00:00Quelqu'un peut ĂȘtre en train de souffrir mentalement,
00:03mĂȘme physiquement, peut paraĂźtre ĂȘtre Ă l'aise.
00:07On parle mĂȘme du sourire masquĂ©.
00:10Le suicide reste un sujet dont on parle peu.
00:13Ă l'occasion de Septembre Jaune,
00:15mois de sensibilisation à la prévention du suicide,
00:18Atulomé a rencontré le psychologue Jean-Urbain Sebado
00:20pour mieux comprendre les signes de mal-ĂȘtre
00:23et savoir comment accompagner une personne en souffrance.
00:25Je suis Jean-Urbain Sebado,
00:28psychologue du travail et des organisations,
00:31directeur de JUS Consulting,
00:34un cabinet de psychologie spécialisé
00:37en connaissance de soi,
00:39en orientation scolaire professionnelle
00:41et en gestion du stress au travail.
00:44L'Organisation mondiale de la santé
00:46consacre tout un mois, sept ans d'ailleurs,
00:49pour célébrer ce terme qui nous rassemble,
00:53le suicide, surtout pour sa prévention.
00:55Avant, c'est une thématique qui est considérée tabou.
00:59Donc, le but, c'est de lever le voie,
01:02apporter une forme de sensibilisation
01:04et d'information
01:06afin que les gens puissent identifier
01:09ces situations dans la vie des autres
01:12pour les aider Ă demander de l'aide
01:14ou pour leur venir en aide.
01:16Quand nous parlons du suicide,
01:19il faut faire recours à trois réalités.
01:21La premiÚre réalité, c'est l'idéation suicidaire.
01:26Dans la mesure oĂč ça commande d'abord,
01:28dans la tĂȘte, dans la pensĂ©e de l'individu,
01:31oĂč il se dit,
01:32le monde irait mieux sans lui, par exemple,
01:35ou son absence ferait du bien aux autres.
01:38Il serait mieux qu'il disparaisse définitivement.
01:42La seconde réalité,
01:45c'est la tentative du suicide.
01:48Ă ce niveau, l'individu volontairement
01:53veut passer Ă l'Ăątre,
01:55ou bien est passé à l'ùtre,
01:56mais il survit.
01:58Il n'est pas mort.
01:59Et le suicide en soi,
02:00c'est quand la personne passe réellement à l'ùtre
02:03et elle décÚde.
02:05Les situations qui peuvent fragiliser
02:08psychologiquement une personne
02:10peuvent venir de plusieurs ordres.
02:14Quand nous prenons simplement les événements de la vie,
02:16les coups durs de la vie,
02:18les blessures intérieures,
02:20les départs douloureux,
02:22le deuil,
02:22la perte d'un ĂȘtre trĂšs cher,
02:26la dépression,
02:27il y a aussi l'échec répété.
02:30Quand nous prenons la somme de ces situations,
02:34ça peut avoir des répercussions énormes
02:36sur la santé mentale.
02:39Il peut y avoir des situations d'humiliation publique.
02:43Ăa peut lui prĂȘter plus tard des idĂ©es d'isolement
02:47et des idées suicidaires.
02:50Il y a aussi la précarité,
02:51la pression familiale,
02:53faire tout pour réussir,
02:55pour ĂȘtre utile,
02:56mais du moment oĂč on ne commence pas Ă se sentir inutile,
02:59du moment oĂč on ne commence pas Ă se sentir comparĂ© aux autres,
03:02du moment oĂč l'avenir devient incertain,
03:05tout cela va avoir des répercussions énormes
03:07sur la santé mentale.
03:09Et ça, ça dépend de chaque personnalité,
03:12parce qu'il y a un Ăąme,
03:13par rapport Ă leur formation,
03:15comment ils ont grandi l'entourage,
03:17l'environnement dans lequel ils ont grandi,
03:18ils vont mieux tenir que d'autres.
03:20L'idée derriÚre,
03:22ce n'est pas de dire « telle est plus forte »,
03:24mais il faut tenir compte de chaque personnalité
03:28et apporter l'aide qu'il faut Ă tout un chacun.
03:33Une blessure physique
03:35et une blessure émotionnelle,
03:37parce que ce qui est émotionnel,
03:38ce n'est pas quelque chose qui est visible.
03:40Donc, quelqu'un peut ĂȘtre en train de souffrir
03:45mentalement, émotionnellement,
03:46mais visiblement ou bien physiquement,
03:50peut paraĂźtre, ĂȘtre Ă l'aise.
03:53On parle mĂȘme du sourire masquĂ©.
03:55Vous connaissez quelqu'un
03:57et depuis un moment,
03:58vous voyez que ces attitudes
04:03ne sont plus comme avant.
04:05Par exemple,
04:07les activités auxquelles la personne
04:09s'adonnait avant,
04:11elle ne participe plus comme cela se doit.
04:14Ou bien, à un moment donné,
04:15vous constatez un isolement de sa part.
04:22Elle n'est plus fréquente
04:23aux endroits oĂč elle Ă©tait frĂ©quente.
04:27Aussi, il y a d'autres aspects émotionnels.
04:29Quelqu'un que vous connaissez,
04:31vous connaissez qui est jovial,
04:33mais à un moment donné,
04:34qui devient trĂšs amĂšre,
04:35trĂšs irritable,
04:36trÚs réservé,
04:39trÚs énervé.
04:40Donc, ces sortes d'humeur
04:41sont aussi des signes
04:42qui peuvent nous dire
04:43qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
04:44Quand nous considérons
04:46nos réalités africaines,
04:48parlant de notre culture,
04:50des fois, quand on va mal,
04:54on se confie Ă un membre de la famille,
04:57Ă un frĂšre, un camarade, un collĂšgue,
04:59et ça fait partie
05:00de notre culture africaine d'ailleurs.
05:02Mais attention, c'est vrai,
05:06ce sont ces personnes
05:08qui constituent un premier moyen
05:10de soutien psychologique,
05:12mais au mĂȘme moment,
05:13attention Ă la maniĂšre
05:15dont nous voulons aider les gens.
05:17Par exemple,
05:18quand vous dites Ă quelqu'un
05:19qui souffre réellement,
05:21c'est déjà arrivé à d'autres,
05:23voilà , ils ont réussi à s'en sortir.
05:25Il y en a qui ont vécu
05:27pire que toi.
05:28Peut-ĂȘtre qu'il faut encore prier
05:30plus qu'avant,
05:31il faut encore prier,
05:32prier encore plus.
05:33ce sont autant de phrases
05:35peut-ĂȘtre moralisantes
05:37oĂč bien la personne pense
05:39qu'elle est en train d'apporter
05:40un soutien,
05:41bien des conseils,
05:42mais qui ne cadrent pas.
05:43Parce que ces phrases-lĂ ,
05:46si on veut interpréter cela de prÚs,
05:48c'est pour dire Ă la personne
05:49qu'elle est coupable
05:51de ce qui lui arrive.
05:52Autrement,
05:53c'est ce qui est caché derriÚre.
05:54Et sans le savoir,
05:55si la personne est Ă bout,
05:56elle peut passer Ă la passe.
05:57et ça fait une culpabilité
05:58souffrant de plus.
05:59Donc, il faut faire attention.
06:01C'est lĂ que la psychologie,
06:03elle est importante.
06:04Parce que nous sommes différents
06:05les uns les autres.
06:06Donc, ce qu'on peut dire,
06:08il y a une phrase
06:10qui déstresse véritablement.
06:12Par exemple,
06:13je te comprends.
06:15Ta situation m'importe.
06:19Ta vie m'importe.
06:21Et je partage ta souffrance.
06:24Est-ce que tu souhaites
06:26qu'on fasse intervenir
06:29un spécialiste?
06:30Est-ce que tu souhaites
06:31qu'on t'accompagne
06:32au CHU Pouvoir
06:34avec un spécialiste?
06:35Ce sont autant de phrases
06:36de dix, de conseils
06:37qu'on peut promulguer
06:38Ă quelqu'un
06:40qui s'ouvre
06:41et qui vient de se confier Ă nous
06:43plutĂŽt que d'essayer
06:44de moraliser la personne.
06:46Il faut faire trĂšs attention.
06:47C'est trĂšs dangereux
06:48de laisser quelqu'un
06:50qu'on voit
06:51que ses comportements
06:52changent depuis un moment,
06:54qui s'isole,
06:55ou bien qui évitent les gens
06:56de le laisser seul.
06:57C'est trĂšs dangereux.
06:58Donc, nous comptons
06:59sur ses premiers maillons
07:00avant mĂȘme
07:01que peut-ĂȘtre
07:02sans le s'agraille
07:03qu'on oriente
07:03vers des spécialistes,
07:05ils doivent jouer
07:05leur rÎle de proximité,
07:07demander Ă chaque fois
07:08d'aprÚs la personne concernée,
07:11poser des questions,
07:13aller essayer,
07:14proposer des sorties,
07:15ĂȘtre proche,
07:16ĂȘtre solidaire
07:17à cÎté de la personne.
07:20Et il ne faut pas laisser
07:20un jour, deux jours
07:21sans écrire,
07:22ou bien ça,
07:23parler avec l'absence,
07:24rendre visite.
07:25Quand nous pensons
07:26qu'en faisant signe,
07:28un psychologue,
07:30c'est un signe de faiblesse,
07:31c'est plutĂŽt le contraire.
07:32Déjà , les gens pensent
07:34qu'un psy est lĂ
07:37juste pour
07:38ceux qui souffrent
07:41mentalement
07:41ou bien ceux
07:42qui ont des troubles mentaux.
07:44Parce qu'il y a une différence
07:45entre toutes ces situations.
07:47Nous, nous intervenons,
07:48par exemple,
07:49dans les entreprises,
07:50mais ça ne veut pas dire
07:51que c'est les fous
07:52en termes de gestion du stress.
07:54On reçoit des cas,
07:55des gens qui vivent
07:56des burn-out,
07:57des choses
07:57qu'on accompagne
07:59dans la formation.
08:00Le psychologue
08:01est un formateur
08:02dans le coaching,
08:03etc.
08:04Dans le privé,
08:05les séances
08:06sont fissées
08:07Ă partir de 5 000 en arriĂšre.
08:08Par séance,
08:09c'est 5 000 en arriĂšre.
08:10Ceux qui ont plus d'espérance,
08:11on pouvait trouver
08:12Ă 10 000 et 15 000
08:13pour acquis.
08:14Voilà ça,
08:15c'est par rapport
08:16Ă chaque cabinet.
08:17Il y a l'aspect confidentialité
08:20et c'est ce qui met
08:23l'accompagné
08:24ou la personne
08:25qui se confie Ă vous
08:26en sécurité.
08:28Dans la mesure
08:29oĂč tout ce qu'on nous dit
08:31dans le cadre du travail,
08:34on ne doit pas
08:35l'apprendre ailleurs.
08:37Mais pour la dépression,
08:38il y a un signe
08:39qui est trĂšs important.
08:40Surtout quand la personne
08:42n'a plus le plaisir
08:44pour certaines activités
08:47auxquelles
08:48elle éprouvait
08:49du plaisir avant.
08:50Et puis,
08:52les sautes d'humeur.
08:54Le psychologue
08:55ne prescrit pas
08:56de médicaments.
08:58Lui,
08:59il guérit
09:00par les mots,
09:00la parole,
09:01les conseils,
09:02la sensibilisation,
09:04etc.
09:04Ăa dĂ©pend des cas.
09:06Il faut un spécialiste,
09:08un psychologue
09:08et un psychiatre
09:10pour s'interdire.
09:11Alors,
09:12aujourd'hui mĂȘme,
09:13s'il y a quelque chose
09:14qui pĂšse sur toi
09:15jusque-lĂ ,
09:16tu n'as pas encore
09:17mis les mots
09:18sur ce qui t'arrive.
09:21Je t'invite
09:22Ă le faire
09:22dĂšs maintenant.
09:24Aujourd'hui,
09:24pas demain.
09:26Essaie d'en parler,
09:27mais surtout
09:28avec un spécialiste.
09:30Ou s'il n'y a pas
09:30un spécialiste
09:31dans ton entourage,
09:32cherche quelqu'un
09:33de confiant,
09:34quelqu'un
09:35qui peut garder secret
09:36et mets les mots
09:37sur ta souffrance.
09:38Et avec le conseil
09:39des spécialistes,
09:40tu vas embrasser
09:41le futur
09:42qui sera meilleur.
09:43Et des fois,
09:44il faut noter
09:44que le passé
09:45qui est sombre
09:47devient une force
09:48pour avancer
09:50dans la vie.
09:50Et pour finir,
09:51des gens qui travaillent
09:52des difficultés
09:52énormes,
09:53des fois,
09:54ils deviennent
09:54des spécialistes
09:55de conseil
09:55en matiĂšre
09:56de relations,
09:57d'aide,
09:57parce qu'ils en ont connu.
09:59Ils comprennent
10:00la douleur.
10:01Ils peuvent compatir
10:03au souffrant des autres.
10:04Ne perdez pas espoir.
10:06Ce que vous vivez
10:07peut devenir
10:08des tremplins de gloire.
10:13Sous-titrage Société Radio-Canada
10:14...
10:14Merci.
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