- il y a 11 minutes
Le 27 mai 2012, Johnny Hallyday est l’invité de Darius Rochebin dans Pardonnez-moi sur la chaîne suisse RTS Un. Pendant près de 19 minutes, Johnny se confie au cours d’un entretien consacré à sa carrière, sa vie et son actualité. Une longue interview de Johnny Hallyday à la télévision suisse en 2012.
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MusiqueTranscription
00:10Générique
00:11...
00:18Tenaïdé, bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Votre tournée 2012, Paris, Genève le 2 juin,
00:24il y a une énorme attente, les chiffres sont colossaux.
00:27Pour la dernière tournée, il y avait un million de billets vendus
00:31avant l'interruption.
00:32Quand on est de génial idée, est-ce qu'on a encore le trac ?
00:35Oui, bien sûr.
00:37On a toujours le trac, parce que chaque fois qu'on monte sur scène,
00:40c'est comme si c'était la première fois.
00:43Et puis, là, oui, j'ai énormément le trac,
00:47parce que c'est la première fois que je remonte sur scène
00:51depuis mon accident.
00:53Et donc, il y a une appréhension, en fait.
00:59En plus, comme je n'avais pas pu terminer ma dernière tournée,
01:04je n'ai pas voulu faire le même spectacle,
01:06donc j'ai voulu refaire totalement un nouveau spectacle,
01:09avec des effets spéciaux,
01:12et remodeler des chansons, des orchestrations, etc.
01:18Bon, on ne l'a pas encore fait sur scène,
01:19alors évidemment qu'on a le trac.
01:22Le trac s'en va petit à petit,
01:24mais c'est vrai que les premiers jours,
01:26on est mort de trucs.
01:27Quand on commence, ça s'en va.
01:28On est mort de trucs, parce qu'on a envie de faire plaisir aux gens.
01:31On a envie de faire plaisir aux gens.
01:32Alors, l'autre but, nous, c'est de faire des spectacles
01:37qui plaisent aux gens, et que les gens soient heureux.
01:40Donc, tant qu'on ne l'a pas encore fait sur scène,
01:43et qu'on n'a pas vu la réaction du public,
01:44on est toujours un petit peu comme ça,
01:48je dirais, le cul entre deux chaises,
01:49en se disant, est-ce que ça va vraiment l'empire, quoi ?
01:51Vous faites plaisir aux gens depuis un demi-siècle,
01:53plus d'un demi-siècle, hein.
01:54Les chiffres, ça donne le vertige.
01:5628 millions de spectateurs, plus de 100 millions d'albums.
01:59Combien de chansons ?
02:00Oh, je ne sais pas, plus de 1000, en tout cas.
02:03Sans compter les chansons que j'ai chantées en langue étrangère.
02:08Il faut aller sur YouTube, c'est extraordinaire.
02:10Si on tape votre nom sur YouTube, il y a...
02:12Vous savez que moi, quand j'ai besoin de réapprendre une chanson
02:14pour remettre une chanson dans mon tour,
02:17dans mon tour de chant,
02:18une chanson que je n'ai pas chantée depuis longtemps,
02:19je vais sur YouTube pour réécouter la chanson, pour m'en rappeler.
02:23Est-ce que c'est vrai, parfois, vous oubliez même
02:25que vous avez chanté telle ou telle chanson ?
02:26Oui, j'ai découvert des chansons sur YouTube
02:29que j'avais complètement oubliées d'avoir même enregistrées
02:31ou même chantées sur scène.
02:32C'est extraordinaire, ça.
02:33C'est-à-dire que j'en ai chanté tellement de chansons
02:35qu'au bout d'un moment, c'est vrai, plus de 1000 chansons.
02:41Avec les versions étrangères, on doit être à 1400 chansons.
02:44Cette tournée émotion particulière,
02:46vous repartez de là où vous avez failli rester,
02:49à Los Angeles.
02:50Vous avez vraiment failli rester.
02:51On était à ça.
02:56Moi, j'étais dans le coma, alors je ne me suis pas rendu compte
02:58de grand-chose, pour dire la vérité.
03:01Quand je me suis réveillé, je n'avais pas de mémoire de grand-chose.
03:07J'étais comme un trou noir.
03:10Vous racontez quand même des choses extraordinaires.
03:12Vous racontez que vous avez pensé à votre père, par exemple,
03:13qui a tellement compté.
03:14Oui, mais dans mon inconscient, parce que je ne m'en rappelle pas.
03:18C'est ma femme et des amis à moi qui m'ont dit ça.
03:20Et quand je suis parti, dans mon coma, j'appelais mon père.
03:25Ce qui est très bizarre, parce que j'ai eu très peu de rapports
03:29avec mon père.
03:29J'ai très peu connu mon père.
03:31J'ai dû le voir 3-4 fois dans ma vie.
03:33Et la première fois que je l'ai vu, j'étais à l'armée.
03:36Je devais avoir 20 ans.
03:38Et c'est très étrange que j'ai, dans mon coma,
03:42que j'ai appelé mon père au secours.
03:45Donc, quelque part, ça a dû me travailler.
03:48Ça a dû me travailler de ne pas avoir de père.
03:50Je pense, tout simplement, dans ma vie.
03:53Le paradoxe, c'est que vous êtes un père très, très aimant.
03:56Vous nous montriez tout à l'heure la photo de vos filles
03:58sur vos téléphones portables.
03:59C'est-à-dire que mes enfants, c'est tout pour moi.
04:01C'est mon équilibre.
04:03C'est ma joie.
04:04C'est ma joie de vivre.
04:06Si j'ai voulu m'en sortir,
04:10c'est aussi pour mes enfants.
04:12La vie et la mort,
04:13vous étiez vraiment entre les deux.
04:15Il y a ce moment incroyable
04:16où on a demandé à votre femme Laetitia
04:18de signer la décharge.
04:20Est-ce qu'on peut débrancher Johnny ?
04:21Oui.
04:22Elle a refusé.
04:23Oui.
04:24Je lui dois la vie, quelque part.
04:26C'est vrai.
04:26Et puis, vous savez,
04:29quand elle m'a amené,
04:30j'étais tellement mal,
04:31quand elle m'a amené aux urgences,
04:32à Los Angeles,
04:34moi, j'étais déjà à moitié parti.
04:37Il y a dix docteurs
04:38qui sont arrivés d'un coup
04:39et on lui a dit
04:40« Bon, écoutez, il faut l'opérer de suite,
04:42autrement, dans les deux heures qui suivent,
04:44il va mourir. »
04:46Il fallait qu'elle choisisse un docteur
04:47qui allait m'opérer.
04:50Et l'instinct,
04:51elle a choisi celui-là,
04:52le docteur Sivan.
04:55Il lui a inspiré confiance.
04:57Imaginez que je ne m'en sois pas sorti
04:59la responsabilité dans la tête de quelqu'un,
05:00ce que c'est,
05:01de dire « J'ai peut-être fait le mauvais choix,
05:03c'est une responsabilité terrible. »
05:06On va voir des extraits de votre spectacle,
05:08votre voix.
05:09Oui, parce que bon,
05:10le passé, on va laisser...
05:12Ça va, je suis en peine de fable,
05:13alors tout va bien,
05:14on ne va pas parler de la maladie.
05:15Ça se voit et ça s'entend,
05:16parce que la voix est revenue,
05:18alors que précisément,
05:20elle avait disparu.
05:21Alors ma voix est revenue grâce au théâtre.
05:23Parce que j'ai beaucoup travaillé ma voix
05:25pour le théâtre.
05:26Pour la pièce de théâtre
05:27que j'ai fait,
05:28« Le paradis sur terre »,
05:29j'ai appris à parler plus bas,
05:31de poser ma voix,
05:32et ça m'a énormément aidé
05:34en tant que chanteur.
05:36C'est comment votre voix le plus bas ?
05:39Plus grave qu'avant.
05:41J'avais moins de grave avant,
05:42oui, c'est vrai.
05:43Ça, c'est votre côté survivant.
05:44Tous ceux qui suivent votre vie,
05:46et Dieu sait s'il y en a,
05:47parmi ces millions de fans,
05:48ils sont frappés de voir
05:49que les épreuves se répètent,
05:51différentes,
05:52et vous survivez.
05:53Même la voix,
05:54même cette fameuse histoire
05:56où, enfant,
05:56vous aviez mangé de la soupe,
05:57j'étais brûlé gravement.
05:59Jusqu'à l'âge de 14 ans,
06:00je zozotais,
06:01je ne pouvais pas parler comme ça,
06:04je ne pouvais pas dire « je ».
06:05Même quand je m'énerve,
06:07des fois, ça me revient d'ailleurs.
06:08Donc je fais très attention à ça.
06:10Mais oui,
06:11j'ai passé des épreuves.
06:12Écoutez,
06:13je crois que dans la vie,
06:14d'abord,
06:15on passe tous des épreuves
06:17peut-être différentes,
06:18mais je crois que ça...
06:21il faut s'en servir
06:22pour le métier qu'on fait aussi.
06:23C'est bien de se servir
06:25des épreuves
06:25qu'on a pu avoir dans sa vie.
06:27Vous parliez de votre père
06:28qui vous a abandonné.
06:29Vous avez 7 mois, je crois.
06:31Oui, à peu près, oui.
06:32Il y a un paradoxe, là.
06:33Ça vous a paradoxalement aidé
06:34d'avoir un départ de vie
06:37si dur, en tout cas,
06:38dans cet aspect-là ?
06:39Ça m'a peut-être forgé
06:41pour faire ce métier
06:43de la façon que je l'ai faite.
06:45En tout cas,
06:46je sais que moi,
06:46c'est quelque chose
06:47qui m'a manqué
06:48toute ma vie
06:48de ne pas avoir de père.
06:52Et puis, ma mère
06:52ne pouvait pas s'occuper
06:53de moi non plus,
06:54puisqu'elle était
06:54mannequin vedette
06:55chez Lanvin à l'époque.
06:58Donc, j'ai été élevé
06:59par la sœur de mon père
07:01qui avait deux filles,
07:02dont Desta et Mélène.
07:04Et puis, qui était danseuse
07:06et qui m'a amené
07:07dès que j'avais 4 ans
07:09en tournée partout
07:09dans le monde entier.
07:11Et c'est ce qui m'a...
07:12C'est ce qui a sans doute fait
07:14que je fais ce métier.
07:16Y compris...
07:17Je n'ai toujours connu que ça.
07:18Y compris à Genève, hein.
07:20à Genève
07:20qui a compté
07:21dans votre jeunesse ?
07:21Oui, j'ai vécu
07:224 ans à Genève
07:24et c'est là
07:24que j'ai commencé
07:26à jouer de la guitare classique
07:27et j'étais
07:27conservatoire de Genève.
07:29J'ai joué
07:29direction de José
07:30de Aspiazu
07:31et normalement,
07:32j'étais parti
07:33pour être guitariste classique.
07:35Bon...
07:35Alors, un jour,
07:37j'ai écouté
07:38Louis de Fresslet
07:38donc j'ai mal tourné
07:39donc j'ai tourné
07:40vers les guitares électriques.
07:41Mais bon...
07:42Quand on regarde ces années
07:43dans le détail,
07:43le solfège,
07:44la guitare classique,
07:45votre tante Hélène
07:46qui vous a appris
07:46beaucoup de choses,
07:48la légende du Johnny,
07:49idiot,
07:50vous savez que ça existe,
07:51puis le « à que »,
07:52etc.
07:52Ça vous énerve toujours ?
07:53Je ne sais pas pourquoi
07:54on dit « à que ».
07:54Je n'ai jamais dit
07:55« à que » de ma vie.
07:56Oui.
07:58L'onf, oui.
07:59Bon, écoutez,
08:00vous savez,
08:01il faut bien que les gens
08:02racontent des choses
08:03sur les gens
08:03qui ont du succès
08:04alors c'est pas...
08:06quelque chose que je dise...
08:08Johnny,
08:09quand on regarde ce spectacle,
08:10quand on a votre vie en tête,
08:12on est frappé de voir
08:13vous traverser
08:14toutes les générations
08:14dans votre public.
08:16Il y a de tout, hein.
08:16Jeunes, vieux, moyens.
08:18Et puis dans vos références aussi,
08:20est-ce que c'est vrai
08:20que c'est Maurice Chevalier
08:21qui vous a dit
08:22qu'il faut soigner
08:22les entrées et les sorties ?
08:23Oui, oui, bien sûr.
08:24C'est incroyable, ça.
08:25J'avais...
08:26Ma tante connaissait
08:27Maurice Chevalier
08:28et un jour,
08:29Maurice Chevalier
08:30me reçoit chez lui
08:31à Marne-la-Croquette,
08:32d'ailleurs,
08:32où j'habite maintenant,
08:33d'ailleurs.
08:36Et il m'a dit
08:37« Bon, vas-y, mon petit,
08:38chante-moi une chanson
08:39parce que ma tante
08:40lui avait dit
08:40« Donne-lui des conseils. »
08:43Donc, je lui chante
08:43deux, trois chansons
08:45dont David Croquette,
08:46je m'appelle.
08:47Alors, bon,
08:47il était très gentil,
08:48il m'a écouté très gentiment.
08:50Vous avez quel âge,
08:50là, à ce moment-là ?
08:51Je devais avoir 11 ans,
08:53quelque chose comme ça,
08:54à 11-12 ans.
08:55Et il m'a dit
08:56« Mon petit,
08:56je ne sais pas
08:57si tu feras ce métier,
08:57mais si un jour
08:58tu fais ce métier,
08:59le seul conseil
09:00que je puisse te donner,
09:01c'est « Soigne toujours
09:03tes entrées,
09:03soigne toujours tes sorties
09:05et puis au milieu,
09:06tu te démerdes,
09:06tu chantes. »
09:08Et c'est ce que vous faites.
09:09Et c'est ce que j'essaie
09:09de faire.
09:10J'ai toujours soigné
09:10mes entrées par rapport.
09:12Oui, ça m'a toujours marqué.
09:13Et dans ce spectacle
09:14en particulier,
09:15je crois qu'il y a
09:15une petite inspiration
09:16au Cirque du Soleil,
09:17enfin un rapport.
09:18Oui, j'ai trouvé
09:19quelqu'un
09:20qui fait les effets spéciaux
09:21et les lumières
09:22du Cirque du Soleil
09:22qui s'appelle Yves Aucoin
09:23qui est un Canadien.
09:26Et justement,
09:27j'étais à Las Vegas
09:28pour voir ce qu'il faisait,
09:29son travail.
09:31Et voilà.
09:32Et puis c'est avec lui
09:32que j'ai travaillé
09:33pour ce spectacle.
09:33« C'est quoi ma gueule ?
09:40Mais qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
09:44Je galère en galère
09:47Elle a fait toutes mes guerres
09:51Chaque nuit blanche,
09:53chaque jour sombre
09:54Chaque a saigné
09:56et irrigué
09:57Elle ne m'a pas lâché du nombre
10:01Quand j'avais pas
10:03Et même qu'elle a pleuré
10:07Quoi ?
10:08Le Christ est la ma gueule ?
10:10Il y a une énergie
10:11qui se dégage de vous.
10:13On imagine
10:13que c'est une discipline
10:15dure.
10:16Vous savez,
10:17quand on fait ce métier,
10:18on n'a pas le droit
10:22d'être fatigué
10:23et de faire un mauvais spectacle.
10:25Ça peut arriver
10:25d'être moins bien
10:27un soir
10:27qu'un autre soir.
10:28Ça peut arriver
10:29d'avoir un problème de voix.
10:33Mais on n'a pas le droit
10:35de...
10:36Il faut se surveiller.
10:38Moi, je sais
10:39que je me surveille
10:40d'une façon
10:41assez stricte,
10:42que ce soit alimentaire.
10:44Vous ne touchez plus
10:44à l'alcool, c'est vrai ça ?
10:45Non, c'est vrai,
10:46je ne touche plus à l'alcool.
10:47L'alcool, c'est comme la drogue.
10:49C'est très mauvais,
10:49en tout cas pour le métier
10:50que je fais.
10:51Vous dites des choses
10:52très émouvantes.
10:52Vous qui avez tâté de tout,
10:54connu tout dans la vie, etc.
10:55Je vous ai entendu dire
10:57se lever le matin,
10:58c'est le bonheur.
10:59Vous savez,
11:00j'ai failli ne plus voir le jour.
11:02Alors, c'est vrai
11:02que quand je suis sorti
11:03du coma
11:04et que j'ai vu le soleil,
11:05je me suis dit quand même
11:06qu'est-ce que c'est beau
11:07de se réveiller le matin,
11:08quoi.
11:08C'est vrai.
11:10Le lien avec la Suisse,
11:11beaucoup de Suisses
11:12viendront vous voir
11:13le 2 juin à Genève.
11:14Alors,
11:15vous êtes à Kstade,
11:17vous êtes à Los Angeles,
11:17à Paris.
11:18Vous avez aussi
11:19vos raisons fiscales
11:20comme bien d'autres.
11:21mais votre lien
11:22avec la Suisse,
11:23qu'est-ce que c'est ?
11:23Qu'est-ce qui fait
11:24que vous avez envie
11:24de rester en Suisse ?
11:25D'abord,
11:26quand j'étais petit,
11:27j'ai vécu pas mal de temps
11:29et puis,
11:30et puis,
11:32mon premier agent
11:33s'appelait Johnny Stark
11:35et je devais avoir,
11:36je ne sais pas,
11:3616 ans
11:37ou 16 ans
11:38ou 17 ans,
11:39je ne sais plus exactement.
11:40Et le premier concert
11:42qu'il m'a fait faire,
11:43c'était pour le réveillon
11:44de Nouvel An,
11:45c'était à Kstade.
11:46Il m'avait amené à Kstade,
11:48donc j'ai découvert Kstade,
11:48j'avais 17 ans
11:49et je chantais au...
11:52et je chantais à l'hôtel,
11:53vous savez...
11:54Le grand hôtel.
11:55Le château, là.
11:56Vous savez,
11:57le palace.
11:58Le palace, voilà.
11:59Et j'ai découvert Kstade
12:01et je me suis toujours dit,
12:04c'est une station,
12:05qu'est-ce que c'est beau
12:05cette station
12:06et je me suis toujours
12:06un jour,
12:07si j'ai les moyens,
12:08si je peux,
12:09j'aurai un appartement
12:10ou un chalet
12:11ici dans cette station.
12:12Et ensuite,
12:13je suis souvent revenu
12:14faire du ski
12:15avec ma femme,
12:17Laetitia,
12:17et ça lui a plu
12:18et puis on allait
12:20toujours à l'hôtel,
12:21etc.
12:22Et puis un jour,
12:22je me suis dit,
12:23bon,
12:23je voulais acheter un chalet
12:26et en Suisse,
12:27on ne peut pas avoir
12:28plus de 200 m²
12:29si on n'est pas résident.
12:31Bon,
12:32avec mes enfants
12:32et tout ça,
12:33c'était un peu petit.
12:34Donc,
12:34je voulais avoir un chalet
12:35de 300 ou 400 m².
12:37Donc,
12:38je suis devenu résident.
12:39Et vous resterez en Suisse ?
12:40Bien sûr.
12:412012,
12:42il y a un aspect
12:43best-of dans la tournée.
12:44Alors,
12:44c'est vrai qu'il y a
12:45une polémique des gens
12:46qui disent,
12:46oui,
12:47mais il n'y est pas
12:47tout le temps,
12:48bon,
12:48etc.
12:48Mais je fais un métier
12:49où je voyage beaucoup.
12:51Je ne peux pas,
12:51je ne suis pas rentier.
12:55Je suis obligé
12:56pour mon métier
12:56de voyager tout le temps.
12:57Je veux dire,
12:58moi,
12:58j'en résiste à Los Angeles,
12:59je fais des spectacles,
13:01je vais à Paris.
13:02Quand je suis en vacances,
13:03je vais à Xtade.
13:06Bon,
13:06voilà.
13:06Et en plus,
13:06vous savez que
13:07quand on est résident,
13:08on n'a pas le droit
13:09de travailler.
13:10Et c'est vrai
13:10que quand je fais
13:11un concert,
13:11par exemple à Genève
13:12et tout ça,
13:13etc.,
13:13mon cachet,
13:14je donne à des œuvres
13:15suisses.
13:24You get your shows
13:25all new to Tennessee
13:41You get your shows
13:50Un des attraits de la tournée,
13:51c'est le côté best-of.
13:52Beaucoup de gens
13:53viennent écouter
13:54d'anciennes chansons.
13:56Gabriel,
13:57Que je t'aime,
13:57c'est quoi les plus demandés ?
13:59En général,
14:00c'est Que je t'aime.
14:02C'est votre favorite aussi ?
14:04Moi, favorite,
14:05c'est un peu plus
14:06dans le blues.
14:08Moi, je préfère des...
14:09En ce qui me concerne,
14:10moi, je préfère des chansons
14:11comme Jacques Roasse
14:12tous les matins
14:12ou Excuse-moi partenaire
14:14des chansons comme ça
14:15ou Marie.
14:16Mais j'ai toujours
14:17beaucoup de plaisir
14:18de chanter Que je t'aime,
14:19d'abord pas...
14:19D'ailleurs,
14:20parce qu'en général,
14:21la foule reprend
14:24le refrain avec moi.
14:25Des fois,
14:26j'ai même plus besoin
14:27de chanter
14:27parce qu'ils chantent
14:28Que je t'aime à ma place.
14:30Et c'est très émouvant.
14:31C'est vrai,
14:32c'est très émouvant.
14:32Il y a des tas de gens
14:33qui m'ont dit
14:33qu'ils se sont rencontrés,
14:35des couples,
14:36qu'ils se sont mariés
14:37grâce à cette chanson.
14:38Donc, c'est vrai,
14:39c'est toujours émouvant.
14:40Johnny,
14:41vous êtes là depuis toujours.
14:42Je recommande
14:42d'aller voir les archives.
14:43On parlait de YouTube
14:44sur ina.fr.
14:45Il y a des archives
14:46de vous inouïes.
14:48Juin 63,
14:49quand vous chantez
14:50à la Nation,
14:51je crois qu'on attendait
14:515000 personnes,
14:52il y en a eu 200 000.
14:55C'était pour
14:55Salut les Copains.
14:56C'était le premier
14:58événement de Salut les Copains.
15:01Vous vous souvenez
15:01de ce que De Gaulle
15:02a dit à votre sujet
15:03à ce moment-là ?
15:05S'ils ont autant d'énergie,
15:07autant les envoyer
15:08faire des autoroutes.
15:08Il a dit ce jeune
15:09à l'idée,
15:09il a l'air d'avoir
15:10tellement d'énergie,
15:11autant qu'il aille
15:11casser des cailloux
15:12sur les routes.
15:12Voilà, c'est ça.
15:13Je ne me rappelais pas
15:14du mot exact,
15:15mais c'était quelque chose
15:15comme ça.
15:16Ce qui était une forme
15:16de compliment en même temps.
15:18Oui, j'ai beaucoup
15:18d'admiration pour
15:19le général De Gaulle.
15:21La légende, Johnny,
15:22vous savez que ça compte
15:23beaucoup dans la fascination
15:24qu'il y a autour de vous.
15:25On a dit tant de choses.
15:27Deux, trois anecdotes,
15:28est-ce qu'elles sont vraies ?
15:29Par exemple, le fait qu'une fois
15:30vous avez joué
15:30à la roulette russe
15:31avec un pistolet chargé,
15:33c'est vrai ?
15:33Oui, c'est vrai.
15:35Oui, c'est vrai,
15:36ça m'est arrivé.
15:37J'ai fait des bêtises
15:39comme ça,
15:39ça m'est arrivé.
15:40Que vous avez perdu
15:41un Francis Bacon,
15:42un tableau,
15:43je crois qu'il peut valoir
15:43dans les 16 millions,
15:44autant vous étiez
15:45un peu insouciant
15:46et bordélique,
15:47c'est vrai aussi ?
15:49C'est ça.
15:50La vérité,
15:51c'est que j'ai pas mal
15:52déménagé dans ma vie
15:54et qu'un jour,
15:55ça a disparu
15:55dans un de mes déménagements.
15:57Mais c'est pas par oubli
15:58de moi,
15:59c'est simplement
15:59ça a disparu.
16:01Et puis Godard,
16:02Godard qui vous a fait tourner,
16:03c'est un compatriote.
16:04Est-ce que c'est vrai
16:05qu'il a été tellement sadique
16:06avec vous
16:06qu'il mettait moins de lumière
16:08sur vous en disant
16:08que vous dégagez trop de lumière ?
16:10Non, c'est pas vrai.
16:11C'est pas vrai, ça ?
16:11Non, non.
16:13Je me suis très bien entendu
16:14avec Godard.
16:15C'était un homme que...
16:16J'ai appris beaucoup de choses
16:17en tant qu'acteur
16:18avec Godard.
16:21Et un jour,
16:22je me retrouve,
16:22donc je chantais à Lausanne
16:23et puis lui habitait
16:24juste à côté
16:26et à Bulle,
16:27je crois qu'il habitait.
16:29Et il me dit,
16:31viens voir,
16:31parce qu'il avait
16:32sa salle d'enregistrement
16:34de montage
16:35dans sa maison.
16:37Donc je vais chez lui,
16:39je regarde,
16:39et il me montre
16:40le premier quart d'heure
16:42du film
16:42Détective
16:43sur l'écran de montage.
16:49ça, il ne le faisait jamais
16:50avec personne.
16:51Il m'a fait cet honneur.
16:53Et je lui ai dit,
16:54tu viens en spectacle ce soir,
16:55il m'a fait,
16:55oh non,
16:56il y a trop de lumière.
16:58Un mot de conclusion,
17:00vous êtes sur TV5MONDE aussi,
17:02tous les francophones
17:03vous écoutent,
17:03vous êtes un phénomène francophone.
17:05Souvent,
17:05les anglo-saxons disent,
17:06mais d'où vient
17:07cette fascination ?
17:09Le français,
17:10ça compte pour vous,
17:11la langue française ?
17:11Bien sûr,
17:12je chante en français d'ailleurs.
17:14Même quand je chante
17:15à Los Angeles
17:16ou à New York,
17:17je mets des chansons,
17:19des classiques américains
17:20dans mon répertoire
17:22parce que les Américains,
17:23ils ne comprennent pas
17:25notre langue.
17:27Je chante énormément
17:28de chansons en français,
17:30mais en France,
17:31je chante en français.
17:32Oui, c'est important
17:33de chanter en français.
17:35J'ai beaucoup travaillé
17:36sur le phrasé
17:37parce que de phrasé
17:38du rock'n'roll en français,
17:40ce n'est pas évident.
17:41Ce n'est pas évident
17:42parce que la chanson
17:43dans la langue française,
17:44les mots sont plus longs
17:45que dans la langue anglo-saxonne.
17:48Donc, il faut pouvoir
17:49phraser d'une certaine façon.
17:51J'ai beaucoup travaillé
17:52sur le phrasé.
17:53Le tout dernier mot
17:54sur votre voix.
17:55Il y a un phénomène vocal,
17:57Johnny Hallyday,
17:57parfois sans être cruel
17:58pour les autres.
17:59Quand vous avez chanté
18:00en duo,
18:01c'est terrible
18:01pour ceux qui vous accompagnaient
18:02parce que votre voix
18:03court.
18:04Je ne fais jamais rien
18:06pour...
18:07Vous ne le faites pas exprimer.
18:09Cette voix,
18:10comment vous,
18:11vous la définissez ?
18:11C'est quoi ?
18:12Qu'est-ce qu'elle a ?
18:14Je ne sais pas.
18:15Vous savez,
18:15ma voix,
18:16je ne l'ai jamais travaillée.
18:17J'ai eu la chance
18:21d'être né
18:21avec la voix que j'ai.
18:24Il y a des gens
18:25qui naissent sans voix,
18:26des gens qui disent...
18:27Moi, je n'ai jamais vraiment
18:28travaillé ma voix.
18:30Je chantais...
18:30Mais vous savez,
18:31je crois que j'ai fait
18:32tellement de spectacles
18:33que ma voix s'est forgée,
18:36s'est formée petit à petit
18:38au cours des concerts
18:39que j'ai faits.
18:41Parce que c'est vrai
18:42que quand je réécoute
18:43des disques de moi
18:43dans les années 60,
18:44c'est vrai que je me dis
18:45comment j'ai pu chanter
18:46aussi mal.
18:46C'est vrai,
18:47j'avais une petite voix aiguë.
18:49Genial idée.
18:50Rendez-vous le 2 juin
18:52à Genève,
18:53mais aussi toute la tournée
18:54partout,
18:56notamment à Paris,
18:57à mi-juin.
18:58Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ?
18:59Écoutez,
19:00d'avoir toujours l'envie
19:02d'avoir envie,
19:02comme je l'ai.
19:03Merci, Johnny.
19:04Merci à vous.
19:17Merci à vous.
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