00:00Et vous interrogez, M. Chenu, vous regrettez que le RN ne sorte pas dans l'Europe.
00:06Vous êtes sur la position du Frexit, qui est parfois défendue par Philippe de Villiers.
00:10Sébastien Chenu.
00:12Bonjour madame.
00:13Écoutez, moi d'abord je comprends le questionnement que vous pouvez avoir vis-à-vis de l'Union Européenne.
00:19Moi j'ai toujours été un eurosceptique, j'ai voté contre tous les référendums
00:25facilitant la création de ce type d'Union Européenne.
00:28Et c'est vrai qu'elle ne me donne pas satisfaction.
00:31Aujourd'hui dans le paysage politique, force est de constater que personne,
00:35en tous les cas dans les candidats à la présidentielle annoncés,
00:37pouvant possiblement candidater et en tous les cas ayant une chance non nulle d'être élu,
00:44personne ne propose le Frexit.
00:48De l'extrême gauche à la droite patriote, personne ne propose le Frexit aujourd'hui.
00:56Il n'y a que le mouvement de Florian Philippot, qui était d'ailleurs au Rassemblement...
00:59Oui, alors c'est pour ça que j'ai précisé, personnalité politique pouvant aujourd'hui
01:02atteindre 500 signatures et étant en capacité de se qualifier pour la présidentielle.
01:07Il y a des acteurs politiques en France qui le proposent,
01:10mais aujourd'hui ils ne sont pas en capacité de pouvoir en tous les cas
01:14probablement être candidats eux-mêmes et encore moins gagner cette élection présidentielle.
01:18Le coût politique d'un Frexit, il serait, et c'est ce qui nous avait amené à renoncer à la
01:22sortie de l'euro,
01:23il serait très important et c'est probablement ce qui a été le plus déterminant,
01:28c'est-à-dire qu'entre les nouvelles formalités, les droits de douane,
01:33la baisse des échanges avec les autres pays européens,
01:35on exporte chaque année plusieurs centaines, chaque trimestre même,
01:39puisque c'est examiné par trimestre, plusieurs centaines de milliards avec les autres pays européens,
01:43les perturbations dans les chaînes de production que ça pourrait engendrer
01:46nous ont amené à se dire qu'il fallait plutôt revoir les règles du jeu de l'Union européenne.
01:53Parce que l'Union européenne c'est vraiment ce qu'on en fait en réalité,
01:55on accepte ou pas des règles.
01:56Alors Emmanuel Macron, lui, il accepte toutes les règles,
01:58il veut être le meilleur élève, il accepte qu'on soit des contributeurs
02:02parmi les contributeurs les plus importants, qu'on ait une contribution nette,
02:05qu'on donne 25 milliards d'euros et qu'on nous en rende beaucoup moins,
02:10donc il a accepté ces règles du jeu.
02:11Bah nous, on n'accepte pas ces règles du jeu et on a des leviers,
02:15et on compte les utiliser, ces leviers.
02:17C'est incompréhensible pour les gens.
02:17Cette affaire de données, on donne 25 milliards à l'Union européenne.
02:21Qui nous en redonne.
02:22Oui, alors ça, pour les gens, ils ne comprennent pas.
02:24Donc ces 25 milliards, on les donne pour qui, à qui ?
02:26On contribue, c'est la contribution de la France.
02:28La France contribue comme tous les pays,
02:30elle a une contribution qui est calculée en fonction de sa richesse,
02:33de son PIB, etc.
02:34Donc on contribue à un budget commun.
02:36Et puis ensuite, l'Union européenne mène des politiques
02:39que nous pouvons et que nous ne manquons pas de contester.
02:42Elle mène des politiques, notamment par exemple en matière agricole.
02:45Nous, on considère qu'on préférait gérer nous-mêmes cet argent
02:48pour gérer notre politique d'aide à nos agriculteurs,
02:51plutôt que l'Union européenne ne le fasse.
02:53On conteste le fait que l'Union européenne puisse mener la politique agricole.
02:57Donc il y a des domaines dans lesquels on pense que c'est plus simple
03:00que les États coopèrent entre eux.
03:02Il n'y a pas besoin de l'Union européenne pour venir interférer
03:04dans les échanges entre les États.
03:05Il y a des domaines dans lesquels on pourrait penser par exemple
03:08sur le narcotrafic et la gestion des frontières extérieures,
03:10que si l'Union européenne se donnait les moyens,
03:12elle pourrait peut-être avoir une efficacité en cela.
03:15Il y a des domaines dans lesquels on pense que c'est aux politiques nationales,
03:19gestion de l'immigration par exemple,
03:21dans le cas des frontières nationales,
03:23eh bien c'est aux États de décider
03:25qui a le droit d'entrer, sortir, rester sur le sol français.
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