00:00Le rouge et le blanc, Régis Debray et nous, c'est un sujet qui nous intéresse tous,
00:04c'est un sujet absolument fascinant que cette bêtise de l'intelligence,
00:08comment des gens éclairés et cultivés peuvent-ils embrasser les pires options idéologiques ?
00:14C'est un vrai mystère et c'est aussi ce que j'ai voulu creuser dans ce livre,
00:17c'est le mystère de l'engagement.
00:19Pourquoi quand on est jeune on a envie de s'engager quelque part,
00:22souvent beaucoup de jeunes, et d'ailleurs je vais peut-être dire quelque chose qui va choquer,
00:25mais à la limite je préfère un jeune qui croit qu'il va changer le monde,
00:30en faisant la révolution, qu'un jeune qui va brûler un piano,
00:32ou casser un piano, et être dans le nihilisme pur de j'ai des droits, donnez-moi des droits.
00:38A la limite je trouvais qu'il y avait une forme d'idéalisme,
00:40dans cette naïveté peut-être, dans cette volonté de changer le monde.
00:43Alors sans doute ils se sont trompés, et beaucoup d'ailleurs à l'époque avaient vu,
00:48avec une grande lucidité, vous avez cité Revelle ou Raymond Aron,
00:51les dangers de ces idéologies.
00:53Certains d'ailleurs ont persisté et ne sont pas revenus en arrière,
00:57mais voilà, moi ce qui m'inquiète beaucoup, et je le dis dans le livre,
01:00c'est-à-dire qu'il y avait cette espèce de danger révolutionnaire des générations précédentes,
01:05notamment cette génération à laquelle appartient Régis Dobré,
01:07mais les nouvelles générations, c'est encore pire, j'ai envie de dire,
01:10c'est du nihilisme.
01:11Et ce qui guette notre jeunesse, c'est le nihilisme,
01:12et moi je trouve ça encore plus inquiétant.
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