00:00C'est l'heure d'apprendre à mieux connaître notre invité du soir, Guillaume Martin, avant de papoter ensemble.
00:05On va découvrir votre portrait 3D réalisé cette semaine par Marie-Christelle Maury et Julien Bouinic.
00:12Le petit Guillaume, bien que né à Paris, tient énormément à ses origines normandes, son paradis comme il le dit.
00:18Pas une journée sans manger des pommes.
00:21C'est son obsession, les pommes en crumble, au four, bref, des pommes, encore des pommes.
00:27Gamin, il commence par l'Aïkido. Normal, Daniel, le papa, enseigne cet art martial.
00:31Versé à la maison au Tepakap paternel, Guillaume attrape vite le virus de la compétition.
00:37Pour challenger ses garçons, son père a même inventé une famille, les Pétochines, grand concurrent imaginaire des Martins.
00:43Les Pétochines allant toujours plus vite que les Martins, évidemment.
00:48Guillaume aime manger de tout, des plats improbables, des araignées au Japon ou encore des têtes de lapin, son plat
00:54préféré quand il était gamin.
00:55Le garçon adore aussi sillonner sa Normandie pour entrer dans toutes les boulangeries.
01:00Il les connaît par cœur et pourrait même écrire un guide sur le sujet.
01:04Mais bien sûr, ce qui caractérise le plus Guillaume, c'est son amour pour la philosophie.
01:08Un vrai coup de cœur pour Nietzsche et sa théorie sur l'éternel retour.
01:12Le cycliste philosophe a déjà rédigé deux ouvrages et une pièce de théâtre mise en scène par sa maman comédienne.
01:18Enfin, pour conclure, Guillaume fait beaucoup trop de vélo.
01:21Et ça, on veut bien le croire, car c'est Émilie, sa compagne, qui le dit.
01:30Évidemment, votre compagne a toujours raison.
01:32En tout cas, forcément, vous êtes bien renseigné, si vous l'avez interrogé.
01:36Vous êtes très attaché à la Bauderie, un domaine dans l'Orne, là où vous avez grandi.
01:42Le plein air, le calme, la nature, c'est un endroit où vos réflexions prennent toute leur place, où vous
01:48pouvez réfléchir partout, même sur un vélo.
01:52En tout cas, ce qui est bien avec ce sport, mon sport, c'est que je suis vraiment en contact
01:57de la nature.
01:58Et je me rappelle, au collège, on m'avait fait un test d'orientation, on m'avait demandé, enfin voilà,
02:04il y avait tout un questionnaire.
02:05Et ce qui était ressorti, c'est que je voulais un métier qui soit en lien avec la nature et
02:12être indépendant.
02:14Mon métier, actuellement, coche quand même beaucoup de ces cases.
02:19Et c'est vrai que je suis très attaché à mon territoire.
02:21C'est un endroit qui n'est pas forcément très connu en Normandie, qui s'appelle la Suisse Normande, un
02:25petit peu en dessous de Caen.
02:27Et c'est super vert, comme on peut le voir, j'ai des ânes.
02:32Et super vallonné pour un cycliste, pour un grimpeur, c'est quand même un beau terrain de jeu.
02:37On oppose souvent, Guillaume, le sport et la culture.
02:41Le sport est souvent un peu vu comme un divertissement populaire, sans grande profondeur.
02:45Vous êtes la preuve du contraire.
02:46Pourquoi, selon vous, on oppose un peu ces deux thèmes ?
02:50Là, il faudrait peut-être remonter très très loin dans l'histoire peut-être de la philosophie.
02:55Il y a Descartes qui avait fait une séparation entre le corps et l'esprit.
03:01Alors peut-être que ça, ça a infusé.
03:02Peut-être qu'il y a des motifs religieux encore derrière.
03:05Voilà, pour donner un cours.
03:08Mais c'est vrai qu'en tout cas, force est de constater que dans le système français,
03:12peut-être que ça s'améliore un peu.
03:14Le sport, le vélo par exemple, est moins ringard, beaucoup moins ringard qu'il y a quelques années.
03:20C'est à la mode maintenant.
03:22Mais on a peut-être encore un peu de retard par rapport au système anglo-saxon aux Etats-Unis
03:26où pour intégrer les grandes universités, c'est un atout d'être sportif.
03:33Et moi, j'ai grandi dans un univers avec un père, effectivement, professeur d'aïkido,
03:38une mère qui est dans le milieu théâtral, qui était comédienne, mais tous en scène.
03:41Donc j'ai grandi avec les deux choses.
03:44Pour moi, c'était logique de mener les deux fronts parce qu'on est la tête et les jambes.
03:50On est un corps et un esprit.
03:51On est une seule chose.
03:53Vous êtes passionné du Japon aussi.
03:55C'est un pays qui vous intéresse énormément.
03:57Du coup, les Jeux de Tokyo, est-ce que vous aviez pu un peu en profiter
04:01ou le Covid avait un peu emporté toute la partie tourisme ?
04:04C'est sûr que j'étais déjà très heureux de pouvoir y participer,
04:08mais je n'ai pas vécu grand-chose de l'expérience olympique
04:11et pas grand-chose du Japon à ce moment-là lors de ce déplacement.
04:15J'ai pu me rattraper depuis.
04:17Ça fait deux années que je participe à la Japan Cup,
04:20qui est la dernière course de notre calendrier au mois d'octobre.
04:23J'en ai profité pour les deux fois, quitte à se déplacer à l'autre bout du monde,
04:28à rester en vacances trois semaines sur place.
04:31Donc je commence à bien connaître le pays.
04:33Maxence ?
04:35Guillaume, une question.
04:36Par rapport à votre sport, les Jeux olympiques,
04:39on n'a pas encore la sélection.
04:40A priori, ça va peut-être être compliqué pour que vous intégriez la sélection française pour Paris.
04:45Est-ce qu'il n'y a pas de la frustration quand on fait du vélo,
04:47qu'on a des bonnes performances, qu'on est bon,
04:51et qu'en fait c'est le parcours, parce qu'il ne nous va pas,
04:54qui nous empêche d'aller à des mondiaux ou aux Jeux olympiques de Paris par exemple ?
05:00Oui, il y a beaucoup de choses.
05:02Il y a aussi que les quotas sont très faibles.
05:04Il y a quatre places et on est la nation qui sera parmi les nations qui seront les plus représentées.
05:09C'est sûr que moi, étant grimpeur,
05:12le tracé des Jeux olympiques qui n'est pas tout à fait compatible.
05:14Le tracé se dérouler en Valais-Chevreuse, ensuite dans Paris.
05:16Je ne crois pas qu'il y ait de col dans Paris,
05:18donc c'est sûr que ce sera sans doute un peu compliqué.
05:21Mais j'étais très heureux de le faire,
05:23d'y participer à Tokyo,
05:25où pour le coup, c'était à mon avantage,
05:28puisque c'était très montagneux.
05:30Il en faut pour tout le monde aussi.
05:32C'est ce qui est bien aussi dans ce sport,
05:33c'est qu'on peut avoir des physiques assez différentes,
05:37et néanmoins performer et être au plus haut niveau.
05:41Elle va ressembler à quoi cette année 2024 ?
05:44Du coup, peut-être pas de JO, mais les grands tours.
05:47Oui, c'est ça.
05:48Le Tour de France, c'est évidemment,
05:50vous le savez bien sur France Télévisions,
05:52le moment central de l'année d'un cycliste.
05:56Je vais participer aussi très probablement au Tour d'Espagne à nouveau,
05:59donc ce sera deux grands tours,
06:02parce que c'est ce qui me plaît,
06:04c'est là où je suis le plus performant.
06:07Et ensuite, les classiques ardennaises en début de saison.
06:11Un peu d'Italie au début,
06:13je vais découvrir l'Estrade Bianca
06:15pour la première fois de ma carrière,
06:16donc cette course sur des chemins blancs
06:18qui rappelle les temps anciens du cyclisme.
06:23Top 10, à chaque fois, c'est l'objectif.
06:24On vous charrie un peu toujours
06:26parce que vous aimez cette constante dans vos résultats.
06:29C'est ça ?
06:30Ça vous suffit ?
06:31En tout cas, je trouve qu'on est dans une époque,
06:35une société où il faut que ça brille,
06:38il faut faire des exploits.
06:40En tout cas, moi, j'attribue de la valeur à d'autres endroits.
06:43Je reconnais les exploits,
06:45les gens qui arrivent à surperformer un jour,
06:49mais je trouve qu'il y a aussi quand même une certaine noblesse
06:50à réussir à être toujours présent tout au long de trois semaines.
06:54Se dire que le travail de trois semaines,
06:57mais ensuite avant de mois et de mois de préparation,
07:00peut s'écrouler par une défaillance.
07:02On l'a vu il y a quelques années avec Thibaut Pinot
07:04quand il était en passe à gagner le Tour de France.
07:07Je trouve que c'est beau quand même,
07:09cette idée d'endurance et de constance.
07:13Et moi, ça correspond à mes qualités,
07:15donc je suis heureux de me mêler à ce jeu-là.
07:18On poursuit sur cette belle lancée musicale avec notre rubrique
07:22et sinon, on va vous découvrir à travers trois chansons, Guillaume.
07:26La première, celle que vous écoutez avant une compétition.
07:33« Run Run Run » des Liberties, c'est le groupe de Petit Doherty.
07:37C'est la musique qui vous motive.
07:39Je crois que c'est un morceau qui vient de sortir il n'y a pas très longtemps
07:43et que j'ai découvert il n'y a pas longtemps.
07:45J'aime bien le rock et je trouve que c'est assez entraînant.
07:48Votre musique ultime ?
07:52Je pense qu'on est...
07:56On a physiquement validé cette musique.
07:58Combien de fois vous l'avez écoutée, à votre avis, cette chanson ?
08:01Les questions sont super difficiles.
08:03Je me suis...
08:05On m'a relancé.
08:06« Non, tu n'as toujours pas envoyé tes morceaux. »
08:08J'en avais plein.
08:10Celle-là, c'est vrai que ça sonne super bien.
08:13Le titre, c'est « Respect, respect ».
08:15Je pense qu'en parlant de sport, en parlant d'olympisme,
08:19en parlant de tout ce qui se passe dans le monde en ce moment,
08:21c'est une chanson que j'avais envie de mettre en avant.
08:25Votre musique pour faire la fête ?
08:30C'est une musique issue du film « Babylon » de Damien Chazelle.
08:35Je ne sais pas si vous connaissez.
08:36Et vous êtes passionné de cinéma, d'ailleurs.
08:39J'aime beaucoup le cinéma.
08:41Et ce film m'avait vraiment...
08:44Ouais, j'ai vraiment aimé.
08:45Ça m'avait vraiment marqué.
08:46Et depuis, j'écoute un peu en boucle aussi toute la bande-son.
08:51Et cette musique reste vraiment dans la tête.
08:55On a une question.
08:57Un invité mystère.
09:01Salut, Guitos.
09:03Je me rappelle d'un épisode de toi à Kian.
09:05Tu avais fait deuxième...
09:06Non, tu étais deuxième du général, je crois, du Tour.
09:10Et je ne sais plus.
09:11Je ne me rappelle plus.
09:12Qu'est-ce que tu avais envoyé ta femme pour te féliciter ?
09:15Allez, à plus.
09:19Ça vous disait rien ?
09:20Je crois qu'elle vous avait envoyé juste un message assez laconique, alors que vous veniez de faire un exploit
09:27assez retentissant, non ?
09:29Parce que par rapport à plusieurs de mes coéquipiers, avec ma compagne, on a, pendant le Tour de France, donc
09:37pendant trois semaines, un mois, il est possible qu'on ne s'appelle que trois ou quatre fois.
09:42En trois semaines ?
09:43En trois semaines, oui.
09:46Et donc quand d'autres s'appellent cinq fois par jour.
09:49Donc évidemment, ils me voient un peu comme un fou, mais c'est...
09:51La formation est construite comme ça.
09:53Moi, sur la course, je suis concentré sur la course.
09:56Et en tout cas, quand on échange des messages ou quand on se téléphone, les rares fois où on se
10:00téléphone, j'ai surtout pas, en tout cas de mon côté, envie de parler de vélo.
10:06Et elle le sait bien, donc on parle de toute autre chose ou alors on évacue le sujet très vite,
10:10quoi.
10:11C'était le sens de la question de votre coéquipier, je suis cofidiste Anthony Perez.
10:15Parce que...
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