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  • il y a 3 heures
Élus par les territoires, les sénatrices et les sénateurs connaissent le terrain et côtoient les acteurs de notre patrimoine agricole et nourricier, tout ce qui fait de la France un pays où le contenu de l'assiette relève d'un engagement quotidien.
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :

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Transcription
00:07C'est un caillou, c'est un rocher, c'est un solitaire, puisque c'est un diamant.
00:11Ce diamant, il orne la côte sud-ouest de l'île de la Martinique,
00:15que nous allons visiter ensemble aujourd'hui en compagnie du sénateur Frédéric Buval du groupe RDPI.
00:21Croyez-moi, un tour de cette île vaut tous les voyages.
00:34C'est parti.
01:01Ah, je le vois.
01:03Bonjour, monsieur le sénateur.
01:04Bonjour, comment allez-vous ?
01:06Vous étiez absorbé dans la contemplation de votre mère.
01:10Oui, mais je pense que c'est une mère que tous les Martiniquais adorent.
01:14Alors, au moment où je vous parle, on prend toute l'iode, les embruns dans le nez.
01:20Eh bien, ces embruns-là, cette iode-là, ça vient du marché aux poissons de la fréité.
01:25Ah, c'est l'odeur du marché aux poissons ?
01:26Ah oui, tout à fait. Si vous voulez bien, je vous emmène tout de suite.
01:29Ah, mais carrément.
01:32Vous, vous avez été maire d'ici de la Trinité pendant combien de temps ?
01:35Alors, j'ai d'abord été élu conseiller municipal en 1983.
01:39D'accord. Ça, c'était le début de l'aventure.
01:41Le début de l'aventure politique.
01:42Mais vous veniez d'un milieu d'agriculteur et de travail de la terre, ici.
01:48Alors, j'ai été pendant cinq ans agriculteur, puisque, après mes études à Isagone,
01:53j'ai terminé ma carrière comme enseignant.
01:59On arrive au marché aux poissons, là.
02:01Oui.
02:02J'entends déjà la poissonnière.
02:03Et surtout, le bruit du coutelard.
02:12On a marché pour venir ici.
02:13Vous avez croisé 20 personnes.
02:15Vous avez fait la bise à tout le monde.
02:16Vous connaissez tout le monde, ici.
02:17Je connais tout le monde, parce que je suis élu depuis 1983 à la Trinité.
02:2283 ?
02:2283, d'abord avec le maire Casimir Romridor, et en 89 avec le maire Lucef Mancourt,
02:27qui était député national, député européen.
02:31Et j'ai pris sa succession en tant que maire en 2014.
02:34Jusqu'en 2023, je suis élu sénateur.
02:37Sénateur en 2023.
02:39Donc, vous êtes un jeune sénateur.
02:40Un jeune sénateur.
02:41Tout près sorti de l'école des sénateurs.
02:43Exactement.
02:47C'est de la pêche côtière ?
02:48De la pêche au large.
02:50Au large ?
02:50Au large.
02:51Pourquoi ?
02:51Parce que la pêche côtière n'est plus autorisée par rapport au problème de la chlordécone.
02:57Ah bon ?
02:57Pourquoi ?
02:58Il y a du ruissellement de chlordécone depuis les plantations de bananes ?
03:02Depuis les plantations de bananes.
03:03Et après des tests et des essais,
03:06on s'est rendu compte que les poissons étaient chlordéconeés.
03:10Sénateur, au cours de vos mandats,
03:12vous êtes passé du Parti socialiste
03:17vers l'air des pays qui est un parti plus centriste.
03:20Parce que c'est le groupe le plus important d'ultramarins au Sénat.
03:23Et à l'air des pays,
03:25j'ai la totale liberté de mes mouvements,
03:28de mes pensées politiques,
03:29de mes votes au Sénat.
03:31Mais je suis toujours socialiste de cœur.
03:33Est-ce qu'aujourd'hui, le fait d'être à Paris
03:37fait que vos administrés pensent vous avoir perdus ?
03:42Quand le cordon ombéical a été coupé,
03:44quand j'étais élu sénateur,
03:46ça a été difficile.
03:47Et pour eux, et pour moi.
03:49Ils vous l'ont dit ?
03:50Ils me l'ont dit.
03:50Mais arrivé au Sénat,
03:52on se retrouve dans une situation administrative et politique
03:56qui fait que c'est l'endroit où il faut défendre les territoires.
04:00Est-ce que vous avez la même voix
04:02que ceux qui viennent des départements, de métropoles ?
04:05La majorité des sénateurs de l'Hexagone,
04:08ils sont à 8000 kilomètres des problèmes de la Martinique,
04:11de la Guadeloupe, et plus loin encore, de la Nouvelle-Calédonie.
04:14Il faut que nous soyons toujours dans l'explication
04:17de ce qui se passe sur nos territoires.
04:20Quand on a des ministres qui changent tous les six mois
04:22comme ministre des Outre-mer,
04:24ça nous pose des problèmes.
04:26Il faut laisser le temps aux ministres
04:28de s'imprimer de ce territoire très vaste ultramarain.
04:33Je suis optimiste parce qu'on met en place
04:37tout ce qu'il faut mettre en place
04:38pour accompagner la population.
04:43En parcourant les sentiers de l'île aux fleurs,
04:46comme on la surnomme,
04:47nous rencontrerons la future génération
04:49des chefs et maîtres d'hôtel martiniquais
04:51au lycée hôtelier Nord-Carré.
04:53Puis, direction la cabane du pêcheur de Ludovic,
04:56aux Trois-Illets,
04:57avant de se poser à la plantation de Roseline
05:00pour prendre un cacao.
05:02Et comme en Martinique,
05:03tout commence par le sucre et s'achève par le rhum,
05:06direction les champs de canne à sucre
05:08de la famille Hardy.
05:10Mais d'abord, rendons visite à Émile Rosalie
05:13à la ferme Angri-Yavla.
05:14Plus qu'un arboriculteur,
05:16c'est une véritable star de la botanique tropicale
05:18qui adore transmettre ses secrets aux visiteurs.
05:22Allez, on y va.
05:34Bonjour, Émile.
05:35Ça va?
05:36Sans faire nure.
05:37Bienvenue.
05:38Il y a des moutons ici?
05:40Je crois que vous êtes au milieu de la laine.
05:42Non, pas du tout.
05:43C'est le fromager,
05:44qui est dans sa période de floraison.
05:46Pour protéger.
05:47Autant ne pas pleuant.
05:49Voilà.
05:49Et quand ça part,
05:52ça retombe,
05:52autant n'importe le vent.
05:53Et quand il pleut,
05:54comme il y a déjà le coton,
05:55humidifié, ça gerbe.
06:02Entrez au paradis,
06:03au jardin d'Éden d'Émile.
06:10Voilà.
06:11Ça, c'est une liane.
06:13Famille des fouilles de la passion.
06:16Des passifs.
06:17Tiens.
06:18Tiens.
06:18Voilà.
06:19Tu peux?
06:19Oui.
06:21Vous pouvez le goûter.
06:24Voilà.
06:25Essayez.
06:26Goûtez.
06:30Hum.
06:32C'est incroyable.
06:33Mais oui.
06:33Ça a un goût totalement inconnu pour moi.
06:36Ah.
06:37C'est vraiment un goût autre.
06:39C'est incroyable.
06:41Alors, c'est...
06:41Comment ça s'appelle?
06:43Pomme liane.
06:44Mais on glisse tout ce qui est à l'intérieur dans un VR à ponche.
06:48On met le ponche dessus.
06:50On touille.
06:51Et puis, c'est délicieux.
06:52Ça ressemble à une recette du bonheur, ça.
06:54Tiens.
06:54C'est la recette du bonheur, effectivement.
06:57Et ces feuilles-là sont précieuses.
07:00Je vais partir avec quelques feuilles parce que ça fait dormir.
07:03Ah oui?
07:03On fait des infusions de pomme liane.
07:06Oui.
07:06De pomme liane.
07:08C'est un jardin pédagogique ou est-ce que c'est un jardin qui a une vertu de production?
07:12Eh bien, moi, vu ma longébité, j'applique aux gens mes recettes.
07:16Je suis pédagogue, mais je suis aussi pratiquant.
07:19C'est-à-dire que je ne parle pas de choses que je ne connais pas.
07:21Vous êtes un peu un naturopathe.
07:23Mon naturopathe ne cherche pas à détruire l'autre.
07:26Il cherche à lui apporter du bien-être.
07:28Est-ce qu'ici, vous avez des bananes?
07:31Si.
07:31Bien sûr.
07:32Vous pouvez m'emmener les voir?
07:33Oui.
07:38Donc ces bananes, c'est quoi?
07:40C'est la banane qu'on appelle cancambou aux gros femmes.
07:43Grosse femmes.
07:46Emile, le chlordécone, on en parle ou pas?
07:49Non, il faut expliquer.
07:50Parce que quand on explique, les gens sont plus rassurés.
07:52Parce qu'on me dit qu'il y en a partout.
07:54Partout, ce n'est pas vrai.
07:55Il y a des seuls qui ne l'ont pas reçu du tout.
07:57Oui, mais il a été interdit beaucoup plus tôt, par exemple, aux États-Unis.
08:00Aux États-Unis.
08:01Mais ceci étant dit, il avait déjà distribué en Inde, en Chine, partout.
08:04Nous n'étions pas au courant.
08:05Le chlordécone, nous ne sommes pas les seuls à apporter cette histoire.
08:09Nous sommes par contre les seuls à le dénoncer.
08:12C'est pratiquement ça.
08:13Mais je suis sûr qu'en Belgique et partout, tout le monde se tait.
08:16Et ça, bien sûr, dans les pommes de terre, partout, il y a ça, dans les seuls.
08:21Et tout le monde se tait.
08:22Vous, vous avez été alerté.
08:23Donc, le chlordécone a été interdit en Martinique.
08:26Voilà.
08:26Donc, les seuls vont se régénérer avec beaucoup de temps.
08:29Oui.
08:29En revanche, il y a des pays où on continue à faire de la banane en utilisant du chlordécone.
08:34Mais bien sûr, tous les pays, Costa Rica, partout.
08:37Même si on le retire ou qu'on ne l'utilise plus, les seuls ont été impactés.
08:42Bien sûr.
08:43Alors, combien de temps pour cette régénération ? Que disent les scientifiques ?
08:48Au départ, on sait que si on n'intervient pas scientifiquement pour faire diluer le chlordécone dans les seuls, c
08:55'est pour des siècles.
08:56Donc, c'est vraiment important ça.
08:57C'est une calamité pour la santé des Martiniquais et tous les territoires.
09:02Et tous ceux qui achètent de la banane.
09:04Oui.
09:05Il vaut mieux manger de la banane martiniquaise où les choses sont faites de manière à éradiquer plutôt que de
09:11prendre l'équatorienne ou de la costaricienne.
09:13Vous avez tout dit.
09:15Vous, ici, pas de pesticides ?
09:18J'ai été formé avec les pesticides, les herbes, toutes ces choses-là.
09:22Et depuis de nombreuses années, on a arrêté.
09:24Et là, on fait zéro traitement.
09:25Et ce qu'on a remarqué, c'est que ça ne change rien.
09:30Au fond, Émile, c'est comme si un jardin, c'était comme l'alimentation.
09:34Il faut diversifier au maximum son alimentation.
09:37Dans le jardin, c'est pareil, il faut diversifier au maximum.
09:40C'est ça le secret du salut ?
09:42La nourriture, c'est un soin du corps.
09:44Et donc, chaque personne doit connaître son besoin par rapport à la journée qu'il aura développée.
09:50Chaque légume a un rôle dans le corps.
09:52Ça, c'est important.
09:52Celui apporte du bien-être.
09:54Voilà.
09:54Donc, il faut travailler pour, comme je redis encore, quand je installe ma production, je pense d'abord à mes
10:00clients et à leur bien-être.
10:02Ça, c'est fondamental.
10:03C'est dans la forêt que se trouve la vie.
10:13Monsieur le sénateur, on est remonté du sud profond de l'île.
10:18Et on a suivi la côte Caraïbe.
10:20Et là, on est au nord.
10:21Tout à fait, au nord Caraïbe.
10:22Et nous sommes sur le lycée du nord Caraïbe, à Bellefontaine.
10:26Et c'est le seul lycée, hôtelier de la Martinique.
10:29Ah, c'est le seul ?
10:30Et nous avons le lycée qui nous atteint.
10:31Bonjour.
10:32Bonjour.
10:33Vincent.
10:34Bonjour.
10:43Bonjour, bonjour.
10:45Bonjour.
10:48Merci de nous accueillir dans votre cuisine.
10:51Ça sent bon, déjà.
10:53Alors, expliquez-moi qui est qui, Ludovic ?
10:56Deux profs d'organisation et production culinaire.
11:00Donc, qui est avec une classe de seconde et avec une classe de premier en bac pro.
11:03Vous formez à quoi exactement ?
11:05On forme les jeunes pour qu'ils puissent avoir leur bac et ensuite aller au niveau supérieur,
11:11en BTS, ou alors aller sur le marché du travail directement.
11:15Directement sur le marché du travail, on s'entend du lycée ?
11:17Après le bac pro, oui.
11:18Alors, combien d'éléments pour la classe ?
11:19Alors, dans une classe, il y a 24 élèves divisé en deux groupes.
11:24Un groupe cuisine, un groupe salle.
11:27Ceux qui arrivent ici, en seconde, est-ce qu'ils ont déjà, alors le goût certainement, mais un savoir-faire
11:34?
11:34Alors, je dirais que c'est un peu la page blanche.
11:37Ils ont quelques prérequis.
11:38Ils connaissent les épices, les goûts quand même.
11:41Qui sont dans la culture commune.
11:42Mais il faut quand même tout revoir.
11:45Est-ce qu'on leur apprend à faire le marché ?
11:48On va plutôt réaliser des sorties.
11:51On va aller voir des producteurs locaux.
11:53Et là, au moins, ils vont pouvoir comprendre d'où vient le produit.
11:57On va faire plutôt des sorties pédagogiques.
11:59Et amener les élèves sur le marché, c'est aussi important de les amener sur l'exploitation agricole.
12:04Parce que, dans les marchés, nous avons les mamies qui vendent.
12:08Et ces mamies-là, ce sont des trésors culinaires.
12:11Est-ce qu'ici, vous êtes soumis à la loi EGalim dans vos achats, dans vos approvisionnements ?
12:19On utilise principalement des produits locaux.
12:23Et eux-mêmes, ça leur permet de voir un petit peu la différence des produits qu'il y a entre
12:27l'Europe et la Caraïbe.
12:29Puisqu'en trois ans de formation, ils partent quand même au moins une fois en stage en métropole.
12:35Ce sénateur, je ne sais pas si ça vous a ouvert l'appétit, mais moi, sacrément.
12:39Merci beaucoup.
12:41Merci.
12:49Merci.
12:50Merci bien.
12:55C'est très bon.
12:57J'ai mis les doigts.
12:58C'est de la strict food.
13:08Bonjour, bonjour.
13:10Bonjour, salut.
13:11Vincent.
13:12Je suis Dudovic, chers amis.
13:13Bonjour, Dudovic.
13:14Fédéric.
13:14Bonjour, Dudovic.
13:15Je suis un pêcheur.
13:18On est sur la côte caribe, au sud de l'Anse, face à Fort-de-France, aux Trois-Illets, c
13:23'est ça ?
13:24Oui, c'est bien ça, oui.
13:25Donc ici, quelles sont les conditions ? Vous avez moins de vent que sur l'autre côté de l'île
13:30?
13:30Voilà, oui, oui.
13:31Ici, c'est plus calme.
13:32C'est un peu abrité, quoi.
13:34Voilà.
13:34Comment ça va la pêche en Martinique ? C'est dur, non ?
14:06Oui, c'est dur.
14:11C'est dur.
14:15C'est dur.
14:17C'est dur.
14:19C'est dur.
14:21Voilà, c'est le seul métier où on dépense déjà beaucoup et on ne sait pas encore si on va
14:26faire la journée.
14:28Tous les autres métiers, c'est autrement.
14:31Mais la pêche, il faut déjà mettre 200 à 300 euros d'essence, la glace, les vives et tout.
14:39Et on ne sait pas encore si on va faire la journée.
14:41Alors, c'est vrai que côté caribe, on est moins touché que côté atlantique, mais il y a ce problème
14:46des sargasses.
14:47Oui, des sargasses.
14:48Ces algues, ça doit être terrible pour beaucoup d'entre vous, pêcheurs.
14:51Oui, même pour les pêcheurs, même pour les gens qui habitent aussi.
14:55Même pour les pêcheurs, on a un autre matériel qui se casse.
14:58On a tout ce qui est moteur.
15:01Parce que si vous le prenez dans un banc de sargasses, c'est…
15:04Voilà, ça, c'est la partie navigation.
15:07Mais la partie où on est stagné, je pense au port de pêche où il y a des sargasses qui
15:11se reposent.
15:12Et les moteurs sont bouffés par rapport aux sargasses, le métal.
15:16Ah oui, la corrosion.
15:17Voilà, c'est un beau impact sur le métier.
15:20Est-ce que ça vous oblige peut-être à augmenter vos prix pour amortir le matériel qui souffre plus ?
15:27Oui, mais si on augmente les prix, comment la population va faire boacher du poisson ?
15:32Il faut penser aussi à la population.
15:34Mais c'est saisonnier, la sargasse ?
15:37Non, c'était saisonnier avant.
15:38On savait qu'il y avait 3-4 mois de sargasses.
15:41Mais là, maintenant, c'est 12 mois sur 12.
15:43C'est permanent ?
15:4412 mois sur 12.
15:4612 mois sur 12.
15:47Il y a des accalmies ?
15:47Oui, et puis après ça reprend, mais c'est 12 mois sur 12.
15:49Ça veut dire qu'il y a des secteurs de l'île qui ont entièrement perdu l'activité de pêche,
15:56par exemple, à cause de ça ?
15:58Je dirais que l'activité de pêche a diminué.
16:00Diminué.
16:00Diminué par rapport aux sargasses, mais elle n'a pas perdu.
16:02Justement, il y a des aides qui vont être données aux marins pêcheurs.
16:06Oui.
16:07Ça c'est bien.
16:08Pour l'acquisition de bateaux et tout.
16:09On a fait combien de batailles.
16:10Ah, on a bataillé, on a bataillé.
16:12On a fait combien de batailles.
16:13Ah oui, beaucoup.
16:21Frédéric, ça grimpe ici.
16:22On est dans le nord de l'île.
16:24Oui, oui, ça c'est le grenouille.
16:25Il y a la montagne pelée juste derrière nous.
16:27Et on va où là en grimpant ?
16:28Eh bien, on va avoir une exploitation de cacao et de café chez Charles et Roselyne.
16:36Bonjour Charles, bonjour Roselyne.
16:39Bonjour Vincent.
16:40Roselyne, je vous voyais comme absorbée par l'amour de votre cabosse de cacao.
16:45Je pense que là, c'est une hybride.
16:48Notre plantation, ce qui fait vraiment la force, c'est cette diversité de fruits.
16:53Et c'est prouvé qu'en les mélangeant, on arrive à avoir un cacao quand même assez excellent.
17:00C'est quasi de l'agroforesterie ici, Charles.
17:03C'est ça.
17:04On cherche à intégrer la plante dans son environnement naturel.
17:09Et on le taille très tardivement.
17:13On le laisse évoluer.
17:15Quand il va grandir, il faut couper les arbres.
17:18Ah oui, pour avoir de la lumière ?
17:19Pour avoir de la lumière.
17:20Il faut soulever la plante pour savoir ce qu'il a besoin et quel arbre que le gêne.
17:24Un cacaoillé, quand il est à maturité, ça va donner combien de cabosses sur un arbre environ, Roselyne ?
17:32Au bout de 10 ans, on considère qu'il est adulte, il peut donner 50 cabosses, même plus.
17:36Est-ce que l'arbre est endémique ici ou est-ce qu'il a été apporté en fait ?
17:40On pense qu'il est endémique, quand on regarde la position de l'île par rapport justement…
17:45Et la latitude et la proximité avec le Mexique.
17:48Exactement.
17:49Et surtout que nous avons des cacaoillés vraiment centenaires sur la plantation.
17:54Mais comment avez-vous appris à planter du cacaoillé ?
17:58Est-ce que ça se faisait déjà chez votre père, votre grand-père ?
18:01Je ne sais pas.
18:02Mon père était agriculteur, c'est son domaine ici.
18:05Il en faisait déjà.
18:06Il y a des arbres que lui, il a plantés et puis nous étions dans une association.
18:10Et tous les membres de l'association s'est mis à faire leur plan.
18:14On faisait des échanges et ça a marché.
18:17Roselyne, vous avez été un peu à l'origine ici du retour en force du cacao sur l'île de
18:23la Martinique ?
18:23Tout à fait, oui, déjà insufflée par ma fille qui vivait à Londres,
18:28qui souhaitait rentrer au pays pour développer une activité.
18:31Pour faire du chocolat.
18:32Pour faire du chocolat.
18:33Parce qu'à l'origine, le chocolat tel qu'on le consomme aujourd'hui,
18:37c'est-à-dire en tablette, avec du sucre et du beurre de cacao,
18:41ce n'est pas comme ça qu'on le faisait à la Martinique.
18:43Le chocolat était réservé au festin, premier communion, aux grandes occasions.
18:47Et on prenait le bâton cacao que les mamies et les grand-mamins rappaient en quelque sorte.
18:52On faisait une poudre pour faire du chocolat.
18:55Chocolat pays, beau cacao.
18:59Ce sont deux marchés extrêmement porteurs à l'échelon mondial, le café et le cacao.
19:03Ce sont deux cultures patrimoniales de la Martinique, il ne faut pas oublier.
19:07C'est important de ne pas laisser partir le train du commerce, de ses matières premières essentielles.
19:13Je dirais que le train est déjà parti, mais il faut que nous, à la Martinique,
19:17on accélère le processus pour rattraper le train.
19:23J'adore cette sensation.
19:25Et alors, c'est une odeur tellement particulière.
19:27Ah oui.
19:29Et donc, notre cacao va nous donner un cacao 100% et un cacao à 70%.
19:36Très bien.
19:37Le 100% ? On commence par le plus hard.
19:39Voilà, il faut commencer par le plus hard.
19:41Oui, oui.
19:43Voilà.
19:43Donc, c'est un chocolat fermier.
19:46Exactement.
19:47De tiroir.
19:49Je risque de rester chez toi ce soir.
19:51Ah !
20:01Dis donc, Frédéric.
20:02Oui.
20:03Vous avez décidé de me faire crapahuter dans les champs de cannes à sucre.
20:06Comme nous sommes à Tartane, à la Trinité, il y a une exploitation de Jean-Pascal et de Gaëlle,
20:11qui ont repris une tradition familiale.
20:14D'accord, j'ai compris.
20:15Vous êtes d'ici, il faut goûter du rhum, autant que ça soit à la fin de la journée.
20:20Bonjour.
20:22Bonjour.
20:24Alors, Jean-Pascal, le particularisme de la Martinique, c'est le rhum agricole.
20:30Oui, absolument, la Martinique, comme la Guadeloupe et la Guyane font du rhum agricole, c'est-à-dire
20:34du rhum qui est issu du pur jus de canne, à la différence des autres rhum dans tout le
20:39monde et dans la Caraïbe, qu'on appelle les rhum de mélasse, les rhum de sucrerie,
20:43qui sont faits avec la distillation de la mélasse.
20:57Mais qui plus est, c'est le seul rhum au monde qui a l'appellation d'origine contrôlée,
21:03ce qui en fait un rhum d'excellence reconnu parmi tous les expériences.
21:07D'ailleurs, heureusement, puisqu'on a une période de production qui n'est que de
21:10six mois dans l'année.
21:11Ah oui ?
21:11Oui.
21:12Donc là, par exemple, nos cannes viennent d'être coupées et comme ça, on peut ensuite
21:15distiller notre rhum dans la distillerie la plus proche, qui est à dix minutes d'ici.
21:19Alors, vous faites distiller, vous n'avez pas votre propre distillerie.
21:22On avait notre propre distillerie jusqu'en 1994.
21:26On est la cinquième génération de ce rhum, c'est une vieille histoire de plus de 150
21:29ans.
21:30Mon oncle, qui avait repris l'affaire familiale, a eu la bonne idée de sous-traiter avec
21:35Saint-Jean, parce que financièrement, ça n'a pas de sens.
21:38Sur quel terrain se bat le rhum aujourd'hui pour reconquérir des parts de marché ?
21:42Il faut vraiment réserver notre rhum à des sélections de haut de gamme.
21:47Il faut faire du haut de gamme.
21:48Il faut faire de l'excellence.
21:50On n'est pas là pour bricoler.
21:51Nous, on est là pour viser l'excellence dans le monde.
21:53Et c'est la marque de fabrique des rhum de Martinique, avec notamment l'AOC.
21:58La Martinique a fait le choix de l'AOC, de l'appellation d'origine contrôlée.
22:02Et les Guadeloupéens, non.
22:04Comment est-ce qu'on peut expliquer ce choix ?
22:06La Guadeloupe et la Martinique, oui, il y a une petite compétition, comme il y a
22:09une compétition à l'intérieur même des rhum de Martinique.
22:12Simplement, il y a un pacte de non-agression, on va dire ça comme ça, entre la Guadeloupe
22:16et la Martinique sur les deux territoires.
22:18C'est-à-dire que vous n'allez quasiment jamais trouver dans les grandes surfaces en
22:22Martinique des rhum guadeloupéens.
22:24Et à l'inverse, en Guadeloupe, dans les grandes surfaces, vous ne trouverez quasiment
22:28jamais de rhum martiniquais.
22:30Frédéric, le rhum, c'est dans l'âme martiniquaise.
22:35Le rhum, c'est un élément de convivialité et de fraternité.
22:41Quand on reçoit à la maison, la première chose qu'on propose, c'est un pouche.
22:46Et une fois qu'on a pris le pouche, on se lâche, on est assis, on est dans une convivialité.
23:00Vous êtes habitués, moi j'y vais mollo.
23:03Merci beaucoup.
23:04Merci.
23:05Merci d'être venu.
23:05Merci.
23:08Merci.
23:18Merci.
23:20C'est quoi, gingembre citron, c'est ça ?
23:21C'est ton gingembre.
23:22Merci beaucoup.
23:24Cher Frédéric Buval, il est temps de se pencher un petit peu sur notre périple de
23:28la journée.
23:29Le sucre issu de la canne représente que 0,5% de la production de sucre française en
23:35Martinique.
23:36Comment est-ce qu'on le vit ici alors que le sucre a été un peu le moteur de l
23:40'économie
23:41agricole ?
23:42Au fil des années, la culture de la banane a grilloté sur les terres agricoles plantées
23:47en canne à sucre.
23:48Et bon, tant il y a un moeste canne à sucre, forcément, il y a un moeste de sucre.
23:52Pourtant, dans les habitudes de consommation des Martiniquais, moi j'ai été frappé toute
23:58la journée de voir qu'on mange très sucré.
24:01Oui, parce que c'est historique.
24:03C'est culturel.
24:04C'est culturel.
24:05On est né avec ce goût de sucre et ça pose des problèmes de santé d'ailleurs.
24:10La Martinique a des problèmes de santé par rapport à l'obésité, qui vient de la
24:15consommation excessive de sucre.
24:16Obésité, diabète.
24:17Diabète.
24:18Qui va avec, évidemment.
24:18Bien sûr, bien sûr, diabète.
24:20Donc, partout, vous retrouvez du sucre en excès, dans l'agroalimentaire, en excès,
24:26dans les boissons nationales, internationales que l'on connaît.
24:30Il sucre beaucoup plus.
24:32Autre problème que je me dois de mettre en avant, c'est ce problème des sargasses.
24:37Donc, ça prolifère à vitesse grand V, c'est exponentiel et ça suit les courants
24:41de la Caraïbe et ça arrive dans toutes les îles de la Caraïbe.
24:45Maintenant, ça fait plus de 15 ans que nous avons ce problème là sur le territoire et
24:51on s'est rendu compte que ça pose des problèmes de santé parce qu'on ne savait pas faire.
24:56Les élus ne savaient pas faire.
24:57Une évasion massive de sargasses sur les plages, c'est inquiétant.
25:02Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
25:03Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Là maintenant, on a trouvé le moyen de mettre des barges
25:07qui récupèrent la sargasse en mer.
25:11La barge va boyer la sargasse et ira très loin, mais je vous dis très loin, pour envoyer
25:18les résidus de sargasses.
25:20Quels sont les atouts à mettre en avant pour continuer à avoir un tourisme florissant ici ?
25:24Vous avez un concentré de la gastronomie mondiale et ultramarine à la Martinique.
25:31Alors, c'est une bonne chose de venir à la Martinique pour déjà goûter tout cela.
25:37Français, ultramarins, martiniquais, dans quel ordre pour vous ?
25:41Vous me demandez quelque chose de difficile, mais je vous dirai qu'il faut les mettre
25:45sur le même plan.
25:46D'accord.
25:46Et on les met sur le même plan, parce que partout où je suis, je suis martiniquais,
25:51je suis caribéen, je suis européen et je suis français.
25:54Donc, je ne peux pas dissocier l'un de l'autre.
25:57Je vous souhaite de venir passer de belles vacances en Martinique.
26:00Vous vous sentirez à l'autre bout du monde, mais quand même chez vous.
26:03C'est ça qui est merveilleux.
26:04En tout cas, on se retrouve rapidement sur publicsénat.fr ou directement sur la chaîne
26:10Public Sénat.
26:10A bientôt.
26:11Comment est-ce qu'on dit qu'en train, qu'en créole ?
26:13Peace force.
26:14Peace force.
26:15Peace force.
26:29Peace force.

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