'est plutôt des groupes d'individus
16:55qui sont désignés comme des terroristes,
16:57qui sont extrêmement restreints,
16:59mais qui forment, pourquoi j'appelle ça,
17:01des fraternités stratégiques.
17:02C'est parce qu'en réalité,
17:03il y a un front stratégique qui se constitue,
17:05et que, face à l'épreuve,
17:07on connaît un certain nombre de choses
17:09qui fait qu'on va instituer.
17:11Et ça va donner lieu, justement, au CNR
17:13et à tout ce qu'on peut voir.
17:15Et enfin, l'histoire nous le montre,
17:16c'est-à-dire qu'y compris lorsque les Américains
17:18décident de mettre un maire américain à Paris
17:21et de reprendre le contrôle sur la France,
17:23eh bien, en fait, ces fraternités stratégiques-là
17:25vont se constituer de telle sorte
17:26qu'elles vont s'emparer véritablement du pouvoir.
17:29Et ensuite, seulement, la France,
17:31eh bien, retrouvera, j'ai envie de dire,
17:33ses lettres de noblesse.
17:34Mais la réalité, qu'elle plaise ou non,
17:37c'est que, du point de vue des masses,
17:38comme je l'ai dit depuis,
17:40dès mon premier livre en 2013,
17:41que ce soit Pétain, Hitler ou le général de Gaulle,
17:44les gens s'en inquiétaient, finalement, relativement peu.
17:47Donc, l'histoire se fait par une minorité agissante, disciplinée.
17:50Des minorités organisées, dites-vous,
17:52capables d'endurer la discipline,
17:54la durée et l'impopularité.
17:55Tout à fait.
17:56Et c'est ça qui fait que c'est si difficile, d'ailleurs,
17:59de conduire à un mouvement politique véritable,
18:01parce qu'il s'agit moins, d'après moi,
18:03et c'est la tâche à laquelle je m'attèle,
18:06notamment à l'Institutum Total,
18:08c'est-à-dire, non pas essayer de massifier,
18:10trouver des adhérents, remplir des bulletins d'adhésion
18:12à longueur de temps,
18:13mais essayer, effectivement, de produire,
18:14déjà, dans les premiers temps,
18:15une refondation anthropologique telle, en interne,
18:18qui permette, effectivement,
18:19de s'appuyer sur des gens dont on soit sûr.
18:21Un des mots d'ordre qui est le mien depuis huit ans,
18:24c'est non pas réunir des surhommes,
18:26mais réunir des hommes sûrs.
18:27Et ça, c'est très difficile.
18:28Et politiquement, on le sait,
18:29même si on prend de l'autre côté de l'échiquier politique
18:31dont on parle depuis tout à l'heure,
18:34dans un livre à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon
18:37qui est paru l'année dernière, je crois,
18:39il est question, justement, de 100 hommes.
18:41Ils disent, Jean-Luc Mélenchon tente de s'entourer
18:44de 100 hommes sûrs.
18:45Et il a raison, en fait.
18:46On sait un chiffre comme un autre,
18:48ça pourrait être 150 ou 200, que sais-je.
18:49Mais en réalité, 100 hommes sûrs,
18:51c'est-à-dire qui ne vont pas vous mettre des bâtons dans les roues,
18:54qui ne vont pas vous trahir,
18:55qui vont être en capacité de tenir
18:57quand bien même ils seraient tentés d'être corrompus, etc.
19:00– Une espèce de gouvernement de l'ombre.
19:01– Voilà, c'est extrêmement difficile.
19:03Or, c'est ça, je terminerai là-dessus.
19:05On a parlé du christianisme primitif,
19:07mais c'est tout à fait aussi l'histoire,
19:09par certains aspects, du sionisme.
19:11C'est l'histoire plus près de nous du Hezbollah.
19:13C'est l'histoire, encore une fois, plus près de nous
19:15et de manière contemporaine des Pazdarans en Iran,
19:17qui constituent un maillage parapolitique dans la société,
19:20qui s'élargit et qui leur permet justement,
19:22aujourd'hui, là aussi j'ai écrit un article à ce sujet,
19:24qui permet à l'Iran de se maintenir.
19:25C'est-à-dire qu'en fait, le maillage territorial,
19:27il y a un véritable peuple et les Pazdarans,
19:29en fait, constituent une fraternité stratégique telle,
19:32avec un système économique et un système politique,
19:34qui fait que même si ce qui s'est malheureusement passé,
19:38vous coupez la tête,
19:39et bien en réalité, les institutions perdurent,
19:41ce qui n'a absolument plus aucun sens en France.
19:43Vous parlez de fraternité, moi, c'est tout de suite ce qui me vient à l'esprit,
19:47ce qui s'est passé avant la Révolution française,
19:49avec l'organisation de ces hommes imprégnés de l'esprit dit des Lumières
19:53à travers la franc-maçonnerie.
19:55Bien sûr, tout à fait.
19:55Qui était très présente à Lyon,
19:57dans tout un tas de grandes villes,
19:59sur le territoire, ce maillage que vous avez.
20:01Tout à fait.
20:01Et là, on en revient à la question du compagnonnage,
20:03qui souvent, là encore, le matérielisme historique,
20:05nous permet quand même de comprendre que,
20:07avant d'y voir un effet complotiste ou que sais-je,
20:11il y a effectivement, entre le XIVe et le XVIIIe siècle,
20:16cette histoire de compagnonnage,
20:17c'est-à-dire des rapports de formation sur lesquels j'insiste dans le livre,
20:19c'est-à-dire qu'on n'apprend pas seulement un métier,
20:21on apprend à vivre ensemble, dans des mêmes rythmes,
20:23avec des objectifs communs, des désirs communs,
20:26et avec une vraie synchronicité qui manque aujourd'hui.
20:29Et là, on retombe sur les problématiques propres à la société libérale.
20:32Or, justement, ce qui se passe, c'est qu'au bout d'un moment,
20:35ces individus s'organisent, notamment en confrérie,
20:37vous disiez précédemment, justement, une sorte de gouvernement de l'ombre,
20:41et c'est ça qui va permettre, effectivement, un renversement historique.
20:43De toute façon, c'est ce que je rappelais précédemment,
20:46c'est la loi des reins de l'histoire,
20:47c'est-à-dire qu'en fait, les grands moments historiques
20:49sont le fruit de ces fraternités stratégiques,
20:51organisées, disciplinées,
20:52et en capacité, justement, d'encaisser.
20:55Et c'est ce qu'on voit, en fait,
20:56j'ai cité déjà beaucoup d'exemples,
20:58on vient d'en prendre un majeur par rapport à l'histoire de France,
21:01il ne s'agit pas à chaque fois d'être en accord avec cela,
21:04il s'agit de comprendre qu'en tout cas,
21:05ce qui fait l'histoire, c'est beaucoup plus ça,
21:07qu'une élection présidentielle,
21:09qu'un parti, ou même, j'ai envie de dire,
21:12et c'est la raison pour laquelle je me prête assez peu à ce jeu,
21:14je viens ici parce que je sais que vous lisez les livres,
21:16et c'est rare,
21:18mais faire des centaines de millions de vues,
21:20c'est une chose,
21:21mais comme je le rappelais récemment
21:23à certains de mes camarades souverainistes,
21:24si on cumule la totalité des vues sur les vidéos souverainistes
21:29qui peuvent être faits par différents personnages très connus
21:31dans ce milieu,
21:32que ce soit d'ailleurs des intellectuels ou des politiques,
21:36d'un point de vue très concret,
21:37j'ai participé moi-même au mouvement souverainiste
21:39depuis l'âge de 14 ans,
21:40je vais en avoir 33 cette année,
21:43le résultat, il n'est absolument pas là,
21:46et les dernières européennes,
21:47si tant est évidemment que ce soit une élection
21:48qui mobilise les Français,
21:49néanmoins, on voit bien que les partis majeurs,
21:51eux, ont rencontré quand même une certaine serveur,
21:54ou en tout cas qui existe,
21:56les souverainistes, c'est 0,9%.
21:58Donc en fait, je ne suis pas tout à fait sûr
22:00que la stratégie qui consiste à croire,
22:02et je sais qu'elle existe pour certains,
22:05à croire qu'on va faire des millions de vues
22:06et que d'un seul coup, les gens vont se dire
22:07« Ah, mais c'est le message incroyable,
22:09et donc on va tous se rendre aux urnes
22:11et faire en sorte que ça adlienne »,
22:12l'histoire le dément totalement,
22:14et c'est la raison pour laquelle, personnellement,
22:16je ne passe pas ma vie sur les plateaux télé,
22:19mais j'essaie de construire autre chose.
22:21Même si au sein du RN,
22:22on peut entendre tout un tas de députés
22:26se dire, se qualifier de « souverainistes »,
22:28même s'ils ont abandonné l'idée
22:30de sortir de l'Union européenne et de l'euro, etc.
22:32– Oui, ça fait un souverainisme quand même assez vide,
22:36parce qu'il n'y a pas de souverainisme anthropologique,
22:38il n'y a pas de souverainisme économique,
22:39et sur le plan politique,
22:40on abandonne ce qui est quand même la pierre angulaire
22:44de la question de la souveraineté,
22:46et notamment les pouvoirs égaliens délégués à Bruxelles.
22:49– Si nous ne reconstruisons pas un peuple,
22:52si nous restons dans l'atomisation libérale,
22:55dites-vous, d'autres forces occuperont le terrain demain.
22:59C'est quoi ces forces de demain qui occuperont le terrain ?
23:02– C'est toutes les forces qui peuvent se présenter à nous
23:05et qui s'y présentent de toute façon déjà,
23:07encore une fois, dans l'atomisation généralisée que nous connaissons.
23:11Comme je le disais précédemment,
23:12les communautés se constituent, et on le voit,
23:15et il y a même des dynamiques politiques
23:16qui sont des dynamiques à proprement communautaires,
23:19qui existent depuis déjà plusieurs années,
23:22et qui souvent s'appuient d'ailleurs, là encore,
23:24sur un certain rapport religieux,
23:25que ce soit du côté des musulmans comme des juifs d'ailleurs.
23:29Donc ce n'est pas pour rien.
23:30Et à ce niveau-là, la société libérale
23:32et le laïcisme très français montrent, une fois encore,
23:37que cette volonté d'avoir un peuple axiologiquement neutre
23:40ne fonctionne pas, est totalement récusée.
23:43Et donc, quand on laisse un vide,
23:45ce vide se remplit, la nature a horreur du vide,
23:48et il se remplit tant par les délégations qu'on fait au marché,
23:51tant par les idéologies effectivement,
23:53dont on a plusieurs fois parlé de destruction anthropologique,
23:56du wokisme, etc.,
23:57que par les communautés,
23:59enfin tous les groupes ethnico-communautaires
24:01qui peuvent se constituer eux aussi.
24:03Et donc, c'est la raison pour laquelle l'état-nation est disloquée.
24:06Et aujourd'hui, en fait, plus personne ne s'intéresse à faire peuple
24:09pour sauver la France.
24:10On peut le regretter, et je peux être le premier à le regretter.
24:12Moi, encore une fois, mon objectif, il est d'alerter,
24:15de faire un constat anthropologique,
24:16d'étudier, de travailler,
24:17et de dire, bah, où va-t-on plutôt que de simplement dire,
24:20ah oui, la France...
24:21De Gaulle disait, on peut être sur sa chaise
24:23et créer l'Europe, l'Europe, l'Europe.
24:24J'ai envie de dire, on peut aussi dire le retour à la France,
24:26la France, la France.
24:26Ce n'est pas pour ça que la France existe
24:28telle qu'on ne voudrait qu'elle existe pour autant.
24:30Et là encore, la force d'une communauté,
24:32ça doit être de pouvoir dire, comme l'a fait De Gaulle,
24:34c'est-à-dire, la France, c'est nous.
24:35C'est-à-dire qu'au moment où De Gaulle dit,
24:37la France, c'est nous, en fait, la France, à ce moment-là,
24:38c'est lui et je ne sais pas trop qui.
24:41Et c'est ça, la force d'une fraternité stratégique.
24:43C'est que pendant plusieurs années,
24:44il va être en capacité de s'entourer d'hommes autour de lui
24:48qui vont être en capacité, justement,
24:50de reprendre le pouvoir,
24:51de s'inscrire dans les rapports de force
24:53tout à fait correctement,
24:54par des biais politiques, économiques et militaires,
24:56et faire en sorte, effectivement, qu'autre chose émerge.
24:58Mais au moment, rappelons-nous,
24:59au moment où il dit, la France, c'est nous,
25:02mais en fait, tout le monde lui est rionné,
25:03voire, de toute façon, personne ne le connaît,
25:05tout simplement, encore une fois.
25:07Et c'est ça qui est déterminant.
25:08C'est ça qui va faire qu'on peut passer à autre chose.
25:10Donc, il faut mener ce combat-là,
25:12un combat que j'estime être parapolitique
25:14et qui, encore une fois, n'est pas un retrait de la politique
25:16et au contraire, sa préparation.
25:17Sinon, ce serait comme de dire que De Gaulle à Londres
25:19n'avait pas préparé, justement,
25:21la prise de pouvoir du CNR en 1946.
25:23C'est faux.
25:24Et qu'il aurait mieux fait, dans ce cas-là,
25:25de rester au gouvernement de Pétain.
25:26Ça n'a absolument aucun sens.
25:27– Le général De Gaulle a évidemment été porté
25:30par son époque, qui était celle de la Seconde Guerre mondiale.
25:34Quel type d'événement, à part une guerre,
25:37évidemment, c'est tout ce qu'on voudrait éviter,
25:40pourrait précipiter, vous le disiez tout à l'heure,
25:42le mouvement souverainiste peine à accoucher
25:45de quelque chose de concret.
25:46Quel événement pourrait renverser, précipiter la chose ?
25:50– Comme une fois, je ne suis pas oracle.
25:52Malheureusement, ça nous aiderait sans nous…
25:54– Mais vous avez l'imagination.
25:55– Mais il est évident qu'effectivement,
25:58on peut être fort en termes de propositions,
26:01mais à un moment donné, ces propositions doivent rencontrer l'histoire.
26:04Et des moments historiques qui, par définition,
26:07là encore, en tant qu'hégéliens, je dirais,
26:09sont des moments de crise.
26:10Rappelons-nous quand même qu'en grec,
26:12la crise, ça signifie, si on devait le traduire
26:14assez facilement en français, faire un choix.
26:16Crésis, c'est faire un choix, c'est un moment latent.
26:18Donc en fait, on nous bassine avec la question
26:20de la crise économique, mais il est évident…
26:22– La crise de la dette.
26:23– Bien sûr, mais il est évident que l'intensité
26:26de la crise politique et anthropologique
26:28n'est peut-être encore pas suffisante, finalement,
26:31pour qu'on puisse voir émerger…
26:32– Les Français ne souffrent pas assez.
26:33– Je serais mal placé pour dire ça,
26:36mais encore une fois, je ne sais pas si c'est uniquement
26:38une question de souffrance, mais en tout cas,
26:40effectivement, les conflits et l'intensité de ces conflits
26:43ne sont peut-être pas suffisamment intenses
26:45pour qu'il puisse émerger quelque chose.
26:47Et l'histoire, malheureusement, est aussi faite de ces choses-là.
26:50Non pas, encore une fois, qu'on l'espère, mais c'est la réalité historique.
26:55– Refondation anthropologique, ouvrage passionnant,
26:58que je recommande vivement à nos téléspectateurs.
27:02Merci à vous, Loïc Chéniot, pour votre travail
27:05et d'avoir accepté notre invitation.
27:07Merci.

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