00:00Sabotage, agents infiltrés, provocations aériennes.
00:04Depuis la tentative d'attaque à Leipzig le 4 août,
00:07la Russie multiplie les opérations de déstabilisation.
00:10Une fuite en avant qui préoccupe les leaders européens.
00:13Depuis cet été, la Russie a multiplié les attaques contre les intérêts européens.
00:32Rappelez-vous, le 4 août, des drones piégés à l'explosif
00:35sont découverts à proximité d'avions cargos ukrainiens
00:38à l'aéroport de Leipzig en Allemagne.
00:40Je pense que l'attentat raté de Leipzig, c'est vraiment un moment de bascule.
00:44L'attentat raté de Leipzig a fait véritablement prendre conscience à toute l'Europe
00:47qu'on était plus simplement sur de la déstabilisation,
00:50de la désinformation, de l'ingérence,
00:52mais véritablement sur du terrorisme d'État.
00:54C'est d'ailleurs le terme qui a été utilisé par Emmanuel Macron hier.
00:56Ce qui s'est passé en Allemagne à Leipzig, ne le sous-estimez pas.
01:00a échoué parce que le dispositif prévu par le GRU n'a pas fonctionné.
01:05Mais les conséquences auraient été tragiques avec des pertes humaines,
01:08des conséquences matérielles massives.
01:10Le GRU, c'est le renseignement militaire russe.
01:13Les investigations allemandes ont maintenant officiellement pointé sa responsabilité
01:17dans l'attaque à Leipzig.
01:19Depuis cet événement, la Russie intensifie sa guerre hybride contre l'Europe.
01:24Début septembre, c'est le Royaume-Uni qui fait face à une nette recrudescence de survols suspects
01:28au-dessus de ses sites militaires.
01:30Est également mis au jour le recrutement par le GRU d'agents locaux chargés de repérer des sites sensibles.
01:38Le 13 septembre, un drone russe s'abat sur un train ukrainien,
01:42évacué quelques minutes plus tôt grâce à une alerte précoce.
01:46La frappe a lieu deux kilomètres avant la frontière polonaise
01:49et juste à côté de convois diplomatiques dans lesquels se trouvaient notamment Boris Johnson,
01:54l'ancien premier ministre britannique,
01:56et le général David Petraüs, l'ancien directeur de la CIA.
02:01Le 15 septembre, le réseau ferroviaire néerlandais est victime d'une attaque coordonnée sur plus de 30 sites.
02:07Des pièces métalliques ont été délibérément posées sur les rails.
02:15Le 17 septembre, enfin, deux bombardiers russes violent l'espace aérien lituanien.
02:20Si vous mettez tout ça bout à bout, ça donne effectivement l'impression d'une opération coordonnée de déstabilisation
02:24qui est menée probablement par des agents russes ou des gens payés par les russes.
02:28Je ne dis pas que toutes ces opérations sont menées par des russes ou sont liées à la Russie,
02:32des enquêtes le diront, mais dans tous les cas la concomitance est vraiment extrêmement troublante.
02:36Dernier événement en date, le 18 septembre au soir, le trafic aérien est suspendu à l'aéroport du Luxembourg
02:42après la détection de drones.
02:44Une vingtaine de vols sont alors déroutés.
02:47Il est très clair aujourd'hui qu'effectivement avec quelques drones,
02:49et ça pour le coup ça ne nécessite pas quelque chose de très complexe,
02:53on n'est pas sur un attentat avec de l'explosif militaire,
02:55c'est simplement faire décoller un drone et le faire rentrer dans un espace aérien d'un aéroport,
02:58ce qui du coup ferme l'aéroport automatiquement pour des raisons de sécurité.
03:01Et donc ce que ça a élu, c'est notre incapacité pour le moment à faire face à ce genre
03:06de menaces.
03:06Les intrusions de drones dans l'espace aérien de plusieurs pays,
03:10d'ailleurs avec une réelle profondeur dans l'action russe,
03:15nous montrent que nul n'est à l'abri.
03:17C'est donc dans ce contexte, le jour même un peu plus tôt,
03:20qu'Emmanuel Macron a précipité une réunion avec les chefs des partis politiques.
03:29Au programme, une présentation confidentielle de l'état de la menace,
03:33effectuée par des responsables des principaux services de renseignement.
03:36Je pense qu'il y a vraiment des raisons d'être très inquiets,
03:38beaucoup plus que ne le sont certains.
03:40Ce qui s'est passé à Leipzig, notamment avec ce drone,
03:44il faut bien avoir conscience que le fait qu'il n'y ait pas eu de morts,
03:47ce n'est pas juste que la Russie était dans un exercice de tests,
03:50c'est qu'en fait l'opération a raté.
03:53Donc c'est pas, des fois, on a pu lire par endroits que c'était un avertissement,
03:57qu'ils essayaient de tester un peu, de nous faire peur.
03:59Le but n'était pas de faire peur, le but était de tuer,
04:01c'est juste que l'opération a échoué.
04:03Le président de la République a demandé au gouvernement
04:06de préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques.
04:09Je prendrais l'exemple des Pays-Baltes ou l'exemple de la Finlande,
04:12qui sont des pays qui se préparent depuis très longtemps,
04:14responsabilisent les gens, on leur apprend quoi faire
04:16si jamais les services publics tombent pour 48, 72 heures,
04:19s'il n'y a plus d'électricité pour une raison X ou Y.
04:21On a des plans vis-à-vis aussi des différentes industries.
04:24Par exemple, l'industrie agroalimentaire est obligée d'avoir des stocks
04:26dans différents magasins pour justement faire face
04:29au cas de rupture des flux logistiques.
04:32Il est déjà identifié au préalable, en fait,
04:34si vous voulez, des itinéraires de contournement,
04:36des voies de maintenir le service, même en mode dégradé.
04:40Donc en fait, c'est tout ça.
04:41Et tout ça, ça se prépare, ça prend du temps.
04:43Ensuite, sur la riposte, le propre de la dissuasion,
04:47c'est de ne pas donner de la visibilité sur ce qu'on fera,
04:51mais ça ne restera pas sans réponse.
04:53Ce n'est pas parce que les Russes font des sabotages
04:55ou des attentats chez nous qu'on va aller commettre
04:57des sabotages ou des attentats en Russie.
04:58Ce n'est pas du tout comme ça que ça fonctionne dans une démocratie.
05:01Mais en revanche, faire peser les conséquences à la Russie
05:04de ses actes, ça peut être des réponses diplomatiques,
05:07ça peut être des réponses en termes de sanctions,
05:08ça peut être des réponses en termes d'aide aussi à l'Ukraine.
05:12La volonté qu'il y a derrière, c'est nous intimider
05:15et c'est casser l'effort de soutien aux Ukrainiens.
05:19La conséquence sera le contraire.
05:21Certains candidats, dont Marine Le Pen, estiment que l'argent manque
05:24pour continuer à aider Kiev au même niveau qu'actuellement.
05:26Et puis de son côté, la Russie, elle, nie toute forme de guerre hybride.
05:30Nous ne avons jamais parlé de ce qu'on ne va pas se battre à l'Europe.
05:38Et déploie évidemment sa propagande en pleine période d'élections.
05:58La Russie sait que sur un conflit militaire direct,
06:00elle ne tient pas la route.
06:01En point de vue conventionnel, bien évidemment,
06:03les pays européens, s'ils se mobilisent,
06:05et avec les États-Unis, ont une capacité militaire bien supérieure
06:08à celle de la Russie.
06:09C'est donc tout le jeu de la Russie, en quelque sorte,
06:10de ne pas aller jusqu'à la confrontation militaire,
06:12mais en quelque sorte d'essayer de nous déstabiliser
06:16sans franchir ce seuil.
06:17Cet été, la création de l'état d'alerte de sécurité nationale
06:20avait justement été créée pour répondre à des scénarios
06:23de guerre hybride avancée.
06:25Nous sommes dans un moment de vigilance.
06:27Nos amis suédois ont appelé ça la défense totale.
06:29Ce régime d'exception peut être déclaré
06:31en cas de déstabilisation d'infrastructures clés.
06:34Sous-titrage Société Radio-Canada
06:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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