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À l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU ce mardi 22 septembre, la France, par la voix de son chef d'État Emmanuel Macron, s'est exprimée sur plusieurs sujets internationaux.

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Transcription
00:00Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud qui s'exprime.
00:02... de sécurité sont de la responsabilité des Nations Unies.
00:06La réforme du Conseil de sécurité, l'intelligence artificielle, le Moyen-Orient et l'Ukraine.
00:12Sur la réforme du Conseil de sécurité, nous avons enregistré lundi une avancée majeure
00:19puisque le Royaume-Uni, membre permanent du Conseil de sécurité, est devenu le 128e pays
00:24à se rallier à l'initiative que la France porte avec le Mexique depuis 10 ans.
00:30Pour restreindre l'usage du droit de veto par les membres permanents
00:34dans les cas d'atrocités de masse, crimes de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre les plus graves.
00:41Pourquoi est-ce important ?
00:42Eh bien parce que nous le voyons, le Conseil de sécurité est empêché d'agir,
00:47de prendre des décisions pour faire cesser ou sanctionner les atrocités de masse.
00:51Pourquoi ? Eh bien du fait de l'usage irresponsable du droit de veto
00:56par certains membres permanents du Conseil de sécurité.
00:58Avec l'arrivée du Royaume-Uni, avec ses 128 pays,
01:03alors que seuls 107 pays soutenaient l'initiative il y a encore 6 mois,
01:08nous avons créé une véritable dynamique qui doit nous permettre
01:11de convaincre le plus grand nombre possible d'États membres des Nations Unies
01:15et de présenter le moment venu une initiative politique pour élever le coût de l'usage déraisonné,
01:24irresponsable du droit de veto dans les cas d'atrocités de masse
01:27et protéger ainsi les populations civiles qui souffrent partout sur la planète,
01:32au Soudan, en Ukraine ou encore au Moyen-Orient.
01:35Deuxième sujet, l'intelligence artificielle.
01:39Suite aux incidents qui se sont produits cet été,
01:43avec la perte de contrôle de certains modèles
01:46qui se sont introduits dans les systèmes d'information
01:50de certaines entreprises technologiques,
01:52la France, qui préside le Conseil de sécurité au mois de septembre,
01:56a décidé de consacrer une réunion de Conseil de sécurité à ce sujet.
01:59J'ai convoqué les dirigeants des principales entreprises concernées
02:05par les incidents de cet été, Anthropic, OpenAI et Hugging Face.
02:10Ils seront rejoints par Joshua Benjo, prix Turing,
02:14expert mondialement reconnu de l'intelligence artificielle et de ses risques.
02:19Et ce sera donc la première fois que le Conseil de sécurité sera saisi
02:23des enjeux posés par le développement technologique de ces modèles
02:27et des réponses que la communauté internationale doit apporter
02:31à un moment où les inquiétudes de nos concitoyens commencent à augmenter.
02:36On l'a vu récemment avec des manifestations,
02:39voire même des révoltes associées à l'installation de data centers
02:44dans un certain nombre de pays.
02:46Troisième sujet, le Moyen-Orient.
02:49Nous avons tenu hier deux réunions importantes de suivi de l'initiative majeure
02:57prise par la France et l'Arabie Saoudite l'année dernière,
03:00qui a culminé, qui a abouti le 12 septembre 2025 par l'adoption à 542 voix
03:06de la déclaration de New York, le premier texte condamnant le Hamas,
03:12appelant à son désarmement, à son exclusion de toute participation
03:16à la gouvernance de Gaza à l'avenir.
03:18Le premier texte des Nations Unies qualifiant le 7 octobre d'attaque terroriste.
03:22Le premier texte depuis bien longtemps au travers duquel les pays arabes signataires
03:29de cet appel s'engagent à une intégration régionale aux côtés d'Israël.
03:36Sans cette déclaration de New York et son adoption le 12 septembre dernier,
03:40il n'y aurait probablement pas eu de plan de paix en 20 points.
03:44Il n'y aurait probablement pas eu de résolution 2803 du Conseil de sécurité
03:49endossant ce plan de paix. Et sans doute, on peut le redouter en tout cas,
03:54la guerre ferait encore rage à Gaza avec le même niveau d'intensité qu'il y a un an.
04:00Peut-être que les otages n'auraient pas été libérés.
04:03Peut-être que Gaza aurait été privée de l'aide humanitaire,
04:09qui reste malheureusement tout à fait insuffisante.
04:11Je le dis parce que j'observe un grand cynisme de la part des observateurs
04:17s'agissant du bilan de cette déclaration de New York,
04:20alors même qu'elle a permis d'ouvrir la voie à ce plan de paix,
04:25qui certes est imparfait, qui certes est aujourd'hui bloqué dans sa mise en œuvre,
04:29mais qui a mis fin à une situation qui était tout simplement insoutenable.
04:34Et sans les efforts de la France aux côtés de la République saoudite,
04:37tout cela n'aurait pas été possible.
04:38Les réunions d'hier qui ont rassemblé les chefs d'État et de gouvernement
04:43autour du Président de la République,
04:44puis la société civile autour de moi et d'un certain nombre de mes collègues,
04:49ont permis de réaffirmer que l'ambition d'aboutir à une solution à deux États,
04:54deux États vivants côte à côte, en paix et en sécurité,
04:56que cette ambition est intacte
04:58et que la volonté de poursuivre les efforts collectifs permettant de l'atteindre est au rendez-vous.
05:04Il y a une étape en particulier sur laquelle la France insistera dans les semaines et les mois à venir,
05:11c'est l'organisation des élections palestiniennes.
05:15C'est un engagement que le Président Mahmoud Abbas a pris devant le Président de la République
05:19et devant le Prince-Héritier d'Arabie Saoudite dans une lettre datée du 9 juin 2025.
05:24Ces élections sont programmées pour le 28 novembre 2026, pour les élections législatives,
05:31et pour le premier trimestre 2027 pour les élections présidentielles.
05:35Elles doivent impérativement se tenir.
05:37C'est une manière pour le peuple palestinien d'exprimer son aspiration légitime à l'autodétermination
05:44et de faire entendre sa voix qui, malheureusement, ne l'est pas aujourd'hui.
05:51Dernier sujet, l'Ukraine.
05:54J'aurai l'occasion d'y revenir un peu plus longuement dans quelques minutes
05:58aux côtés du ministre ukrainien et de la haute représentante pour la politique étrangère
06:03de l'Union européenne Kayakalas, dans une déclaration dédiée, endossée par 50 pays.
06:08Nous aurons évidemment l'occasion de revenir au Conseil de sécurité
06:14au cours de cette réunion dédiée sur la triple stratégie que poursuit la France
06:22de soutien à l'Ukraine, de pression sur la Russie et de préparation de la paix.
06:26Puisque je me trouve devant vous ce matin, je veux d'ores et déjà me féliciter
06:32de la décision prise par l'Union européenne ce matin de sanctionner Xenia Fedorova,
06:38dans la ligne des sanctions qui ont été prises par la France il y a quelques semaines,
06:42dans la lignée des sanctions qui avaient été prises à son encontre par l'Allemagne
06:46il y a quelques années, et dans la lignée des sanctions qui avaient été prises
06:50par l'Union européenne à l'encontre de RT, un organe de propagande
06:55dont la vocation était de déstabiliser les opinions publiques européennes,
07:01fragiliser le soutien à l'Ukraine et diviser les Européens dans un moment
07:06où au contraire ils ont besoin d'être plus que jamais unis.
07:10Donc sur la réforme du Conseil de sécurité, sur l'intelligence artificielle,
07:16sur le Proche et le Moyen-Orient comme sur l'Ukraine,
07:21alors que se termine cette présidence française du Conseil de sécurité,
07:25notre pays a été à l'initiative de certaines des réunions qui, à mon avis,
07:32resteront comme les plus importantes et les plus marquantes de cette semaine de haut niveau.
07:37Je m'en félicite et je me tiens à votre disposition pour une, voire deux questions.
07:41Monsieur le ministre, hier le président de la République a heurté Israël
07:45en affirmant que le Hamas n'avait jamais sévi au Cisjordanie.
07:49Est-ce que c'est bien cette affirmation et bien la position de la France aujourd'hui ?
07:52Est-ce que vous la redites ce matin ?
07:53Chacun a bien compris ce qu'était le propos du président de la République.
07:57Dans un moment où, je le disais, nous sommes très attentifs à ce que chaque partie prenante
08:03de ce texte majeur que nous avons fait adopter l'année dernière
08:07et qui a permis qu'un plan de paix puisse voir le jour,
08:11que chaque partie prenante tienne aujourd'hui ses engagements.
08:15Et cela vaut notamment pour les dirigeants palestiniens,
08:20dont nous souhaitons vivement et nous les soutiendrons dans cet effort,
08:23qu'ils puissent tenir les élections législatives et présidentielles comme prévu.
08:28Et puis s'agissant du gouvernement israélien, notre position est connue.
08:33Notre attachement à l'existence et à la sécurité d'Israël est indéfectible.
08:37Mais la politique qui est menée par le gouvernement actuel de l'État d'Israël
08:42hypothèque la sécurité d'Israël.
08:45C'est le cas dans le refus qui est celui des autorités israéliennes
08:51de mettre en œuvre leur responsabilité au terme du plan de paix du président Trump.
08:55C'est le cas dans la stratégie de zone tampon qui est développée au Liban ou en Syrie.
09:01Et c'est le cas en Cisjordanie où nous assistons à une explosion,
09:05le président de la République l'a rappelé,
09:07et je crois que c'est cet élément-là qui a été largement retenu de son discours,
09:11à une explosion de la violence des colons extrémistes à l'égard des Palestiniens,
09:16ainsi qu'à une accélération sans précédent de la colonisation,
09:20ce qui fragilise cette perspective à laquelle la communauté internationale est attachée,
09:24qui est celle de la solution à deux États,
09:26mais qui fait courir un risque de sécurité à Israël et à la population israélienne,
09:33ce que nous ne pouvons accepter.
09:34Est-ce que le Raba s'est présent en Cisjordanie ?
09:37Je vous en prie.
09:38Monsieur le ministre, sur la question de Dormuz, le président de la République,
09:42il est venu ici avec cette volonté de débloquer le détroit d'Hormuz.
09:46On a entendu qu'il a répété à de très nombreuses reprises.
09:49Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui aux Français qui vous regardent,
09:52qui vous écoutent et qui voient que le prix à la pompe continue d'augmenter en France ?
09:55Il y a eu des annonces également qui ont été faites par certains ministres à Bercy ces dernières heures.
10:00Est-ce que vraiment la France peut jouer un rôle dans le déblocage du détroit d'Hormuz ?
10:09Le président de la République est venu ici à New York à l'occasion de cette semaine de haut niveau
10:18des Nations Unies,
10:21de l'Assemblée Générale des Nations Unies,
10:23pour rencontrer un certain nombre de ses homologues, le président américain,
10:28mais aussi des dirigeants de la région,
10:31pour faire accélérer les discussions conduisant à une réduction des hostilités,
10:38à la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Hormuz,
10:41mais aussi à un apaisement des tensions en mer Rouge,
10:45puisque l'escalade entre les Houthis et l'Arabie Saoudite a,
10:48elle aussi d'une certaine manière, eu un impact considérable sur le prix du carburant.
10:54Nous ne nous contentons pas de passer des messages
10:58et de presser nos partenaires et nos interlocuteurs
11:02à aller aux négociations indispensables
11:05pour que la tension baisse et que la circulation puisse reprendre.
11:08Nous avons, vous vous en souvenez, bien avant la fin des hostilités,
11:14préparé pour ce qui concerne le détroit d'Hormuz,
11:16une mission internationale qui est prête à se déployer
11:20dès que les conditions le permettront,
11:21pour justement que la reprise du trafic soit la plus rapide possible
11:24et que donc la baisse des tensions se répercute le plus rapidement possible
11:28à la pompe pour les Françaises et pour les Français.
11:31Et puis parce que nous savons que ce type d'épisode est amené à l'avenir à se multiplier,
11:36eh bien nous avons pris les devants
11:38et nous travaillons avec nos partenaires européens
11:42mais aussi nos partenaires dans la région.
11:43J'ai eu moi-même des discussions à ce sujet ces derniers jours
11:47à ouvrir de nouvelles routes commerciales
11:49qui ne puissent pas être prises en otage
11:51ou être affectées par ce type de conflits
11:54qui ne sont pas les nôtres, que nous n'avons pas choisis
11:56et auxquels nous n'avons aucune intention de participer.
11:58S'agissant de la mer Rouge et de Babel-Mandeb,
12:03vous savez que la France est présente depuis deux ans
12:06au travers d'une mission européenne qui s'appelle ASPIDES
12:09et qui, dans une certaine indifférence,
12:12puisqu'on n'en parlait pas jusqu'à présent,
12:14a permis de protéger la circulation de plusieurs centaines de navires français
12:18contre les attaques des Houthis.
12:20La France va rester présente pour assurer la circulation des navires français
12:26et s'activer de manière à ce que la tension puisse baisser entre Arabie Saoudite et Houthis.
12:32Je vais prendre une question en anglais et je m'arrêterai là.

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