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  • il y a 2 jours
Pham Tien Dung poète et passeur culturel - Rock Mia mise en musique via Suno-IA

Catégorie

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Musique
Transcription
00:01Une lumière bleue s'établit sur la ville, il est temps de faire vos jeux.
00:12La circulation tombe, tout s'arrête, la ville est si tranquille.
00:22Dans un brouillard de plomb, la peur au fond des yeux.
00:27Pour commencer, j'ai beaucoup aimé ce disque, vraiment, sincèrement.
00:31Je l'ai trouvé extrêmement réussi sur un sujet pas facile.
00:35Et surtout, on entend très distinctement la voix de Michel.
00:39Je me suis demandé comment tu avais fait.
00:42J'ai imaginé cette musique autour de la voix de Michel.
00:46Après, on a souvent travaillé ensemble.
00:50Je voulais que ce soit à la fois doux, mais intense.
00:55Et en même temps, qu'il y ait suffisamment de musique pour que ce soit un disque de chanson.
01:03Mais que la voix soit suffisamment proche pour qu'on puisse bien le comprendre.
01:08Quel genre de voix il a pour un producteur de musique ?
01:12Il a une voix très douce.
01:16Et à la fois, on sent qu'il a...
01:19J'ai tout de suite demandé à Michel s'il avait commencé par la poésie.
01:25Et c'est ce qu'il m'expliquait.
01:27Faire des open mics, comme ça, tout seul.
01:30Un peu comme...
01:32J'ai pensé dans l'autre sens.
01:34Par exemple, Patty Smith avait commencé par faire des récitations de ses poèmes
01:40avant de faire des disques.
01:42Et je pense que Michel, avant d'être publié en tant que poète,
01:48récitait ses poèmes.
01:50Je pense que c'est ça, Michel, non ?
01:51Mais première récitation, premier disque, il y a eu plus de 20 ans.
01:57Oui.
01:58C'est un disque apocalyptique, Souvenez-vous de l'homme.
02:04Un concept album qui raconte la guerre,
02:08qui aura bientôt raison de nous.
02:12Et tu racontes ça d'une voix tendre.
02:14Beaucoup plus tendre que ton premier album, Présence humaine.
02:18Comme quoi, en fait, tu as plus d'empathie pour notre disparition,
02:21pour notre présence.
02:25On a toujours de la sympathie pour la disparue.
02:29Et donc, pour l'homme aussi, je pense qu'on aura une certaine sympathie.
02:34Ça peut être pénible sur le moment, mais en fond, ça peut laisser de bons souvenirs quand même.
02:39C'est l'idée.
02:40Ça ne t'a pas fait peur quand tu as vu les textes ?
02:44Non, pas du tout.
02:45Et j'ai vraiment voulu travailler aussi sur cette tendresse.
02:48J'ai toujours senti cette tendresse chez Michel.
02:52J'aime bien aussi les contrastes.
02:55J'aime bien que, par exemple, dans New Order,
02:59Lou Monday, c'est une musique dansante.
03:02Et puis, ça commence par
03:03« How does it feel to treat me like you do ? »
03:06Ou, par exemple, sur Lou Reed,
03:09qui mélange à la fois, ça peut être très mélodique,
03:13et puis en même temps, il te raconte que quelqu'un d'autre aurait pu lui briser les deux bras.
03:19J'aime bien ce contraste.
03:21D'ailleurs, la musique est très douce,
03:26en dépit du sujet, là aussi.
03:28Oui.
03:29Oui, justement.
03:30Elle est entraînante.
03:31C'est une musique entraînante.
03:34Par contraste, oui.
03:36Après, Bertrand Burgala, Jean-Jacques Berger,
03:40Jean-Claude Vanier,
03:42pourquoi Frédéric Lowe ?
03:44Alors, c'est...
03:46C'est difficile à dire pourquoi dans les fêtes,
03:50mais rétrospectivement, ça me paraît relativement évident, en fait.
03:53Oui, parce que...
03:53C'est supposé être évident à l'écoute du disque, quoi.
03:56D'une part, mais aussi parce qu'il a fait Daniel Dark.
04:00Oui, oui, oui, c'est ça.
04:02Évidemment, plus récemment, Pete Doherty.
04:04Oui, c'est ça qu'a joué en pratique,
04:06enfin, surtout Daniel Dark.
04:08C'est quand même surtout les musiques qui m'ont convaincu,
04:10plus que les musiques de cet album-là,
04:12plutôt que ce qu'il a fait avant, quand même.
04:14Oui.
04:14Et j'ai...
04:16C'est supposé être évident.
04:19J'espère que ça l'est pour tout le monde.
04:25Sinon, c'est raté, quoi.
04:26Si ce n'est pas évident...
04:27Non, non, c'est une évidence parfaite qu'on écoute.
04:30Tout est en symbiose.
04:32Franchement, c'est très réussi.
04:34Mais dès le début, on comprend que ça se passe maintenant.
04:37Dans quelques jours, sûrement, il y aura la guerre.
04:39Vers l'est, le conflit se propage.
04:42Et toi, tu files en voiture, en direction du nord,
04:45vers les ors boréales.
04:46Je me suis dit, ça doit être la Norvège.
04:49Mais pourquoi pas vers le sud, l'Espagne ou l'Italie,
04:52pour essayer de gagner l'Afrique ?
04:54Je me dis que si j'en étais là, moi, j'irais plutôt vers le sud.
05:01Je trouve que c'est une bonne question, ça.
05:04Je ne sais pas pourquoi...
05:07C'est peut-être pour la rime.
05:08Pour Boréale, peut-être.
05:10Ah oui, alors ça peut être la rime, effectivement.
05:11Il ne faut jamais négliger cet aspect
05:13qui explique souvent bien des choses.
05:18Mais je dois reconnaître que les aurores boréales
05:20me font plus rêver que le sud.
05:23Ah oui ?
05:23Eh bien oui.
05:24Ce qui est aussi une...
05:25J'en ai jamais vu en vrai, en plus.
05:28J'ai vu des photos, c'est très beau.
05:31C'est une des choses que j'aimerais voir
05:32avant de mourir.
05:33Une heure en Montréal.
05:35Oui ?
05:35Tu évoques les blindés, les troupes, les réfugiés,
05:39les envahisseurs, les décombres,
05:42les explosions nucléaires, les morts.
05:46Tu te vois comme un guide ?
05:49Mais tu es un déserteur, en fait.
05:52Occidentaux qui voulaient vivre,
05:53vous êtes vraiment mal parti,
05:55mais vous pouvez encore me suivre,
05:57quitter votre espace imparti.
05:58Là, c'est le côté guide.
06:01Il ne se produit qu'une fois dans tout l'album.
06:04Mais tu ne te vois pas du tout
06:04comme un déserteur dans ce disque ?
06:08Dans le premier titre, si, quand même.
06:11Hein ?
06:11Oui.
06:12Oui, oui.
06:13Je...
06:14Oui, je...
06:15Effectivement, ça...
06:17Il s'en va plutôt pour fuir la guerre
06:19que pour aller au devant de la guerre, oui.
06:23Puis...
06:24Même dans l'autoroute,
06:25on n'a pas l'impression qu'ils s'approchent
06:27des conflits,
06:28plutôt qu'ils les fuient.
06:30Oui, oui, non, mais je...
06:32Je ne suis pas du tout hostile
06:33au déserteur, en principe.
06:35Souvent, c'est la bonne option.
06:38Alors, ça m'a fait penser...
06:39Tu es quand même le premier écrivain
06:40à avoir enregistré des chansons
06:42depuis Boris Vian, en 1955.
06:44Et son premier 45 tours,
06:46c'était le déserteur, sur la face A.
06:48Et sur la face B,
06:49il y avait la Java des bombes atomiques.
06:50Et je me dis, il y a quand même...
06:54Il y a une parenté.
06:55Oui, mais le déserteur,
06:57ça reste une très bonne chanson.
07:00La...
07:01La Java des bombes atomiques,
07:03j'aime moins son côté amusant à Boris Vian.
07:05Non, je préfère le déserteur.
07:07Dans la version de Boris Vian,
07:08dans la version de Mouloudi,
07:10tu sais, la version de Boris Vian,
07:11il accueille la police avec un fusil,
07:13alors que dans la version de Mouloudi,
07:15il dit, je n'aurai pas d'arme.
07:17Oui, mais je préfère la version de Mouloudi.
07:18Oui, alors, cela dit,
07:20la voix de Boris Vian
07:22a quand même quelque chose de particulier.
07:24Pas très agréable, d'ailleurs.
07:26Non.
07:27Plutôt métallique, enfin,
07:28mais ça vaut le coup d'être entendu.
07:31Moi, je regrette beaucoup
07:32de ne pas avoir...
07:35de ne pas pouvoir écouter
07:36la voix de mes poètes préférées
07:38du 19e siècle.
07:39J'aurais aimé savoir
07:40comment ils lisaient leurs trucs.
07:42Oui, vraiment.
07:44Frédéric,
07:45tu n'as jamais pensé à Boris Vian
07:46dans cet instant.
07:47Non, pas du tout, non.
07:50Mais je ne sais pas,
07:51est-ce que Boris Vian,
07:51c'est un écrivain
07:52qui fait de la musique
07:53ou c'est plutôt l'inverse ?
07:54Non, non, ces livres
07:54n'ont aucun succès
07:55et il écrit des chansons.
07:58Oui, tout à fait.
07:59Parce qu'il espère bien,
08:00à un moment,
08:02pouvoir quitter son horrible poste,
08:04je ne sais plus
08:05dans quelle administration.
08:06Il était avec Alain Gorhager
08:08quand il est mort
08:09en regardant le...
08:10J'irais cracher sur vos tombes.
08:12Sur vos tombes, oui.
08:13On t'a souvent vu
08:14comme un prophète,
08:15un prophète de la faim,
08:17d'ailleurs,
08:17F.I.N.,
08:18un prophète de malheur.
08:19Et là, tu dis,
08:21dans fin de partie,
08:22je suis le guide indespéré,
08:24je connais tout
08:25de vos souffrances,
08:27je connais vos peurs,
08:28vos absences,
08:29je sais le pourquoi,
08:30le comment.
08:31Et tu ajoutes,
08:32je sais que la faim
08:33sera triste.
08:34En fait,
08:35tu as l'air de dire
08:36que tu nous l'as toujours dit,
08:38c'est ça ?
08:39Oui, oui.
08:39Mais c'est très différent
08:40des prophètes.
08:41Enfin, les vrais.
08:42Les prophètes de la Bible,
08:44eux, les prophètes,
08:45ils disent,
08:46Jérusalem,
08:47Israël a gravement péché,
08:49Israël sera puni,
08:50ils le méritent.
08:51Enfin,
08:52ils sont dans l'imprécation,
08:53dans la malédiction.
08:54Moi, c'est plutôt...
08:55Je suis plutôt attristé.
08:58Oui,
08:58je suis plutôt attristé.
09:00Mais il y a quand même
09:01l'idée que tu nous le dis
09:02depuis longtemps,
09:03que tu nous l'as toujours dit.
09:04Oui, oui.
09:05Que ça finira mal.
09:06Ah ben ça,
09:07ça fait longtemps que je le dis.
09:08Oui,
09:08ça finira mal
09:09dans pas longtemps en plus.
09:11Tu as jamais dit
09:11que ça finirait mal
09:12dans longtemps.
09:13Oui,
09:14bon,
09:14ça c'est plus...
09:15Oui.
09:16Là,
09:17ça a l'air dans pas longtemps.
09:18Mais c'est pas la fin.
09:19Non, non.
09:20La fin,
09:21c'est plutôt les post-humains.
09:23Oui.
09:24Oui.
09:24Donc,
09:25en fait,
09:27la guerre,
09:28c'est plutôt un prologue.
09:30Oui.
09:31Le vrai truc,
09:32c'est après.
09:32Mais on ne sait pas vraiment,
09:34en fait.
09:35On ne sait pas.
09:36On ne peut pas vraiment le situer.
09:37D'abord,
09:38tu parles de l'ultime archipel.
09:40Oui.
09:41C'est là que se termine l'album.
09:44Alors,
09:44je me suis demandé
09:45si ce n'était pas
09:45l'archipel norvégien
09:46de Spitsberg
09:47où se trouve
09:48la chambre forte
09:49de l'apocalypse
09:51où l'on entrepose
09:53les semences agricoles
09:54du monde entier
09:55au cas où.
09:57Alors,
09:57non.
09:58Non.
09:58Spits,
09:59c'est l'ingénieur agronome
10:00qui parle.
10:01Non.
10:01Dans mon esprit,
10:02c'est plutôt
10:02ces îles...
10:05Bon.
10:06C'est un souvenir
10:08Lovecraftien,
10:09en fait.
10:09C'est ces espèces
10:10d'îles bizarres
10:11qui s'étendent
10:12entre la Terre de Feu
10:13et l'Antarctique.
10:14Les Orcades du Sud,
10:16les Shetlandes du Sud.
10:17C'est ça,
10:18l'ultime archipel,
10:19en fait.
10:19C'est peut-être pour ça aussi
10:20que tu vas vers le Nord.
10:21C'est pour Lovecraft.
10:22Oui.
10:23Enfin,
10:24là,
10:24c'est carrément le Sud,
10:25mais c'est pareil.
10:26Vers une zone très froide,
10:28donc très froide.
10:30Tu te décris
10:33comme la pointe avancée...
10:33Enfin,
10:34moi,
10:34j'ai l'impression
10:35que tu parlais de toi.
10:36La pointe avancée
10:37de l'être individuel.
10:39C'est pas toi ?
10:39Non,
10:40c'est pas moi, ça.
10:42Non,
10:42c'est un truc imprécis.
10:46L'ultime archipel,
10:49ça a été dur d'y arriver.
10:53Bon,
10:53c'est...
10:57Oui,
10:58c'est bizarre
10:58parce qu'il y a des survivants.
11:02Il y a des survivants.
11:04Donc,
11:04la question de savoir
11:05si l'homme survit ou pas
11:06reste ouverte.
11:07On peut écouter le disque
11:09plein de fois,
11:09on sait toujours pas vraiment.
11:10C'est vrai.
11:11On comprend qu'en même temps
11:12que nous disparaîtrons,
11:14les machines entameront
11:15un dialogue.
11:16Est-ce que tu imagines
11:18qu'elles continueront
11:19de fonctionner
11:20sans nous
11:21pour l'éternité ?
11:22Ah oui.
11:23Sans problème.
11:24Sans problème, oui.
11:25Elles y arriveront,
11:26ça.
11:27Oui, oui, oui.
11:29Et ça m'a rappelé
11:30l'une des chroniques
11:30martiennes
11:31de Ray Bradbury
11:33intitulée
11:33« Il viendra des pluies douces ».
11:35Il n'y a plus âme
11:36qui vive sur Terre
11:37après une guerre nucléaire.
11:38Il n'y a plus que des robots
11:39en train de répéter
11:40les mêmes tâches domestiques
11:42pour l'éternité.
11:43Tu n'as jamais eu
11:44cette nouvelle ?
11:45Si, mais alors
11:45ça fait vachement longtemps.
11:47J'en ai tellement lu,
11:49tu sais.
11:50Ce n'était pas
11:51mon moteur préféré.
11:53Non, mais celle-là,
11:53elle est vachement bien.
11:54Oui, mais ça ne m'étonne pas.
11:55Parce que tu imagines
11:55les robots,
11:56jusqu'à la fin des temps,
11:57qui tombent le gazon,
11:59qui préparent le café.
12:01Et j'ai pensé un peu à ça
12:03dans le dialogue des machines.
12:04Oui, c'est plutôt
12:05une image agréable, en fait.
12:08Tu trouves que c'est
12:09un futur...
12:09Un futur...
12:12Moi, je n'ai rien
12:14contre les robots.
12:15Enfin, quand j'en vois...
12:18C'est en général au Japon,
12:20en Corée,
12:20dans des endroits comme ça.
12:22C'est les endroits
12:22où on ne fait plus d'enfants.
12:23Oui, donc il faut...
12:25Effectivement.
12:25Mais quand je les vois,
12:27j'ai plutôt envie
12:28de leur parler.
12:29Je ne sais pas si je ne suis pas
12:30toi, mais je ne sais pas...
12:32Ils sont plutôt sympathiques.
12:34Moi, je parle de peinture
12:35dans les musées.
12:36Les robots, tu penses,
12:37évidemment,
12:38c'est encore plus facile.
12:41Toi, qui a travaillé
12:42dans l'informatique
12:43jusqu'à 40 ans,
12:45comment tu vois
12:45l'intelligence artificielle ?
12:48Je suis pris de court
12:49par les progrès subis
12:50et rapides, quand même.
12:52C'est impressionnant, là.
12:53Là, c'est au point
12:54où on ne sait pas du tout
12:56quelles tâches humaines
12:57pourraient subsister.
12:59À coup sûr.
13:01Il y a des choses
13:01qu'elles font déjà mieux que toi ?
13:05Oui, plein.
13:05Il devait disparaître.
13:07Plein.
13:08Traduire, par exemple.
13:12Puis plein de choses.
13:13Des problèmes mathématiques.
13:14Plein de choses.
13:15Vraiment.
13:15Je joue aux échecs
13:16sans problème.
13:17Je suis battu
13:18par le premier niveau
13:19d'un programme bas de gamme.
13:22Non, il y a plein de choses
13:23qui ont fait mieux que moi.
13:25Il y a à peu près,
13:25je crois, 40 000 morceaux.
13:27Je ne sais même plus
13:29si ce n'est pas par jour
13:30qui arrivent sur Spotify
13:31qui a été composé
13:33par l'intelligence artificielle.
13:35Oui.
13:35Mais est-ce que c'est mieux
13:36que ce que vous avez fait
13:38tous les deux ?
13:39On ne va pas répondre oui.
13:41Ce serait une erreur.
13:43C'est difficile de répondre.
13:45Après...
13:45Commerciale évidente.
13:47Je pense qu'en musique,
13:48il y a toujours eu
13:49de toute façon
13:50l'arrivée des machines.
13:51Il y a déjà,
13:52dans les années 60,
13:53les musiciens faisaient grève
13:54quand est arrivé
13:55le Mélotron
13:55parce qu'ils pensaient
13:57qu'il n'y aurait plus
13:58de travail pour les gens
13:59qui voulaient jouer
14:01des flûtes
14:01ou des cordes.
14:04Après, il y a eu
14:04le synthétiseur,
14:05il y a eu la boîte à rythme.
14:06Enfin bon,
14:06il y a toujours eu
14:07des révolutions.
14:08Après, aujourd'hui,
14:11le fait de faire
14:12des morceaux comme ça
14:14en IA,
14:15pourquoi pas ?
14:16Après, je n'ai pas vraiment...
14:17Moi, je n'ai jamais entendu
14:18quelque chose
14:19qui me touchait,
14:20par exemple.
14:21Alors, on entend des choses
14:23qui peuvent être
14:23bien faites,
14:25mais des choses touchantes,
14:27je ne suis pas sûr.
14:29Il faudrait vraiment faire
14:32comme la dégustation
14:33à l'aveugle, quoi.
14:35Oui, c'est vrai.
14:36Oui.
14:37Oui, c'est vrai.
14:40Moi, j'avoue que là,
14:43il y a encore six mois,
14:44je disais,
14:45je peux dire
14:47si c'est un auteur ou pas.
14:49Là, non,
14:49je ne peux plus.
14:50Même en littérature ?
14:52Même en littérature,
14:53je ne suis pas sûr de moi.
14:54Ah oui ?
14:55Oui.
14:58Je parlais de la nouvelle
14:59de Bradbury,
15:00Il viendra des pluies douces.
15:03Elle se déroule
15:03le 4 août 2026
15:05dans l'édition originale.
15:07Depuis,
15:07ils ont reculé la date
15:08parce que c'était
15:09trop angoissant.
15:10Mais Anéantir,
15:12ton dernier roman,
15:12commence en novembre 2026,
15:14alors que Paris
15:14est la cible
15:15d'attentats terroristes.
15:172026,
15:17c'est aussi l'année
15:18où se passe Métropolis,
15:20le chef-d'oeuvre
15:21de Fritz Lang,
15:22parce que c'était
15:22un roman de sa femme,
15:23Théophen Arbou,
15:24qu'elle avait daté
15:25de 2026.
15:27J'ai l'impression
15:28que 2026,
15:28ça fait longtemps
15:29qu'on la voit
15:30comme une année fatale.
15:35Ah bon ?
15:37Bon, Métropolis,
15:38oui,
15:39elle a pris
15:39100 ans de plus.
15:41Elle a pris
15:41100 ans de plus.
15:42Elle a pris
15:43100 ans de plus.
15:43Bon,
15:44c'est un peu un hasard,
15:45quand même.
15:46Oui.
15:49Elle a mis
15:50100 ans de plus,
15:50c'est tout.
15:52Oui ?
15:52Il ne faut pas
15:52s'inquiéter pour ça.
15:54Il y a d'autres facteurs
15:57plus immédiatement inquiétants.
15:59Tu as vu
16:00qu'avant 2026,
16:02c'est fou.
16:03On n'a prévu
16:03que des trucs horribles
16:04pour 2026.
16:06Ben oui.
16:08Oui,
16:09on est en quel mois,
16:10là ?
16:11Février ?
16:11On est en février.
16:13Jusqu'à présent,
16:14ça va.
16:15Oui,
16:16enfin,
16:19si on peut dire ça,
16:20on y reviendra.
16:22Comment c'est
16:23de travailler
16:23avec Michel Houellebecq ?
16:25Je ne sais pas.
16:27Écoutez,
16:30Michel m'a donné
16:34six textes
16:35que j'ai trouvés
16:38forts.
16:39Je pense qu'on avait
16:41posé
16:41à ChatGPT
16:44la question
16:45de nous raconter
16:47notre propre rencontre
16:48et ChatGPT avait dit
16:50que c'était la rencontre
16:52de deux solitudes.
16:54Voilà,
16:54je pense que
16:55travailler avec Michel,
16:57c'était rencontrer
16:58une solitude.
16:59Oui,
16:59non,
16:59ChatGPT a vraiment
17:00fait un effort littéraire
17:02sur le coup.
17:03Il y a des,
17:05je ne sais pas,
17:05je mettrais des...
17:07Vos ruines
17:08deviendront des paysages,
17:09vos ruines
17:10deviendront des paysages.
17:11Enfin,
17:12il se lance dans la poésie,
17:13là,
17:13vraiment.
17:13Oui ?
17:14Plus que d'habitude,
17:15je dirais.
17:16Non,
17:17c'est une offre
17:18de ChatGPT
17:18qui mérite
17:19qu'on prête attention.
17:22Est-ce que
17:22tu écriras
17:23d'autres romans ?
17:27Oui,
17:27j'espère,
17:28oui.
17:29Oui,
17:30oui,
17:30je ne pense pas
17:31que j'en ai fini
17:33avec ce genre.
17:34Parce que
17:35Georges Simnon,
17:36par exemple,
17:36l'a renoncé à écrire
17:37à ton âge,
17:38à 69 ans,
17:39et il a supprimé
17:40la mention écrivain
17:42de tous ses papiers
17:43officiels
17:44et il a mis
17:44sans profession.
17:45Il est retraité,
17:46je crois.
17:47Non,
17:47sans profession.
17:48Ah oui,
17:48sans profession.
17:49Bon,
17:50écoute,
17:50on ne va pas parler
17:52des retraites
17:53parce que
17:53ce serait vraiment
17:54un sujet.
17:55C'est un sujet
17:55qui fâche,
17:56d'ailleurs.
17:57J'ai essayé
17:58d'obtenir
17:58des retraites
17:59parce que
18:00j'ai fait
18:00d'autres emplois
18:01que...
18:02Ah oui,
18:02tu as beaucoup travaillé ?
18:04Enormément,
18:05trop.
18:06Simnon,
18:07ben oui,
18:09mais le type
18:10produisait
18:11un rythme effréné,
18:12quoi.
18:12Donc,
18:13ça s'arrêtait
18:14d'un seul coup.
18:15Moi,
18:15comme je suis
18:16plus lent,
18:18je peux peut-être
18:18espérer
18:19continuer plus longtemps.
18:20Je me posais
18:21une autre question.
18:21Est-ce qu'on a écrit
18:22de grands romans
18:23après 70 ans ?
18:24J'en ai trouvé
18:25trois,
18:26quatre.
18:26La Mande
18:27Duras,
18:28La Clé
18:28de Tanizaki,
18:29Gigit,
18:30Colette
18:30et Belle du Seigneur
18:31d'Albert Cohen
18:33qui l'a publié
18:34à 73 ans quand même.
18:35C'est pas mal
18:36Belle du Seigneur.
18:37Il y a un auteur
18:39que j'aime beaucoup
18:40mais qui n'est pas connu,
18:41c'est un peu dommage,
18:42mais Fontane
18:43qui lui a commencé
18:44à écrire subitement
18:45à 60 ans.
18:49Et qui s'est arrêté
18:50à sa mort,
18:51en fait,
18:51à 80.
18:53Et c'est bien Fontane,
18:54c'est vraiment bien.
18:55Le seul qui est un peu connu
18:56c'est Éphibriste
18:57parce qu'il y avait un film.
18:59Oui,
18:59ça me dit quelque chose.
19:00Il a écrit
19:01plein de trucs
19:02très bons en fait.
19:03Donc,
19:03il y a tous les cas
19:05quand même.
19:05Oui,
19:0760 ans,
19:07c'est pas mal.
19:08Oui,
19:08c'est James McKen
19:09je crois à 50 ans.
19:10Il a commencé
19:11tout de suite.
19:14Et alors justement,
19:1530 ans après
19:15le sens du combat
19:17qui t'avait valu
19:18le prix de flore
19:19à l'époque,
19:20tu publies
19:21Combat toujours perdant
19:22chez Flammarion
19:24et tu écris
19:26J'appartiens de nature
19:27à l'espèce soucieuse
19:28qui traverse la vie
19:30sans trouver de repos,
19:31traînant le long
19:32des jours
19:33leurs âmes
19:33encore curieuses,
19:35ils élmettent
19:36parfois d'inutiles
19:37propos.
19:38Pourquoi inutiles ?
19:39Oui,
19:40je m'excuse
19:41de ce verre dépressif.
19:44Le premier
19:45est plus clairement
19:46juste.
19:47C'est vrai
19:48que je suis soucieux.
19:49Je suis entreparement
19:49soucieux.
19:50Oui.
19:51Après savoir
19:52si ce que j'écris
19:53est utile ou pas,
19:55ça dépend vraiment
19:55des jours.
19:56ce n'est pas
19:57de la fausse modestie ?
19:58Non,
19:59des fois,
20:00je me trouve inutile
20:00vraiment.
20:01Des fois,
20:02non,
20:02je pense qu'au contraire,
20:03je suis très utile.
20:06Il y a peut-être
20:07aussi l'idée
20:07que comme tu es
20:08un peu un prophète
20:08de malheur,
20:09tu te dis qu'au fond,
20:10ça ne sert à rien.
20:13C'est un peu déprimant
20:18d'être toujours perçu
20:21comme négatif.
20:23Je ne dis pas
20:23que ce soit faux,
20:24mais de temps en temps,
20:26ça me fait du bien
20:27de me ressourcer
20:28dans des auteurs
20:29que je trouve
20:30encore plus négatifs
20:30que moi.
20:31Comme qui ?
20:32Que Dzi,
20:33par exemple.
20:33Je le trouve encore
20:34plus sinistre que moi,
20:35honnêtement.
20:35Et ça me fait un bien fou
20:37de le lire pour ça.
20:39Je me dis,
20:39bon,
20:40je me trouve négatif,
20:41vous n'avez qu'à le lire.
20:42Je vous verrai.
20:43Mais tu as toujours
20:45été un prophète de malheur,
20:46mais ça n'empêche pas
20:46qu'il y a des moments
20:47de jubilation
20:48dans tes livres.
20:49Oui,
20:49oui.
20:49Et est-ce que tu es content
20:51quand tu y parviens,
20:52quand tu les écris,
20:53ou est-ce que c'est presque
20:54une petite coquetterie ?
20:57Non,
20:57je suis content
20:58quand c'est réussi en général,
20:59que je trouve ça réussi,
21:01du moins.
21:01Que ce soit négatif
21:02ou positif,
21:03ça se...
21:05Oui.
21:06C'est pour des choses
21:08vraiment stylistiques,
21:09quoi.
21:09Des moments,
21:10oui,
21:10je trouve du moins
21:11un passage réussi.
21:12Tu avais lu
21:13ces romans avant ?
21:15Ah non,
21:15je ne connaissais absolument
21:16pas Michel Houellebecq
21:17avant.
21:19C'est vrai.
21:19Non,
21:20j'étais un grand auteur,
21:21bien sûr.
21:23depuis l'extension
21:25du domaine de la lutte.
21:26Non,
21:26j'ai beaucoup écouté,
21:27j'ai beaucoup lu Michel.
21:29Écouté.
21:29Non,
21:29et puis j'ai écouté aussi
21:30son album avec Bertrand
21:32Burgala.
21:33Non,
21:33donc oui,
21:33oui,
21:33bien sûr.
21:37J'ai beaucoup aimé
21:38rencontrer Michel
21:39et c'était quelque chose
21:43d'important pour moi
21:45d'avoir six de ses poèmes
21:47et d'essayer d'en faire
21:49quelque chose.
21:51Moi,
21:52j'ai trouvé que
21:52Le combat toujours perdant,
21:53c'est vraiment un livre
21:54sur la mort.
21:55Oui,
21:55la fin surtout,
21:56oui.
21:57Le début aussi,
21:59à vrai dire,
21:59mais ce n'est pas la mort
22:00de la même chose.
22:02La première partie,
22:03c'est la mort
22:03de la civilisation.
22:06La troisième partie,
22:07c'est la mort individuelle.
22:08Donc,
22:08c'est deux aspects
22:09de la mort.
22:10Et je me suis demandé,
22:11il se trouve qu'il y a
22:12six chansons,
22:13je crois,
22:13qui sont dans le texte.
22:16Et je me suis demandé
22:17si c'était...
22:19Comment ça s'est déclenché
22:20tout ça ?
22:21Tout à coup,
22:21tu t'es dit,
22:22je vais faire un disque
22:23ou je vais faire un livre
22:25sur la fin de la civilisation,
22:26sur la mort
22:27ou sur la guerre,
22:28surtout un album
22:29sur la guerre,
22:30comme si elle était là déjà.
22:34Ça s'est déclenché
22:36à partir de textes
22:37que j'ai vu Frédéric
22:40donner des textes
22:41à Frédéric pour la première fois.
22:42C'est des textes
22:43déjà publiés,
22:44en fait.
22:45Donc,
22:45il n'y avait pas du tout
22:45ceux qui sont dans
22:46le nouveau livre.
22:48Par rapport aux textes
22:50qui sont dans l'album
22:52avec Bertrand,
22:53qui sont très...
22:56vie quotidienne,
22:57si on veut,
22:58vie normale,
23:00j'avais envie
23:01de faire quelque chose
23:01sur un aspect science-fiction
23:03qui existe chez moi,
23:05qui n'est pas
23:05l'aspect le plus connu,
23:07mais qui existe
23:07dans des romans,
23:11un peu dans les particuliers
23:12mentaires,
23:13encore beaucoup plus
23:13dans un peu
23:14de la série d'une île.
23:15Donc,
23:15quelque chose
23:16qui existe chez moi
23:16et que je n'avais pas
23:19du tout utilisé
23:20dans l'album
23:20avec Bertrand.
23:22Moi,
23:22je me suis demandé ça
23:24en écoutant le disque.
23:25Je me suis demandé
23:25si c'était justement
23:26ton côté auteur
23:27de science-fiction
23:28qui parlait là
23:28ou si tu pensais
23:29vraiment
23:30que la guerre
23:31est à nos portes,
23:32que la guerre en Ukraine
23:33va se propager
23:34à toute l'Europe,
23:35voire au reste du monde.
23:42Oui,
23:42alors c'est vrai
23:43que j'ai...
23:45La guerre en Ukraine,
23:46je dois reconnaître
23:47que j'ai eu
23:48un moment d'inquiétude
23:50réelle
23:50qui a duré
23:51quand même
23:51deux ou trois jours
23:53ou quand Emmanuel Macron
23:55a dit
23:56qu'à un moment donné,
23:57il faudrait qu'il envoie
23:57des troupes au sol.
23:59Puis putain,
23:59il ne va pas le faire
24:00quand même.
24:03Là,
24:04j'ai eu peur,
24:04vraiment.
24:05Vraiment ?
24:05Oui.
24:06Oui,
24:06parce que je...
24:09Je me suis demandé
24:10s'il était équilibré,
24:11quoi.
24:13Et c'est vrai
24:13que je ne suis pas
24:14non plus sûr
24:14que Poutine soit
24:15quelqu'un de très équilibré.
24:17Donc,
24:17ce n'était pas une opération.
24:18ça pouvait inquiéter
24:20quand même.
24:21Je ne sais pas
24:21comment tu l'as vécu
24:23quand il a déclaré
24:25à un moment donné,
24:25il faudra que j'envoie
24:26des troupes au sol.
24:27Moi,
24:28ça m'a inquiété,
24:29franchement.
24:29Alors,
24:29moi,
24:29pas à ce moment-là,
24:30mais depuis,
24:31on a eu quand même
24:32beaucoup de choses,
24:33y compris le général Mandon
24:34qui a dit
24:36qu'il fallait se préparer
24:37à ce que nos enfants meurent.
24:39Marc Ruth a dit
24:40qu'on allait connaître
24:41une guerre équivalente
24:44à celle qu'il avait connu
24:45aux grands-parents.
24:46Moi,
24:47je me suis dit,
24:47en fait,
24:47il prépare
24:48non pas le fait
24:49que les Russes
24:50vont nous envahir,
24:50mais que nous,
24:51on va intervenir.
24:52Oui,
24:52je me permets de rappeler
24:53que Macron
24:54est président de la République.
24:55Oui,
24:56c'est vrai.
24:56il avait les moyens
24:57de le faire.
24:58Puis,
24:59ça m'a rappelé
24:59des choses,
25:02je ne sais pas,
25:03le jour,
25:04le lendemain
25:05de sa première élection
25:06présidentielle,
25:07quand il a sillonné Paris,
25:09c'était dans un commande-car.
25:13Ce n'est pas une déesse,
25:14quoi.
25:15Non,
25:15ce n'est pas une déesse,
25:17c'est...
25:18ça a devenu une image
25:19un peu trouble
25:20de sa personnalité.
25:22Bon,
25:23oui.
25:24Puis,
25:24il a beaucoup aimé
25:26faire des conseils
25:27de défense
25:28au moment du Covid.
25:29Donc,
25:30des trucs secrets
25:31avec deux ou trois ministres,
25:32personne ne sait
25:32ce qui se passe.
25:34Et donc,
25:35bon,
25:35voilà,
25:35je me suis inquiété
25:36pendant trois jours,
25:37vraiment,
25:38sérieusement.
25:40Mais ce n'est pas ça
25:40qui a déclenché
25:41tout à coup
25:42de faire un disque ?
25:43Non,
25:43non,
25:44non,
25:44non,
25:44mais ça peut...
25:47Oui,
25:47ça a peut-être pu jouer
25:48marginalement sur certains textes,
25:50oui,
25:50c'est bien possible.
25:52On ne sait jamais trop
25:53ce qui vous fait écrire
25:55exactement.
25:56J'ai l'impression
25:56que tu as toujours voulu
25:58te préparer à la mort,
26:01à la tienne,
26:02à celle de la civilisation
26:03et même à celle
26:04de l'espèce.
26:06S'y préparer,
26:07c'est un bien gros mot.
26:08Disons que j'envisage ça
26:09comme un horizon.
26:11C'est jamais totalement absent
26:13de ma pensée.
26:15Aucun des trois,
26:16d'ailleurs.
26:16Oui,
26:16oui.
26:17Et elles sont presque
26:18assez liées,
26:19même,
26:19non ?
26:19Non,
26:20non,
26:20c'est pas ma mort
26:21qui va déclencher
26:22de l'espèce.
26:22Non,
26:23je n'y avais pas,
26:23mais que,
26:24en fait,
26:25que tout ça
26:26est dans un temps
26:26assez rapproché,
26:27c'est pas...
26:31Ça peut,
26:32oui.
26:33Ça peut,
26:35on...
26:37C'est bizarre,
26:37la temporalité historique.
26:39De temps en temps,
26:39ça s'accélère brutalement.
26:41On ne peut jamais
26:42trop le prévoir à l'avance,
26:43quoi.
26:43Tu dis,
26:44dans Combat Toujours Perdant,
26:46tu dis,
26:46nous ne connaîtrons pas
26:47une mort exemplaire.
26:49Jusqu'au bout,
26:49nous serons pathétiques
26:51et pénibles.
26:52C'est comme ça
26:53que tu nous vois,
26:53toujours ?
26:54Que je me vois,
26:55oui.
26:55Toi,
26:56oui.
26:56Et les autres aussi,
26:57parce que tu dis nous.
26:58Oui,
27:00c'est un nous.
27:03Oui,
27:03enfin,
27:04la poésie,
27:04c'est bizarre,
27:05parce que des fois,
27:06je,
27:06nous,
27:07tu,
27:07il,
27:07c'est un peu pareil,
27:08quoi.
27:09Mais là,
27:09non,
27:10c'est moi que je vise.
27:11Ah bon ?
27:11Oui,
27:12clairement.
27:13Ça m'a fait penser
27:14à Céline qui disait
27:15l'homme est lourd.
27:16Je pense qu'il se visait
27:17un peu,
27:18mais surtout les autres.
27:19Toi,
27:20c'est l'inverse.
27:21Oui,
27:21je pense que je suis
27:22plus gentil que Céline,
27:23en réalité.
27:25Ce n'est pas difficile.
27:26Ce n'est pas très difficile,
27:27effectivement,
27:28mais je...
27:30Tu dis aussi
27:32la mort et la puissance
27:33absolue.
27:34Oui,
27:35c'est fort,
27:35quand même.
27:36Oui.
27:37Mais en même temps,
27:38les religions
27:40ne l'ont-elles pas vaincu
27:41en nous faisant croire
27:44à une vie
27:45dans l'au-delà ?
27:46Oui,
27:47dans le même poème,
27:49d'ailleurs,
27:50il y a le fait
27:50que la religion,
27:53à un moment donné,
27:54marche.
27:55Et c'est vrai
27:55que ça marche chez moi.
27:56Quand je vais
27:57à un enterrement,
27:57je crois le prêtre.
28:00Oui.
28:01Et puis après,
28:02il y a un phénomène
28:02de descente,
28:03un peu comme
28:03dans beaucoup de drogue,
28:05d'ailleurs.
28:07Mais là,
28:08d'un seul coup,
28:08on se dit,
28:09mais comment j'ai pu croire ça ?
28:12Mais à un moment donné,
28:13ça marche.
28:14Et je ne désespère pas
28:15qu'il puisse y avoir
28:18un état de non-décente.
28:21La religion,
28:21non,
28:22je n'ai pas renoncé.
28:23Tu n'as toujours pas renoncé ?
28:24Non.
28:25Tu pourrais te mettre
28:26à croire en Dieu ?
28:26Tu pourrais avoir
28:27une révélation ?
28:28Oui.
28:30Peut-être pas tout de suite.
28:32Pas en direct.
28:34Non,
28:35mais je crois...
28:39J'ai connu,
28:39enfin,
28:40je connais d'ailleurs
28:40encore des gens
28:41que j'estime
28:42qui croient en Dieu.
28:45Je ne sais pas.
28:46Ce n'est pas un truc
28:46que je n'envisage
28:48pas du tout.
28:50Surtout,
28:50d'ailleurs,
28:51quand on est dans
28:51des époques
28:52un peu sombres
28:53comme la nôtre.
28:56C'est là où
28:56ça marche le mieux,
28:57non ?
28:58Oui.
28:58Il y a une tentation ?
29:00Ben oui.
29:01Oui,
29:02parce que...
29:06Oui,
29:06ça fait presque
29:07balavoine
29:08ou le sauveur.
29:10Est-ce que notre époque
29:11est si sombre ?
29:12Toi comme moi,
29:13on a vécu
29:14les années 60
29:15où véritablement
29:18on était
29:19avec des arsenaux
29:21nucléaires
29:22considérables
29:23près...
29:24d'abord,
29:27on n'a pas vraiment
29:28vécu
29:28les années 60
29:29pour être honnête.
29:30On était enfant,
29:30mais enfin,
29:31on tentait.
29:32Moi,
29:33je suis désolé,
29:34non.
29:35J'ai toujours été
29:36grandi
29:37dans la certitude
29:39que,
29:39toute façon,
29:40c'était l'équipe
29:40de la terreur
29:41et il n'y avait pas
29:41de guerre.
29:42Moi aussi,
29:43pareil.
29:43tout le monde
29:44y croyait.
29:45À part nous.
29:46Non,
29:47moi,
29:48j'y croyais.
29:48À la guerre,
29:49non.
29:50Enfin,
29:51on n'arrêtait pas
29:52d'en parler.
29:53Dans les années 80,
29:54souviens-toi,
29:55quand Reagan...
29:57Ah oui,
29:58mais c'est là
29:59où ça a commencé
30:00avec Reagan
30:01quand les Américains
30:04se sont lancés
30:04dans un programme
30:05de démocratisation
30:06du monde.
30:07c'est...
30:09Là,
30:09effectivement,
30:10on pouvait avoir...
30:11On avait
30:13raison d'avoir peur.
30:14Mais tu penses
30:15que l'époque
30:15d'aujourd'hui
30:16est plus catastrophique
30:19que les précédentes ?
30:22Je ne sais pas
30:23si c'est juste
30:25ou pas,
30:25mais je pense
30:25que l'inquiétude
30:26a augmenté,
30:27oui.
30:30Je ne sais pas
30:30si c'est ou non
30:31à bon droit.
30:32L'équilibre de la terreur,
30:33on y a cru.
30:35La dissuasion.
30:37La dissuasion.
30:38Et là,
30:38on commence
30:39à avoir des doutes,
30:39effectivement.
30:41On commence
30:42à envisager
30:42la possibilité
30:43de conflits nucléaires
30:44limités.
30:46Petits conflits nucléaires,
30:47mais quand même nucléaires.
30:48Micro-bombe atomique.
30:50Voilà,
30:50des trucs comme ça.
30:53Donc,
30:54non,
30:54je pense que
30:56les...
30:57J'ai plutôt vu
30:58autour de moi
30:59l'anxiété augmenter
31:00au fil des ans.
31:03Mais en même temps,
31:04on pourrait se dire
31:04qu'au fond,
31:05le pire n'arrive jamais.
31:07Non,
31:08moi,
31:08je ne me dis pas ça.
31:09le pire arrive parfois.
31:15Ça s'est produit
31:16quand même,
31:16le pire.
31:18Tu écris aussi
31:20non,
31:20cette vie
31:21n'est pas suffisante,
31:22elle ne peut contenir
31:23la millième partie
31:24de nos rêves.
31:26Tu es sûr ?
31:27Oui.
31:28Ou c'est parce que
31:29tu as beaucoup de rêves ?
31:30Ou c'est parce que
31:31la vie t'a beaucoup déçu ?
31:35Non,
31:36je pense que
31:36j'ai beaucoup de rêves,
31:39mais je pense
31:40que je ne suis pas
31:40le seul,
31:41en fait.
31:48Je ne sais pas
31:49si la vie m'a...
31:53Je veux bien
31:53que la vie m'ait déçu,
31:55mais il est possible
31:55que j'attendais trop.
31:57Je n'exclus pas
31:58l'hypothèse.
32:00Je veux dire,
32:00ce n'est pas une fatalité.
32:01J'imagine que Brigitte Bardot
32:03n'aurait pas dit ça.
32:04Elle aurait dit
32:04que la vie,
32:05d'une certaine manière,
32:06m'a comblé.
32:07J'ai pu faire
32:08tout ce que je voulais.
32:09Oui,
32:10mais...
32:13Toute proportion gardée,
32:14c'est en diminuant beaucoup.
32:15Je pourrais dire
32:16la même chose
32:16que Brigitte Bardot.
32:18Je ne m'attendais pas
32:18à être auteur à succès
32:19quand j'étais jeune.
32:20Vraiment pas.
32:22C'est complètement...
32:23Pas du tout
32:24dans les pensées.
32:26Est-ce que l'argent
32:27a été une satisfaction
32:28pour toi ?
32:30Non,
32:30mais oui.
32:32Mais c'est vraiment
32:33élémentaire.
32:34c'est la liberté,
32:35c'est tout.
32:35C'est tout.
32:36C'est tout.
32:37Mais c'est beaucoup.
32:38C'est tout,
32:38mais c'est beaucoup.
32:39C'est pas mal.
32:39Il n'y a pas d'idée
32:40du luxe chez toi ?
32:41Non,
32:42ça ne m'intéresse pas.
32:43Oui,
32:43j'ai l'impression.
32:44Oui.
32:44Et tu sais pourquoi ?
32:46Pourquoi tu es imperméable
32:47à ça ?
32:48Je ne sais pas.
32:49Je pense que je suis
32:50définitivement
32:50classe moyenne.
32:51Je veux dire,
32:53on ne peut pas...
32:55Oui,
32:55je ne cherche pas plus
32:59que ce que j'envisageais
33:00possible
33:00quand j'étais jeune.
33:02je n'ai pas la folie
33:03des grandeurs.
33:04Oui ?
33:05Non,
33:06du tout.
33:06Ça doit être
33:07beaucoup plus rassurant.
33:08J'ai l'impression
33:09que je pourrais claquer
33:09à l'infini.
33:11C'est-à-dire,
33:11quelle que soit la somme
33:12que je gagne,
33:13je peux la claquer.
33:14J'ai toujours des trucs
33:14dont j'ai envie.
33:16C'est vrai ?
33:16Ah oui,
33:16c'est sans fin.
33:20Il y a un côté ascète
33:22pour moi
33:23à pouvoir ne pas
33:24tomber là-dedans.
33:25Non,
33:25mais je ne vis pas
33:26dans l'ascétisme
33:26non plus,
33:27mais je suis
33:28classe moyenne.
33:29D'accord.
33:31Et tu dis aussi
33:33l'amitié
33:33est le plus con
33:34de nos rêves.
33:35Est-ce que tu parles
33:36de l'amitié
33:36avec les hommes
33:37ou tu parles
33:37de l'amitié
33:38avec les femmes ?
33:39C'est-à-dire qu'au fond,
33:40les femmes sont
33:40un objet de désir
33:41et ne peuvent pas
33:42être un objet
33:43d'amitié.
33:52l'amitié avec les femmes,
33:53ça existe.
33:54C'est quand même
33:55un peu contre nature,
33:56mais ça existe.
33:59L'amitié avec les hommes,
34:00ça a plein d'inconvénients.
34:02Entre autres,
34:02les gens meurent.
34:05Donc,
34:07même supposons
34:07qu'on a un ami,
34:09il peut mourir.
34:10Ça existe.
34:13Donc,
34:13il ne faut pas trop
34:15s'attacher.
34:18Je ne l'aurais pas
34:19dit aussi brutalement,
34:20mais c'est un peu
34:21ça quand même.
34:23Bon,
34:23il y a pire.
34:26Ceci dit,
34:27on peut s'attacher
34:27normalement
34:28à un animal domestique
34:29et lui,
34:30on sait parfaitement
34:31qu'il va mourir.
34:31On devrait le savoir,
34:32tout du moins.
34:33Mais il y a quand même
34:34ton côté
34:36un peu misanthrope
34:38quand tu dis
34:39je m'en vais mécontent
34:40de l'ensemble des choses,
34:41de l'ensemble des êtres
34:43à très peu d'exception.
34:45Il y a quand même
34:45des exceptions.
34:49Mais je ne sais pas
34:49que tu ne vois pas...
34:52Je pense que ce n'est pas
34:53un sentiment
34:54qui m'est particulier
34:55de dire que
34:56quand par hasard
34:57on est heureux,
34:57on a l'impression
34:58d'être dans un état
34:58d'exception.
35:00C'est un très beau poème
35:01d'ailleurs celui-ci
35:02qui continue de la sorte.
35:03J'ai cru voir le chemin
35:04vers une villa rose
35:05et je me sentais prêt
35:06à entrer dans l'action.
35:08La villa était vide
35:09et ses portes étaient closes.
35:11Oui, c'est bien.
35:11Ça, c'est réussi.
35:13C'est bien Sioran.
35:13Il y a un truc de Sioran.
35:15Chaque fois que j'ai été heureux,
35:16j'ai eu l'impression
35:17d'être ensorcelé.
35:19Moi, je sens un truc
35:20un peu comme ça.
35:22En même temps,
35:23c'est un poème
35:24qui m'a inquiété.
35:25Quand je l'ai lu,
35:25je me suis dit
35:26« Merde, est-ce qu'il va bien ? »
35:28Je me suis dit, tu vois ?
35:31Manifestement,
35:32pas tellement, non ?
35:32Non, mais je veux dire
35:33physiquement.
35:34Ah, physiquement ?
35:35Tout à coup,
35:35il nous disait
35:36qu'il ne va pas durer.
35:37Qu'est-ce qu'il va bien ?
35:45Oui,
35:46je m'arrivais
35:46d'avoir des inquiétudes
35:47pour ma santé
35:48dans les dernières années.
35:51Et celui-là
35:51n'y est pas lié,
35:52tu crois ?
35:53Ce poème-là,
35:54non.
35:55Non.
35:56Il y en a d'autres pires
35:57qu'on ne va pas citer.
36:01Alors, il y en a un
36:02qui est très bon,
36:03enfin, qui est très différent.
36:04Tu dis
36:04« Ils sont là parmi nous
36:05et ils sont différents.
36:06Ils viennent d'un futur
36:07qui n'existera pas.
36:08Nos désirs et nos peurs
36:10les laissent indifférents.
36:11Ils ne nous aiment pas.
36:13Leur règne sera bref,
36:15confus et misérable.
36:16Ils détruiront sans joie,
36:17souffriront sans comprendre.
36:19Ils développeront
36:20un rêve inhabitable.
36:21Et pour les successeurs,
36:23il suffira d'attendre. »
36:24C'est de nos enfants
36:25dont tu parles ?
36:28Alors, je suis désolé.
36:30Frédéric,
36:30je ne sais absolument pas
36:31de qui je parle.
36:33Écoute, c'est de nos enfants.
36:35C'est bien possible.
36:36Oui, c'est une interprétation
36:37que j'accueille avec intérêt.
36:40C'est possible, oui.
36:42On pourrait dire
36:42« C'est les Wooks,
36:43mais je pense que tu es
36:44au-dessus de ça. »
36:45Donc, je pense que tu parles
36:46de l'ensemble d'une génération.
36:48C'est les jeunes.
36:49Peut-être, oui.
36:49C'est ceux qui nous remplaceront.
36:51Oui.
36:54Mais c'est intéressant
36:54ce que tu viens de dire.
36:55Moi, je trouve
36:56que c'est une interprétation
36:57intéressante.
36:58Je n'avais même pas pensé
36:59que je suis désolé.
37:05J'imagine plutôt
37:06des êtres
37:07dont je n'aurais pas
37:08bien me présenté,
37:09mais ça peut être nos enfants.
37:10Oui, ça se défend.
37:12Et justement,
37:12je me suis dit
37:13« Mais alors,
37:13qui sont leurs successeurs ? »
37:15Et là, je me suis dit
37:16« C'est le post-humain,
37:17c'est les robots. »
37:19C'est les robots.
37:20Oui, c'est tout à fait possible.
37:22Oui, puisque dans les pays
37:23où on ne fait plus d'enfants,
37:24on met des robots.
37:25Oui.
37:28Oui, oui.
37:29Pour l'instant,
37:29les robots ne sont pas
37:30auto-reproductibles,
37:31mais ça peut s'arranger rapidement.
37:33C'est le dialogue des machines.
37:35Oui, oui.
37:37Les écolos
37:39ne t'ont jamais tellement plu.
37:42Non.
37:42Et c'est ce que tu reproches
37:44aux enfants,
37:44à mon avis.
37:45Ils sont trop écolos.
37:47Oui, il n'y a pas que ça.
37:48Ce n'est pas leur seul défaut.
37:49Il y a un côté pervers polymorphe,
37:52comme disait Didier Anzieux.
37:54Ah oui ?
37:55Oui.
37:56Le pervers polymorphe,
37:58c'est celui qui jouit de partout.
38:00Oui, il y a un côté un peu...
38:03Ce n'est pas un défaut.
38:05Il y a un côté pré-moral
38:07chez l'enfant qui me dérange.
38:09Moral ?
38:09Pré-moral.
38:10Pré-moral.
38:13Les écolos,
38:14disons que je n'ai pas
38:16un amour immodéré pour la nature.
38:18Voilà, c'est là où je veux en venir.
38:21Et comment tu expliques
38:22que tu n'es jamais été
38:23un très grand admirateur
38:24de la nature ?
38:27Je pense que je l'ai...
38:31Je pense que c'est parce que
38:32je l'ai connu assez tôt.
38:36Et donc...
38:39J'étais sensible à la sauvagerie
38:42qui existe.
38:44C'est pour ça que tu as eu envie
38:45d'être ingénieur agronome ?
38:46Pour la dompter,
38:47l'exploiter,
38:48l'exploiter ?
38:50Euh...
38:50C'est...
38:52Je...
38:55Je ne sais vraiment plus
38:56pourquoi j'ai voulu faire
38:57cette école.
38:58Ça me surprend
39:00rétrospectivement.
39:01Ça ne t'a jamais été utile ?
39:05Six mois.
39:06J'ai eu un petit emploi
39:07de six mois.
39:08Au ministère de l'agriculture ?
39:09Non, non, non.
39:10Ça, c'est plus tard.
39:11Et même,
39:12j'étais déjà dans l'informatique.
39:13C'était autre chose.
39:14Donc, pas les mains dans la terre.
39:15Non, non.
39:16Jamais.
39:17Une sorte de carte
39:18de la végétation.
39:19Enfin, quand j'étais...
39:21Qu'est-ce que tu conseillerais,
39:23toi, aux jeunes
39:23de 20-25 ans,
39:24aujourd'hui,
39:25à part de déserter
39:27s'il y a une guerre ?
39:34À quel niveau ?
39:36Je ne sais pas.
39:37Il y en a,
39:38ce sont tes lecteurs.
39:39Et en même temps,
39:40tu ne leur fais pas
39:41une confiance très grande.
39:44Tu ne les portes pas forcément.
39:45Tu ne les vois pas...
39:46Ils ne sont pas mieux
39:47que leurs parents.
39:48Ils sont même plutôt pires
39:49dans ton imaginaire.
39:51Qu'est-ce que tu aurais envie
39:52de leur dire à eux
39:54spécifiquement ?
39:54Je n'ai pas plusieurs catégories
39:56de lecteurs.
39:58Tu faisais un distinct pour toi ?
39:59Oui.
40:00Je n'ai pas envie
40:00de dire quelque chose
40:01spécialement aux jeunes.
40:02Pas plus qu'aux vieux, d'ailleurs.
40:04Non, tous les lecteurs
40:07sont bienvenus.
40:10C'est quelqu'un qui...
40:11Un martien
40:12qui, pour se documenter
40:14sur notre planète,
40:15n'aurait lu que les romans
40:16de Michel Houellebecq.
40:17Et tous ses livres, d'ailleurs,
40:18parce que pour moi,
40:19c'est le même livre.
40:20Tes poèmes,
40:21tes essais.
40:22À ton avis,
40:23il nous verrait comment ?
40:25Comme des êtres
40:26un peu méprisables,
40:27mais pas foncièrement méchants.
40:31Je ne trouve pas
40:32que l'œuf
40:35apparaisse comme méchant
40:36dans mes livres.
40:36C'est pas...
40:37Non, c'est vrai.
40:38Non, c'est...
40:39D'ailleurs,
40:40pardon de te couper,
40:42mais d'ailleurs,
40:42même dans le disque,
40:44tu parles de la guerre,
40:45il n'y a pas de méchants.
40:46Non.
40:47Non, c'est un peu ça
40:49qui est horrible
40:49dans la guerre.
40:50D'ailleurs,
40:51il peut très bien
40:51ne pas y avoir des méchants
40:52et ça marche quand même, quoi.
40:54Ouais ?
40:54Ouais.
40:58Oui.
40:59Oui, mais le problème aussi,
41:01c'est que quand il n'y a pas
41:01de méchants de l'autre côté,
41:02on se dit que c'est peut-être
41:03nous le méchant.
41:06Oui, le...
41:08Non, mais le pire,
41:09c'est qu'il n'y en a pas,
41:09en réalité.
41:11Tu le crois vraiment ?
41:12Oui.
41:13Oui.
41:14Oui, oui.
41:14Oui, il y a...
41:16Et c'est toujours le cas,
41:18j'ai l'impression.
41:20C'est-à-dire qu'en fait,
41:21dans tous tes romans,
41:22il n'y a pas de méchants ?
41:24Pas...
41:24Très peu.
41:25Le président
41:28dans Soumission,
41:28ce n'est pas un méchant ?
41:29Non, pas du tout,
41:31lui, au contraire.
41:32Non, c'est un...
41:36Oui, c'est un ambitieux,
41:37mais enfin bon,
41:38il faut ça pour être président,
41:39quoi.
41:40C'est nécessaire.
41:42Je ne sais pas,
41:43il n'y a pas besoin de méchants
41:44pour obtenir une situation.
41:49pénible.
41:52Je peux...
41:55Je peux faire une digression.
41:59Bon, Chopin à voir,
42:00je ne peux pas voir si depuis le début.
42:01C'est toujours toi,
42:02tu ne reviens de plus à Chopin à voir.
42:04R'importe toi, c'est le grand.
42:05Oui, il cite différents types
42:07de tragédies.
42:09Et parmi les types de tragédies,
42:11il y a la selle,
42:13il cite pas mal d'exemples,
42:14où la situation tragique
42:16est produite par des caractères
42:18extraordinairement méchants.
42:20Il y a pas mal d'exemples.
42:22Mais pour lui,
42:23la tragédie qui est
42:25la forme supérieure,
42:29c'est celle où
42:30une situation tragique se produit
42:32bien qu'il n'y ait aucun méchant.
42:34c'est simplement
42:35la nature des choses
42:36qui pousse les gens
42:37à s'opposer, quoi.
42:39Et de manière parfois horrible,
42:40mais sans qu'aucun des deux,
42:42sans qu'il n'y ait pas de caractère
42:44spécialement pervers
42:45ou méchant.
42:46C'est ce que tu vois plutôt
42:47à l'œuvre aujourd'hui ?
42:48Oui, oui, oui.
42:51Poutine, pour toi,
42:51c'est pas le méchant
42:52de l'histoire ?
42:54Objectivement, si, quand même.
42:55Oui, oui.
42:56Il y a une responsabilité
42:58assez nette, si tu veux.
42:59Plus nette
43:00que dans beaucoup de guerres.
43:02Ou des...
43:04Bon...
43:06La Seconde Guerre mondiale aussi.
43:08Oui.
43:09Mais par exemple,
43:10la Première Guerre mondiale,
43:11c'est vraiment une connerie, quoi.
43:14Et Donald Trump,
43:15tu le vois comment, toi ?
43:17Il a créé
43:23un authentique mouvement populiste.
43:25Il y a un vrai succès.
43:28Bon, après,
43:30j'espérais qu'il serait
43:33authentiquement isolationniste.
43:35Parce que je pense quand même
43:37que les néo-conservateurs
43:38ont fait beaucoup de catastrophes
43:40à les bouches.
43:42Ils ont fait...
43:43Et je pensais que Trump
43:44n'interviendrait pas du tout.
43:47Politique étrangère,
43:48là, il me déçoit un peu.
43:50Il intervient un peu trop.
43:52Moi, je pensais qu'il préférerait
43:53la guerre civile
43:54à la guerre à l'extérieur.
43:56Et en fait,
43:58non, il est là.
43:58Mais les...
44:02En fait,
44:02c'est...
44:04Je ne sais pas
44:05s'il y a eu une année
44:07depuis 1945
44:09ou 1941 même,
44:11où les États-Unis
44:12n'ont pas été en guerre.
44:13Même depuis 1776,
44:15tu peux le dire.
44:15Ils ont été en guerre
44:17400...
44:17Ils ont déclenché
44:19400 conflits
44:20en 250 ans.
44:22Oui, ils ont ça en eux,
44:23il n'y a pas de doute.
44:25En plus,
44:26si on compte
44:26les guerres non déclarées,
44:28genre Chili,
44:30Chili,
44:31Nicaragua,
44:31etc.
44:32Non,
44:33c'est quand même...
44:34Donc,
44:34j'espérais que
44:36Trump serait
44:38isolationniste,
44:38oui.
44:41Parce que...
44:42non seulement
44:43ils déclenchent
44:43des guerres,
44:44mais parfois
44:44ils nous demandent
44:45de participer.
44:47C'est ça le problème,
44:48en plus.
44:50Il n'y a jamais
44:51une guerre juste
44:51pour toi ?
44:55Euh...
44:55Si, si,
44:56ça peut arriver.
44:58Il y a des cas
44:58où on est clairement
44:58agressé, oui.
45:00Les guerres de Gaza,
45:01pour toi,
45:01étaient une guerre juste ?
45:04Au début, oui.
45:06Je pense que
45:07Netanyahou a exagéré
45:09à un moment donné,
45:09que j'aurais du mal
45:11à préciser.
45:12Je dirais
45:12à un moment donné.
45:15Mais au départ,
45:16oui, c'était juste.
45:17Après,
45:18ça a duré trop longtemps,
45:19ça a fait trop de victimes ?
45:21Euh...
45:22Il a...
45:23Je ne sais pas comment...
45:29C'était plus la peine,
45:31si tu veux.
45:32C'était plus nécessaire.
45:35Le...
45:37Le...
45:38Le Hamas,
45:39on avait suffisamment
45:39pris plein la gueule, quoi.
45:41On parlait de soumission.
45:45Soumission s'est paru
45:46en 2015.
45:48Depuis,
45:48il y a Zoran Mamdawi
45:49qui a été élu...
45:51Ah non, d'abord,
45:52il y a eu Sadie Khan
45:53qui est devenu maire
45:54de Londres en 2016.
45:57Zoran Mamdawi
45:58qui est devenu maire
45:59de New York en 2025.
46:00Dati sera peut-être
46:01maire de Paris en 2026.
46:03Est-ce que pour toi,
46:04ça te fait penser
46:06à...
46:06à...
46:08à soumission ?
46:11Rafi Dati, moins.
46:13C'est un peu l'intrus
46:14de la liste, quoi.
46:16Enfin, c'est...
46:17Bon, pour être honnête,
46:18j'en sais rien.
46:20Et j'en sais rien
46:21parce que je...
46:24que je connais pas bien
46:25la situation
46:26dans les pays anglo-saxons.
46:27Je soupçonne
46:28qu'elle est pas mal différente,
46:29quand même.
46:33Mais il n'y a pas
46:34de phénomène équivalent
46:35en France, quoi.
46:37à l'heure actuelle.
46:39Ou d'octacité.
46:41Quand...
46:41Il y a pas longtemps,
46:43un professeur de Cambridge,
46:45je crois,
46:46a fait une étude
46:46où il dit
46:47qu'il y avait 85%
46:49de chances
46:49pour qu'une guerre civile
46:50se déclenche en Europe
46:52dans les 5 prochaines années.
46:53Et la France,
46:54comme la Grande-Bretagne,
46:55sont d'ailleurs
46:58les plus concernés.
47:02J'ai des doutes.
47:05Tu crois pas
47:05à la guerre civile ?
47:06Dans la seule chanson
47:08où on en parle,
47:10le refrain,
47:10c'est
47:11« Il faut être au moins deux
47:12pour une guerre civile ».
47:13Au moins deux.
47:15Et j'ai pas l'impression
47:16qu'il y ait deux camps
47:17organisés, quoi.
47:19D'abord,
47:20parce qu'il n'y a pas
47:20de camp musulman.
47:21Donc, je veux dire,
47:22ils sont pas d'accord
47:22entre eux.
47:23du tout, quoi.
47:24C'est...
47:25Oui.
47:27Il n'y a pas non plus
47:27de camp en face,
47:28vraiment.
47:29Enfin, c'est...
47:34Quand il y a la mort
47:34de Quentin de Ranck,
47:36là,
47:37tu penses pas forcément
47:38à une guerre civile ?
47:40Non.
47:42Non, non, non, non, non,
47:43non, parce que les...
47:47Il ne faut pas
47:47s'exagérer
47:48les capacités
47:49de nuisance
47:49de l'ultra-gauche.
47:52Ils restent modestes.
47:53Et de l'ultra-droite ?
47:55Ils sont quasi nuls.
47:59Pour la première fois,
48:00je te voyais optimiste.
48:02Oui, oui,
48:02sur ce point précis,
48:03une guerre civile proche
48:04en France,
48:05non, j'y crois pas.
48:07On l'a oublié,
48:08mais Submission est parue
48:09le 7 janvier 2014.
48:11Moi, je ne l'ai pas oublié.
48:13J'imagine que toi,
48:14tu ne l'as pas oublié,
48:14mais on a oublié
48:16à quel point
48:18au moment de l'attentat
48:19contre Charlie Hebdo,
48:21tu es en couverture
48:21de Charlie Hebdo.
48:22Oui, oui,
48:23je m'en souviens très bien.
48:24Comme couverture,
48:25les prophéties
48:27du Maje Houellebecq.
48:28Du Maje Houellebecq.
48:30Et tu arrêtes la promo
48:31et tu disparais
48:32à ce moment-là.
48:33Oui, parce que c'était trop.
48:36Tout ça sur les épaules.
48:37Et moi,
48:38quand j'ai entendu
48:39l'annonce de l'attentat,
48:40j'ai tout de suite pensé à toi.
48:41J'ai pensé que c'était
48:42contre toi.
48:43Oui, ben non,
48:44c'est pas...
48:44Tu l'as pensé aussi ?
48:48Non, j'ai pensé
48:49à un truc
48:49beaucoup plus confus
48:50et plus inquiétant.
48:52J'ai pensé
48:52que malgré moi,
48:55j'étais pris
48:55dans une espèce
48:56de vent de l'histoire.
49:00C'était un peu effrayant.
49:02Oui, tu étais coincé
49:03entre les deux,
49:03entre Charlie Hebdo
49:04et les...
49:05Oui, puis j'étais pris
49:07moi-même.
49:08J'étais acteur
49:10malgré moi
49:10d'un truc historique
49:11qui me dépassait.
49:13Ce qui a eu
49:13une sensation
49:14assez effrayante.
49:15J'imagine, oui.
49:16Oui.
49:17Tu as passé deux ans,
49:18je crois,
49:18sous protection policière.
49:20Oui, à peu près,
49:20d'un an et demi.
49:22C'est comment ?
49:23Parce qu'il y en a
49:23qui ne veulent plus
49:24du tout, après,
49:26se retrouver
49:26sans protection policière.
49:28Ils prennent goût à ça.
49:28Ça n'a pas été ton cas ?
49:31Non, mais ce qui est remarquable,
49:34c'est que tout le monde dit,
49:35et moi aussi,
49:37que les policiers
49:38sont des gens très sympathiques.
49:39Les policiers
49:40de ce service,
49:40au moins.
49:42Donc, tu t'attaches
49:43à tes...
49:44Ah oui, on s'attache, oui.
49:46C'est pour ça
49:46que tu crois
49:46qu'il y en a
49:47qui veulent rester ?
49:48Ben oui.
49:49C'est pas juste
49:50parce qu'ils se trouvent
49:50plus importants ?
49:53Je ne pense pas qu'on...
49:55Il y a quand même
49:56des petits...
49:56C'est quand même
49:57une petite contrainte,
49:58enfin,
49:58de tout.
49:59Non, mais c'était amusant
50:00les gens de Sherry-Libdo
50:02qui disaient tous
50:03que finalement,
50:04ils sont bien sympathiques,
50:05les policiers.
50:06Oui.
50:06C'était un contre-emploi,
50:08quoi.
50:08C'était...
50:11C'était assez charmant,
50:13même.
50:13Oui.
50:14Tu as été, pour moi,
50:16le grand écrivain
50:16des inégalités sexuelles.
50:19Tu es celui
50:19qui a mis ça
50:20sur la table.
50:23Et est-ce que
50:24les réseaux sociaux
50:24et les applications
50:25de rencontres
50:27n'ont rien résolu
50:28pour toi ?
50:29Même un tout petit peu ?
50:32Je pense que ça
50:33a plutôt aggravé
50:34les choses, oui.
50:35Ça a aggravé
50:38les choses,
50:38dans la mesure
50:39où le virtuel
50:44est devenu
50:45autosuffisant
50:45pour beaucoup.
50:48Tu crois ?
50:49Oui.
50:50Je le sais.
50:52On peut penser
50:53d'une autre manière
50:54qu'au fond,
50:55des gens rencontrent
50:55plus facilement
50:56d'autres gens
50:57et que chaque pot
50:58a son couvercle.
50:59Chaque pot
51:00a son couvercle,
51:01oui.
51:03non, non, je crois
51:04qu'il y a vraiment
51:05un phénomène
51:06d'immersion
51:11dans le virtuel
51:12pur
51:13qui est...
51:17Je ne sais pas
51:17le phénomène
51:21des...
51:22C'est toujours
51:23bien le Japon
51:23pour ça,
51:24les hikimoris.
51:26Ça existe.
51:28Et je pense
51:29que c'est ça
51:29la conséquence
51:31des réseaux,
51:32des applications,
51:33tout ça.
51:34C'est la disparition
51:35des contacts,
51:36en fait.
51:40Donc non,
51:40ce n'est pas du tout
51:43amélioré la situation.
51:45Quand les Epstein files
51:48sont sortis
51:50sur Internet,
51:50est-ce que tu allais regarder
51:51s'il y avait ton nom ?
51:53Non.
51:54Non, vraiment ?
51:55Non, mais je ne vois pas
51:56pourquoi.
51:57Parce qu'il t'aurait lu
51:58ou parce qu'il aurait
51:59entendu parler de toi.
52:00La plupart d'entre eux
52:01dans l'Epstein files,
52:02ils n'ont rien à voir
52:03avec leur...
52:06Ben non, non, non.
52:08Je n'ai même pas...
52:09Non, tu n'as pas eu le...
52:11Non, mais je me suis dit
52:12que c'était...
52:14J'ai l'impression
52:15qu'ils cherchaient
52:15des gens plus importants
52:17que moi, enfin.
52:19Soit politiquement,
52:20soit économiquement,
52:21enfin des...
52:23Je n'ai pas l'impression
52:23que je l'aurais
52:24beaucoup intéressé,
52:25en fait,
52:25comme cible.
52:26Ça t'aspire quoi
52:27à l'affaire Epstein ?
52:28C'est une classe moyenne.
52:30Ouais.
52:31Ce n'est pas mon monde.
52:32Justement,
52:33tu pourrais voir
52:33comme d'autres,
52:35d'ailleurs,
52:36on tirait la conclusion
52:37que les riches,
52:39au fond,
52:40se servent de leur pouvoir,
52:41de leur fortune,
52:42de leurs relations
52:43pour exploiter
52:45systématiquement,
52:45violer,
52:46corrompre les plus faibles.
52:48Oui,
52:48ce n'est pas faux, ça.
52:49Tu le penses aussi ?
52:50Oui,
52:50ce n'est pas spécialement
52:51nouveau non plus, quoi.
52:53Non, non,
52:53certes,
52:54mais c'est comme si
52:54c'en était
52:55l'illustration parfaite.
52:57Oui, oui,
52:57Epstein,
52:58il y a un cas d'école,
52:59oui.
52:59Voilà,
53:00tu le vois comme ça aussi.
53:01Oui,
53:01mais non,
53:05le seul truc
53:06qui pourrait éventuellement
53:06m'intéresser,
53:07c'est son assassinat.
53:08Je me demande vraiment
53:09qui l'a tué
53:10et qui avait intérêt
53:11à le tuer, quoi.
53:12Pas mal de gens
53:13sûrement avaient intérêt
53:14à le tuer,
53:14mais qui l'a fait,
53:15c'est vraiment intéressant
53:17comme enquête,
53:18a priori.
53:18En même temps,
53:20pour avoir accès
53:21à la prison,
53:23etc.,
53:23qu'il y ait quand même
53:24une prison extrêmement...
53:25Oui,
53:26ce n'est pas facile,
53:27c'est pour ça
53:28que c'est intéressant
53:28comme histoire.
53:31Parce que je...
53:34Ce serait décevant
53:35qu'il soit vraiment pendu.
53:36J'y crois pas,
53:36j'y crois pas,
53:37en fait.
53:37On y croit de moins en moins.
53:39Oui,
53:40il n'a pas le profil
53:41d'un suicidaire.
53:43De plus en plus,
53:44les complotistes,
53:45d'ailleurs,
53:46ont cette impression,
53:48que les choses
53:50leur donnent raison.
53:52Je n'ai pas eu l'impression
53:52d'être très complotiste.
53:54Moi, non.
53:55Moi, non.
53:56Mais écris pas,
53:58quel complot,
53:58par exemple ?
53:59Je ne sais pas.
54:00Le fait que,
54:01par exemple,
54:02on en soit à penser
54:03que c'est peut-être
54:04un incident de laboratoire
54:06à l'Ouéan
54:07qui a causé
54:08le coronavirus,
54:09par exemple.
54:10Alors,
54:10pas un incident volontaire,
54:13mais un incident.
54:14Alors qu'au début,
54:15on parlait que du pangolin.
54:16Plus personne ne croit
54:17au pangolin.
54:18Et même la CIA,
54:20maintenant,
54:21pense plutôt
54:21que c'est un incident
54:22de laboratoire.
54:24Oui,
54:25mais ça,
54:25c'est possible.
54:26Bien sûr.
54:27Mais au début,
54:28tous ceux qui ont dit ça,
54:29on les a traités
54:30de complotistes.
54:32Oui.
54:34Oui,
54:34effectivement.
54:38Il y a des complots.
54:40Il faut pas oublier
54:40qu'il y en a quand même.
54:42Ça existe.
54:42Oui.
54:43Et il peut y avoir
54:44des incidents de laboratoire,
54:46oui.
54:46Oui,
54:46ça existait aussi,
54:47ça.
54:48Tu avais dit,
54:49au moment du Covid,
54:50un des seuls,
54:51il y avait beaucoup de gens
54:52qui disaient,
54:53ah,
54:53ce sera formidable après,
54:54on va tirer les enseignements.
54:55Et tu as été un des seuls
54:56à dire,
54:57non,
54:57non,
54:57après,
54:57ce sera pire.
54:59légèrement.
55:00Légèrement pire.
55:01Est-ce que c'est vrai ?
55:02Oui.
55:02Tu le constates ?
55:04Oui,
55:04il y a beaucoup de gens
55:08qui ont prouvé
55:09une satisfaction
55:10un peu exagérée
55:11à mettre des masques
55:12et les garder très longtemps.
55:14Il y a eu
55:17beaucoup de gens
55:18qui se sont satisfaits
55:19qu'au fond,
55:21les contacts humains physiques
55:26deviennent moins fréquents.
55:29Donc,
55:29ça a plutôt
55:32mis les gens
55:33dans leur bulle,
55:34ce qui est quand même...
55:37L'absence de relations humaines
55:39est quand même
55:39un des faits centraux
55:42de notre époque.
55:43Et le Covid
55:44a un peu aggravé les choses.
55:46Certainement.
55:47Il y a aussi
55:47qu'on a découvert
55:48qu'au fond...
55:50J'ajoute aussi
55:51un goût
55:52pour la soumission
55:52qui est un peu
55:54agaçant par moments.
55:55Oui,
55:56parce qu'il a suffi
55:56de mettre des gens
55:57en blouse blanche
55:58à la télévision le soir
55:59pour qu'on accepte
56:00quand même
56:01des choses
56:01qu'on n'aurait jamais acceptées.
56:02Enfin,
56:03qu'on pensait
56:03qu'on n'aurait jamais acceptées.
56:05Oui,
56:05mais c'est vrai
56:06qu'assez souvent,
56:07quand on ne mettait pas
56:10son masque
56:12exactement un temps,
56:13c'est les autres
56:14qui vous dénonçaient.
56:15qu'on n'aurait jamais acceptées.
56:17Oui,
56:17c'était pas très agréable.
56:19Il y a eu quelque chose
56:19de pas très agréable
56:20qui s'est répandu.
56:22Et tu vois bien
56:23qu'au nom du réchauffement climatique,
56:24demain,
56:25ça pourrait être bien pire.
56:26D'ailleurs,
56:26on pourrait clouer
56:27les avions au sol,
56:28nous empêcher de sortir.
56:30Oui,
56:30non,
56:31mais c'est vrai
56:31que le...
56:36Ça a été une période intéressante.
56:38Moi,
56:38ce que j'ai remarqué
56:39qui m'a un peu...
56:43surpris quand même
56:44au départ,
56:44c'est que c'est les pays
56:48genre Italie et Espagne
56:49ont été beaucoup plus obéissants
56:51et soumis
56:52que les pays d'Europe du Nord.
56:54Donc on aurait cru...
56:55C'est contre-intuitif,
56:56typiquement contre-intuitif
56:57et pourtant c'est ça.
56:59Et tu ne mets pas
56:59la France dedans ?
57:01La France est un peu
57:01intermédiaire.
57:02Je t'assure,
57:03en Italie et en Espagne,
57:04c'était pire.
57:05Ah oui,
57:05oui.
57:06Oui,
57:07mais j'étais là encore
57:08en Espagne à l'époque
57:09et je connais des gens
57:11qui mettaient un masque
57:11chez eux,
57:12dans leur famille.
57:13Mais nous,
57:14on a mis un masque dehors
57:15pendant six mois
57:16alors que tout le monde savait
57:17qu'on ne peut pas
57:18attraper le Covid dehors.
57:20Prendre les gens
57:21quand même pour des cons.
57:23Parce que quand même
57:23tout le monde
57:24était capable
57:25de comprendre
57:25ce qui était dangereux ou pas,
57:26qu'un bar bondé,
57:27c'était dangereux
57:28alors qu'un jardin public
57:30l'était moins.
57:31Pas du tout.
57:32Oui,
57:33pas du tout.
57:34Donc,
57:35effectivement,
57:36oui,
57:38oui,
57:38il y a eu une tendance
57:39à prendre les gens
57:39pour des cons
57:40et ça marche.
57:44Et en concert,
57:46tu as une petite expérience
57:47maintenant.
57:48Est-ce que ce sont tes lecteurs ?
57:49Est-ce que tu sais,
57:50est-ce que c'est un public différent
57:51qui vient t'entendre
57:52en concert ?
57:53Déjà,
57:54la partie de mes lecteurs
57:55qui lisent mes poèmes,
57:56c'est une petite partie
57:57de mes lecteurs.
57:59Je dirais que ceux
58:00qui vont m'écouter un concert,
58:01c'est une partie petite aussi
58:03mais un peu plus grande.
58:04d'après,
58:05voilà.
58:07Il y a peut-être aussi
58:08tes...
58:09Ben oui,
58:09aussi,
58:10comment,
58:10non ?
58:11Ils ont rien à voir
58:14avec les lecteurs
58:15de Michel Houellebecq.
58:16Ah ben si,
58:17évidemment,
58:17ça se recoupe.
58:19Oui,
58:19ça peut se recouper,
58:20oui.
58:21C'est pour ça
58:22que j'ai dit
58:23que c'est...
58:25Il y a un côté
58:26de cette collaboration
58:27qui n'est pas si étonnant
58:28que ça
58:28quand tu regardes.
58:29je l'ai trouvé
58:30tout à fait logique.
58:31Oui,
58:31oui,
58:32oui.
58:33Bien sûr.
58:34Merci à tous les deux,
58:35merci,
58:35au revoir
58:36et bonne chance
58:38pour la suite.
58:40Oui,
58:40on a besoin.
58:42On a besoin.
58:44Merci beaucoup.
58:45Merci.
58:59Merci.

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