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«Louis Jouvet était le théâtre français», a souligné Julien Pichené, journaliste chez Europe 1. Il revenait sur la carrière du comédien disparu il y a 75 ans.

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Transcription
00:05Et le générique passé, écoutons, on est Place Saint-Sulpice, on est en 1951 et vous allez voir le monde
00:12pour les autres sexes de Louis Jouvet, c'est fascinant.
00:18Louis Jouvet est mort. Ce magnifique homme de théâtre, animateur, metteur en scène, acteur, disparaît d'au terme d'une
00:26carrière où il teint sa place dans la rénovation du théâtre français
00:28et où il se fit à travers le monde l'ambassadeur du même théâtre.
00:32À Saint-Sulpice, une foule considérable où l'on reconnaissait monsieur et madame Bideau, Jean-Louis Barraud et nombre de
00:40figures d'un tout Paris vibrant et attristé
00:42est venu s'incliner devant le disparu. Pendant 30 ans, du vieux Colombier à l'Athénée...
00:48C'est sidérant quand même. C'est ça, une vedette populaire.
00:51Gloire nationale. C'était l'incarnation du théâtre. Il était le théâtre français, il était la comédie, il était le
00:57jeu,
00:58Louis Jouvet, admirable homme de théâtre et aussi de cinéma, même s'il méprisait un petit peu le cinéma comme
01:03ça.
01:03Il en a fait énormément des chefs-d'oeuvre, dont Entrée des artistes, où il joue plus ou moins son
01:08propre rôle.
01:08Vous parliez d'enseignement de discipline, on est en plein dedans avec Entrée des artistes.
01:13Et la première scène que je voulais vous partager, c'est celle où Louis Jouvet, le professeur au Conservatoire d
01:18'art dramatique,
01:19va chez les parents d'une de ses élèves qui ont écrit une lettre au professeur Jouvet pour dire qu
01:23'ils ne veulent pas que sa fille suive ses cours.
01:26Il préférerait qu'elle travaille dans la blanchisserie familiale.
01:30Et c'est une scène absolument admirable que j'ai un petit peu compressée parce qu'elle est un petit
01:33peu longue.
01:34Mais regardez.
01:37Monsieur Grenaison, mon mari, l'oncle de la petite.
01:40J'aurai tout de suite reconnu monsieur Grenaison.
01:43Vraiment ?
01:44Vous ressemblez furieusement à votre écriture.
01:46Vous allez bien prendre une tasse de café avec nous ?
01:49Certainement, vous asseyez-vous, monsieur.
01:52Fernand, allez, essuie la table.
02:02Les parents sont bien coupables qui ne respectent pas les cheveux blonds ou bruns de la jeunesse.
02:08Cet enfant est un sujet de premier ordre.
02:10Et vous n'avez pas le droit de lui gâcher la vie sous le prétexte assez vain
02:13que vous lui tenez le lieu de mère en qualité de temps.
02:16C'est une amoureuse.
02:18Comment ?
02:19Je parle de son emploi.
02:21Amoureuse, c'est pas un métier, ça.
02:22Je ne doute pas de sa vertu.
02:24C'est une réjane, si vous préférez.
02:26Oui.
02:26Je parle du genre de rôle qu'elle interprétera.
02:29Si c'est une réjane, alors certainement.
02:32Voilà.
02:33Je vous rends votre lettre pour vous laisser la joie d'avoir le remords de la déchirer vous-même.
02:38Elle a jeté le temps des mâtes.
02:41Quand je pense qu'elle aurait vécu dans cette atmosphère blanchisseuse.
02:46Vous ne lui interdisiez pas l'accès de la boutique ?
02:48On n'a jamais vu des enfants qui voulaient devenir blanchisseurs contre carré par leurs parents.
02:52C'est que c'est un métier.
02:53L'avait en famille le linge sale des autres, vous appelez ça un métier ?
02:56Innoble.
02:58Mes pauvres enfants, je vous plains.
03:00Oui, mais enfin.
03:02Tandis que comédien, ce n'est pas une profession, n'est-ce pas ?
03:04Pas une profession, crétin.
03:07Monsieur Grenaison, vous ressemblez furieusement à votre écriture.
03:11Dialogue de Henri Jansson, évidemment.
03:14Il était un des grands dialoguistes de l'époque.
03:16Mais là, on voit tout le charisme de Jouvet.
03:17Il est très dur d'exister face à lui parce qu'il impose une telle présence.
03:22Et puis dans ce rythme, cette voix...
03:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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