00:00On revient donc sur ce rapport affligeant publié au début du mois de septembre sur la prise en charge, Steve,
00:07des urgences psychiatriques en Ile-de-France.
00:08Oui, rapport dressé par la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonot.
00:12Je me suis entretenue avec elle ce matin. Elle nous a expliqué comment elle a procédé.
00:17On a visité quand même tous les services d'accueil d'urgence de l'Ile-de-France ou à peu
00:21près.
00:22Et on y a relevé partout les mêmes, je vais dire défauts, mais c'est plutôt des tares.
00:29L'État dont parle la contrôleuse générale les voici au premier semestre 2026.
00:343 957 patients ont connu une attente prolongée aux urgences psychiatriques en Ile-de-France.
00:40Ça fait un bond de 32% en un an.
00:43Et puis surtout, Thomas, regardez la durée de cette attente.
00:4639 heures en moyenne sur un brancard, 39 heures avant de pouvoir être orienté vers une hospitalisation.
00:52Là encore, la situation s'est aggravée cette année puisque l'on parlait de 29 heures au début de l
00:57'année dernière.
00:58Et puis c'est 39 heures, Thomas, c'est simplement une moyenne.
01:01Certains patients attendent jusqu'à 9 jours avant d'être pris en charge.
01:05Pour bien comprendre, les urgences accueillent ces patients.
01:08Les médecins considèrent qu'ils doivent être hospitalisés, mais il n'y a pas de place, c'est ça ?
01:12Et l'hôpital se change alors en salle d'attente géante.
01:16Et puis surtout, ces patients sont retenus aux urgences, parfois sans leur consentement.
01:19La contrôleuse parle de rétention arbitraire.
01:23Certains sont attachés par des dispositifs de contention en dehors de tout cadre légal.
01:27Écoutez.
01:28Il y a un monsieur qui raconte qu'il sent que ça monte, que ça ne va pas.
01:34Il va lui-même en métro à l'hôpital psychiatrique aux urgences.
01:40Il explique son histoire et tac, il se retrouve ficelé sur un brancard.
01:47Il dit que je n'étais pas violent, que je n'étais pas agitée, que je n'ai pas compris.
01:53L'hôpital qui devient donc un lieu d'enfermement, comment l'expliquer ?
01:56Et puis surtout, quelles sont les préconisations de la rapporteur ?
01:59Le rapport pointe le manque de lits et de personnel dans les établissements.
02:02En psychiatrie, il manquerait entre 30 et 40 % de soignants face à l'urgence
02:07et au risque d'une augmentation des décès.
02:09La contrôleuse saisit le gouvernement.
02:11Elle formule cinq grandes recommandations.
02:13Davantage de capacités d'hospitalisation, des urgences plus dignes,
02:17la fin immédiate des rétentions arbitraires,
02:20la fin des contentions pratiquées hors cadre légal
02:23et enfin un plan national pour sauver la pédopsychiatrie.
02:27Comment le gouvernement a-t-il réagi ?
02:29Il reconnaît que la situation est très difficile,
02:31mais répond qu'il a déjà commencé à agir.
02:3332 millions d'euros pour la pédopsychiatrie en cinq ans,
02:36des équipes mobiles, des dispositifs d'urgence dans sept départements franciliens sur huit.
02:42La ministre de la Santé fixe aussi un objectif.
02:44Zéro contention en psychiatrie d'ici 2030.
02:47En revanche, rien sur la pénurie de soignants que connaît actuellement l'hôpital public.
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