00:0011h-13h, Christine Kelly et vous sur Europe 1.
00:04Avant d'avoir Charlotte qui nous appelle pour réagir justement à la justice et à la lenteur de la justice,
00:10chaque année, page 170, ce sont en moyenne 70 nouvelles lois, 500 ordonnances, 1500 décrets qui viennent engraisser cette insatiable
00:19baleine,
00:19dites-vous, dans le livre noir de la justice.
00:21Comment vous pourriez, s'il fallait conclure, s'il fallait peut-être une seule mesure pour réformer cette justice que
00:27vous décrivez de façon très claire dans ce livre, complètement défaillante ?
00:33Je commencerai par supprimer l'école nationale de la magistrature, qui est dirigée par quelqu'un avec qui j'étais
00:39très ami, une de mes consoeurs,
00:40mais qui produit une usine à gens méprisants, à gens inhumains, à personnages qui n'ont aucune foi, aucune mission,
00:49qui ne sont plus dans des métiers passion, mais qui font une carrière, entre guillemets, dans laquelle ils se sentent
00:54irresponsables,
00:55puisque c'est le seul métier en France, ou le seul exercice dans lequel vous ne pouvez pas être jugé
00:59pour les fautes les plus délirantes que vous commessez.
01:01Et vous le savez.
01:02Je n'ai qu'un seul dernier exemple, Christine, et pardonnez-moi, mais vous le savez, quand on invite un
01:06avocat, c'est toujours compliqué de contrôler la parole.
01:08Non, mais c'est l'émission des auditeurs.
01:09Voilà, et je voudrais simplement vous donner un seul exemple, mais on l'a tous malheureusement en mémoire, parce qu
01:14'il est si récent, il est si atroce,
01:16c'est évidemment l'affaire de la petite Liana. Vous vous souvenez de la défense des magistrats disant, nous manquons
01:22de moyens,
01:23et moi je réponds dans mon livre, quels moyens fallait-il pour qu'un courrier mette un mois à partir
01:28d'un département pour aller dans le département suivant ?
01:31Internet n'existe-t-il pas ? La poste est-elle si défaillante qu'elle mette un mois ? Faut
01:36-il un mois pour envoyer le signalement d'un meurtrier et pédophile présumé innocent ?
01:41Alors c'est justement sur ce sujet-là que j'appelle Charlotte, et c'était avant les vacances judiciaires qui
01:46sont égales aux vacances scolaires,
01:47mais il faudra m'expliquer que les juges sont des grands enfants qui ont besoin de se reposer pendant tout
01:51l'été, à la Toussaint, à Noël, à Pâques, et au février.
01:56Charlotte est avec nous en ligne.
01:59Elle est là, elle est là, Charlotte.
02:01Oui, bonjour Christy, Maître Pira également, et toute l'équipe.
02:06Merci de m'accueillir dans l'émission.
02:09Bonjour Charlotte, pardon.
02:13C'est pas très loin, pas très éloigné.
02:16Voilà.
02:17Alors, en fait, je réagis car j'étais, à titre personnel et d'un point de vue familial, je dirais,
02:25en tant que maman,
02:26confrontée à la justice de mon pays.
02:28Je suis profondément attachée à la France, qui est mon pays, profondément républicaine,
02:33et il y a 28 ans, ça a duré une dizaine d'années,
02:38j'ai été confrontée dans une situation d'inceste, disons les choses clairement,
02:43confrontée à la justice.
02:45Cinq signalements, dont deux hôpitaux, des médecins, psychologues, psychiatres,
02:51qui ont dénoncé des faits d'un petit garçon de trois ans et demi.
02:55Et en fait, j'ai été vraiment extrêmement chamboulée, interpellée par la manière dont la justice traitait ce type de
03:03dossier.
03:04Donc j'imagine que ça peut s'étendre à d'autres situations, d'autres cas, parfois même beaucoup plus graves,
03:10entraînant même des décès, des morts, des assassinats.
03:14Et en fait, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de négligence.
03:18Mon fils a été auditionné dans des circonstances d'une brutalité totale, sans préparation.
03:26Cinq signalements dont j'avais l'impression que le magistrat, dont je note,
03:30qu'il n'y avait pas du tout de coordination aussi.
03:33Je ne sais pas si vous en parlez, Maître Pira, dans votre livre.
03:36Mais je trouvais qu'il y avait un manque réel de coordination entre les différents juges.
03:41J'entends par là, dans mon cas en tout cas, le juge aux affaires familiales, le juge des enfants,
03:46le juge éventuellement nommé pour creuser d'un point de vue pénal.
03:51Et ces gens-là ne se parlaient pas, alors qu'ils étaient quasiment dans le même tribunal de l'Essonne,
03:57ou celui des Ilyines, donc j'entends par là, Versailles.
04:02Et tout ça, en fait, je vais acheter votre livre, je le crois bien,
04:08car je vois que 28 ans plus tard, rien n'a changé, que les outils, la technologie avancent,
04:17et qu'en fait, toutes ces lenteurs, toutes ces négligences,
04:21qu'on vous dit, non mais là c'est les vacances de la magistrature, les vacances judiciaires,
04:27enfin, derrière, ce sont des humains, et comme vous venez de souligner,
04:31j'écoutais en attendant que vous parliez de l'école nationale de la magistrature,
04:35effectivement, on se demande si ces personnes qui sont effectivement en charge de dossier...
04:40– Ont un cœur, ils sont effectivement humains.
04:42– Au-delà du cœur, enfin, on font preuve d'empathie,
04:46je ne demande pas de prendre position, ils doivent peser, ils doivent faire justice.
04:52– Merci infiniment pour votre appel, ma chère Charlotte, au standard d'Europe 1,
04:56merci infiniment, on marque une pause et on revient avec notre invité
05:00pour parler du pape, le père Paul-Adrien, sur Europe 1.
05:04– Et vous, écoutez Christine Kelly, et vous, sur Europe 1,
05:07vous pourrez échanger avec notre invité, frère Paul-Adrien, 0182-3921, tout de suite sur Europe 1.
05:13– Sous-titrage Société Radio-Canada