00:00Bon vendredi ici avec nous, bienvenue à tous, il est 8h moins le quart.
00:04Lydie La Haye, jusqu'où iront les lycéens dans leur bras de fer avec le gouvernement ?
00:07Les manifestations dans tout le pays sont montées d'un cran hier avec des dégradations, des agressions, des arrestations.
00:13Dans le Loiret, il y a eu des affrontements entre jeunes et policiers.
00:16Est-ce qu'il faut craindre de nouveaux débordements aujourd'hui ?
00:19Pour en parler Lydie, vous recevez maintenant Hugues Moutou, le préfet du Loiret.
00:22Bonjour monsieur le préfet.
00:24Merci d'être là ce matin.
00:25Quelle est la situation là, à l'heure où on se parle, on peut dire que la nuit a été
00:28calme ?
00:29La nuit a été calme et des forces de police et de gendarmerie ont été prépositionnées au cas où de
00:36nouvelles violences urbaines auraient lieu.
00:38Les jeunes ont prévu d'aller bloquer la gare d'Orléans, en tout cas un rassemblement annoncé à 8h ce
00:44matin.
00:45On n'a pas de jeunes lycéens ce matin, on a des voyous qui ont prévu de venir brûler la
00:50gare.
00:51Les mots ont leur sens, sur les réseaux sociaux circulent des messages et des appels à venir brûler la gare,
00:58casser la figure à des enseignants et brûler des lycées.
01:01Voilà où on en est aujourd'hui.
01:03Donc je ne crois pas qu'on puisse parler de revendications lycéennes.
01:06Aujourd'hui on a des jeunes sauvages qui viennent piller des magasins, ça s'est passé hier en centre-ville.
01:12Ah, en rue de la République, un magasin qui a été caché.
01:14On a blessé 6 policiers, on a un officier de police dont les tympans ont été percés par un tir
01:20de mortier.
01:21La situation, je trouve, est grave.
01:25On ne doit pas s'habituer à ce genre de comportement et de violence.
01:30Combien d'interpellations hier dans notre département ?
01:33On a interpellé 20 personnes hier.
01:36Un certain nombre de déferments ont lieu au fil de l'eau.
01:38Et j'espère que les condamnations seront lourdes.
01:42On ne peut pas, sous prétexte de se mobiliser contre la surpopulation dans les classes, les salles de classe.
01:50Ça c'est les revendications des lycéens.
01:51Certains les assurent avec conviction.
01:53Oui, est-ce que vous pensez que brûler un lycée comme à Nantes est une façon de lutter contre la
01:59surpopulation carcérale ?
02:00Il y a des débordements.
02:02Dans les lycées, c'est plus que des débordements.
02:05On a eu au début quelques mouvements spontanés devant les établissements scolaires
02:10qui se sont très rapidement transformés en violence, en pillage, en centre-ville hier.
02:17Je ne crois pas que venir piller un commerce fait partie des revendications qu'on attend de la part des
02:21lycéens.
02:22On a vu hier matin, devant le lycée Benjamin Franklin, on y était sur place,
02:25assez peu de policiers finalement face aux jeunes manifestants.
02:28Est-ce que vous estimez que vous avez des moyens suffisants pour ramener l'ordre public ?
02:33Il ne faut pas confondre le nombre de policiers que vous voyez en intervention et le nombre de policiers présents.
02:38L'idée est naturellement d'éviter de céder à des provocations.
02:41On a en face de nous des gens qui sont organisés, on le voit sur les réseaux sociaux,
02:46avec des tracts, des affiches, des mots d'ordre.
02:50Je pense que ce n'est pas spontané, si vous voulez mon opinion.
02:54J'ai 58 ans, j'ai une certaine expérience de ce genre de mobilisation, ce n'est pas spontané.
03:01On a ici et là des leaders politiques, assez jeunes, mais qui ne sont plus du tout lycéens,
03:08qui incitent les jeunes à commettre des exactions.
03:11Et malheureusement, parfois ce ne sont pas des jeunes.
03:14On a des gens assez âgés, des personnels politiques.
03:16Un mouvement téléguidé par la France Insoumise, orchestré par notre amour.
03:19Je ne dis pas qu'il est téléguidé, je pense qu'il a été préparé et qu'il est accompagné.
03:26Et je regrette que des élus de la nation, qu'ils soient conseillers municipaux,
03:32ou pour certains maires ou députés en France, se prêtent à ce genre d'exaction.
03:36Le ministre de l'Éducation, Edouard Geoffray, a dit hier soir que des lycées se sont mis sous protection.
03:43400 lycées fermés à l'échelle du pays. Combien chez nous ce matin ?
03:46Mais vous vous rendez compte de ce que vous dites, des lycées placés sous protection pour éviter d'être brûlés
03:51comme à Nantes.
03:52Il faudrait protéger désormais tous les professeurs.
03:55Je vous rappelle qu'hier, l'approviseur du lycée Maurice Genevoix, Dengrais, a été frappé.
04:01Alors les vidéos circulent, puisque naturellement ils filment leurs exploits.
04:05Et on voit effectivement des grilles qui tombent, et une sorte de jeune sauvage encapuché,
04:13avec la tête couverte, qui court en direction de l'approviseur, pour lui asséner un coup de poing en pleine
04:21face.
04:22Alors j'ai appelé cette proviseur courageuse, qui me dit, bon, je suis sous le choc encore,
04:27mais la douleur est en train de se réveiller.
04:29Elle ne comprenait pas.
04:30Mais surtout, on a aussi cet élu communiste orléanais qui a été insulté par un policier.
04:37Vous dites, la violence aujourd'hui, elle ne va que dans un sens.
04:40Il y a les agresseurs et les agressés.
04:42J'ai lu hier, effectivement, un ou deux élus, quelques syndicalistes de la CGT,
04:47puisqu'ils avaient leurs gilets, on les reconnaissait,
04:49au milieu des émeutiers, et entraver l'action des forces de l'ordre
04:53qui subissaient des tirs de mortiers et des jets de projectiles.
04:58Je rappelle que l'incitation à la commission de délit et de violence,
05:03c'est passible d'une peine de prison,
05:06que toute personne qui incitera à la violence sera interpellée et déférée.
05:12Quel dispositif vous avez mis en plus de ce renfort d'agents ?
05:17Il y a notamment l'utilisation des drones ?
05:19Alors, naturellement, on a un drôle qui survole la zone,
05:23et puis on a ce matin l'escadron de gendarmerie mobile qui est venu prêter main forte aux policiers locaux.
05:29On a plus de 200 personnes mobilisées, en espérant qu'il n'y ait pas de violence,
05:34en espérant qu'il n'y ait surtout pas de blessés.
05:36Il y a des jeunes également qui ont été blessés,
05:40et six fonctionnaires de police blessés,
05:43et des membres de la communauté éducative.
05:46Et j'ai une pensée pour les professeurs qui sont molestés,
05:49les proviseurs qui sont tapés.
05:50Et je le rappelle, il y a des mots d'ordre qui circulent sur les réseaux sociaux
05:54pour casser la figure à des enseignants et des proviseurs.
05:57Voilà où on en est aujourd'hui dans notre pays.
05:59Merci beaucoup Hugues Moutot, préfet du Loiret.
06:01Merci d'être venu ce matin. Bonne journée.