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Saint-Pierre-des-Corps : «Nous devons avoir une approche différente dans l’éducation pour corriger le tir», estime Thomas Bonnet

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00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:03C'était avec Maëlle Laurent sur Europe 1 et vos deux chroniqueurs.
00:06Maëlle, le journaliste Yvan Riouffol et le journaliste politique à CNews, Thomas Bonnet.
00:09Et on va parler avec vous à présent de cette nuit de violences urbaines près de tournuites samedi à dimanche.
00:14Tout est parti d'un banal contrôle.
00:16La police qui intervient contre des rodéos à moto à Saint-Pierre-des-Cors.
00:20Une moto est percutée par un véhicule de police.
00:22Son conducteur est blessé à la jambe.
00:24S'en suivent des heures d'affrontement.
00:27Une vingtaine de véhicules incendiés.
00:29Dix membres des forces de l'ordre blessés.
00:32Et puis un policier, celui qui était au volant, placé en garde à vue.
00:37Ces émeutes à Saint-Pierre-des-Cors qui, selon le journaliste Éric Dolo, sont le signe
00:42que même dans les villes moyennes, la violence s'invite.
00:45Éric Dolo, sur Europe 1 ce matin.
00:47Ça se passe à Tours.
00:48Une ville qui, avec Laval que vous avez cité, ou Nantes qui vous est chère,
00:52était un passé récent synonyme de douceur de vivre à la française, en réalité.
00:58Et on pensait que ce genre de choses n'appartenait qu'aux banlieues des grandes villes
01:01ou à des zones un peu interlopes.
01:03Là, c'est vraiment la France profonde, la France moyenne.
01:07Les gens, les rares qui témoignent un visage découvert, on voit bien.
01:10C'est les Français moyens, normaux, qui respectent la loi et qui sont pris en otage.
01:15Mais qui ne sont pas les plus riches.
01:17Éric Nolo, ce matin, sur Europe 1.
01:19Thomas Bonnet, vous allez presque encore plus loin.
01:21Vous considérez que la France est, en 2026, devenue totalement une poudrière.
01:26Oui, parce que la preuve, c'est que dès qu'il y a le moindre événement,
01:29la moindre étincelle, ça s'embrase.
01:31Alors là, c'est à l'échelle d'un quartier, voire même d'une ville.
01:34C'était tout le pays, quasiment, en 2023, après la mort d'Onaëlle.
01:37Donc, en effet, il y a des zones dans lesquelles, visiblement,
01:40certains n'attendent que la moindre étincelle pour s'en prendre aux forces de l'ordre.
01:44Ça s'est passé, donc, dans cette ville près de Tours.
01:47D'ailleurs, une ville, quand vous regardez bien,
01:49parce que je me suis un peu renseigné sur cette ville,
01:51en fait, vous remarquez qu'elle a 40% de logements sociaux.
01:55Depuis des années, elle est gangrénée par une forme de violence.
01:58En 2023, lors des émeutes, la piscine municipale a été incendiée,
02:02le maire a été menacé.
02:03Bref, je veux dire, c'est une ville dont les problèmes sont identifiés depuis longtemps
02:05et qu'on a de nouveau, malheureusement, constaté ce week-end.
02:09Moi, ce que j'aimerais de nos responsables politiques,
02:12c'est qu'ils prennent le sujet à bras-le-corps.
02:13Pas seulement d'envoyer la CRS en renfort pour que la nuit suivante soit calme,
02:17pas seulement de nous dire que la République ne rentrera pas.
02:19Il y a les jours, les semaines, les mois d'après.
02:21Et puis, il y a surtout le problème à la racine.
02:22On parlait de radicalité tout à l'heure.
02:23Il faut, là, prendre le problème à la racine.
02:25Comment expliquer qu'on tolère qu'une forme de contre-société
02:28s'organise dans certains quartiers ?
02:30Que des jeunes, visiblement, qui détestent la police, détestent la France,
02:35puissent commettre de tels dégâts en toute impunité aux presses ?
02:37Parce que vous verrez que personne ne sera déféré devant la justice.
02:41Ils ne rembourseront pas plus les dégâts qu'ils ont provoqués.
02:44Donc, ça, c'est insupportable.
02:46Il est temps de s'attaquer à ce sujet.
02:48Moi, j'en veux beaucoup, par exemple, au ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.
02:51Qui a prétendu s'y attaquer.
02:52Oui, mais il parle de violence urbaine.
02:53Avec une noire des postes.
02:54Et par exemple, il n'emploie pas le terme émeute.
02:55Alors, vous allez me dire, c'est un débat de lexique.
02:57Les mots ont un sens.
02:58Et il s'agissait d'émeute ce week-end.
02:59Et je crois que le ministre de l'Intérieur aurait dû employer ce terme.
03:01Comment vous regardez ça ?
03:02Oui, on peut même parler de guérillas.
03:05Peut-être même de petites intifadas.
03:07Parce qu'il y a aussi une sorte de mimétisme
03:09avec ce qui se passe dans d'autres pays du Moyen-Orient.
03:11Avec ce même sentiment d'être un peuple oppressé
03:14dans une contre-société qui se réclame d'une autre civilisation.
03:16Il y a aussi tout ceci.
03:17Mais moi, j'irais un peu plus loin que vous.
03:18Moi, j'ai envie de convoquer tous ceux qui, depuis 30 ans, 40 ans,
03:21toutes ces belles âmes, tous ces prétendus antiraphistes,
03:24tous ceux qui se réclament de la religion des droits de l'homme,
03:26qui nous ont assuré, j'ai encore leurs mots dans les oreilles,
03:28qu'à 99,99%, les banlieues se sont intégrées à la République,
03:34qu'il n'y a pas, naturellement, de fracture identitaire,
03:37que le vivre-ensemble va de soi,
03:39que tous ceux qui montrent les banlieues du doigt
03:42sont des fascistes, des racistes, des xénophobes, etc.
03:45ou des islamophobes.
03:46Et ce sont ces intellectuels-là, ces journalistes-là,
03:50ces politiques-là, qui sont les premiers responsables
03:52de cette situation maintenant dramatique,
03:54dont je ne vois pas comment on va sortir,
03:56parce que la haine qui s'y est installée est telle,
03:58la haine contre la France y est telle,
04:00qu'on est obligé de se demander maintenant, d'ailleurs,
04:02pour aller encore beaucoup plus loin,
04:04si ces Français qui ne se sentent plus Français
04:07ont encore leur place en France.
04:08Il va falloir aussi poser cette question-là.
04:11Pour l'instant, c'est une question naturellement interdite,
04:13mais moi, je ne m'interdis pas de la poser,
04:16dans la mesure où je ne vois pas pourquoi
04:18la solidarité nationale continuerait
04:21à fournir des logements sociaux
04:23ou à une partie d'une population,
04:25pas toute la population des cités, bien entendu,
04:27mais une partie de la population
04:28qui crache systématiquement sur la France
04:30et qui voit les policiers
04:31comme étant une force d'occupation étrangère.
04:33C'est ceci qui est là.
04:35On est dans des répétitions.
04:37J'avais fait un livre sur la guerre civile
04:38qui vient il y a maintenant peut-être 15 ans.
04:40On voit que tout s'aggrave
04:42et que si on n'est pas encore totalement
04:43dans une guerre civile
04:44avec des Français qui affrontent d'autres Français,
04:46qui ne se reconnaissent pas Français,
04:47on a en tout cas, effectivement,
04:49des guérillas qui peuvent devenir mortelles.
04:52Et ce matin, sur Europe 1,
04:53le député UDR, Eric Ciotti,
04:55a dénoncé la haine de la France,
04:56celle dont vous parliez,
04:57qui est couplée à une forme de lâcheté
04:59de la part d'Emmanuel Macron depuis 10 ans.
05:02Oui, en effet,
05:03parce que le monde politique,
05:05en règle générale,
05:07et singulièrement le bloc central,
05:08n'a pas voulu voir,
05:10mais c'est une récurrence
05:11de la part de toutes ces élites
05:13qui s'aveuglent sur leurs idéologies,
05:15qui n'a pas voulu voir
05:16quelle était la gravité des fractures
05:18qui se sont installées,
05:19qui sont des fractures civilisationnelles.
05:21Ce n'est pas simplement,
05:22il y a naturellement des fractures de classe,
05:24il y a une question sociale,
05:25je ne la nie pas,
05:27mais la question sociale
05:28ne suffit pas à expliquer
05:31ces rebellions de toutes les cités entières
05:33qui se rebellent,
05:34non pas contre leurs conditions sociales,
05:36mais qui se rebellent
05:37contre l'autorité de l'État,
05:38qui se rebellent contre la France.
05:40Et d'ailleurs, il suffit d'écouter,
05:41ça avait été mis en exergue à Crépol,
05:44les gens qui disaient
05:45« on va les tuer du blanc »
05:47disaient d'eux-mêmes
05:48« nous on est des Arabes contre des Français ».
05:50Donc il y a également,
05:51je suis désolé de le dire,
05:52mais il y a aussi
05:52cette fracture ethnique
05:54qui est apparue
05:55et qui est revendiquée
05:56par ceux-là même
05:56qui ne se disent plus français.
05:57Et qui est entretenue parfois
05:58par certains partis politiques
06:00que la France insoumise
06:02pour ne pas la citer Thomas Bonnet.
06:03Oui, bien sûr.
06:04La France insoumise
06:05jette de l'huile sur le feu,
06:06c'est terrible.
06:06C'est malheureusement devenu habituel.
06:08Thomas Porte
06:09qui jette le propre
06:09sur l'intégralité des policiers.
06:11Mathilde Panot
06:12qui fait l'enquête avant l'enquête.
06:14À la limite, j'allais dire,
06:15on n'attend pas grand-chose
06:15des élus de la France insoumise
06:17qui sont dans une approche électoraliste,
06:19qui espèrent recueillir
06:20quelques voix supplémentaires
06:21en étant toujours plus
06:22dans la haine anti-flic.
06:23Moi, vraiment,
06:24ce qui m'embête,
06:24c'est qu'il n'y ait pas
06:25un sursaut général
06:26des forces politiques républicaines,
06:28disons un peu comme ça,
06:30qui pourraient et devraient
06:31se rendre compte
06:32du problème qui est face à nous.
06:34Moi, contrairement à Yvan,
06:35je pense qu'on va devoir composer
06:37avec cette réalité sociologique-là.
06:38Je ne crois pas
06:38qu'on pourra faire partir
06:40des gens qui,
06:41même s'ils ne se ressentent pas français,
06:43le sont de toute façon.
06:44Et donc, je pense qu'il va falloir aussi
06:45qu'on ait peut-être
06:46une approche différente
06:47dans le discours éducatif,
06:48dans d'autres choses,
06:49pour que ça ne se reproduise plus.
06:51Qu'est-ce qu'on fera
06:52de ces générations entières
06:53qui sont désormais maintenant
06:54tombées dans une forme de violence ?
06:55Je ne sais pas,
06:55mais en tout cas,
06:56il va falloir clairement
06:56corriger le tir
06:58et récupérer les cartes.
06:59Je ne disais pas
06:59d'expulser ceux qui sont français,
07:00mais ceux qui ont des doubles nationalités
07:02ou qui ne sont pas français
07:03et qui détestent la France,
07:04si, oui, en effet,
07:05je trouve qu'ils n'ont rien à faire ici.
07:06Mais ceux qui sont français,
07:07naturellement,
07:08restent ici.
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