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  • il y a 12 minutes
Le procès de Robert Ménard s'ouvre ce mercredi au tribunal de Montpellier. Le maire de Béziers avait refusé de célébrer en 2023 le mariage d'une citoyenne française et d'un Algérien en situation irrégulière expliquant qu'il soupçonnait un "mariage blanc".

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Transcription
00:00Oui absolument, Robert Ménard qui vient tout juste d'arriver ici au tribunal correctionnel de Montpellier pour y être jugé
00:05d'ici quelques minutes.
00:07Le maire de Béziers qui est accompagné par de nombreux maires de ce département de l'Hérault et même au
00:11-delà.
00:11Et puis à l'intérieur, à l'extérieur pardon, il y avait M. le maire, une ambiance pour le moins
00:15électrique avec des personnes qui scandaient des slogans anti-Ménard
00:20qui ont fait face à vos collègues maires. Vous êtes dans quel état d'esprit, vous, à quelques minutes de
00:25l'ouverture de cette audience ?
00:26A la fois je suis énervé par ce genre de choses comme tout le monde le serait et en plus
00:30rassuré, tous les sondages le disent, il y a 70 à 80% des gens
00:34et je vous dis pas les maires, c'est encore plus, qui pensent que de ne pas marier quelqu'un
00:40qui est en situation irrégulière relève du bon sens.
00:43Moi je me suis jamais prononcé sur l'histoire d'amour dans ce couple, c'est pas mon affaire. C
00:48'est même la ville de Béziers qui a donné les papiers au consulat en Algérie
00:52pour que ce mariage se fasse. C'est pas mon problème. Mon problème c'est que je ne comprends pas
00:57comment l'état me demande de marier quelqu'un
01:00dont lui-même dit qu'il est en situation irrégulière et qu'il doit être expulsé. Il a d'ailleurs
01:06été expulsé trois semaines plus tard.
01:07Ça n'a aucun sens, ça n'a aucun sens. On peut pas demander à un maire de faire quelque
01:11chose que l'évidence même fait que tu n'as pas envie de le faire.
01:16J'allais pas marier quelqu'un qui n'avait pas à être en face de moi. C'est aussi bête
01:20que ça.
01:21C'est votre avenir politique qui se joue cet après-midi puisqu'on va rappeler que notamment vous risquez, si
01:25vous êtes reconnu copable bien évidemment,
01:26une peine d'inéligibilité. De fait, vous pourriez perdre votre écharpe de mer si cette peine était prononcée accompagnée d
01:31'une exécution provisoire.
01:32Oui, évidemment, c'est ce qui m'inquiète. Vous avez compris, je crois pas qu'on me mette en prison.
01:36Enfin, c'est toujours prévu puisqu'il y a 5 ans de prison à la clé.
01:40Mais je crois pas. Oui, ça veut dire que j'ai été élu avec 65% des voix au premier
01:45tour il y a 6 mois et je ne serai plus maire de Béziers.
01:48Mais en même temps, quand on m'a proposé un plaidé coupable, je l'ai pas fait. Quand des responsables
01:55de l'État m'ont dit « Ah mais si tu peux pas le faire, t'as qu'à demander
01:58à un autre élu de le faire, je l'ai pas fait ».
02:00J'ai juste un peu de suite dans les idées. Je pense que c'est une situation ubuesque. C'est
02:04pas mon mot, c'est le mot du chef de l'État. Le chef de l'État, quand je l
02:07'ai interrogé sur TF1, il m'a dit « C'est ubuesque ».
02:10C'est pour ça que d'ailleurs, je l'avais cité. Il n'est pas venu. Puisque c'est ubuesque,
02:13on change la loi. Mais on ne me fait pas payer à moi une loi ubuesque.
02:17Emmanuel Macron, le président de la République, n'est pas venu. En revanche, le candidat Les Républicains à la présidentielle,
02:22Bruno Retailleau, est arrivé dans la salle il y a quelques minutes.
02:25Pourquoi lui avoir demandé de témoigner aujourd'hui en votre faveur, bien évidemment ?
02:32Parce qu'il a été ministre de l'Intérieur. Parce qu'il a été ministre de l'Intérieur et que
02:36ça relève de lui. Les préfets relèvent de lui. Ses décisions relèvent de lui.
02:41Et il m'a dit qu'il était solidaire avec ce que j'avais fait avant d'être ministre de
02:45l'Intérieur. Il l'a dit pendant qu'il était ministre de l'Intérieur. Il l'a dit après.
02:49C'est-à-dire qu'il n'est pas une girouette. Il ne vous dit pas quelque chose en fonction
02:52de l'endroit qu'il occupe.
02:54Et je trouve que c'est une vraie qualité. J'ai demandé aussi à David Lysnard de venir. Vous avez
02:59vu qu'il y a une tempête ici. Son avion a été détourné sur Marseille.
03:04Mais j'espère qu'il sera là parce qu'il est le président de l'Association des maires de France.
03:09Ici, il y a plein de maires qui se retrouvent dans mon combat.
03:12Et j'ai eu plein de messages de maires qui ne sont pas de droite. Et donc, ce n'est
03:17pas un choix politique. C'est un choix de bon sens.
03:19L'ancien ministre de l'Intérieur est là. J'ai demandé à M. Darmanin de venir. Et je peux vous
03:24dire parce qu'il me l'a dit. Il ne pouvait pas être là.
03:26Il m'a dit « Vous pouvez leur dire que je suis exactement dans le même état d'esprit que
03:31lui aussi avait condamné. Ce qui m'arrive. »
03:34Autre candidat à la présidentielle. Que répondez-vous à celles et ceux qui, aujourd'hui, disent « Oui, mais M.
03:39Ménard, il veut transformer cette audience en meeting politique, finalement, en pleine campagne électorale ? »
03:44Mais je ne veux transformer en rien du tout. Là, il y a le sénateur demi-I. Je ne crois
03:48pas qu'il soit candidat à la présidentielle. Il est centriste.
03:54Pas encore, en tout cas. Il est centriste. Il est juste l'auteur de la loi qu'on a essayé,
03:59qui a été votée au Sénat, qui permettrait, si elle était adoptée, au maire, de ne plus être ennuyée pour
04:05ça.
04:05Il reste à l'Assemblée nationale de le faire. Moi, je ne fais pas de politique. Je ne suis pas
04:10dans un parti politique. Je ne suis pas candidat aux présidentielles.
04:13Je ne dis pas « Je voterai pour tel ou tel ». Ce n'est pas mon affaire. Mon affaire,
04:17c'est qu'on met les maires dans une situation impossible. Impossible.
04:21On ne peut pas à la fois dire de quelqu'un qu'il doit être expulsé et me demander de
04:26le marier. C'est aussi simple que ça.
04:28Et moi, je connais plein de maires. Soit ils l'ont fait sans le savoir, soit qu'ils l'ont
04:33fait pour une autre raison.
04:34J'ai eu plein de maires qui m'ont dit « Oui, mais enfin, tu imagines. Moi, je n'ai
04:37pas envie d'être inéligible ».
04:39Voilà. C'est ça, le problème. C'est que la menace est telle que ça fait peur aux maires.
04:44Mais demandez aux maires ce qu'ils en pensent de cette situation ubuesque.
04:48Merci. Merci, Robert Médard. L'audience, on va vous laisser rentrer dans la salle d'audience.
04:51Ça va commencer d'ici quelques minutes. Audience devant le tribunal correctionnel de Montpellier.
04:56Robert Médard qui avait donc refusé de marier une Française et un Algérien visés par une obligation de quitter le
05:02territoire français.
05:03C'était le 7 juillet 2023 à l'hôtel de ville de Béziers.
05:07Robert Médard qui avait refusé le plaidé coupable du procureur de la République de Montpellier en février 2025.
05:12Il se retrouve donc aujourd'hui face au tribunal correctionnel pour y être jugé.
05:17On va rappeler que Robert Médard encourt une peine qui peut aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement,
05:2175 000 euros d'amende et une peine d'inillégibilité.
05:24L'audience va donc démarrer dans quelques minutes.
05:27Beaucoup demandent ici dans cette salle d'audience.
05:29Le soutien des maires de ce département de l'euro, mais également des curieux qui sont venus assister à l
05:35'audience
05:35qui va démarrer d'ici quelques minutes ici à Montpellier.
05:37Sous-titrage Société Radio-Canada

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