00:00Portail arraché, hauls incendiais, vitres brisées.
00:04Après plusieurs jours de violence autour des lycées,
00:06l'heure de la facture a sonné, elle commence à sonner,
00:08parce qu'on n'est qu'au début, attention.
00:10Elle est déjà très lourde, alors que ça va continuer.
00:13Bérénice de Villes-Fleurieux, on parle de combien à l'heure qu'il est ?
00:16Alors, il faut savoir que ce n'est pas une facture officielle pour toute la France,
00:18mais quand on additionne les évaluations faites par les régions,
00:21on obtient entre 44 millions et 49 millions.
00:24Regardez dans le détail quand on regarde les régions.
00:27Alors, toutes les régions n'ont pas encore communiqué,
00:28mais la première, c'est Auvergne-Rhône-Alpes, 25 à 30 millions d'euros.
00:34Alors attention, ce chiffre comprend aussi certains dégâts aux abords des lycées,
00:37par exemple des abris de bus.
00:387 millions d'euros en Ile-de-France, plus de 3 millions dans les pays de la Loire,
00:42en Occitanie et dans la région sud,
00:44et autour d'un million dans le Grand Est, les Hauts-de-France et en Nouvelle-Aquitaine.
00:48Et les expertises continuent, donc la facture devrait encore grimper.
00:53Alors, vous avez quelques exemples chiffrés précis.
00:56Oui, alors là, je parlais des abris de bus.
00:57Par exemple, un abri de bus saccagé, c'est entre 5 et 10 000 euros pour le changer,
01:01pour enlever celui qui a été abîmé, puis pour poser le nouveau, le raccorder à l'électricité.
01:05Ça varie en fonction des types d'abris de bus.
01:07Ensuite, j'ai pris quelques exemples de lycées.
01:09Le lycée Paul-et-Loire à Saint-Denis, le portail, vous savez, on a vu les vidéos,
01:12les tristes vidéos, a été saccagé, a été arraché.
01:15Eh bien là, le coût pour remplacer, nettoyer, c'est 100 000 euros.
01:18A Nantes, c'est encore une autre dimension, le lycée Nelson Mandela.
01:21Vous savez, on a vu là encore des images terribles de la façade en train de brûler.
01:26Donc le haut l'a entièrement brûlé, les portes, le plafond étaient détruits.
01:30Et même une chambre de l'internat a pris feu.
01:32Là, le coût, c'est au moins 2 millions d'euros de réparation.
01:35Et ce n'est pas tout, puisque 1 700 élèves sont à domicile pour suivre leur cours jusqu'à la
01:40Toussaint minimum.
01:41Et enfin, à Maud, pareil, le lycée Henri-Moissan, là, les flammes ont dévoré le portail.
01:47Elles ont atteint la façade, le hall d'entrée, une partie de l'internat.
01:49Là, c'est encore plusieurs millions d'euros.
01:52Vous voyez, ça va vite.
01:53Toujours les mêmes qui cassent, toujours les mêmes qui payent.
01:56Ils sont différents.
01:58Les Français en ont marre de payer à la place des casseurs.
02:00Ce sont les budgets des régions qui servent à réparer ce qui a été cassé dans les lycées.
02:05Donc en première ligne, c'est bien de l'argent public.
02:08Exactement.
02:08Et évidemment, lorsqu'un auteur est identifié, on peut ensuite lui réclamer réparation.
02:13Et lorsqu'il est mineur, ses parents sont en principe civilement responsables des dégâts.
02:17Gérald Darmanin veut d'ailleurs demander au procureur de rechercher cette responsabilité.
02:22Mais encore faut-il identifier les auteurs.
02:24Et c'est tout là le problème.
02:25Et en effet, les Français n'ont plus envie de payer à leur place.
02:29On nous demande déjà, il faut le dire, de surveiller nos dépenses.
02:32Le carburant coûte cher.
02:33Quand on fait les cours, ça a augmenté.
02:35Résultat, on n'a pas envie de payer pour les casseurs.
02:37Selon notre dernier sondage CSA pour CNews Europe 1 et le JDD, 81%, comme vous pouvez le voir, des Français
02:42veulent que les parents payent les dégâts causés par leurs enfants mineurs.
02:46Alors justement, ce ras-le-bol relance aujourd'hui l'idée d'une loi anti-casseur beaucoup plus sévère.
02:50On en parlait à l'instant dans le journal.
02:51Oui, exactement.
02:52Et d'ailleurs, l'Institut pour la justice vient de lancer une pétition en ligne qui atteint ce matin 36
02:58500 signatures.
02:59Et ce qu'il demande, c'est assez simple à comprendre.
03:01Thomas Bonnet en parlait il y a quelques instants.
03:03Aujourd'hui, pour condamner quelqu'un pour une vitre cassée ou pour un abri de bus abîmé,
03:09il faut pouvoir démontrer que c'est lui-même qui a commis les dégâts.
03:13Et l'Institut pour la justice voudrait revenir à une logique plus proche de la loi anti-casseur de 1970,
03:18adoptée après mai 68, qui a été abrogée en 81.
03:22En clair, l'idée de cette pétition, c'est qu'on cherche plus seulement celui qui a lancé la pierre,
03:26qui a allumé le feu,
03:27mais quelqu'un qui reste volontairement dans le groupe, un groupe qui est devenu violent.
03:33Et donc, ces personnes, le simple fait de participer à ce groupe, les rendrait coupables.
03:38Et ces personnes pourraient être mises à contribution des dégâts.
03:42Et donc, c'est précisément ce débat que les Français veulent rouvrir aujourd'hui.
03:46Tu casses ou tu fais partie d'un groupe qui casse, tu payes.