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  • il y a 18 minutes
La moitié des sièges de sénateurs étaient en jeu ce dimanche 27 septembre. Il a vu la droite subir une légère érosion du nombre de ses élus, au profit en particulier du Rassemblement national. Absente jusqu'à présent au palais du Luxembourg, La France insoumise va faire son entrée à la chambre haute.

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Transcription
00:00Oui, pour la première fois de son histoire, le Rassemblement National qui va pouvoir constituer un groupe ici au Sénat.
00:06Alors pour constituer un groupe au Sénat, on le rappelle, il faut 10 sénateurs.
00:103 étaient déjà élus pour le Rassemblement National et ce soir, 12 se sont fait élire, soit avec la bannière
00:16Rassemblement National,
00:17soit avec la bannière UDR, le parti allié de Marine Le Pen qui est géré par Éric Ciotti.
00:22Ça veut dire que ce soir, on compte déjà 15 membres dans ce groupe RN-UDR et qui pourraient grandir
00:27dans les prochains jours
00:28si d'autres sénateurs décidaient de les rejoindre.
00:32Alors, on va regarder de près les principales victoires pour le Rassemblement National.
00:36C'est plutôt dans le sud-est de la France, les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes
00:41-Maritimes,
00:42mais on peut aussi citer la Gironde ou, plus surprenant, la Seine-Maritime.
00:47Qu'est-ce que ça va changer pour le Rassemblement National, tout ça, d'avoir un groupe ?
00:50Eh bien déjà, plus de temps de parole le mercredi lors des questions au gouvernement,
00:53les sénateurs RN vont pouvoir interpeller directement le gouvernement.
00:57Plus de moyens financiers aussi, avoir un bureau ici au Sénat, pouvoir recruter des conseillers politiques.
01:02Voilà pourquoi ce soir, Marine Le Pen parle d'une victoire historique.
01:06Elle n'est pas la seule candidate à la présidentielle à être satisfaite des résultats ce soir.
01:11On peut parler de Jean-Luc Mélenchon pour la France Insoumise,
01:13car la France Insoumise fait son entrée aussi au palais du Luxembourg.
01:17Gabriel Amart, député du Rhône, qui est élue ce soir pour les Insoumis.
01:21Autre candidat à la présidentielle satisfait, Bruno Rotaillot pour les Républicains,
01:25qui est élu ce soir du côté de la Vendée.
01:28La droite qui va rester majoritaire ici, du côté du Sénat.
01:32Merci beaucoup, Hugo Capelli.
01:34Depuis le Sénat, ce plateau très fourni ce soir.
01:37Bonsoir à tous.
01:38Bonsoir Mathieu Vallée, député européen du Rassemblement National.
01:42À vos côtés, Bruno Jody, bien sûr que je ne présente plus.
01:44Bonsoir Bruno.
01:45Victor Hérault, également éditorialiste du côté de Valeurs Actuelles.
01:50Et puis ensuite, bien sûr, sur ma droite, Guillaume Tabard.
01:53Bonsoir, merci d'être ici, éditorialiste politique au Figaro.
01:56Prisca Thévenot, député Renaissance des Hauts-de-Seine.
01:58Et porte-parole de Gabriel Attal aussi.
02:00C'est bien ça ?
02:01Non, vous ne faites pas partie des portes-paroles du candidat Gabriel Attal ?
02:04Mais je le soutiens.
02:05C'est très bien.
02:05Très bien.
02:06Et puis, François Calfon, député européen socialiste.
02:10Place publique.
02:11Alors peut-être cette question d'abord, Bruno.
02:13Est-ce que là, on assiste à cette percée historique
02:15qui est un coup d'essai pour cette présidentielle ?
02:19En tous les cas, incontestablement, c'est un événement pour le Sénat
02:22puisque le Rassemblement National n'a jamais eu de groupe parlementaire.
02:26Il est entré au Sénat pour la première fois en 2014 avec deux élus.
02:30Il en comptera probablement après la fin des élections.
02:34Maintenant, chaque élu va choisir son groupe.
02:36Sans doute une quinzaine de sénateurs.
02:39Donc c'est un événement à l'échelle du Sénat, un groupe parlementaire constitué
02:44qui va permettre au Rassemblement National de maintenant s'installer dans les deux assemblées.
02:49Alors certes minoritaires, 15 élus, ce n'est pas un grand groupe, mais enfin c'est important.
02:53Après, oui, effectivement, pour le Rassemblement National de Marine Le Pen et de Jordan Bardella,
02:58c'est une étape évidemment qui était importante.
03:00Il fallait ce groupe pour montrer l'enracinement du parti.
03:04Ils ont fait des municipales, petit à petit, ils ont des villes.
03:06Maintenant, ils sont des sénateurs. Il faut rappeler que les sénateurs sont élus par les grands électeurs,
03:10c'est-à-dire des élus.
03:12Donc oui, ce soir, en tous les cas, une case de cocher pour Marine Le Pen,
03:19candidate à la présidentielle et favorite dans les sondages.
03:21Mathieu Vallée, nouvelle case de cocher d'ailleurs.
03:23Le président du Sénat, Gérard Larcher, expliquait finalement qu'il souhaitait que le débat reste apaisé.
03:30Est-ce qu'il y a une crainte, avec la venue justement des sénateurs du Rassemblement National,
03:35d'avoir des débats un peu plus enflammés au Sénat ou ça va être...
03:38Non, puisqu'on n'a qu'un sénateur de la France Insoumise du département du Rhône.
03:42Donc nous, à l'Assemblée, on respecte les règles.
03:45On nous avait même dit la stratégie de la cravate.
03:47Non, non, c'est juste la stratégie de la politesse et du respect des institutions.
03:50Donc c'est d'abord une grande fierté ce soir d'avoir une quinzaine d'élus,
03:53et de vigilance que vous connaissez dans la Gironde, dans tous les départements d'ailleurs.
03:56Manon Bouquin dans l'Hérault, mais aussi Thierry Degremont,
03:59qui est un militant de longue date au Rassemblement National dans le Vaucluse.
04:01On a même Léon Levasseur en Seine-Maritime, vous voyez, dans des endroits où on ne nous attendait pas.
04:05Donc même Laurent Cassio, qui est un ami que je connais bien dans les appes maritimes,
04:09qui est de l'UDR, puisqu'il y a RN et UDR.
04:11Et donc oui, nous allons défendre les Français, les ruralités qui sont si souvent oubliées
04:14dans notre République au niveau du Sénat, sur la souveraineté, sur la sécurité,
04:18sur l'agriculture, ce qu'on faisait déjà à l'Assemblée Nationale,
04:20et au Parlement européen.
04:21Écoutez, la boucle est bouclée.
04:22On a un groupe au Parlement européen, on a un groupe le premier, une délégation,
04:26pardon le troisième, mais une première en termes de délégation RN.
04:29Et on a aussi un groupe à l'Assemblée Nationale, le premier groupe d'opposition,
04:31et désormais un groupe de 15 élus au Sénat.
04:34Donc au travail dès demain.
04:36Et vous avez remarqué que, effectivement, nous avons fait campagne.
04:39Je pense par exemple à Edwige Jazz, que vous avez invité cet été ici,
04:42lors des méga-feux de la Gironde.
04:43Mais aussi, dans le Var, on a Franck Giletti, qui était aussi mobilisé cet été.
04:47Oui, alors on avait vu, de toute façon, cette percée au municipal.
04:51D'ailleurs, dans le sud-est de la France.
04:53François Gelfond, comment vous jugez cette percée à sept mois de la présidentielle ?
04:57Je ne sais pas, ça vous inquiète ?
05:00Vous savez, nous sommes en combat avec vigueur le Rassemblement National.
05:04Ils prennent pied dans cette Assemblée-là.
05:05Mais puisqu'on a beaucoup discuté de réformes constitutionnelles
05:09que voulaient faire le Rassemblement National,
05:10pour mettre en place, par exemple, la préférence nationale,
05:13il leur faut la majorité dans les deux assemblées.
05:15Sur 343 sénateurs, je parle sous votre contrôle, avec 15, on en est très loin.
05:19Je voulais quand même saluer l'ancrage du Parti Socialiste dans les territoires.
05:23Enfin, je ne le découvre pas.
05:25Mais nous gardons l'ensemble, finalement, de nos sénateurs,
05:31avec un groupe à gauche, une délégation de parlementaires,
05:35Sénat, Assemblée Nationale et Parlement européen,
05:38qui fait du Parti Socialiste.
05:40Parce que dans les grandes élections nationales, à chaque fois,
05:42on dit « il est mort », qui fait du Parti Socialiste.
05:45– Mais à 7 mois, quand même, de la présidentielle,
05:47c'est quand même un message qui est envoyé.
05:50Vous ne lisez pas comme ça, vous ?
05:51– Non, je le lis parce qu'on ne va pas nier l'évidence
05:55qu'il y a des percées relatives, mais qui existent aux élections municipales.
05:59Et comme le Sénat est l'émanation des territoires,
06:01il est logique qu'on cite les Alpes-Maritimes,
06:04on cite le Pas-de-Calais, on cite un certain nombre d'endroits
06:07qui sont des points forts du Rassemblement National.
06:09Maintenant, 15 sur 343, c'est pas…
06:12– Bien sûr, on est d'accord, on est d'accord.
06:13Guillaume Tabard, est-ce qu'on peut finalement avoir
06:16cette réflexion intellectuelle de le rattacher
06:18à cette temporalité avec la présidentielle dans 7 mois
06:21ou alors finalement, cette élection indirecte
06:24n'a pas véritablement lieu de le faire ?
06:26– À l'approche d'une présidentielle, tout compte et tout signaux compte.
06:29Moi, il y a deux éléments, je dois quand même souligner,
06:31au-delà de ce qui a été dit sur la percée en valeur absolue,
06:34du nombre de sénateurs élus sous l'étiquette RN ou UDR,
06:38mais en tout cas, qui feront un groupe commun.
06:41Le premier point, c'est que d'une part, dans l'ensemble des départements,
06:44les listes ou les candidats du Rassemblement National
06:47ont souvent fait plus de voix que les seuls conseillers municipaux
06:52édiquetés RN ou dont on savait qu'ils allaient voter
06:54pour des candidats du RN.
06:55Ce qui montre que le Rassemblement National, aujourd'hui,
06:59séduit des électeurs, des élus municipaux de droite
07:02ou même pas forcément encartés dans un parti politique.
07:05Voilà, donc le RN sort, j'ai l'air, d'un des périlèges.
07:08Ça élargit sa base, finalement.
07:10Et ce qu'on voit qu'il faut, malgré tout, souligner,
07:13en dépit de cette progression, c'est qu'à l'arrivée,
07:16on va avoir une quinzaine de sénateurs proches du Rassemblement National.
07:20On va avoir un sénateur appartenant à la France insoumise.
07:25Ça fait à peu près 5% du Sénat.
07:285% du Sénat, mais vous voyez, vous pouvez dire
07:30qu'ils ne sont pas si forts que ça.
07:31Il faut relativiser, finalement, cette information ce soir.
07:34Non, non, c'est-à-dire que 5% du Sénat pour deux candidats
07:37qui, dans les intentions de vote, pèsent grosso modo
07:40à aller pas loin de 50% du corps électoral.
07:44Donc ça montre quand même, bien sûr, même si le Sénat n'a pas
07:46la vocation à être représentatif des électeurs,
07:50mais représentatif à un certain nombre de territoires,
07:52de grands électeurs, etc.
07:54Ça montre quand même que le Sénat, qu'on le veuille ou non,
07:57et quelle que soit l'importance de son rôle,
07:59n'est pas représentatif de l'équilibre politique du pays.
08:03Oui, mais on a souligné beaucoup lors des récentes élections
08:07que Marine Le Pen était très forte dans les milieux ruraux,
08:11très faible dans les grandes villes,
08:12très forte dans les milieux ruraux.
08:14Or, le Sénat est censé aussi représenter,
08:16plus que l'Assemblée nationale, ses territoires.
08:20Même dans l'Assemblée, censé représenter
08:21les territoires où Marine Le Pen est la plus forte.
08:24L'ERN ne pèsera toujours pas le poids qu'il a dans la société.
08:27Je ne dis pas qu'il faut changer le mode de scrutin du Sénat,
08:29mais il faut être conscient de cette réalité.
08:32On prend comme un événement la conscience d'un groupe,
08:34et c'en est un, on regarde l'histoire politique
08:36et l'histoire politique du Sénat.
08:37Après, il ne pouvait pas passer de trois élus au Sénat.
08:40– Ah, ah, ah !
08:41– Priscatémo, vous, Priscatémo, ça vous inquiète ?
08:45Comment est-ce que vous avez lu, justement, cette percée ?
08:48Quand même, même si c'est vrai, il faut être relatif
08:50sur le nombre d'élus au Sénat, est-ce que ça vous inquiète ?
08:53– L'arrivée du groupe RN au Sénat, effectivement, est historique.
08:58C'est une première, mais c'était attendu.
09:00C'était attendu au regard des élections municipales
09:02que nous avons vécues, puisque ça a été dit, justement, précédemment,
09:06ce sont les grands électeurs qui votent pour les sénatoriales.
09:09Donc oui, on savait qu'il y avait, et je le dis avec mes mots,
09:12un risque d'un groupe RN au Sénat, mais pardon,
09:15ce n'est absolument pas une surprise.
09:17Maintenant, la question, c'est la suite.
09:19Et ce qu'on doit continuer à voir, c'est qu'effectivement,
09:21le RN progresse, il est maintenant à l'Assemblée nationale
09:26largement important, plus de 120,
09:28si on compte que RN, mais beaucoup plus si on compte UDR,
09:31ils sont au Parlement européen, ils sont maintenant au Sénat,
09:34et il faudrait qu'on arrête de dire qu'on n'a pas essayé,
09:37parce qu'on est vraiment, réellement, en train de les essayer en ce moment.
09:40Et maintenant, il va falloir, effectivement, de voir qu'ils savent siéger,
09:43maintenant, est-ce qu'ils savent travailler ?
09:44Et donc, on va pouvoir le voir au Sénat,
09:47comme on le voit difficilement à l'Assemblée nationale,
09:49au travers des votes qui montrent pas mal d'incohérences.
09:52On va voir si, là, la cohérence arrivera au Sénat.

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