00:00Le 21 septembre 1916, elle aurait donc eu 110 ans.
00:06Et ce que je veux vous faire écouter maintenant est une archive de 1970.
00:11De qui ? Je parle.
00:14Une femme célèbre qui aurait eu 110 ans aujourd'hui.
00:19Femme, j'allais dire une icône féministe des années 70,
00:25de notre métier, de journaliste.
00:30François Giroud.
00:33Écoutez, François Giroud, vous connaissez François Giroud ?
00:36Oui, je viens de vous le dire.
00:37Ah bon ?
00:38Alors écoutez, parce que je pense qu'à Marie-Estelle et à Sabrina, ça va vous parler,
00:41parce que c'est formidable, en fait, elle parle du féminisme.
00:45On est en 70, donc ça a 40, ça a 56 ans.
00:4956 ans. Écoutez.
00:52J'ai souvent vu des hommes avec un air très anboissé vous dire
00:54vous n'avez pas peur de perdre votre féminité.
00:58Ils en parlent comme s'il s'agissait d'un sac à main ou d'une écharpe ou d'un
01:00bijou
01:01qu'on allait laisser traîner sur sa commode.
01:02Mon Dieu, qu'ai-je fait de ma féminité ?
01:04On ne peut pas perdre sa féminité.
01:06Vous la retrouvez à volonté.
01:08C'est quelque chose qui vous est donné à la naissance.
01:11Avec un chromosome, je crois qu'il y en a un sur 46,
01:13ce n'est pas beaucoup, mais ça suffit pour vous jouer ce tour.
01:16Et puis, il y a une histoire d'hormones.
01:17Et puis, voilà, on est un peu différent.
01:20Cette féminité-là, c'est la féminité authentique.
01:22Je crois qu'elle est éternelle, qu'elle sera éternelle.
01:25Elle commande, dans certains cas, certainement, des comportements.
01:29Et je ne vois pas pourquoi il faudrait le nier
01:30et pourquoi nous ne pourrions pas assumer cette féminité.
01:34Et puis, il y a le sexe social,
01:37c'est-à-dire tout ce qui est plaqué sur la féminité,
01:39qui a été plaqué à travers les âges.
01:42Et ce sont là, alors, des différences véritablement artificielles
01:48qui continuent depuis très longtemps.
01:50Je ne vois pas qu'elles aient tellement diminué.
01:53Je vois bien que la situation des femmes a changé,
01:55mais je vois qu'il reste un écart très grand
01:58entre la situation des femmes et la situation des hommes.
02:01Ce sexe social, il nous colle à la peau.
02:02Et je le sens, monsieur, là, en face de vous.
02:05Je vais vous en donner un exemple.
02:07Nous ne sommes pas armes égales.
02:09Si je bafouille, si je me trompe,
02:11si je cite des chiffres faux,
02:13que dira-t-on après cette émission ?
02:15On dira, ben voyons, bien sûr, les femmes,
02:18on ne peut pas compter sur elles.
02:20Et mon indignité...
02:21Personne ne pensera ça en vous voyant.
02:22Mais si, mon indignité rejaillira sur toutes les femmes.
02:25On se dira...
02:26Ce qui serait injuste, parce que peut-être une autre
02:28aurait pu très bien faire le poids,
02:30comme on dit en face de vous.
02:31Mais si vous, vous bafouillez,
02:33si vous n'êtes pas très bons, que dira-t-on ?
02:34On dira, ben, ce monsieur Foyer,
02:36il n'était pas formidable ce soir.
02:37Et aucun garde des sceaux,
02:39ni dans le passé, ni dans le présent,
02:40ni dans l'avenir, n'emportera l'indignité,
02:42ni aucun homme.
02:43Il y a un autre domaine dans lequel
02:45nous ne sommes pas armes égales.
02:47C'est le domaine des apparences,
02:48et il est très important.
02:51Pour que le physique d'un homme compte,
02:53il faut qu'il soit vraiment très beau
02:56ou qu'il soit véritablement disgracié.
02:59Un homme, c'est un homme.
03:02C'est remarquable.
03:04Il a qualité d'expression.
03:06Et il prend des notes, alors qu'il est chaud.
03:08C'est Jean Foyer.
03:09C'est Jean Foyer, qui était ministre de la Justice.
03:11Alors, bon, Sabrina et Marie-Estelle,
03:14vous êtes des enfants de Françoise Giroux,
03:17sans doute.
03:17Et vous vous reconnaissez dans ce qui vient d'être dit,
03:20peut-être ?
03:20Oui, moi, je m'y reconnais.
03:22Elle parle de la complémentarité des sexes,
03:26mais en même temps des différences anthropologiques
03:30qui font que nous sommes hommes et femmes complémentaires,
03:33dont elle s'inscrit complètement à rebours
03:36de ce féminisme différentialiste
03:39qui imbibe aujourd'hui l'idéologie du combat pour les femmes.
03:44Donc, je trouve qu'elle a raison dans ce qu'elle dit, évidemment.
03:47Bon, on marque une pause.
03:48Et je salue Catherine Ney, qui nous écoute.
03:51Catherine, évidemment, qui a travaillé avec Françoise Giroux.
03:55Et c'est vrai qu'elle a beaucoup d'intelligence.
03:57Je la remercie, d'ailleurs, pour ses encouragements.
03:59Il y a un an, quand j'ai commencé l'émission sur Europe 1,
04:01elle a eu des mots très encourageants pour moi
04:03et qui m'ont beaucoup touchée.
04:04Mais c'est une belle et grande personne, Catherine Ney.
04:08Je suis fan, je suis un admirateur.
04:10Exactement.
04:10Et je partage.
04:12Alors, elle prépare un livre.
04:13Et je ne sais pas si ce livre est terminé,
04:15mais ce livre sera fort intéressant.
04:18Je n'en doute pas.
04:19La pause ?
04:20Juste un mot sur ce que vous avez entendu.
04:21Je suis très frappé par ce qui est devenu subversif à notre époque.
04:25Je chante la Marseillaise, c'est devenu subversif.
04:27Être femme, c'est une question de chromosomes.
04:29C'est une déclaration extrêmement subversive par les temps qui courent.
04:33Donc, la subversion a beaucoup d'avenir devant elle.
04:35Oui, c'est réac.
04:37La biologie est réactionnaire.
04:39Allez, la pause.
04:40La science fasciste.
04:41Oui, bien sûr.
04:42L'auteur d'Harry Potter qui est Géronique.
04:44Elle a été jetée.
04:46Elle a été en pâture parce qu'elle ne faisait que dire.
04:48La science est extérieure droite.
04:49Un mot sur l'Allemagne après la pause.
04:51Un mot sur Mbappé.
04:53Et évidemment, avec nous, se réparer sans s'abîmer.
04:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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