00:00Mais d'abord ce championnat des nations, c'est une nouvelle compétition qui est plus spectaculaire en fait.
00:05Le nord et le sud et puis on se rencontre, en fait c'est comme avant les matchs d'été
00:10ou de novembre,
00:11sauf que maintenant il y a un enjeu.
00:13Oui, ils ont réussi à construire une compétition nord-sud avec une ligue nord qui ne s'affronte pas en
00:19fait,
00:19une ligue sud qui ne s'affronte pas non plus.
00:21Nous on affronte les équipes du sud, donc cet été on est parti en Australie,
00:25on a joué d'abord la Nouvelle-Zélande, puis après l'Australie et ensuite le Japon.
00:31Pendant que toutes les autres équipes s'affrontaient, donc ça faisait des journées,
00:34nous par exemple à Nouvelle-Zélande on jouait à 8h les premiers, enfin on jouait les premiers,
00:38et derrière tous les matchs s'enchaînaient et on regardait combien de points on avait,
00:42combien on était classé, et les joueurs et le staff, tout le monde s'est pris au jeu.
00:47Et d'abord ça a plu, c'est pour ça que j'ai pu prendre une équipe un peu plus
00:51dense,
00:51une équipe de France un peu plus capée, un peu plus mature,
00:54et les joueurs ont accroché le challenge et ça a donné,
00:58on est rentré avec 12 points et on est premier de la Ligue Nord,
01:02il nous reste trop match difficile, les Fidji, puis après l'Afrique du Sud et ensuite l'Argentine.
01:07Le premier de la Ligue Nord à fond de trois, le premier de la Ligue Sud,
01:11c'est des finales à tout cas d'un, il y a les 12 meilleures équipes au monde
01:15qui vont jouer en trois jours, c'est spectaculaire,
01:18c'est une formule spectaculaire qui me rappelle celle de 1995,
01:23ce qui a déclenché le rugby professionnel lorsqu'on était en Coupe du Monde,
01:26en Afrique du Sud, Murdoch, propriétaire de Sky, avait signé des contrats
01:31avec les huit meilleures équipes du monde parce qu'ils voulaient faire une Ligue mondiale.
01:34Donc 30 ans plus tard, on s'y retrouve.
01:37– On voit le calendrier, Thierry et Marie-Alice, vous qui avez porté ce maillot bleu,
01:41que c'est tourné et maintenant un vrai enjeu sportif, ça vous inspire quoi ?
01:45– En fait, ma curiosité, c'est de savoir si au-delà de l'enjeu et du titre qu'il
01:51y allait à chercher,
01:51est-ce que toi tu as perçu sur l'intensité des matchs par exemple,
01:55une différence avec ce que pouvaient être les tournées précédentes ?
01:58– Oui, sur la comptabilité notamment puisqu'il y a des points.
02:01Donc par exemple nous, on s'est retrouvés à 34-32 avec une dernière balle à jouer dans nos 22
02:07mètres.
02:08Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On la joue, quitte à perdre un point,
02:14on pouvait prendre le bonus défensif, ou bien on va mettre un jeu de pression,
02:18un jeu au pied haut pour essayer de créer le chaos et d'aller gagner un ballon aux 50 mètres
02:23et jouer un jeu de transition. On est parti là-dessus.
02:25– Donc en fait, il faut réfléchir à la stratégie pour ne pas perdre de points au classement.
02:29– Vous parlez du premier test face à la Nouvelle-Zélande, vous avez perdu avec deux bonus.
02:31– On a pris deux points de bonus, ce qui fait qu'aujourd'hui on est en tête,
02:34mais ça nous a fait progresser tactiquement,
02:38et ensuite lorsqu'on a abordé le match en Australie, c'était la même chose.
02:41La victoire bien sûr, et ensuite dès qu'on a senti que l'équipe australienne
02:46nous laissait de la place, on avait quand même une stratégie offensive
02:49qui était très très bien identifiée, on a dit on peut aller chercher le bonus.
02:54Donc c'est vrai, et puis les laisser, nous à la limite,
02:58les laisser à distance, ça ne nous posait pas de problème,
03:00parce que s'ils prenaient un point défensif ou offensif,
03:02c'est dans leur compétition à eux, c'est dans leur ligue sud.
03:05Donc en plus, chaque équipe qui s'affronte n'est pas classée.
03:10Donc c'est vrai qu'il y a une partie stratégique qui se rajoute,
03:13mais surtout moi ce que j'ai senti, dans le staff et chez les joueurs,
03:16j'ai senti une appétence forte au classement et à la compétition.
03:20– Et pourtant c'est une compétition qui est extrêmement longue,
03:22qui dure des mois.
03:23– C'est la plus longue qui a jamais existé.
03:25– Plus longue du monde.
03:27– Marie-Lise, du coup, est-ce qu'on peut avoir une appétence pendant l'été
03:30ou bien pendant les novembres, mais est-ce qu'on peut garder
03:34cette stimulation pendant des mois et des mois ?
03:36– De par l'enjeu, effectivement, le fait que justement ce championnat
03:41ait un intérêt et quelque chose au bout, ça motive toujours beaucoup plus
03:45des joueurs.
03:45Après c'est plus, moi, quand on parle de durée,
03:47ça va être plus une question sur l'usure des joueurs,
03:51sur est-ce que son championnat avec cette intensité supérieure,
03:53est-ce qu'il n'est pas plus fatigant, plus risqué peut-être pour ces joueurs-lois
03:58ou en tout cas comment on trouve l'équilibre entre aller chercher,
04:01vous l'avez dit tout à l'heure, de la densité, de la maturité peut-être
04:05et des joueurs qui sont déjà là et en même temps essayer de revoir
04:07une revue d'effectifs, comment on trouve l'équilibre dans tout ça ?
04:11– Nous, on joue avec, on sait très bien que le rugby français
04:14et l'équipe de France n'ont pas les mêmes contraintes que les autres nations.
04:17– Parce qu'on a beaucoup de matchs ?
04:19– Déjà, eux, si on prend les Sud-Africains et le All Black,
04:21leur saison internationale commence en juin,
04:23elle s'arrêtera en novembre et c'est fini, ils ont terminé,
04:26ils ne jouent qu'au pouvoir équipe nationale.
04:27Nous, les joueurs sont dans les clubs et sont payés par les clubs
04:30et donc jusqu'à présent, ce que j'avais fait sur les tournées,
04:33c'est que j'avais laissé tous les joueurs qui avaient joué l'hiver…
04:36– Au repos.
04:37– On va dire au repos.
04:38Là, j'ai essayé de trouver un équilibre entre les joueurs qui avaient été éliminés plus tôt,
04:42les joueurs dans les discussions qui avaient envie,
04:46d'autres me disaient « non, je suis cuit, je ne pars pas ».
04:49Et puis j'avais, je dois dire, j'avais deux grosses équipes comme Pau et l'UBB qui étaient éliminés,
04:56donc on a pu piocher dans ce collectif.
04:59J'ai pu prendre aussi six joueurs du stade toulousain,
05:00j'ai pris neuf finalistes, j'en ai fait jouer huit.
05:03Donc c'est vrai que j'ai forcé un peu le…
05:04– C'était dur de les convaincre, Fabien ?
05:06– Non, franchement non, ils étaient très partants.
05:08Mais, comme tu le dis, derrière, Mathieu Jalibert qui est blessé aujourd'hui,
05:13est-ce qu'il n'a pas payé les conséquences de cette saison à rallonge ?
05:18Bon, sur Manis, c'est un peu différent, mais il est blessé.
05:21– Sous-titrage ST' 501