- il y a 3 heures
Le 28 septembre, la commission d’enquête du Sénat sur les violences dans le périscolaire auditionnait Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice. En juin 2026, le Sénat a lancé une commission d’enquête consacrée aux violences dans le périscolaire. La sénatrice LR de Paris Agnès Evren en est la rapporteure. La commission est née du scandale du périscolaire à Paris, révélé en avril 2026 : 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles. Devant les sénateurs, le ministre a détaillé les mesures qu’il a mises en place pour réduire les délais de traitement des affaires de violences sur mineurs. Il a déploré une “embolisation” de la justice criminelle. Année de Production :
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00:00:09Bonjour à tous, soyez les bienvenus, c'est 100% Sénat,
00:00:12l'émission qui vous emmène au cœur
00:00:14du travail parlementaire.
00:00:15On vous propose aujourd'hui l'audition du
00:00:17ministre de la Justice Gérald Darmanin
00:00:20par la commission d'enquête sur les violences
00:00:22commises dans le périscolaire.
00:00:23Le ministre de la Justice a appelé à une meilleure
00:00:26adaptation du système judiciaire
00:00:28au temps de l'enfant. Il a aussi
00:00:29plaidé pour une meilleure information des collectivités
00:00:32sur le suivi des procédures
00:00:34qui concernent les violences commises à l'école
00:00:36dans un contexte où, on le rappelle, ces violences
00:00:38contre les mineurs augmentent.
00:00:39On regarde l'audition de Gérald Darmanin.
00:00:42Nous poursuivons nos travaux
00:00:43consacrés à la prévention et au traitement
00:00:45des violences dans le
00:00:47périscolaire avec l'audition aujourd'hui
00:00:50de M. Gérald Darmanin,
00:00:52ministre de la Justice et garde des Sceaux.
00:00:54M. le ministre, je vous remercie
00:00:56de vous être rendu
00:00:58disponible. Au cours de
00:01:00nos travaux, nous avons
00:01:02abordé la question du recueil de la parole
00:01:04de l'enfant et la difficulté de
00:01:05constituer au fil de l'enquête un dossier
00:01:08suffisamment solide dans
00:01:10les affaires où il n'y a pas de témoins
00:01:11adultes et où les preuves matérielles
00:01:13sont souvent fragiles.
00:01:15Nous avons également entendu les difficultés
00:01:18rencontrées par les collectivités
00:01:19territoriales, à la fois en tant qu'employeurs
00:01:22et lorsqu'il s'agit de répondre aux questions
00:01:23légitimes de parents inquiets.
00:01:26Ceux-ci attendent des réponses
00:01:28dès lors que des soupçons de violences
00:01:30commises par un adulte sur un enfant apparaissent
00:01:32dans le cadre périscolaire,
00:01:34alors que la justice reste
00:01:36souvent silencieuse. En effet, le secret
00:01:38d'instruction et le temps de l'enquête
00:01:40se heurtent à l'attente de réponses
00:01:42immédiates des familles.
00:01:43Par ailleurs, si la presse se fait écho
00:01:46d'affaires survenues dans le périscolaire
00:01:48partout en France, il demeure aujourd'hui
00:01:50difficile de quantifier ce phénomène
00:01:52et son évolution au cours
00:01:54de ces dernières années. Aussi, monsieur le ministre,
00:01:56pouvez-vous nous indiquer les chiffres
00:01:58dont dispose votre ministère en matière
00:02:00de violences commises par
00:02:02des adultes sur des mineurs dans le cadre
00:02:04périscolaire ? Nous pressentons une
00:02:06forte augmentation de leur nombre
00:02:08au cours de l'année écoulée. Disposez-vous
00:02:09de données sur les deux ou trois dernières
00:02:12années qui permettraient
00:02:13d'objectiver ce ressenti ?
00:02:16Comme vous le savez, le Sénat
00:02:18examinera dans un mois le projet de loi
00:02:20relatif à la protection de l'enfance.
00:02:22Quelles sont les principales avancées
00:02:23portées par ce texte s'agissant de la
00:02:25protection des enfants dans le cadre
00:02:27périscolaire ? Nous souhaiterions
00:02:29également connaître les limites ou les
00:02:31difficultés que présente, selon vous,
00:02:33le texte adopté par l'Assemblée nationale
00:02:35en vue de nos prochains travaux en séance.
00:02:38Enfin, vous avez demandé cet été une revue
00:02:41de l'ensemble des procédures en cours
00:02:43relative à des violences sexuelles sur
00:02:45mineurs. Quels enseignements tirez-vous
00:02:47des synthèses transmises par le
00:02:48procureur généraux à l'issue de cette
00:02:51revue ? Si le périscolaire ne représente
00:02:53qu'une petite partie de ces affaires,
00:02:55leur traitement par les services
00:02:56enquêteurs est nécessairement concerné.
00:02:59Avant de vous laisser la parole pour un
00:03:01propos introductif de deux minutes,
00:03:03je rappelle qu'un faux témoignage devant
00:03:05notre mission qui a les statuts de
00:03:07commission d'enquête serait passible des
00:03:09peines prévues aux articles 434-13-14-15
00:03:13du code pénal. Je vais vous inviter,
00:03:15monsieur le ministre, à prêter serment de
00:03:17dire toute la vérité, rien que la vérité en
00:03:19levant la main droite et en disant je le
00:03:20jure. Je le jure. Merci. Je précise
00:03:23également qu'il vous appartient le cas
00:03:24échéant d'indiquer vos éventuels liens
00:03:26d'intérêts ou conflits d'intérêts en
00:03:28relation avec l'objet de la commission
00:03:29d'enquête. Ils existent évidemment.
00:03:33J'ai deux enfants à l'école publique, mais je
00:03:34crois que voilà. Et enfin, je vous précise que
00:03:38cette audition est diffusée en direct sous le
00:03:39site Internet du Sénat. Et donc, je vais vous
00:03:41laisser la parole. Et après, notre rapporteur
00:03:43Agnès Évrenne vous posera des questions.
00:03:45Monsieur le ministre, la parole est à vous.
00:03:48Merci, monsieur le président, madame la rapporteure,
00:03:50mesdames et messieurs les sénateurs. Je veux
00:03:53d'abord vous remercier de votre invitation
00:03:54à ce jour important pour le Sénat. Et
00:03:57évidemment, je veux féliciter les nouveaux
00:04:00sénateurs élus, quel que soit leur bord
00:04:02politique. Je vous remercie de votre invitation.
00:04:05J'ai suivi en effet les travaux de votre
00:04:06commission d'enquête. Et comme vous, je veux
00:04:10dire que s'il est fait, pour le révéler ces
00:04:14derniers mois dans le cadre périscolaire, semble
00:04:17soulever des questions médiatiques, comme maire
00:04:20de ma commune depuis 2014, mais aussi comme
00:04:22ministre de l'Intérieur, où j'ai créé le
00:04:24premier office de police judiciaire sur les
00:04:27mineurs, qui n'existait pas auparavant, et la
00:04:29faiblesse parfois des moyens d'enquête sur
00:04:32les questions qui concernaient les enfants,
00:04:33parfois de très jeune âge. Dès le début de mon
00:04:36arrivée au ministère de la Justice, j'ai essayé
00:04:38de continuer à restructurer et de mettre des
00:04:40moyens. On verrait qu'ils sont sans doute très
00:04:41insuffisants, mais des moyens pour que les
00:04:44procureurs de la République, mais ils vous l'ont
00:04:45expliqué, j'imagine, ne soient pas dans un
00:04:48rapport de, je crois ou je ne crois pas à l'enfant,
00:04:50ce n'est pas l'objet de ce que fait un procureur de la
00:04:51République, mais est-ce que j'ai des moyens de
00:04:53poursuivre ou ne pas poursuivre quelqu'un pour
00:04:56qu'il soit soit directement condamné en le
00:04:59envoyant dans le tribunal correctionnel, soit
00:05:01permettant une version d'information judiciaire.
00:05:03Et je pense que dans un très grand nombre d'enquêtes
00:05:05classées, et parfois classées avant même d'être
00:05:08ouvertes, je pense qu'il y a d'abord
00:05:10l'insuffisance des preuves dont la communauté au
00:05:14sens large national permet aux services enquêteurs
00:05:19et aux magistrats de pouvoir faire correctement leur
00:05:22travail. Il y a sans doute aussi un manque de
00:05:23priorisation jusqu'à présent de ces enquêtes.
00:05:27Et sans doute, je bats ma coulpe, je crois que dans
00:05:31l'incroyable travail qu'a fait la police, la gendarmerie,
00:05:36les magistrats sous impulsion du gouvernement et du
00:05:40Parlement de lutte contre les violences
00:05:41intrafamiliales, je pense qu'on a tous compris que
00:05:43dans les violences intrafamiliales, il y avait
00:05:45femmes et enfants, alors que je pense que
00:05:47l'interprétation a été souvent les femmes et
00:05:51oubliant très souvent les enfants de ces violences
00:05:54ou de manière très annexe.
00:05:57Je vais vous dire un dernier point en incipite, en
00:06:00effet, des statistiques que j'y répondrai à votre
00:06:02question, M. le Président, mais avant tout, je pense
00:06:05qu'il est nécessaire de comprendre les
00:06:07difficultés auxquelles nous trouvons. D'abord,
00:06:09l'essentiel des violences sexuelles se font dans
00:06:11le cadre de la famille ou dans un cadre,
00:06:14qu'on va dire, familial ou très amical du cercle
00:06:18familial. Et en effet, d'après les statistiques que
00:06:21j'ai eu à connaître, comme Mise intérieure et
00:06:23comme Mise injustice, le temps périscolaire et de
00:06:26manière générale, le temps de l'enfant en dehors de
00:06:28sa famille, évidemment, est un moment de fragilité
00:06:31pour lui, mais n'est pas la majorité des actes de
00:06:35violence qui touchent psychologiquement ou
00:06:36physiquement ou sexuellement les enfants. C'est
00:06:38peut-être un peu contre-intuitif, mais c'est
00:06:40important de le dire, sans lutter globalement contre
00:06:42le phénomène. Et on l'avait déjà vu lorsqu'on avait
00:06:44eu déjà des problèmes, et le Saint-Père est en ce
00:06:48moment sur le territoire national, autour du secret de la
00:06:51confession ou du secret médical qui concerne les
00:06:54enfants dans le cadre des violences faites dans
00:06:57l'Église et dans toute activité, on va dire,
00:07:00périscolaire ou confessionnelle. Et on avait déjà eu
00:07:03ce débat quand j'étais ministre de l'Intérieur et
00:07:06l'Église répétait ce qui est vrai et ce qui ne
00:07:08retire rien aux actes abominables qui ont été
00:07:10commis, que la majorité des actes qui touchent les
00:07:13enfants sont dans un cadre familial ou amical et pas
00:07:16dans un cadre public, même si évidemment, nous devons
00:07:18combattre et les protéger le plus possible, surtout
00:07:21lorsqu'ils sont confiés à l'Éducation nationale ou aux
00:07:23services publics municipaux qui organisent les
00:07:25activités périscolaires. Évidemment, on peut avoir
00:07:29derrière les faits et les dysfonctionnements
00:07:32municipaux parfois constatés. Alors, c'est jamais facile
00:07:35d'organiser le service public du périscolaire, mais ayant
00:07:39été maire, je pense qu'un certain nombre de choses
00:07:42doivent enlever les collectivités locales et doivent
00:07:44le faire le plus sérieusement possible, avec sans doute un
00:07:47lien amélioré avec les services de police et les services
00:07:51de l'autorité judiciaire. Pas toujours à l'écoute, c'est
00:07:53vrai, des collectivités locales devant la masse parce que nous
00:07:56parlons bien de contentieux de masse. Il y a des centaines de
00:07:59milliers de plaintes, de signalements de toute forme
00:08:02qui touchent les enfants. Alors, des formes, évidemment, des
00:08:05articles 40 ou des plaintes, c'est sans doute ce que nous
00:08:07connaissons le plus. Enfin, des mails, des coups de
00:08:09téléphone, parfois des mots sur le carnet de
00:08:12correspondance, des signalements dans des réunions de
00:08:15concertation. Et donc, l'une des difficultés sans doute qu'ont les
00:08:18services de police et de justice, c'est d'avoir, comme nous l'avons
00:08:22sur la prévention de la radicalisation, comme nous l'avons
00:08:24désormais, je pense en partie sur le narcotrafic, une organisation,
00:08:28une meilleure méthode de lien avec tous ceux qui ont à connaître
00:08:30des violences qui sont faites aux enfants avec cette difficulté que
00:08:33sur la radicalisation et l'islamisme radical ou les dérives
00:08:37sectaires. Ce sont quelques milliers de cas par an. Là, nous sommes
00:08:41devant des masses de plus de centaines de milliers de cas potentiels
00:08:44par an, avec évidemment des difficultés pour un enfant de
00:08:47pouvoir témoigner ou de mettre des mots sur les choses, bien
00:08:51évidemment. Mais notre exigence doit être évidemment au rendez-vous
00:08:54de la protection des enfants quand on connaît les statistiques ou
00:08:58en tout cas ce qui en est dit par les associations comme par des
00:09:02gens très courageux qui depuis très longtemps ont travaillé sur
00:09:04cette question. Je pense au juge Durand, par exemple, dans mon
00:09:06ministère ou dans les recommandations qu'ont pu faire la
00:09:09civise. Et donc, notre volonté, c'est d'améliorer ces procédures et
00:09:13ces textes. Et on verra tout à l'heure que une grande partie aussi
00:09:17de l'encadrement législatif nous empêche au ministère de la
00:09:20Justice de donner les éléments que le Parlement, par ailleurs, nous
00:09:22demande. Mais on aura l'occasion d'en reparler. Dès mon arrivée au
00:09:26ministère de la Justice, j'ai souhaité une circulaire extrêmement
00:09:29courte de politique pénale générale. Vous savez que le ministre de
00:09:32l'Intérieur peut gérer un petit peu ses services dans leur activité
00:09:38quand il travaille sur leur public, sur la criminalité organisée ou sur
00:09:42les violences sexuelles. Ce n'est pas le cas du ministre de la Justice.
00:09:44Depuis la loi Taubira, je ne peux donner d'instructions individuelles.
00:09:47Je ne peux même pas demander à un parquet de faire appel d'une décision.
00:09:51En revanche, ce que me confie la Constitution et l'organisation judiciaire
00:09:56de notre pays, c'est que je peux adresser aux procureurs généraux qui doivent
00:09:59les répercuter aux procureurs de la République. Mais certains locuteurs sont
00:10:02les procureurs généraux des indications de politique pénale qu'ils ont le droit
00:10:07de décliner localement et éventuellement de changer ou modifier telle ou telle
00:10:12politique pénale. Et je ne peux sanctionner un magistrat s'il ne suit pas
00:10:17à l'héterame la politique pénale que le Parlement me charge de définir et de
00:10:22justifier devant lui. Pour cela, il faut des instructions de politique pénale
00:10:27qui soient extrêmement claires et le plus réduits possible. J'en ai défini trois
00:10:32dès mon arrivée. J'ai pris trois circuits de politique pénale, dont une identique
00:10:36et la deuxième, puisque j'ai participé à plusieurs gouvernements et plusieurs
00:10:39premiers ministres du fait de l'incertitude parlementaire, les répétant à
00:10:43l'envie. Un, le narcotrafic, qui touche d'ailleurs beaucoup les violences faites
00:10:46aux enfants, je voudrais le dire ici. Parmi les violences sexuelles, physiques,
00:10:49psychologiques sur les enfants, il y a désormais de plus en plus l'emprise
00:10:53du narcotrafic, y compris des violences sexuelles comme punition, si j'ose dire,
00:10:57de ceux qui ne participent pas au trafic. Il y a les violences faites aux femmes et aux
00:11:01enfants et il y a les atteintes à la République. Je pense notamment en protection
00:11:05des juifs de France aux atteintes aux élus. J'ai répété à plusieurs reprises
00:11:10et notamment j'ai précisé au mois de mai dernier, bien avant malheureusement
00:11:14les scandales du périscolaire parisien ou l'affaire Liana, une circulaire
00:11:19spécifique au procureur de la République par les procureurs généraux sur les
00:11:22violences sexuelles qui touchaient les mineurs dans le cadre scolaire et
00:11:25périscolaire. Cette circulaire, elle répond, je l'ai rendue publique, je pense que
00:11:29vous l'avez reçu sur le bot mail à l'époque. Plusieurs difficultés très concrètes.
00:11:33La circulation d'informations qui nous paraît le plus essentiel dans le cas
00:11:36qui est évoqué. Encore faut-il que les collectivités locales mettent en place
00:11:40un système d'information. Mais quand elles le mettent en place, la justice n'est
00:11:44pas toujours en moyen de répondre et de traiter ces informations. La réduction des
00:11:48délais de traitement. Je pense que c'est très important de comprendre que quand on
00:11:51est à hauteur d'enfant, quand on a une justice à hauteur d'enfant, des mois ou des
00:11:54années d'attente, ce qui est le cas de la plupart des contentieux, n'est évidemment pas
00:11:58possible pour un enfant qui est en danger. Assurer le retour à ceux qui signalent les faits tout en
00:12:02respectant le secret de l'instruction. On peut tout à fait respecter le secret
00:12:04de l'instruction et dire à un directeur d'école, à un chef de service à la
00:12:07mairie, à un maire que, évidemment, on a pris en compte et qu'on va traiter. Et
00:12:11pourquoi pas expliquer, d'ailleurs, pourquoi tel ou tel événement ne se passe
00:12:15pas alors qu'on s'attendait à cela. Et surtout, et je pense que c'est le plus
00:12:18important, de prendre les mesures nécessaires de manière, j'allais dire préventive,
00:12:23mais c'est plus que préventive puisque là, un signalement aurait été fait. On peut
00:12:27penser qu'un pédophile ou quelqu'un qui est pédocriminel, quand on s'en prend à des
00:12:30bébés de quelques semaines ou quelques mois, comme j'en ai eu malheureusement
00:12:33trois à connaître dans les remontées d'informations depuis que je suis
00:12:35ministre de l'Intérieur, puis ministre de la Justice, ou des viols répétés sur des
00:12:38enfants de 3 à 4 ans, on peut penser que même lorsqu'on met à l'abri cet enfant,
00:12:44cette personne a tendance à recommencer avec d'autres enfants. Et ce n'est pas le
00:12:48réflexe immédiat des services enquêteurs et des magistrats. Dans l'affaire
00:12:53dite Liana, l'une des choses qui m'a personnellement le plus choqué, j'ai eu l'occasion de dire
00:12:57à plusieurs reprises au procureur général, la directrice d'affaires criminelles des
00:13:00grâces qui est derrière moi et de manière générale au public, c'est qu'une enfant
00:13:05avec sa maman vient déposer plainte, sans rentrer dans le détail de l'affaire, puisque le
00:13:08rapport d'inspection générale m'a été rendu d'ailleurs aujourd'hui même.
00:13:11Cet enfant dit qu'elle a été violée plus d'une cinquantaine de fois. Un examen médical,
00:13:16médico-légal le constate. Un expert psy constate que cet enfant mérite d'être cru.
00:13:21La personne a un antécédent judiciaire. La maman donne des éléments extrêmement
00:13:26circonstanciés. Comme elle dépose plainte à Toulouse, on se dit que la victime est
00:13:31finalement protégée, puisqu'on peut un peu plus attendre, ou en tout cas on peut
00:13:36prendre un phénomène qui... On n'est pas dans l'urgence, puisque l'auteur, lui, est
00:13:40dans un autre département, dans le Gers. Alors certes, pour cet enfant, ça me paraît
00:13:44assez évident, mais il est évident que M. Barrella, ayant eu ce profil, les classements
00:13:50sans suite, ayant travaillé dans un périscolaire, dans un lycée en l'occurrence, ayant au
00:13:58moins une plainte circonstanciée avec tous les moyens de la justice, il est évident
00:14:02qu'il fallait se dire que cette personne pouvait avoir d'autres sur ses propres
00:14:05enfants, sur sa belle famille, dans d'autres comportements qui étaient contraires évidemment
00:14:11à la loi. D'autant qu'on sait que les pédocriminels collectionnent énormément sur
00:14:15leur support numérique des moyens de visionnage, que ce soit sur de l'ArcWeb ou sur leur
00:14:21support numérique classique, et qu'on aurait pu faire une perquisition, une garde à vue
00:14:25pour faire parler, voilà, ou son entourage, pour faire parler ses propres enfants. Bon,
00:14:29ça n'a pas été fait, parce que je pense que le réflexe, c'est celui de se dire
00:14:33qu'on protège la victime, un peu comme on protégerait la femme battue de son mari
00:14:37violent, et on ne se dit pas, il y en a plein d'autres qui pourraient être potentiellement
00:14:39celui d'un pédocriminel en puissance. Je mets du conditionnel, puisque évidemment, M.
00:14:44Barrella n'a pas été condamné, mais on va envoyer le principe sur lequel la justice
00:14:47doit s'améliorer avec les services enquêteurs. Quand on met à l'abri un enfant, en fait,
00:14:51on doit mettre à l'abri l'ensemble des enfants qui auraient pu être touchés par ce monsieur,
00:14:54et c'est objectivement pas ce qui est fait généralement dans les affaires de pédocrimialité
00:14:58qui nous concernent. Il y a des exceptions, mais ce n'est pas l'esprit général. Et dans
00:15:02la circulaire du mois de mai, l'expressive verbis, je le précise, demandant qu'évidemment
00:15:06on doit entendre la parole de cet enfant, mais s'intéresser à l'auteur plutôt qu'à la
00:15:10victime en tant que telle, pour que l'auteur puisse être vu comme étant potentiellement
00:15:13quelqu'un de syriel, comme on dit, c'est-à-dire qu'il peut recommencer. Et il se trouve
00:15:19qu'une partie des pédocriminels trouvent d'ailleurs des endroits où ils peuvent rencontrer
00:15:21le plus souvent des enfants, et notamment dans le cadre périscolaire. J'ai également
00:15:25souhaité un retour systématique apporté à l'autorité qui, à l'origine du signalement
00:15:30sur la suite judiciaire, a donné, y compris lorsque la procédure est classée sans suite,
00:15:33en modifiant les motifs de classement. Je ne peux malheureusement pas l'obliger de la part
00:15:37de l'ensemble des parquets de la République, mais je regarde le législateur en disant
00:15:40que c'est quelque chose qui serait possible. On l'évoque dans la loi intégrale en ce
00:15:44qui concerne les violences faites aux femmes. J'ai donné un avis favorable à la loi
00:15:48qui arrivera bientôt chez vous au Sénat, mais je voudrais dire que nous pourrions
00:15:54systématiquement beaucoup mieux informer, notamment grâce aux outils informatiques
00:15:58que nous développons. Je n'entrerai naturellement pas dans le détail des affaires individuelles
00:16:03en cours, mais j'ai évidemment donné, M. le Président, mon accord pour que les procureurs
00:16:07généraux puissent, par notamment la DACG, vous transmettre l'ensemble des 36 rapports
00:16:12qui m'ont été rendus en anonymisant quelques données élémentaires. Je pense qu'ils
00:16:15sont assez probants. Et d'ailleurs, vous avez vu qu'il y a un sujet avec notamment
00:16:21le ministère de l'Intérieur et M. le ministre de l'Intérieur m'a fait savoir qu'il me répondrait
00:16:25sur les rapports des 36 procureurs généraux. Et si votre commission la demande, je fournirai
00:16:29ou M. le ministre de l'Intérieur fournira, j'imagine, les observations des services de
00:16:34police. Vous m'avez interrogé, M. le Président, sur les chiffres. Alors aujourd'hui, le cadre
00:16:41périscolaire n'est pas une circonstance prévue par la loi. Et donc, nous avons les logiciels
00:16:46de suivi de la Direction des Affaires Communaires des Grâces pour piloter la politique pénale
00:16:50ne peuvent répondre, d'après la CNIL, que des catégories et des infractions qui sont définies
00:16:56dans la loi. Donc, si vous définissez dans la loi, suite de commission d'enquête, le
00:17:00cadre périscolaire, nous aurons des statistiques beaucoup plus fiables à vous donner. Mais
00:17:03j'ai des statistiques évidemment qui concernent les violences sur les mineurs en France, c'est-à-dire
00:17:07y compris, bien sûr, en Outre-mer depuis au moins 2000, 2021. Si je compare 2021 à
00:17:142025, 2021 année post-Covid, parce que je pense que sinon, en périscolaire, ce ne serait
00:17:18pas très révélateur, évidemment, de nos données. On est passé de 25 355 procédures
00:17:25confiées au procureur de la République à 32 678, c'est-à-dire plus de 29 %, sur
00:17:33les violences sexuelles, donc des viols, des agressions qui relèvent bien souvent du
00:17:37crime et quelquefois des délits les plus graves. Sur les autres infractions sexuelles
00:17:42qui relèvent du délit, corruption de mineurs, pédopordographie, on est passé de 7 923 à
00:17:4910 9, c'est-à-dire plus de 26 %. Et sur les violences non sexuelles, mais qui relèvent
00:17:54des violences physiques ou psychologiques, on est passé de 48 971 à 66 679, c'est-à-dire
00:18:01plus de 36 %. Pour les condamnations, ça, c'est les chiffres de signalement et donc de ce que
00:18:07les procureurs de la République enregistrent dans leur base de données. Nous sommes passés
00:18:14à 3590 condamnations pour viols, agressions sexuelles et atteintes sexuelles pour ce qui
00:18:20est au sein des crimes, 2279 pour les infractions sexuelles qui relèvent du délit et 5487 pour
00:18:28les violences non sexuelles. Tout augmente, y compris les condamnations, sauf pour les crimes,
00:18:33puisque pour les crimes, nous avons quasiment une stagnation alors que nous avons vu qu'il
00:18:38y a plus de signalements. Ça renvoie au débat qu'on a eu sur la justice criminelle que
00:18:43vous avez adopté ici, c'est que nous avons énormément d'informations judiciaires ouvertes.
00:18:47Nous avons à peu près 40 % d'informations judiciaires de plus sur la matière sexuelle
00:18:52qui ont été ouvertes depuis l'arrivée du président de la République en responsabilité.
00:18:56On est passé de 7 % de détenus pour violences sexuelles, tout au fond du femme et
00:18:59enfant, à plus de 22 %. Et donc, nous sommes à peu près à 40 000 instructions, tout
00:19:05confondu avec le narcotrafic. Et nous rendons 4 000 à 5 000 arrêts criminels par an.
00:19:09Donc, il y a beaucoup de plaintes déposées. Il y a beaucoup d'enquêtes ouvertes.
00:19:15Il y a, même si ça peut être toujours plus, beaucoup d'informations judiciaires ouvertes.
00:19:20Mais il y a très peu de non-lieu et d'acquittement, puisque, oui, il est vrai que la majorité
00:19:26des plaintes déposées sont classées sans suite. Mais quand une information judiciaire
00:19:30est ouverte, seulement 4 % des affaires donnent lieu à un non-lieu ou à un acquittement.
00:19:34C'est-à-dire que 96 % des personnes qui sont poursuivies en information judiciaire
00:19:37sur des violences sexuelles sont condamnées à de la prison ferme. Et le quantum de peine
00:19:41est passé de 20 mois à 10 ans. Tout ça en 10 ans. Mais nous avons un embollissement
00:19:47général de la justice criminelle. Et donc, si nous avons énormément d'informations
00:19:52judiciaires, nous avons peu de moments de jugement, peu d'audience. Je pense que
00:19:56toutes vos juridictions vous le disent. Ce qui nous a permis de faire la loi que
00:20:01vous avez bien voulu adopter, qui n'a pas été tout à la hauteur de ce que voulait
00:20:04le gouvernement, mais majorité relative à l'Assemblée oblige, mais qui nous permettra
00:20:07de créer d'autres cours criminels et d'autres cours d'assises partout sous le
00:20:11territoire national. Je m'inquiète d'ailleurs de la seule disposition pour laquelle
00:20:15je suis en désaccord de la loi intégrale et qui tout sera directement ce que vous évoquez
00:20:18pour condamner des pédocriminels sériels, notamment, c'est le fait que le Parlement
00:20:23veut que toutes les affaires de sexuel passent en cours d'assises. Et en cours d'assises,
00:20:28on peut être souhaité, jugement populaire. Ça pose déjà la question de savoir quelle
00:20:33est la formation et la bonne formation de ces jurés populaires qui n'ont pas tendance
00:20:37d'être formés, comme les magistrats professionnels. Mais par ailleurs, ça prend trois à quatre
00:20:40fois plus de temps qu'une cour criminelle. Et comme ce n'est pas facile de créer des
00:20:44cours d'assises partout sur le territoire national, non pas par manque de moyens, mais
00:20:47par difficulté notamment de vos tribunaux, nous risquons d'emboliser encore plus la
00:20:50justice criminelle. Donc plus de plaintes, plus de taux de poursuite, plus d'informations
00:20:55judiciaires. Mais s'il y a une augmentation de 30 à 35 % de condamnations pour les délits
00:21:00tribunaux correctionnels, nous sommes en stagnation sur les condamnations criminelles
00:21:05avec un effet ciseau qui est extrêmement délétère pour la protection des enfants.
00:21:10Parce que pendant que les gens, en imaginant qu'ils sortent de détention provisoire, on ne peut
00:21:13pas leur donner un contrôle judiciaire ad vitam. Et parfois, on a des situations absurdes et
00:21:17totalement contraires à l'intérêt de l'enfant qui les renvoient à leur métier ou qui les renvoient
00:21:23malheureusement au contact possible. J'ai même eu à connaître une situation totalement absurde,
00:21:30non prévue par la loi, où une jeune fille avait été violée à plusieurs reprises. Son oncle
00:21:36l'avait violée. Donc c'était en dehors du cadre périscolaire. Cette personne avait un contrôle judiciaire
00:21:41pour ne pas l'approcher. Il habitait dans la même ville. Cette personne a été condamnée
00:21:44à une peine de prison importante. Il a fait appel. Il n'y avait pas d'exécution prévisoire,
00:21:49donc il ne pouvait pas aller en détention. Et il n'est pas prévu dans la loi que, dans
00:21:55l'appel, on garde le contrôle judiciaire qui permet le fait de ne pas être en contact
00:21:59avec cette jeune fille. Et donc on a des situations, évidemment, où on a envie de décourager,
00:22:03on décourage les victimes à porter plainte, elle et leur famille. Parce qu'évidemment,
00:22:07je pense que cette petite fille qui avait 11-12 ans quand elle a été violée est désormais
00:22:11majeure et attend la condamnation, évidemment, de cet oncle qu'elle a dénoncé.
00:22:17Vous dire que dans le projet de loi de protection des enfants qui, aujourd'hui, est en discussion
00:22:22à des adopteurs prévue à l'Assemblée nationale, il y a beaucoup de points qui nous permettront
00:22:27d'améliorer, me semble-t-il, ce que votre commission d'enquête cherche à voir, c'est-à-dire
00:22:30notamment quels sont les cadres qui permettent à des adultes à qui on confie des enfants
00:22:34de pouvoir, le plus possible, éviter d'être en contact lorsqu'on a des signalements qui
00:22:40les concernent. Nous aurons évidemment aussi à beaucoup travailler sur la loi intégrale
00:22:46et je l'espère qu'elle touchera davantage les enfants qu'aujourd'hui encore pour tirer
00:22:49des conséquences très concrètes, notamment dans la responsabilité de ceux qui sont en
00:22:55responsabilité du service public de l'enfance et qui, malheureusement, ne signalent pas
00:22:59ou signalent trop tard des faits qui sont pourtant extrêmement graves. Avoir des jugements,
00:23:03mais je ne me permettrai pas de porter un jugement sur les jugements des tribunaux
00:23:09judiciaires. Je constate et j'en remercie les parquets qui font appel systématiquement
00:23:13des décisions qu'on peut considérer comme étant trop... pas à la hauteur de ce que voulaient
00:23:20sans doute les législateurs ou l'opinion publique. Nous avons sans doute à bien considérer
00:23:26notre façon de sanctionner des personnes qui, sans avoir violé des enfants, ont quand même
00:23:30commis sur des enfants de très bas âge, des violences sexuelles répétées. En ce qui
00:23:34concerne le parquet général de Paris, puisque vous m'avez interrogé particulièrement sur
00:23:37le cas de Paris dans les différents intervenants que j'ai pu voir dans votre commission d'enquête,
00:23:42au 31 août 2026, le parquet général de Paris, donc vous savez que le parquet général de Paris,
00:23:47c'est Paris, bien évidemment, mais c'est aussi d'autres tribunaux qui vont jusqu'à
00:23:50Auxerre, donc ce n'est pas tout à fait la région parisienne. 203 enquêtes étaient en cours
00:23:57qui concerne les périscolaires tout précisément. J'en remercie la procureure générale de Paris
00:24:01de m'avoir donné les moyens de répondre à votre question, même si c'est un bâtonnage
00:24:05qui a été fait, non pas par le logiciel. 143 concernaient des faits commis dans des écoles
00:24:09maternelles, 36 dans des écoles élémentaires, 24 dans des crèches. Et nous avons évidemment
00:24:18de nombreux établissements scolaires parisiens, strictement parisiens, concernés,
00:24:23dans le public essentiellement et un peu, comme on l'a vu encore médiatiquement, dans
00:24:27le privé. Voilà, monsieur le président, madame la rapporteure, je suis évidemment prêt
00:24:31à répondre à toutes vos questions. Je vous dis quand même que l'une des difficultés
00:24:35du ministère de la Justice, c'est que son temps d'enquête et son temps d'instruction,
00:24:43voire son temps de condamnation, ne correspond évidemment pas au temps de l'enfant.
00:24:46Et c'est ce que nous devons changer en imaginant une filière d'urgence, comme cela peut
00:24:50arriver et nous devons réorganiser sur le ministère de la Justice pour cela.
00:24:56Merci, monsieur le ministre. Première question de notre rapporteur.
00:24:59Je voudrais quand même réagir à ce que vous avez dit, monsieur le ministre, et vous dire
00:25:03qu'évidemment, cette mission d'information dotée des pouvoirs de commission d'enquête
00:25:06s'intéresse plus spécifiquement aux violences commises dans le périscolaire, sachant que
00:25:11nous parlons d'enfants de 2 ans, de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans. Et que toutes ces
00:25:16auditions
00:25:16depuis le mois de juillet ont démontré en fait que ce qui est en jeu, c'est pas seulement
00:25:22la sécurité des enfants, c'est aussi la confiance des familles envers les institutions
00:25:27démocratiques, envers les élus. D'abord, évidemment, cette confiance envers les communes
00:25:32puisqu'elles sont, elles, en charge du périscolaire. La confiance également envers l'école en raison,
00:25:40il est vrai, d'un partage de compétences qui est assez illisible en fait pour les parents
00:25:44entre le temps scolaire et le temps périscolaire, parce que le temps scolaire relève de l'éducation
00:25:48nationale quand le temps périscolaire relève des mairies. Et c'est vrai que pour les parents,
00:25:53il n'y a qu'une seule et même école qui est un lieu sacré où l'enfant doit être
00:25:57en sécurité du matin au soir et quelle que soit l'heure, qu'il soit 15h05, puisque vous
00:26:03le savez que le périscolaire en fait est à partir de 15h l'après-midi. Et donc, le vrai sujet,
00:26:09c'est comment est-ce qu'on restaure cette confiance envers les collectivités, envers,
00:26:14je le disais, le service public de l'éducation nationale. Et il est vrai aussi, je l'ai
00:26:19beaucoup entendu dans nos auditions, envers la justice. Parce qu'il y a un baromètre
00:26:24qui disait que seulement 45% des Français avaient confiance dans la justice. Et il est
00:26:27vrai que j'ai bien senti qu'il y avait une forme de perte de confiance compte tenu de
00:26:31ce qui s'est passé dans 70 départements, je dirais même 73, et qui touche donc à ces
00:26:37violences dans le périscolaire. Et donc, l'objectif, monsieur le ministre, de cette
00:26:41audition, c'est qu'aujourd'hui, vous nous aidiez vraiment à faire la lumière en fait
00:26:46entre ce qui relève d'abord, d'un côté, des responsabilités politiques, c'est-à-dire
00:26:51celles des élus, et de l'autre, des responsabilités administratives, c'est-à-dire celles des services.
00:26:57Puisque notre objectif, et je le redis, c'est d'établir la chaîne des responsabilités,
00:27:01d'identifier les dysfonctionnements, d'identifier les trous dans la raquette, et si possible,
00:27:08de sortir de cette logique de silo. On a bien vu en fait qu'il y avait un fonctionnement
00:27:12en silo et qu'il y a un manque de coordination, que vous soulignez parfaitement bien dans votre
00:27:16circulaire de mai 2026. Et ce qui fait que ce fonctionnement en silo fait qu'en fait,
00:27:24chacun aujourd'hui en fait renvoie la responsabilité sur une autre autorité qui est la sienne.
00:27:30Et donc, ma première question, et vous l'avez déjà évoquée, concerne les délais de convocation
00:27:38pour les auditions de petits mineurs. Alors il est vrai qu'on a eu beaucoup de témoignages
00:27:44de familles qui nous disaient qu'une fois que la plainte était déposée, les délais étaient
00:27:47parfois anormalement longs d'audition, alors qu'on sait que la mémoire d'un enfant quand il a 2 ans,
00:27:533 ans, 4 ans, s'efface au bout de 3-4 semaines, et qu'il arrive que ces convocations arrivent
00:27:59trois ou quatre mois après. Et donc, comme vous le disiez vous-même, comment peut-on faire pour
00:28:03que la justice s'adapte au temps de l'enfant et que ça ne soit pas l'inverse ? Parce
00:28:08que c'est vrai
00:28:10que ce sont des délais qui n'apparaissent pas très raisonnables quand il s'agit de 3 ou 4 mois,
00:28:14encore une fois, quand on parle d'enfants en très bas âge. Voilà donc ma première question.
00:28:20Qui est d'ailleurs considéré comme un vrai dysfonctionnement par les familles,
00:28:24dysfonctionnement du parquet ? C'est délai d'audition assez long.
00:28:27Bon, d'abord, je pense qu'à part quelques rares exceptions, dans la masse de ce qu'a
00:28:32traité la justice, un parquet par exemple, en imaginant que les choses soient faites,
00:28:37on va dire classiquement, parce qu'encore une fois, je pense que l'une des difficultés,
00:28:40c'est la multiplication des canaux possibles d'informations. Mais en imaginant que ce soit
00:28:43une plainte déposée au commissariat de police en disant que son enfant a été violé,
00:28:51il nous faut absolument considérer que c'est une priorité prioritaire, pour parler avec une redondance.
00:29:00Je ne suis pas certain que c'était juste à présent concerné comme une priorité prioritaire par absolument tout le
00:29:05monde.
00:29:07J'ai entendu des syndicats de magistrats, des magistrats même, de dire mais alors le garde des Sceaux,
00:29:11de manière générale, je ne personnalise pas, pour lui tout est prioritaire, il y a eu 62 dépêches,
00:29:16et c'est tout à fait faux. Il y a une circulaire de politique pénale où le garde des Sceaux
00:29:22dit
00:29:22voici les trois priorités. La conséquence de ça, c'est qu'il faut les prioriser.
00:29:26Je prends un parquet, un parquet classique, c'est entre 30 et 40 %, je le dis aux législateurs,
00:29:30ce que fait un procureur de la République dans un parquet classique, c'est 30 à 40 % de délits
00:29:33routiers.
00:29:35On peut se poser la question. En général, il y a un ou deux parquetiers.
00:29:37Je prends un petit tribunal de groupe 4, comme Hoch, dans cet exemple, au hasard.
00:29:4330 à 40 % d'activité des procureurs de la République, c'est de délits routiers.
00:29:46J'entends ce que vous dites, madame la sénatrice.
00:29:49Si on considère qu'un viol sur enfant est plus grave qu'un délit routier,
00:29:54je parle d'un délit routier, je ne parle pas d'un crime, pas de quelqu'un qui a écrasé
00:29:56quelqu'un en voiture,
00:29:57je parle d'un délit qui a commis des délits de la route,
00:29:59puisque vous avez souhaité que ça leur élève de la loi et du pénal.
00:30:03On peut se demander si on met bien les bons moyens, dans un premier temps, là où il le faudrait.
00:30:08Je le dis comme ça, surtout qu'en général, il y a des sanctions administratives
00:30:11en faisant que la sanction pénale pour quelqu'un qui est auteur d'infractions routières.
00:30:15Donc d'abord, un, il faut qu'on applique les circulaires du garde des Sceaux,
00:30:19d'où parfois le haussement de ton ou l'autorité que j'ai pu avoir dans les médias auprès de
00:30:23l'affaire Liana.
00:30:24Il faut que ça se concrétise pour dire qu'en priorité, on passe ces affaires-là.
00:30:29Et donc ça veut donc dire que d'autres affaires passent après.
00:30:31La délinquance financière, ça passe après les viols sur enfants.
00:30:34Les délits routiers, ça passe après les viols sur enfants.
00:30:37Donc ça, il faut que chaque parquet le fasse.
00:30:40Vous avez dû voir dans les rapports des procureurs généraux
00:30:42qu'une partie disait que c'était fait,
00:30:43qu'une partie disait qu'en effet, on pouvait discuter sur la structure de parquet.
00:30:46Parfois, il manquait des moyens.
00:30:47Parfois, c'était juste pas la déclinaison de la politique pénale.
00:30:51Le deuxième point, c'est qu'il n'est pas tout à fait faux de dire que les procureurs de
00:30:55la République et les parquets
00:30:56n'ont pas forcément les moyens de prioriser les affaires.
00:31:00Parce que comment ça se passe ?
00:31:02Une plainte est déposée au commissariat de Tourcoing pour un viol sur enfants.
00:31:07Les services enquêteurs, il faut qu'ils transmettent cette plainte aux procureurs de la République.
00:31:12Il y a un débat entre les magistrats et les services enquêteurs sur ce point,
00:31:16d'où la discussion qu'on a commissée à l'intérieur, mais c'est quand même essentiellement ce qui se
00:31:19passe.
00:31:20Il peut y avoir des enquêtes.
00:31:22C'est le cas lorsque j'ai demandé et j'ai exigé le recensement de toutes les enquêtes
00:31:26que les parquetiers ne traitaient pas.
00:31:28Il y a aussi des grands endroits où les policiers généraux n'ont pas remonté ces enquêtes.
00:31:32Mais dans un monde normal, le policier qui prend la plainte
00:31:36voit que c'est une violence faite sur un enfant
00:31:39et remonte la plainte au procureur de la République.
00:31:41En fait, il ne remonte pas directement au procureur de la République.
00:31:42Il l'envoie au bureau d'ordre.
00:31:44C'est-à-dire que ce sont des greffiers et des agents administratifs du ministère de la Justice
00:31:47qui récupèrent la pile très concrètement de documents.
00:31:51Je rappelle qu'en arrivant à la chancellerie, 50% des plaintes, des signalements étaient papiers.
00:31:57On est en train de passer à 100% numérique, mais en deux ans, il y avait encore beaucoup, beaucoup
00:32:01de papiers.
00:32:02Au parquet de loges, par exemple, il y avait encore 30 et 40% de papiers.
00:32:04On prend les plaintes.
00:32:05Et ensuite, le bureau d'ordre, c'est un greffier avec un directeur de greffe qui le dirige,
00:32:10qui signale au magistrat, qui normalement est spécialisé, le procureur de la République, il a organisé.
00:32:14Il a un magistrat en charge des violences faibles aux femmes et aux enfants.
00:32:16Il a un magistrat en charge du délit routier.
00:32:18Un magistrat en charge...
00:32:20Ça dépend beaucoup de ce qui se passe dans le parquet, de la permanence.
00:32:23Il donne le bureau d'ordre.
00:32:25Il signale au magistrat la priorité.
00:32:27Là, il faut qu'on se mette d'accord aussi, madame la sénatrice,
00:32:30sur c'est quoi une plainte prioritaire.
00:32:31Parce que moi, je distinguerais beaucoup de choses.
00:32:34Je distinguerais est-ce que c'est un crime ou est-ce que c'est un délit.
00:32:37Ce n'est pas tout à fait la même chose.
00:32:37Est-ce qu'on connaît l'auteur ou est-ce qu'on ne connaît pas l'auteur ?
00:32:39Parce que des plaintes contre X, où il faut que les services d'enquête,
00:32:42d'abord, définissent X, ce n'est pas la même chose de dire
00:32:44« Le prof de sport a eu mon enfant et voici son nom »,
00:32:47que de dire « À l'école, mon enfant se plaint d'avoir été violé,
00:32:49mais on ne sait pas qui dans l'école ».
00:32:50Ce n'est pas tout à fait la même chose.
00:32:53Et puis, par ailleurs, il y a beaucoup de frais prescrits.
00:32:56Je rappelle que le Parlement a souhaité que même en cas de prescription,
00:33:00nous devons faire des enquêtes, ce que nous faisons bien évidemment.
00:33:02Mais une partie non négligeable des plaintes déposées
00:33:05sont par des gens qui sont majeurs au moment où ils déposent plainte,
00:33:09mais relèvent de lorsqu'ils étaient mineurs.
00:33:11Et nous n'avons pas de distinction,
00:33:13il n'a pas été prévu de distinction entre une plainte qui concerne un mineur
00:33:16parce qu'il est mineur, ou un mineur parce qu'il était mineur
00:33:19et que la parole est libérée quelques années plus tard.
00:33:22Et objectivement, si on devait, c'est ce que j'ai dit au procureur généraux,
00:33:25ce que je dis au procureur de la République,
00:33:26je ne peux que leur indiquer, je ne peux pas l'exiger de ma fonction institutionnelle,
00:33:29mais je leur dis qu'il faut d'abord commencer par les crimes sexuels,
00:33:34c'est supérieur au délit, qui concerne des personnes dont on connaît le nom
00:33:38plutôt que contre X dans un premier temps, de mineurs mineurs.
00:33:41Ça, c'est le rouge écarlate normalement dans un parquet.
00:33:44Et là, Mme la sénatrice, en quelques heures, en quelques jours,
00:33:48on devrait pouvoir entendre cet enfant, le protéger,
00:33:50le faire rencontrer un médecin légiste, lui faire rencontrer un expert.
00:33:53Et après, on décline jusqu'à le délit, qui est moins grave que le crime,
00:33:57d'une personne qui est majeure au moment de dépôt de plainte,
00:34:01c'est moins grave, même si cette personne peut continuer à violer
00:34:04ou à commettre des crimes, évidemment, il faut continuer à faire ce travail,
00:34:08dont on ne connaît pas vraiment l'identité, contre X.
00:34:10Donc d'abord, je pense que devant la masse des plaintes et des signalements,
00:34:14parce que je pourrais aussi vous parler des signalements de l'ASE,
00:34:17très différents sont les départements,
00:34:19je pourrais vous signaler aussi tout un tas de fonctionnements
00:34:21avec l'éducation nationale qui n'est pas toujours efficace,
00:34:24à cause de l'éducation nationale ou à cause de la justice,
00:34:27je pense qu'il faut d'abord hiérarchiser tout ça.
00:34:29Est-ce que c'est fait aujourd'hui ?
00:34:30Ou est-ce que c'était fait jusqu'au mois de juin dernier ?
00:34:32Je ne pense pas.
00:34:33À part quelques rares procureurs de la République
00:34:34qui avaient peut-être les moyens de le faire
00:34:36et qui s'étaient particulièrement investis sur la question,
00:34:39je ne pense pas, parce que la masse est immense.
00:34:41Et puis ensuite, il y a beaucoup d'incidences.
00:34:43Et je pense que ce que nous avons du mal à comprendre,
00:34:46c'est que dans un couple dont la femme dépose plainte
00:34:51ou lorsqu'on fait une perquisition sur un autre sujet
00:34:53quand on tombe sur des supports pédopornographiques,
00:34:55il faut avoir le réflexe de se dire
00:34:58tout ce qu'on trouvera sur un enfant,
00:35:00même s'il n'a pas déposé plainte,
00:35:02c'est évidemment prioritaire.
00:35:04Pour cela, il faut aussi qu'avec le ministère de l'Intérieur,
00:35:07on puisse sans doute mieux réguler,
00:35:10en effet, la parole de l'enfant,
00:35:12enfin mieux écouter la parole de l'enfant.
00:35:13Donc on a beaucoup progressé dans les maisons Mélanie
00:35:17que vous avez sans doute dû visiter.
00:35:18Je voudrais dire que sur un point très précis,
00:35:20on a un problème de nombre d'enfants qui peuvent être entendus.
00:35:25Un enfant qui est entendu, une salle Mélanie,
00:35:27un enfant de quelques années, 3 à 4 ans, imaginons,
00:35:30il va décrire dans un endroit tout à fait positif pour lui,
00:35:34si j'ose dire, avec quelqu'un qui n'est pas en uniforme,
00:35:36on va poser un petit nounours pour montrer où est-ce que papa,
00:35:39où est-ce que le prof aurait été touché.
00:35:42Il y a un enquêteur toute la journée,
00:35:44il va regarder ça, il va taper, au mot près.
00:35:48Et il ne peut pas faire de synthèse,
00:35:49il ne peut pas faire de PV de synthèse de l'audition,
00:35:51parce que ce qu'a prévu la loi, c'est au mot près.
00:35:57Moi, je dis, madame la sénatrice,
00:35:58il faut absolument que vous nous permettez,
00:36:00avec les outils aujourd'hui numériques,
00:36:03que tout est enregistré.
00:36:04L'IA va nous aider à trouver les endroits
00:36:06qui, même 5 ans après, quand on aura l'audience,
00:36:08dira que la parole de l'enfant, c'est simple,
00:36:10ne fera pas répéter, sa mémoire ne sera pas perdue,
00:36:12il ne se contradira pas,
00:36:13parce que c'est aussi le problème,
00:36:14c'est les gamins de 3 ans,
00:36:16et parce qu'on travaillait 3 mois, 6 mois après,
00:36:18évidemment, on s'en sert pour dire que ce n'était pas juste.
00:36:22Et on doit pouvoir permettre,
00:36:24avec les mêmes salles de l'année,
00:36:26je pense que ce n'est pas une question de moyens,
00:36:27en l'occurrence, même s'il en faut toujours plus,
00:36:29de voir 3 ou 4 enfants dans la journée
00:36:30et pas une équipe de gendarmes ou une équipe de policiers
00:36:33qui s'en occupent toute la journée.
00:36:34Et un procureur de la République qui a 17 pages, 18 pages d'audition
00:36:37dans un langage enfant, ce n'est pas évident.
00:36:38Par exemple, un autre point sur lequel vous pourrez avancer,
00:36:41c'est qu'aujourd'hui, la loi interdit la transmission entre parquets
00:36:46ou avec les services de support numérique de manière numérique.
00:36:51On est obligé de matérialiser le support pour l'envoyer par la poste,
00:36:55alors qu'on pourrait se le passer avec un lien,
00:36:57le Netflix du numérique de la justice pourrait exister avec des codes
00:37:01et le parquet de Gers pour regarder ce qui s'est passé par la Toulouse.
00:37:03Là, dans la discussion qu'on a eue sur l'IANA,
00:37:06c'était pourquoi ils l'ont envoyé par la poste ?
00:37:08Parce que la loi nous oblige à rematérialiser en CD ou en disquette
00:37:12pour les plus âgés.
00:37:14Donc moi, je pense qu'on a, pour répondre à votre question,
00:37:17on n'a pas priorisé ces enquêtes.
00:37:18Ce n'est pas parce qu'on n'écoutait pas la parole de l'enfant.
00:37:21C'est que devant la masse, on ne s'est pas dit
00:37:24qu'on devait discriminer la parole de l'enfant
00:37:27pour considérer que c'était notre priorité de politique pénale
00:37:30sur les violences, notamment sexuelles,
00:37:31pour les entendre le plus rapidement possible.
00:37:33En se donnant tous les moyens,
00:37:35bien sûr, on doit compter le nombre de magistrats,
00:37:37le nombre de policiers, d'enquêteurs et d'experts.
00:37:39Il y a chaque année sur un plan, je suis un peu long,
00:37:41Madame la sénatrice, des experts.
00:37:44Il manque des policiers, il manque des gendarmes,
00:37:46il manque des magistrats, sans doute,
00:37:47mais il manque aussi beaucoup d'experts.
00:37:49Des experts médico-légaux, des experts psy.
00:37:52On en a très, très peu.
00:37:53On a très peu qui acceptent de travailler
00:37:54pour le service public de la justice, pour plein de raisons.
00:37:56Et je pense que c'est un plan sur lequel vous devez absolument travailler,
00:37:58parce que des magistrats parfois saisissent des experts,
00:38:01saisissent des enquêtes,
00:38:02et attendent des mois et des mois avant d'avoir un retour.
00:38:04Alors justement, c'est intéressant ce que vous dites,
00:38:07parce que la procureure de Paris, qu'on a auditionné,
00:38:09nous disait justement que,
00:38:11compte tenu de la massification des signalements,
00:38:14on n'arrive pas à traiter avec suffisamment de diligence
00:38:16ces affaires périscolaires,
00:38:17parce qu'on manque justement d'enquêteurs spécialisés.
00:38:21Vous voyez, donc,
00:38:22c'est très bien d'avoir l'idée de pouvoir prioriser,
00:38:24mais quand un enfant parle enfin avec courage,
00:38:28et Dieu sait si c'est difficile de recueillir la parole d'un enfant de cet âge-là,
00:38:32parce qu'encore une fois, sa mémoire s'efface,
00:38:33mais on sait bien que lors de l'audition,
00:38:36en fait, la preuve pénale,
00:38:37elle repose sur la parole de l'enfant,
00:38:39et que si cette parole n'est pas précise,
00:38:42corroborée, recoupée ou limpide,
00:38:44reconnaissez que parfois, ça se termine par un classement sans suite.
00:38:46Et c'est une seconde violence, en fait, pour les parents,
00:38:49parce que, hélas, peut-être que si, dans les délais,
00:38:54l'enfant, encore une fois, on parle d'enfant de maternel,
00:38:56était auditionné,
00:38:57et on s'est rendu à la brigade de protection des mineurs,
00:38:59et croyez-moi, j'ai parfaitement conscience
00:39:00que ce sont des affaires très, très complexes.
00:39:03Mais ils le disent eux-mêmes,
00:39:04qu'il est vrai que, compte tenu de cette massification,
00:39:07on a du mal à réduire les délais.
00:39:09Ils le reconnaissent avec lucidité.
00:39:11C'est tout à fait vrai.
00:39:12Alors, j'ai été mis à l'heure qu'à doubler
00:39:14le nombre de l'agent qui est à la brigade des mineurs,
00:39:16à Paris.
00:39:17La brigade des mineurs, elle ne fait pas
00:39:18que les violences sexuelles sur les enfants.
00:39:19C'est aussi ceux qui s'occupent, par exemple,
00:39:21de la bande organisée,
00:39:22de voler des portefeuilles dans le métro parisien.
00:39:25Mais nous, ce qui nous intéresse,
00:39:26c'est les violences en périscolaire.
00:39:27Oui, mais ce que je veux vous dire,
00:39:28c'est qu'il appartient aux chefs de service aussi,
00:39:31de se dire si la priorité, c'est ça.
00:39:33Du coup, on accepte de faire moins quelque chose
00:39:35et de faire plus autre chose.
00:39:36Donc, ça, c'est...
00:39:38Je ne dirais pas que c'est facile
00:39:39de mettre davantage d'enquêteurs, mais...
00:39:42Voilà.
00:39:43Deuxièmement, ce n'est pas si évident que ça
00:39:45d'être enquêteur sur les violences sexuelles
00:39:48sur les enfants.
00:39:49C'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
00:39:50on a un problème RH très important,
00:39:52c'est que vous êtes père et père de famille
00:39:53comme tout le monde,
00:39:54quand vous êtes policier, gendarme ou magistrat,
00:39:55de lire toute la journée,
00:39:56de voir des vidéos de viol.
00:39:58Et au bout d'un moment, vous ne le faites plus.
00:40:00Donc, je pense qu'il y a aussi un énorme sujet.
00:40:01Et ce n'est pas que la rémunération qui compte.
00:40:03C'est un énorme sujet de motivation
00:40:04de ces personnes qui doivent être
00:40:05elles-mêmes accompagnées psychologiquement.
00:40:07Ce n'est pas si évident
00:40:08parce que c'est des masses et des masses
00:40:09de choses horribles.
00:40:10Troisièmement, on ne les aide pas non plus toujours.
00:40:12Alors, je sors du péril scolaire un tout petit peu,
00:40:14mais quand même, la loi, par exemple,
00:40:16par deux fois, le Parlement m'a interdit,
00:40:18dont une fois, malheureusement au Sénat,
00:40:21qu'aujourd'hui, vous pouvez faire
00:40:22des enquêtes sous pseudo
00:40:23pour vous faire passer,
00:40:24quand vous êtes un policier de l'OFMINE,
00:40:26pour un pédo criminel.
00:40:27Mais vous faites passer pour un enfant
00:40:29qui répond à un pédo criminel.
00:40:30Donc, vous pouvez discuter.
00:40:32Vous pouvez faire passer pour Juliette,
00:40:339 ans, qui a un téléphone portable
00:40:35et qui discute avec un pédo criminel
00:40:36qui est de l'autre côté du téléphone.
00:40:38Mais vous ne pouvez pas, désormais,
00:40:39faire une enquête de pseudo par la voix.
00:40:42C'est-à-dire qu'au moment où le pédo criminel
00:40:45va vouloir une excitation supplémentaire,
00:40:47pas simplement avec des échanges d'images
00:40:49et de photos,
00:40:49mais va vouloir discuter,
00:40:50notamment avec des vocaux, par exemple,
00:40:52ce que font beaucoup de pédo criminels,
00:40:55manifestement,
00:40:56la loi nous interdit de faire
00:40:57des enquêtes sous pseudo par la voix.
00:40:58Je l'ai dit au Parlement,
00:40:59bon, alors, il y avait beaucoup de sujets
00:41:01de protection des libertés individuelles, etc.
00:41:03Enfin, je crois que là,
00:41:04on peut quand même un petit peu évoluer
00:41:05avec la technologie.
00:41:06Ça nous aiderait,
00:41:06et ça aiderait beaucoup les policiers et les gendarmes.
00:41:08Donc là où vous avez raison,
00:41:09c'est qu'il faut les enquêteurs spécialisés.
00:41:11Ce n'est pas si évident
00:41:12que ça a trouvé devant la masse.
00:41:14La vérité, c'est que la parole de l'enfant,
00:41:18malheureusement, ne suffit pas toujours
00:41:20pour que, bien sûr,
00:41:21le procureur de la République
00:41:22le poursuive et renvoye
00:41:23une information judiciaire.
00:41:24Vous savez, c'est vachement...
00:41:25Quand on est procureur de la République,
00:41:26ouvrir une information judiciaire,
00:41:27c'est beaucoup plus simple que de classer,
00:41:29si on est honnête.
00:41:31En revanche, prendre...
00:41:33Si vous ouvrez une information judiciaire
00:41:34pour qu'à la fin,
00:41:35le juge d'instruction n'ait pas les moyens
00:41:37de renvoyer quelqu'un
00:41:38pour qu'il se fasse condamner,
00:41:39pour le coup, c'est une deuxième violence.
00:41:41Donc il faut transmettre en ce moment
00:41:42la parole de l'enfant la plus probante
00:41:44et l'écouter la plus rapidement,
00:41:44mais il faut aussi des moyens
00:41:46de prouver sans doute possible que...
00:41:49Et pour ça, on a besoin de médecins légistes.
00:41:51Pour ça, on a besoin
00:41:52de médecins de la santé,
00:41:53d'experts psy, d'experts numériques.
00:41:56On n'est pas capable aujourd'hui
00:41:57d'analyser tous les téléphones
00:41:58que l'on saisit en perquisition
00:42:00parce que les téléphones
00:42:01sont de plus en plus compliqués,
00:42:02il y a de plus en plus de codifications.
00:42:04Donc je veux dire que, bien sûr,
00:42:06il faut former plus de magistrats
00:42:07et plus d'enquêteurs,
00:42:08mais on n'aura pas tout résolu.
00:42:10Il faut aussi que les autres ministères
00:42:12et les autres professions
00:42:14accompagnent cela.
00:42:15Donc oui, il faut plus d'enquêteurs.
00:42:17Aujourd'hui, on peut...
00:42:17Monsieur le ministre de l'Intérieur,
00:42:18je ne sais pas, vous l'avez déjà entendu ?
00:42:20Non, vous ne l'avez pas encore entendu ?
00:42:21Il vous dirait sans doute
00:42:22que je pense que ça dépend des endroits,
00:42:24mais l'essentiel des enquêtes
00:42:26qui concernent les enfants
00:42:27ou les violences sexuelles tout court
00:42:29ne sont pas faites
00:42:30par des OPJ spécialisées.
00:42:31Oui, complètement.
00:42:32Tout à fait.
00:42:33Mais il y a justement
00:42:34un autre problème qui se pose,
00:42:36c'est le traitement différencié
00:42:38des délais d'audition
00:42:40en fonction des territoires.
00:42:41Je vous donne juste un exemple concret.
00:42:42À Paris, il y a, dans une même école,
00:42:46trois enfants concernés.
00:42:47L'un a déposé plainte à Coutances
00:42:51dans la Manche
00:42:51parce qu'ils étaient à Coutances.
00:42:53Il a été auditionné
00:42:54en protocole Mélanie
00:42:55dans les 48 heures.
00:42:57Les deux autres attendent encore
00:42:58une convocation
00:42:59alors que la plainte a été déposée
00:43:01le 13 août.
00:43:01Et donc, ça crée aussi
00:43:02une inégalité, je trouve,
00:43:03devant l'accès au service public
00:43:05de la justice.
00:43:05Si certains sont auditionnés,
00:43:07on attend toujours,
00:43:08ça fait trois mois,
00:43:09quand d'autres,
00:43:10dès le lendemain en 48 heures,
00:43:11sont auditionnés
00:43:12grâce au protocole Mélanie
00:43:14et donc auditionnés
00:43:15dans de bonnes conditions.
00:43:16Et quand le recueil de la parole
00:43:18est fait dans de bonnes conditions,
00:43:19alors évidemment,
00:43:21en général,
00:43:21la réponse judiciaire
00:43:23est plus adaptée
00:43:24à la situation.
00:43:25– Oui, c'est encore pire
00:43:26pour ceux qui déposent plainte
00:43:27à Pointe-à-Pitre
00:43:28et à Papété
00:43:31ou à Saint-Laurent-du-Maroni.
00:43:33Mais j'allais vous répondre,
00:43:35c'est pas bien,
00:43:35il faut qu'on corrige tout cela,
00:43:37mais comme c'est peut-être mieux
00:43:39de se faire opérer à Paris
00:43:40qu'à Coutances.
00:43:41– Oui, mais dans ces cas-là,
00:43:42c'est une inégalité
00:43:43devant l'accès au service public,
00:43:44je le regrette.
00:43:45– On est bien d'accord,
00:43:46mais alors,
00:43:47j'entends ce que vous dites,
00:43:48mais je vous encourage
00:43:49à auditionner également
00:43:51le conseil supérieur
00:43:51de la magistrature,
00:43:52parce que vous avez devant vous
00:43:53quelqu'un qui n'est pas
00:43:54maître totalement
00:43:54de ses ressources humaines.
00:43:56C'est-à-dire que lorsque
00:43:57vous étiez parlementaire
00:43:58et j'étais ministre de l'Intérieur
00:43:59et vous me disiez
00:43:59il manque 7 gendarmes chez moi
00:44:02ou il manque des fédérifs
00:44:03à la police de Paris,
00:44:04le ministre de l'Intérieur
00:44:04prend les sorties d'école,
00:44:06il prend des policiers,
00:44:07il prend des gendarmes
00:44:07et il les envoie.
00:44:08Le ministre de la Justice,
00:44:10quand il crée des postes,
00:44:11tout n'est pas de la faute
00:44:12des autres, bien évidemment,
00:44:14il y a aujourd'hui
00:44:15un parquet à Mande,
00:44:16par exemple,
00:44:16où il n'y a plus de parquet,
00:44:18il n'y a plus de procureur
00:44:18de la République,
00:44:19il n'y a qu'à de poste,
00:44:20parce qu'ils me sont refusés.
00:44:21Donc, vous avez parfaitement raison.
00:44:22Mais on a regardé les chiffres,
00:44:24je vous le dis,
00:44:24monsieur le ministre,
00:44:25en général, dans les régions,
00:44:26c'est 15 jours
00:44:27en moyenne d'audition.
00:44:28Là, je dis juste ce cas
00:44:29où en effet,
00:44:29dans une même affaire,
00:44:31une audition en 48 heures
00:44:32quand les deux autres
00:44:33attendent toujours la convocation.
00:44:34Oui, bien sûr,
00:44:35mais il y a des endroits
00:44:35où on est plus efficace
00:44:36que d'autres.
00:44:37Et d'ailleurs,
00:44:37dans ce que j'essaie de faire
00:44:38au ministère de la Justice,
00:44:38c'est ce qu'on appelle
00:44:39un dialogue de gestion
00:44:40avec les cours d'appel,
00:44:41j'en ai des objectifs.
00:44:42Dedans, il y a les délais,
00:44:43les détraitements.
00:44:44Alors, ça peut être
00:44:44pour le civil,
00:44:45parce que c'est pareil
00:44:45si vous attendez
00:44:46la garde de votre enfant
00:44:47si vous divorcez.
00:44:48Mais c'est vrai aussi
00:44:49pour les plaintes.
00:44:50Et le rôle du ministre de la Justice,
00:44:51c'est de challenger
00:44:52ces cours d'appel.
00:44:53Mais encore une fois,
00:44:53je n'ai pas d'autorité
00:44:55hiérarchique sur ces cours d'appel.
00:44:56Merci, monsieur le ministre.
00:44:57Alors, ma deuxième question
00:44:58concerne cette fois-ci,
00:44:59en fait,
00:44:59les délais d'audition
00:45:00des mises en cause.
00:45:01Donc, en fait,
00:45:02le paradoxe,
00:45:03c'est que lorsqu'un agent
00:45:04est suspendu immédiatement
00:45:05à titre conservatoire
00:45:07pour un délit
00:45:07ou un crime
00:45:08qui a été commis,
00:45:10cette suspension,
00:45:10évidemment,
00:45:11informe immédiatement
00:45:12l'agent
00:45:13qu'il est mis en cause.
00:45:15Or, sa perquisition
00:45:17et son audition
00:45:18peuvent intervenir
00:45:19plusieurs mois plus tard.
00:45:21Autrement dit,
00:45:21il a le temps, en fait,
00:45:22d'effacer toutes les preuves.
00:45:23Comment on fait concrètement
00:45:24pour ne pas,
00:45:26comment dire,
00:45:27disqualifier,
00:45:28en quelque sorte,
00:45:29l'audition,
00:45:30puisque,
00:45:31vous voyez,
00:45:31c'est la corrélation
00:45:32des deux, en fait,
00:45:33qui fait que ça pose
00:45:34un problème.
00:45:35Alors, je vais donner
00:45:35mon avis personnel,
00:45:36madame la rapporteure,
00:45:37mais les magistrats,
00:45:38vous direz sans doute
00:45:39que ça relève
00:45:40de leur indépendance.
00:45:41Mais, pour ma part,
00:45:42je ne comprends pas
00:45:42pourquoi on ne met pas
00:45:43la personne en garde à vue
00:45:44le plus rapidement possible
00:45:45avec des perquisitions
00:45:46qui les concernent.
00:45:47C'est-à-dire qu'on fait
00:45:48exactement le contraire
00:45:50de ce qu'on fait
00:45:51dans une affaire
00:45:52de crime-orgue, quoi.
00:45:53En général,
00:45:55là, on fonctionne un peu
00:45:55comme une affaire
00:45:56de délinquance financière.
00:45:57On auditionne tout le monde,
00:45:57on écoute tout le monde,
00:45:58puis à la fin,
00:45:59on vous met en garde à vue
00:45:59et on vous met en garde à vue
00:46:00et on vous met en...
00:46:03Éventuellement,
00:46:03on vous défère
00:46:03et puis après,
00:46:04on vous en met en détention
00:46:05proviseur ou pas,
00:46:05mais c'est la fin de l'enquête.
00:46:07Moi, j'ai plutôt tendance
00:46:08à penser,
00:46:08mais je ne suis ni policier
00:46:09ni magistrat,
00:46:10que si on avait
00:46:11M. Barrella,
00:46:12par exemple,
00:46:12en garde à vue très rapidement,
00:46:13on aurait pu auditionner
00:46:14sa famille,
00:46:15on aurait pu éviter
00:46:15d'effacer les preuves,
00:46:16on aurait pu regarder
00:46:16son téléphone et ses perquisitions.
00:46:18Donc, c'est ce que j'ai pu reprocher,
00:46:19d'ailleurs,
00:46:20dans mes expressions publiques.
00:46:21Mais on vous dira,
00:46:22ben, attendez,
00:46:22non, c'est pas comme ça
00:46:23qu'on fait,
00:46:23c'est pas comme ça
00:46:23qu'on fonctionne
00:46:24et par ailleurs,
00:46:25la garde à vue termine.
00:46:26La directrice
00:46:26des affaires criminelles
00:46:27et des races
00:46:27pourrait mieux que moi
00:46:28répondre à cette question.
00:46:29Moi, je reste persuadé
00:46:30comme vous
00:46:31que le pédocriminel,
00:46:33il est en général
00:46:34quand même,
00:46:35pardon de le dire comme ça,
00:46:36mais vicieux
00:46:36et souvent très intelligent
00:46:39et organise
00:46:41son emprise
00:46:42et son effacement
00:46:43d'éléments.
00:46:45Dans la loi intégrale,
00:46:46il y a une disposition
00:46:47qui est très intéressante.
00:46:48Je ne sais pas
00:46:49si elle est constitutionnelle,
00:46:50mais elle est très intéressante.
00:46:51Elle enferme
00:46:52pendant un délai de deux mois
00:46:53les actes d'enquête minimum
00:46:55que doivent faire
00:46:57les enquêteurs
00:46:59pour lutter
00:47:00contre les affaires
00:47:00de violences sexuelles
00:47:02qui touchent
00:47:02les adultes
00:47:03et les enfants.
00:47:04Et dedans,
00:47:04il y a l'audition
00:47:06et la garde à vue
00:47:06de l'auteur.
00:47:08Je vous dis
00:47:08que je ne sais pas
00:47:09si c'est...
00:47:10D'abord,
00:47:10il n'y a pas de règle générale.
00:47:12J'imagine que c'est
00:47:12les enquêteurs
00:47:12qui doivent décider de cela.
00:47:14Donc ce serait un peu absurde
00:47:15que le Parlement
00:47:16aille totalement
00:47:17dans la contrainte aussi.
00:47:18Mais je trouve
00:47:19que j'ai du mal
00:47:21à comprendre
00:47:21quand j'étais maire
00:47:22et quand je suis ministre de la Justice
00:47:23qu'on passe des mois et des mois,
00:47:24on connaît quelqu'un,
00:47:25on sait qu'il y a eu plusieurs plaintes
00:47:26et on ne le met pas
00:47:27au garde à vue
00:47:28et on ne perquisitionne pas
00:47:30et on le laisse parfois
00:47:31en effet
00:47:32même faire pression
00:47:33sur des témoins indirects.
00:47:35J'ai été très frappé
00:47:36que, une fois que M. Barrella
00:47:38ait été mis en détention provisoire,
00:47:41on a connu alors
00:47:42beaucoup de choses
00:47:43sur sa famille,
00:47:43que sa femme elle-même
00:47:44a dit que,
00:47:45alors qu'on peut penser
00:47:46qu'en audition,
00:47:47en garde à vue,
00:47:49les services enquêteurs
00:47:50auraient pu avoir
00:47:50ce genre d'informations.
00:47:52Donc je partage votre opinion
00:47:53mais je pense
00:47:53qu'il faut laisser aux...
00:47:54Enfin, les magistrats
00:47:55vous diraient,
00:47:56et je ne peux être
00:47:57que leur porte-parole,
00:47:57que cela dépend
00:47:58de l'impérium du magistrat
00:47:59que de savoir
00:48:00quand est-ce qu'il met
00:48:00en garde à vue quelqu'un,
00:48:01quand il demande à un OPJ
00:48:02de le mettre en garde à vue,
00:48:03quand est-ce qu'il fait
00:48:04les perquisitions, etc.
00:48:05Mais je pense que vous...
00:48:05C'est vrai que c'est aussi
00:48:07assez incompréhensible
00:48:07pour les parents
00:48:08parce qu'en fait,
00:48:09on a l'impression
00:48:09qu'aujourd'hui,
00:48:10ils vont recevoir
00:48:10une invitation,
00:48:12le présumé coupable,
00:48:14lui indiquant
00:48:15qu'il allait être auditionné
00:48:16dans quelques mois
00:48:16puisqu'il a été immédiatement suspendu.
00:48:18Donc par définition,
00:48:19il sait qu'il est suspect.
00:48:21Vous voyez, c'est ça
00:48:22qui est assez...
00:48:22Et pour ceux,
00:48:23parce qu'ils restent
00:48:23présumés innocents,
00:48:25on peut quand même
00:48:26se dire aussi
00:48:27qu'il y a une incompréhension
00:48:28en effet,
00:48:29pas simplement pour les parents
00:48:29mais pour la personne
00:48:30elle-même qui est concernée.
00:48:33Elle ne peut pas exercer
00:48:33son métier
00:48:34d'une suspicion extrêmement grave.
00:48:36Si vous êtes professeur
00:48:37et qu'on vous subsonne
00:48:37de viol sur enfant,
00:48:39votre...
00:48:39Enfin, je pense que j'imagine
00:48:40que...
00:48:41C'est une protection aussi
00:48:41pour lui parce qu'il est évité.
00:48:42Donc il faut absolument
00:48:43que cette fonction administrative
00:48:44ou ces mesures administratives
00:48:45correspondent aux mesures
00:48:46de la justice.
00:48:46Et malheureusement,
00:48:47c'est très décalé
00:48:47pour la plupart du temps.
00:48:49Alors j'ai une troisième question
00:48:50avant de laisser la parole
00:48:51évidemment à mes collègues sénateurs
00:48:52qui portent cette fois-ci
00:48:53sur l'information
00:48:54communiquée par le parquet.
00:48:55Et là, c'est un des points
00:48:57qui vraiment rend les parents
00:48:59très angoissés,
00:49:01très inquiets
00:49:01puisqu'en fait,
00:49:03de ce point de vue-là,
00:49:04ils ont un sentiment
00:49:05comment dire d'abandon.
00:49:06C'est-à-dire que
00:49:07dès lors que
00:49:09ils vivent ce malheur
00:49:11d'un enfant d'un drame
00:49:12d'un enfant agressé,
00:49:14eh bien à partir de là,
00:49:15ils disent qu'il y a
00:49:16une forme de mur
00:49:17de silence institutionnel
00:49:18ou un renvoi de balles
00:49:20permanent.
00:49:20C'est-à-dire que
00:49:21la directrice d'école
00:49:22dit aller vers la mairie,
00:49:23la mairie renvoie
00:49:25présomption d'innocence,
00:49:26secret de l'enquête
00:49:26vers la justice
00:49:27qui renvoie vers la police
00:49:29et que donc
00:49:30ce sentiment d'abandon,
00:49:31là encore,
00:49:31est extrêmement douloureux
00:49:33pour eux
00:49:33parce qu'en fait,
00:49:34ils ne se sentent pas
00:49:34pris en charge
00:49:35par les institutions.
00:49:37Et donc,
00:49:37comment est-ce qu'on peut faire
00:49:38à la fois,
00:49:39ne serait-ce que pour
00:49:39informer les employeurs,
00:49:41même si je suis très attachée
00:49:41à la présomption d'innocence,
00:49:42mais moi,
00:49:43j'ai assisté aussi
00:49:44à des réunions
00:49:45à la mairie du 15e
00:49:46et les parents sont très en colère
00:49:47alors que nous ne disposons pas
00:49:49d'informations
00:49:50compte tenu,
00:49:51encore une fois,
00:49:52du secret de l'enquête.
00:49:53Comment est-ce qu'on peut améliorer
00:49:54justement l'information
00:49:54et des employeurs
00:49:55qui, pour certains,
00:49:57ignorent tout,
00:49:58en fait,
00:49:58ignorent même
00:49:59qu'un de leur agent
00:49:59ou un de leur salarié
00:50:00est mis en cause
00:50:02et qu'on nous a même dit
00:50:03qu'il y a certains enquêteurs
00:50:04qui étaient obligés
00:50:04de ruser pour appeler
00:50:05les employeurs
00:50:06en leur demandant un dossier
00:50:08sans leur dire pour autant
00:50:09qu'ils étaient mis en cause.
00:50:10Vous voyez,
00:50:11la difficulté,
00:50:11là aussi,
00:50:12sur la transmission
00:50:13des informations
00:50:14de nature
00:50:15a apaisé un peu
00:50:15la situation
00:50:16vis-à-vis des parents.
00:50:18Je comprends tout à fait cela.
00:50:21dans l'affaire dite
00:50:22Bétaram,
00:50:24pendant l'affaire Bétaram,
00:50:25il y a eu
00:50:26des dépôts de plainte
00:50:27faits dans une école
00:50:28à un établissement
00:50:29privé sous contrat
00:50:31et la ministre
00:50:32d'éducation
00:50:32elle-même
00:50:33n'était pas au courant
00:50:34alors qu'elle était
00:50:34en pleine affaire médiatique
00:50:35sur Bétaram
00:50:36où reprochait grosso modo
00:50:37au pouvoir public
00:50:38de ne pas s'être parlé
00:50:39et qu'évidemment,
00:50:40il devait se savoir
00:50:40puisque tout le monde
00:50:41savait les informations
00:50:43et en effet,
00:50:45après avoir la vérification,
00:50:46moi,
00:50:46j'ai des fiches
00:50:47d'action publique,
00:50:47c'est-à-dire
00:50:47montée d'informations
00:50:48qui sont prévues
00:50:49par la loi
00:50:51et quand j'ai dit
00:50:53à mon cabinet
00:50:53qu'il faut quand même
00:50:54transmettre ça
00:50:54à l'éducation nationale,
00:50:56la réponse était
00:50:56non,
00:50:57c'est le secret de l'enquête
00:50:57donc même entre ministres.
00:50:58Donc vous voyez
00:50:59que parfois même
00:51:00la ministre de l'éducation nationale
00:51:01peut être interpellée
00:51:02au Parlement,
00:51:03la presse peut même en parler
00:51:04et en effet,
00:51:04elle n'est pas au courant.
00:51:05Je ne parle même pas
00:51:06de la directrice de l'école,
00:51:07je parle de la ministre
00:51:07de l'éducation nationale.
00:51:08Donc vous avez parfaitement raison.
00:51:09Moi, je vous ai un truc
00:51:10qui fonctionne plutôt bien
00:51:11désormais,
00:51:12c'est notre travail
00:51:13contre la radicalisation.
00:51:15On avait les mêmes questions
00:51:17avant notre réponse globale
00:51:18contre le terrorisme
00:51:19et contre la radicalisation.
00:51:20Aujourd'hui,
00:51:20tous les élus,
00:51:21tous les maires,
00:51:22quand les préfets
00:51:23font bien leur travail
00:51:24et en général,
00:51:24ils font très bien leur travail,
00:51:25tous les mois,
00:51:26ils réunissent,
00:51:27en tout cas moi,
00:51:27quand j'étais maire de Tourcoing,
00:51:28le préfet,
00:51:29avec le procureur de la République,
00:51:30avec les psys,
00:51:31avec les gens du SPIP,
00:51:32avec toute la communauté de l'État
00:51:34et les pouvoirs publics,
00:51:35on se retrouvait,
00:51:36on avait une liste de noms,
00:51:37on acceptait qu'on avait
00:51:38qu'à reconnaître
00:51:39et on se disait
00:51:40cette personne,
00:51:40il faut faire attention.
00:51:41Il y a la personne de la CAF
00:51:42qui disait,
00:51:42il y a eu l'argent
00:51:43qui est parti à l'étranger,
00:51:44il y a eu le PSY qui disait,
00:51:45il y a eu la rupture de traitement,
00:51:47il y avait le mec des RT
00:51:48qui disait,
00:51:49la mosquée,
00:51:50elle est radicalisée
00:51:50et on a quand même réussi,
00:51:52ce n'est pas absolument parfait,
00:51:53à partager cette information
00:51:55qui pourtant relève
00:51:56des renseignements tout court,
00:51:58des services de renseignement
00:51:59ou du secret judiciaire.
00:52:00Nous devrions pouvoir organiser
00:52:02la même chose.
00:52:04La difficulté,
00:52:04c'est qu'il faut le faire
00:52:05à une maille extrêmement plus fine
00:52:06parce qu'on a évidemment
00:52:07beaucoup plus de dénonciations
00:52:09de violences sexuelles
00:52:11qu'il n'y a de personnes
00:52:12qui se radicalisent.
00:52:13Donc je pense que c'est
00:52:14ce genre de partenariat
00:52:15qui fonctionne,
00:52:16que des directeurs
00:52:17ou des chefs d'établissement
00:52:18soient informés.
00:52:19Il se peut parfois
00:52:20que c'est un chef d'établissement
00:52:21aussi couvert
00:52:22à certains de leurs collègues,
00:52:23ce qui peut aussi expliquer
00:52:25que parfois,
00:52:26le parquet OECS enquêteur
00:52:27ne communique pas tout à fait
00:52:29avec tel ou tel établissement.
00:52:30Enfin, l'élu local
00:52:31qui est le maire,
00:52:32quand il est en direct,
00:52:33moi je pense à M. le maire
00:52:34de Biarritz
00:52:34qui, à peine élu,
00:52:35a eu à connaître
00:52:36ce genre de méfaits
00:52:37avec des parents très mécontents
00:52:38et on peut le comprendre,
00:52:38m'a appelé,
00:52:39M. Blanco,
00:52:40je ne sais pas
00:52:41comment gérer la population.
00:52:43Là, il s'est trouvé
00:52:43que j'ai fait passer
00:52:44le message au procureur général
00:52:45que la procureure
00:52:46devait aller faire
00:52:46une réunion d'information
00:52:47avec les parents d'élèves.
00:52:50Donc je pense que
00:52:50quand il y a des cas exceptionnels,
00:52:51les procureurs peuvent eux-mêmes
00:52:52communiquer avec les parents d'élèves.
00:52:55Mais moi, je pense
00:52:56que la loi nous autorise
00:52:58ce qu'on a fait
00:52:59sur l'indication,
00:52:59c'est-à-dire le partage
00:53:00d'informations
00:53:00sans rentrer dans le secret
00:53:01de l'enquête
00:53:01qui montre que ça avance,
00:53:02qu'on est au courant,
00:53:03qu'on a pris des mesures
00:53:04administratives ou de suivi
00:53:05ou qu'au contraire,
00:53:06cela est faux
00:53:06et qu'on le démontre pourquoi.
00:53:08Parce que lors des auditions,
00:53:09Mme Hidalgo l'a dit
00:53:10plusieurs fois,
00:53:11elle proposait en fait
00:53:12que lors de ces réunions
00:53:13d'information avec les parents
00:53:14évidemment mécontents,
00:53:15le parquet puisse être présent.
00:53:17Est-ce que pour vous,
00:53:17c'est envisageable ?
00:53:18Pas du tout.
00:53:19Il doit l'être.
00:53:19Le procureur de la République,
00:53:21il doit être présent.
00:53:22En tout cas,
00:53:23si ce n'est pas lui,
00:53:24c'est son substitut.
00:53:25Mais moi, je trouve
00:53:27toujours anormal
00:53:28que les magistrats du parquet
00:53:31ne répondent pas
00:53:31aux invitations
00:53:32des élus locaux
00:53:33lorsqu'ils leur demandent
00:53:33d'expliquer.
00:53:34C'est vrai pour les violences sexuelles,
00:53:35mais c'est vrai pour un point de deal
00:53:36près de chez nous
00:53:37ou pour tout autre sujet.
00:53:38Et je pense que l'essentiel
00:53:39des parquetiers le font.
00:53:41Il m'est arrivé comme air
00:53:42de constater que parfois
00:53:43ils ne le faisaient pas.
00:53:44Mais je pense que l'essentiel,
00:53:45en tout cas,
00:53:45moi, je les encourage énormément
00:53:46à se rendre aux invitations
00:53:47des élus.
00:53:48Quitte à dire que c'est couvert
00:53:49par le secret de l'enquête
00:53:49mais qu'ils s'en occupent.
00:53:52Et d'ailleurs,
00:53:52je crois que vous avez vu récemment,
00:53:54Mme la rapporteure,
00:53:55même le président du tribunal de Paris
00:53:56qui est venu dans votre mairie.
00:53:58Donc même les magistrats du siège
00:53:59désormais viennent rencontrer
00:54:01les habitants.
00:54:01Et je pense que c'est très bien
00:54:02que les magistrats du siège
00:54:03le fassent aussi
00:54:04pour expliquer leurs contraintes
00:54:05et rappeler les droits.
00:54:06C'est vrai que ces réunions
00:54:07d'informations sont essentielles
00:54:09pour les parents
00:54:09qui viennent chercher des informations
00:54:10et qui repartent souvent
00:54:11bredouilles justement
00:54:12parce que le secret de l'enquête
00:54:13fait que le maire
00:54:14n'a pas plus d'informations.
00:54:16J'ai une dernière question
00:54:17qui porte sur le contrôle
00:54:18d'honorabilité des personnes
00:54:19qui interviennent
00:54:20auprès des petits mineurs.
00:54:22Il est vrai qu'on se rend compte
00:54:24en fait que le contrôle
00:54:24d'honorabilité tel qu'il est
00:54:25aujourd'hui
00:54:27est un premier rempart
00:54:28mais il ne suffit pas.
00:54:29Et là on a eu un témoignage
00:54:30de la maire de Vincennes
00:54:33assez glaçant je dois dire
00:54:34qui donnait l'exemple
00:54:35en fait d'une personne
00:54:36qui aurait commis
00:54:37un délit sexuel à 18 ans
00:54:38et qui à 50 ans
00:54:40et bien cette infraction
00:54:41a été effacée de son B2
00:54:43et donc si elle postule
00:54:44en fait cette personne
00:54:45à un poste d'animateur
00:54:46et bien cette première condamnation
00:54:47n'apparaît plus
00:54:48lors du contrôle d'honorabilité.
00:54:50Et donc qu'est-ce que vous pensez
00:54:52de cette...
00:54:53Est-ce que c'est possible
00:54:54de revenir sur l'effacement
00:54:55pour faire en sorte
00:54:56qu'il n'y ait plus
00:54:57de trous dans la raquette
00:54:58et qu'on ne se retrouve pas
00:54:59en effet avec un animateur
00:55:00plusieurs années après
00:55:01dont on ignore complètement
00:55:02qu'à un moment donné
00:55:03dans sa vie
00:55:03il a commis un crime
00:55:05ou un délit ?
00:55:06Alors votre question
00:55:06c'est-à-dire pour des gens
00:55:07qui ont été définitivement condamnés.
00:55:08Ce n'est pas pour des gens
00:55:09qui sont mis en cause.
00:55:10Le FIGES, non.
00:55:11Absolument.
00:55:12Qu'on soit d'accord
00:55:12parce que j'entends aussi
00:55:14notamment de la part
00:55:15de certains parlementaires
00:55:15que je peux entendre le débat
00:55:16qu'on devrait connaître
00:55:18des personnes qui sont mises en cause
00:55:18dans des affaires.
00:55:20Ce n'est pas attendu de le penser
00:55:21puisque vous l'avez dit
00:55:22le FIGES
00:55:22c'est mis en examen
00:55:24et ou condamnation.
00:55:25C'est plus large
00:55:26que le casier judiciaire.
00:55:27Exactement.
00:55:29Mais est-ce que
00:55:29Madame la directrice
00:55:30de l'affaire criminelle des races
00:55:31c'est législatif
00:55:32le fait d'effacer
00:55:32au bout d'un certain temps ?
00:55:33Si vous me permettez
00:55:34peut-être...
00:55:35Oui bien sûr.
00:55:39Est-ce qu'il ne faudrait pas
00:55:40justement restreindre
00:55:41les conditions d'effacement ?
00:55:43Est-ce que ça c'est possible ?
00:55:44C'est tout à fait possible
00:55:45et d'ailleurs la loi
00:55:46l'a déjà fait
00:55:46dans certaines circonstances
00:55:49en permettant
00:55:50un maintien
00:55:51donc de...
00:55:52de l'accès
00:55:53à ces condamnations
00:55:54y compris
00:55:55à postérieurement
00:55:57après la période
00:55:59de réhabilitation.
00:56:00C'est ce qu'on appelle
00:56:00la réhabilitation.
00:56:01Donc c'est le principe général.
00:56:03Il y a des exceptions
00:56:04qui ont déjà
00:56:05restreint ce champ
00:56:07et donc
00:56:08permis notamment
00:56:09je peux citer
00:56:11le code de la...
00:56:14le code de l'esport
00:56:16pardon par la loi
00:56:16du 8 mars 2024
00:56:19ou encore
00:56:19la loi du 7 février 2022
00:56:21qui a permis
00:56:22aux administrations
00:56:23en charge du contrôle
00:56:25des antécédents judiciaires
00:56:28qui exercent au sein
00:56:29des lieux de vie
00:56:30ou des établissements sociaux
00:56:31et médico-sociaux
00:56:32gérés sur les dispositions
00:56:33du code de l'action sociale
00:56:34et des familles
00:56:34de pouvoir tenir compte
00:56:36d'une des condamnations
00:56:37découvertes dans le figès
00:56:38quand bien même
00:56:40la réhabilitation
00:56:41a été acquise au B2.
00:56:43Donc il y a des exceptions
00:56:44qui ont déjà été prévues
00:56:46par la voie législative.
00:56:47Donc on pense que
00:56:47si vous changez la loi
00:56:48ou si on change la loi
00:56:49ce sera constitutionnel
00:56:50si on le justifie bien.
00:56:53Et deuxième point
00:56:53sur l'honorabilité
00:56:54on est en train de travailler
00:56:55sur la refonte de l'article 5
00:56:56du projet de loi en France
00:56:57qui va arriver chez vous.
00:56:59On a saisi le Conseil d'État
00:57:00pour savoir comment créer
00:57:01un système d'information
00:57:02qui englobe l'ensemble
00:57:03des situations
00:57:04y compris en dehors
00:57:06de la même des condamnations.
00:57:08En fait mon avis personnel
00:57:10je sors de mon point de vue
00:57:12de la justice
00:57:12parce que je vais faire
00:57:13de l'administratif
00:57:14et pas du judiciaire
00:57:14les yeux de la directrice
00:57:16doivent être terribles
00:57:17derrière moi.
00:57:18Nous avons les mêmes difficultés
00:57:19je reviens sur mon exemple
00:57:21sur le terreau.
00:57:22Qu'est-ce qu'affiché S ?
00:57:25Affiché S
00:57:26quelqu'un au KFS PRT
00:57:27c'est pas qu'un condamné
00:57:28c'est quelqu'un
00:57:29dont on peut penser
00:57:30qu'il a un lien réel
00:57:31ou présumé
00:57:31avec une organisation
00:57:32terroriste ou radicalisation
00:57:33d'ultra droite
00:57:34d'ultra gauche
00:57:36ou terroriste.
00:57:37Vous appelez demain
00:57:38le numéro de SOS radicalisation
00:57:40qui a mis en place
00:57:40le gouvernement
00:57:41vous dénoncez votre voisin
00:57:43ou votre collègue de travail
00:57:44il peut être inscrit
00:57:45dans un fichier administratif
00:57:46qui est le fichier du FSPRT.
00:57:48Et fichier S
00:57:48on y rentre
00:57:49on y sort
00:57:49vous envoyez 20 000 euros
00:57:50à quelqu'un
00:57:51et vous ne savez pas
00:57:52que cette personne
00:57:53est en lien
00:57:53avec quelqu'un
00:57:53qui est en Syrie
00:57:54vous pouvez être mis
00:57:55sur le...
00:57:57et ça n'a rien à voir
00:57:58avec la condamnation
00:57:59c'est un fichier administratif
00:58:00la question qui doit se poser
00:58:01et que le législateur
00:58:02doit nous poser
00:58:02en dehors des condamnations
00:58:03dont j'ai bien compris
00:58:04qui relevaient de nous
00:58:05c'est est-ce qu'on met en place
00:58:06un système
00:58:07qui alors pour le coup
00:58:08fait peut-être appel
00:58:09à des dizaines de milliers
00:58:10de noms
00:58:11fiché le FSPRT
00:58:12ça doit être 30 000
00:58:14noms actifs
00:58:14au moment où je vous parle
00:58:15peut-être que ça a changé
00:58:16depuis deux ans
00:58:16mais grosso modo
00:58:17c'est l'intérêt capable
00:58:18de le porter
00:58:19il y avait un débat
00:58:20est-ce que les maires
00:58:20doivent savoir ou pas
00:58:21rappelez-vous à l'époque
00:58:22s'ils ont ou pas connaissance
00:58:23si un de leurs employés
00:58:24municipales
00:58:24un chauffeur de bus
00:58:25par exemple
00:58:26est fiché S
00:58:27et dans un moment bien fait
00:58:29moi quand j'étais maire
00:58:30de Tourcoing
00:58:30et que le gouvernement
00:58:31c'était M. Cazeneuve
00:58:32de mise à l'intérieur
00:58:32je discutais avec le préfet du Nord
00:58:33et je lui donnais les noms
00:58:34et il me disait
00:58:34M. le maire
00:58:35ça non, ça oui
00:58:36c'était un travail itératif
00:58:38est-ce qu'on peut faire
00:58:39la même chose
00:58:40si on considère
00:58:41que c'est une priorité nationale
00:58:42pour des personnes
00:58:43qui sont mises en cause
00:58:43de façon répétée et avérée
00:58:45mais pas condamnées
00:58:47dans des affaires
00:58:47de pédocriminalité
00:58:48c'est une question
00:58:49pas totalement inintéressante
00:58:51et j'attire votre attention
00:58:52sur un deuxième point
00:58:53Mme la rapporteure
00:58:56aujourd'hui
00:58:56on peut être inscrit
00:58:57sur des sites
00:58:58de garde d'enfants
00:59:00qui ont pignon sur rue
00:59:01on peut même toucher
00:59:02une déduction fiscale
00:59:02sans avoir à fournir
00:59:04son casier judiciaire
00:59:06et vous pouvez être un parent
00:59:07qui consultez
00:59:09parce que vous avez
00:59:09une soirée au cinéma
00:59:10avec votre compagne
00:59:11ou votre compagnon
00:59:14vous appelez ce site
00:59:16vous avez un babysitter
00:59:17qui arrive dans l'heure
00:59:17qui vient
00:59:18et vous ne savez pas
00:59:19si cette personne
00:59:20et les sites répondent
00:59:21parce que moi
00:59:22j'aurais posé la question
00:59:22j'ai eu une affaire
00:59:23absolument horrible
00:59:24en ce moment
00:59:25comme elle n'est pas
00:59:26devenue médiatique
00:59:27je vais me taire
00:59:28et garder cette instruction
00:59:29il y a plusieurs enfants
00:59:30violés dans ce cadre là
00:59:31et quand on dit
00:59:32à la plateforme
00:59:32vous n'aurez quand même
00:59:33pu demander au moins
00:59:34et ils vont répondre
00:59:35c'est aux parents de le faire
00:59:36donc vous imaginez
00:59:36vous les appelez à 17h
00:59:37pour une garde d'enfants
00:59:38à 20h
00:59:38les parents vont demander
00:59:39à la cadavie judiciaire
00:59:40j'ai une dernière question
00:59:40monsieur le ministre
00:59:41sur le tâche
00:59:42le tâche c'est un fichier
00:59:44qui est quand même
00:59:44plus complet
00:59:45est-ce que vous pensez
00:59:46qu'a priori
00:59:46vous pourriez accorder
00:59:47la consultation
00:59:48par les collectivités
00:59:49j'ai le sentiment
00:59:50qu'a priori
00:59:51le tâche c'est plusieurs
00:59:52dizaines de millions
00:59:52de personnes
00:59:53ça pense que
00:59:53c'est pas du tâche victime
00:59:54tâche auteur
00:59:55mais je crois que
00:59:55c'est 17 millions
00:59:55d'auteurs potentiels
00:59:56c'est ça
01:00:01on est à 17 millions
01:00:03de mémoire
01:00:03de personnes
01:00:04dedans
01:00:05vous avez une plainte
01:00:06contre vous même classée
01:00:06vous êtes dans le tâche
01:00:07oui tout à fait
01:00:08donc je veux dire
01:00:09qu'il n'est pas tout à fait
01:00:11à jour
01:00:12il n'est pas à jour
01:00:13non plus le tâche
01:00:13on pensait que c'était
01:00:14justement celui
01:00:15qui avait le plus de données
01:00:16il y a beaucoup de données
01:00:17mais elles sont souvent
01:00:18il peut y avoir des problèmes
01:00:20il y a des homonymes
01:00:21il y a des homonymes
01:00:22oui
01:00:23donc il y a du boulot
01:00:25et aujourd'hui
01:00:26il y a une question
01:00:26de reconnaissance faciale
01:00:28on utilise l'IA
01:00:29en tout cas
01:00:29quand j'étais mise à l'intérieur
01:00:30on utilisait l'IA
01:00:31pour le tâche
01:00:34qui nous permet
01:00:34de lutter contre
01:00:35un certain nombre d'erreurs
01:00:35et notamment
01:00:36sur des données biométriques
01:00:38ça ne nous est pas toujours
01:00:38accepté par
01:00:40des instances de régulation
01:00:41on va dire ça comme ça
01:00:42mais je pense que
01:00:43donner l'accès
01:00:43à 17 millions
01:00:44de données
01:00:44pour les auteurs présumés
01:00:45je ne sais pas
01:00:46si ce serait pour le coup
01:00:47ça passerait
01:00:48à la barre constitutionnelle
01:00:50y compris des gens
01:00:51qui ont été innocentés
01:00:53allez-y
01:00:54je suis en prie madame
01:00:55oui
01:00:56le tâche
01:00:57est alimenté
01:00:58par des données
01:00:58des services de police
01:00:59et de gendarmerie
01:01:00pas par les services
01:01:01de justice
01:01:01donc c'est un fichier
01:01:03qui est géré
01:01:04par l'IA
01:01:05et qui effectivement
01:01:07peut être consulté
01:01:08par un certain nombre
01:01:08d'administrations
01:01:09dans le cadre
01:01:09de la protection
01:01:10de mission régalienne
01:01:11de l'État
01:01:12la protection
01:01:12de la sécurité privée
01:01:14ou publique
01:01:18voilà
01:01:18donc la question
01:01:20serait
01:01:20est-ce qu'une extension
01:01:22de cette consultation
01:01:23c'est une demande
01:01:23de certaines collectivités
01:01:24de pouvoir consulter
01:01:25le tâche
01:01:25qui est plus complet
01:01:26que les autres fichiers
01:01:27ça relève effectivement
01:01:28d'un arbitrage
01:01:33sensible
01:01:33puisque évidemment
01:01:34cette consultation
01:01:37qui serait directe
01:01:38ou pas d'ailleurs
01:01:38elle pourrait s'organiser
01:01:39de manière
01:01:40je pense que certaines situations
01:01:40hélas auraient pu être évitées
01:01:41avec la consultation du tâche
01:01:43on a les preuves
01:01:44après j'entends
01:01:45la complexité
01:01:47je pense qu'il est possible
01:01:48de mettre en place
01:01:49un système
01:01:50sans partager l'information
01:01:51parce que c'est quand même
01:01:52extrêmement intrusif
01:01:53et je pense que ce serait
01:01:55à cause sur
01:01:55pas constitutionnel
01:01:56en revanche
01:01:56de dire
01:01:57un système positif
01:01:58négatif
01:01:59quand vous testez un nom
01:02:00c'est peut-être
01:02:01plus intéressant
01:02:02de essayer de go ou no go
01:02:03je pense que ça paraîtrait
01:02:06merci beaucoup
01:02:07merci beaucoup
01:02:08je vais passer la parole
01:02:09maintenant
01:02:09à nos collègues
01:02:11comme l'heure avance un peu
01:02:12je vais prendre
01:02:13toutes les questions
01:02:14si vous en êtes d'accord
01:02:15et monsieur le ministre
01:02:16y répondra bien entendu
01:02:17en commençant par les questions
01:02:18ou la question
01:02:19de Colombe-Rosset
01:02:21merci monsieur le président
01:02:22il y a plusieurs questions
01:02:23mais qui se suivent
01:02:25merci beaucoup monsieur le ministre
01:02:27pour les éléments
01:02:28que vous nous avez
01:02:29apporté aujourd'hui
01:02:30après le décès
01:02:32de l'IANA
01:02:33vous avez demandé
01:02:34que soit remontée
01:02:36comptabilisée
01:02:37l'ensemble des enquêtes
01:02:38qui étaient
01:02:39ankylosées
01:02:40on va dire ça comme ça
01:02:40j'ai retenu le chiffre
01:02:42de 88 000 enquêtes
01:02:43qui du coup sont
01:02:46violences sexuelles
01:02:47sur mineurs
01:02:48pardon
01:02:48qui sont donc
01:02:49remontées sur le haut
01:02:50de la pile
01:02:51j'ai compris que si je vous
01:02:52demandais sur ces 88 000 enquêtes
01:02:54combien concerne
01:02:55des faits de violence
01:02:56dans le périscolaire
01:02:57vous ne pouviez pas répondre
01:02:58mais vous êtes capable
01:03:00de nous dire
01:03:00combien concerne
01:03:02le cadre scolaire
01:03:03élargi
01:03:04si j'ai bien compris
01:03:05et du coup
01:03:06ma première question
01:03:07c'est sur ces 88 000
01:03:09est-ce qu'on est en mesure
01:03:10de savoir
01:03:11combien concerne
01:03:12un cadre
01:03:13périscolaire
01:03:14slash scolaire
01:03:16et du coup
01:03:17qu'est-ce qu'il faudrait
01:03:18pour que ces enquêtes
01:03:20au-delà de toutes les difficultés
01:03:21que vous nous avez
01:03:22dont vous nous avez fait état
01:03:23qu'est-ce qu'il faudrait
01:03:24pour que ces enquêtes
01:03:26puissent avancer
01:03:27rapidement
01:03:29alors je peux pas
01:03:30de compléter la question
01:03:33sur ces 88 000
01:03:34combien concerne
01:03:36des personnes
01:03:36qui travaillent
01:03:38en lien avec les enfants
01:03:40que ce soit
01:03:40dans le cadre scolaire
01:03:41ou périscolaire
01:03:42même si les faits
01:03:44incriminés
01:03:44n'ont pas été commis
01:03:45dans le cadre scolaire
01:03:47ou périscolaire
01:03:48sauf si
01:03:49la directrice
01:03:49de la criminelle des grâces
01:03:50me contredit
01:03:51ce n'est pas possible
01:03:51de le connaître
01:03:52scolaire ou périscolaire
01:03:54non
01:03:54mais
01:03:56au mois de mai dernier
01:03:57m'ayant intéressé
01:03:58à cette question
01:03:58avant les drames parisiens
01:04:00et il y en a
01:04:01on a fait
01:04:02on a demandé
01:04:03un décret
01:04:04qui nous permettrait
01:04:04de modifier
01:04:05nos logiciels informatiques
01:04:07ce qu'on appelle
01:04:07CISPOP
01:04:08dans le langage
01:04:09de la chancellerie
01:04:11et il est en ce moment
01:04:12en consultation
01:04:13au conseil d'état
01:04:14après avis de la CNIL
01:04:15mais peut-être
01:04:15que madame la directrice
01:04:16peut dire un petit mot
01:04:17ce qui nous permettra
01:04:17sans doute
01:04:18dans les semaines qui viennent
01:04:19quand on aura
01:04:21ce décret
01:04:21de pouvoir le faire
01:04:22peut-être que l'orraine
01:04:23veut peut-être le préciser
01:04:24oui en effet
01:04:25c'est le système
01:04:26d'information
01:04:26du suivi
01:04:27des politiques pénales
01:04:28prioritaires
01:04:28qui comporterait
01:04:29donc une mention
01:04:30supplémentaire
01:04:30à chaque fois
01:04:31il faut un décret
01:04:31en conseil d'état
01:04:32après avis de la CNIL
01:04:33pour pouvoir élargir
01:04:34les données
01:04:36nominatives
01:04:36que l'on enregistre
01:04:37dedans
01:04:39et donc c'est en cours
01:04:41pour pouvoir isoler
01:04:42parmi les suivis
01:04:45de procédures
01:04:46celles qui relèvent
01:04:47du scolaire
01:04:48ou du périscolaire
01:04:48puisque effectivement
01:04:49ce n'est pas
01:04:50une donnée statistique
01:04:51dont on peut disposer
01:04:52à l'heure actuelle
01:04:52voilà donc ça
01:04:53c'est en cours
01:04:54justement
01:04:54étant précisé
01:04:56qu'il y a des travaux
01:04:57également numériques
01:04:58pour permettre
01:05:01un meilleur
01:05:03enregistrement
01:05:04de ces données
01:05:04par des interconnexions
01:05:05de logiciels applicatifs
01:05:08au sein du ministère
01:05:08de la justice
01:05:09pour faciliter aussi
01:05:10le travail d'enregistrement
01:05:12et donc de suivi
01:05:12par les parquets
01:05:14je vais répondre
01:05:16à votre deuxième partie
01:05:17c'est comment on améliorerait
01:05:18même si on n'a pas
01:05:18cette base
01:05:19moi je crois beaucoup
01:05:20à l'informatisation
01:05:22au ministère de l'intérieur
01:05:23et de la justice
01:05:23c'est à dire que
01:05:25le ministère de l'intérieur
01:05:27c'est quasiment
01:05:27le dernier endroit
01:05:28à cas de justice
01:05:29où on doit être
01:05:30physiquement présent
01:05:31pour déposer plainte
01:05:32alors c'est plus vrai
01:05:33pour les plaintes
01:05:34contre X
01:05:35et physique
01:05:37depuis 2023
01:05:39vous faites griffer
01:05:40votre voiture
01:05:40quand vous êtes commercial
01:05:41vous n'avez plus besoin
01:05:41de prendre une demi-journée
01:05:42de congé
01:05:42et vous faites une plainte en ligne
01:05:43mais vous n'avez plus le droit
01:05:44à faire pour les créations physiques
01:05:45je pense que dans l'urgence
01:05:46de ce que nous vivons
01:05:48on pourrait imaginer
01:05:49que quelqu'un puisse
01:05:50déposer plainte
01:05:50de chez soi
01:05:52de l'école
01:05:52quand on est un éducateur
01:05:53ou un directeur d'école
01:05:54après évidemment
01:05:55il y a convocation
01:05:56de l'enfant
01:05:57mais je pense
01:05:58qu'on ne facile pas
01:06:00du tout cela
01:06:01puis deuxièmement
01:06:01je sais qu'il y a
01:06:02beaucoup d'écoles en France
01:06:03on a même le réseau scolaire
01:06:03le plus important
01:06:04qui rajoute
01:06:05Italie, Allemagne
01:06:06plus Angleterre et Unis
01:06:07donc on a beaucoup
01:06:08beaucoup d'écoles
01:06:08ce qui a bien marché
01:06:10dans les violences faites
01:06:10aux femmes
01:06:10c'est quand on a exigé
01:06:12que les policiers
01:06:12viennent tenir des dépôts
01:06:14des lieux de dépôt de plainte
01:06:15dans les hôpitaux
01:06:17et on pourrait tester
01:06:18en tout cas en lien
01:06:19avec le parquet
01:06:20le fait qu'on pourrait
01:06:21demander à
01:06:22les gendarmes
01:06:23qui font ça très bien
01:06:24parce qu'ils ont des matériaux
01:06:25informatiques
01:06:25qu'ils ont appris
01:06:26le aller vers
01:06:27comme on dit
01:06:27pour la vaccination
01:06:28on pourrait très bien
01:06:29imaginer
01:06:29que dans quelques écoles
01:06:31tests
01:06:31peut-être celles qui sont
01:06:33potentiellement les plus
01:06:34concernées
01:06:35les plus nombreuses
01:06:36ou avec le plus d'enfants
01:06:37qui ont des difficultés sociales
01:06:39de pouvoir faire
01:06:39des dépôts de plainte
01:06:40in situ
01:06:41c'est-à-dire qu'une permanence
01:06:43qui soit possible
01:06:44en tout cas je pense
01:06:45qu'il y a un moyen
01:06:46de libérer plus vite
01:06:47la parole
01:06:48je pense
01:06:52on continue toujours avec
01:06:53non c'est bon
01:06:54alors je vais passer
01:06:55maintenant à Jean-Gérard Pauvier
01:06:57oui merci monsieur le ministre
01:06:58mais je voudrais revenir
01:06:59un instant
01:06:59sur l'information
01:07:00donnée ou non donnée
01:07:01par l'autorité judiciaire
01:07:04effectivement
01:07:05le temps de la justice
01:07:06n'est pas le temps des maires
01:07:07et les maires l'ont exprimé
01:07:07dans la table ronde
01:07:08ici même
01:07:10en disant même
01:07:11que parfois
01:07:11on leur avait demandé
01:07:12autorité judiciaire
01:07:13ou policière
01:07:14de ne rien dire
01:07:15ce qui donnait
01:07:16le sentiment aux familles
01:07:17je dirais
01:07:18de quelque chose
01:07:19de très concerté
01:07:20et ce n'est pas non plus
01:07:21effectivement
01:07:22le temps
01:07:22des familles
01:07:24qui parfois à défaut
01:07:25sont tentées
01:07:25d'aller vers une médiatisation
01:07:27qui des fois
01:07:28peut gêner un petit peu
01:07:29la chose
01:07:29donc moi la question
01:07:30je me pose
01:07:31c'est est-ce qu'il ne serait
01:07:32pas utile
01:07:32d'avoir
01:07:33avec l'autorité judiciaire
01:07:35des genres de points d'étape
01:07:37je vais vous donner un exemple
01:07:38qui sort des violences sexuelles
01:07:39mais qui
01:07:40c'est une noyade
01:07:42d'un mineur
01:07:43dans un foyer départemental
01:07:44de l'enfance
01:07:45pendant deux ans
01:07:46il n'y a eu aucune information
01:07:48dans un foyer
01:07:49où il y avait
01:07:4970 personnes
01:07:51imaginez l'ambiance
01:07:52de travail
01:07:53de 70 collègues
01:07:54avec un tel drame
01:07:56dans ce secteur
01:07:57donc c'est la question
01:07:58que je voulais vous poser
01:07:59et d'autre part
01:08:00vous faire part
01:08:00de ma très vive préoccupation
01:08:01dans mon département
01:08:02qui est l'Indre-et-Loire
01:08:03surtout après le Covid
01:08:05où on a fait
01:08:06avec le parquet
01:08:07département
01:08:08une cellule
01:08:09de recueil
01:08:09d'informations préoccupantes
01:08:11et où il y a
01:08:11une explosion
01:08:12des signalements
01:08:13à zeus
01:08:13donc je me demande
01:08:14dans quelle mesure
01:08:14avec les moyens
01:08:15qui sont celles
01:08:16de l'autorité judiciaire
01:08:17on pourra traiter
01:08:18dans délai correct
01:08:19une telle explosion
01:08:21dont d'ailleurs
01:08:21beaucoup
01:08:22c'est intrafamilial
01:08:23comme vous l'avez souillé
01:08:23merci
01:08:25sur le deuxième point
01:08:26c'est un motif
01:08:26de préoccupation
01:08:27monsieur le président
01:08:28monsieur le sénateur
01:08:29extrêmement important
01:08:30il y a beaucoup
01:08:30de signalements à zeus
01:08:32pas toujours très
01:08:33circonstanciés
01:08:34parce qu'il faut aussi
01:08:34voir ce que reçoivent
01:08:35les procureurs
01:08:35de la République
01:08:36parfois c'est un mail
01:08:37en disant
01:08:37un enfant a été
01:08:38violenté dans telle famille
01:08:39point
01:08:40bon il faut quand même
01:08:41un petit peu aider
01:08:41les magistrats
01:08:42donc il faut aussi
01:08:43qu'on ait des conventions
01:08:44donc on discute beaucoup
01:08:45avec l'ADF
01:08:45et le président Sauvadet
01:08:46qui nous aide beaucoup
01:08:47et madame Dabin
01:08:48qui est la présidente
01:08:48du Maine-et-Loire
01:08:49qui s'occupe beaucoup
01:08:50des questions
01:08:50de procéder de l'enfance
01:08:51il faut essayer un petit peu
01:08:52d'aider les enquêteurs
01:08:53mais vous avez parfaitement raison
01:08:53pour l'instant
01:08:54on a du mal à traiter
01:08:55ce que c'est signalement
01:08:56d'ailleurs dans l'affaire
01:08:56ce que relève
01:08:57je vous invite à lire
01:08:58le rapport d'inspection
01:08:59qu'on va rendre public
01:09:01mais c'est déjà le cas
01:09:02dans le rapport intermédiaire
01:09:03il y avait deux signalements
01:09:04à zeus
01:09:04qui concernaient
01:09:06la première plainte
01:09:07la personne qui était déposée
01:09:08à Livin
01:09:09qui est redescendue à Toulouse
01:09:10qui ont été oubliés
01:09:12d'être traités
01:09:12il y a 5 ans
01:09:134 ans
01:09:13par les services
01:09:14d'autorité judiciaire
01:09:15et par la police
01:09:16donc vous avez parfaitement raison
01:09:18et c'est un drame
01:09:19quand on sait
01:09:19que les enfants de la zeus
01:09:20sont plus ceux
01:09:20qui sont les plus concernés
01:09:21par les violences sexuelles
01:09:23parce que plus faibles
01:09:24vous avez parfaitement raison
01:09:25il faut absolument
01:09:26qu'on travaille
01:09:27et qu'on informatise
01:09:28et qu'on travaille bien
01:09:28sur cette question
01:09:30songez quand même
01:09:30monsieur le sénateur
01:09:31c'est pas pour une excuse
01:09:32mais une justification
01:09:34à mon arrivée
01:09:34à la chancellerie
01:09:35les boîtes mail
01:09:35des procureurs de la république
01:09:36ne reprenaient pas
01:09:37d'autres mails
01:09:38que ceux qui étaient envoyés
01:09:40par les services de police
01:09:41c'est-à-dire que même
01:09:42quand l'éducation nationale
01:09:42faisait des signalements
01:09:43par mail
01:09:44le mail était refusé
01:09:46donc il fallait que
01:09:47le magistrat du parquet
01:09:49ou son collaborateur de justice
01:09:51donne son mail personnel
01:09:52pour avoir enfin le signalement
01:09:55deuxièmement
01:09:55sur le premier point
01:09:56vous avez parfaitement raison
01:09:57rapport d'étape
01:09:57moi ça me dérange absolument pas
01:09:58et je trouve ça tout à fait normal
01:10:00et de manière générale
01:10:02j'encourage
01:10:03les magistrats
01:10:04à communiquer avec les élus
01:10:05qui ne sont évidemment
01:10:06pas leurs ennemis
01:10:06mais ils le savent
01:10:07pour la plupart du temps
01:10:08alors je pense que
01:10:10la difficulté que nous avons
01:10:12c'est que
01:10:15ce secret de l'enquête
01:10:16ou ce secret d'instruction
01:10:17il est quand même nécessaire
01:10:18dans un certain nombre de cas
01:10:19parce que des publicités
01:10:20peuvent exister
01:10:21c'est moins vrai
01:10:22malgré tout
01:10:23dans les violences faites
01:10:23aux femmes et aux enfants
01:10:24où la criminalité
01:10:25n'est pas entre guillemets
01:10:26organisée
01:10:26cela peut être possible
01:10:28il y a des réseaux pédophiles
01:10:29bien évidemment
01:10:30mais la plupart des cas
01:10:31que nous connaissons
01:10:32sont des cas affreusement
01:10:35solitaires
01:10:35voilà
01:10:36et donc je pense
01:10:37qu'on ne perd pas
01:10:38son temps
01:10:38ni son énergie
01:10:39à échanger
01:10:41de façon
01:10:42comme vous l'avez dit
01:10:43rituelle
01:10:43avec les élus
01:10:44pour dire où en est
01:10:44telle ou telle enquête
01:10:47je pense qu'il y a
01:10:48peut-être que je réagis
01:10:49un peu comme un élu local
01:10:50mais
01:10:52quand vous êtes tous
01:10:53arrivés en tant qu'élu local
01:10:54vous dénoncez
01:10:54des gens viennent vous voir
01:10:55pour dire
01:10:55il y a un point de deal
01:10:56en bas de chez moi
01:10:58vous vous dites
01:10:58au commissaire de police
01:10:59en l'occurrence
01:10:59chez moi c'est un commissaire de police
01:11:00quand même
01:11:01il y a un point de deal
01:11:01on le voit
01:11:02on a les images de caméra
01:11:03on a les témoignages
01:11:04on a les photos
01:11:04les gens ont fait des photos
01:11:05cachées derrière leurs fenêtres
01:11:06on a tous les éléments
01:11:07bon
01:11:08le commissaire de police
01:11:08vous dit
01:11:09oui oui je sais
01:11:11on enquête
01:11:12bon
01:11:12il vous dit
01:11:13s'il vous plaît
01:11:13faites patienter un peu les gens
01:11:14parce qu'on voudrait avoir plus haut
01:11:16attendez un mois
01:11:16deux mois
01:11:17trois mois
01:11:17pendant ce temps-là
01:11:17les gens ne vivent plus chez eux
01:11:19ils se font engueuler
01:11:20puis au bout d'un moment
01:11:21vous dites
01:11:21écoutez moi
01:11:22le haut sud du haut
01:11:22ça m'intéresse très moyennement
01:11:23ce que je veux
01:11:24c'est qu'il y ait du point de deal
01:11:24en bas de chez moi
01:11:25pour la république
01:11:26c'est n'importe quoi
01:11:27c'est l'histoire
01:11:27il y a une sorte de confrontation
01:11:28entre l'enquête parfaite
01:11:30que veulent faire les policiers
01:11:31les gendarmes et les magistrats
01:11:32ce que je comprends très bien
01:11:33et l'ordre public
01:11:34quand vous êtes maire
01:11:35vous dites
01:11:35moi ce que je veux
01:11:36c'est qu'on dégage ce point de deal
01:11:38j'ai un peu l'impression
01:11:39que c'est incompréhension
01:11:41qu'il y a parfois
01:11:42entre les services d'enquête
01:11:43et les magistrats
01:11:44et les élus
01:11:45et parfois les parents d'élèves
01:11:46évidemment
01:11:46voire même les directions
01:11:47d'éducation nationale
01:11:48qui disent
01:11:48attendez on a un cas d'urgence
01:11:50il faut qu'on le traite
01:11:51il faut qu'on le dise
01:11:52il faut qu'on montre qu'on est là
01:11:53puis il faut protéger ses enfants
01:11:54ne cherchez pas à faire le truc
01:11:55hyper parfait
01:11:56je pense que chacun peut faire un pas
01:11:58chacun peut comprendre
01:11:59qu'il y a une enquête
01:11:59qui demande un peu
01:12:00quand on accuse un homme de viol
01:12:01c'est pas anormal
01:12:03de faire son enquête de moralité
01:12:05de le mettre
01:12:06s'il le faut
01:12:07dans les techniques de renseignement
01:12:08d'auditionner les gens
01:12:09mais je pense que aussi
01:12:10la justice et la police
01:12:10doivent comprendre l'urgence
01:12:11de la réponse
01:12:12pour l'opinion publique
01:12:13et pour le maire
01:12:14donc je partage tout à fait cela
01:12:16et je suis prêt
01:12:16sur les conclusions
01:12:17de la commission d'enquête
01:12:18de redire et de reproposer
01:12:20aux magistrats
01:12:20une méthode
01:12:22de fonctionnement
01:12:22avec les élus locaux
01:12:24Sonia de La Provoté
01:12:29Merci monsieur le ministre
01:12:30alors moi j'ai deux questions
01:12:31la première
01:12:33porte sur la possibilité
01:12:35d'avoir des alertes
01:12:37dans le système
01:12:39dans le sujet
01:12:40qui a justifié
01:12:41la mise en place
01:12:42de la commission d'enquête
01:12:43on voit bien
01:12:44qu'on a une itération
01:12:44des actes
01:12:45la répétition des profils
01:12:47à la fois des victimes
01:12:48et puis des criminels
01:12:51un lieu
01:12:52qui est identifié
01:12:53ou à un moment
01:12:54en tout cas
01:12:54c'est plutôt l'école
01:12:55plutôt le périscolaire
01:12:56et est-ce que
01:12:58en l'état actuel des choses
01:12:59on est capable
01:13:00à partir d'un bruit de fond
01:13:02sur un sujet
01:13:04pénal ou criminel
01:13:05d'identifier des pics
01:13:07et de dire
01:13:07donc là
01:13:08il y a une alerte
01:13:09il se passe quelque chose
01:13:10d'anormal
01:13:10ça faisait pas partie
01:13:12des priorités
01:13:13qu'on avait identifiées
01:13:13des trois grandes priorités
01:13:14qu'on avait identifiées
01:13:15mais est-ce qu'on pourrait
01:13:17considérer
01:13:17que l'émergence de pics
01:13:19de criminalité
01:13:20dans des circonstances
01:13:21particulières
01:13:22avec des critères
01:13:22particuliers
01:13:24une itération
01:13:25je le répète
01:13:27une répétition
01:13:27des profils
01:13:28etc
01:13:28est-ce qu'on pourrait
01:13:29considérer que ça
01:13:30ça pourrait faire partie
01:13:31de l'action quotidienne
01:13:33de vos services
01:13:34qui permettrait
01:13:35finalement
01:13:36d'identifier
01:13:37des effets de système
01:13:38ou une recrudescence
01:13:39ou une émergence
01:13:40de certains actes
01:13:41qui seraient liés
01:13:42peut-être à une actualité
01:13:43ou une évolution
01:13:44de la société
01:13:44ou en tout cas
01:13:45dans laquelle on serait
01:13:46en situation
01:13:47de pouvoir réagir
01:13:50plus efficacement
01:13:52et ma deuxième question
01:13:53porte sur le questionnaire
01:13:55diligenté
01:13:56par l'éducation nationale
01:13:58qui va être distribué
01:13:59de la grande section
01:14:01du CP
01:14:01je crois
01:14:03jusqu'à la terminale
01:14:05grande section
01:14:06oui de la grande section
01:14:07jusqu'à la terminale
01:14:08à partir de
01:14:11après les vacances
01:14:12de la Toussaint
01:14:13est-ce que ça a été concerté
01:14:15avec vos services
01:14:17est-ce qu'il y a
01:14:19une exploitation prévue
01:14:20parce que là
01:14:21en l'occurrence
01:14:22même sans avoir les noms
01:14:23le bruit de fond
01:14:23on va l'avoir très vite
01:14:24et les pics aussi
01:14:27alors sur le deuxième point
01:14:28monsieur le Président
01:14:28oui
01:14:29ça a été concerté
01:14:30avec monsieur
01:14:30le ministre de l'éducation nationale
01:14:31qui fait un très gros travail
01:14:32de sensibilisation
01:14:33et on a évidemment
01:14:34dans notre accord
01:14:35évidemment du point
01:14:36de vue de la chancellerie
01:14:39des enfants qui parlent
01:14:40des mineurs
01:14:41qui parlent de façon anonyme
01:14:43c'est très bien
01:14:43mais c'est anonyme
01:14:44c'est-à-dire que là
01:14:45on ne va connaître
01:14:46ni la victime
01:14:47non mais c'est peut-être
01:14:47pas le sujet
01:14:48mais enfin
01:14:48au bout d'un moment
01:14:50voilà
01:14:50il faut quand même
01:14:51qu'on fasse quelque chose
01:14:52de ça
01:14:52voilà
01:14:54donc c'est pas parce que
01:14:55des gamins auront dit
01:14:56bah oui
01:14:56j'ai été violé
01:14:57violenté etc
01:14:58peut-être qu'il y aura
01:14:58des trucs pour dire
01:14:59c'est toujours le même
01:15:00prof de maths
01:15:00et tous les profs de sport
01:15:01ou le même pion
01:15:02c'est possible
01:15:03mais enfin
01:15:03il faut qu'on fasse attention
01:15:04à avoir une masse d'informations
01:15:05qu'on ne s'est pas traité
01:15:06donc voilà
01:15:07donc oui
01:15:09je pense que ça a existé
01:15:11je me souviens personnellement
01:15:12dans ma commune
01:15:13de deux écoles
01:15:13qui avaient fait
01:15:14des boîtes anonymes
01:15:15de papillons
01:15:16où les enfants mettaient
01:15:17ce qui leur passait
01:15:18des mauvais moments
01:15:19on a parfois su trouver
01:15:20qu'elles étaient
01:15:22les parents maltraitants
01:15:23ou voilà
01:15:24mais c'était
01:15:25à l'échelle
01:15:26d'une école maternelle
01:15:27ou d'une école élémentaire
01:15:28c'est un peu différent
01:15:29donc oui c'est concerté
01:15:30il faut juste maintenant
01:15:30quand l'opération a été faite
01:15:31par l'éducation nationale
01:15:32qu'on s'y mette tous
01:15:33et qu'on essaie de trouver
01:15:34les grandes tendances
01:15:36deuxièmement
01:15:36moi je vous refais
01:15:38mon parallèle
01:15:39avec le terrorisme
01:15:40je ne sais pas
01:15:40s'il vous convainc
01:15:41mais la DGSI
01:15:42elle appelle ça
01:15:42des signes faibles
01:15:44c'est à dire
01:15:44tous les signes faibles
01:15:45ne montrent pas
01:15:46qu'il y a qu'un radicalisé
01:15:47mais enfin
01:15:47chaque signe faible
01:15:48mérite d'être regardé
01:15:49alors c'est possible
01:15:50dans une DGSI
01:15:51je rappelle que c'est
01:15:525000 personnes
01:15:53et il y a
01:15:5330 000 personnes suivies
01:15:54donc c'est quand même
01:15:55une très grosse machine
01:15:56bon
01:15:57c'est pas du tout comparable
01:15:58je vais le redire
01:15:59évidemment
01:15:59avec les violences sexuelles
01:16:01mais enfin
01:16:01c'est ce qu'il faudrait tendre vers ça
01:16:03demain
01:16:04on est aidé
01:16:05et il y a un projet
01:16:06qui arrive au mois de décembre
01:16:08dans toutes les juridictions
01:16:08qui s'appelle
01:16:09mon assistant pénal
01:16:10c'est de l'IA
01:16:11qui va désormais traiter
01:16:12l'intégralité des dossiers
01:16:13ce qui n'existe pas
01:16:14aujourd'hui
01:16:15les dossiers sont à moitié papier
01:16:16ils sont en train
01:16:17de tous devenir numérisés
01:16:19l'IA
01:16:20mais ça je pense que
01:16:20ça peut être intéressant
01:16:21que vous voyez cette démonstration
01:16:22à partir de décembre
01:16:23dans les juridictions
01:16:25va scanner les documents
01:16:26toutes les plaintes en arrivant
01:16:28elle va
01:16:29analyser
01:16:31la plainte
01:16:32et elle va
01:16:33prioriser
01:16:34pour le parquet
01:16:35elle va prendre
01:16:36les instructions
01:16:36du garde des sous
01:16:37les instructions
01:16:37du procureur de la république
01:16:38donc il y aura
01:16:39ma circulaire
01:16:39qui sera dans l'IA
01:16:41les déclinaisons
01:16:42par le procureur général
01:16:43puis les déclinaisons
01:16:43par le procureur
01:16:44parce que c'est
01:16:45pas la même chose
01:16:45à Paris
01:16:46et à Cahors
01:16:48et
01:16:49en
01:16:50une demi-heure
01:16:52votre plainte
01:16:52il y a le résumé
01:16:53il y a ce que doit faire
01:16:54l'OPJ
01:16:55il n'y a plus qu'à envoyer le mail
01:16:55évidemment
01:16:56le magistrat relie
01:16:57bien évidemment
01:16:58il y a comment je la classe
01:16:59on a fait une priorité absolue
01:17:01deux priorités tout court
01:17:02trois pas prioritaires
01:17:04quelles enquêtes ont été faites
01:17:05comment on relance
01:17:06c'est quoi le timing
01:17:06bon ça a changé radicalement
01:17:08les choses
01:17:08et il y a une analyse
01:17:10des plaintes qui rentrent
01:17:11ou des signalements
01:17:11ce qui fait que
01:17:12les pics que vous évoquez
01:17:14de glycémie
01:17:16si j'ose dire locale
01:17:17on le verra
01:17:17assez vite
01:17:18voilà
01:17:19aujourd'hui
01:17:19il est évident
01:17:20que les magistrats
01:17:21n'ont pas
01:17:22n'ont pas ces moyens là
01:17:23de vérification
01:17:24et les policiers
01:17:24non plus
01:17:25mais à partir de décembre
01:17:27c'est ce que nous aurons
01:17:28à disposition
01:17:29des parquets
01:17:36juste pour compléter
01:17:37est-ce qu'il peut être envisagé
01:17:38dans un second temps
01:17:39à partir du moment
01:17:40où tout ça va être opérationnel
01:17:41et en général
01:17:41avec l'IA
01:17:42ça ne traîne pas trop
01:17:44est-ce qu'on peut envisager
01:17:45qu'il y ait
01:17:46des seuils
01:17:47une réflexion
01:17:47autour de seuils
01:17:48autour de
01:17:49de sujets
01:17:50comme ça
01:17:50d'une espèce
01:17:53de norme
01:17:53à partir de laquelle
01:17:54on déclencherait
01:17:55une accélération
01:17:56des procédures
01:17:56de la surveillance
01:17:57et du suivi
01:17:58parce qu'en fait
01:17:59là on fait
01:17:59des priorisations
01:18:00par type d'action
01:18:01enfin il y a
01:18:01trois grandes priorités
01:18:02et là ça serait
01:18:03autre chose
01:18:04c'est-à-dire
01:18:04c'est toute possibilité
01:18:07et il y a un moment
01:18:08où on déclenche
01:18:08parce qu'il y a
01:18:09une concentration
01:18:10des actes
01:18:10de la criminalité
01:18:11de la gravité
01:18:12et des choses comme ça
01:18:13la réponse est oui
01:18:14mais sous l'autorité
01:18:15de la directrice
01:18:15des affaires criminales
01:18:16la loi nous oblige
01:18:17à rendre un rapport
01:18:18annuel au parlement
01:18:19de l'activité pénale
01:18:20du pays
01:18:21et chaque cours d'appel
01:18:22chaque tribunal
01:18:23fait chaque année
01:18:24un rapport annuel
01:18:25d'activité
01:18:25et normalement
01:18:27fait avec un peu
01:18:28de retard
01:18:28ce que vous dites
01:18:29c'est-à-dire que
01:18:29le parquet
01:18:31de Lille
01:18:32dit
01:18:32cette année
01:18:33moi j'ai eu énormément
01:18:33de vols à la roulotte
01:18:36je vois que c'est un problème
01:18:37j'ai donc
01:18:37monsieur le garde des Sceaux
01:18:38décidé de mettre
01:18:39les moyens sûrs
01:18:40et j'ai créé
01:18:40une section particulière
01:18:41mais c'est un an de retard
01:18:43mais ça c'est
01:18:43le bâtonnage aujourd'hui
01:18:44demain
01:18:45ça sera par journal
01:18:47quotidien
01:18:47et le parquet
01:18:48pourra être piloté
01:18:50le pilotage
01:18:50des politiques pénales
01:18:51c'est le mot
01:18:51qu'a utilisé
01:18:52la directrice
01:18:52et même nous
01:18:53nous pourrons piloter
01:18:56ce que font les parquets
01:18:57il y a une commission
01:18:58d'enquête
01:18:58en ce moment au Sénat
01:18:59de madame Jourdat
01:19:00sur comment on conduit
01:19:02des politiques pénales
01:19:04on les conduit
01:19:05comme on peut
01:19:06c'est-à-dire qu'on n'a pas
01:19:07les moyens informatiques
01:19:08centralisés
01:19:08on est en train
01:19:09de mettre ça en place
01:19:10moi je ne suis pas capable
01:19:10de vous dire
01:19:11jusqu'à présent
01:19:12on n'a pas été capable
01:19:13de vous dire
01:19:14comment sont appliquées
01:19:15les directives du garde des Sceaux
01:19:16dans tous les sujets
01:19:17sur les détenus étrangers
01:19:18enfin on peut tous
01:19:18un peu multiplier
01:19:19demain je pourrais
01:19:20parce que demain
01:19:20j'aurai des outils
01:19:21de remontée
01:19:21de tableau de bord
01:19:22je pourrais le faire
01:19:23la DACG pourra le faire
01:19:25le procureur général
01:19:26pourrait le faire
01:19:26le procureur pourra le faire
01:19:28voilà
01:19:28donc oui
01:19:29ce sera quasi quotidien
01:19:30ce genre de pilotage
01:19:33merci monsieur le ministre
01:19:34pour vos réponses
01:19:36à nos questions
01:19:38voilà pour cette audition
01:19:39de Gérald Darmanin
01:19:40ministre de la justice
01:19:41par la commission d'enquête
01:19:42sur les violences
01:19:43commises sur les mineurs
01:19:45dans le périscolaire
01:19:46on continue
01:19:47ce 100% Sénat
01:19:48avec une autre audition
01:19:49de cette même commission d'enquête
01:19:50celle de Jean-Michel Blanquer
01:19:52ministre de l'éducation nationale
01:19:54d'Emmanuel Macron
01:19:55de 2017 à 2022
01:19:56il a plaidé ici au Sénat
01:19:59pour une refonte
01:20:00de l'organisation
01:20:01du temps de l'enfant
01:20:01entre l'école
01:20:02les vacances
01:20:03et le périscolaire
01:20:04on regarde
01:20:05je suis évidemment
01:20:07tout à fait honoré
01:20:08de pouvoir parler devant vous
01:20:09aujourd'hui
01:20:09ça me paraît important
01:20:10sur un sujet
01:20:11qui est à la fois
01:20:13fondamental
01:20:13dans sa dimension positive
01:20:15et dramatique
01:20:15dans sa dimension négative
01:20:17je pense que c'est
01:20:18très important
01:20:19de contribuer
01:20:20à ce que les choses
01:20:21à la fois soient éclaircies
01:20:22pour le passé
01:20:22et améliorées
01:20:24pour le futur
01:20:25lorsque j'ai eu
01:20:26à prendre ces décisions
01:20:27au milieu de nombreuses décisions
01:20:29en cette période
01:20:30de juin 2017
01:20:32c'était face à un constat
01:20:33tout simplement
01:20:35qui était une très grande
01:20:36hétérogénéité
01:20:37de la situation
01:20:37de très grandes difficultés
01:20:39de mise en place
01:20:40de cette réforme
01:20:41depuis qu'elle avait commencé
01:20:434 ans et demi auparavant
01:20:45et c'était donc
01:20:48absolument nécessaire
01:20:49tant on entendait
01:20:50de la part du terrain
01:20:52une espèce
01:20:54de difficulté générale
01:20:56qui se traduisait
01:20:57par l'hétérogénéité
01:20:59des situations
01:20:59dans toute la France
01:21:02une absence
01:21:03d'évaluation nationale
01:21:04d'ailleurs
01:21:04de ce qui se passait
01:21:07des difficultés
01:21:08d'organisation
01:21:09en milieu rural
01:21:09qui créaient
01:21:10des inégalités
01:21:11considérables
01:21:12entre les communes
01:21:15et des enfants
01:21:17qui n'y trouvaient
01:21:17pas leur compte
01:21:18puisqu'on a beaucoup parlé
01:21:19d'intérêt de l'enfant
01:21:21dans ces questions
01:21:22et c'est en effet
01:21:23ce qui doit venir en premier
01:21:24pour autant au fond
01:21:25les choses avaient été
01:21:26faites de telle façon
01:21:27que l'intérêt de l'enfant
01:21:28était totalement
01:21:30abîmé
01:21:31par la manière
01:21:32dont les choses se passaient
01:21:33bien sûr
01:21:34dans certains endroits
01:21:35les choses se passaient
01:21:35très bien
01:21:37et le but
01:21:38de ce que nous avons fait
01:21:39n'a pas été
01:21:39d'abîmer
01:21:40ce qui pouvait se passer
01:21:41très bien
01:21:42mais de permettre
01:21:43à ceux qui étaient
01:21:43en difficulté
01:21:44de pouvoir remédier
01:21:45à la situation
01:21:46et aux autres
01:21:46de continuer
01:21:47et c'est ce qui s'est passé
01:21:48donc c'était vraiment
01:21:49une réforme pragmatique
01:21:51pour arriver
01:21:52à tenir compte
01:21:53des situations
01:21:53extrêmement différentes
01:21:55entre petites communes
01:21:56et grandes communes
01:21:57milieu rural
01:21:58et milieu urbain
01:22:00et tout autre type
01:22:02de différences
01:22:03qui peuvent exister
01:22:04pour autant
01:22:05ça n'a pas été
01:22:06une politique
01:22:06du laisser faire
01:22:07laisser aller
01:22:09immédiatement
01:22:09j'ai mis en place
01:22:10ce qu'on a appelé
01:22:11à l'époque
01:22:11le plan mercredi
01:22:13qui s'est d'ailleurs
01:22:14situé dans une certaine
01:22:15continuité
01:22:16de ce qu'on appelait
01:22:18et qu'on appelait encore
01:22:19les PEDT
01:22:20qui sont des projets
01:22:22éducatifs territoriaux
01:22:23que je trouvais
01:22:25intéressants
01:22:25dans leurs principes
01:22:27puisque ça permettait
01:22:28d'élargir
01:22:29à tous les interlocuteurs
01:22:31locaux
01:22:31les enjeux
01:22:32des activités
01:22:33périscolaires
01:22:34donc il était très important
01:22:36d'avoir
01:22:36cette vision partagée
01:22:38puisque un des problèmes
01:22:39dont on souffre beaucoup
01:22:40en ces matières
01:22:41c'est le fait
01:22:42que les choses
01:22:42sont compartimentées
01:22:44et donc
01:22:46le plan mercredi
01:22:47a été une façon
01:22:47d'aller plus loin
01:22:49dans le décompartimentage
01:22:51si vous me permettez le mot
01:22:54en permettant
01:22:55aussi de donner
01:22:56aux communes
01:22:56qui en avaient
01:22:56le plus besoin
01:22:57des moyens
01:22:58pour avoir
01:22:59des activités
01:22:59périscolaires
01:23:01tout ceci
01:23:02vient rejoindre
01:23:02une conviction
01:23:03générale
01:23:04que j'ai
01:23:04et qui va commander
01:23:06tout ce que je peux
01:23:07vous dire
01:23:07sur la question
01:23:08c'est qu'on doit avoir
01:23:10une vision complète
01:23:10du temps de l'enfant
01:23:11et que cette vision
01:23:13complète
01:23:14elle vaut pour la journée
01:23:15elle vaut pour la semaine
01:23:16et elle vaut pour l'année
01:23:18et cette vision complète
01:23:19du temps de l'enfant
01:23:19évidemment elle ne relève pas
01:23:20que du temps scolaire
01:23:21et on doit réfléchir
01:23:24et agir
01:23:25pour que
01:23:25que le temps de l'enfant
01:23:28hors temps scolaire
01:23:30soit un temps riche
01:23:31et instructif
01:23:33la façon dont les choses
01:23:34s'étaient passées
01:23:35dans les 4 années
01:23:35qui ont précédé
01:23:36mon arrivée
01:23:37au ministère
01:23:38ne permettait pas
01:23:39de remplir
01:23:40ces conditions
01:23:41mais ce qui est certain
01:23:42c'est que l'esprit
01:23:43qu'il y avait là
01:23:44était tout à fait
01:23:46valable
01:23:46et qu'on devait
01:23:47essayer de recomposer
01:23:48les choses
01:23:49à partir de ce même esprit
01:23:51c'est à dire
01:23:52la qualité du temps scolaire
01:23:53la qualité du temps
01:23:54périscolaire
01:23:55la qualité du temps
01:23:56extrascolaire
01:23:57d'où le plan mercredi
01:23:58d'où ce que je ferai
01:23:59plus tard
01:23:59avec les
01:24:01les vacances apprenantes
01:24:03le président
01:24:03Brisson a rappelé
01:24:04que j'étais
01:24:05ministre de la jeunesse
01:24:06ce qui me donnait
01:24:07quelques possibilités
01:24:08d'agir sur les associations
01:24:10de même
01:24:10à partir de 2020
01:24:11ministre des sports
01:24:12j'ai essayé au maximum
01:24:14d'entraîner d'ailleurs
01:24:14les fédérations sportives
01:24:17dans cette logique
01:24:19avoir une vision globale
01:24:20du temps de l'enfant
01:24:21ça signifie que
01:24:23on doit savoir
01:24:24distinguer
01:24:25ce qui relève
01:24:25de l'instruction
01:24:26et ce qui relève
01:24:26de l'éducation
01:24:27et que
01:24:28on peut se permettre
01:24:30dès lors qu'on a
01:24:31des temps éducatifs
01:24:32riches
01:24:32en dehors du temps scolaire
01:24:34de se concentrer
01:24:35davantage sur
01:24:36l'instruction
01:24:36et notamment
01:24:37sur les savoirs fondamentaux
01:24:38à l'école primaire
01:24:39puisqu'ici nous parlons
01:24:40essentiellement
01:24:40de l'école primaire
01:24:41et donc avoir
01:24:43un système scolaire
01:24:44où l'école primaire
01:24:45se reconcentre
01:24:46sur les savoirs fondamentaux
01:24:47ce qui évidemment
01:24:48n'exclut pas
01:24:50des savoirs
01:24:51qu'on appelle
01:24:51pas non plus
01:24:52savoirs fondamentaux
01:24:53mais en tout cas
01:24:53où le noyau dur
01:24:54de ce qui doit être
01:24:55appelé à l'école
01:24:56fait l'objet
01:24:57d'une concentration
01:24:57pleine et entière
01:24:58et avoir
01:24:59pour toute une série
01:25:01d'autres sujets
01:25:01qui sont très importants
01:25:02aussi
01:25:03comme notamment
01:25:04l'éducation artistique
01:25:05et culturelle
01:25:05non seulement
01:25:06un peu de temps scolaire
01:25:07mais aussi
01:25:08beaucoup de temps
01:25:08périscolaire
01:25:10c'est à mon avis
01:25:10une des grandes pistes
01:25:11presque civilisationnelles
01:25:13que nous avons
01:25:14devant nous
01:25:14et pour lesquelles
01:25:16on ne partirait pas de zéro
01:25:17puisque des choses
01:25:17ont été faites
01:25:18il ne faut pas caricaturer
01:25:19la réalité
01:25:20il y a évidemment
01:25:21des choses positives
01:25:22mais je dirais
01:25:23qu'il y a évidemment
01:25:24deux volets
01:25:24une fois qu'on a dit ça
01:25:25il y a le volet
01:25:27qui vous occupe aujourd'hui
01:25:28et qui est
01:25:30de prévenir
01:25:31tout ce qui peut se passer
01:25:33de dramatique
01:25:34en la matière
01:25:35donc la lutte
01:25:36contre les violences
01:25:37faite aux enfants
01:25:37et puis il y a le volet positif
01:25:39qui est
01:25:40comment on réussit
01:25:41à avoir
01:25:42des personnels
01:25:43de qualité
01:25:43pour faire
01:25:44des activités
01:25:45de qualité
01:25:46alors même
01:25:47que tous les indicateurs
01:25:49sociétaux
01:25:49sont en rouge
01:25:50aujourd'hui
01:25:50sur la façon
01:25:52dont l'enfant
01:25:52utilise son temps
01:25:53en dehors de l'école
01:25:55notamment avec
01:25:56la société des écrans
01:25:57dans laquelle
01:25:58nous sommes rentrés
01:25:59problème qui
01:26:00comme on vient de le voir
01:26:01avec PISA
01:26:02n'est pas un problème
01:26:03spécifiquement français
01:26:04mais un problème
01:26:05mondial
01:26:06y compris en Asie
01:26:07merci beaucoup
01:26:16juste réagir
01:26:17à vos propos
01:26:17monsieur le ministre
01:26:18sur l'hétérogénéité
01:26:21en fait
01:26:22des territoires
01:26:23en matière
01:26:24de périscolaire
01:26:27ce qui est assez intéressant
01:26:29à constater
01:26:29c'est qu'en fait
01:26:2940% des communes
01:26:31aujourd'hui
01:26:31ne déclarent pas
01:26:33leur périscolaire
01:26:34à l'état
01:26:34c'est à dire
01:26:35qu'ils ne perçoivent pas
01:26:36la subvention de la CAF
01:26:38et vous avez été
01:26:39ministre de la jeunesse
01:26:40et des associations
01:26:41comment est-ce qu'on peut
01:26:43expliquer à des parents
01:26:44que du coup
01:26:45toutes ces ACM
01:26:47ces accueils
01:26:47mineurs collectifs
01:26:49en fait
01:26:51sont exemples
01:26:52de toute obligation
01:26:53et en termes
01:26:54de contrôle
01:26:54d'honorabilité
01:26:55et en termes
01:26:56d'encadrement
01:26:58alors
01:27:00il y a plusieurs questions
01:27:01dans votre question
01:27:02d'abord sur l'hétérogénéité
01:27:05elle est indépassable
01:27:07c'est à dire
01:27:07que vous aurez toujours
01:27:08des petites communes
01:27:09des grandes communes
01:27:10des communes
01:27:11qui ont des coutumes
01:27:12diverses et variées
01:27:13je vous donnerai
01:27:13un seul exemple
01:27:14la ville de Nice
01:27:15qu'on ne pourrait pas
01:27:16donner comme exemple
01:27:17de petites communes
01:27:18ou comme communes
01:27:19désargentées
01:27:21c'est une commune
01:27:22qui avant la réforme
01:27:23de 2012-2013
01:27:24avait un système
01:27:28de 4 jours
01:27:31avec le mercredi
01:27:32au ski
01:27:32puisqu'on est dans
01:27:33les Alpes-Maritimes
01:27:34et donc ça permettait
01:27:35des enfants
01:27:35et notamment
01:27:36des classes les plus défavorisées
01:27:37à la montagne
01:27:38à partir du moment
01:27:39où on a rendu obligatoire
01:27:40le fait de faire
01:27:40le mercredi matin
01:27:41toutes ces activités-là
01:27:42se sont arrêtées
01:27:44tout simplement
01:27:44et donc
01:27:47il faut savoir
01:27:47prendre en compte
01:27:48ce genre de réalité
01:27:49si par exemple
01:27:50on avait pris des décisions
01:27:51en disant
01:27:51toutes les communes
01:27:52ayant tel seuil
01:27:53de richesse
01:27:56doivent faire ainsi
01:27:57les autres autrement
01:27:58même en faisant ainsi
01:28:00on ne recouvrerait pas
01:28:02la réalité
01:28:02donc il faut
01:28:05premièrement
01:28:05savoir être pragmatique
01:28:07sur un sujet
01:28:07comme celui-là
01:28:08et faire confiance
01:28:10aux collectivités locales
01:28:11C'est la fin
01:28:12de cette audition
01:28:13de Jean-Michel Blancard
01:28:14que vous pouvez retrouver
01:28:14en intégralité
01:28:16sur notre site internet
01:28:17en replay
01:28:18le rapport
01:28:18de la commission
01:28:19d'enquête
01:28:20sur les violences
01:28:21commises dans le périscolaire
01:28:22sera remis au Sénat
01:28:23au mois d'octobre
01:28:24et ce sera évidemment
01:28:25à suivre
01:28:25sur Public Sénat
01:28:26C'est la fin de ce 100%
01:28:28merci beaucoup
01:28:28de nous avoir suivis
01:28:29très bonne journée
01:28:30sur les chaînes parlementaires
01:28:31Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:35Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:37Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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