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  • il y a 6 heures

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00:00Ma grosse erreur au début, quand on m'a annoncé que j'avais un cancer incurable,
00:04c'est que je me suis dit « il faut que je me prépare à mourir ».
00:06J'avais 36 ans, j'ai ressenti des douleurs dans les seins, un peu comme un début de grossesse.
00:09J'ai fait un test, il était négatif, et j'ai pensé que c'était hormonal.
00:12Et un matin, en sortant de la douche, j'ai vu une tache rouge sur mon sein.
00:16J'ai senti une boule énorme, je me suis même demandé comment j'avais fait pour ne pas l'avoir
00:20avant.
00:21On m'a diagnostiqué un cancer inflammatoire, plus rare et plus agressif que les autres.
00:26Il attaque la peau, il est très rapide.
00:28Et au moment du diagnostic, j'avais des métastases conglionnaires entre les poumons, sur les cervicales,
00:34et des métastases osseuses sur deux vertèbres, donc il était déjà métastatique et donc incurable.
00:39Ma grosse erreur au début, c'est que je me suis dit « il faut que je me prépare à
00:42mourir ».
00:42On s'est dit « pourquoi en fait ? À quoi bon faire ça si c'est pour mourir quand
00:47même à la fin ? »
00:48Et c'est ce que je disais beaucoup à ma soeur qui était présente pendant les chimios,
00:51c'était dur à entendre pour eux.
00:53Parce qu'on me disait « bon, tu peux tenir 5 ans, 10 ans, mais si c'était pour vivre
00:56comme ça, j'en voulais pas.
00:58Il faut apprendre à vivre avec la maladie, à vivre autrement, à faire le deuil de cette vie qu'on
01:02imaginait. »
01:03Et c'est pour ça que je veux témoigner aujourd'hui, parce qu'à ce moment-là, j'ai cru
01:06que ma vie, ça serait plus que de la souffrance.
01:08Je vomissais 15 fois par jour, donc je pensais que ça allait vraiment être que ça, jusqu'à la fin
01:12de ma vie.
01:13Sauf que non, c'est pas vrai.
01:14À la fin de la chimio, j'avais plus de métastases.
01:16La tumeur dans mon sein, elle était minuscule, limite imperceptible au PET scan.
01:21Même si j'ai pas la santé d'avant et que je sens que mon corps est plus limité, mes
01:26cheveux ont reposé.
01:26Aujourd'hui, si on sait pas que j'ai un cancer, ça se voit pas.
01:29Un cancer comme le mien, il y a 10 ans, je serais morte en 6 mois.
01:33Et aujourd'hui, je suis là.
01:34Donc la recherche avance.
01:36Et j'ai eu du mal, au début, à l'accepter.
01:38Quand on me disait « peut-être qu'ils vont trouver un traitement, tu vas guérir ».
01:40Aujourd'hui, j'y crois.
01:42On a tous envie de se dire qu'on serait un miracle, mais je me dis « il y a
01:46toujours un premier guéri ».
01:47Et pourquoi pas moi ? Et même si c'est pas moi, c'est pas grave, j'aurais gagné du
01:50temps.
01:50Mais l'espoir, il vient avec le temps.
01:52On a tendance à penser au début, quand on nous apprend qu'on a un cancer incurable, qu'on est
01:56mourant.
01:56Et en fait, incurable, ça veut pas dire mourant.
01:59On peut vivre maintenant des années avec un cancer incurable.
02:03Je veux pas non plus banaliser le cancer métastatique, parce que ça reste difficile.
02:08Moi, j'aurais voulu voir ça au début.
02:09Il y avait encore des belles journées qui m'attendaient, parce qu'au final, c'est ça qui donne l
02:13'espoir
02:14et le courage et l'envie de continuer à se battre.
02:16Ça m'aurait fait du bien de voir ça, parce que c'était difficile, physiquement, de supporter ces traitements.
02:22Et à la fin de la dernière chimio, j'ai dit à mon conjoint « si je dois refaire des
02:27chimios, je le ferai pas, parce que c'est trop dur ».
02:29Et j'ai dit ça il y a trois ans, et aujourd'hui, si on me disait « il faut
02:32repartir », je le ferai sans hésiter.
02:35J'hésiterai pas une minute, parce que ça m'a porté du temps, avec mes enfants, avec mes proches.
02:40Ça en valait la peine.
02:41On peut tous partager ce qu'on vit, et que ça aidera toujours quelqu'un, quelque part.
02:46Donc partagez ce que vous vivez, parce que quelque part, il y a quelqu'un qui le verra et qui
02:51se sentira moins seul.

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