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  • il y a 4 jours
Après avoir adopté le texte en commission spéciale le 23 septembre, les députés entament l'examen de la proposition de loi dite "intégrale" contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants. Parmi les mesures du texte figurent notamment la création d'un juge spécialisé en violences sexistes et sexuelles, la formation obligatoire des forces de l'ordre, la suppression du devoir conjugal ou encore la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en ligne. Mais un point cristallise encore les tensions : l'article 68 qui prévoit le budget alloué à la lutte contre les violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales pour les années à venir.

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Transcription
00:00:07Bonjour, bienvenue dans la séance « Est ouverte » jeudi 1er octobre.
00:00:12Les députés ont repris les travaux dans l'hémicycle après la suspension estivale au programme de cette rentrée de l
00:00:20'Assemblée.
00:00:20Une priorité, l'examen de la loi dite « intégrale », un texte transpartisan contre les violences faites aux femmes
00:00:28et aux enfants.
00:00:30Place à la séance.
00:00:31Aujourd'hui, c'est avec solennité que je me trouve devant vous, en tant que rapporteur général de la proposition
00:00:37de loi,
00:00:37apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants.
00:00:45Ce que nous vivons à cet instant est extraordinaire.
00:00:48Extraordinaire car nous étions peu nombreuses au printemps à croire encore en l'inscription de cette PPL à notre ordre
00:00:54du jour.
00:00:55J'adresse ici ma reconnaissance sincère à mes collègues députés et sénatrices qui sont à mes côtés depuis nos premières
00:01:02réunions,
00:01:02ainsi qu'à mes co-rapporteurs pleinement investis dans nos travaux.
00:01:06Extraordinaire car qui aurait pu prédire que le Conseil d'État et le Conseil économique, social et environnemental
00:01:12allaient être saisis pour rendre des avis qui sont venus donner ces lettres de noblesse à la proposition de loi
00:01:18?
00:01:18Merci Madame la Présidente d'avoir permis cela.
00:01:26Extraordinaire enfin car malgré un contexte politique de pré-campagne électorale,
00:01:30le Premier ministre s'est engagé sur un examen complet du texte avant la fin du mandat présidentiel.
00:01:35Tout cela c'est extraordinaire mais ce n'est pas un hasard car les chiffres sont là, terrifiants.
00:01:41Le nombre de victimes parmi les enfants et les femmes, le taux de classement sans suite,
00:01:44celui de l'impunité, le coup de ces violences aussi.
00:01:48Et il y a toutes les affaires, les MeToo, le Square Neck, Chahinez Daoud, Giselle Pellicot,
00:01:52Chahina, Rosa, Liana et tant d'autres.
00:01:55En novembre 2024, une coalition féministe et enfantiste nous présentait 140 mesures
00:02:00pour répondre à la problématique systémique des violences.
00:02:03Ces mesures sont venues nourrir la loi intégrale grâce à la coalition,
00:02:07constituée d'associations, de syndicats, de militantes, de femmes
00:02:10qui depuis des années travaillent sur le terrain et dénoncent les failles de notre système.
00:02:14Elles sont dans les tribunes aujourd'hui et j'aimerais que nous les applaudissions
00:02:17pour leur mobilisation inconditionnelle et constante.
00:02:24Depuis deux ans, avec des collègues de l'Assemblée et d'IFSENA,
00:02:29nous avons cherché à traduire ces mesures pour répondre à ce qui est tout à la fois
00:02:33une attente et un besoin, un changement de paradigme.
00:02:36Un changement profond dans notre manière de traiter les violences faites aux femmes et aux enfants.
00:02:41Depuis la prévention jusqu'à la sanction, depuis l'accompagnement des victimes jusqu'à la réparation.
00:02:46Nous nous apprêtons à le faire car nous allons légiférer sur des avancées majeures,
00:02:50des juridictions spécialisées, une définition des violences obstétricales et gynécologiques,
00:02:56un socle minimal d'actes d'enquête, un droit à congé pour les victimes de VSS dans le cadre du
00:03:01travail.
00:03:01La Commission spéciale a confirmé la légitimité de cette démarche et renforcée plusieurs de ces mesures.
00:03:07Mais nos débats sont loin d'être terminés et des sujets conséquents devront être tranchés.
00:03:13Plusieurs amendements proposent de revenir sur le vote de la Commission
00:03:16en limitant la compétence des juridictions spécialisées au délit.
00:03:20Chers collègues, je me dois ici de vous mettre en garde.
00:03:23Quelle serait la portée d'une loi dite intégrale si nous ne parvenions pas à changer en profondeur
00:03:28notre manière de juger ce crime de masse qu'est le viol ?
00:03:32Sommes-nous capables, au contraire, de prendre le chemin d'une chaîne judiciaire intégralement spécialisée
00:03:37comme nos voisins espagnols ont su le faire il y a 20 ans ?
00:03:41Nos débats le diront, mais l'attente des victimes est forte.
00:03:44A propos de la protection de l'enfance, plusieurs mesures ont été retirées du texte
00:03:48et reprises dans le PJL dédié qui sera examiné au Sénat fin octobre.
00:03:52Comme les associations de protection de l'enfance nous serons vigilants,
00:03:55ces mesures devront y être défendues avec la même ambition
00:03:58et nous attendons du gouvernement qu'il les porte conformément à son engagement.
00:04:03J'en viens à l'entretien individuel pour chaque enfant.
00:04:06Avec le rapporteur, nous proposerons le rétablissement du caractère obligatoire de cet entretien
00:04:11pour tous les élèves, avec un déploiement progressif permettant une généralisation en 2032.
00:04:18Dernier point que j'aborderai particulièrement, celui des femmes étrangères.
00:04:21Une loi dite intégrale ne peut laisser personne de côté.
00:04:26C'est la raison pour laquelle nous voulons les protéger de façon spécifique.
00:04:31Vous le savez, avec cette proposition de loi, nous voulons agir partout où ça ne fonctionne pas.
00:04:36Nous voulons affirmer que le viol est inacceptable dans notre société.
00:04:40En 1978, à la sortie du procès d'Aix, Gisèle Halimi disait que le véritable combat des femmes
00:04:45ne peut pas être ponctuel, qu'il ne peut pas se résumer à obtenir une condamnation.
00:04:50Mais pour une loi intégrale, il faut un budget intégral.
00:04:53Dans la période budgétaire qui s'ouvre, huit groupes politiques de cette coalition transpartisane le demandent.
00:04:59Protéger les enfants, et à un coût, protéger les femmes également.
00:05:03Mais ne pas le faire est encore plus coûteux.
00:05:05Alors débloquer les moyens nécessaires au déploiement de cette proposition de loi.
00:05:09Cet été, le Premier ministre nous a dit que les moyens ne seraient pas un obstacle.
00:05:12Nous comptons sur le gouvernement, et nous comptons sur vous, sur l'Assemblée,
00:05:16parce que les victimes nous regardent, parce que la société nous regarde.
00:05:19A nous maintenant d'être à la hauteur. Je vous remercie.
00:05:22Merci beaucoup, Madame la rapporteure générale.
00:05:26La parole est à présent à Madame Marie-Charlotte Garin, rapporteure de la Commission spéciale.
00:05:31Le meurtre de Liana dans le Gers a profondément bouleversé notre département,
00:05:36et même notre pays tout entier.
00:05:38Aujourd'hui, en examinant cette proposition de loi, je pense à sa famille et à ses proches.
00:05:43Ce drame a rappelé l'urgence de notre travail et le poids de notre responsabilité de législateur.
00:05:48Mais je voudrais rappeler que cette proposition de loi n'a pas été écrite à la va-vite,
00:05:52sous le coup de l'émotion, après le meurtre de Liana.
00:05:56C'est en réalité un travail consciencieux de long terme,
00:05:58et approfondi, qui résulte de l'engagement profond de la coalition féministe et infantiste,
00:06:04soutenu par plusieurs parlementaires.
00:06:07Il a été le socle du travail que nous avons conduit,
00:06:10et la garantie que nos discussions s'ancrent dans la réalité concrète des experts,
00:06:15des magistrats, des associations, des familles de victimes.
00:06:19Lors de la marche blanche à Liana, les mêmes mots revenaient.
00:06:22Plus jamais ça.
00:06:23Cette attente nous oblige à une action résolue, concrète et surtout intégrale.
00:06:29Prévention, protection, justice et reconstruction.
00:06:32Nous cherchons par ce texte une approche globale,
00:06:35et les dispositions pénales de « Je suis rapporteur » des articles 14 à 20
00:06:39s'escrivent pleinement dans cette logique.
00:06:41Enfin, de nouveaux articles ont été ajoutés dans le texte.
00:06:44L'article 15 bis rend obligatoire la peine complémentaire de stage de responsabilisation
00:06:49pour les auteurs de violences sexuelles ou sexistes,
00:06:53sauf décisions spécialement motivées du juge.
00:06:55L'article 15 de terre autorise exceptionnellement une garde à vue pouvant atteindre 96 heures
00:07:01pour les enquêtes portant sur des viols commis sur plusieurs victimes,
00:07:05sous le contrôle des magistrats compétents.
00:07:07Cette évolution se justifie, à mes yeux, par la complexité des investigations à mener,
00:07:11notamment pour identifier les recoupements entre les différentes affaires.
00:07:15Par ailleurs, l'article 18 bis permet enfin d'aggraver les peines
00:07:19lorsque plusieurs circumstances aggravantes se cumulent,
00:07:21même si les violences n'ont entraîné aucune incapacité totale de travail.
00:07:26Enfin, l'article 20 bis prévoit des campagnes nationales d'information
00:07:29et de communication à destination des victimes d'inceste pendant trois ans.
00:07:34Mes chers collègues, je voudrais dire en conclusion
00:07:37que les dispositions de notre texte doivent se traduire concrètement dans la vie des victimes,
00:07:42ce qui suppose des plaintes traitées rapidement,
00:07:45des professionnels mieux formés et des victimes mieux accompagnées.
00:07:49Tant de dispositions prévues par les autres parties du texte
00:07:52qui permettront l'opérationnalité des dispositions que je viens de vous présenter.
00:07:57Comme je l'ai rappelé après le drame de Liana,
00:08:00la question des moyens de la justice reste une exigence essentielle
00:08:04pour donner aux enquêteurs, aux magistrats et aux associations
00:08:07les conditions d'une réponse effective.
00:08:10Je vous remercie.
00:08:12La parole est à présent à Mme Rorberger,
00:08:16ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes
00:08:18et de la lutte contre les discriminations.
00:08:20Ces dernières années, beaucoup ont parlé de libération de la parole.
00:08:24Cette expression est trompeuse.
00:08:25Les victimes ont toujours parlé.
00:08:27Avec les mots qu'elles avaient, avec leur silence quand les mots manquaient.
00:08:32Avec un dessin, une phrase, avec leur corps aussi,
00:08:35quand il ne restait plus que lui.
00:08:37Leur maladie, leur mutilation parfois, leur mort.
00:08:41Elles ont parlé à une mère, un proche, un ami,
00:08:43à un médecin, un professeur, un policier, à des bénévoles,
00:08:47parfois longtemps après les faits, souvent à demi-mot.
00:08:50Mais il n'y a jamais eu de silence des victimes.
00:08:53Il y a eu une surdité de la société.
00:08:55Ce qui a manqué, ce n'était pas la parole.
00:08:57C'était l'écoute.
00:08:59Entendre obligeait à regarder,
00:09:01et regarder obligeait à agir.
00:09:04Alors la société a inventé
00:09:05mille manières pour ne pas entendre.
00:09:07Des histoires de famille,
00:09:09une affaire privée,
00:09:10un divorce qui se passe mal,
00:09:12un enfant qui peut inventer,
00:09:13un enfant qui serait manipulable.
00:09:15Pourquoi n'est-elle pas partie ?
00:09:17Pourquoi n'a-t-elle pas crié ?
00:09:19Pourquoi n'a-t-elle pas porté plainte ?
00:09:21À celles qui parlaient,
00:09:22nous leur demandions encore de se justifier.
00:09:24Et pendant que la société mettait en accusation les victimes,
00:09:27disséquait leur vie privée et les suspectait,
00:09:30les prédateurs, eux,
00:09:31respiraient sans mal.
00:09:33Et certaines voix ont transpercé le silence.
00:09:35En 1978, à Aix-en-Provence,
00:09:38Gisèle Halimi a fait entendre à la France ce qu'était un viol,
00:09:41et il a fallu deux ans pour que la loi change.
00:09:43Les livres, les films, les visages
00:09:45ont fait entrer dans notre conscience collective
00:09:47ce que nous avions si longtemps tenu à distance.
00:09:51Christine Angot a raconté l'inceste d'un père
00:09:52et la faiblesse d'une mère.
00:09:54Vanessa Springoral,
00:09:55emprise d'un adulte sur une enfant,
00:09:57maquillée alors en amour.
00:09:59Camille Kouchner,
00:10:00le secret protégé par un clan.
00:10:02Neige Sino,
00:10:03la vie qu'il faut reprendre après.
00:10:05À chaque fois, un verrou saute.
00:10:07Le cinéma, lui aussi, nous oblige à voir.
00:10:09Jusqu'à la garde,
00:10:11un père qui ne frappe pas encore,
00:10:12mais qui surveille,
00:10:13traque,
00:10:14qui étouffe et qu'un tribunal renvoie vers ceux qu'il terrorise.
00:10:17Les chatouilles,
00:10:18une petite fille qui danse pour ne pas jurler.
00:10:21L'amour et les forêts,
00:10:23ou si tu penses bien,
00:10:24l'étau qui se resserre,
00:10:25emprisonne et isole.
00:10:27Et certains visages sont entrés dans notre mémoire collective.
00:10:30Marie Trintignant,
00:10:32un féminicide longtemps justifié avec les mots
00:10:34de la passion,
00:10:35de la jalousie ou du drame amoureux.
00:10:38Mais personne ne meurt d'amour.
00:10:40Marie Trintignant est morte sous les coups.
00:10:42Jacqueline Sauvage,
00:10:4447 années de violence avant un geste irréparable.
00:10:47Et derrière son histoire,
00:10:48une question.
00:10:49Que reste-t-il de la liberté d'une femme
00:10:51quand la peur a gouverné toute sa vie ?
00:10:54Deux femmes et la même secousse.
00:10:56Ce que la société avait appris à considérer
00:10:58comme une affaire privée
00:10:59devenait enfin l'affaire de tous.
00:11:01C'est ainsi que la parole affleure.
00:11:03Elle ne surgit pas soudainement du silence.
00:11:05Elle remonte de loin.
00:11:07Elle traverse la peur, la honte, le doute.
00:11:09Elle cherche un passage.
00:11:09Elle reprend son souffle.
00:11:11Et en reprenant son souffle,
00:11:13elle découvre qu'elle n'est pas seule.
00:11:15Une histoire en reconnaît une autre.
00:11:17Une voix en appelle une autre.
00:11:19Jusqu'au jour où toutes ces voix séparées
00:11:21commencent à se répondre,
00:11:22à se reconnaître,
00:11:24à respirer ensemble.
00:11:26Deux mots ont tout changé.
00:11:27Moi aussi.
00:11:29Nous les avons prononcés et écrits.
00:11:31Nous les avons vus et compris.
00:11:32Nous avons su que nous étions des millions.
00:11:34Nos mères, nos sœurs, nos amis,
00:11:36nos collègues,
00:11:36elles aussi.
00:11:38Nous n'étions plus une exception.
00:11:39Nous n'étions plus seuls.
00:11:41MeToo n'a pas créé la parole.
00:11:43MeToo a rendu impossible
00:11:44de continuer à organiser notre surdité.
00:11:47Depuis, d'autres silences sont tombés.
00:11:49Les milliers de témoignages recueillis
00:11:51par la SIAZ et la CIVIS
00:11:52nous ont confrontés à cette réalité vertigineuse.
00:11:55La violence n'habite pas un monde parallèle.
00:11:58Elle habite le nôtre.
00:11:59Nos familles,
00:12:00le sport, la culture, le cinéma,
00:12:02le monde médical, l'école, le périscolaire.
00:12:04Chaque secteur qui croyait pouvoir garder son secret
00:12:07a vu sa porte s'ouvrir
00:12:09comme enfoncée de l'intérieur.
00:12:11Suffocation face au nombre.
00:12:13Suffocation face à la répétition.
00:12:15Suffocation face à cette question.
00:12:17Comment cela a-t-il pu durer si longtemps ?
00:12:20Et comment cela peut-il durer encore ?
00:12:22Tant que nous écoutions chaque témoignage séparément,
00:12:25nous pouvions encore croire à l'exception.
00:12:27Un homme violent.
00:12:29Une famille dysfonctionnelle.
00:12:31Une institution défaillante.
00:12:32Et toujours cette tentation.
00:12:35Ailleurs.
00:12:35Chez les autres.
00:12:37Pas ici.
00:12:38Pas chez nous.
00:12:39Pas chez moi.
00:12:40Nous aurions préféré le monstre.
00:12:41Parce que le monstre rassure.
00:12:43Il vit loin.
00:12:44Il se reconnaît.
00:12:45On peut le montrer du doigt,
00:12:46le mettre à l'écart et rentrer chez soi.
00:12:48Le procès de Mazan a pulvérisé cet alibi.
00:12:51Sur le banc des accusés,
00:12:52il y avait sous les capuches et les masques
00:12:5451 visages.
00:12:56Des voisins, des collègues,
00:12:57des pères, des fils, des maris et des frères.
00:12:59Et au milieu de ce procès,
00:13:01une femme a accompli un geste
00:13:02dont nous n'avons pas encore mesuré toute la portée.
00:13:05Alors qu'elle pouvait choisir le huis clos,
00:13:07Gisèle Pellicot a demandé
00:13:08à ce que les portes du tribunal d'Avignon soient ouvertes.
00:13:11En est sortie une phrase qui est entrée depuis dans l'histoire.
00:13:14Une phrase reprise par des millions de Français
00:13:16portés dans des manifestations
00:13:17collées par des militantes sur les murs de nos villes
00:13:20en lettres noires sur fours blancs.
00:13:21La honte doit changer de camp.
00:13:24Mais nous devons aussi faire preuve de lucidité.
00:13:26Face à un continent de violence,
00:13:28nous avons trop souvent avancé par sédimentation.
00:13:31Une avancée après l'autre,
00:13:32une loi après l'autre,
00:13:33un dispositif après l'autre.
00:13:35Il ne s'agit pas aujourd'hui de défaire ce qui existe,
00:13:38il s'agit de regarder l'ensemble
00:13:39et de nous poser à chaque fois la même question.
00:13:42Sommes-nous au plus haut niveau de protection possible ?
00:13:45Voilà l'ambition de votre texte.
00:13:48Intégrale ne veut pas dire infini.
00:13:50Intégrale veut dire ne rien laisser hors du regard.
00:13:53Parce que les violences, elles, ne connaissent aucune cloison.
00:13:56Elles frappent les femmes et les enfants.
00:13:57Elles sont physiques, sexuelles, psychologiques,
00:13:59numériques, chimiques, économiques, administratives.
00:14:02Elles passent d'un âge à un autre,
00:14:03d'une chambre à un écran,
00:14:05du domicile à l'école,
00:14:06de l'intime à l'espace public.
00:14:08Et surtout, elles savent s'immiscer
00:14:09dans les interstices de nos protections.
00:14:12Alors, à ce continuum de violence,
00:14:14nous devons opposer un continuum de protection.
00:14:17prévenir, éduquer, détecter, former, écouter,
00:14:20mettre à l'abri, accompagner, enquêter,
00:14:23poursuivre, juger, réparer.
00:14:25C'est cela une loi intégrale.
00:14:27Non pas recommencer, mais relier.
00:14:29Faire système contre ceux qui,
00:14:30pendant trop longtemps, a fait système.
00:14:33Face à l'ampleur des violences,
00:14:34nous avons besoin d'une mobilisation générale.
00:14:36Et cette mobilisation,
00:14:38votre texte l'incarne déjà.
00:14:40Je veux saluer le rôle majeur
00:14:41des associations de la coalition féministe et enfantiste
00:14:44qui, depuis deux ans, ont confronté leurs expériences,
00:14:47porté leurs propositions,
00:14:48et contribué à faire naître cette loi.
00:14:50Je veux saluer le travail accompli
00:14:52par les parlementaires de tous les bancs
00:14:53et la rapporteure générale,
00:14:54Céline Thiebaud-Martinez,
00:14:56avec lesquelles nous avons travaillé main dans la main.
00:14:58Je veux remercier le président de la commission spéciale,
00:15:00Christopher Weisberg,
00:15:01pour l'examen exigeant et transpartisan de ce texte.
00:15:05Association, parlement, gouvernement,
00:15:06chacun prend sa part.
00:15:08Trois avancées éclairent la révolution
00:15:10que nous voulons engager.
00:15:11La première concerne l'inceste,
00:15:13qui doit désormais être nommé pour ce qu'il est
00:15:15et de manière explicite.
00:15:18L'inceste n'est pas un viol
00:15:19auquel viendrait simplement s'ajouter
00:15:20une circonstance aggravante.
00:15:22C'est un crime qui doit porter son propre nom.
00:15:25Il est commis par celui que l'enfant aime,
00:15:28celui dont on attend amour, soutien et protection.
00:15:31Nous ne devons plus jamais entendre parler d'inceste heureux
00:15:34parce qu'il n'y a pas d'inceste heureux.
00:15:37Il y a un enfant,
00:15:38il y a un adulte
00:15:39et il y a un interdit absolu.
00:15:42Ensuite, mieux protéger l'enfant qui parle
00:15:44et le parent qui le protège.
00:15:45Nous connaissons ces situations impossibles.
00:15:47Un enfant trouve la force de révéler
00:15:49des violences qu'il subit.
00:15:50Sa mère l'écoute, sa mère le croit.
00:15:52Elle cherche à le mettre à l'abri
00:15:53et pourtant, la loi peut l'obliger
00:15:56à le représenter à son bourreau.
00:15:57Quand il y a un doute,
00:15:59il ne doit pas y avoir de doute
00:16:00sur notre première responsabilité,
00:16:03protéger nos enfants.
00:16:04Lorsqu'un enfant dit
00:16:06« on me fait du mal »
00:16:07et qu'un parent sait lui répondre
00:16:09« je te crois »,
00:16:10la République doit être capable d'ajouter
00:16:12« je vous protège tous deux ».
00:16:14Le troisième territoire,
00:16:15c'est le numérique.
00:16:16La violence traverse désormais les murs,
00:16:18elle suit la victime,
00:16:19la localise, l'humilie,
00:16:21diffuse sans son consentement
00:16:22une image à des milliers de personnes.
00:16:23L'intime devient une arme
00:16:25et la confiance un moyen
00:16:26d'assouvir la violence
00:16:27et l'intelligence artificielle
00:16:28ouvre un vertige nouveau.
00:16:30Nos outils changent,
00:16:32nos principes, eux, demeurent.
00:16:34La révolution numérique
00:16:35ne peut pas devenir
00:16:36la révolution de l'impunité.
00:16:38Et je veux dire
00:16:39ce que le gouvernement
00:16:40portera plus loin.
00:16:41Le contrôle coercitif
00:16:43que je vous proposerai
00:16:44d'inscrire dans notre droit
00:16:45par amendement.
00:16:46Je l'ai dit et le répète,
00:16:48les femmes ne sont pas stupides.
00:16:50Si un homme levait la main sur nous
00:16:52dès le premier jour,
00:16:52nous partirions en courant.
00:16:54Les violences,
00:16:55ce n'est pas que des coups
00:16:56et ça ne se résume jamais aux coups.
00:16:58Un téléphone qu'on fouille,
00:16:59une tenue qu'on critique,
00:17:00un mot de passe qu'on demande
00:17:01juste comme ça,
00:17:02une amie que l'on voit
00:17:03de moins en moins,
00:17:04un camp de bancaire que l'on contrôle,
00:17:05un horaire qu'il faut justifier.
00:17:07Puis l'espace se réduit,
00:17:09les amis disparaissent,
00:17:10les ressources diminuent,
00:17:11les choix deviennent impossibles
00:17:13et un jour,
00:17:14sans qu'aucun mur ait été construit,
00:17:16la prison est là.
00:17:17C'est cela le contrôle coercitif,
00:17:19une stratégie,
00:17:20une dépossession progressive
00:17:22de la liberté,
00:17:23barreau après barreau,
00:17:24jusqu'à la cage que notre droit
00:17:26doit désormais reconnaître.
00:17:28Parce qu'il y a des femmes
00:17:29qui ont décidé de partir,
00:17:30qui ont décidé d'être libres
00:17:32et qui ont été tuées
00:17:33pour l'avoir fait.
00:17:34Il fut un temps pas si lointain
00:17:36où battre sa femme
00:17:37relevait de la vie privée,
00:17:39où l'inceste était un secret
00:17:40qu'une famille devait garder,
00:17:42où le harcèlement était présenté
00:17:44comme de la séduction,
00:17:45où l'on enquêtait sur la vie sexuelle
00:17:47d'une victime avant de décider
00:17:48si elle pouvait vraiment
00:17:49avoir été violée,
00:17:50où des adultes se demandaient
00:17:52si l'enfant n'avait pas provoqué,
00:17:54séduit ou tenté.
00:17:55Plutôt que de rappeler cette évidence,
00:17:57un enfant ne séduit pas un adulte.
00:18:00Un adulte est toujours responsable
00:18:02de ce qu'il fait à un enfant.
00:18:04Ses frontières ont bougé.
00:18:05Elles doivent aujourd'hui
00:18:06être pulvérisées.
00:18:08Nous ne changerons pas l'âme humaine
00:18:09par décret
00:18:10et aucun article de loi
00:18:12n'abolira le mal.
00:18:13Mais nous pouvons changer le monde
00:18:14dans lequel les prédateurs prospèrent.
00:18:16Nous pouvons leur retirer
00:18:18ce sur quoi
00:18:19ils ont trop longtemps compté.
00:18:20Le silence,
00:18:22l'isolement,
00:18:23la honte des victimes,
00:18:24notre incrédulité,
00:18:25les failles de nos institutions,
00:18:27l'impunité.
00:18:28En cet instant,
00:18:29je pense à celles et ceux
00:18:30qui nous écoutent,
00:18:31à celle qui n'a jamais parlé,
00:18:33comme à celui qui a parlé
00:18:35et qu'on n'a pas cru.
00:18:36À la femme qui, ce soir,
00:18:37entendra la clé dans la serrure
00:18:38et reconnaîtra le bruit de la peur.
00:18:40À l'adulte qui porte encore en lui
00:18:42l'enfant que personne n'a protégé.
00:18:44À l'enfant qui, quelque part,
00:18:46retient sa respiration dans le noir.
00:18:48Et je pense aux absents.
00:18:50Aux femmes que nous n'avons pas
00:18:51protégées à temps.
00:18:52Aux enfants qui auraient dû grandir.
00:18:54À ces places vides
00:18:55qui nous rappellent que derrière
00:18:56nos lois et nos dispositifs,
00:18:58il y a des vies que nous n'aurons pas
00:18:59une seconde chance de protéger.
00:19:01C'est aussi pour elles.
00:19:03C'est aussi pour eux.
00:19:04Et c'est pour tous ceux
00:19:05que nous pouvons encore protéger.
00:19:07Pendant trop longtemps,
00:19:08nous avons demandé aux victimes
00:19:09de parler, de prouver,
00:19:10de convaincre et d'être fortes
00:19:11alors qu'elles avaient déjà dépensé
00:19:13tant de force à survivre.
00:19:15Aujourd'hui, nous leur disons
00:19:16« Nous vous avons entendus.
00:19:18Nous vous croyons.
00:19:19Nous vous protégerons.
00:19:20Et nous ne détournerons plus le regard. »
00:19:23Et je pense enfin à nos enfants.
00:19:25À ma fille de 4 ans.
00:19:26À tous nos enfants.
00:19:27Un jour, leur génération
00:19:29regardera la nôtre.
00:19:30Et elle nous posera certainement
00:19:31une question.
00:19:32Et une seule.
00:19:33Quand vous avez su,
00:19:35est-ce que vous avez fait
00:19:36ce qu'il fallait ?
00:19:37C'est à cette question
00:19:38que nous répondons aujourd'hui.
00:19:39Parce qu'une génération
00:19:41ne choisit pas le monde
00:19:41dont elle hérite,
00:19:42mais elle choisit le monde
00:19:44qu'elle transmet.
00:19:45Et je veux transmettre
00:19:46à ma fille,
00:19:46à nos enfants
00:19:47et à leurs enfants après eux,
00:19:48un pays où chacun sait
00:19:50que son corps lui appartient.
00:19:52Où un adulte n'a aucun droit
00:19:54sur un enfant,
00:19:55seulement des devoirs.
00:19:56Une société dans laquelle
00:19:57une femme n'apprend pas
00:19:58à organiser sa vie
00:19:59autour de la peur.
00:20:00Je veux une société
00:20:01où les batailles de nos mères,
00:20:03les batailles de notre génération,
00:20:05ne toient plus
00:20:05celles de main de nos enfants.
00:20:06Il y a deux mots
00:20:08qui ont rompu le silence.
00:20:09Moi aussi.
00:20:10Cette loi leur répond.
00:20:12Pour que plus jamais
00:20:13un enfant,
00:20:13plus jamais une femme
00:20:14n'ait à les prononcer.
00:20:16Pendant trop longtemps,
00:20:17nous avons eu le souffle coupé.
00:20:18Nous avons suffoqué.
00:20:20Il est temps
00:20:21de nous permettre
00:20:21de respirer.
00:20:22Voilà l'héritage
00:20:23que nous pouvons leur laisser.
00:20:25Voilà la révolution
00:20:26que nous leur devons.
00:20:27Je vous remercie.
00:20:29Merci beaucoup,
00:20:30Madame la Ministre.
00:20:31La parole est à présent
00:20:32à M. Christopher Weisberg,
00:20:34président de la Commission spéciale.
00:20:36Cette proposition
00:20:37de loi intégrale
00:20:38qui vous est soumise
00:20:38après son examen
00:20:39en Commission spéciale
00:20:40n'aurait probablement
00:20:41jamais dû vous être présentée
00:20:42cet après-midi.
00:20:43Une proposition de loi
00:20:44de près de 94 articles
00:20:45qui touchent à la police,
00:20:46à la justice,
00:20:47à l'école,
00:20:48au travail,
00:20:49à la santé,
00:20:49à la protection sociale,
00:20:50c'est quelque chose
00:20:51de profondément inédit
00:20:52dans notre Ve République.
00:20:53C'est inédit
00:20:54parce que c'est normalement
00:20:54le gouvernement
00:20:55qui porte des textes
00:20:56avec une telle ambition.
00:20:58Il y a les administrations
00:20:59pour le concevoir,
00:21:00la responsabilité
00:21:01de le financer
00:21:01et les moyens
00:21:02de le mettre en œuvre.
00:21:03Cette fois,
00:21:04l'impulsion est venue
00:21:05de la société civile.
00:21:06Elle est venue
00:21:07de la coalition féministe
00:21:08et enfantiste,
00:21:09de ses 140 propositions,
00:21:11du travail des associations,
00:21:12des professionnels
00:21:13et des victimes elles-mêmes.
00:21:14Elle a rencontré
00:21:15des parlementaires
00:21:16de sensibilité différentes
00:21:17qui ont choisi
00:21:18de faire de cette exigence
00:21:19un travail législatif commun.
00:21:21Je remercie
00:21:22la rapporteure générale,
00:21:24les rapporteurs,
00:21:25mais aussi le gouvernement
00:21:26d'avoir facilité
00:21:27constamment ce travail.
00:21:28Puis ce texte a suivi
00:21:29pour une proposition de loi
00:21:30un parcours
00:21:31d'une rare ampleur.
00:21:32Madame la Présidente
00:21:33de l'Assemblée nationale,
00:21:34merci.
00:21:35Merci d'avoir saisi
00:21:36le Conseil d'État
00:21:37et de faciliter
00:21:39sa rigueur juridique.
00:21:41Cette loi intégrale
00:21:42n'est pas simplement
00:21:42une loi de plus.
00:21:43Elle transforme en profondeur
00:21:45notre chaîne pénale
00:21:46pour que les victimes
00:21:47soient mieux accueillies,
00:21:48accompagnées et protégées
00:21:49tout au long de la procédure.
00:21:50Elle a l'ambition
00:21:51d'opérer un changement culturel
00:21:52sur les violences sexuelles
00:21:53et sexistes
00:21:53dans l'ensemble
00:21:54de notre société.
00:21:55Depuis 20 ans,
00:21:56notre droit a progressé
00:21:57par étapes.
00:21:58Je pense à la création
00:21:59de l'ordonnance de protection
00:22:00en 2010,
00:22:01à la loi de 2014
00:22:02pour l'égalité réelle
00:22:03entre les femmes et les hommes
00:22:04ou encore la loi de 2016
00:22:04sur le système prostitutionnel.
00:22:06Depuis 2017,
00:22:07d'autres étapes
00:22:08ont été franchies.
00:22:09L'outrage sexiste,
00:22:10le bracelet anti-rapprochement,
00:22:11la protection renforcée
00:22:12des mineurs,
00:22:13l'aide universelle d'urgence,
00:22:14l'inscription du non-consentement
00:22:16dans la définition du viol.
00:22:17Mais nous avons trop souvent
00:22:18légiféré par morceaux
00:22:19sur des vies
00:22:20que la violence bouleverse
00:22:21tout entière.
00:22:22La coalition a choisi
00:22:23une réponse radicale,
00:22:25intégrale et systémique.
00:22:26Mais cette radicalité
00:22:28doit maintenant résister
00:22:29à une autre épreuve,
00:22:29celle du réel.
00:22:31A la radicalité du texte
00:22:33doit, je le crois profondément,
00:22:34succéder l'effectivité
00:22:36de la loi.
00:22:36La radicalité fait avancer
00:22:38le débat,
00:22:38l'effectivité fait avancer
00:22:39la société.
00:22:40La première nous oblige
00:22:41à voir,
00:22:41la seconde nous oblige
00:22:42à agir.
00:22:43Je sais que certains
00:22:44préfèreront transformer
00:22:45chaque débat
00:22:46sur l'application
00:22:46d'une mesure
00:22:47en procès
00:22:48pour manque d'ambition.
00:22:49Mais une promesse
00:22:50faite aux victimes
00:22:51puis démentie
00:22:51dans un commissariat,
00:22:52à l'école
00:22:53ou devant un tribunal
00:22:54est une violence supplémentaire.
00:22:55Notre travail
00:22:56est d'obtenir
00:22:57une loi qui tienne,
00:22:58juridiquement,
00:22:59matériellement,
00:23:00budgétairement,
00:23:01une loi qui franchisse
00:23:01le Sénat
00:23:02et qui s'applique
00:23:03après le vote.
00:23:04Nos travaux en commission
00:23:05ont permis d'avancer
00:23:06sur la spécialisation
00:23:06de la justice,
00:23:07l'élargissement
00:23:08de l'ordonnance
00:23:09de protection
00:23:09et la désignation
00:23:10d'un référent
00:23:11pour chaque enfant
00:23:12confié à l'aide sociale
00:23:12à l'enfance.
00:23:13Ils ont aussi fait apparaître
00:23:15des débats réels
00:23:16sur la place
00:23:16des jurys populaires
00:23:17par exemple
00:23:17et sur les modalités
00:23:18de l'entretien individuel
00:23:19à l'école.
00:23:21Notre rapporteur
00:23:21a pu en parler
00:23:22tout à l'heure
00:23:22et nous aurons l'occasion
00:23:23d'en débattre
00:23:24pendant ces débats.
00:23:25Mes chers collègues,
00:23:27le fléau
00:23:28des violences sexistes
00:23:29et sexuelles
00:23:29traverse l'ensemble
00:23:30de la société,
00:23:31tous les milieux sociaux,
00:23:32toutes les organisations.
00:23:34Je le sais aussi
00:23:35par mon histoire.
00:23:36Adolescent,
00:23:37j'ai moi-même été victime
00:23:38d'une tentative
00:23:38de viol et d'homicide.
00:23:40Comme des centaines
00:23:41de milliers de victimes,
00:23:41chaque année,
00:23:42au calvaire de l'agression,
00:23:44s'est ajoutée
00:23:44la douleur
00:23:45de la procédure pénale,
00:23:46la déposition des faits
00:23:47dans la froideur
00:23:48du poste de police,
00:23:49la comparution
00:23:50à l'hôpital
00:23:51pour prendre
00:23:51l'épreuve
00:23:51de mon agression,
00:23:53la remise en cause
00:23:54de mon témoignage
00:23:54par les psychiatres,
00:23:56la comparution
00:23:57avec l'auteur
00:23:58présumé des faits.
00:24:00Mais contrairement
00:24:01à des centaines
00:24:01de milliers de victimes,
00:24:02j'ai eu le privilège
00:24:03d'avoir droit
00:24:04à la justice.
00:24:05Les faits d'homicide
00:24:06retenus au moment
00:24:07du dépôt de peintre
00:24:08m'ont permis
00:24:08d'avoir droit
00:24:08à la diligence
00:24:09des policiers.
00:24:10Les preuves ont été trouvées,
00:24:12les rapprochements
00:24:12avec d'autres affaires
00:24:13ont été faites.
00:24:14Une enquête minutieuse
00:24:15m'a permis
00:24:16d'accéder à un procès
00:24:17devant la cour d'assises
00:24:17des mineurs
00:24:18et d'obtenir la vérité.
00:24:20Au terme d'une procédure
00:24:21qui aura duré
00:24:21près de trois ans,
00:24:22mon bourreau
00:24:23a été reconnu coupable
00:24:24et écroué.
00:24:25Cette vérité
00:24:25m'a permis
00:24:26de me reconstruire
00:24:27et a permis autant
00:24:28de réparer
00:24:28la plaie de l'agression.
00:24:39Depuis,
00:24:40je pense à celles
00:24:41et ceux
00:24:41qui n'arrivent jamais
00:24:42jusque-là.
00:24:44A la plainte
00:24:44qui n'aboutit pas,
00:24:46au mois qui passe
00:24:47sans aucune nouvelle
00:24:47de la procédure,
00:24:49aux victimes
00:24:51très très largement
00:24:52des femmes
00:24:52à qui l'on demande
00:24:53de répéter leur histoire,
00:24:54puis d'attendre,
00:24:55puis de se débrouiller
00:24:56avec les conséquences
00:24:57de cette attente.
00:24:58Il nous appartient désormais
00:25:00de transformer
00:25:00cette ambition
00:25:01en une loi solide,
00:25:02applicable
00:25:02et susceptible
00:25:03d'aboutir,
00:25:04puis de lui donner
00:25:04les moyens de produire
00:25:05dans la vie des victimes
00:25:06les effets que nous lui prêtons
00:25:07aujourd'hui
00:25:08dans cet hémicycle.
00:25:09Mes chers collègues,
00:25:10depuis des années,
00:25:11nous demandons aux victimes
00:25:12de parler.
00:25:13Elles ont parlé,
00:25:14elles nous ont même
00:25:14apporté des solutions.
00:25:16A nous désormais
00:25:17de faire en sorte
00:25:17que lorsqu'une victime parle,
00:25:18ce ne soit plus à elle
00:25:19de chercher seule une réponse,
00:25:20ce soit à nos institutions
00:25:21de la lui apporter.
00:25:22Je vous remercie.
00:25:28Merci beaucoup,
00:25:29Monsieur le Président
00:25:30de la Commission spéciale.
00:25:34Nous allons maintenant
00:25:36entamer la discussion
00:25:37générale commune.
00:25:38La conférence des présidents
00:25:40a décidé
00:25:40qu'il serait attribué
00:25:41dix minutes
00:25:42par groupe politique.
00:25:43C'est câble
00:25:44s'il souhaitait avoir
00:25:45deux orateurs.
00:25:46Première oratrice
00:25:48sera Madame Clémentine Autain
00:25:49pour le groupe
00:25:49Écologiste et Social.
00:25:55Qu'avons-nous fait
00:25:56depuis 30 ans ?
00:25:58J'avais 22 ans
00:26:00quand un inconnu
00:26:01m'a plaqué au mur.
00:26:02Il m'a mis un couteau
00:26:03sous la gorge,
00:26:04m'a conduite en plein jour
00:26:06dans un sous-bois
00:26:07et m'a violée.
00:26:08J'étais en état de choc.
00:26:11C'est une amie
00:26:11qui m'a emmenée
00:26:12déposer plainte.
00:26:13Le lendemain,
00:26:14je me suis retrouvée
00:26:15dans ce même sous-bois
00:26:16avec des policiers
00:26:17à chercher ensemble
00:26:19le préservatif usagé.
00:26:21Au procès,
00:26:22alors que l'auteur
00:26:23avait avoué
00:26:24entre 20 et 30 viols,
00:26:25nous étions
00:26:26trois plaignantes.
00:26:29Je ne vous parle pas
00:26:30de mon intimité,
00:26:32mais de sa violation.
00:26:34La sexualité
00:26:35n'est que le lieu,
00:26:36le prétexte
00:26:37à inoculer la mort.
00:26:39Le viol ne relève pas
00:26:40de la pulsion biologique
00:26:42d'un besoin irrépressible.
00:26:45C'est le fruit
00:26:46d'une culture,
00:26:47d'une histoire,
00:26:48celle du patriarcat.
00:26:49Comme la violence conjugale
00:26:51et l'agression sexuelle,
00:26:52c'est l'expression ultime
00:26:53de la domination
00:26:54du masculin
00:26:55sur le féminin,
00:26:56de l'adulte
00:26:58sur l'enfant.
00:27:00C'est un acte
00:27:01de possession,
00:27:03de prédation
00:27:04qui transforme
00:27:04l'autre en objet.
00:27:0695% des violences
00:27:08sexuelles
00:27:08et 88%
00:27:10des violences conjugales
00:27:11sont commises
00:27:12par des hommes.
00:27:13Et nous,
00:27:14victimes,
00:27:15sommes des femmes
00:27:16et des enfants
00:27:17dans l'écrasante majorité.
00:27:20Et après,
00:27:21nous nous débattons
00:27:22avec la mort.
00:27:24Une charge
00:27:24destructrice
00:27:25rôde,
00:27:27lancinante,
00:27:28s'agrippant
00:27:30à nos corps
00:27:31malades,
00:27:33à nos psychés
00:27:34dévastés.
00:27:36Il y a un avant
00:27:37et un après.
00:27:39Et pour revivre
00:27:41et non simplement
00:27:41survivre,
00:27:42nous ne sommes pas
00:27:43à égalité.
00:27:44Le chemin
00:27:45de la réparation
00:27:46dépend de nos conditions
00:27:47sociales,
00:27:48de nos fragilités
00:27:50antérieures,
00:27:50de nos possibilités
00:27:51d'être ou non
00:27:53écoutés
00:27:54et soutenus.
00:27:55Nous n'endurons pas
00:27:57seulement la violence
00:27:57des faits.
00:27:58Nous subissons
00:27:59la violence du regard
00:28:01sur ces faits,
00:28:02la violence
00:28:02de l'impunité
00:28:03systématique,
00:28:04la violence
00:28:05d'une machine
00:28:05judiciaire
00:28:06inadaptée,
00:28:07la violence du mépris
00:28:08à l'égard
00:28:09de nos souffrances.
00:28:10Quel est ce crime
00:28:11où c'est la victime
00:28:13qui ressent de la honte ?
00:28:14Quel est ce crime
00:28:15où nous sommes suspectés
00:28:16de mensonges,
00:28:17de complicité,
00:28:18de l'avoir bien cherché ?
00:28:20Quel est ce crime
00:28:21que nous avons tant de mal
00:28:22à porter devant les tribunaux
00:28:24ou même à évoquer
00:28:24dans un dîner
00:28:25en famille
00:28:26ou entre amis ?
00:28:29Plus tard,
00:28:30nous sommes revenus
00:28:31avec insistance
00:28:32des flashs
00:28:32d'enfance
00:28:33et d'adolescence.
00:28:34Ces scènes,
00:28:35d'abord enterrées
00:28:36dans ma mémoire,
00:28:37réapparaissaient
00:28:37sans que je puisse
00:28:38les qualifier
00:28:39ni même en ressentir
00:28:40consciemment
00:28:41la douleur,
00:28:42la brutalité.
00:28:43Elles relevaient
00:28:44de l'agression sexuelle
00:28:45et du viol.
00:28:46Rien d'original,
00:28:49c'est plutôt
00:28:50la banalité du mal
00:28:51car plus de 7 viols
00:28:53sur 10
00:28:54sont le fruit
00:28:54d'une personne
00:28:55connue de la victime
00:28:56et près d'un enfant
00:28:57sur 5
00:28:58subit des violences sexuelles
00:29:00et leur dévoilement
00:29:03intervient en moyenne
00:29:04à l'âge de 44 ans.
00:29:05Ce dont je peux témoigner,
00:29:07c'est que l'affect,
00:29:08le lien,
00:29:09l'emprise,
00:29:10la sidération
00:29:11sont des armes
00:29:13aussi redoutables
00:29:15qu'un couteau.
00:29:17Adulte,
00:29:17j'ai fini par parler
00:29:18et j'en ai payé le prix,
00:29:20devenant pour certains
00:29:21celle qui affabule
00:29:22et brise la bienséance.
00:29:23J'ai porté plainte
00:29:24et rejoins
00:29:25la longue liste
00:29:27des classés sans suite.
00:29:28C'était il y a plusieurs décennies
00:29:30quand les femmes violées
00:29:32témoignaient masquées
00:29:33à visage flouté,
00:29:35quand le silence était d'or,
00:29:36nous n'étions que des faits divers
00:29:37avec un seul récit en poche,
00:29:39celui d'Eva Thomas,
00:29:41auquel se raccrochait,
00:29:41s'identifiait,
00:29:42quand l'amnésie traumatique
00:29:44et la dissociation,
00:29:45le contrôle coercitif
00:29:46ou le continuum des violences
00:29:48commençaient seulement
00:29:49à se conceptualiser,
00:29:51quand nous ne savions pas encore
00:29:52à quel point le soin,
00:29:53surtout,
00:29:54surtout quand il arrive vite,
00:29:56peut nous rendre à la vie.
00:29:59Avec MeToo,
00:30:00nous avons enfin pu voir
00:30:01des visages et des noms,
00:30:03faire partie des millions
00:30:04de voix planétaires
00:30:05qui ont inondé
00:30:06les réseaux sociaux,
00:30:08entendre Adèle Haenel
00:30:09et Judith Godrech,
00:30:11Flavie Flamand
00:30:11et Axel Jeandjiké,
00:30:13Anna Mouglalis
00:30:14et Sarah Forestier,
00:30:15voir les chatouilles,
00:30:16la garde
00:30:16ou l'amour des forêts,
00:30:18lire Lola Lafon,
00:30:19Christine Angot,
00:30:19Julia Feuys,
00:30:20Camille Kouchner,
00:30:21Léonora Milano,
00:30:22Vanessa Sprinkora,
00:30:24Nesh Chino,
00:30:24Anouk Grimbert,
00:30:25Natacha Pana,
00:30:26Romain Lemire
00:30:27ou encore Anne Godard.
00:30:28Suivre le procès Mazan,
00:30:30puis la joie de vivre
00:30:31de Gisèle Pellicot.
00:30:34Se résolver...
00:30:35Pardon.
00:30:56Se révolter ensemble
00:30:59de la dimension industrielle
00:31:01des agressions sexuelles
00:31:03sur des enfants
00:31:03au sein de l'Église catholique
00:31:05comme du nombre insensé
00:31:06de victimes
00:31:06de Joël Le Soirnec,
00:31:08PPDA
00:31:08ou Patrick Bruel.
00:31:10Chanter balance ton quoi
00:31:11avec Angèle
00:31:12puis je t'accuse
00:31:13avec Suzanne.
00:31:15Manifesté par dizaines,
00:31:17centaines de milliers
00:31:17partout en France
00:31:18et placardé sur des murs
00:31:20de nos villes,
00:31:20on te croit
00:31:21et pas une de plus.
00:31:24Nous avons révélé
00:31:25l'ampleur de ces violences.
00:31:27Nous avons crié
00:31:28espérant être entendus,
00:31:30rêvant que la honte
00:31:31change de camp,
00:31:32imaginant que les choses
00:31:33allaient se transformer
00:31:34vraiment.
00:31:35Le mouvement de la société
00:31:36a pris sa part.
00:31:37Mais les politiques publiques,
00:31:39c'est la honte,
00:31:40la non-assistance à personne
00:31:42en danger,
00:31:43le bal des tartuffes.
00:31:44Les gouvernements
00:31:45n'ont pas pris
00:31:46leurs responsabilités,
00:31:47jamais de grandes lois
00:31:48comme en Espagne,
00:31:49pas le moindre milliard
00:31:51supplémentaire
00:31:51inscrit au budget.
00:31:52Nous avons eu droit
00:31:53à du blabla,
00:31:54à des mesurettes,
00:31:55à du en même temps,
00:31:56avec un président Macron
00:31:57capable de déclarer
00:31:58que Gérard Depardieu
00:31:59rend fière la France.
00:32:01La grande cause
00:32:02du quinquennat
00:32:03ne fut qu'un mirage.
00:32:06Dix ans après le lancement
00:32:07de l'hashtag
00:32:07MeToo,
00:32:08j'enrage.
00:32:08Toutes les trois minutes,
00:32:09un enfant est victime
00:32:10d'un sieste,
00:32:11de viol ou d'agression sexuelle.
00:32:13Seulement un viol
00:32:14sur dix débouche
00:32:15sur une plainte
00:32:16qui, de toute façon,
00:32:17est classée sans suite
00:32:18dans 94% des cas.
00:32:20L'année dernière,
00:32:21on a encore comptabilisé
00:32:23164 féminicides.
00:32:24Le budget,
00:32:25là,
00:32:26est le nerf
00:32:26de la lutte
00:32:26contre les violences
00:32:27faites aux femmes
00:32:28et aux enfants.
00:32:28Le mal doit être pris
00:32:29à la racine.
00:32:31Pour la prévention
00:32:32et l'éducation,
00:32:33il faut dégager
00:32:33de vrais moyens.
00:32:34La justice est à l'os.
00:32:35Il faut investir massivement
00:32:36pour que les dossiers
00:32:37qui s'empilent
00:32:37soient traités.
00:32:38En finir avec la justice
00:32:40expéditive
00:32:40et former tous les agents
00:32:41à la spécificité
00:32:42de ces crimes et délits.
00:32:43La justice doit cesser
00:32:44de produire
00:32:45de la victimisation secondaire.
00:32:47Le soin spécialisé,
00:32:49psychotraumatique
00:32:49est inaccessible aujourd'hui
00:32:50à la majorité des victimes.
00:32:52Il faut de l'argent public
00:32:53pour former des professionnels,
00:32:55assurer leur répartition géographique
00:32:57et rembourser le coût
00:32:58des séances
00:32:58dans l'enfance
00:32:59comme à l'âge adulte.
00:33:00C'est simple,
00:33:01sans budget intégral,
00:33:02la loi dite intégrale
00:33:04ne sera pas appliquée.
00:33:05Avec la taxe Zuckman,
00:33:07un impôt sur les super-profits
00:33:08ou les super-héritages,
00:33:09les milliards cruellement manquants
00:33:11sont à portée de main.
00:33:12Et je rappelle
00:33:13que les coûts induits
00:33:13par toutes ces violences
00:33:15s'élèvent à près
00:33:16de 90 milliards d'euros
00:33:17chaque année.
00:33:17Si nous mettons l'argent
00:33:18dans la prévention
00:33:19et le soin,
00:33:20nous ferons ailleurs
00:33:21des économies
00:33:21et surtout,
00:33:22nous diminuerons
00:33:23le nombre de victimes
00:33:24comme le temps
00:33:24de leur réparation.
00:33:26Quand on ne sait pas
00:33:27trouver l'argent,
00:33:28la facilité et la démagogie,
00:33:30c'est de se ruer
00:33:30vers l'inflation pénale
00:33:31en espérant s'acheter
00:33:33à bas coup
00:33:33la bonne conscience
00:33:34d'avoir agi.
00:33:36Mais rallonger les peines
00:33:37n'a jamais arrêté
00:33:38un homme violent.
00:33:39En réalité,
00:33:41seule une grande loi
00:33:42de programmation budgétaire
00:33:43et non venant du gouvernement
00:33:45aurait permis
00:33:45que nous soyons
00:33:46au rendez-vous
00:33:47de l'histoire.
00:33:48Je le dis avec force
00:33:49et notamment aux ministres.
00:33:50L'inaction et le cynisme
00:33:52sont des crachats
00:33:53au visage des victimes
00:33:54qui, vous le dit,
00:33:55chaque lundi,
00:33:56une loi intégrale
00:33:57suppose un budget intégral.
00:33:59Merci.
00:34:03La parole est à Mme
00:34:05Sandrine Jossot
00:34:06pour les démocrates.
00:34:09Depuis beaucoup trop longtemps,
00:34:11l'ensemble
00:34:12de notre société française
00:34:14est dans le déni.
00:34:16Comme le dit si bien
00:34:17Hélène Perlant.
00:34:19Depuis quelques années,
00:34:21il est vrai,
00:34:22nous avons obtenu
00:34:22des avancées,
00:34:23mais c'est loin
00:34:24d'être suffisant.
00:34:26La libération de la parole
00:34:28a été plus rapide
00:34:29que notre capacité collective
00:34:31à nous montrer
00:34:34intransigeants
00:34:34vis-à-vis des violences
00:34:36sexistes et sexuelles
00:34:37et à écouter,
00:34:38à écouter vraiment
00:34:40les victimes.
00:34:41Alors certes,
00:34:43nous avons allongé
00:34:44les délais de prescription,
00:34:46certes,
00:34:46nous avons renforcé
00:34:47l'ordonnance de protection.
00:34:49Certes,
00:34:50nous avons créé
00:34:50l'ordonnance provisoire
00:34:51de protection immédiate.
00:34:53Mais maintenant,
00:34:56à nous d'être
00:34:56à la hauteur.
00:34:59À nous d'être
00:35:00à la hauteur
00:35:00pour le reste,
00:35:01comme nous l'avons été
00:35:02pour l'IVG.
00:35:04Or,
00:35:05les violences,
00:35:06elles ne connaissent
00:35:07pas nos frontières
00:35:08administratives,
00:35:09juridiques
00:35:10ou institutionnelles.
00:35:11Elles traversent
00:35:12la famille,
00:35:13le travail,
00:35:14l'espace public,
00:35:15le numérique,
00:35:16la santé,
00:35:17l'économie
00:35:18et nos institutions.
00:35:21Les auteurs
00:35:22savent exploiter
00:35:23les failles
00:35:24et les défauts
00:35:25de coordination
00:35:26de notre système.
00:35:27Et j'en sais quelque chose.
00:35:31La force
00:35:32de cette proposition
00:35:33de loi
00:35:34que j'ai immédiatement
00:35:36signée
00:35:37et co-signée,
00:35:38chère Céline,
00:35:39je te remercie,
00:35:42cette force,
00:35:44la force
00:35:45de cette loi,
00:35:46c'est de construire
00:35:47une réponse intégrale,
00:35:48cohérente
00:35:49et transversale.
00:35:51Cette approche,
00:35:52inspirée notamment
00:35:53du modèle espagnol
00:35:54de 2004,
00:35:55constitue un véritable
00:35:56changement de méthode.
00:35:58Mais une politique intégrale
00:36:00ne peut pas l'être
00:36:01seulement dans la loi,
00:36:02elle doit l'être
00:36:03aussi dans les moyens.
00:36:05Avec ma collègue
00:36:07Élise Le Boucher,
00:36:07nous avons travaillé
00:36:09pendant six mois
00:36:09sur le coût
00:36:10des violences sexistes
00:36:12et sexuelles
00:36:13et l'accompagnement
00:36:14des victimes.
00:36:16Notre constat
00:36:17est sans appel.
00:36:20Le coût réel
00:36:21des violences sexistes
00:36:22et sexuelles
00:36:22est largement
00:36:24sous-estimé.
00:36:26Il s'approcherait,
00:36:28selon la chercheuse
00:36:29Lucille Pétavin,
00:36:30l'anthropologue
00:36:31Pascal Pic,
00:36:32sans oublier la civise,
00:36:35à près
00:36:35de 100 milliards
00:36:37d'euros par an
00:36:38en chiffrage
00:36:39cumulé
00:36:40pour notre société.
00:36:43Selon la Fondation
00:36:45des femmes
00:36:45et le rapport
00:36:46sur le coût
00:36:47des violences sexistes
00:36:48et sexuelles
00:36:48que nous avons remis
00:36:49il y a deux jours,
00:36:52seulement 184 millions
00:36:54d'euros
00:36:54sont consacrés
00:36:55par l'État
00:36:56à la lutte
00:36:56contre les violences
00:36:57sexistes et sexuelles.
00:36:59Le Premier ministre
00:37:00a annoncé
00:37:02vouloir consacrer
00:37:031,5 milliard d'euros,
00:37:05mais c'est largement
00:37:07insuffisant,
00:37:08il faudrait
00:37:08entre 2,6
00:37:10et 5,4 milliards
00:37:12d'euros.
00:37:15Si nous votons
00:37:17une loi intégrale,
00:37:19nous devrons
00:37:21en tirer
00:37:21toutes les conséquences
00:37:23budgétaires.
00:37:24budgétaires.
00:37:25La parole est à
00:37:26M. Frédéric Valtoux
00:37:27pour le groupe
00:37:28Horizon et Indépendant.
00:37:30Notre société
00:37:31fait face
00:37:32à un paradoxe
00:37:32qui, à première vue,
00:37:33semble incompréhensible.
00:37:35Alors que depuis
00:37:36longtemps,
00:37:37des dizaines d'années,
00:37:38nous essayons d'avancer,
00:37:39nous avançons
00:37:39sur la voie
00:37:40de l'émancipation
00:37:41des femmes,
00:37:41sur la voie
00:37:42de l'égalité des genres,
00:37:43sur la voie
00:37:43du respect
00:37:44de la dignité
00:37:44de l'enfant,
00:37:46les violences sexuelles
00:37:47restent un fléau
00:37:48de masse.
00:37:49Un fléau de masse
00:37:50auquel nous devons
00:37:51aujourd'hui,
00:37:53que nous devons
00:37:53aujourd'hui regarder
00:37:54en face,
00:37:55droit dans les yeux.
00:37:56Un phénomène
00:37:57que longtemps
00:37:57notre société
00:37:58a minimisé
00:37:59ou n'a pas voulu voir,
00:38:00mais dont l'ampleur
00:38:02inimaginable
00:38:02a aujourd'hui
00:38:03été révélée
00:38:03au grand jour,
00:38:05enfin,
00:38:05et c'est tant mieux.
00:38:07Les violences sexistes
00:38:08et sexuelles
00:38:09sont un scandale
00:38:10des temps modernes,
00:38:11un scandale
00:38:12ordinaire,
00:38:12quotidien,
00:38:13encore trop souvent
00:38:14banalisé
00:38:14dans encore trop
00:38:15de milieux.
00:38:16Car, comme le rappellent
00:38:17inlassablement
00:38:18les collectifs
00:38:19de victimes,
00:38:20plus d'une femme
00:38:21sur deux en France
00:38:22a été déjà victime
00:38:23de harcèlement
00:38:24ou d'agression sexuelle
00:38:25au moins une fois
00:38:26dans sa vie.
00:38:27Plus de six jeunes femmes
00:38:28sur dix
00:38:29ont déjà été victimes.
00:38:31Plus d'un enfant
00:38:31sur dix
00:38:33subit des violences
00:38:34sexuelles.
00:38:35Ce sont nos frères
00:38:36et nos sœurs,
00:38:37nos filles
00:38:37et nos fils,
00:38:38nos amis,
00:38:39qui subissent
00:38:40ou ont subi
00:38:41des actes
00:38:42qui portent atteinte
00:38:42à leur dignité,
00:38:43à leur sécurité
00:38:44et parfois
00:38:44à leur vie même.
00:38:46Les viols
00:38:47ou agressions
00:38:47ne sont pas le fait
00:38:48de rôdeurs pervers
00:38:49ou de marginaux.
00:38:50Ils sont le produit
00:38:51de notre société
00:38:52et d'interactions
00:38:53banales,
00:38:54quotidiennes.
00:38:55On estime que,
00:38:56dans 80% des cas,
00:38:57l'agresseur
00:38:58est une personne
00:38:59connue de la victime,
00:38:59qu'il soit le conjoint,
00:39:00un parent,
00:39:01un ami,
00:39:02un collègue,
00:39:02un voisin.
00:39:04Face à ce constat
00:39:05terrible,
00:39:06nous avons aujourd'hui
00:39:07une loi
00:39:08que sa rapporteur général
00:39:09et les associations
00:39:10ont voulu intégrale,
00:39:12c'est-à-dire
00:39:12privilégiant une approche
00:39:13à 360 degrés
00:39:14de ce terrible phénomène.
00:39:16Une loi intégrale,
00:39:17c'est ce qu'il fallait
00:39:18et c'est ce qu'il faut.
00:39:20Face à des lacunes
00:39:21juridiques
00:39:21et institutionnelles,
00:39:23face à des défaillances
00:39:25judiciaires,
00:39:25face à la détresse
00:39:26des victimes
00:39:27à une prise en charge
00:39:28souvent inadaptée
00:39:29et à un sentiment
00:39:30d'impunité
00:39:31dont sont persuadés
00:39:31beaucoup d'auteurs,
00:39:33face à la nécessité
00:39:34de repenser nos pratiques,
00:39:35notre droit,
00:39:36notre écoute
00:39:36et notre accompagnement,
00:39:39tout cela appelait
00:39:39non pas un dispositif
00:39:40ciblé,
00:39:41parcellaire,
00:39:41mais effectivement
00:39:42un projet général global
00:39:43d'intérêt
00:39:44général.
00:39:46Pour cette initiative,
00:39:47ce mouvement,
00:39:47je crois qu'il faut savoir dire
00:39:48ce que nous devons
00:39:50aux associations,
00:39:51à la coalition féministe
00:39:52et enfantiste
00:39:53et à vous,
00:39:53Madame la rapporteure,
00:39:55Céline Thiebaud-Martinez
00:39:56qui avait porté
00:39:57avec courage
00:39:57et détermination
00:39:58avec d'autres députés
00:40:00de tous les bancs
00:40:00ce texte.
00:40:02Merci.
00:40:03Dans la trop longue liste
00:40:04des drames
00:40:04et des scandales
00:40:05qui nous ont saisis d'horreur,
00:40:07l'affaire Le Square Neck
00:40:08par son ampleur
00:40:10et les défaillances
00:40:11institutionnelles
00:40:11qu'elle a révélées
00:40:12a été une prise
00:40:14de conscience.
00:40:14En tout cas,
00:40:14elle l'a été pour moi,
00:40:15elle l'a été pour beaucoup
00:40:16d'entre nous,
00:40:17je le sais.
00:40:18Après avoir reçu
00:40:20avec Sandrine Rousseau
00:40:21le collectif des victimes
00:40:22de cette sombre affaire,
00:40:24après avoir été marquée
00:40:26par leur courage,
00:40:27leur dignité
00:40:27et leur détermination,
00:40:29la Commission des affaires sociales
00:40:31et la Commission des lois
00:40:32et je veux en remercier
00:40:34son président,
00:40:35ont mené un travail
00:40:36de fond
00:40:36dont les conclusions
00:40:37ont été rendues
00:40:38début septembre
00:40:39et ont nourri
00:40:40les travaux
00:40:41de la Commission spéciale.
00:40:42Je tiens à remercier
00:40:42pour leur investissement
00:40:43Annie Vidal,
00:40:45Sandrine Rousseau,
00:40:46Laure Miller
00:40:46et Gabriel Catala.
00:40:48C'est d'ailleurs
00:40:49en m'inspirant
00:40:50de leur conclusion
00:40:50que j'ai par exemple
00:40:51proposé un amendement
00:40:52qui a été voté
00:40:53par la Commission spéciale
00:40:54et qui précise
00:40:55qu'en cas de suspension
00:40:56d'un professionnel de santé
00:40:57lié à une enquête,
00:40:58tous les établissements
00:41:00ou toutes les autorités
00:41:01de tutelle,
00:41:02tous les établissements
00:41:03dans lesquels ils l'exercent,
00:41:04pardon,
00:41:05ou toutes les autorités
00:41:06de tutelle
00:41:06doivent recevoir
00:41:07systématiquement
00:41:08cette information,
00:41:10ce qui a tant fait défaut
00:41:11dans l'affaire Le Scornec
00:41:12que je citais à l'instant.
00:41:13Sur un tout autre sujet,
00:41:14celui des violences
00:41:15gynécologiques,
00:41:16les échanges avec
00:41:17les associations
00:41:18et les ordres
00:41:18ont permis d'arriver
00:41:19à des avancées notables
00:41:20qui devront être précisées
00:41:21en séance,
00:41:22notamment sur la question
00:41:23de l'information,
00:41:24du consentement
00:41:24et de l'acte médical
00:41:26en cas d'urgence.
00:41:28Le monde de la santé
00:41:29doit lui aussi
00:41:29faire évoluer
00:41:30ses pratiques
00:41:30et ses mentalités.
00:41:32Lorsque j'étais membre
00:41:33du gouvernement
00:41:33de Gabriel Attal,
00:41:34que je salue,
00:41:35j'avais lancé
00:41:35des travaux sur le sujet,
00:41:36nous avions lancé
00:41:37des travaux sur le sujet
00:41:38qui ont été repris
00:41:38et amplifiés depuis
00:41:39et je m'en félicite.
00:41:41L'Assemblée est fracturée
00:41:42mais sur un tel sujet,
00:41:43il ne doit pas y avoir
00:41:44de jeu ou d'affrontement politique
00:41:46ni de mise en avant solitaire.
00:41:48Il nous faut oeuvrer
00:41:49sans calcul
00:41:50au texte le plus protecteur
00:41:51mais aussi le plus précis endroit
00:41:53pour ne pas risquer
00:41:54d'avoir des mesures
00:41:56inapplicables
00:41:56ou aux effets impensés.
00:41:58Cette loi ne mettra
00:41:59malheureusement pas fin
00:42:00du jour au lendemain
00:42:00à ce problème si profond
00:42:02des violences sexistes
00:42:03et sexuelles
00:42:04mais elle marque une étape
00:42:06que l'on veut croire décisive
00:42:07pour davantage sanctionner
00:42:09les auteurs
00:42:09mais surtout pour mieux
00:42:11accompagner les victimes
00:42:12et mieux les protéger.
00:42:13Merci beaucoup.
00:42:16Merci monsieur le député.
00:42:18La parole est à madame
00:42:19Sophie Ricourt-Vaginet
00:42:20pour le groupe
00:42:21Union des droites
00:42:22pour la République.
00:42:24Liana avait 11 ans.
00:42:25Philippine, elle,
00:42:26en avait 19.
00:42:28Elles ne sont plus là
00:42:29pour témoigner
00:42:30et personne dans cette Assemblée
00:42:31ne veut ajouter
00:42:33un seul prénom
00:42:34à cette liste
00:42:35hélas non exhaustive.
00:42:37Liana, son meurtrier présumé
00:42:40faisait l'objet
00:42:41de plusieurs plaintes
00:42:41pour viol.
00:42:42L'une d'elles
00:42:43attendait depuis des mois
00:42:44qu'un acte d'enquête
00:42:46soit accompli.
00:42:47Une autre avait été
00:42:48classée sans suite.
00:42:50Tout était dans les dossiers
00:42:51et personne n'a pu agir à temps.
00:42:53Protéger les enfants,
00:42:55lutter contre les violences
00:42:56faites aux femmes
00:42:57et aussi celles subies
00:43:00par des hommes
00:43:01que l'on oublie trop souvent
00:43:02sur ces bancs.
00:43:03Ces combats devraient
00:43:05tous nous rassembler.
00:43:07Le groupe UDR
00:43:08partage l'objectif
00:43:09de ce texte.
00:43:11Nous sommes d'accord
00:43:12sur l'ambition.
00:43:13Nous le sommes
00:43:14beaucoup moins
00:43:14sur la méthode
00:43:15et encore moins
00:43:16sur ce qu'elle révèle.
00:43:18D'abord,
00:43:19une exigence
00:43:20que nous partageons tous.
00:43:21Entendre la victime
00:43:22est jugée sans attendre.
00:43:25Chacun d'entre nous
00:43:26a entendu
00:43:27dans sa circonscription
00:43:28le même récit.
00:43:29Une femme
00:43:30pousse enfin
00:43:31la porte d'une gendarmerie.
00:43:33Sa plainte est enregistrée
00:43:34puis plus rien.
00:43:35Les mois passent,
00:43:36elle ignore tout
00:43:37de son dossier
00:43:38et parfois,
00:43:39elle apprend,
00:43:39par hasard,
00:43:40que son agresseur
00:43:41a été remis en liberté.
00:43:43Ce silence
00:43:44de l'institution
00:43:44est une seconde violence
00:43:46pour les victimes.
00:43:48Notre droite
00:43:48doit donc évoluer
00:43:49sur deux terrains,
00:43:50l'écoute
00:43:51et la fluidité.
00:43:52L'écoute d'abord,
00:43:54porter plainte
00:43:54à l'hôpital,
00:43:55être assisté
00:43:56d'un avocat
00:43:57dès la plainte,
00:43:58voir son audition
00:43:58enregistrée
00:43:59pour ne pas avoir
00:44:00à répéter indéfiniment
00:44:01dans son récit,
00:44:02être prévenu
00:44:03avant la libération
00:44:04de son agresseur.
00:44:06Ces mesures
00:44:07sont justes
00:44:07et nous les soutenons.
00:44:08C'est le sens
00:44:09du statut
00:44:10de victime présumée
00:44:11que j'avais proposé
00:44:12dès novembre 2025
00:44:13dans ma proposition
00:44:14de loi numéro 2086.
00:44:17Ce statut
00:44:18ne préjuge
00:44:18ni de la réalité
00:44:19des faits
00:44:20ni de la culpabilité
00:44:21de quiconque.
00:44:22Il garantit
00:44:23simplement
00:44:24que la parole
00:44:25portée devant la justice
00:44:26soit reçue
00:44:28avec humanité.
00:44:29Et nous ne partons
00:44:30pas de rien.
00:44:31Depuis plus de 20 ans,
00:44:32les salles Mélanie
00:44:33permettent de recueillir
00:44:34et de filmer
00:44:35la parole
00:44:36d'un enfant victime
00:44:37dans un cadre apaisé
00:44:38pour qu'il n'ait pas
00:44:40à revivre
00:44:40dix fois son traumatisme.
00:44:43Consolidons
00:44:43ce qui fonctionne
00:44:44partout
00:44:45plutôt que d'inventer
00:44:46de nouvelles structures.
00:44:48La fluidité ensuite.
00:44:50Le socle minimal
00:44:52d'actes d'enquête
00:44:54de l'article 4
00:44:55va dans le bon sens.
00:44:56Mais un délai
00:44:58de 12 mois
00:44:58imposé à des services
00:44:59saturés
00:45:00sans un seul enquêteur
00:45:01de plus
00:45:02est une promesse
00:45:03que l'on sait
00:45:03intenable.
00:45:04Quant à l'article 3,
00:45:06il réserve les enquêtes
00:45:07au seul service spécialisé.
00:45:09Or,
00:45:10un soir d'hiver,
00:45:11dans une brigade
00:45:12de Vallée de Savoie
00:45:13ou en Creuse,
00:45:14l'enquêteur spécialisé
00:45:16n'est pas toujours là.
00:45:17Former tous
00:45:18les enquêteurs,
00:45:19oui,
00:45:19empêcher les autres
00:45:20d'agir,
00:45:20non.
00:45:22Ensuite,
00:45:23et c'est là
00:45:23que notre désaccord
00:45:24commence,
00:45:25ce texte bâtit
00:45:26une architecture
00:45:27qui affaiblit
00:45:27l'ambition même
00:45:28qu'elle prétend servir.
00:45:30Ce texte repose
00:45:32sur une conviction.
00:45:33Il suffirait
00:45:34de multiplier
00:45:35les structures
00:45:35pour améliorer
00:45:36la réponse de l'État.
00:45:38Or,
00:45:38nous pensons
00:45:39que le problème
00:45:40de notre justice
00:45:41est d'abord
00:45:41un problème
00:45:42de moyens
00:45:43et de délais,
00:45:44pas d'organigramme.
00:45:45L'article 5
00:45:47crée des juridictions
00:45:48spécialisées
00:45:49mobilisant
00:45:50au moins
00:45:50deux magistrats
00:45:52dans chacun
00:45:53des 164 tribunaux
00:45:54judiciaires
00:45:55et retire
00:45:56aux juges
00:45:56aux affaires familiales
00:45:57les ordonnances
00:45:58de protection.
00:45:59Aucun chiffre
00:46:00ne dit
00:46:01d'où viendront
00:46:02ces magistrats
00:46:02ni quand.
00:46:04La direction
00:46:04des services judiciaires
00:46:06a elle aussi averti
00:46:07que ce dispositif
00:46:08rigidifierait
00:46:09nos juridictions.
00:46:11Cette architecture
00:46:12repose d'ailleurs
00:46:13sur la proposition
00:46:14de loi organique
00:46:15examinée conjointement
00:46:16qui inscrit
00:46:17ce nouveau juge
00:46:18dans l'ordonnance
00:46:19de 1958
00:46:20portant statut
00:46:21de la magistrature.
00:46:23La loi organique
00:46:24n'est ainsi
00:46:24que le prolongement
00:46:25de l'article 5.
00:46:27Si l'on renonce
00:46:28à cette nouvelle catégorie
00:46:29de juges,
00:46:30elle perd son objet.
00:46:31La formation
00:46:32des magistrats
00:46:33qu'elle prévoit également
00:46:34mérite en revanche
00:46:36d'être conservée.
00:46:37Mais elle peut être
00:46:39renforcée
00:46:40sans inscrire
00:46:40dans le statut
00:46:41de la magistrature
00:46:42un corps dans un corps.
00:46:44Le texte évalue
00:46:45ses besoins
00:46:46à 3 milliards d'euros
00:46:47par an jusqu'en 2032
00:46:49sans dire
00:46:50d'où viendra
00:46:50cet argent.
00:46:51Nous demandons
00:46:52qu'il soit financé
00:46:53par des économies
00:46:54structurelles
00:46:55et non par l'impôt
00:46:56ou par l'emprunt.
00:46:58Car promettre
00:46:59sans financer
00:47:00c'est offrir
00:47:01aux victimes
00:47:02une déception
00:47:02de plus.
00:47:04Plus grave encore,
00:47:05ce texte touche
00:47:06au cœur
00:47:06du procès pénal.
00:47:07La présomption
00:47:08d'innocence
00:47:09garantie par l'article 9
00:47:11de la déclaration
00:47:11des droits
00:47:12de l'homme
00:47:12et des citoyens
00:47:13impose que nul
00:47:14ne soit tenu
00:47:15pour coupable
00:47:16avant d'avoir été jugé.
00:47:18Les droits
00:47:19de la défense
00:47:20qui découlent
00:47:20de son article 16
00:47:22permettent
00:47:23à chacun
00:47:23de discuter
00:47:24les preuves
00:47:24qu'il accuse.
00:47:25Ces principes
00:47:27ne sont pas
00:47:27des obstacles
00:47:28à la protection
00:47:28des victimes.
00:47:30Ils sont au contraire
00:47:31la condition
00:47:32de condamnation solide
00:47:34qui ne seront
00:47:35ni annulées
00:47:35en appel
00:47:36ni censurées
00:47:37par le Conseil
00:47:38constitutionnel.
00:47:39Or,
00:47:40les articles 7
00:47:41et 11
00:47:41déplacent
00:47:42cet équilibre.
00:47:43L'article 7
00:47:44interdit à l'expert
00:47:46de se prononcer
00:47:47sur la crédibilité
00:47:48de la victime
00:47:49et frappe
00:47:50de nullité
00:47:50toute expertise
00:47:51qui reproduirait
00:47:53des stéréotypes,
00:47:55notions
00:47:55que le texte
00:47:56ne définit pas.
00:47:57L'article 11
00:47:59étant à toutes
00:48:00les victimes
00:48:00majeures
00:48:01un régime
00:48:02où la confrontation
00:48:03devient l'exception
00:48:04et où la victime
00:48:06peut s'y opposer.
00:48:07Chacun comprend
00:48:08l'intention
00:48:09épargner une épreuve
00:48:11à celle
00:48:11qui porte plainte.
00:48:13Mais dans un contentieux
00:48:14qui oppose si souvent
00:48:15une parole
00:48:16à une autre,
00:48:18confronter les versions
00:48:19n'est pas une brutalité.
00:48:21C'est le moyen
00:48:21de faire émerger
00:48:22la vérité.
00:48:24Faire de l'absence
00:48:26de confrontation
00:48:26la règle
00:48:27c'est inverser
00:48:28cette logique
00:48:29et fragiliser demain
00:48:31les condamnations
00:48:32et donc la parole
00:48:33des victimes.
00:48:35La présomption
00:48:36d'innocence
00:48:36ne se protège
00:48:37pas seulement
00:48:38à l'audience.
00:48:39Dans les affaires
00:48:40médiatisées
00:48:41une simple mise
00:48:42en cause
00:48:42peut briser
00:48:43une réputation
00:48:44une carrière
00:48:45une famille
00:48:46bien avant
00:48:47tout jugement.
00:48:48Protéger
00:48:49la parole
00:48:50des victimes
00:48:52garantir
00:48:52le droit
00:48:53de l'autre
00:48:54c'est cela
00:48:55l'équilibre
00:48:55d'un possé
00:48:56équitable.
00:48:57Nous regrettons
00:48:57que le texte
00:48:58qui nous est soumis
00:48:59n'en ait pas fait
00:49:00son principe.
00:49:02Enfin
00:49:02je veux le dire
00:49:03avec gravité
00:49:04la protection
00:49:05des victimes
00:49:06ne peut pas être
00:49:07à géométrie variable.
00:49:09On nous présente
00:49:10le texte
00:49:11comme transpartisan
00:49:12mais un texte
00:49:13transpartisan
00:49:14qui écarte
00:49:15délibérément
00:49:16plus d'un tiers
00:49:17de cet hémicycle
00:49:18et donc
00:49:19les millions
00:49:19de français
00:49:20qui nous ont élus
00:49:21n'est pas un texte
00:49:22de rassemblement
00:49:23c'est un texte
00:49:24de tri.
00:49:26La gauche
00:49:26qui le porte
00:49:27se réclame
00:49:28du consensus
00:49:29mais d'un consensus
00:49:31dont elle a choisi
00:49:32elle-même
00:49:33les invités
00:49:33sur les propositions
00:49:35des réseaux associatifs
00:49:36militants.
00:49:38Or
00:49:38on ne peut pas
00:49:39dans le même mouvement
00:49:41appeler à l'unité nationale
00:49:43contre les violences
00:49:44et décider seule
00:49:46de qui a le droit
00:49:47d'y participer.
00:49:50La parole est à monsieur
00:49:51Thomas Ménager
00:49:52pour le groupe
00:49:53Rassemblement National.
00:49:55Notre ligne
00:49:56tient en une phrase
00:49:57protéger les femmes
00:49:58protéger les enfants
00:49:59protéger toutes les victimes
00:50:01et punir leurs agresseurs.
00:50:03Après le meurtre
00:50:03de l'IANA
00:50:04Marine Le Pen
00:50:04avait interpellé
00:50:05le gouvernement
00:50:06sur les défaillances
00:50:07de l'Etat
00:50:07et de la justice
00:50:08face aux prédateurs sexuels.
00:50:10Alors en commission spéciale
00:50:11nous avons assumé
00:50:11une position constructive
00:50:13à l'égard de ce texte.
00:50:14Les députés
00:50:15du Rassemblement National
00:50:15ont voté pour
00:50:1675%
00:50:18de ces dispositions
00:50:193 sur 4.
00:50:20Lutte contre le viol
00:50:21et l'inceste
00:50:23pédocriminalité
00:50:23violence sexuelle en ligne
00:50:25protection des mineurs
00:50:26sur tout cela
00:50:27nous avons bien entendu
00:50:28dit oui.
00:50:29Nous voulons que ce texte
00:50:30aboutisse
00:50:31plus fort
00:50:32plus efficace
00:50:33c'est le sens
00:50:34de nos amendements.
00:50:35Nous avons par exemple
00:50:36proposé des lieux neutres
00:50:37pour la remise des enfants
00:50:38quand les couples séparés
00:50:39quand les tensions sont fortes
00:50:40et quand il existe
00:50:41un risque de violence
00:50:42la mère ne doit plus
00:50:43avoir à croiser
00:50:44son ex-conjoint
00:50:45sur le pas de la porte.
00:50:46Un schéma
00:50:47départemental
00:50:48des logements d'urgence
00:50:49pour les victimes
00:50:50de violences
00:50:50avec au moins
00:50:51un logement
00:50:52mobilisable
00:50:52dans chaque commune
00:50:53de plus de 5000 habitants
00:50:54et pour les agresseurs
00:50:56par exemple
00:50:56la fin
00:50:57des réductions
00:50:58de peine.
00:50:59Mais puisqu'on nous parle
00:51:00tant d'un texte
00:51:01transpartisan
00:51:02deux remarques
00:51:03la première
00:51:04s'adresse à la gauche
00:51:06et à l'extrême gauche
00:51:07personne ici
00:51:08chers collègues
00:51:09ne détient
00:51:10de brevet de vertu
00:51:11en 1977
00:51:12une pétition
00:51:14publiée
00:51:14dans le monde
00:51:15des libérations
00:51:16prenait la défense
00:51:17d'hommes poursuivis
00:51:17pour pédophilie
00:51:18parmi les signataires
00:51:20d'éminentes figures
00:51:21de la gauche
00:51:21Jack Lang
00:51:22ou Bernard Kouchner
00:51:24plus près de nous encore
00:51:25chacun se souvient
00:51:27de votre collègue
00:51:27Adrien Quatennens
00:51:28condamné pour violences conjugales
00:51:30ou encore du célèbre
00:51:31Dominique Troscan
00:51:32tous de gauche
00:51:34je ne me permettrai
00:51:35jamais de dire
00:51:36chers collègues
00:51:36que ces affaires
00:51:37engagent la responsabilité
00:51:38de tout un camp
00:51:39mais elles devraient
00:51:40vous obliger
00:51:41à un peu plus
00:51:42d'humilité
00:51:43et éviter
00:51:44de vous draper
00:51:45dans une forme
00:51:45de monopole
00:51:46de la défense
00:51:47des femmes
00:51:47et des enfants
00:51:48car je tiens à rappeler
00:51:49que c'est grâce
00:51:50au Rassemblement
00:51:51National
00:51:51et à notre rapporteur
00:51:52Emmanuel Taché
00:51:53que nous avons mis en place
00:51:55une aide universelle
00:51:56pour les femmes
00:51:56victimes de violences conjugales
00:51:58la seconde remarque
00:52:00s'adresse là
00:52:01au bloc central
00:52:02et notamment
00:52:03ceux qui à droite
00:52:04ont co-signé ce texte
00:52:06prenons l'article 62
00:52:08par exemple
00:52:08un étranger
00:52:09en situation irrégulière
00:52:11dépose plainte
00:52:12pour violences sexuelles
00:52:13dès cet instant
00:52:14plus aucune
00:52:15au QTF
00:52:16ne peut être
00:52:16prononcée contre lui
00:52:18le temps de l'enquête
00:52:19le temps du procès
00:52:20des années
00:52:21et pendant ce temps
00:52:22l'accès au titre
00:52:23du séjour
00:52:24lui est ouvert
00:52:24une plainte
00:52:25pas un jugement
00:52:26pas une condamnation
00:52:28une simple plainte
00:52:29par exemple
00:52:30contre X
00:52:30et après un classement
00:52:31sans suite
00:52:32ou une relax
00:52:32il suffira
00:52:33de redéposer plainte
00:52:35afin d'être
00:52:36définitivement
00:52:37inexpulsable
00:52:38les associations
00:52:39les associations
00:52:39gauchistes
00:52:39immigrationnistes
00:52:40l'ont bien compris
00:52:41elles fabriqueront
00:52:42un nouveau récit
00:52:43comme elles en ont l'habitude
00:52:45et le conseil
00:52:45tiendra en une phrase
00:52:47déposez plainte
00:52:48et vous êtes certain
00:52:49de rester ici
00:52:50ce n'est plus
00:52:51une protection
00:52:52c'est clairement
00:52:53une nouvelle filière
00:52:54d'immigration
00:52:54que nous ouvrons
00:52:55aujourd'hui
00:52:56si nous votons
00:52:57ce texte
00:52:58et cet article
00:52:58oui il faut protéger
00:53:00les femmes
00:53:01toutes les femmes
00:53:02mais n'oublions pas
00:53:03le coût de votre
00:53:04laxisme migratoire
00:53:05qui a coûté la vie
00:53:06à Lola
00:53:06ou encore à Philippines
00:53:08que vous oubliez
00:53:09totalement dans ce texte
00:53:10cet article 62
00:53:12il était là
00:53:13dès le premier jour
00:53:14et qui a signé
00:53:15vous Gabriel Attal
00:53:17vous Michel Barnier
00:53:18soutien de Bruno Rotaillot
00:53:19ou encore
00:53:19plusieurs députés
00:53:20Horizon soutien d'Edouard Philippe
00:53:22on ne peut pas
00:53:23à quelques mois
00:53:24de l'élection présidentielle
00:53:25tenir sur tous les plateaux
00:53:26de télévision
00:53:27un discours de fermeté
00:53:28sur l'immigration
00:53:28et signer ici
00:53:30à l'Assemblée
00:53:31pour une nouvelle
00:53:32filière d'immigration
00:53:33nous on ne le peut pas
00:53:34et on ne le peut pas
00:53:34surtout quand on sait
00:53:35que dès lors des transports
00:53:37d'Île-de-Frore
00:53:37dans les transports
00:53:38en commun
00:53:3861% des personnes
00:53:41mises en cause
00:53:41pour violences sexuelles
00:53:42étaient étrangères
00:53:43selon le ministère
00:53:44de l'Intérieur
00:53:45et dans ce texte initial
00:53:46pas une disposition
00:53:48pour éloigner
00:53:49les étrangers
00:53:49auteurs de violences sexuelles
00:53:51graves
00:53:51pas une
00:53:52pour nous
00:53:52c'est une ligne rouge
00:53:54nous proposons
00:53:55l'inverse
00:53:56l'interdiction du territoire
00:53:57pour tout étranger
00:53:58condamné pour ces faits
00:54:00mais cette loi
00:54:00doit surtout
00:54:01nous interroger
00:54:02sur la question des moyens
00:54:03pour l'IANA
00:54:04ce n'est pas la loi
00:54:05qui a manqué
00:54:06c'est le manque de moyens
00:54:07qui a conduit à l'échec
00:54:08ce dont notre justice a besoin
00:54:10ce sont des magistrats
00:54:11des graissiers
00:54:12des enquêteurs
00:54:13mais aussi des places de prison
00:54:15enfin protéger
00:54:16ce n'est pas seulement punir
00:54:18c'est aussi prévenir
00:54:20prévenir
00:54:20c'est repérer tôt
00:54:21pour agir avant le drame
00:54:22c'est protéger nos enfants
00:54:24sur les écrans
00:54:25là où les prédateurs rôdent
00:54:26c'est former
00:54:27ceux qui recueillent
00:54:28la parole des victimes
00:54:29enseignants
00:54:30médecins
00:54:30forces de l'ordre
00:54:31et c'est accompagner aussi
00:54:33les élus locaux
00:54:33souvent seuls
00:54:34en première ligne
00:54:35et la première des préventions
00:54:37c'est la certitude
00:54:38de la peine
00:54:39jugée
00:54:39condamnée
00:54:40peine exécutée
00:54:41c'est pour cela
00:54:42que nous avons aussi
00:54:43déposé un amendement
00:54:44rétablissement
00:54:45les pleines planchers
00:54:46pour les agresseurs sexuels
00:54:47c'est cela qui dissuade
00:54:48voilà notre position
00:54:50le RN a voté
00:54:51trois articles sur quatre
00:54:52en commission
00:54:53nous soutenons l'essentiel
00:54:54nous voulons maintenant
00:54:55corriger les angles morts
00:54:57de ce texte
00:54:57pour protéger les femmes
00:54:59protéger les enfants
00:55:00protéger toutes les victimes
00:55:01et punir réellement
00:55:02les prédateurs
00:55:03c'est cela
00:55:04et cela seul
00:55:05qui doit aujourd'hui
00:55:06nous rassembler
00:55:07je vous remercie
00:55:14la parole est à monsieur
00:55:16Gabriel Attal
00:55:16pour le groupe
00:55:17ensemble
00:55:17pour la République
00:55:20au moment même
00:55:21où nous parlons
00:55:22il y a sans doute
00:55:23quelque part
00:55:24en France
00:55:25une petite fille
00:55:26qui a appris
00:55:27très tôt
00:55:28à avoir peur
00:55:30une petite fille
00:55:31qui ne sait peut-être
00:55:31pas mettre les mots
00:55:32sur ce qui lui arrive
00:55:35une petite fille
00:55:35qui connaît la crainte
00:55:36de la douleur
00:55:37la solitude
00:55:39de l'angoisse
00:55:40et qui se demande
00:55:42si c'est normal
00:55:43qui se demande
00:55:44si quelqu'un la croira
00:55:45si elle parle
00:55:47au moment même
00:55:48où ce débat commence
00:55:49dans l'hémicycle
00:55:51il y a certainement
00:55:52en France
00:55:53une femme
00:55:54qui attend
00:55:55garée en face
00:55:56d'un commissariat
00:55:57assise à l'intérieur
00:55:58de sa voiture
00:55:59la main sur la poignée
00:56:01tétanisée
00:56:02incapable de sortir
00:56:04elle a répété
00:56:05cent fois dans sa tête
00:56:06ce qu'elle allait dire
00:56:07mais elle a peur
00:56:09peur de ne plus trouver
00:56:10les mots
00:56:11peur qu'on lui demande
00:56:12pourquoi elle est restée
00:56:13pourquoi elle n'a pas parlé
00:56:14plus tôt
00:56:15peur qu'on relativise
00:56:18peur de la suite
00:56:19et puis il y a
00:56:20toutes celles et tous ceux
00:56:22qui ont parlé
00:56:23ces femmes
00:56:24qui ont réussi
00:56:25à rassembler
00:56:25le courage
00:56:26de briser
00:56:27les chaînes du silence
00:56:28ces enfants
00:56:29qui ont réussi
00:56:30à mettre des mots
00:56:31sur l'indicible
00:56:32aujourd'hui
00:56:34tous nous entourent
00:56:35nous regardent
00:56:36comptent sur nous
00:56:39car derrière
00:56:39les violences sexistes
00:56:40et sexuelles
00:56:41derrière les articles
00:56:41du code pénal
00:56:42et derrière les statistiques
00:56:43il y a d'abord
00:56:44des vies
00:56:46des existences
00:56:47coupées en deux
00:56:48une enfance
00:56:49qui ne sera
00:56:49plus tout à fait
00:56:50une enfance
00:56:51une confiance
00:56:52qui ne sera
00:56:53plus jamais
00:56:54totalement intacte
00:56:55trop souvent
00:56:56une vie entière
00:56:57passée à essayer
00:56:58de reconstruire
00:56:59ce qu'un autre
00:57:00a détruit
00:57:01c'est là
00:57:01le drame
00:57:02des violences
00:57:02une condamnation
00:57:04à vie
00:57:05pour la victime
00:57:06car au fond
00:57:08une seule question
00:57:09doit nous guider
00:57:11avons-nous fait
00:57:11tout ce qui est
00:57:12en notre pouvoir
00:57:13pour éviter ces drames
00:57:15avons-nous fait
00:57:16tout ce qui est possible
00:57:17pour les empêcher
00:57:19non
00:57:21malheureusement
00:57:21non
00:57:22depuis dix ans
00:57:23un effort sans précédent
00:57:25a été mené
00:57:26pour combattre
00:57:26les violences sexistes
00:57:27et sexuelles
00:57:28allongement
00:57:29de la prescription
00:57:30pour les crimes sexuels
00:57:31sur enfants
00:57:31formation de force
00:57:33de l'ordre
00:57:33bracelet anti-rapprochement
00:57:35téléphone grave danger
00:57:37ordonnance de protection
00:57:39réforme de l'autorité parentale
00:57:41lutte contre les violences
00:57:43sexuelles en ligne
00:57:44inscription du non-consentement
00:57:46dans la définition pénale
00:57:47du viol
00:57:47nous avons fait
00:57:49des pas de géants
00:57:50mais nous venions
00:57:50de très loin
00:57:52il reste quelque chose
00:57:54d'irrespirable
00:57:54pour les victimes
00:57:56dans notre société
00:57:57et nous devons le reconnaître
00:57:58nous ne sommes pas encore
00:58:00à la hauteur
00:58:01il reste du chemin
00:58:03beaucoup de chemin
00:58:04pour éveiller
00:58:05chaque conscience
00:58:07pour que chaque parole
00:58:08puisse se libérer
00:58:09sans crainte
00:58:10pour que chaque victime
00:58:11sache
00:58:12qu'elle ne brise pas
00:58:13le silence
00:58:13en vain
00:58:15car la réalité est là
00:58:16encore aujourd'hui
00:58:18près de
00:58:19trois quarts
00:58:20des plaintes
00:58:21pour violences
00:58:21sexistes et sexuelles
00:58:22sont classées
00:58:23sans suite
00:58:23plus de neuf plaintes
00:58:25pour viol sur dix
00:58:26sont classées
00:58:28et si le nombre
00:58:29de plaintes pour viol
00:58:30a triplé
00:58:31depuis 2016
00:58:32le nombre
00:58:33de condamnations
00:58:34n'a augmenté
00:58:35que d'un tiers
00:58:35ces chiffres
00:58:37ont un sens
00:58:37à côté
00:58:39de la violence
00:58:39il reste
00:58:41trop souvent
00:58:41encore une souffrance
00:58:42celle de ne pas être
00:58:44entendue
00:58:44celle de ne pas être
00:58:46protégée
00:58:46ou trop peu
00:58:47trop tard
00:58:49trop lentement
00:58:51celle de voir sa parole
00:58:52se heurter
00:58:53au mur des procédures
00:58:54et des lourdeurs
00:58:55et c'est précisément
00:58:57pour cela
00:58:57que nous avons besoin
00:58:58de cette proposition
00:58:59de loi
00:59:00avec ma formation politique
00:59:02je la soutiens
00:59:03et l'appelle
00:59:04de mes voeux
00:59:04depuis plus d'un an
00:59:06et l'avoir inscrite
00:59:08portée
00:59:08et défendue
00:59:09par des députés
00:59:09de groupes différents
00:59:10est une force
00:59:12et un soulagement
00:59:13c'est la démonstration
00:59:15de notre capacité
00:59:16à nous retrouver
00:59:17quand l'essentiel
00:59:17est en jeu
00:59:18c'est la preuve
00:59:19que certaines causes
00:59:21certains combats
00:59:23méritent mieux
00:59:24que les déchirements
00:59:25partisans
00:59:25et qu'il faut savoir
00:59:27s'allier
00:59:27quand les circonstances
00:59:28l'exigent
00:59:29il faut penser
00:59:30une chaîne
00:59:31complète
00:59:32de protection
00:59:32depuis les premiers signaux
00:59:34jusqu'au jugement
00:59:35des auteurs
00:59:35et à la reconstruction
00:59:36des victimes
00:59:37il faut cesser
00:59:39ce débat dépassé
00:59:40entre ceux
00:59:41qui voudraient seulement
00:59:41prévenir
00:59:42et ceux
00:59:43qui voudraient seulement
00:59:43sanctionner
00:59:44ce clivage
00:59:45il est mortifère
00:59:46pour les victimes
00:59:47il ne conduit
00:59:48qu'à des lenteurs coupables
00:59:49des défiances absurdes
00:59:51et des drames
00:59:52effroyables
00:59:53la prévention
00:59:54la protection
00:59:55et la sanction
00:59:57sont indissociables
00:59:58et c'est précisément
00:59:59le sens du mot
01:00:00intégral
01:00:01ne pas choisir
01:00:02entre prévenir
01:00:03et sanctionner
01:00:04ne pas opposer
01:00:05l'éducation
01:00:06et la justice
01:00:07la protection
01:00:08et la répression
01:00:09l'accompagnement
01:00:10des victimes
01:00:11et la fermeté
01:00:12à l'égard
01:00:12des auteurs
01:00:14unir nos forces
01:00:15et permettre
01:00:16à chacun
01:00:17d'avancer
01:00:18dans le même sens
01:00:19chers collègues
01:00:20aujourd'hui
01:00:22nous menons
01:00:22un combat
01:00:23pour l'égalité
01:00:23des droits
01:00:24un combat
01:00:25contre la violence
01:00:26un combat
01:00:27pour les femmes
01:00:28et pour notre jeunesse
01:00:29un combat
01:00:30pour un modèle
01:00:31de société
01:00:31aussi
01:00:32un modèle
01:00:33où chaque femme
01:00:33peut vivre libre
01:00:34sans crainte
01:00:35et sans danger
01:00:36où chaque enfant
01:00:37peut grandir
01:00:38dans l'insouciance
01:00:39sans risque
01:00:40de voir
01:00:41son avenir
01:00:42se briser
01:00:43aucune loi
01:00:44ne rendra
01:00:44une enfance volée
01:00:45aucun article
01:00:47du code pénal
01:00:48n'effacera jamais
01:00:49une violence commise
01:00:50nous ne rendrons
01:00:52jamais aux victimes
01:00:53les jours
01:00:53les années
01:00:54parfois les décennies
01:00:55de peur
01:00:56de coups
01:00:57et de larmes
01:00:57mais nous pouvons
01:00:59décider de les écouter
01:01:00nous pouvons décider
01:01:01que leurs paroles
01:01:02ne soient jamais vaines
01:01:04nous pouvons faire en sorte
01:01:05qu'une femme
01:01:06qui pousse la porte
01:01:06d'un commissariat
01:01:07rencontre quelqu'un
01:01:08qui saura l'entendre
01:01:10qu'un enfant
01:01:11qui essaye de dire
01:01:11sa souffrance
01:01:12trouve devant lui
01:01:13un adulte
01:01:14capable de comprendre
01:01:15que jamais plus
01:01:16une victime
01:01:17ne se sente
01:01:18obligée
01:01:19de demander
01:01:19si parler
01:01:20était une erreur
01:01:21que jamais plus
01:01:22un dossier
01:01:23ne traîne
01:01:23au risque
01:01:24de courir
01:01:24vers l'irréparable
01:01:26nous ne devons plus
01:01:27attendre le prochain prénom
01:01:28le prochain visage
01:01:30le prochain drame
01:01:31qui bouleversera la France
01:01:33alors avec vous
01:01:33cet après-midi
01:01:35je pense à cette femme
01:01:36qui hésite
01:01:37à aller porter plainte
01:01:38je pense à cette petite fille
01:01:39quelque part en France
01:01:40qui hésite encore à parler
01:01:42nous ne pourrons pas effacer
01:01:44ce qu'elles ont subi
01:01:45mais nous devons pouvoir
01:01:46leur faire une promesse
01:01:47dès qu'elles parleront
01:01:48la République sera là
01:01:50je vous remercie
01:01:52la parole est à madame
01:01:53Sarah Legrin
01:01:54pour le groupe
01:01:55La France Insoumise
01:01:55Nouveau Front Populaire
01:01:58aux enfants de ce pays
01:02:00je voudrais tellement
01:02:00pouvoir dire victoire
01:02:02avec cette loi
01:02:03vous serez protégés
01:02:04écoutés
01:02:05soignés
01:02:05vous ne serez plus victimes
01:02:07vos agresseurs
01:02:08ne récidiveront pas
01:02:09et vous-même
01:02:09vous ne deviendrez pas
01:02:11des agresseurs
01:02:12mais sur les neuf articles
01:02:13qui vous étaient consacrés
01:02:15quatre ont été supprimés
01:02:16il faudrait attendre
01:02:17le vote du Sénat
01:02:18dont on ne sait
01:02:18ni quand il arrivera
01:02:19ni s'il sera positif
01:02:21parmi ces articles
01:02:22celui qui empêchait
01:02:23de traiter en criminel
01:02:24vos mères
01:02:25qui vous protègent
01:02:26de vos pères incestueux
01:02:27vous ne serez pas
01:02:28écoutés
01:02:29ou si peu
01:02:29car l'entretien annuel
01:02:31obligatoire
01:02:31demandé depuis des années
01:02:32par la civile
01:02:33a été supprimé
01:02:34par les macronistes
01:02:34en commission
01:02:35ce sera à vous
01:02:36enfants d'aller vers
01:02:37un adulte de l'école
01:02:38si vous en trouvez un
01:02:39vous ne serez pas
01:02:40soignés ou si peu
01:02:41car dans ce texte
01:02:42le psychotrauma
01:02:43ne sera pris en charge
01:02:43que si vous dénoncez
01:02:44les violences
01:02:45avant votre majorité
01:02:46et encore faudrait-il
01:02:47qu'il existe
01:02:48assez de lieux dédiés
01:02:49et de psychologues formés
01:02:50qu'on se le dise
01:02:51le chiffre de 3 milliards
01:02:53évoqué dans ce texte
01:02:54n'inclut pas
01:02:55la lutte contre
01:02:56les violences
01:02:56sur les enfants
01:02:57ni les séances des VAR
01:02:58toujours pas appliquées
01:02:59et encore moins
01:03:00la refondation
01:03:01de l'aide sociale
01:03:01à l'enfance
01:03:02qui échoue si terriblement
01:03:03à vous protéger
01:03:04et qui vous livre
01:03:05à de nouvelles violences
01:03:06et que l'on s'entende bien
01:03:08il ne faudrait pas
01:03:09non plus faire croire
01:03:09que ces 3 milliards
01:03:10insuffisants sont acquis
01:03:11le texte n'engage à rien
01:03:13le Premier ministre
01:03:14et le Cornu
01:03:14a vendu la mèche
01:03:15en promettant
01:03:151,5 milliards
01:03:17d'ores et déjà dépensés
01:03:18qui peut croire
01:03:19que le sort des femmes
01:03:20et des enfants
01:03:21va s'améliorer
01:03:21avec 43 milliards de couples
01:03:23dont 800 millions
01:03:24sur l'école
01:03:25avec le gel
01:03:25des allocations familiales
01:03:26l'augmentation
01:03:27des franchises médicales
01:03:29et j'en passe
01:03:29aux victimes
01:03:31de violences sexuelles
01:03:32j'aimerais pouvoir dire
01:03:34si vous décidez
01:03:34de porter plainte
01:03:35vous ne subirez plus
01:03:36de violences supplémentaires
01:03:37car vous serez entendus
01:03:38par des professionnels formés
01:03:39et des experts agréés
01:03:40vous ne serez plus classés
01:03:41sans suite
01:03:42car vous aurez droit
01:03:42à un socle minimum
01:03:43d'actes d'enquête
01:03:44pour aller chercher les preuves
01:03:45vos viols ne seront plus
01:03:47correctionnalisés
01:03:47ou jugés
01:03:48comme des sous-crimes
01:03:49par des cours
01:03:49criminels départementales
01:03:51mais faute de moyens
01:03:52tout cela n'existera pas
01:03:53pire les syndicats
01:03:54nous alertent
01:03:55sans budget
01:03:55cette loi
01:03:56allongerait encore
01:03:56les délais
01:03:57et fragiliserait
01:03:58les procédures
01:03:59rien dans la loi
01:04:00ne permettra
01:04:00d'enrayer la fabrique
01:04:01des violences
01:04:02et de prévenir
01:04:03la récidive
01:04:04aux femmes dites
01:04:05en situation de prostitution
01:04:06je voudrais vous dire
01:04:07vous ne serez plus
01:04:08traitées en mauvaise victime
01:04:09mais ce texte
01:04:10se contente de prévoir
01:04:11la perpétuité
01:04:12pour vos meurtriers
01:04:13la belle affaire
01:04:14ni vous ni la coalition
01:04:15féministe ne la demandait
01:04:16et des mesures
01:04:17fragilisant votre autonomie
01:04:18et la reconnaissance
01:04:19des violences sexuelles
01:04:20qui passent outre
01:04:20votre consentement
01:04:21aux femmes précaires
01:04:23étrangères
01:04:23racisées
01:04:24LGBT
01:04:24handicapées
01:04:25aux femmes victimes
01:04:26de discriminations croisées
01:04:28je voudrais vous dire
01:04:29que cette loi
01:04:29prend en compte
01:04:30l'imbrication des dominations
01:04:31mais si peu
01:04:32le peu d'avancées
01:04:34qu'elles contiennent
01:04:34le peu d'avancées
01:04:35que nous avons gagnées
01:04:36en commission
01:04:36seront balayées
01:04:37par les macronistes
01:04:38et l'extrême droite
01:04:39ici et au Sénat
01:04:40si peu intégrales
01:04:42si vite désintégrées
01:04:43il faut dire
01:04:44qu'on ne peut pas
01:04:45voter d'une main
01:04:46le pacte asile-immigration
01:04:47et de l'autre
01:04:48la protection
01:04:49des femmes étrangères
01:04:50de victimes
01:04:50on ne peut pas
01:04:51d'une main
01:04:52aggraver la précarité
01:04:53et la dépendance économique
01:04:54des femmes
01:04:54par des lois antisociales
01:04:56et de l'autre
01:04:56prétendre apporter
01:04:57une réponse intégrale
01:04:58aux violences
01:04:59qu'elles subissent
01:05:00alors aux femmes
01:05:01et aux enfants
01:05:01victimes de ces violences
01:05:02patriarcales
01:05:03qui sont aussi
01:05:04des violences sociales
01:05:05des violences économiques
01:05:06aux mouvements féministes
01:05:07et enfantistes mobilisés
01:05:08non
01:05:09nous ne pouvons pas
01:05:10dire victoire
01:05:10nous vous disons
01:05:11vigilance
01:05:12ne les laissez pas
01:05:13vous mentir
01:05:14ne lâchez rien
01:05:15maintenez la pression
01:05:16nous vous disons
01:05:17tenez bon
01:05:17bientôt nous investirons
01:05:19les milliards
01:05:19et nous abattrons
01:05:20toutes ces dominations
01:05:24Merci madame la députée
01:05:25la parole est à madame
01:05:26Colette Cade-Deviel
01:05:27pour le groupe
01:05:27socialiste et apparenté
01:05:30face au caractère
01:05:31systémique des violences
01:05:32sur les femmes
01:05:33et les enfants
01:05:33et après une prise
01:05:35de conscience
01:05:36que l'on espère
01:05:36enfin acquise
01:05:38il faut enfin
01:05:39une réponse globale
01:05:40que je résumerai
01:05:41en trois verbes
01:05:42prévenir
01:05:43protéger
01:05:43punir
01:05:44c'est l'enjeu
01:05:45de cette proposition
01:05:46de loi
01:05:46dont il faut rappeler
01:05:47la genèse
01:05:47janvier 2025
01:05:49c'est notre collègue
01:05:50Céline Thiebaud-Martinez
01:05:51qui engage un travail
01:05:52parlementaire
01:05:53titanesque
01:05:54avec le groupe
01:05:55socialiste
01:05:56qui s'est mué
01:05:57en un travail
01:05:57transpartisan
01:05:58et je tiens ici
01:05:59à vraiment lui rendre
01:06:00hommage
01:06:01hommage à sa détermination
01:06:02totale
01:06:03et la remercier
01:06:03pour la très grande
01:06:04qualité
01:06:05de tout le travail
01:06:06qu'elle a engagé
01:06:07et qui nous amène
01:06:08aujourd'hui ici
01:06:09alors pas à pas
01:06:10on a
01:06:11avec elle et autour
01:06:12d'elle
01:06:12auditionné
01:06:13construit
01:06:13avec bien évidemment
01:06:15et surtout
01:06:16la coalition
01:06:17féministe et enfantiste
01:06:18tous les professionnels
01:06:20les parlementaires
01:06:21je dirais
01:06:21de tous bords
01:06:22qui l'ont voulu
01:06:23puis le texte
01:06:24le texte est enrichi
01:06:25par les associations
01:06:26vous
01:06:27les parlementaires
01:06:29les ministères
01:06:29et les travaux
01:06:30du conseil d'état
01:06:31c'est une méthode
01:06:32inédite
01:06:33qui a permis
01:06:34à notre texte
01:06:35de progresser
01:06:36tout le long
01:06:36et particulièrement
01:06:38en commission spéciale
01:06:39comment
01:06:39en renforçant
01:06:40les procédures d'enquête
01:06:41et la spécialisation
01:06:42de la justice
01:06:43encadrant
01:06:44enfin les expertises
01:06:45et les experts
01:06:46et renforçant
01:06:47la formation
01:06:48des professionnels
01:06:49en élargissant
01:06:51l'ordonnance
01:06:52de protection
01:06:52à toutes les victimes
01:06:54de violences sexistes
01:06:55et sexuelles
01:06:55quel que soit le lien
01:06:57avec leur auteur
01:06:58en portant
01:06:59surtout
01:07:00une intention
01:07:00particulière
01:07:01enfin
01:07:02aux enfants
01:07:03les éternels oubliés
01:07:05mieux protéger
01:07:06leur parole
01:07:07éviter qu'ils soient
01:07:08encore inutilement
01:07:09entendus
01:07:09comme témoins
01:07:10garantir
01:07:12un accompagnement
01:07:13adapté
01:07:13et prendre en compte
01:07:14leur situation
01:07:16spécifique
01:07:17lorsqu'ils sont confrontés
01:07:18à la justice du pays
01:07:19en refondant également
01:07:21l'ensemble des dispositions
01:07:23du code pénal
01:07:24relatif
01:07:24à l'inceste
01:07:25en avançant
01:07:27considérablement
01:07:28sur la lutte
01:07:28contre la victimisation
01:07:30secondaire
01:07:31et sur les dispositifs
01:07:32très concrets
01:07:33pour faciliter
01:07:34partout
01:07:35le dépôt de plainte
01:07:36en faisant
01:07:37que les victimes
01:07:38ne soient pas seulement
01:07:39entendues
01:07:40mais protégées
01:07:41tout au cours
01:07:42du parcours
01:07:42judiciaire
01:07:44juridique
01:07:44et même
01:07:45du parcours
01:07:45de santé
01:07:46en prenant en charge
01:07:47à 100%
01:07:48par l'assurance maladie
01:07:49les soins liés
01:07:50aux violences sexuelles
01:07:51alors reste encore
01:07:53des étapes importantes
01:07:54dont celle
01:07:55de la reconnaissance
01:07:56judiciaire
01:07:57du contrôle coercitif
01:07:59par souci
01:08:00d'efficacité
01:08:00pour les victimes
01:08:01et par respect
01:08:02des principes
01:08:02qui vont commander
01:08:03notre droit pénal
01:08:04nous nous allons défendre
01:08:06de faire du contrôle
01:08:07coercitif
01:08:08une circonstance
01:08:08agravante
01:08:09on va en débattre
01:08:11dans quelques heures
01:08:12mais nous risquons
01:08:13d'avoir encore
01:08:14malheureusement
01:08:15quelques désaccords
01:08:16et en particulier
01:08:17sur les femmes étrangères
01:08:18je rappelle que ce texte
01:08:20concerne toutes les femmes
01:08:21j'ose espérer
01:08:23avec mon groupe
01:08:24que l'esprit
01:08:25de responsabilité
01:08:26qui nous a amené
01:08:27jusqu'ici
01:08:27va nous conduire
01:08:29à protéger
01:08:29celles qui sont
01:08:30le plus en danger
01:08:31celles qui sont
01:08:32le plus exposées
01:08:33à toutes les violences
01:08:35j'ose espérer aussi
01:08:36que l'expérience
01:08:38d'un travail parlementaire
01:08:40l'expérience
01:08:41d'un travail parlementaire
01:08:42collaboratif
01:08:43de qualité
01:08:43va se poursuivre
01:08:45nous obligeant
01:08:46chacune
01:08:47et chacun
01:08:48d'entre nous
01:08:48sur la plupart
01:08:49des bancs
01:08:50à sortir
01:08:50de notre zone
01:08:51de confort politique
01:08:52pour faire avancer
01:08:54cette proposition
01:08:55de loi
01:08:55reste suspendue
01:08:57une question
01:08:57l'éternelle question
01:08:58celle des moyens
01:09:00les lois
01:09:00les plus abouties
01:09:02les plus protectrices
01:09:03et les plus progressives
01:09:07ne servent absolument
01:09:08à rien
01:09:08sans budget afférent
01:09:10une loi intégrale
01:09:12c'est aussi
01:09:13un budget intégral
01:09:14et nous serons
01:09:15très attentifs
01:09:16aux moyens financiers
01:09:18déployés
01:09:20la parole est à madame
01:09:21Émilie Bonivard
01:09:22pour le groupe
01:09:23de la droite républicaine
01:09:25chaque année
01:09:26160 000 enfants
01:09:27à minima
01:09:28subissent
01:09:29des agressions
01:09:29sexuelles
01:09:30ou des viols
01:09:31trois enfants
01:09:32par classe
01:09:33un enfant
01:09:34agressé sexuellement
01:09:35toutes les trois minutes
01:09:3680% de ces violences
01:09:38ont lieu
01:09:39à l'intérieur
01:09:39de la famille
01:09:41ici
01:09:42dans cet hémicycle
01:09:43c'est donc
01:09:44à minima
01:09:4560 députés
01:09:47qui ont subi
01:09:48des violences
01:09:49sexuelles
01:09:49dans leur enfance
01:09:50qu'ils soient
01:09:51filles ou garçons
01:09:52avec le numérique
01:09:54ces chiffres explosent
01:09:55et dépassent
01:09:55notre entendement
01:09:56en 2024
01:09:58100 millions
01:09:58de contenus
01:09:59pédopornographiques
01:10:00étaient partagés
01:10:01en ligne
01:10:01soit deux contenus
01:10:03pédocriminels
01:10:03par seconde
01:10:04la prédention
01:10:05en ligne
01:10:06à des fins
01:10:07pédocriminels
01:10:08via le grooming
01:10:08explose
01:10:09et le pire
01:10:10arrive
01:10:10non il est déjà là
01:10:11la réalisation
01:10:13in extenso
01:10:14paria
01:10:14de contenus
01:10:15pédocriminels
01:10:16toujours plus violents
01:10:17à partir d'images
01:10:18générées
01:10:18d'enfants
01:10:19toujours plus jeunes
01:10:20entraîne
01:10:21un risque majeur
01:10:22d'explosion
01:10:23des passages
01:10:23à l'acte
01:10:24dans la vie réelle
01:10:2440%
01:10:26des pédocriminels
01:10:27sont passés
01:10:27à l'acte
01:10:27suite au visionnage
01:10:28de contenus
01:10:29pédocriminels
01:10:30donc quand on sait
01:10:31que les contenus
01:10:32pédocriminels
01:10:33créés par
01:10:33IA
01:10:34ont augmenté
01:10:35de 1325%
01:10:37entre 2023
01:10:38et 2024
01:10:39on voit bien
01:10:40le risque
01:10:41l'IA
01:10:42peut devenir
01:10:42et devient
01:10:43déjà une fabrique
01:10:44à pédocriminels
01:10:45sur des enfants
01:10:47bien réels
01:10:47en moyenne
01:10:49100 femmes
01:10:49morts chaque année
01:10:50sous les coups
01:10:50de leurs conjoints
01:10:51277 000
01:10:53femmes majeures
01:10:54à minima
01:10:54sont victimes
01:10:55de viols
01:10:56tentatives de viols
01:10:56agressions sexuelles
01:10:57par an
01:10:57et nous n'avons pas
01:10:59ici les chiffres
01:11:00concernant
01:11:00la nouvelle criminalité
01:11:01en ligne
01:11:02totalement banalisée
01:11:04avec des dommages
01:11:05majeurs
01:11:06en termes psychiques
01:11:07sur les victimes
01:11:07en majorité
01:11:08des femmes
01:11:08et pourtant
01:11:1073%
01:11:11des plaintes
01:11:12pour violences
01:11:13sexistes
01:11:14et sexuelles
01:11:15ont été classées
01:11:16sans suite
01:11:16en 2021
01:11:17et 94%
01:11:19dans des cas
01:11:20de viol
01:11:21je n'évoque
01:11:22même pas
01:11:23la totale impunité
01:11:24relative aux violences
01:11:25en ligne
01:11:27Jérôme Barrella
01:11:28consultait des contenus
01:11:29pédocriminels
01:11:30s'il avait été appréhendé
01:11:32à ce moment-là
01:11:33la petite Liana
01:11:35serait toujours avec nous
01:11:37il peut y avoir
01:11:38dans cet hémicycle
01:11:39comme au dehors
01:11:40des personnes
01:11:41qui se disent
01:11:42oh quand même
01:11:43tout ça
01:11:43c'est exagéré
01:11:44ça va trop loin
01:11:45c'est un peu
01:11:45un truc de bonne femme
01:11:47réaction psychique
01:11:48peut-être
01:11:48assez naturelle
01:11:49quand on remonte
01:11:50à la surface
01:11:51qu'on remonte
01:11:52à la surface
01:11:53et se donne à voir
01:11:54la partie
01:11:55la plus laide
01:11:56la plus ville
01:11:57la plus révoltante
01:11:58de notre humanité
01:12:00il y a quelques années
01:12:01j'avais moi-même
01:12:02un peu cette réaction
01:12:03quand même
01:12:04c'est un peu exagéré
01:12:05non
01:12:06puis je me suis interrogée
01:12:08sur le nombre de fois
01:12:09où j'avais eu peur
01:12:10pour ma vie
01:12:11parce que j'étais
01:12:12une fille
01:12:12une femme
01:12:13et j'ai essayé de compter
01:12:15je me suis arrêtée
01:12:16juste aux fois
01:12:17où j'ai effectivement
01:12:18été agressée
01:12:18où j'ai eu vraiment peur
01:12:19j'ai donc comptabilisé
01:12:21une tentative de viol
01:12:22et des agressions sexuelles
01:12:23répétées plus jeunes
01:12:25je dis cela
01:12:26parce que
01:12:26j'avais moi-même
01:12:28victime
01:12:28complètement intégré
01:12:30le fait
01:12:30que c'était normal
01:12:31de subir cela
01:12:33que ça faisait partie
01:12:34de ma destinée
01:12:36de fille
01:12:37pardonnez-moi
01:12:38pour cette impudeur
01:12:39mais je veux le dire
01:12:41ici pour que
01:12:41nous comprenions
01:12:42tous bien
01:12:42partout sur ces bancs
01:12:44et au-delà
01:12:45pour ceux qui nous écoutent
01:12:46que nous soyons
01:12:47hommes ou femmes
01:12:48que ce fléau
01:12:49est une réalité
01:12:50qui vous a peut-être
01:12:52touché vous-même
01:12:53votre mère
01:12:54et qui touche
01:12:55ou touchera
01:12:56forcément
01:12:57vos filles
01:12:58vos petites filles
01:12:59voire vos petits garçons
01:13:00au moins une fois
01:13:01dans leur vie
01:13:01d'une manière
01:13:02ou d'une autre
01:13:03si l'on ne fait rien
01:13:05il est important
01:13:06de rappeler aussi
01:13:07que l'immense
01:13:08l'immense majorité
01:13:09des hommes
01:13:10ne sont pas
01:13:10des agresseurs
01:13:11ils sont des pères
01:13:13des frères
01:13:13des mari
01:13:14des compagnons
01:13:15des amis aimants
01:13:16qui exècrent
01:13:17cette violence
01:13:18il ne s'agit donc pas
01:13:20d'opposer
01:13:20hommes et femmes
01:13:21dans ce combat
01:13:21bien au contraire
01:13:24mais pour lutter
01:13:25contre cette réalité
01:13:26il faut la regarder
01:13:27en face
01:13:2997% des agresseurs
01:13:31sont des hommes
01:13:3293% des victimes
01:13:35sont des femmes
01:13:37avec cette loi
01:13:38nous voulons tout simplement
01:13:40que cette violence
01:13:41s'arrête
01:13:42voilà tout
01:13:43que ça s'arrête
01:13:45nous ne pouvons plus
01:13:46nous résigner
01:13:47d'un
01:13:47oui
01:13:48mais ça a toujours existé
01:13:50autrement dit
01:13:51démerre-toi
01:13:52avec tes traumatismes
01:13:53ne fais pas trop de vagues
01:13:54on l'a tout subi
01:13:56nous ne voulons plus
01:13:57que nos enfants
01:13:59courent ce risque
01:14:00dans leur vie
01:14:00qu'ils vivent cela
01:14:02que ce soit
01:14:03dans leur enfance
01:14:04ou à l'âge adulte
01:14:05c'est donc bien
01:14:06une loi
01:14:07de révolution
01:14:08qui dit
01:14:09à la société
01:14:10et en substance
01:14:11à chacune et chacun
01:14:12la violence
01:14:13banalisée
01:14:14contre les femmes
01:14:15et les enfants
01:14:16sous toutes ses formes
01:14:18est interdite
01:14:19c'est une atteinte grave
01:14:21à la dignité fondamentale
01:14:23de la personne humaine
01:14:24à 50%
01:14:25de l'humanité
01:14:26enfin
01:14:28je veux terminer
01:14:29mon propos
01:14:29en disant
01:14:30merci
01:14:30merci
01:14:32aux 140 associations
01:14:33à toutes les personnes
01:14:35qui se sont engagées
01:14:36dans cette mobilisation
01:14:37à la rapporteure générale
01:14:39chère Céline
01:14:40elle n'est plus là
01:14:41c'est pas grave
01:14:42aux co-rapporteurs
01:14:43aux députés
01:14:44un immense merci
01:14:46à ma collègue
01:14:47Alexandra Martin
01:14:48qui nous regarde
01:14:49et Républicain
01:14:50qui nous suit
01:14:50et grâce à qui est intégrée
01:14:52dans ce texte
01:14:53la lutte contre la violence
01:14:54sexuelle en ligne
01:14:55et la cybercriminalité
01:14:57nous pouvons
01:14:58s'il vous plaît
01:14:59l'applaudir
01:14:59car elle est très malheureuse
01:15:00de ne pas être avec nous
01:15:01aujourd'hui
01:15:03merci aux associations
01:15:05extraordinaires
01:15:06que sont
01:15:06Point de contact
01:15:07Caméléon
01:15:07Oser le Féminisme
01:15:08e-Enfance
01:15:09la Fondation pour l'enfance
01:15:10en qui nous n'aurions jamais
01:15:11pu rédiger un volet cyber
01:15:12digne de ce nom
01:15:13merci
01:15:14merci à Sarah Forestier
01:15:16de nous suivre
01:15:16dans ce moment historique
01:15:18merci à tous les ministres
01:15:19mobilisés
01:15:20et engagés à nos côtés
01:15:21merci
01:15:22chère Aurore
01:15:23merci à mon groupe politique
01:15:24et à Laurent Viauquier
01:15:25pour leur confiance
01:15:28last but not least
01:15:30un immense merci
01:15:31à toutes les victimes
01:15:32qui sont devenues
01:15:33des guerrières
01:15:33et des guerriers
01:15:34chacune et chacun
01:15:35à leur manière
01:15:36ne serait-ce qu'en continuant
01:15:38à vivre
01:15:38tout simplement
01:15:39nous sommes fiers de vous
01:15:40vous nous avez montré
01:15:41le chemin
01:15:42et avez réveillé en nous
01:15:43l'envie de nous battre
01:15:44pour vous
01:15:44pour nos enfants
01:15:45et pour construire
01:15:46une plus belle humanité
01:15:48je n'ai pas eu la chance
01:15:49d'avoir d'enfants
01:15:49alors permettez-moi
01:15:51de dédier ces mots
01:15:53et mon engagement
01:15:54de même que tout mon amour
01:16:11à mes petits-neveux
01:16:12adorés
01:16:13à Don et Liv
01:16:15mais aussi
01:16:16à Anna et Salomé
01:16:17aux enfants
01:16:18qu'elles auront
01:16:20c'est pour vous
01:16:21que nous nous battons
01:16:24et enfin
01:16:24je dédie ces mots
01:16:25à celui qui n'est plus là
01:16:27mais qui quitte
01:16:28chaque jour de ma vie
01:16:30mon Olivier
01:16:58La parole est à madame Karine Lebon
01:17:00pour le groupe de la gauche
01:17:02démocrate et républicaine
01:17:05Nous avons toutes et tous ici
01:17:07quelque chose en commun
01:17:08la volonté de nous battre
01:17:11comme d'autres avant nous
01:17:12se sont battus
01:17:13pour disposer de leur corps
01:17:14de leur temps
01:17:15de leur argent
01:17:16pour choisir leur vie
01:17:17pour être libres
01:17:19aujourd'hui c'est à notre tour
01:17:21de nous battre
01:17:22pour faire adopter
01:17:23un texte à la hauteur
01:17:24cette proposition de loi
01:17:26porte des années de lutte
01:17:27de témoignage
01:17:28de travail associatif
01:17:29son ambition est immense
01:17:31et son objectif intransigeant
01:17:34apporter enfin
01:17:35une réponse intégrale
01:17:37aux violences sexistes
01:17:38et sexuelles
01:17:38prévenir, repérer, protéger
01:17:40enquêter, juger, soigner, réparer
01:17:43dans la famille
01:17:44au travail
01:17:45à l'école
01:17:45à l'université
01:17:46dans le monde médical
01:17:47dans l'espace numérique
01:17:49je veux ici saluer
01:17:50l'ensemble des associations
01:17:52notamment de la coalition
01:17:53féministe et enfantiste
01:17:54celles qui recueillent la parole
01:17:56quand nos institutions
01:17:57échouent encore à l'entendre
01:17:59celles qui accompagnent
01:18:00mettent à l'abri
01:18:01alertes
01:18:02proposent
01:18:02elles peuvent compter sur nous
01:18:04elles peuvent compter sur nous
01:18:06pour porter leurs alertes
01:18:07défendre nos acquis
01:18:08et exiger les moyens nécessaires
01:18:11à leur application
01:18:13le travail en commission spéciale
01:18:15la semaine dernière
01:18:15a été exigeant
01:18:17et constructif
01:18:18nous avons débattu
01:18:19parfois vivement
01:18:20mais nous avons avancé
01:18:22le texte en sort
01:18:24renforcé
01:18:26je tiens à saluer ici
01:18:28l'engagement
01:18:28de madame la rapporteure générale
01:18:30Céline Thiebaud-Martinez
01:18:31qui a réussi à fédérer
01:18:33et nous serons toutes et tous
01:18:35à ses côtés
01:18:36pour défendre l'ambition
01:18:38de ce texte
01:18:39enfin du moins
01:18:40presque tous
01:18:41au regard des amendements
01:18:42déposés par l'extrême droite
01:18:43de cet hémicycle
01:18:44qui comme à son habitude
01:18:45préfère protéger les agresseurs
01:18:47plutôt que les victimes
01:18:48non ce sont des amendements
01:18:50qui ont été retirés
01:18:51depuis
01:18:51mais on vous voit
01:18:53enfin peut-être pas
01:18:54les auteurs de ces amendements
01:18:55parce que j'ai essayé de regarder
01:18:56mais eux aussi
01:18:57ils sont absents
01:18:58alors c'est vrai
01:18:59que la semaine dernière
01:19:00en commission spéciale
01:19:01on vous avait reproché
01:19:02de dormir
01:19:03mais franchement
01:19:04si c'est pour faire ça
01:19:05enfin une fois réveillé
01:19:06vraiment rendormez-vous
01:19:07rendormez-vous
01:19:10alors que la nécessité
01:19:12de cette loi
01:19:13fait consensus
01:19:14vous vous faites la voix
01:19:16des courants masculinistes
01:19:17les plus radicaux
01:19:18les plus crasses
01:19:19et personne ici
01:19:20je ne m'étendrai pas plus
01:19:22mais personne ici
01:19:22n'accordera bien entendu
01:19:24d'importance à ce discours
01:19:25les mots
01:19:26ayant trop de valeur
01:19:27pour vous être consacré
01:19:31Madame la rapporteure générale
01:19:33je tiens également
01:19:35à la remercier
01:19:36la remercier
01:19:38parce qu'elle m'a associée
01:19:39à la rédaction du texte
01:19:40afin d'y intégrer
01:19:42les réalités ultramarines
01:19:43car oui
01:19:44la réalité de nos territoires
01:19:46mérite un traitement spécifique
01:19:47et je salue aussi
01:19:48Aude Luquet
01:19:49coordinatrice interministérielle
01:19:51pour l'égalité
01:19:51femmes-hommes en Outre-mer
01:19:52pour sa contribution
01:19:54de qualité
01:19:56à la réunion
01:19:57l'enjeu est immense
01:19:58sur une île
01:19:59où 12 plaintes
01:20:00pour violences conjugales
01:20:01sont déposées chaque jour
01:20:023 réunionnaises sur 10
01:20:04déclarent avoir subi
01:20:05des violences
01:20:05avant leurs 18 ans
01:20:06et la géographie
01:20:07ajoute ses contraintes
01:20:08l'insularité complique
01:20:10la mise à l'abri
01:20:10l'avion étant parfois
01:20:12le seul remède
01:20:12pour parvenir véritablement
01:20:14à un éloignement efficace
01:20:16l'égalité devant la protection
01:20:18exige donc
01:20:18des réponses adaptées
01:20:19une loi intégrale
01:20:21doit l'être
01:20:21sur tout le territoire
01:20:22de la République
01:20:23mais une question
01:20:24menace aujourd'hui
01:20:25toute cette ambition
01:20:26quels moyens
01:20:27allons-nous mettre
01:20:28à la disposition
01:20:28de toutes ces femmes
01:20:29et de tous ces enfants
01:20:30pour que leur vie
01:20:31ne soit pas définitivement brisée
01:20:33et là Madame la Ministre
01:20:34notre inquiétude est immense
01:20:36il est trop tôt
01:20:37pour s'engager
01:20:38nous dit-on
01:20:38combien d'autres victimes
01:20:40combien d'autres femmes
01:20:41et d'enfants
01:20:42doivent souffrir
01:20:42voire mourir
01:20:43avant que ce soit
01:20:44le bon moment
01:20:45une justice spécialisée
01:20:48sans magistrats
01:20:48et greffiers
01:20:49restera une architecture
01:20:50sur le papier
01:20:51une enquête renforcée
01:20:52sans policiers
01:20:53et gendarmes formés
01:20:54restera une intention
01:20:55une mise à l'abri
01:20:56sans place disponible
01:20:57restera une promesse creuse
01:20:58un parcours de soins
01:21:00sans professionnel accessible
01:21:01restera purement théorique
01:21:03et bien entendu
01:21:04les associations
01:21:05à qui l'on demande
01:21:06toujours davantage
01:21:07sans leur garantir
01:21:08des financements pérennes
01:21:09finiront par s'épuiser
01:21:10une priorité politique
01:21:11se lie dans un budget
01:21:13c'est là que se jouera
01:21:14la crédibilité de cette loi
01:21:15nous allons demander
01:21:16aux victimes
01:21:17de croire davantage
01:21:18en nos institutions
01:21:19donnons alors
01:21:20à nos institutions
01:21:20les moyens d'être dignes
01:21:22de cette confiance
01:21:22nous voulons une grande loi
01:21:24de protection
01:21:24de justice
01:21:25et d'émancipation
01:21:26nous prendrons notre part
01:21:28au gouvernement aussi
01:21:29de prendre la sienne
01:21:30aujourd'hui
01:21:31c'est à nous
01:21:31toutes et tous
01:21:32de faire en sorte
01:21:32que ce ne soit pas
01:21:33une simple loi de témoignage
01:21:34une loi pour rien
01:21:36faisant en sorte
01:21:37que cette loi
01:21:37puisse changer la vie
01:21:38et sauver des vies
01:21:39je vous remercie
01:21:41merci madame la députée
01:21:42la parole est à monsieur
01:21:43Aurélien Pradié
01:21:45il y a un principe simple
01:21:46que nous devons nous rappeler
01:21:47avant de débuter
01:21:48l'examen de cette loi
01:21:49dite intégrale
01:21:51c'est que nous ne sommes pas
01:21:52à la hauteur
01:21:53et que au delà
01:21:54du danger
01:21:55et de la menace
01:21:56qui plane sur nos enfants
01:21:57sur les femmes victimes
01:21:58il y a un autre danger
01:22:00qui plane sur notre pays
01:22:01et notre démocratie
01:22:02c'est l'habitude
01:22:03la lente accoutumance
01:22:06au pire
01:22:06cette idée
01:22:08que nous ne pouvons
01:22:08pas grand chose
01:22:09que nous ferions
01:22:10de notre mieux
01:22:11et que ce serait déjà
01:22:12bien suffisant
01:22:14débuter l'examen
01:22:15d'un texte
01:22:16comme celui-ci
01:22:16sans se rappeler
01:22:18que nous ne sommes pas
01:22:19du tout
01:22:19à la hauteur
01:22:20serait une faute
01:22:21nous devons nous rappeler
01:22:23que nous ne sommes pas
01:22:24à la hauteur
01:22:26notre société
01:22:27est devenue
01:22:27une société de prédation
01:22:29elle l'est pour les femmes
01:22:30victimes si nombreuses
01:22:32celles qui sont tuées
01:22:33par leurs compagnons
01:22:34parfois après seulement
01:22:35quelques jours
01:22:36de vie commune
01:22:37pas plus que cela
01:22:38celles qui sont brûlées
01:22:40vives désormais
01:22:41après deux semaines
01:22:42de vie
01:22:43avec un conjoint
01:22:44c'est cette réalité
01:22:46à laquelle nous faisons face
01:22:47mais notre société
01:22:48est aussi devenue
01:22:49une société de prédation
01:22:51parce que notre société
01:22:53considère que tout
01:22:54peut être consommé
01:22:55tout
01:22:56absolument tout
01:22:57et désormais
01:22:58à force de réseaux sociaux
01:23:00de jungle moderne
01:23:01nous ne faisons plus
01:23:02de différence
01:23:03entre la consommation
01:23:05des biens
01:23:05de première
01:23:07et de seconde nécessité
01:23:08et la consommation
01:23:10des corps
01:23:10des êtres
01:23:11et des enfants
01:23:13la réponse
01:23:14à cette menace
01:23:15radicale
01:23:16ne peut qu'être
01:23:16une réponse radicale
01:23:18et elle va nécessiter
01:23:19que nous y consacrions
01:23:20toute notre force
01:23:21pour être plus précis
01:23:23je voudrais aborder
01:23:24trois points
01:23:25qui me paraissent
01:23:26essentiels
01:23:28d'abord le premier point
01:23:29c'est la création
01:23:30d'une juridiction spécialisée
01:23:31nous pourrons nous dire
01:23:33ce que nous voudrons
01:23:34sans cet élément
01:23:35d'architecture
01:23:36nous ne pourrons pas
01:23:37avancer aussi vite
01:23:38que nos voisins espagnols
01:23:39l'ont fait
01:23:40et nous avons déjà perdu
01:23:42en réalité
01:23:43beaucoup de temps
01:23:44le 1er décembre 2022
01:23:46dans cette même assemblée
01:23:48nous débattions
01:23:49de la création
01:23:49d'une juridiction spécialisée
01:23:51pour protéger les femmes
01:23:52et les enfants
01:23:53victimes de violences
01:23:54et à cette époque-là
01:23:56le 1er décembre 2022
01:23:58à une voix près
01:23:59nous réussissions
01:23:59à faire adopter
01:24:01ce texte
01:24:01en première lecture
01:24:03le 1er décembre 2022
01:24:05madame la ministre
01:24:06Aurore Berger
01:24:07vous étiez députée
01:24:08vous étiez même
01:24:09présidente du groupe
01:24:10renaissance
01:24:10et avec beaucoup d'efforts
01:24:12vous vous êtes opposée
01:24:13à cette proposition de loi
01:24:14vous avez voté contre
01:24:15vous-même
01:24:16comme 28 autres députés
01:24:18nous l'avons fait adopter
01:24:20nous l'Assemblée nationale
01:24:21contre l'avis
01:24:22d'un gouvernement
01:24:22auquel appartenait
01:24:23monsieur Gabriel Attal
01:24:25enfin
01:24:26il nous faudra
01:24:27faire en sorte
01:24:28que les moyens budgétaires
01:24:29soient au rendez-vous
01:24:30sans cela
01:24:31ce texte-là
01:24:32restera
01:24:33lettre morte
01:24:34aujourd'hui
01:24:35nous n'y sommes pas
01:24:36du tout
01:24:37et il nous faudra veiller
01:24:39non seulement
01:24:39dans ce texte
01:24:40mais aussi dans les débats budgétaires
01:24:42à ce que les grandes promesses
01:24:44n'accouchent pas
01:24:45de toutes petites intentions
01:24:47enfin
01:24:48je souhaite dire que
01:24:49ce texte
01:24:51de loi intégrale
01:24:51nous permettra
01:24:52peut-être
01:24:53d'être à la hauteur
01:24:54de notre mission
01:24:56mais que nous devons nous souvenir
01:24:57qu'il ne nous permettra
01:24:58jamais
01:24:58d'être à la hauteur
01:25:00du courage immense
01:25:01et absolu
01:25:02qui est celui des victimes
01:25:03qui trouve une force
01:25:05incroyable
01:25:06à parler
01:25:07et à se battre
01:25:09à nous donner l'exemple
01:25:10de ce que nous devons faire
01:25:11je vous remercie
01:25:13merci monsieur le député
01:25:15madame la ministre
01:25:17sur la question budgétaire
01:25:18qui a été posée
01:25:20de manière totalement légitime
01:25:21un certain nombre de fois
01:25:22j'avais l'occasion de le dire
01:25:24quand j'avais été auditionné
01:25:26par la commission spéciale
01:25:27je le redis ici
01:25:28nous ferons
01:25:29à chaque étape
01:25:31de l'examen
01:25:31de cette proposition de loi
01:25:33c'est à dire
01:25:33une fois
01:25:34le 13 octobre
01:25:35ce texte
01:25:36je l'espère
01:25:36voté à l'unanimité
01:25:38à l'Assemblée nationale
01:25:39et ensuite
01:25:40dans son parcours au Sénat
01:25:41une évaluation précise
01:25:43de chacune des dispositions
01:25:45et des conséquences budgétaires
01:25:47que nous devons en tirer
01:25:48en clair
01:25:49nous allons faire
01:25:50un exercice inédit
01:25:51de sincérisation
01:25:52à chaque fois
01:25:53qu'un article
01:25:54sera voté
01:25:54oui ça s'appelle
01:25:55une sincérisation budgétaire
01:25:57sincérité budgétaire
01:25:58vous demandera la cour des comptes
01:25:59je vous assure
01:25:59qu'il voit très bien
01:26:00de ce dont je parle
01:26:01et je pense que les parlementaires
01:26:02voient aussi très bien
01:26:03de ce dont je parle
01:26:03c'est à dire garantir
01:26:05qu'une fois qu'un article
01:26:06est voté à l'Assemblée nationale
01:26:07une fois qu'un article
01:26:08est maintenu au Sénat
01:26:09une fois que les dispositions
01:26:11sont votées en commission
01:26:12mixte paritaire
01:26:13que nous sachions exactement
01:26:15et précisément
01:26:16les moyens humains
01:26:17et budgétaires supplémentaires
01:26:19qui doivent pouvoir
01:26:20y être alloués
01:26:21et le gouvernement
01:26:22à l'issue
01:26:23je l'espère
01:26:23de la CMP conclusive
01:26:25déposera
01:26:26je déposerai au nom du gouvernement
01:26:27un amendement
01:26:28qui fera office
01:26:30de programmation budgétaire
01:26:31au regard de ce que vous aurez
01:26:33souhaité voter
01:26:34tant à l'Assemblée nationale
01:26:36qu'au Sénat
01:26:36c'est un exercice
01:26:37de transparence
01:26:38de sincérité
01:26:39et un engagement
01:26:40sur la nécessité
01:26:41de l'augmentation
01:26:42des budgets
01:26:43voilà pour le début
01:26:45de l'examen de ce texte
01:26:46c'est la fin
01:26:47de cet épisode
01:26:48bonne suite de programme
01:26:50sur LCP
01:26:50l'examen de ce texte
01:26:54l'examen de ce texte
01:26:56l'examen de ce texte
01:26:56l'examen de ce texte
01:26:56l'examen de ce texte

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  1. Dweezil
    il y a 3 semaines