00:00Bonjour Eminence. Bonjour Jeanne.
00:02Merci de nous accueillir ici au sein du siège de la Conférence des évêques de France dont vous êtes le
00:05président.
00:06En trois ans, c'est le deuxième pape que vous faites venir en France.
00:10François, c'était chez vous, à Marseille, en septembre 2023.
00:14Et là, le pape Léon qui s'apprête à arriver pour quatre jours en France.
00:18Comment l'avez-vous convaincu de venir ici ? C'est son cinquième voyage apostolique.
00:23J'avais vu tout le bien qu'avait fait à Marseille la visite du pape François.
00:27Et je me suis dit que ça serait bien qu'on essaye de faire la même chose pour toute la
00:31France.
00:32Donc j'en ai parlé très vite au pape Léon, qui n'a pas été difficile à convaincre
00:36parce qu'il a des attaches dans notre pays, ne serait-ce que par ses origines.
00:41Et puis aussi parce que la France s'intéresse, intéresse beaucoup aujourd'hui.
00:46Vu de l'étranger, l'Église de France a traversé, comme d'autres y sont confrontés aujourd'hui,
00:53des vagues de sécularisation, de l'option politique pour la laïcité,
00:58avec ses avantages et ses difficultés aussi.
01:00Et puis en même temps, elle tient.
01:03Elle tient et même on observe d'une certaine façon un certain renouveau.
01:08Alors c'est ça qui l'attire aussi.
01:11Et pour nous, c'est important de l'écouter à ce sujet.
01:14Ça n'a pas été trop compliqué à intégrer dans un agenda.
01:16Là, il a été élu il y a 16 mois maintenant, a intégré la France aussi rapidement dans son agenda
01:22?
01:22Oui, c'est-à-dire que quand j'ai commencé à demander, puisque le pape était d'accord sur le
01:27principe,
01:28il fallait trouver une date.
01:29On m'a dit non, 26, il n'y a plus rien, il faut faire 27.
01:33Mais 27, nous on a les élections présidentielles.
01:37Donc on ne peut pas.
01:38Et puis après les élections, on verra bien, on ne sait pas.
01:41Donc ça fait 28.
01:42Mais 2028, c'est loin.
01:44Et puis pendant ce temps-là, je voyais que son agenda se remplissait, se remplissait, se remplissait.
01:49Et donc je suis allé voir celui qui tient l'agenda pour lui demander s'il y avait une solution.
01:55Il me dit non, parce que regarde, 2026, il va chercher l'agenda, on va regarder.
01:59On a regardé, effectivement tout était plein.
02:02Et il me dit là, il y avait un voyage prévu, mais il ne se fera pas.
02:06Et c'est comme ça que j'ai dit tout de suite, il vaut mieux le faire,
02:08même si on n'a plus que 4 mois pour préparer, dont 2 mois d'été,
02:12ce qui est extrêmement court.
02:14Mais il vaut mieux le faire.
02:16Et puis en fin de journée, moi j'allais dans un taxi pour aller à Ciampino,
02:21pour prendre le Ryanair pour rentrer à Marseille.
02:24Et un peu avant d'arriver à l'aéroport, je reçois un message qui me dit,
02:29« Il Papa a accepté ».
02:31Alors je dis ça, et le Papa a accepté.
02:33Le Papa a accepté.
02:34Une fois que le Papa a accepté, il y a eu une ferveur qui est montée dans le pays,
02:38notamment lorsque les inscriptions sont ouvertes.
02:40On a vu très rapidement des dizaines, des centaines de milliers de Français
02:44qui se sont inscrits aux différents événements.
02:46Est-ce que vous attendiez à une telle ferveur ?
02:48On a vu effectivement cette vague qu'on va voir.
02:54Je ne sais pas vraiment si elle est conforme à ce qu'on dit d'elle, d'importante.
02:59Et il me semble qu'il y a une soif spirituelle dans notre pays,
03:04parce que peut-être il y a une crise spirituelle aussi,
03:07et que la parole de quelqu'un qui est une parole de paix,
03:11qui est une parole sobre, qui n'est pas en démonstration,
03:15mais qui est habitée par ce qu'il dit,
03:18je pense que ça s'est attendu, et au-delà des cercles catholiques.
03:22C'est en tout cas ce que je sens, et ce que j'espère beaucoup pour notre pays.
03:27– Vous qui avez travaillé plusieurs années, vous l'avez dit avec Léon XIV,
03:31notamment au sein du Dicaster, pour les évêques,
03:33parlez-nous de ce pape que certains ne connaissent pas encore beaucoup.
03:36Qu'est-ce qui ressort de ces premiers mois de pontificat,
03:38et qu'est-ce qui ressort de sa personnalité,
03:40que vous pourriez dévoiler à nos téléspectateurs ?
03:43– C'est quelqu'un qui écoute d'abord, puis après il est pape.
03:46Alors ses qualités évidemment elles y sont, et on le voit bien,
03:49il y a beaucoup de prudence, prudence ça ne veut pas dire de peur,
03:53mais d'abord écouter beaucoup avant de parler,
03:57et puis les voyages qu'il a pu effectuer,
04:00bon les deux premiers c'était parce que ça avait été décidé par son prédécesseur,
04:04mais à partir de voyages en Afrique, l'Algérie, le Cameroun, la Guinée, l'Angola,
04:11à partir de là, plus l'Espagne, on a vu, on a vu la force de ça,
04:17la force de ce caractère, la force de ce primat donné à l'écoute,
04:21et du courage aussi des paroles.
04:23On l'a vu surtout dans l'écart avec les propositions du président des Etats-Unis d'Amérique.
04:29Et alors du coup il s'est révélé, et cette stature qui est profondément en harmonie
04:35avec ce qu'il est lui-même, il est le pape de l'homme qu'il est.
04:43Il est fidèle à l'homme qu'il est.
04:45Et ça je crois que les gens le pressentent, et du coup ça rend sa parole très attendue.
04:50Sa parole qui sera en français lors de ce voyage, il apprend un peu le français je crois ces derniers
04:54temps ?
04:54Oui, la dernière fois que je l'ai vu, il y a une quinzaine de jours, il m'a dit
04:57j'étudie le français.
04:59Donc il essaye, mais tout sera en français sauf le discours à l'UNESCO.
05:04L'Elysée a annoncé que le président Emmanuel Macron n'assisterait à aucune messe durant ce voyage,
05:08contrairement par exemple à ce qu'il avait fait à Marseille, où il avait assisté à la messe au Vélodrome.
05:12Qu'est-ce que vous pensez de cette décision de la part du chef de l'État ?
05:15Bon c'est une décision qui est libre.
05:16Quand il est venu à la messe au Vélodrome, on a dit mais c'est pas bien, c'est pas
05:19normal que le chef de l'État aille à la messe.
05:21Maintenant qu'il va pas, on dit c'est pas bien, c'est pas normal qu'il aille pas à
05:24la messe.
05:24Alors il faut savoir, donc moi je crois que les relations en tout cas avec lui et avec tous les
05:30pouvoirs publics sont très bonnes.
05:31Ça je peux en témoigner et je voudrais même rendre hommage parce que à tous les niveaux de l'État
05:36et aux préfectures en particulier
05:38qui ont beaucoup beaucoup travaillé, la qualité de la coopération a été extraordinaire.
05:44Dernière question, Imminence, comment vous vous sentez vous alors que le pape s'apprête à arriver ?
05:49Est-ce qu'il y a une séquence de ce voyage que vous attendez en particulier ?
05:54Moi je me sens serein parce que je vois non seulement l'enthousiasme qui vient mais aussi le travail de
06:02tous ces bénévoles,
06:03de tous les gens qui ont donné de leur temps, de leur énergie et qui vont continuer.
06:07Je pense en particulier à tous ceux qui, c'était vrai à Marseille, il y en avait aussi qui étaient
06:11en dessous au stade pour travailler pour tout ça.
06:14C'est-à-dire les gens ils donnent de leur temps et à la fin ils ne profitent pas comme
06:18les autres de l'événement.
06:20Et là il y en a beaucoup aussi donc je pense beaucoup à eux.
06:23Mais moi je suis serein, évidemment j'attends beaucoup la séquence à Lourdes.
06:28Lourdes c'est comme un pèlerinage dans le voyage et le pape y va en pèlerin d'abord.
06:33Et puis la grâce de Lourdes c'est les personnes malades, c'est la priorité qui leur est donnée.
06:41Parce qu'à Lourdes c'est un laboratoire d'une humanité à l'endroit où les pauvres et les malades
06:47sont à la première place.
06:48La sérénité en tout cas.
06:50Merci beaucoup Eminence de nous avoir accordé cet entretien.
06:54Et effectivement ces quatre jours de voyage seront à suivre évidemment sur BFM TV.
06:58Merci.