00:00Oui, pour la première fois de son histoire, le Rassemblement National qui va pouvoir constituer un groupe ici au Sénat.
00:06Alors pour constituer un groupe au Sénat, on le rappelle, il faut 10 sénateurs.
00:103 étaient déjà élus pour le Rassemblement National et ce soir, 12 se sont fait élire, soit avec la bannière
00:16Rassemblement National,
00:17soit avec la bannière UDR, le parti allié de Marine Le Pen qui est géré par Éric Ciotti.
00:22Ça veut dire que ce soir, on compte déjà 15 membres dans ce groupe RN-UDR et qui pourraient grandir
00:27dans les prochains jours
00:28si d'autres sénateurs décidaient de les rejoindre.
00:32Alors, on va regarder de près les principales victoires pour le Rassemblement National.
00:36C'est plutôt dans le sud-est de la France, les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes
00:41-Maritimes,
00:42mais on peut aussi citer la Gironde ou, plus surprenant, la Seine-Maritime.
00:47Qu'est-ce que ça va changer pour le Rassemblement National, tout ça, d'avoir un groupe ?
00:50Eh bien déjà, plus de temps de parole le mercredi lors des questions au gouvernement,
00:53les sénateurs RN vont pouvoir interpeller directement le gouvernement.
00:57Plus de moyens financiers aussi, avoir un bureau ici au Sénat, pouvoir recruter des conseillers politiques.
01:02Voilà pourquoi ce soir, Marine Le Pen parle d'une victoire historique.
01:06Elle n'est pas la seule candidate à la présidentielle à être satisfaite des résultats ce soir.
01:11On peut parler de Jean-Luc Mélenchon pour la France Insoumise,
01:13car la France Insoumise fait son entrée aussi au palais du Luxembourg.
01:17Gabriel Amart, député du Rhône, qui est élue ce soir pour les Insoumis.
01:21Autre candidat à la présidentielle satisfait, Bruno Rotaillot pour les Républicains,
01:25qui est élu ce soir du côté de la Vendée.
01:28La droite qui va rester majoritaire ici, du côté du Sénat.
01:32Merci beaucoup, Hugo Capelli.
01:34Depuis le Sénat, ce plateau très fourni ce soir.
01:37Bonsoir à tous.
01:38Bonsoir Mathieu Vallée, député européen du Rassemblement National.
01:42À vos côtés, Bruno Jody, bien sûr que je ne présente plus.
01:44Bonsoir Bruno.
01:45Victor Hérault, également éditorialiste du côté de Valeurs Actuelles.
01:50Et puis ensuite, bien sûr, sur ma droite, Guillaume Tabard.
01:53Bonsoir, merci d'être ici, éditorialiste politique au Figaro.
01:56Prisca Thévenot, député Renaissance des Hauts-de-Seine.
01:58Et porte-parole de Gabriel Attal aussi.
02:00C'est bien ça ?
02:01Non, vous ne faites pas partie des portes-paroles du candidat Gabriel Attal ?
02:04Mais je le soutiens.
02:05C'est très bien.
02:05Très bien.
02:06Et puis, François Calfon, député européen socialiste.
02:10Place publique.
02:11Alors peut-être cette question d'abord, Bruno.
02:13Est-ce que là, on assiste à cette percée historique
02:15qui est un coup d'essai pour cette présidentielle ?
02:19En tous les cas, incontestablement, c'est un événement pour le Sénat
02:22puisque le Rassemblement National n'a jamais eu de groupe parlementaire.
02:26Il est entré au Sénat pour la première fois en 2014 avec deux élus.
02:30Il en comptera probablement après la fin des élections.
02:34Maintenant, chaque élu va choisir son groupe.
02:36Sans doute une quinzaine de sénateurs.
02:39Donc c'est un événement à l'échelle du Sénat, un groupe parlementaire constitué
02:44qui va permettre au Rassemblement National de maintenant s'installer dans les deux assemblées.
02:49Alors certes minoritaires, 15 élus, ce n'est pas un grand groupe, mais enfin c'est important.
02:53Après, oui, effectivement, pour le Rassemblement National de Marine Le Pen et de Jordan Bardella,
02:58c'est une étape évidemment qui était importante.
03:00Il fallait ce groupe pour montrer l'enracinement du parti.
03:04Ils ont fait des municipales, petit à petit, ils ont des villes.
03:06Maintenant, ils sont des sénateurs. Il faut rappeler que les sénateurs sont élus par les grands électeurs,
03:10c'est-à-dire des élus.
03:12Donc oui, ce soir, en tous les cas, une case de cocher pour Marine Le Pen,
03:19candidate à la présidentielle et favorite dans les sondages.
03:21Mathieu Vallée, nouvelle case de cocher d'ailleurs.
03:23Le président du Sénat, Gérard Larcher, expliquait finalement qu'il souhaitait que le débat reste apaisé.
03:30Est-ce qu'il y a une crainte, avec la venue justement des sénateurs du Rassemblement National,
03:35d'avoir des débats un peu plus enflammés au Sénat ou ça va être...
03:38Non, puisqu'on n'a qu'un sénateur de la France Insoumise du département du Rhône.
03:42Donc nous, à l'Assemblée, on respecte les règles.
03:45On nous avait même dit la stratégie de la cravate.
03:47Non, non, c'est juste la stratégie de la politesse et du respect des institutions.
03:50Donc c'est d'abord une grande fierté ce soir d'avoir une quinzaine d'élus,
03:53et de vigilance que vous connaissez dans la Gironde, dans tous les départements d'ailleurs.
03:56Manon Bouquin dans l'Hérault, mais aussi Thierry Degremont,
03:59qui est un militant de longue date au Rassemblement National dans le Vaucluse.
04:01On a même Léon Levasseur en Seine-Maritime, vous voyez, dans des endroits où on ne nous attendait pas.
04:05Donc même Laurent Cassio, qui est un ami que je connais bien dans les appes maritimes,
04:09qui est de l'UDR, puisqu'il y a RN et UDR.
04:11Et donc oui, nous allons défendre les Français, les ruralités qui sont si souvent oubliées
04:14dans notre République au niveau du Sénat, sur la souveraineté, sur la sécurité,
04:18sur l'agriculture, ce qu'on faisait déjà à l'Assemblée Nationale,
04:20et au Parlement européen.
04:21Écoutez, la boucle est bouclée.
04:22On a un groupe au Parlement européen, on a un groupe le premier, une délégation,
04:26pardon le troisième, mais une première en termes de délégation RN.
04:29Et on a aussi un groupe à l'Assemblée Nationale, le premier groupe d'opposition,
04:31et désormais un groupe de 15 élus au Sénat.
04:34Donc au travail dès demain.
04:36Et vous avez remarqué que, effectivement, nous avons fait campagne.
04:39Je pense par exemple à Edwige Jazz, que vous avez invité cet été ici,
04:42lors des méga-feux de la Gironde.
04:43Mais aussi, dans le Var, on a Franck Giletti, qui était aussi mobilisé cet été.
04:47Oui, alors on avait vu, de toute façon, cette percée au municipal.
04:51D'ailleurs, dans le sud-est de la France.
04:53François Gelfond, comment vous jugez cette percée à sept mois de la présidentielle ?
04:57Je ne sais pas, ça vous inquiète ?
05:00Vous savez, nous sommes en combat avec vigueur le Rassemblement National.
05:04Ils prennent pied dans cette Assemblée-là.
05:05Mais puisqu'on a beaucoup discuté de réformes constitutionnelles
05:09que voulaient faire le Rassemblement National,
05:10pour mettre en place, par exemple, la préférence nationale,
05:13il leur faut la majorité dans les deux assemblées.
05:15Sur 343 sénateurs, je parle sous votre contrôle, avec 15, on en est très loin.
05:19Je voulais quand même saluer l'ancrage du Parti Socialiste dans les territoires.
05:23Enfin, je ne le découvre pas.
05:25Mais nous gardons l'ensemble, finalement, de nos sénateurs,
05:31avec un groupe à gauche, une délégation de parlementaires,
05:35Sénat, Assemblée Nationale et Parlement européen,
05:38qui fait du Parti Socialiste.
05:40Parce que dans les grandes élections nationales, à chaque fois,
05:42on dit « il est mort », qui fait du Parti Socialiste.
05:45– Mais à 7 mois, quand même, de la présidentielle,
05:47c'est quand même un message qui est envoyé.
05:50Vous ne lisez pas comme ça, vous ?
05:51– Non, je le lis parce qu'on ne va pas nier l'évidence
05:55qu'il y a des percées relatives, mais qui existent aux élections municipales.
05:59Et comme le Sénat est l'émanation des territoires,
06:01il est logique qu'on cite les Alpes-Maritimes,
06:04on cite le Pas-de-Calais, on cite un certain nombre d'endroits
06:07qui sont des points forts du Rassemblement National.
06:09Maintenant, 15 sur 343, c'est pas…
06:12– Bien sûr, on est d'accord, on est d'accord.
06:13Guillaume Tabard, est-ce qu'on peut finalement avoir
06:16cette réflexion intellectuelle de le rattacher
06:18à cette temporalité avec la présidentielle dans 7 mois
06:21ou alors finalement, cette élection indirecte
06:24n'a pas véritablement lieu de le faire ?
06:26– À l'approche d'une présidentielle, tout compte et tout signaux compte.
06:29Moi, il y a deux éléments, je dois quand même souligner,
06:31au-delà de ce qui a été dit sur la percée en valeur absolue,
06:34du nombre de sénateurs élus sous l'étiquette RN ou UDR,
06:38mais en tout cas, qui feront un groupe commun.
06:41Le premier point, c'est que d'une part, dans l'ensemble des départements,
06:44les listes ou les candidats du Rassemblement National
06:47ont souvent fait plus de voix que les seuls conseillers municipaux
06:52édiquetés RN ou dont on savait qu'ils allaient voter
06:54pour des candidats du RN.
06:55Ce qui montre que le Rassemblement National, aujourd'hui,
06:59séduit des électeurs, des élus municipaux de droite
07:02ou même pas forcément encartés dans un parti politique.
07:05Voilà, donc le RN sort, j'ai l'air, d'un des périlèges.
07:08Ça élargit sa base, finalement.
07:10Et ce qu'on voit qu'il faut, malgré tout, souligner,
07:13en dépit de cette progression, c'est qu'à l'arrivée,
07:16on va avoir une quinzaine de sénateurs proches du Rassemblement National.
07:20On va avoir un sénateur appartenant à la France insoumise.
07:25Ça fait à peu près 5% du Sénat.
07:285% du Sénat, mais vous voyez, vous pouvez dire
07:30qu'ils ne sont pas si forts que ça.
07:31Il faut relativiser, finalement, cette information ce soir.
07:34Non, non, c'est-à-dire que 5% du Sénat pour deux candidats
07:37qui, dans les intentions de vote, pèsent grosso modo
07:40à aller pas loin de 50% du corps électoral.
07:44Donc ça montre quand même, bien sûr, même si le Sénat n'a pas
07:46la vocation à être représentatif des électeurs,
07:50mais représentatif à un certain nombre de territoires,
07:52de grands électeurs, etc.
07:54Ça montre quand même que le Sénat, qu'on le veuille ou non,
07:57et quelle que soit l'importance de son rôle,
07:59n'est pas représentatif de l'équilibre politique du pays.
08:03Oui, mais on a souligné beaucoup lors des récentes élections
08:07que Marine Le Pen était très forte dans les milieux ruraux,
08:11très faible dans les grandes villes,
08:12très forte dans les milieux ruraux.
08:14Or, le Sénat est censé aussi représenter,
08:16plus que l'Assemblée nationale, ses territoires.
08:20Même dans l'Assemblée, censé représenter
08:21les territoires où Marine Le Pen est la plus forte.
08:24L'ERN ne pèsera toujours pas le poids qu'il a dans la société.
08:27Je ne dis pas qu'il faut changer le mode de scrutin du Sénat,
08:29mais il faut être conscient de cette réalité.
08:32On prend comme un événement la conscience d'un groupe,
08:34et c'en est un, on regarde l'histoire politique
08:36et l'histoire politique du Sénat.
08:37Après, il ne pouvait pas passer de trois élus au Sénat.
08:40– Ah, ah, ah !
08:41– Priscatémo, vous, Priscatémo, ça vous inquiète ?
08:45Comment est-ce que vous avez lu, justement, cette percée ?
08:48Quand même, même si c'est vrai, il faut être relatif
08:50sur le nombre d'élus au Sénat, est-ce que ça vous inquiète ?
08:53– L'arrivée du groupe RN au Sénat, effectivement, est historique.
08:58C'est une première, mais c'était attendu.
09:00C'était attendu au regard des élections municipales
09:02que nous avons vécues, puisque ça a été dit, justement, précédemment,
09:06ce sont les grands électeurs qui votent pour les sénatoriales.
09:09Donc oui, on savait qu'il y avait, et je le dis avec mes mots,
09:12un risque d'un groupe RN au Sénat, mais pardon,
09:15ce n'est absolument pas une surprise.
09:17Maintenant, la question, c'est la suite.
09:19Et ce qu'on doit continuer à voir, c'est qu'effectivement,
09:21le RN progresse, il est maintenant à l'Assemblée nationale
09:26largement important, plus de 120,
09:28si on compte que RN, mais beaucoup plus si on compte UDR,
09:31ils sont au Parlement européen, ils sont maintenant au Sénat,
09:34et il faudrait qu'on arrête de dire qu'on n'a pas essayé,
09:37parce qu'on est vraiment, réellement, en train de les essayer en ce moment.
09:40Et maintenant, il va falloir, effectivement, de voir qu'ils savent siéger,
09:43maintenant, est-ce qu'ils savent travailler ?
09:44Et donc, on va pouvoir le voir au Sénat,
09:47comme on le voit difficilement à l'Assemblée nationale,
09:49au travers des votes qui montrent pas mal d'incohérences.
09:52On va voir si, là, la cohérence arrivera au Sénat.