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  • il y a 11 minutes
Marc Rollang, capitaine de gendarmerie et rédacteur pour «La Voix du Gendarme», était l'invité de Police - Justice : 24h en France, sur CNEWS, ce mardi 24 septembre. Il est revenu sur les agressions dont peuvent être victimes les gendarmes. «Dès lors que vous représentez l’autorité, vous êtes susceptibles d’attirer la haine», a-t-il déploré.

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Transcription
00:00Permettez-moi déjà de commencer mon propos en ayant une pensée à l'adresse de cette victime
00:05et de saluer la performance des équipes de police judiciaire, de la police nationale locale,
00:12qui a su, dans le temps de la flagrance, à la fois interpeller et appréhender les deux suspects,
00:17l'un âgé de 21 et l'autre de 22 ans.
00:19Un système policier de proximité qui marche et qui démontre encore aujourd'hui la pertinence de ses actions du quotidien.
00:27Effectivement, aujourd'hui, de plus en plus, on remarquera que dès lors que vous représentez une certaine forme d'autorité,
00:33que ce soit une autorité judiciaire, une autorité policière, voire même que ce soit militaire, sur un cas de gare,
00:39effectivement, vous êtes susceptibles d'attirer la haine, en tout cas la rancœur et la méchanceté des gens qui ne
00:45vous aiment pas,
00:46non pas pour ce que vous êtes, mais pour ce que vous représentez.
00:48– Vous en avez beaucoup, justement, des hommes qui sont soit en permission, soit dans un cadre privé ?
00:58Quand ils sont plusieurs, généralement, il y a des équipages, mais quand ils sont dans un cadre privé,
01:02ils transportent quand même leur matériel avec eux, donc ils ont tout ce qui indique leur profession.
01:07Ça arrive beaucoup que des gendarmes se fassent agresser comme ça ?
01:10– Écoutez, il n'est pas très performant de dire que les gendarmes se font agresser régulièrement,
01:17mais ce qui est observé régulièrement et d'ailleurs ostensible,
01:20ce sont ces milliers de militaires que vous voyez sur les quais des gares,
01:25devant les arrêts de bus, lorsqu'ils partent en permission, lorsqu'ils reviennent en permis de permission,
01:30avec leur sac clairement sérigraphié, identifié, kaki, leur coupe de cheveux,
01:35leur manière d'être et de faire, autant d'éléments qui les discriminent d'une partie de la population.
01:41En cela, effectivement, ils peuvent devenir, dès lors qu'ils sont dans des situations compliquées,
01:47dans des zones tendues, des cibles privilégiées pour des malfrats,
01:51pour des gens qui n'ont ni foi ni loi.
01:54– Ça veut dire que certains viennent à se cacher, à se dire,
01:56bon, peut-être qu'aujourd'hui je ne vais pas prendre mon sac ou je vais enlever les cuissons
01:59parce que je suis tout seul, là, je n'ai pas d'aide, ils peuvent être discontraints
02:03et je fais quand même attention à moi-même.
02:06– Vous avez ce que vous dites, c'est extrêmement grave et c'est d'une tristesse absolue.
02:11– Effectivement, aujourd'hui, les camarades gendarmes, pour le cas d'espèce,
02:15mais également les camarades en général, cherchent à s'anomiser.
02:18On cherche à devenir le plus transparent possible pour ressembler au quidam moyen,
02:23là où auparavant, notre différence sociale, notre différence professionnelle,
02:28notre plus-value, du moins celle qui était suggérée, était un atout, une fierté, un honneur.
02:35Aujourd'hui, on en est arrivé à se cacher pour ne pas être agressé.
02:39– Effectivement, vous avez raison, on cherche à devenir le quidam moyen,
02:44celui qu'on ne reconnaît pas dans la société au quotidien.
02:46– Merci.
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