00:00– Mais je vous dis la même chose à vous, pardonnez-moi.
00:02– Moi, j'ai l'habitude, ça va.
00:03– Vous incarnez une génération…
00:06– Sur Jean-François Copé, moi d'abord, je l'aime beaucoup aussi,
00:09parce que c'est un garçon intelligent,
00:10il a le courage depuis quelques temps de prendre bille en tête
00:14les populistes d'extrême droite.
00:16Il a fait un livre là-dessus, très intéressant.
00:17– C'est quoi un populiste ?
00:19– Un populiste d'extrême droite.
00:20– C'est quoi un populiste ?
00:21– C'est quelqu'un qui joue sur la xénophobie, sur le nationalisme.
00:24– C'est quoi jouer sur la xénophobie ?
00:25– Qui joue sur les peurs ?
00:26– Lisez le bouquin de Copé, vous l'avez reçu ici, mais oui.
00:28– Le Blanc central ne joue jamais sur les peurs, par exemple.
00:31– En fait, c'est insupportable, parce que tous ces sujets-là,
00:34quand on les aborde, vous qualifiez les uns les autres
00:37comme vous venez de le faire.
00:38Là, on a commencé l'émission en parlant de la France de 2050.
00:41C'est populiste ?
00:43– De dire que la France va disparaître et qu'on se rendait pour tous
00:46en pays musulmans, c'est un peu ce que vous laissez entendre,
00:49y compris hier soir d'ailleurs.
00:50– C'est incroyable.
00:50– Ça, c'est vraiment jouer sur les peurs.
00:51– Non, mais c'est un fantasme, en fait.
00:54– Pardonnez-moi, André.
00:56– Le premier sujet que nous avons fait sur la France de 2050,
00:59nous avons dit cela ?
01:01J'ai dit cela ?
01:02– C'était extra-européen, ce n'était pas musulman.
01:04– Je veux dire, je n'ai même pas parlé, le mot musulman,
01:07c'est vous qui l'avez employé.
01:08– Hier soir, vous avez dit, je n'ai pas envie de vivre dans un pays musulman.
01:11– Et vous ?
01:12– Mais je veux dire, moi non plus, évidemment.
01:14– Bon, ben alors, on est pareil.
01:16– Mais la façon dont vous le dites, et le fait même de le dire,
01:18c'est pour faire peur aux gens.
01:19– Mais je ne fais peur à personne, mais pourquoi voulez-vous que je fasse…
01:22– Mais alors, en quoi dire que le voile représente des mœurs musulmanes,
01:30et que je n'ai pas envie de vivre dans un pays dominé par des mœurs musulmanes,
01:34en quoi est-ce faire peur aux gens ?
01:36– Ça sous-entend que demain, on pourrait vivre dans un pays musulman,
01:40dominé par les mœurs musulmanes.
01:42Ce qui n'est pas le cas, c'est un fantasme.
01:43Je vous l'ai dit hier soir, arrêtez de vous faire peur avec les musulmans,
01:47arrêtez d'en rêver la nuit, enfin.
01:49– C'est fascinant en fait, ce pays est fascinant.
01:52Je vous assure, toutes ces conversations, c'est fascinant.
01:54Eh bien, allez dans certains quartiers.
01:56– Mais j'y vais.
01:57– Et vous n'êtes pas frappé que vous ne voyez que des jeunes femmes voilées ?
02:01– Oui, on parle souvent de la ghettoïsation des quartiers.
02:03On a concentré les populations musulmanes dans les mêmes quartiers.
02:06– Et donc, dans ces cas-là, il y a bien des mœurs musulmanes qui se sont imposées.
02:09– Bien sûr.
02:10– Eh bien, nous disons la même chose.
02:11– Oui, ce n'est pas toute la France.
02:13– Non.
02:13– Ce quartier ghettoisé.
02:14– Mais il n'existait pas il y a 40 ans ces quartiers.
02:17– Donc cette politique depuis 50 ans a été une faillite totale.
02:20On a ghettoisé les...
02:21– Et cher André, et si la démographie, comme le dit à partir de 2050, change,
02:27peut-être que ces quartiers en aura de plus en plus.
02:29Est-ce qu'on peut le dire ?
02:30– On peut justement réagir d'ici là, contrôler l'immigration, la réduire.
02:34– Et en quoi est-ce faire peur de dire cela ?
02:37C'est simplement de prévenir...
02:39– André, vous dites on comme s'il y avait une volonté de l'État de ghettoiser,
02:43de discriminer.
02:44– La réalité est beaucoup plus complexe, c'est d'abord les effets de la loi du nombre,
02:48et c'est aussi que les Français d'Assemblances françaises,
02:50ou les immigrations antérieures, notamment européennes,
02:53ont fui ces quartiers-là.
02:53Christophe Gué, lui, il explique très bien,
02:55il n'y a pas eu une volonté discriminatrice, relégatrice au sommet de l'État.
02:58– Moi, je suis purement factuel, il y avait 8 mosquées en 1975,
03:02il y en a 3 000 aujourd'hui.
03:03– Oui, il y a beaucoup plus de musulmans qui ont envie de pratiquer leur religion.
03:06– Et sur le sol de France.
03:08– Et alors ?
03:08Ils y appellent, payent leurs impôts, ils travaillent,
03:11ils mettent leurs enfants à l'école.
03:12– Je vous le répète, il n'y a pas de soucis
03:15tant que ça ne déborde pas dans l'espace public.
03:17– Les mosquées, par définition, elles sont dans l'espace public,
03:20comme les synagogues, les églises et les églises.
03:21– Les mosquées, c'est encore autre chose.
03:22Le voile dans l'espace public, le voile à l'université,
03:25et vous verrez que demain, le voile sera à l'école.
03:27Vous le verrez.
03:28– Non, non, il y a une loi contre ça.
03:29Il y a une loi contre ça.
03:31– André, vous êtes un enfant.
03:33– Oui, c'est ça, oui.
03:34– Vous êtes un enfant.
03:35– Je suis un enfant de la République.
03:36– Je vais vous dire, si vous pensez que le voile
03:42à l'école, au lycée, ne sera pas un sujet.
03:46D'ailleurs, la baille, elle l'est déjà.
03:47– Elle a été interdite.
03:48– Oui, elle a été interdite, mais il y a une demande.
03:51– À quel prix ?
03:52– Il y a une demande, c'est ça que je vous dis.
03:54– Mais il ne faudra pas accepter.
03:55– Eh bien, vous verrez que c'est…
03:56– L'école laïque, elle doit proscrire tout vêtement.
03:59– Les jeunes n'en veulent plus de cette laïcité.
04:01– Et une partie du corps enseignant,
04:02il y a 72% des jeunes professeurs
04:04qui veulent revenir sur la loi de 2004.
04:06Donc il y a une pression qui est phénoménale à l'oeuvre.
04:07– Il y a une demande, c'est tout.
04:08– Il y a une demande, si aujourd'hui vous…
04:10– On ne va pas s'aider ?
04:10– J'espère qu'on ne s'aidera pas.
04:12Mais si aujourd'hui, simplement,
04:14les uns et les autres allaient comme ils le souhaitaient au lycée,
04:17il y aurait sans doute beaucoup de jeunes filles
04:18qui arriveraient voilées à l'école.
04:20– Il ne faut pas, il faut l'éviter, bien sûr.
04:23– Il y a une loi pour ça.
04:24– Écoutez, voilà, je ne fais peur à personne,
04:28croyez-moi, j'essaye de parler simplement de la réalité.
Commentaires