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  • il y a 3 heures
Tout le prédestinait à s'engager en politique : un père militant communiste ayant déserté la guerre d'Algérie et trouvé refuge au Portugal. Une jeunesse passée au milieu des artistes engagés à gauche contre le pouvoir dictatorial de Salazar. Mais depuis 35 ans c'est finalement sur les planches du théâtre et sur les plateaux de cinéma qu'il étanche sa curiosité pour la chose politique. Incarnant tour à tour, François Mitterrand dans l'adaptation des Lettres à Anne (Ed. Gallimard) ou un dirigeant d'un parti d'extrême droite dans la série Baron Noir, il continue de sonder les raisons de l'engagement. Les comédiens doivent-ils s'engager dans le débat public ? A-t-il vraiment renoncé à un jour entrer dans l'arène politique ? Comment travaille-t-il ses rôles quand il incarne un personnage historique ? Cette semaine Patrick Mille est l'invité de Rebecca Fitoussi dans l'émission Un monde, un regard. Année de Production :

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TV
Transcription
00:04Musique
00:22Notre invité fait partie de ces rares acteurs capables de tout jouer,
00:27de naviguer entre les drames et les comédies,
00:30d'interpréter un président de la République,
00:32aussi bien qu'un trublion brésilien ou un finlandais un peu rigide.
00:37Un salaud, un gentil, un sensible, un cruel,
00:40un baron, un préfet, un marquis, un président de parti.
00:43Certains se souviennent de Chico, d'autres,
00:46et c'est mon cas, ont encore en mémoire Benjamin dans « Mon père ce héros »,
00:49ce quasi premier film avec Marie-Gilin et Depardieu
00:52qui l'a fait connaître du grand public.
00:54Un homme de théâtre autant que de cinéma et même de télévision.
00:58Acteur en tension, concentré et appliqué, nous dit le monde.
01:02Qu'est-ce qui est le plus jouissif pour lui ?
01:04De jouer la gravité et la solennité d'un homme politique
01:07ou la légèreté d'un beau-frère en pull de Noël
01:09qui règle ses comptes en famille ?
01:11Comment passe-t-on de « Reddingue » au « Conte de Monte-Cristo »
01:14de « Lettres à Anne » à « Laponie »,
01:16la nouvelle pièce dans laquelle il joue au théâtre de la Renaissance ?
01:19Posons-lui toutes ces questions, bienvenue dans « Un monde, un regard »,
01:22bienvenue Patrick Mille, merci d'avoir accepté notre invitation au Sénat.
01:25Vous riez déjà, tant mieux.
01:26Non, non, mais c'est votre portrait.
01:28C'est vrai que vous n'êtes pas si nombreux que ça
01:30à pouvoir faire le grand écart entre les genres,
01:32entre les registres comme ça.
01:34Est-ce que vous prenez autant de plaisir ?
01:35Est-ce que vous vous amusez dans chacun des tons ?
01:37Et est-ce que le mot « amuser » est le bon terme d'ailleurs ?
01:40Oui, le mot « amuser » est le très bon terme,
01:42puisque c'est un jeu, nous jouons.
01:45Je dis souvent à mes enfants « je vais jouer ce soir »,
01:47et je leur ai dit depuis qu'ils sont petits,
01:49donc ils ont une fascination.
01:50On n'est pas le droit de pouvoir lui dire ça.
01:51Voilà, pour ce métier, « je vais jouer ce soir ».
01:53Donc oui, ça reste, c'est du jeu.
01:56C'est toujours amusant,
01:57et moi je ne peux pas m'imaginer ce métier
02:00sans changer de registre.
02:02Je sais qu'il y a certains de mes collègues
02:05qui, eux, veulent rester dans le même registre de rôle,
02:08parce que c'est eux, parce qu'il y a une grande école de…
02:12Voilà, c'est la différence peut-être
02:13entre deux immenses acteurs français que j'admire.
02:15Les deux tout autant,
02:17entre Jean-Paul Belmondo et Alain Delon.
02:20Il y en avait un, Jean-Paul Belmondo,
02:22qui se considérait comme comédien
02:24et qui changeait beaucoup de registre,
02:28et puis un qui restait acteur.
02:32Et moi, je ne sais pas si je suis acteur ou comédien,
02:36je pense que je suis les deux, finalement.
02:38Mais oui, j'ai besoin de changer,
02:40parce que sinon, je m'ennuie.
02:42J'aime ma vie, je suis très casanier,
02:45je n'aime pas les changements.
02:47Quand en vacances, je trouve un restaurant,
02:49mes amis sont fous, parce que je dis,
02:50on a trouvé le restaurant, on ne bouge plus d'ici.
02:53Et eux veulent découvrir d'autres choses.
02:54Je dis, mais non, on a trouvé ce qui était génial.
02:56Et voilà, donc ça, c'est ma vie.
02:58Je suis fidèle en amitié, je suis fidèle…
03:01En amour.
03:03Et le changement, vous le cherchez.
03:04Le changement, c'est mon métier.
03:05Et donc, je change d'univers, je change,
03:07je peux passer, effectivement, comme on l'a dit,
03:09d'une comédie comme Redding
03:11au Conte de Monte Cristo.
03:13Vous êtes quand même un passionné d'histoire et de politique.
03:16J'imagine que vous avez aussi une appétence particulière
03:18pour les films historiques ou les films politiques, non ?
03:21Ah oui, alors ça, c'est vraiment ce qui m'intéresse.
03:23C'est-à-dire que quand on m'envoie une série ou un scénario
03:25en me disant, c'est pour incarner un homme politique
03:27ou un journalisme, je ne sais pas,
03:30ou les films historiques,
03:31j'aime ça.
03:33J'ai toujours aimé l'histoire.
03:35J'aurais pu faire de l'histoire.
03:37Historien, c'était dans les parcours d'université
03:40que j'ai pu faire un petit peu,
03:41c'était histoire et droit.
03:43Et donc, oui, je suis passionné.
03:45Donc, évidemment, tout personnage historique m'intéresse,
03:47et la politique particulièrement.
03:49Je suis féru de politique,
03:51fasciné par la politique.
03:52Peut-être encore un métier que j'aurais pu faire.
03:57Évidemment, on ne travaille pas les rôles de la même manière.
03:59J'imagine, selon qu'on joue Mitterrand
04:01ou qu'on joue celui que vous jouez en ce moment
04:02au Théâtre de la Renaissance
04:03avec cet accent allemand.
04:05Sur Mitterrand, par exemple, comment ?
04:07Accent finnois.
04:08Accent finnois.
04:09Nordique, oui.
04:10Nordique.
04:10On va y venir, on va en parler de cette pièce.
04:12Mais Mitterrand, par exemple,
04:12vous aviez tout lu, je crois,
04:14avant de pouvoir jouer Lettre à Anne.
04:15Oui, oui, oui.
04:17Parce que l'idée, c'était de ne pas faire une lecture,
04:19c'était de faire un spectacle
04:20où j'allais l'incarner.
04:21J'étais sa voix qui parlait à Anne
04:23à travers ses lettres.
04:24Et effectivement, je me suis beaucoup...
04:26Je ne voulais pas l'imiter,
04:27mais je me suis profondément...
04:29Je voulais absolument le connaître par cœur.
04:32C'est le cas de le dire, oui.
04:33Et donc, j'ai tout vu,
04:35tous les documentaires,
04:37tous les films documentaires.
04:38J'ai lu pratiquement toutes les biographies.
04:41J'ai ma préférée.
04:44C'est un Anglais, bizarrement,
04:46comme pour le De Gaulle.
04:46Là, c'est Philippe Short
04:47qui a fait sur ce Mitterrand extraordinaire.
04:51Et je m'en suis...
04:52Oui, je me suis imprégné.
04:53C'est comme ça que je travaille mes rôles en général.
04:55Et c'est pour ça que j'aime les personnages historiques
04:57qui ont vécu, qui ont existé.
04:59Ça me permet vraiment de faire une approche que j'aime.
05:02Et du coup, Mitterrand, je l'ai eu en moi
05:04de par son histoire.
05:06Et après, en l'écoutant, en le regardant,
05:08je m'en suis fait mon propre Mitterrand.
05:10Et j'avais un modèle pour ça indépassable
05:12qui est Michel Bouquet, dans le Promeneur du Champ de Mars,
05:15qui n'a pas imité Mitterrand,
05:18mais il était Mitterrand à travers Michel Bouquet.
05:21C'est l'approche du métier que j'essaie d'avoir.
05:23Et je précise, pour les gens qui nous écoutent,
05:25Lettre à Anne, c'était les lettres écrites par François Mitterrand,
05:27à Anne Pinjot, évidemment, des lettres...
05:29Anne Pinjot, des lettres...
05:30...d'amour...
05:31...sublimes, où on voit d'abord que c'est un immense écrivain.
05:35Cette révélation, 20 ans après sa mort,
05:36a été un choc littéraire, oui.
05:38C'est pas rare que vous jouiez le rôle du méchant aussi.
05:41Je me suis demandé si...
05:43D'ailleurs, c'est un peu le cas, d'ailleurs,
05:44dans la pièce du moment.
05:46Vous êtes quand même toujours un peu le trouble fait.
05:49Est-ce que les réalisateurs, les metteurs en scène,
05:51vous voient en méchant ?
05:52Vous savez pourquoi ?
05:56Alors, en trouble fait, peut-être,
05:57parce que parfois, je peux arriver à dire des choses
06:01dans la vie où je dis ce que je pense,
06:03parfois, et du coup...
06:04Mais ça, c'est dans le cercle intime.
06:06Donc peut-être que ça leur donne des idées
06:08de se dire, tiens, ils pourraient faire...
06:09Ah, intéressant !
06:09Comme dans La Pony, par exemple.
06:14Et non...
06:15Alors, je l'ai fait, on commence à le faire.
06:18Il y a toujours un truc que quand on est bon dans un méchant,
06:21les gens disent, ah, mais il sait bien faire, les méchants.
06:23Donc du coup, les réalisateurs, les producteurs,
06:25ils s'embêtent pas.
06:25Ils disaient, j'ai été le méchant, le grand méchant
06:27du cinéma français avec Montecristo.
06:30Du coup, j'ai reçu plein de propositions de méchants
06:31que j'ai refusées.
06:32C'est vrai.
06:32Parce qu'elles étaient trop proches, parfois.
06:34Après, ça dépendait du projet, tout ça.
06:36On n'avait pas envie d'être enfermé, quand même.
06:37Non, je n'ai pas envie d'être enfermé,
06:38parce que, comme je vous dis, j'aime changer d'univers.
06:41Mais après, je suis très heureux de jouer les méchants,
06:43parce que ça me change,
06:44parce que je crois que je suis quelqu'un de gentil, au fond.
06:48Je suis foncièrement gentil.
06:50Et que, du coup, ça m'amuse énormément,
06:52parce que j'ai l'impression, encore une fois, de jouer.
06:54Et je jouais les méchants.
06:56J'ai toujours été enfant fasciné quand je voyais les films.
07:00Mon personnage préféré de La Guerre des Étoiles,
07:02c'était Dark Vador.
07:03Ce n'était pas Luke Skywalker, par exemple.
07:04D'accord.
07:06Voilà.
07:06Donc, j'ai toujours aimé.
07:07Mais quand je voyais les joutes de chevaliers aux tuileries,
07:09il y avait des spectacles, à l'époque,
07:10aux tuileries de joutes de chevaliers,
07:12le chevalier noir, c'était celui qui me fascinait.
07:14Donc, oui, j'ai quand même...
07:15Parce que je trouve que c'est plus amusant à jouer.
07:17Et les acteurs que j'adore, comme Laurence Olivier,
07:22ont souvent joué, par exemple, des méchants,
07:25ou Jack Nicholson, qui sont mes acteurs modèles.
07:28Pourtant, c'est celui qui perd à la fin, en général.
07:30Oui, mais c'est bien de perdre aussi.
07:33Ce que vous venez de nous présenter aujourd'hui,
07:34c'est donc Laponie, qui se joue au Théâtre de la Renaissance,
07:37création de Mathieu Delaporte et d'Alexandre Delapatellière,
07:40avec lesquels vous travaillez très souvent, on va y venir,
07:42qui sont à l'origine de très gros succès.
07:45Je pense au prénom pour ce qui est du théâtre,
07:47le prénom, ou le conte de Montecristo pour ce qui est du cinéma.
07:50Alors, Laponie, c'est l'adaptation française
07:52d'un immense succès au théâtre catalan.
07:55En gros, c'est un réveillon qui vire au drame,
07:57parce que la petite fille d'un des couples
08:00va dire à son petit cousin que le Père Noël n'existe pas.
08:04Et là, la soirée vire au règlement de compte familial.
08:07C'est vraiment savoureux.
08:09C'est vraiment une comédie et on rit beaucoup.
08:11C'est une pièce sur quoi, pour vous, au fond ?
08:14Est-ce que c'est une pièce d'abord sur la famille,
08:17les non-dits, les côtés exaspérants
08:20de certains membres de la famille, les secrets ?
08:23C'est sur la famille, déjà, c'est sûr.
08:26Et dans toutes les familles, il y a ces non-dits, ces secrets,
08:29ce qu'on aimerait dire à l'autre, mais qu'on n'ose pas.
08:32Effectivement, et puis, c'est dans l'arène, il faut toujours une arène,
08:36et là, l'arène, c'est le réveillon de Noël.
08:40Un moment qui, familialement, et pour la plupart des gens,
08:44qu'il soit croyant ou pas, parce qu'au départ, c'est une fête religieuse,
08:47quand même, il faut l'oublier, c'est le premier moment.
08:51Mais cette fête, qui est devenue une fête pour tout le monde,
08:56c'est le moment où tout le monde doit être joyeux,
08:59on doit faire la paix, on se retrouve.
09:02Souvent, des personnes, comme là, en l'occurrence, dans la pièce,
09:03qui ne se sont pas vues depuis quelques années,
09:05depuis qu'une des sœurs a été se marier avec un Finlandais
09:09au fond de la Laponie, elles ne se sont pas vues.
09:12Donc, ils font ce voyage, quand même, qui coûte un bras,
09:15comme ils disent dans la pièce.
09:16Ils se retrouvent dans ce chalet, qui est au village du Père Noël.
09:21Donc, les enfants, c'est une merveille, c'est le rêve.
09:23Et là, il y a une petite fille, donc ma fille dans la pièce,
09:27qui va dire à son petit cousin, le Père Noël n'existe pas.
09:30Et là, effectivement, c'est le départ, c'est tout de suite.
09:35On pose tout de suite le problème, mais de ça va découler,
09:39effectivement, la bûche va avoir un goût amer,
09:41et comme dans le prénom, la même mécanique,
09:43on pourrait dire que c'est le prénom Féduski,
09:45parce que c'est la même mécanique, dans le sens où ils aiment beaucoup ça.
09:49C'est après, on se confronte, et ça se termine en n'importe quoi.
09:52C'est-à-dire que tout d'un coup, on se dit des choses,
09:54on parle de la vie, de la mort,
09:56et c'est savoureux, parce que c'est très drôle,
09:58c'est très intelligent, c'est acide,
10:00mais ça reste, et puis profondément tendre aussi,
10:04parce qu'il y a plein de moments très émouvants.
10:07Et puis, j'allais dire un peu philosophique aussi,
10:09on parle éducation, et cette idée que l'on ment aux enfants
10:13pour les faire rêver, et on voit qu'on a deux types d'éducation très différents.
10:18Oui, c'est l'éducation, donc la famille,
10:20comment on éduque ses enfants ?
10:22Est-ce qu'on leur fait croire au Père Noël ?
10:24Est-ce qu'on leur fait croire au conte de fées ?
10:26Est-ce qu'on leur fait croire que la vie, finalement,
10:28est un grand conte de fées,
10:29et que nous n'allons pas mourir,
10:31et que nous sommes des demi-dieux ?
10:33Ou est-ce que, et là, bon, ils le font peut-être un peu tôt,
10:35les familles des Tinois, c'est moi, mon personnage est assez radical,
10:38elle a 4 ans, elle sait que la mort,
10:40c'est passage sans retour vers néant,
10:42c'est une réplique.
10:43C'est dit comme ça.
10:45Donc, est-ce qu'on est dans cette vérité,
10:47une approche cartésienne de la vie, de la vérité ?
10:51La vérité crue.
10:52Crue.
10:52Ou est-ce qu'on se dit, non, il faut quand même attendre,
10:55attendre, attendre.
10:56Et je pense que ça touche tout le monde, cette pièce,
10:57parce que, justement, je pense qu'on se rappelle tous
11:01du jour où on a appris qu'il n'existait pas.
11:03C'est vrai.
11:04Ou comment on l'a découvert.
11:05En vrai.
11:06Et c'est ça qui est formidable.
11:07Vous en souvenez, vous ?
11:08Ah oui, très bien.
11:08Je me rappelle, je peux vous le dire,
11:10j'étais tardif, moi, sur la vérité.
11:12Mes parents, ils étaient plutôt du côté,
11:14laissons croire aux rêves et aux demi-dieux.
11:17Aux illusions.
11:18Aux illusions.
11:19Je devais être en CE1, tout comme ça.
11:24CP, CE1.
11:24Et on vous le dit, comment ?
11:25Et j'entends, dans une conversation de passage de classe,
11:30mais non, mais de toute façon,
11:31les parents, ils m'ont déconné à Noël,
11:33ils ont mis les cadeaux nuls.
11:35Ah ouais, et toi ?
11:36Bah, moi, ils me font croire encore.
11:37Et là, j'entends ça,
11:39au détour d'une descente d'escalier,
11:42et ça m'a bouleversé.
11:45Je me rappelle très bien que ça a été un questionnement
11:47qui a remis en cause beaucoup de choses.
11:49Ouais.
11:50C'est un monde qui s'écroule.
11:51Je ne l'ai pas dit à mes parents que je le savais.
11:53J'ai fait croire, le Noël là,
11:56alors que je savais, comme le père,
11:57sans spoiler,
11:59que je voulais qu'il croit que je crois.
12:03Et alors, vous êtes de quel côté, vous,
12:04et comment vous avez géré avec vos enfants ?
12:05Vous êtes de ceux qui pensent qu'ils...
12:07Moi, très rapidement,
12:08nous, on a été dans le sens,
12:11on avait une tradition de la famille,
12:12on faisait venir un copain,
12:13je faisais venir un copain essolé, en général,
12:15le jour de Noël, acteur,
12:18intermittent du spectacle dans la pièce,
12:20vraiment,
12:21et je lui demandais de mettre le costume du père Noël.
12:23Et il débarquait, toc, toc, toc,
12:26et avec plein de cadeaux.
12:27Donc, au début, les enfants y croyaient.
12:29Oui, bien sûr.
12:30Et puis, très rapidement,
12:31en général, ils buvaient un coup de trop.
12:34Et la vérité éclatait.
12:35Et la vérité éclatait.
12:36Et très rapidement, mes enfants me disaient
12:37« Mais c'est pas le père Noël,
12:38c'est ton copain Nicolas. »
12:41C'est aussi une pièce sur les différences culturelles.
12:44Les Français en prennent plein la figure,
12:45quand même.
12:46On les dit râleurs,
12:48on dit qu'ils disent du mal dans le dos des autres,
12:51qu'on est hypocrite.
12:53Vous diriez qu'il y a un peu de vrai ?
12:54Et qu'il crie.
12:55Et qu'il crie très fort.
12:56Et qu'il crie très fort.
12:57Ce qui est vrai.
12:58Alors, moi, je pense qu'il y a un peu de vrai, oui.
13:00Il y a un peu de vrai.
13:01Tout en étant parfois caricatural,
13:03mon personnage, il va chercher la caricature,
13:06comme un dessinateur va faire une caricature grossissante.
13:10Mais oui, il y a un peu de vrai.
13:12Et comme il y a un peu de vrai sur la mentalité de ces Nordiques
13:16qui croient qu'ils ont tout bien.
13:18Vous savez, la Finlande est un pays très particulier.
13:20Donneur de leçons.
13:21La Finlande est un pays très particulier.
13:22Dans le chinois, dans la langue chinoise,
13:24les gros mots, les insultes, n'existent pas.
13:29Ah bon ?
13:29Oui.
13:30Ça n'existe pas.
13:31D'accord.
13:32Oui.
13:32Parce que c'est le culte de la bienveillance ?
13:34C'est le culte de la bienveillance.
13:35On ne s'insulte pas.
13:36On attend, dans les repas de famille,
13:38on m'a raconté, je me suis renseigné un peu,
13:40on m'a raconté que les repas de famille,
13:41parfois, peuvent être très longs,
13:42parce qu'on attend que celui qui parle
13:43ait vraiment fini de parler totalement.
13:45On ne se coupe pas la parole.
13:48Ah, c'est intéressant.
13:48Ah oui, oui.
13:49Et donc, on ne se dit pas des vérités crues, alors ?
13:51Ah non.
13:52Non, on peut se les dire,
13:53mais de façon...
13:57Pourquoi ?
13:57Je vais t'expliquer.
13:59Ok.
14:00Tout est pédagogie.
14:01Tout est...
14:02Voilà.
14:02Patrick Mill, dans cette émission,
14:03nous creusons aussi un peu le passé de nos invités
14:06pour comprendre pourquoi ils sont ce qu'ils sont aujourd'hui.
14:09Et pour cela, je vais mettre entre vos mains un document.
14:12C'est une archive qui nous vient de nos partenaires,
14:14les archives nationales.
14:15Je vais le décrire, ne vous inquiétez pas
14:16pour les gens qui nous écoutent.
14:17Il s'agit d'un tract de propagande
14:19imprimée sous la forme d'une fausse édition spéciale OAS
14:22du journal L'Eco d'Oran.
14:24Nous sommes alors le 8 avril 1962,
14:27juste après la signature des accords déviants,
14:29une période où l'OAS tente, par tous les moyens,
14:31d'empêcher l'indépendance de l'Algérie
14:33et insulte De Gaulle, accusé de les avoir trahis.
14:36Je lis, hein.
14:38L'Algérie, consultée, dit non.
14:40Vive la vraie France.
14:41L'OAS vaincra.
14:42Trois mois plus tard, l'Algérie sera officiellement indépendante.
14:46Vous n'êtes pas encore née à ce moment-là,
14:47mais je me suis dit que c'était probablement un moment important
14:50pour votre père, ou en tout cas dans votre famille,
14:54parce que votre père avait fui la France
14:56pour ne surtout pas se battre en Algérie.
14:57Il était ce qu'on appelle un déserteur.
14:59Est-ce que vous savez si ce moment a été important dans votre famille ?
15:02Est-ce que ça a un peu bercé votre enfance ?
15:04Alors, il a été très important.
15:08Effectivement, mon père fait un refus d'obstacle militaire,
15:16ayant mon grand-père paternel étant
15:19colonel, médecin militaire de la marine.
15:29Donc, compliqué.
15:31Mon père fait cet acte politique, sincère,
15:38de refuser d'aller se battre et fuit.
15:44Donc, il est déserteur et il décide de partir.
15:48Il veut partir en Afrique,
15:51mais il se trouve que pour aller en Afrique,
15:53il traverse l'Espagne de Franco,
15:57il déchire sa carte du Parti communiste
16:02et il arrive à Lisbonne.
16:04Il se dit, de Lisbonne, je prendrai un bateau,
16:06quelque chose, et j'irai en Afrique.
16:09Et il s'arrête à Lisbonne.
16:11Et donc, finalement, je ne sais pas si l'écho d'Oran
16:14qui fait que tout ça arrive,
16:15mais il rentre à Lisbonne, il y reste 10 ans,
16:18il rencontre ma mère et je nais quelques années après.
16:23Et vous y passerez les 4 premières années de votre vie.
16:26Vous irez aussi régulièrement les étés, au Portugal,
16:29notamment dans la ferme de votre grand-mère.
16:31Je crois que ce sont des très beaux souvenirs,
16:33parce que vous allez apprendre la vie de paysan,
16:35en fait, à bêcher.
16:37Oui, à s'occuper des animaux.
16:39Je sais, voilà, le petit berger, parfois, aussi.
16:43Non, mais oui, j'étais...
16:44En fait, après, mes parents...
16:46Donc, mon père s'installe au Portugal,
16:49devient un acteur célèbre, là-bas.
16:53fait des films, à une compagnie de théâtre,
16:56et rencontre ma mère.
16:58Et à partir du moment où ça commence à se tendre
17:01avec le régime de Salazar,
17:03ça devient très, très, très tendu,
17:05parce qu'il y a une volonté, évidemment, de liberté,
17:07de la part de la jeunesse, des artistes et tout.
17:09Donc, la pide, la police politique,
17:12devient de plus en plus méchante.
17:14Et mon père faisait partie d'un groupe d'artistes
17:18plutôt...
17:19qui voulait le changement de régime.
17:20Et étant étranger, ça commençait à aller très mal.
17:23Il était très surveillé.
17:24Il a dû partir.
17:25Et m'ont laissé, moi,
17:26parce que je suis né en 70,
17:28trois ans, quatre ans avant la Révolution.
17:31Et donc, du coup, je suis chez ma grand-mère.
17:34Et je vis pendant quatre ans.
17:36Et après, j'y retourne tous les étés,
17:37une merveille, dans une quinta,
17:40avec des animaux au milieu de la nature.
17:43Et ça m'a profondément marqué.
17:44C'est un peu mon rosebud, oui.
17:45Et qu'est-ce que ça a laissé comme trace en vous
17:48ce père politisé qui dînait avec des réfugiés politiques,
17:52avec des dissidents ?
17:53Est-ce que ça a créé en vous, je ne sais pas,
17:55une âme de militant ou une compréhension particulière
17:58pour le militantisme ?
17:59Bon, ça m'a fait...
18:01Ça m'a donné envie de défendre des valeurs.
18:06Ça m'a fait prendre conscience de la politique assez tôt.
18:12C'était très politique.
18:14Et donc, je me suis intéressé très tôt à ça,
18:16à tout ça, à la politique.
18:17C'est vrai qu'on accueillait des réfugiés brésiliens,
18:21argentins, dans les années 80,
18:23pendant les dictatures,
18:24les années de dictature, militaires, là-bas.
18:27Et tout ça, voilà, ça faisait partie de mon monde.
18:30Et oui, j'ai toujours été...
18:33Je ne suis pas militant de métier, mais...
18:39De culture, peut-être ?
18:39De culture, oui.
18:41Et ça vous fait craindre aujourd'hui,
18:43vu le climat politique,
18:45une forme de retour de la censure ?
18:47Est-ce que vous êtes sensible à ça ?
18:50Disons qu'il y a beaucoup de signaux
18:51qui font que, chez nous,
18:54pas encore, mais aux portes,
18:56de la France et dans le monde,
19:00en ce moment, on n'est pas bien.
19:03On n'en voit pas les meilleurs guides
19:07at the right place.
19:08Et vous pensez que les artistes sont menacés
19:10dans leur liberté, ou le seront ?
19:13Écoutez, tout peut arriver.
19:16Il y a des endroits de France, par exemple,
19:19où on interdit des expositions.
19:24Donc voilà, ça commence...
19:26En général, ça commence tout petit.
19:28Et des pièces de théâtre aussi.
19:29Et des pièces de théâtre.
19:30Donc il faut rester vigilant.
19:32Ces salles...
19:33Alors, le métier d'artiste, ce n'est pas ça.
19:36Moi, j'ai toujours du mal.
19:36Je trouve qu'un acteur, en plus,
19:38doit souvent faire attention
19:40à ne pas révéler ce qu'il penche
19:44et ne pas ce qu'il croit.
19:47Parce qu'on est quand même...
19:48Le public doit quand même nous imaginer.
19:50Le public qui vient nous voir au théâtre,
19:51le public qui vient nous voir nos films,
19:53doit nous voir dans le personnage.
19:55Donc si on arrive avec quelque chose de trou,
19:57on se dit, ah ben, c'est pas génial
20:01pour notre métier.
20:02Mais ça ne nous empêche pas de regarder,
20:04d'avoir un avis,
20:05et voilà, de faire attention.
20:07Mais je pense que tout citoyen
20:10a le devoir de faire attention
20:13à sa République, à sa démocratie.
20:17À la lueur de celui que vous êtes aujourd'hui,
20:19quel conseil donneriez-vous
20:20au petit garçon où vous étiez ?
20:21Qu'est-ce que vous lui diriez
20:22avant qu'il ne se lance dans la vie ?
20:26Regarde, apprends, lis
20:28et intéresse-toi à tout.
20:30C'est beau.
20:31Cultive-toi, donc.
20:31Voilà.
20:32J'ai des photos à vous proposer, Patrick Nuit.
20:34Ça fait partie des rituels
20:35de cette émission, justement.
20:36D'ailleurs, c'est très en lien
20:37avec ce qu'on vient de se dire.
20:38C'est le nageur français Léon Marchand,
20:40quadruple champion olympique,
20:42interrogé sur les élections, justement.
20:44Il a assumé, je cite,
20:46de vouloir rester loin de tout ça.
20:48Un non-choix qui lui a été reproché,
20:51qui lui a valu pas mal d'insultes
20:52sur les réseaux sociaux.
20:54Vous comprenez, justement,
20:56que les personnalités,
20:57même les sportifs,
20:58refusent de prendre parti,
21:00refusent de se mobiliser,
21:01de signer des tribunes ?
21:04Avant, on pouvait le faire.
21:07Avant, dans le beau monde d'avant,
21:10parce qu'il y a quelque chose
21:11qui a profondément changé
21:12et qui est devenu un peu dégueulasse,
21:13il faut le dire,
21:13les choses comme elles sont.
21:14Ce sont les réseaux sociaux
21:15qui sont une catastrophe.
21:18avec un nombre de gens,
21:19de haters,
21:20leur métier, c'est d'écrire des choses.
21:23Donc, qu'un sportif de ce niveau-là,
21:26et qui est un immense sportif,
21:27champion total, immense,
21:30meilleur nageur du monde,
21:32dise, un peu comme un acteur,
21:34je dirais,
21:34moi, je suis Léon Marchand de France
21:39pour tous les Français,
21:41et je ne vais pas commencer
21:42à dire des choses.
21:43Je peux le comprendre,
21:44parce que nous sommes dans ce monde.
21:46Après, il y en a d'autres
21:47qui prennent un peu
21:48leur responsabilité,
21:50qui vont dire des choses.
21:52Je pense notamment à Kylian Mbappé,
21:54qui est un peu plus politique,
21:56qui ose.
21:57Mais peut-être que Kylian,
21:58ce n'est pas pareil.
21:59Kylian Mbappé,
21:59c'est Kylian Mbappé,
22:01champion du monde de football,
22:03un sport extrêmement populaire,
22:06qui vient, voilà,
22:08de banlieues,
22:10ce n'est pas pareil.
22:11Léon Marchand,
22:12c'est un sport,
22:13c'est de l'athlétisme,
22:15c'est de la natation,
22:16ce n'est pas une star,
22:18c'est une star.
22:19Vous voyez ce que je veux dire ?
22:21Oui, c'est différent.
22:22Voilà.
22:23Donc, je comprends
22:26sa position,
22:27parce que nous sommes
22:28dans ce monde aujourd'hui.
22:30Une dernière photo,
22:31il s'agit du joueur
22:32de foot portugais,
22:33Cristiano Ronaldo,
22:34pour lequel, je crois,
22:35vous avez une adoration.
22:37Vous avez dit un jour,
22:38quand il décolle
22:39et reste en suspension
22:40dans les airs,
22:41ça mériterait
22:41d'être exposé au Louvre.
22:43J'ai trouvé cette phrase
22:44absolument géniale.
22:45A priori,
22:46c'est quand même
22:47sa dernière saison
22:48et c'était sa dernière
22:49Coupe du Monde aussi,
22:50à l'été 2026.
22:52Vous allez soutenir qui,
22:53maintenant ?
22:54De l'équipe du Portugal ?
22:55Oui.
22:56Oh, bah,
22:56Vitinha,
22:58jouer en Évesse,
22:59Nuno Mendès,
23:01vous avez compris
23:01pour quelle équipe ?
23:02Le Portugal.
23:04Le Portugal et un club.
23:06C'est quoi votre rapport
23:06au Portugal, d'ailleurs,
23:07du fait d'y être né ?
23:09Alors, c'est très marrant,
23:10parce que quand,
23:11moi, je me sens français,
23:13enfin, je suis totalement français
23:14dans la pensée,
23:15je suis totalement français,
23:16je pense,
23:18dans la pensée,
23:19dans la culture,
23:24mais, la langue,
23:26mais je me sens portugais,
23:28c'est ma langue maternelle,
23:30je l'ai parlé avant le français,
23:33c'est le pays que j'adore,
23:34c'est un pays dans lequel,
23:35quand j'y suis,
23:35je m'y sens tellement bien.
23:38Et,
23:40quand il y a France-Portugal,
23:41en football, par exemple,
23:43bah, je suis pour le Portugal.
23:46C'est audacieux,
23:47ce que vous me dites, là.
23:48Non, c'est vrai.
23:48Et, par contre,
23:49je suis fan,
23:50je suis pour l'équipe de France
23:52à 100%,
23:52et je voulais qu'elle gagne
23:53ce mondial, mais...
23:54Mais Ronaldo a un petit truc en plus ?
23:55Bah, Ronaldo,
23:56c'est un immense champion
23:58qui s'est fait,
24:00et qui...
24:00Tout n'était pas donné.
24:02C'est-à-dire que c'est un garçon,
24:04voilà,
24:06qui vient de cette île de Madère,
24:09qui a gravi les échelons,
24:11qui s'est fait,
24:12qui est devenu une star,
24:13qui est devenu un joueur exceptionnel,
24:16ballon d'or,
24:18meilleur joueur du monde,
24:19et je trouve qu'il a,
24:21dans son attitude aussi humaine,
24:23quelque chose qui est sur le terrain.
24:24C'est un homme classe.
24:27Il est classe,
24:28c'est un grand monsieur.
24:30Et il le montre,
24:31les Portugais le savent,
24:32il est très gentil,
24:35il débarque pas avec des voitures,
24:37non, non, il est à vélo,
24:39dans les stations de plage,
24:42balnéaire,
24:43il est toujours prêt à un sourire,
24:46à cette fille,
24:47c'est quelqu'un d'extraordinaire
24:49qui aide beaucoup,
24:50qui a beaucoup aidé son village,
24:51qui aide beaucoup les gens
24:52qui en ont besoin.
24:54Et ça, ça compte pour vous ?
24:55Ah oui, oui.
24:56Quand on peut,
24:57c'est bien d'aider, non ?
24:58Patrick Mille,
24:58j'ai une dernière question
24:59qui est en lien avec le décor
25:00qui nous entoure.
25:01Nous sommes entourés
25:02de quatre statues
25:02qui représentent chacune une vertu.
25:04Il y a la sagesse,
25:05la prudence,
25:07la justice
25:07et l'éloquence.
25:08Est-ce qu'il y a une de ces vertus
25:10que vous auriez envie
25:10de défendre ici,
25:12ou qui vous caractérise,
25:13vous, peut-être ?
25:14Sagesse,
25:15prudence,
25:16justice,
25:18éloquence ?
25:19L'éloquence,
25:21ça fait partie de...
25:23Votre métier ?
25:24De mon métier.
25:25Et je pense que,
25:25si je n'avais pas été acteur,
25:28je pense que j'aurais été avocat
25:30ou homme politique.
25:32Donc, l'éloquence.
25:33Donc, l'éloquence.
25:35En politique,
25:36je peux encore, peut-être.
25:37Ben oui,
25:38c'est pas fini.
25:38Bon, on verra.
25:40À t'attard.
25:42La justice,
25:43la justice,
25:44oui, évidemment,
25:45la justice.
25:46Il faut la justice.
25:47Il faut en choisir une.
25:48Il faut en choisir une ?
25:48Oui.
25:51Je dirais...
25:52Oh, le choix est cornélien.
25:53Je ne dirais pas la sagesse
25:54parce qu'il ne faut pas être sage.
25:55D'accord.
25:57Il ne faut pas être prudent non plus.
25:59Il ne faut pas être trop prudent.
26:01Il ne faut pas être trop prudent.
26:03Il faut être prudent,
26:03mais pas trop.
26:05Bon, allez, la justice.
26:06Allez, la justice.
26:07Vous optez pour la justice.
26:08Merci, en tout cas,
26:09d'avoir accepté de partager
26:10ce moment avec nous.
26:11Merci beaucoup pour ce bel répétition.
26:12Bonjour, merci.
26:13Et merci à vous de nous avoir suivis
26:14comme chaque semaine.
26:15L'émission à retrouver en replay
26:17sur notre plateforme
26:18publicsénat.fr
26:19et en podcast.
26:20À très vite.
26:20Merci beaucoup.
26:21Sous-titrage Société Radio-Canada
26:24Sous-titrage Société Radio-Canada
26:27Sous-titrage Société Radio-Canada
26:35Sous-titrage Société Radio-Canada
26:36Sous-titrage Société Radio-Canada
26:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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